La Nation Bénin...
« Zéro tracas », « crédit instantané », « prêt sans formalités », on retrouve sur Facebook, des publicités d’applications qui promettent de l'argent en quelques clics. Derrière ces promesses se cache un système de collecte de données, de harcèlement et d'extorsion. Le 26 juin 2026, le Centre national d'investigations numériques (Cnin) et Interpol ont démantelé le réseau derrière plusieurs d'entre elles (ZeroInquietude, BoltLoan, OuiPret, CreditInstantane, LePret). Plusieurs suspects ont été arrêtés, dont trois ressortissants asiatiques présentés comme les principaux responsables.
Leur promesse est simple : un prêt en quelques minutes, sans garantie ni justificatif de revenus. Pour qui doit faire face à une dépense imprévue, cette facilité peut sembler irrésistible. Dès l'installation, ces applications demandent l'accès aux contacts, aux photos et aux messages du téléphone. Une fois ces autorisations accordées, elles ne servent plus seulement à prêter de l'argent. Elles récupèrent des informations qui serviront de levier. Les taux appliqués sont disproportionnés par rapport aux sommes empruntées, avec des délais très courts. Tout ceci ouvre la voie à un recouvrement agressif.
Le retard devient un moyen de pression
En cas d'échéance non respectée, le scénario se répète (appels incessants, messages d'intimidation, menaces de divulgation des données) parfois jusqu'à contacter les proches pour accentuer la pression. Ces campagnes sont menées depuis de véritables centres d'appels, installés au Bénin et dans la sous-région. Certains employés y sont recrutés sous des intitulés anodins (téléconseiller, agent de recouvrement) sans toujours mesurer la nature exacte de leur mission. Le Cnin rappelle que participer à ces activités expose à des poursuites, quel que soit le nom donné au poste.
Comment éviter le piège
Le 7 juillet, le Cnin a lancé une recommandation simple. Il ne faut jamais installer une application de prêt qui exige l'accès à vos contacts, vos photos ou vos messages. Un organisme de crédit sérieux n'a pas besoin de votre vie privée pour évaluer votre demande.
La collecte de données personnelles est encadrée par la loi béninoise, comme les pratiques de recouvrement. D’ailleurs le harcèlement, les menaces et l’extorsion sont passibles de poursuites pénales, pour les organisateurs comme pour leurs relais locaux.
Un prêt en quelques minutes peut coûter bien plus que les intérêts affichés. Avant d'accorder les autorisations demandées, mieux vaut se demander si elles sont vraiment nécessaires pour emprunter quelques milliers de francs.