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Journée internationale de lutte contre la drogue: Nouvelle approche à l’égard des consommateurs

Santé
Le Sp-Cilas Simon Sani et l’artiste Imrane invitant la jeunesse de Djougou à renoncer à l’usage de la drogue Le Sp-Cilas Simon Sani et l’artiste Imrane invitant la jeunesse de Djougou à renoncer à l’usage de la drogue

La commune de Djougou a abrité les manifestations de la Journée internationale de lutte contre la drogue, jeudi 28 septembre dernier. Les activités qui se sont déroulées à la Place de l’indépendance de la ville ont permis aux personnalités et aux membres du Secrétariat permanent de la Commission interministérielle de lutte contre l’abus des stupéfiants et des substances psychotropes (Cilas) d’inviter les populations à adopter une nouvelle approche à l’égard des consommateurs de drogue. 

Par   Alexis METON A/R Atacora-Donga, le 01 oct. 2023 à 22h55 Durée 3 min.
#Journée internationale #lutte contre la drogue #l’égard des consommateurs

La Journée internationale de lutte contre la drogue célébrée en différé, jeudi 28 septembre dernier, a mobilisé divers acteurs à la Place de l’indépendance de Djougou. Autorités politico-administratives, élus communaux, têtes couronnées et sages ainsi que les forces de sécurité publique se sont mobilisés pour rehausser le niveau de cette célébration organisée sous le lead du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique (Misp). A travers le thème : ‘’Les gens avant tout : mettons fin à la stigmatisation et à la discrimination, renforçons la prévention’’, cette journée invite la communauté internationale à désormais porter plus son attention sur les droits humains des consommateurs de drogue dont l’effectif s’accroît malheureusement chaque jour et les conséquences économico-sociales incalculables du phénomène.

Pour ce faire, Simon Sani, secrétaire permanent de la Commission interministérielle de lutte contre l’abus des stupéfiants et des substances psychotropes (Cilas), invite à mettre fin à la stigmatisation et la discrimination des consommateurs de drogue tout en renforçant la prévention. Il suggère que les agents chargés de l’application de la loi intègrent la nouvelle approche de sensibilisation, de non-stigmatisation et de non-discrimination dans leur mode d’action, de prévention, que les comités départementaux de lutte antidrogue soient activés et renforcés pour être véritablement opérationnels sur le terrain. Il souhaite  que la politique de prévention à travers la sensibilisation soit effectivement décentralisée jusqu’au niveau des communes et que les attributions de contrôle des drogues et précurseurs et celles de la lutte contre les faux médicaments de l’Agence béninoise de régulation de la pharmacie (Abrp) soient renforcées. Saluant le chef de l’État qui a su mettre en place des mécanismes de lutte contre l’usage de la drogue, le Sp-Cilas est rassuré que ces défis seront relevés avec le soutien de la population. 

Des expériences amères

 

La commune de Djougou a vécu des expériences amères, selon les propos de Amadou Djibril, premier adjoint au maire. Celles-ci, précise-t-il, ont amené les populations à initier des actions communautaires allant dans le sens de l’éradication de la consommation de la drogue. Selon son témoignage, il a eu à assister à des scènes où le commissariat de police a envoyé plusieurs fois des éléments pour renvoyer les individus qui s’adonnent à la consommation de la drogue à la Place de l’indépendance en plein air. Amadou Djibril rassure que le conseil communal et les populations feront le nécessaire pour réussir la lutte contre le fléau qui ruine la santé de la jeunesse.

Biaou Aïnin Souleyman, préfet de la Donga, informe que le manque de communication autour de la drogue constitue un handicap pour l’harmonie au sein des populations. Selon le préfet, celui qui est dépendant de la drogue doit être considéré comme un malade et non comme un criminel ou un délinquant. « La discrimination dont sont victimes ces compatriotes est l’une des sources d’insécurité dans nos cités. Aussi lorsqu’ils se sentent abandonnés, stigmatisés et haïs de tous, ils se rétractent et s’éloignent des centres de prise en charge où l’Etat dépense beaucoup pour leur épanouissement », souligne le préfet de la Donga. Pour Adamou Aba Bagnan, secrétaire général adjoint, représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, la répression ne suffit plus à elle seule pour endiguer le fléau.  Les consommateurs de drogue sont des gens à considérer et en qui il faut reconnaître l’humanité. Ainsi, Adamou Aba Bagnan plaide pour l’organisation des activités de sensibilisation et de conscientisation pour aider les consommateurs de drogue à se reconvertir. Les citoyens doivent mener le combat contre la discrimination et la stigmatisation des consommateurs de drogue afin qu’ils se sentent en confiance pour recevoir des soins appropriés.