La Nation Bénin...
Le festival Danxomɛ-cɔ a bouclé, ce dimanche 22 février, sa deuxième édition. Plusieurs prestations resteront longtemps gravées dans les mémoires, notamment la parade des masques Guèlèdé et les démonstrations des danses Tèkê et Adjogan exécutées au palais du roi Hwégbadja, sous la supervision de Dada Dèwènonde Gbêhanzin, roi de Danxomɛ.
Initialement consacré à la promotion exclusive des arts et de la culture de Danxomɛ, le festival Danxomɛ-cɔ a expérimenté cette année une ouverture vers les rythmes identitaires d’autres cours royales du Bénin. Ainsi, la danse Tèkê de Nikki, Adjogan de Porto-Novo et les masques Guèlèdé de Kétou ont enrichi la programmation de cette deuxième édition.
Exécutées aux côtés des rythmes traditionnels des cours royales de Danxomɛ, ces danses ont fait forte impression au niveau du public, mettant en lumière la richesse et la diversité du patrimoine culturel béninois, tout en confirmant la pertinence de l’ouverture du festival à d’autres influences culturelles nationales.
Les As du Bénin ont assuré la prestation des masques Guèlèdé. Le groupe « An kua an mon » a exécuté la danse Tèkê, tandis que la danse Adjogan a été l'œuvre d'un groupe de princesses et de princes venus du palais royal de Hogbonou. Quant aux rythmes et danses de Danxomɛ, ils ont été brillamment présentés par le groupe Houissodji de Djimè ainsi que par les troupes d’enfants encadrés dans le cadre des activités de la Maison du tourisme d’Abomey et région (Mtar).
Le public, venu nombreux d’Abomey et de ses environs, a vécu des moments intenses au palais Hwégbadja, en présence de Dada Dèwènonde Gbêhanzin, roi de Danxomɛ. Outre la cour royale, une délégation de la présidence de la République ainsi que plusieurs personnalités du monde culturel étaient aussi de la partie. Les représentants des Églises catholique, évangélique et du christianisme céleste ont également pris part à la fête.
Encore appelé Kpatinsa, le palais du roi Hwégbadja a accueilli d’autres attractions, notamment une parade de conteurs et deux spectacles de théâtre. Le premier spectacle, intitulé « À la poursuite du temps », est une création déambulatoire du dramaturge béninois Alougbine Dine. Le second, « Les larmes du bois et du sang », a été présenté par Bidossessi Boby Houandjèto et sa troupe.
Le palais Kpatinsa n’a pas été le seul site animé du 18 au 22 février. Wéhondji, palais du roi Glèlè, et Atakinbaya, palais d’Agaja, ont également vibré au rythme de Danxomɛ-cɔ. L’esplanade extérieure de Wéhondji a accueilli des démonstrations spectaculaires de groupes de zangbéto, suivies d’un spectacle de revenants communément appelés «egun-gun ». À Atakinbaya, la réflexion intellectuelle était à l’honneur à travers des échanges sur la transmission de l’artisanat d’art à Abomey.
Unité nationale
Représentant le ministre en charge de la Culture, Paul Akogni a encouragé les organisateurs de Danxomɛ-cɔ à maintenir la flamme du festival. Selon lui, la qualité des prestations artistiques et des expressions orales, notamment les démonstrations des enfants, témoigne d’une sauvegarde effective de l’héritage patrimonial. Il a également exhorté la jeunesse d’Abomey à demeurer assidue dans l’appropriation de son patrimoine culturel.
Le festival s’inscrit dans le cadre d’un accord de médiation culturelle entre l’Agence nationale des patrimoines et du tourisme (Anpt) et la Maison du tourisme d’Abomey et région (Mtar). Susuji Béhanzin, directeur de la Mtar, a dressé le bilan des actions menées par son équipe. Outre l’organisation de festivals et d’expositions ainsi que l’accompagnement des enfants dans l’appropriation de leur culture, la Mtar œuvre à impliquer les populations de la cité historique dans la réhabilitation des sites palatiaux et à encourager la fréquentation des musées.
Visiblement satisfaite, la délégation de l’Anpt a réitéré sa confiance aux organisateurs et promis que les projets annoncés pour Abomey seront concrétisés.
Invité d’honneur du festival, le professeur Bienvenu Akoha s’est dit « ému » d’assister à la rencontre des masques Guèlèdé et des danses Tèkê et Adjogan sur la même scène que les rythmes identitaires d’Abomey, au palais du roi Hwégbadja. Selon lui, les organisateurs tiennent là un puissant levier de construction de l’unité nationale.
Les festivités ont pris fin ce dimanche 22 février sur des notes de gospel. Un géant spectacle de musique chrétienne, organisé au pied de la statue du roi Béhanzin à la place Goho, a rassemblé de nombreux fidèles. Des chorales de l’Église catholique ainsi que des groupes du christianisme céleste et des Églises évangéliques ont assuré les prestations de clôture.
Les masques Guèlèdé de Kétou ont été au cœur de cette deuxième édition de Danxomɛ-cɔ