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Cybersécurité : 105 millions de dollars saisis par Interpol dans 21 pays, dont 19 africains

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Une offensive internationale d’envergure menée par Interpol a permis de geler 105 millions de dollars de fonds illicites à travers 21 pays, dont 19 situés en Afrique. Baptisée Serengeti III, cette opération coup de poing s’est soldée par l’arrestation de 1 462 suspects et le démantèlement de 10 909 réseaux malveillants, marquant un tournant décisif dans la traque des cybercriminels sur le continent.

Par   Fortuné SOSSA (Coll.), le 23 oct. 2026 à 07h55 Durée 4 min.
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Cofinancée par l’Union européenne et le Conseil de l’Europe dans le cadre du projet Glacy-e, l’opération s’est étalée sur deux mois. Sous la houlette d’Interpol, cette coalition internationale contre les réseaux mafieux a ciblé un large spectre de délits numériques, notamment les escroqueries en ligne, les fraudes à l’investissement, la compromission de messageries professionnelles et les extorsions numériques.

La force de cette mission repose sur une coopération transfrontalière qui a mobilisé 19 nations africaines, dont l’Angola, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Nigéria, le Cameroun, la RDC, le Sénégal et l’Afrique du Sud, aux côtés des États-Unis.

Selon le dernier rapport d’Interpol sur l’évaluation des cybermenaces, la transformation numérique fulgurante de l’Afrique s’accompagne d’une explosion de la criminalité en ligne, faisant déjà plus de 65 929 victimes. Le constat est alarmant : 55 % des cyberinfractions sur le continent exploitent désormais l’intelligence artificielle. L’IA permet aux réseaux criminels de concevoir des attaques plus rapides, standardisées et particulièrement complexes à détecter pour les plateformes de sécurité et les utilisateurs.

Des résultats d’étape spectaculaires

 

Au Bénin, face à un flux constant de 50 plaintes par jour reçues par la police judiciaire pour cyberviolences, les forces de l’ordre ont intensifié leurs actions. Une opération conjointe menée avec le Centre national d’investigations numériques (CNIN) a permis de neutraliser 6 cybercriminels et de clôturer 4 318 comptes frauduleux. À l’échelle des actions combinées, 5 714 individus ont pu être arrêtés et 3 millions de dollars récupérés.

En Angola, les autorités ont démantelé deux centres clandestins de minage de cryptomonnaies. Neuf suspects ont été interpellés, et le matériel saisi, comprenant plus de 2 000 serveurs de minage et six transformateurs électriques illégaux, est estimé à plus d’un million de dollars. De même, au Nigéria, une enquête parallèle sur des fraudes financières internationales a mis en lumière le transit de 2,4 millions de dollars d’origine criminelle, en partie blanchis via des crypto-actifs.

Au total, les investigations financières estiment les préjudices causés par ces réseaux à plus de 385 millions de dollars. Les enquêtes se poursuivent activement pour identifier de nouvelles ramifications et tenter de recouvrer l’intégralité des fonds détournés.