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Mobilisation sociale pour une sexualité responsable des jeunes: Croisade contre les grossesses précoces en milieu éducatif

Santé
Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 19 août 2016 à 07h55

Une campagne de mobilisation sociale autour des questions de sexualité des jeunes a démarré jeudi 18 août à Parakou. Pendant deux jours, jeunes et adultes réfléchissent sur les causes, les conséquences ainsi que les décisions à prendre pour enrayer le fléau des grossesses précoces.

La problématique de la sexualité des jeunes et des grossesses précoces et non désirées en milieu scolaire et dans les centres d’apprentissage est au cœur d’une campagne de mobilisation sociale qui se déroule les jeudi 18 et vendredi 19 août au lycée Mathieu Bouké de Parakou. C’est une initiative de l’Association pour l’éducation, la sexualité et la santé en Afrique (Apessa) en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et l’Association béninoise pour la promotion de la famille (ABPF). Il est question non seulement de tirer la sonnette d’alarme sur ce phénomène qui freine l’épanouissement de la jeunesse et l’éclosion sociale, mais aussi et surtout de susciter un sursaut collectif en vue d’une prise de conscience et de changement de comportements en matière de santé sexuelle reproductive et d’une prise de position des décideurs politiques et des acteurs du monde scolaire. Elèves, apprentis, parents d’enfants, éducateurs sociaux et autorités religieuses et politico-administratives, partagent les informations sur les causes et les conséquences liées aux grossesses précoces sur la jeunesse, la famille et la société ainsi que les offres de services de planification familiale et de conseils aux jeunes.

L’accent est mis sur la formation et l’appui-conseil à la santé sexuelle des adolescents et des jeunes, la nécessité du dialogue parent-enfant, la constitution de relais opérationnels en vue de la conscientisation dans les communautés. En fait, très peu de jeunes reçoivent une préparation adéquate pour leur vie sexuelle et cela fait qu’ils sont potentiellement vulnérables aux abus, aux grossesses non désirées et aux infections sexuellement transmissibles y compris le VIH/Sida, signale Philippe Orékan, représentant de la présidente de l’Apessa-Bénin.

Effets d’une sexualité non contrôlée

Il fustige le silence des adultes, des parents et des enseignants sur la sexualité qui demeure un sujet tabou dans nos sociétés, alors que le phénomène de grossesses précoces prend des proportions alarmantes, notamment dans le Borgou et l’Alibori.
Le démarrage des travaux a été marqué par la projection d’un film intitulé « Grossesse sur les bancs ».
Les divers témoignages parfois pathétiques et dramatiques sur les complications liées aux grossesses précoces et à l’avortement clandestin et provoqué n’ont pas manqué de toucher les adolescents et adolescentes qui y ont participé. Au nombre des conséquences, le représentant du directeur départemental de l’Enseignement secondaire Borgou-Alibori, Inoussa Suanon, cite : la déperdition scolaire des jeunes filles, le phénomène des filles-mères avec pour corollaire la prostitution et ses conséquences, les bébés jetés sur les tas d’ordures ou dans les fosses, les enfants abandonnés, la tension dans les familles, la délinquance juvénile sous forme de grand banditisme et de gangstérisme. Moïse Chaci Isaï, représentant le directeur départemental de la Santé insistera, quant à lui, sur les complications lors des accouchements, la césarienne, la stérilité, les fistules obstétricales, les IST et même la mort qui peut s’en suivre. Des conséquences qui peuvent être évitées si très tôt au sein de la cellule familiale une éducation sexuelle conséquente était donnée aux adolescents et adolescentes dans le domaine de la sexualité. C’est en cela que l’initiative de la campagne de mobilisation sociale est saluée par les autorités politico-administratives dont le maire de Parakou, Souradjou Karimou Adamou qui espère que cette activité impactera positivement les adolescents et les jeunes pour un changement de comportements au sujet de leur sexualité. «Le sexe, ce n’est pas de l’amusement. Ce n’est pas un jeu d’enfant ... Les diplômes et le travail sont primordiaux dans la vie de tout individu», conseille le maire, comme pour dire : un enfant ne fait pas d’enfant?