La Nation Bénin...
L’Association Interprofessionnelle du Coton (Aic) a organisé, vendredi 12 juin à Parakou, la 5? édition de la Fête nationale du cotonculteur. À cette occasion, les producteurs, coopératives et communes les plus performants de la campagne 2025-2026 ont été récompensés afin de promouvoir l’excellence et l’émulation au sein de la filière.
Parakou a accueilli, vendredi 12 juin dernier, la 5? édition de la Fête nationale du cotonculteur, organisée par l’Association Interprofessionnelle du Coton (Aic). L’événement a consacré les producteurs, coopératives et communes les plus méritants de la campagne 2025-2026, récompensés pour leurs performances et leur contribution au développement de la filière. A cette occasion, le maire de Parakou, Zul-Kifly Zakarie, s’est réjoui du choix porté sur sa commune pour accueillir l’événement. Il a rappelé le rôle stratégique joué par la cité des Kobourou dans le développement de la filière grâce à ses unités d’égrenage et à l’engagement de ses producteurs. Il a également réaffirmé la disponibilité de la municipalité à accompagner toutes les initiatives favorisant le développement des filières agricoles. Le président de l’Aic, Eustache Kotigan, a rappelé que la reprise de cette fête, décidée en 2025 à Dassa, vise à mettre en lumière les efforts des cotonculteurs. Il a souligné que, malgré une baisse de la production au cours de la campagne 2025-2026, qui s’est établie à 533 111,61 tonnes de coton graine, le Bénin demeure l’un des principaux producteurs de coton en Afrique. Selon lui, cette contre-performance relative s’explique notamment par l’apparition de nouveaux ravageurs qui affectent les rendements depuis plusieurs campagnes. Face à cette situation, l’interprofession a engagé plusieurs réformes majeures destinées à moderniser la filière et à renforcer sa compétitivité.
Des mesures prises et des acteurs gratifiés
Parmi les mesures annoncées figurent le recentrage de l’Institut de Recherches Cotonnières (Irc) sur ses missions fondamentales avec le transfert de la Direction du Développement Agronomique à l’Aic, la réorganisation de la carte de production cotonnière autour de communes de référence, ainsi que la réforme du mécanisme de rémunération des agents d’encadrement afin d’améliorer leur performance tout en réduisant les coûts du dispositif. D’autres actions concernent l’adaptation du programme de fertilisation, l’introduction d’une combinaison d’engrais Npk-Ssp-Urée et Kcl, ainsi que des négociations pour maintenir des prix d’intrants accessibles aux producteurs dans un contexte international difficile. Cette fête était une occasion pour l’Aic de distinguer les meilleurs acteurs de la campagne. Au niveau national, cinq producteurs ayant dépassé les 200 tonnes de coton graine ont été récompensés, de même que la commune la plus résiliente, distinguée pour son taux d’accroissement de production et son faible niveau d’endettement. Des prix ont également été attribués aux meilleures coopératives villageoises de producteurs de coton (Cvpc), aux unions communales ainsi qu’aux producteurs les plus performants dans les différentes catégories des communes productrices. Les récompenses comprennent notamment des véhicules pick-up 4x4, des tricycles, des motocyclettes, des roues semeuses, des appareils de traitement phytosanitaire, du matériel informatique et divers équipements agricoles.
Cap sur une filière plus résiliente
Pour la campagne 2026-2027 déjà engagée dans plusieurs localités, Eustache Kotigan a rassuré les producteurs quant à la disponibilité des intrants en quantité et en qualité suffisantes. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les pratiques de restauration de la fertilité des sols, d’optimiser la fertilisation minérale et de respecter les calendriers de traitements phytosanitaires. Adin Yeton Bloukounon Goubalan, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche a, quant à lui, salué le travail accompli par son prédécesseur et exprimé sa volonté de consolider les acquis obtenus dans le secteur. Il a rappelé que la filière coton demeure l’une des plus organisées et structurées du pays, contribuant de manière significative au Produit intérieur brut et à la richesse nationale. Le ministre a félicité les lauréats retenus sur la base des critères définis par l’interprofession et rendu hommage à l’ensemble des producteurs pour leur engagement dans le lancement de la nouvelle campagne. « Nous devons désormais renforcer notre résilience et accélérer la modernisation de nos systèmes de production », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs rappelé l’engagement du gouvernement à accorder une prime de 10 francs Cfa par kilogramme de coton si la production nationale franchit le seuil de 700 000 tonnes au terme de la campagne à venir. Un objectif qu’il juge atteignable au regard de la bonne pluviométrie observée en ce début de saison. Pour sa part, le président de la Fédération nationale des coopératives villageoises des producteurs de coton (Fn-Cvpc), Tamou Gani Badou, se réjouit de l’initiative de l’Aic de récompenser les meilleurs acteurs d’une campagne particulièrement difficile, marquée notamment par la rareté de l’eau. « Ce sont les semis tardifs que nous sommes en train de célébrer et j’en suis particulièrement fier », a-t-il affirmé.
Le ministre Adin Yeton Bloukounon Goubalan et Eustache Kotigan, président de l’Aic remettant des lots à un acteur