La Nation Bénin...
21 519 jeunes Béninois ont manifesté leur intérêt pour l’initiative « 1000 jeunes en aviculture ». Après l’examen et l’apurement des candidatures, 16 835 jeunes ont été déclarés éligibles pour seulement 1 000 places. Pour garantir l’équité dans la sélection, le Programme d’inclusion des jeunes (Prodij) a procédé, ce jeudi 13 août à Cotonou, au tirage au sort des bénéficiaires de la phase nationale, sous l’œil de l’huissier de justice Cécile Flora Kossouho et en présence des maires et représentants des 77 communes du Bénin.
Le hasard comme garantie d’équité. C’est le principe retenu par le Programme d’inclusion des jeunes (Prodij) pour départager les milliers de candidats éligibles à l’initiative « 1000 jeunes en aviculture ». La cérémonie de tirage au sort organisée ce jeudi 13 août à Cotonou a réuni les représentants des 77 communes du Bénin, ainsi que les responsables du programme et les différents acteurs impliqués dans sa mise en œuvre. Pour l’Agence nationale pour l’emploi (AnpE) ayant conduit le processus, le recours au tirage au sort s’explique par l’écart considérable entre le nombre de jeunes intéressés et le nombre de places disponibles. « Plus de 21 000 jeunes béninois se sont intéressés à l’initiative, dont plus de 16 600 étaient éligibles. Nous n’avions besoin que de 1 000 », a expliqué Urbain Amègbédji, directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (AnpE) et coordonnateur du Prodij. Dans ces conditions, le choix des bénéficiaires constituait un exercice particulièrement sensible, avec le risque de susciter frustration ou suspicion de favoritisme. C’est pour prévenir ces écueils que l’option de la procédure publique et transparente a été choisie. La présence de l’huissier de justice Cécile Flora Kossouho a permis d’assurer le contrôle de l’opération. Les maires et représentants des 77 communes ont également été associés au processus, chaque commune devant disposer d’un nombre minimal de candidats à soumettre au tirage, indépendamment du nombre d’inscrits sur son territoire.
Avant le tirage, un important travail de traitement des candidatures a été effectué. Selon Christian Agbanou, spécialiste du suivi et de l’évaluation du Prodij, la détermination des quotas communaux repose sur plusieurs bases de données issues des différentes campagnes de mobilisation et d’enrôlement menées dans les douze départements du pays. Ces données ont d’abord été consolidées et harmonisées. Elles ont ensuite fait l’objet d’un apurement destiné à éliminer les doublons, les incohérences et les dossiers incomplets. Les critères d’éligibilité de l’initiative ont ensuite été appliqués avant une territorialisation des candidatures par département et par commune. La dernière étape a consisté à déterminer le poids de chaque commune afin d’établir les quotas à appliquer. « En somme, le quota à appliquer à chaque commune résulte de l’application du quota national au poids de la commune. Ce poids correspond au rapport entre le nombre de candidats éligibles dans la commune et le nombre total de candidats éligibles au niveau national », informe le spécialiste du suivi et de l’évaluation.
Former et installer
Au terme de ce processus, les différentes bases exploitées ont fait ressortir 21 519 jeunes inscrits. Après apurement et application des critères d’éligibilité, 16 835 candidats ont été retenus comme éligibles. C’est dans ce vivier que les 1 000 bénéficiaires de la première cohorte doivent être tirés au sort. L’initiative ambitionne de créer de véritables opportunités économiques pour les jeunes. Sarah Agbantou, chargée de mission du président de la République, explique que le programme vise à accompagner le développement d’une filière avicole appelée à contribuer davantage à la production et à la consommation locales, mais également aux perspectives d’exportation. Les bénéficiaires, âgés de 18 à 30 ans, doivent recevoir une formation à la fois théorique et pratique. Une partie de la formation théorique est dispensée dans les lycées techniques agricoles. Elle doit être complétée par un stage pratique de deux mois, avant l’installation des jeunes sur des fermes agricoles. L’objectif affiché est de permettre à chaque bénéficiaire de disposer d’une unité capable de produire environ 1 000 poulets de chair tous les 35 à 45 jours, avec des infrastructures permettant d’assurer une production continue. « C'est l'un des rares projets qui a investi autant pour les bénéficiaires. Nous sommes à 13 millions de F Cfa par bénéficiaire, notamment 70 % de ces ressources sont sur les infrastructures », fait savoir Sarah Agbantou.
Investissement
Cette première cohorte constitue donc une étape décisive. Plus de 17 milliards de francs Cfa ont été mobilisés par le gouvernement, à travers la Banque mondiale, pour financer l’initiative. Le succès de cette première expérience pourrait conditionner la mobilisation de nouveaux financements et l’ouverture de nouvelles cohortes. Urbain Amègbédji appelle ainsi les futurs bénéficiaires à prendre pleinement conscience de l’investissement consenti en leur faveur. « Cela appelle de la part des jeunes, cela appelle de la part des communes, du sérieux dans l’investissement qui est fait à leur profit », a-t-il souligné avant d’informer que c’est le succès de cette première cohorte qui déterminera la continuité du programme. Les communes sont également appelées à jouer un rôle déterminant. Koladé Okoudjou, directeur de cabinet du ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’emploi chargé de la Formation professionnelle, a insisté sur leur responsabilité dans la mise à disposition du foncier et dans le suivi du projet. Avec cette initiative, le gouvernement et ses partenaires dont la Banque mondiale veulent ainsi faire de l’aviculture un levier d’insertion économique et de création d’emplois pour la jeunesse. Ce tirage au sort marque désormais le passage à une nouvelle étape. Celle de la formation, de l’installation et, surtout, de la transformation de ces 1 000 opportunités en activités économiques durables.
Urbain Amègbédji, directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi et coordonnateur du Prodij, a expliqué les raisons ayant conduit au choix du tirage au sort