La Nation Bénin...
Une consigne, quelques
secondes sur ChatGPT, une rédaction rendue presque telle quelle. L'intelligence artificielle entre dans les
habitudes scolaires avant même que son usage ne soit clairement encadré.
Mondoukpè avait une rédaction de français à rendre. Elle a ouvert ChatGPT, saisi la consigne, puis copié le résultat. Pour elle, rien d'anormal, l'outil est accessible depuis un téléphone, et aucun cadre national ne précise encore, pour les devoirs scolaires, ce qui est autorisé ou non. Le problème n'est donc plus de savoir si les élèves utilisent ces outils. Ils le font déjà. Il reste à déterminer les règles du jeu. Une politique qui commence déjà par l'école primaire.
Le Bénin commence pourtant à intégrer l'intelligence artificielle dans sa réflexion sur l'éducation. Le 4 août, lors d'une tournée nationale entamée fin juillet, le ministre des Enseignements maternel et primaire, Armand Kuyema Natta, a présenté l'IA comme un levier de transformation à Dassa-Zoumé et à Abomey. Mais cette orientation ne règle pas la question déjà concrète au collège, au lycée et à l'université. Jusqu'où un élève peut-il s'en servir, et comment évaluer un travail produit avec son aide ?Le Québec a déjà commencé à
fixer les limites
Depuis novembre 2024, le
ministère de l'Éducation du Québec dispose d'un guide sur l'utilisation
pédagogique, éthique et légale de l'IA générative, destiné aux enseignants de
tous niveaux, complété depuis par des recommandations propres à l'enseignement supérieur.
L'enjeu n'est pas d'interdire ChatGPT, mais de déterminer quand l'outil aide à
apprendre et quand il remplace le travail demandé.
Le Sénégal avance aussi sur le
terrain régional
En septembre 2025, le Sénégal
a annoncé la formation de 105 000 enseignants à l'IA, ainsi que la distribution
de 5 000 ordinateurs portables à des élèves des filières scientifiques. C'est
sans doute là le principal retard à combler au Bénin. Il faut apprendre aux
élèves à utiliser l'IA ne suffit pas, il faut aussi apprendre aux enseignants à
évaluer dans un environnement où elle existe déjà.
Le risque du retard
Utilisée comme aide à la
recherche ou à la reformulation, l'IA peut compléter l'apprentissage. Le
problème survient quand l'élève lui délègue entièrement la réflexion et
présente le résultat comme le sien. Québec et le Sénégal montrent une troisième
voie, entre interdiction et laisser-faire. Il faut donc encadrer l'usage,
former les enseignants et adapter les méthodes d'évaluation. L'IA est déjà dans
les cahiers. Il reste maintenant à en écrire le mode d'emploi.
Education : Au Bénin