La Nation Bénin...
Auditeur pour la Fédération rwandaise de handball, Gilles Malfondet a livré une analyse élogieuse du parcours des Guépards handballeurs du Bénin, au terme du match nul face au Congo (27-27) lors de la Coupe du Président de la Can 2026 à Kigali. Entre reconnaissance du travail accompli et appel à la patience, l’expert français entrevoit un avenir prometteur pour le handball béninois.
La Nation : Vous venez de suivre la rencontre Bénin–Congo. Quelles sont vos impressions sur ce match ?
Gilles Malfondet : C’est dans le cadre d’une mission menée au Rwanda avec la Fédération française (que je suis à Kigali). Je suis agréablement surpris et heureux de revoir des nations avec lesquelles j’ai travaillé par le passé. Je constate notamment la présence de nombreux acteurs béninois avec lesquels nous avons délivré des licences Ihf C et D, et mené des travaux d’audit. Le résultat est à l’image du match avec beaucoup de résilience et une grande combativité. Si ma mémoire est bonne, le Bénin était à -3 à la mi-temps. Les joueurs ont livré une très belle seconde période, avec une forte qualité morale. C’est une juste récompense du travail fourni, notamment en deuxième mi-temps.
Quelle lecture faites-vous du parcours du Bénin depuis la phase de groupes jusqu’à cette Coupe du Président ?
J’ai suivi l’ensemble des pays avec lesquels je collabore, dont le Bénin. Je suis toujours intéressé de constater que dans les staffs, figurent des personnes que nous avons accompagnées et formées. Je considère ce retour à la compétition comme un apprentissage. Il faut se réhabituer aux joutes internationales, à la Can seniors, avec des groupes renouvelés tous les deux ans. C’est, selon moi, le fruit du travail de l’équipe dirigeante. Ce chantier demandera de la patience, mais en poursuivant ce travail, le Bénin pourra progressivement remonter dans la hiérarchie africaine. C’est un signal très positif du travail réalisé dans le pays.
Après ce match soldé par un score nul (27-27), pensez-vous que le Bénin a encore les ressources pour réellement s’imposer dans cette compétition ?
Il y a un paramètre que je ne maîtrise pas totalement. Il s’agit de la fraîcheur physique. Une Can, ce sont de nombreux matches, beaucoup de récupération, et plus on avance dans la compétition, plus la fraîcheur conditionne la lucidité et influe sur les résultats. Sur ce match entre le Bénin et le Congo, elle semblait plutôt en faveur du Bénin. Reste à voir comment cela évoluera lors des prochaines rencontres, d’autant que, match après match, les jambes deviennent plus lourdes. Les victoires sont toujours bénéfiques pour le moral, avec une dynamique favorable. Pour l’instant, cette dynamique semble pencher du côté béninois. Mais le handball reste un sport fragile; une défaite peut rapidement inverser la tendance. Donc, prudence.
Vous aviez qualifié le Bénin d’outsider dans une interview accordée au site officiel de la Fédération française de handball. Pensez-vous que le Bénin peut réellement surprendre à la Can dans les années à venir ?
Surprendre n’est pas une question de hasard. C’est le fruit d’un travail de structuration et de construction des compétences. J’ai qualifié le Bénin d’outsider parce que c’est un pays qui travaille beaucoup et sérieusement aujourd’hui. Ce résultat constitue une première étape. Certes, on ne parle pas encore de podium ou de qualification mondiale, mais c’est une avancée significative. Le président Sidikou Karimou et son équipe réalisent un travail remarquable. Tout ce qui se vit ici au Rwanda est un investissement pour l’avenir. Je maintiens mes propos que dans deux ans, le Bénin sera encore sur cette trajectoire et se rapprochera progressivement de la cinquième place, ce fameux Graal.
Vous avez toujours cru en l’avenir du handball béninois. Que faut-il concrètement faire pour exister durablement sur la scène africaine ?
L’une des clés majeures reste la formation des jeunes. Il faut intensifier le travail, notamment à l’international, multiplier les sorties chez les jeunes catégories afin de développer cette expertise en Afrique et parfois hors du continent. Cela exige des moyens importants, un modèle économique solide et l’appui de partenaires. L’Etat béninois soutient fortement le handball, et c’est une excellente chose. C’est, à mes yeux, une belle récompense pour tous les Béninois qui s’investissent dans ce projet ambitieux.
Can 2026 de handball