La Nation Bénin...
Aujourd’hui, la recherche de solutions rapides s’impose dans tous les domaines et l’alimentation n’y fait pas exception. Pour faciliter le quotidien des ménages et plus particulièrement celui des femmes à la cuisine, de nouvelles habitudes émergent au Bénin. Nous pouvons citer entre autres les viandes déjà nettoyées et assaisonnées, et les légumes-feuilles précuits.
Les Béninois sont réputés pour consommer des sauces communément appelées sauces légumes comme le gboman, le tchayo, l’amanvivè. Ces sauces sont cuisinées avec des légumes-feuilles à faire cuire au préalable. Il faut d’abord acheter les légumes-feuilles, trier les bonnes feuilles, découper, laver abondamment et précuire, ce qui forcément prend un peu de temps.
La vente des légumes-feuilles précuits a pris de l’ampleur ces dernières années. Parmi les légumes précuits, il y a le gboman, le vernonia (amanvivè), les feuilles de manioc et plusieurs autres variétés.
Selon l’étude Sodjinou et al. (2026, Cotonou), un article scientifique publié en 2026 dans le Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin (BRAB), il est expliqué que « Gboma est le légume-feuille traditionnel le plus consommé, suivi de Crincrin, Tchayo et Gnantoto. L’engouement s’explique par les besoins alimentaires, sanitaires et financiers des ménages. »
Si le Fonman et les feuilles de manioc étaient déjà vendus précuits depuis très longtemps par les bonnes dames des marchés, il faut noter que la vente du gboman précuit, du Tchayo et de l’amanvivè a commencé ces dernières années.
Aujourd’hui, la vente est plus modernisée avec un bon packaging, la congélation pour garder les légumes-feuilles frais et un bon marketing autour.
Si certaines femmes sont réticentes à l’achat de ces légumes car ignorant les conditions de cuisson, d’autres préfèrent l’adopter pour gagner du temps. Pour LATOUNDJI Olusegun Sidonie épouse YETE : « L’emballage ne renseigne pas toujours sur la qualité du produit. Pour ce qui est des légumes précuits, le principe demeure le même. Je suis adepte du tout fait maison, mais certaines fois, on a bien envie de se simplifier la tâche en se tournant vers le précuit. Le marché nous en propose de toutes sortes et de toutes les qualités. Les rares fois où j’ai eu à prendre des légumes-feuilles précuits, mon indice de base a été la propreté du produit. Il suffit de les laisser dans de l’eau pour voir s’il y a des grains de sable en dépôt. Si tel est le cas, il faut déjà se méfier et se poser des questions sur les conditions d’hygiène qui entourent la préparation. »
Les légumes-feuilles précuits font gagner du temps à la cuisine, mais il faut veiller à acheter chez les personnes qui garantissent une certaine qualité de leurs produits. Certains vendeurs de légumes-feuilles précuits n’hésitent pas à montrer les conditions de cuisson pour convaincre la clientèle de la qualité de leur produit. Pour LATOUNDJI Olusegun Sidonie épouse YETE : « Cette activité est en pleine expansion aujourd’hui et il serait intéressant que les acteurs y mettent tout le sérieux qu’il faut pour rassurer les consommateurs (sélection de bons légumes, nettoyage correct, informations sur l’emballage). La recherche de profit ne doit pas leur faire perdre de vue la bonne santé des populations.
Mieux vaut vendre un peu plus cher et de qualité que moins cher avec des défauts. »