La Nation Bénin...
Pour certaines femmes
atteintes d’endométriose, les rapports sexuels deviennent douloureux et peuvent
affecter le désir, l’image de soi et la relation de couple. Cette douleur
intime, parfois difficile à exprimer, ne doit pourtant pas être banalisée, car
des solutions existent.
« Le plus difficile, c’est de ne pas toujours savoir à l’avance si le rapport va être douloureux. » Carmélina GNONLONFOUN vit avec l’endométriose et a vu sa vie intime changer au fil du temps. La peur de la douleur peut parfois prendre le dessus sur l’envie d’être proche de son partenaire. « On pense à la douleur avant même que le rapport commence », confie-t-elle.
Cette situation ne traduit
pourtant ni une absence de désir ni un désamour. Le dialogue avec son
partenaire lui a permis de mieux vivre cette réalité. « Nous avons essayé de ne
pas faire de la pénétration une obligation. Le fait de pouvoir parler sans se
juger a beaucoup aidé », témoigne-t-elle.
Une douleur qui porte un nom
D’après le Dr Jonas DJOTTO, chirurgien gynécologue-obstétricien et périnatologue, l’endométriose est une maladie gynécologique chronique et inflammatoire caractérisée par la présence, en dehors de l’utérus, de tissu semblable à l’endomètre. Elle peut affecter la sexualité lorsqu’elle provoque une dyspareunie, terme médical désignant une douleur pendant les rapports.
Le spécialiste précise que la
dyspareunie profonde est particulièrement évocatrice de certaines
localisations. Les lésions peuvent toucher les ligaments utéro-sacrés, le
cul-de-sac de Douglas, le rectum ou la région vaginale. Les mouvements liés aux
rapports peuvent alors solliciter ces zones inflammatoires ou adhérentielles et
provoquer une douleur.
Toutes les femmes atteintes
d’endométriose ne présentent toutefois pas de dyspareunie. La maladie est
polymorphe et ses manifestations varient d’une patiente à l’autre. Les formes
d’endométriose profonde du compartiment postérieur du pelvis sont davantage
associées aux douleurs sexuelles.
Des signes à ne pas banaliser
Une dyspareunie profonde, répétée ou croissante mérite une consultation. Parmi les autres signes évocateurs figurent la dysménorrhée sévère, les douleurs pelviennes chroniques, la dyschésie pendant les règles, la dysurie ou l’hématurie cyclique, les troubles digestifs cycliques et l’infertilité.
La prise en charge est personnalisée. Elle peut associer antalgiques, traitement hormonal et, dans certaines formes, chirurgie. Le Dr Jonas DJOTTO souligne aussi l’intérêt de la kinésithérapie pelvi-périnéale en cas d’hypertonie du plancher pelvien. Un accompagnement psychologique ou sexologique peut compléter les soins lorsque la douleur affecte le désir ou la relation de couple.
« Avant, je culpabilisais et
je pensais que le problème venait de moi », témoigne Carmélina GNONLONFOUN. Son
message est simple : « Il ne faut pas garder cela pour soi. » Une douleur
répétée pendant les rapports mérite une évaluation médicale. Elle n’a pas à
devenir une fatalité.
Endométriose et sexualité