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Les ministres sectoriels défilent, dès ce jeudi 15 novembre, devant la commission budgétaire de l’Assemblée nationale dans le cadre de l’étude du projet de loi de finances, gestion 2019. Le bal sera ouvert ce matin par deux ministres : celui de l’Industrie et du Commerce, Serge Ahissou et le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané.
Ce dernier qui était devant les députés mardi dernier, pour présenter les grands axes du projet du Programme d’investissement public (Pip) gestion 2019 y retourne ce jeudi pour défendre, cette fois-ci, le projet de budget de son département ministériel, à l’instar de son collègue de l’Industrie et du Commerce. La même programmation prévoit dans l’après-midi de ce jour le passage de deux autres ministres en l’occurrence
Aurélie Adam Soulé Zoumarou en charge de l’Economie numérique et de la Communication et Adidjatou Mathys, chargée du Travail et de la Fonction publique. Elles donneront des précisions aux députés membres de la commission budgétaire sur le contenu de leurs budgets respectifs, les grandes actions et ambitions de leurs ministères pour l’année prochaine.
Cet exercice annuel de présentation de budget concerne tous les ministres du gouvernement ainsi que les présidents des institutions de la République. L’opération dure jusqu’au 27 novembre prochain. Les travaux vont se poursuivre des institutions dans la commission budgétaire parlementaire après le défilé des ministres et des présidents de la République en l’occurrence la Cour constitutionnelle, la Cour suprême, la Haute cour de Justice, le médiateur de la République, le Conseil économique et social (Ces) et la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Ensuite, les députés vont discuter de façon approfondie du projet de loi de finances gestion 2019 et initier des amendements pour tenir compte, dans la mesure du possible, des différentes recommandations formulées notamment par les centrales et confédérations syndicales ; les organisations de la Société civile, les acteurs du secteur privé et l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb), qu’ils ont reçus en audiences publiques dans le cadre de l’étude du projet de budget général. Ces travaux de discussions budgétaires sont programmés pour les 6 et 7 décembre prochains. Ils seront sanctionnés par l’adoption des rapports spéciaux et du rapport général de la commission attendus pour le 17 décembre prochain. Le rapport général sera soumis en fin au vote des députés réunis en séance plénière avant la fin du mois de décembre prochain.
Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Actualités 15 nov. 2018
Karim Sy [/caption]Karim Sy est membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique (Cpa), une organisation créée par le président Emmanuel Macron pour lui apporter des éclaircissements sur des questions liées aux relations entre l’Afrique et la France. Rencontré à Cotonou dans le cadre de l’évènement «Novembre numérique », le Franco-malien, fondateur de Jokkolabs et un des acteurs majeurs du numérique sur le continent, nous parle du rôle du Conseil, des enjeux du numérique et des opportunités qui s’offrent en la matière aux jeunes en Afrique.
La Nation : Quel est le rôle du Conseil présidentiel pour l’Afrique ?
Karim Sy : C’est un groupe de personnalités issues de la Société civile qui ont pour rôle, comme l’indique le nom de l’organisation, de conseiller le président et de nourrir un peu sa réflexion sur la politique africaine, mais tout particulièrement sur des sujets relatifs à l’éducation et à la culture de l’entrepreneuriat. Si vous avez suivi la première visite du président français à Ouagadougou au mois de novembre 2017, il avait tenu un discours qui ancre le cadre d’intervention et énonce les engagements du président envers l’Afrique.
Nous sommes dix dont deux de vos compatriotes au sein du Conseil : l’ancien footballeur Jean-Marc Adjovi-Boco et l’ambassadeur Jules-Armand Aniambossou qui d’ailleurs coordonne les activités du Cpa. C’est un promotionnaire du président Macron à l’Ecole nationale d’administration (Ena), la promotion Senghor. C’était déjà prémonitoire de l’intérêt que porte le président à l’Afrique. Sa dernière visite officielle, c’était au Nigeria. Vous savez que quand il a fini l’Ena, son premier stage, il l’a fait au Nigeria. Ce qui est hyper rare. Entre nous, l’Ena, c’est quand même le summum de la formation de l’administration française. En général, les étudiants qui finissent ne choisissent pas l’Afrique comme destination. C’est déjà un choix assez surprenant et qui témoigne de l’intérêt assez marqué d’Emmanuel Macron pour l’Afrique et qu’il a clairement exprimé. C’est un président jeune et assez innovant. Le dispositif du Conseil présidentiel pour l’Afrique, c’est une première. Cela n’avait jamais existé.
Quel bilan peut-on faire de vos activités au sein du Conseil ?
Le premier travail du Conseil présidentiel pour l’Afrique a été de réfléchir avec les différents acteurs de la politique africaine. Nous, on n’a pas vocation à remplacer les ambassades, l’Institut français ou l’Agence française de développement ou d’autres acteurs. On a un rôle de conseil directement auprès du président. Je parlais du discours de Ouagadougou parce que la première intervention en terre africaine était dans une université, en direction des jeunes. Un président français qui choisit de s’adresser dans une université devant mille jeunes qui sont plutôt marxistes et révolutionnaires, c’est osé. Mais l’ambition était de dire aujourd’hui, il faut une écoute de la jeunesse. La jeunesse africaine, c’est 70 % de la population du continent. En fait, le Cpa, c’est quelque part aussi le relais pour écouter et interagir avec la Société civile, avec la jeunesse pour pouvoir faire remonter directement au président les préoccupations qu’on peut avoir sur le terrain et formuler éventuellement des propositions pour des projets innovants. Une bonne partie des engagements contenus dans le discours de Ouaga, a été discutée au sein du Cpa. Ce sont des échanges privés qu’on ne saurait divulguer dans le monde entier.
Quelles sont les opportunités qui s’offrent à la jeunesse dans le cadre des activités du Cpa ?
En lien avec les engagements de Ouaga, l’Afd a lancé le concours Afd Digital Challenge Africa. L’année dernière, on a eu plus de 900 candidats pour 10 lauréats. Il y a quand même un côté extrêmement frustrant. C’est que de nombreux jeunes expriment un intérêt et veulent s’engager, mais ils sont laissés sur le carreau. Quel dispositif peut-on mettre en place pour accompagner cette dynamique ? C’est de là qu’est partie l’idée de monter Digital Africa qui est basée aussi sur des expériences de différentes organisations, pour accompagner les jeunes entrepreneurs ou porteurs de projets à pouvoir concrétiser leur rêve, à accéder à l’information,au savoir-faire, à des contacts, à des mentors.
En fait, l’information ne circule pas et c’est un calvaire. Des fois même, on a plus d’informations à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le challenge, c’est de voir les perspectives. Ici par exemple, le marché, ce n’est pas que le Bénin ; c’est toute l’Afrique, à commencer par l’Uemoa qui est une chance extraordinaire pour les gens de l’Afrique de l’Ouest, qui peuvent utiliser la plateforme France pour pouvoir s’étendre à l’échelle internationale.C’est un peu cette dynamique qu’on voudrait accompagner. Ça va se matérialiser par une plateforme internet qui sera lancée à la fin du mois de novembre. C’est une association qui a été formée et qui regroupe notamment les acteurs comme Afrilabs qui est le réseau des hubs africains (135 hubs membres du réseau affiliés et provenant de 35 pays si je ne m’abuse).
On a déjà une couverture avec Digital Africa, avec des valeurs énoncées très claires sur la protection des données, sur l’approche multiculturelle ouverte et inclusive.
Il y a le fonds Afric’Innov qui est une initiative lancée par l’Afd avec une vingtaine d’incubateurs africains pour les aider à structurer des programmes accélérateurs et faire du financement des start-up avec des prêts d’honneur. C’est le Global EntrepreneurshipNetwork Africa qui est le chapitre Afrique du Global Entrepreneurship Network, le plus grand réseau entrepreneurial à ce jour avec plus de 160 pays participants et de nombreux partenaires,et qui est présent dans 35 pays en Afrique.
Comment sont sélectionnées les start-up bénéficiaires sur Digital Africa ?
Elles ne sont pas sélectionnées ; elles s’inscrivent. C’est une plateforme qui est ouverte. L’idée, c’est de donner l’opportunité au plus grand nombre. Elles peuvent s’organiser dans une dynamique de communauté apprenante qui favorise l’émergence des projets.
Il y a un dispositif financier qui va être adossé et qui va venir dans un deuxième temps au cours du premier trimestre 2019, doté de 65 millions d’euros, géré par l’Afd pour permettre d’accéder à de petits financements d’amorçage. Aujourd’hui, il est difficile d’accéder à des financements de base. Mais là, il y a 5 millions pour les prêts d’honneur, 10 millions pour le renforcement des capacités, 50 millions pour des prêts tout court.
L’accès difficile à internet par endroits et le manque de ressources ne favorisent pas l’émergence des start-up…
Les jeunes disent souvent qu’il n’y a pas le réseau. C’est une erreur de penser que c’est le réseau qui fait tout. Je ne le pense pas. J’ai eu la malchance ou la chance d’avoir un père qui me dit: va te faire un prénom, qui ne m’ouvrait aucune porte. Quand j’allais voir les gens, ils me disent: va voir ton père, il connaît. Ça m’a même motivé à quitter le Mali pour aller au Sénégal… autant aller sur un terrain vierge.
La vocation de Digital Africa, c’est identifier des projets innovants… Aujourd’hui, il faut qu’on arrive à faire comprendre la notion de communauté apprenante. On a inventé une nouvelle manière, un nouveau mode d’apprentissage. Le temps que les universités changent les cursus scolaires sera long. Le jeune qui a gagné le prix l’année dernière, l’Ivoirien Lamine Barro,initiateur de la plateforme d’e-learning Etudesk, met en place des cursus en ligne avec des parcours et organise du mentorat au cours de formations sur le numérique et autres choses. Il est en train de le faire même sur l’agriculture…
Donc, entre pairs, il faut échanger, il faut collaborer. C’est quelque chose aussi qu’on veut arriver à faire comprendre aux gens. Et puis,si on compare la dynamique des écosystèmes qui sont vivants, ce sont des écosystèmes où il y a beaucoup d’interactions qui se croisent. Il faut revenir à la logique de partage avec les autres. Et là, il y a même un apprentissage de la démocratie. Pourquoi ? Parce que le lead de la communauté n’est pas supposé être lead ad vitam aeternam. C’est aussi une logique de la méritocratie dans ces communautés technologiques qu’on voit.
C’est donc un processus naissant ?
Il est déjà là. Je l’ai vu depuis huit ans dans tous les hubs et sur le terrain. On vient de lancer un programme de formation en Côte d’Ivoire, basé sur cette dynamique de communauté. On parle de plus en plus de pédagogie inversée. Les gens ont accès à la vidéo, à des ressources pour se former. Quand tu vas à l’école, tu n’as pas besoin que le prof vient te raconter ce que tu as dans le livre. Tu le lis avant et vous avez des échanges profonds sur les zones d’ombre. C’est cette approche qui est en train d’être priorisée. Je pense qu’aujourd’hui, l’Afrique est à un croisement incroyable et doit se réinventer. Ma conviction, c’est que tout le monde doit se réinventer ; il n’y a pas que l’Afrique. S’il y a un secteur capable de bouger sur cinquante ans, c’est l’éducation. Avant, il fallait venir dans un lieu pour consigner dans des bouquins des savoir-faire qu’on ne pouvait avoir que dans ce cadre. Aujourd’hui, c’est démocratisé d’une certaine manière. Le modèle évolue lentement et sur internet, vous avez maintenant accès aux cours des meilleures écoles du monde. Ça veut dire que la manière d’appréhender l’éducation doit être revue. On peut la transposer dans tous les secteurs. On est dans un monde en transition, porté par le numérique. En 2000, on parlait de la société de l’information mais qui bouscule tout aujourd’hui. On le voit socialement,même politiquement avec les questions de fichier électoral, économiquement avec des économies remixées, des entreprises qui meurent, d’autres qui naissent. Dès ce moment-là, quand on regarde tous les secteurs du développement comme l’énergie, ce sont des secteurs, si on réfléchit bien, dans lesquels l’Afrique peut importer un nouveau modèle.
Pensez-vous qu’elle peut le faire plus facilement que d’autres ?
C’est ce qu’on a vu avec le mobile. Vous pensez que s’il y avait des banques super implantées avec l’utilisation des cartes de crédit et autres, M-PESA aurait pu se développer au Kenya ? Mais non. On n’y avait même pas pensé. Ce n’est pas pour rien que cette structure s’est développée et aujourd’hui, il y a 50 % du Pib qui transite par la moneybanking. Et ça a pris l’ampleur qu’on connaît aujourd’hui en Afrique alors que les banques étaient sur 20 % de la population. Et là boum ! On se rend compte qu’il y a un potentiel énorme.
Si on prend l’origine même des technologies avec le mobile, Mo Ibrahim a installé les réseaux en Europe, aux Etats-Unis. Quand il a dit : moi, je suis d’origine soudanaise et je vais au Soudan pour faire un réseau mobile, tout le monde lui a dit : mais vous êtes fou ; c’est une solution pour les riches. Mais c’est lui qui a inventé le Prepaid avec Celtel qu’on retrouve aujourd’hui en France. Et là, il a ouvert depuis l’Afrique tout un marché.Il faut qu’on change notre mentalité, notre regard et qu’on arrête de se dire qu’on n’a pas de marché. Il y a un marché qui est là ; il faut savoir l’adresser. Pour cela, il faut imaginer son business modèle, inventer son produit et à partir de là, le faire sortir. Il n’y a que les entrepreneurs africains qui connaissent mieux les usages et les problématiques sur place. Ce n’est pas d’ailleurs que les solutions viendront.
L’un des grands soucis qu’on a, c’est un défi écologique qui nous presse dans le temps pour faire cette transformation. Ce qui est encourageant, c’est de voir qu’il y a des choses qui se font. J’ai vu une société béninoise qui a développé des kits solaires avec des solutions de paiement mobile qu’ils ont déployés ici. Maintenant, ils sont au Burkina Faso. Ils sont en train d’ouvrir en Côte d’Ivoire et de s’étendre. Ils ont gagné un prix au niveau mondial. Aujourd’hui, ils ont un carnet de commandes qu’ils ne savent pas comment honorer. Donc, ce sont des choses concrètes comme ça qu’on voit.
En Afrique, on a une démographie qui fait une pression incroyable, avec un doublement de population tous les 20 ans. Cette jeunesse est certes une opportunité mais elle peut être aussi un vrai défi. Si elle décide de tout casser, tout le monde aura mal. On le voit bien avec le défi sécuritaire qui est en train de grandir. On a une voie dans laquelle on peut être optimiste mais il ne faut pas qu’on n’oublie de regarder dans le rétroviseur et d’être conscient.
Avec un parcours d’entrepreneur, vous avez décidé de créer l’initiative Jokkolabs qui est à but non lucratif. Qu’est-ce qui explique cet engagement pour le numérique et l’entrepreneuriat social ?
Avec Jokkolabs, je ne prends pas de salaire ; j’y mets de l’argent plutôt. C’est important à préciser. C’est une initiative pour accompagner la dynamique entrepreneuriale sur le terrain. Ça fait huit ans que je le fais. La première phase d’innovation est partie de Dakar et maintenant, on est présent dans huit pays dont la France. Et ce qu’on fait en France, ce n’est pas pour l’Afrique ; c’est pour la France. La dynamique aujourd’hui, elle a changé. La relation, c’est de montrer qu’on peut partir de Dakar pour apporter quelque chose en France. Ce qu’on fait depuis six ans à Nanterre, on ne le fait pas dans les quartiers « défavorisés ». On pense le futur et les défis auxquels on est confronté…
Dans mes affaires, je travaille sur une vingtaine de pays dont le Bénin sur diverses questions. Ici au Bénin, avec le Jokkolabs, on avait lancé le premier hackathon en 2016. A l’époque, on avait même monté le premier hub avec l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). La démarche est assez originale et les discussions ouvertes sur divers sujets, mais le sujet clé, c’est la jeunesse?
Les amazones du Dahomey[/caption]Résistance, fermeté et bravoure. Ce sont, entre autres, les qualités qui caractérisaient les amazones du Dahomey, actuel Bénin. Puissantes guerrières,elles détruisaient tout sur leur passage. Leur résistance face à l’armée coloniale française en dit long. Des siècles après, leurs empreintes démeurent. Souvenirs et témoignages des femmes leaders d’aujourd’hui en l’honneur de ces figures dont la bravoure défie tous les clichés sur les femmes.
Rien qu’à l’évocation de leur nom et, l’on éveille les émotions. Beaucoup de femmes et d’hommes leur vouent admiration et respect pour leur bravoure, leur sens de citoyenneté et leur esprit de sacrifice suprême. Les amazones du Dahomey représentent tout un symbole, des valeurs ! Véritables guerrières, elles ont marqué leur temps. La démarche énergique, le crâne rasé soutenu par un bonnet portant le sceau d’un caïman, le visage grave, ces guerrières étaient redoutées pour leur dextérité et leur robustesse.
Très vaillantes, elles savent résister à tout. Elles ne reculent devant aucun danger : la patrie ou la mort face à l’ennemi. Ce sont de braves femmes engagées, loyales, patriotes et combattantes.
« Les amazones, un corps d’élite de femmes noires, africaines, combattantes, créé à une époque de l’histoire de l’humanité où la femme continuait d’être considérée à peine comme un être humain, pour ne pas dire un objet sans personnalité juridique, c’est une réalité historique indéniable dans le royaume du Danhomê qui a évolué vers la République du Bénin », se souvient Claire Houngan Ayémona, ancienne ministre de la Famille.
Intrépides et courageuses, ces femmes se sont démarquées par leur charisme et leur capacité à conduire les missions délicates.
Selon Me Huguette Bokpè Gnacadja, « la création du corps des amazones symbolise un acte de valorisation des compétences professionnelles de la gent féminine posé par une femme, en l’occurrence la reine Tassi Hangbé, sœur du roi Akaba, au début du XVIIIe siècle ».
Traces ineffaçables
Aujourd’hui encore, les amazones demeurent plus vivantes que jamais, présentes dans les cœurs et mémoires. Les traces de leur combat sont restées ineffaçables. Corps de guerrières de l’armée dahoméenne constitué sous le règne du roi Akaba, elles se sont révélées à la patrie et à d’autres nations par leur force, leur courage et leur bravoure à aller au combat. Leur nombre avoisinait les 4000. Leur mission : assurer la sécurité du roi, du royaume et en allant au front au même titre que les hommes.
« Durant les règnes d’Agadja, de Glèlè et de Gbéhanzin, les femmes soldates ont assuré la garde rapprochée de ces trois rois, ce qui témoigne de l’importance qu’elles revêtent et de la confiance dont elles étaient créditées quand bien même, elles devaient obéissance totale au roi », apprécie Me Huguette Bokpè Gnacadja.
Ces héroïnes ont constitué le fer de lance de l’armée dahoméenne. « Souvent placées en première ligne lors des assauts, elles étaient les premières à périr », se souvient-elle.
Aussi imprégnée du parcours des amazones que les précédentes, Mireille Agossou, femme leader renchérit : «Elles combattaient comme les hommes et excellaient dans l’espionnage, le camouflage ou l’infiltration ».
Corps militaire entièrement féminin constitué à la fin du XVIIe siècle, ces guerrières étaient vouées aux métiers des armes toute leur vie et condamnées au célibat.On faisait recours à elles pour combler les pertes en vie humaine dans les rangs des hommes.
En fait, en cette période, beaucoup de guerriers mouraient sur les champs de bataille. Il fallait donc combler le vide. Les amazones étaient bien indiquées pour assurer la mission. Et elles n’avaient jamais démérité.
Elles étaient soumises à des exercices physiques réguliers et excellaient dans le maniement des armes. Leur physique renseigne sur le type d’individus qu’elles incarnaient.
Félix Iroko, professeur d’histoire, renseigne en 2014 « qu’on leur coupait le sein droit afin de leur permettre de bien tirer leurs arcs ; c’était des femmes vierges, d’un engagement et d’une bravoure remarquables ».
Le parcours des amazones est extraordinaire et contraste avec le rôle habituel dévolu à la femme. « Les amazones ne se contentent pas du rôle reproductif que leur confère la société, mais jouent aussi un rôle productif. Elles sortent de l’ombre pour venir au-devant de la scène », apprécie Mireille Agossou.
Ces femmes savaient bien prendre le devant des choses et anticiper sur des situations. « Avant d’aller au front, elles se protégeaient contre les mauvais esprits et les balles des ennemis avec des amulettes », explique Félix Iroko. Leur engagement n’était pas toujours un choix délibéré. La décision peut venir du roi. Dans ce cas, on devient amazone parce que désignée par ce dernier ou par conversion d’une peine capitale à laquelle est condamnée l’assujettie.
Servir les desseins d’un Etat libre
26 octobre 1892. Les soldats français marchent sur le Dahomey. Ils réussissent à décimer les premiers guerriers envoyés par le roi Guézo. A 50 km environ d’Abomey, ils seront confrontés à une autre armée constituée uniquement des amazones. Munies d’armes blanches, celles-ci ne céderont pas facilement à l’acharnement de l’ennemi. La bataille dure des heures. Le détachement français, bien qu’impressionnant de par son effectif, ne s’est pas tiré facilement d’affaire.
Le général Alfred Amédée Dodds, à la tête des 3000 soldats français aurait décrit « cette journée comme la plus destructrice de sa campagne ». Hélène d’Almeida Topor, auteure de ‘’Les Amazones, une armée de femmes dans l’Afrique précoloniale’’, indique que « ces femmes-soldats étaient nées pour servir les desseins d’un Etat libre ; leur organisation ne survit pas à la disparition de la liberté ». L’existence de ces héroïnes, selon l’auteure, démontre que dans n’importe quel contexte, un conditionnement bien conduit l’emporte sur tous les préjugés socioculturels.
Combien sont-elles encore aujourd’hui à se donner corps et âme à la République ? Les temps ayant évolué, les femmes de la trempe des amazones, le Bénin n’en compte certainement que quelques-unes.

Les prochaines législatives font bouger les lignes. Contents ou pas de la réforme du système partisan, les partis se concertent, se font la cour, s'allient pour se constituer en grands blocs. Les deux blocs de la Mouvance s’élargissent quasiment chaque week-end. Même l'Opposition qui semblait muette, taciturne sinon timide prend forme avec une élite prête à riposter... Il faut espérer que les unions soient sincères et durables.
Les alliances de partis se multiplient au sein de la Mouvance. Il ne se passe plus de week-end sans congrès extraordinaire d'adhésion de tel mouvement ou parti à tel ou tel bloc. Bloc des progressistes ou Bloc des Républicains, les lignes s'allongent à telle enseigne que l'on n'en saisit plus les bornes. Et dans les rangs, des mastodontes politiques, des rivaux d'hier, des opposants d'antan... Sortie de sa réserve, l'Opposition elle aussi semble avoir pris forme avec en son sein de grands noms de la politique qui, il faut l'avouer, n'ont pas toujours été les meilleurs amis du monde. Dans leurs rangs, des partis qui se sont affrontés sans ménagement, qui ont crié haro l'un sur l'autre, qui ont vécu une lune de fiel se promettent aujourd'hui la lune de miel. Curieux mariages! Alliance forcée, intéressée ou motivée, on eût dit quand même que la réforme du système partisan fait des miracles! Est-ce pour le meilleur et pour le pire ?
"Un mariage sans amour est voué à l'échec", répète-t-on de génération en génération. Il en est de même pour les alliances politiques sans conviction profonde. Elles se font et se défont au gré des intérêts. L'histoire au Bénin a laissé un souvenir bien triste des regroupements tous azimuts. Fondés sur des intérêts égoïstes, les blocs se sont bien souvent disloqués au lendemain des joutes électorales du fait des frustrations générées par le partage du "butin politique" après la victoire. Fort de l'adage "l'union fait la force", des mouvements politiques se sont mis ensemble et se sont révélés bien faibles à l'épreuve des intérêts particuliers post-électoraux. Doit-on craindre une implosion des grands regroupements qui se constituent aujourd'hui ?
Dans tous les cas, il faut reconnaitre que les regroupements sont faits par des dinosaures qui n'accepteront pas de se laisser plumer lors du partage des sièges. Au cas où l'opposition arriverait à rafler des sièges au Parlement, le partage entre Fcbe, RB, Usl... sera l'autre défi.
Du côté de la mouvance, le Prd qui a défendu " onguibus et rostro" (ongles et bec) son logo et son siège n'en fera pas moins pour les sièges à partager. Le Fdu de Mathurin Nago, le Psd de Bruno Amoussou, Abt, Rnc... tous voudront avoir leurs voix au chapitre et c'est sans compter avec la détermination des jeunes qui n'entendent plus battre campagne, mouiller le maillot pour finalement rester sur les bancs de touche et regarder leurs aînés se régaler au "festin républicain". Mais attention ! C'est bien à partir du moment où l'on pense que la République, l'hémicycle, les postes politiques... sont un festin, que commencent les rivalités abjectes. Être député devrait être perçu et vécu comme un sacrifice et un service à la nation. L'abaissement de ses intérêts égocentriques pour le rayonnement de la cause commune. Ont-ils tous cette conception de la politique? A l'épreuve des positionnements pour les législatives, les regroupements nous donneront la première preuve de leur solidité.
Mohamed Zine Elabidine[/caption]A la faveur des 30 ans d’existence du Centre culturel chinois au Bénin, s’est tenue une exposition d’œuvres d’art réalisées par des artistes de plusieurs nationalités. Cette exposition fascinante baptisée « A chacun sa beauté » révèle un talent peu ordinaire.
Diplomate marocain en poste à Cotonou, Mohamed Zine Elabidine a présenté une mosaïque de tableaux. Exposés dans le cadre des 30 ans d’existence du Centre culturel chinois, ces tableaux surfent sur l’art figuratif dans lequel il baigne depuis plusieurs décennies. Les oeuvres évoquent avec précision et fidélité des lieux, des réalités, différentes facettes de la nature, etc.
L’artiste et diplomate explique que "Chaque tableau contient un message et une interprétation de valeurs et d’expressions humaines". Ces œuvres donnent ainsi aux visiteurs la possibilité d’exprimer leurs sentiments et leurs interprétations.
Comme d'habitudes, les œuvres de Mohamed Zine Elabidine font la part belle aux couleurs primaires. Il utilise des techniques variées, surtout la peinture à l’huile, l’acrylique, le collage et l’encre de Chine. Et le résultat n’a pas manqué d’impressionner les visiteurs.
C’est dans cette dynamique que Mohamed Zine Elabidine s’aventure désormais dans le style abstrait, mais, garde une préférence expressionniste basée sur des valeurs et des principes universels.
Intégré dans ses pays de fonction
"A chacun sa beauté" est sa deuxième exposition collective au Bénin. Selon Mohamed Zine Elabidine, cette exposition marque un tournant dans son parcours artistique. Un parcours lancé après avoir reçu une formation en arts plastiques au Centre pédagogique régional de Rabat.
Depuis 1987, année de la fin de sa formation en arts plastiques, il a exposé en Afrique, en Asie et en Europe. Il a participé à une quinzaine d’expositions individuelles au Maroc, aux Émirats Arabes Unis, en Mauritanie et, en Belgique. S’insérant dans un brassage artistique, il a participé à une vingtaine d’expositions collectives dont deux au Bénin.
Mohamed Zine Elabidine est titulaire d'un diplôme du cycle supérieur (Master) de l’Ena de Rabat et d'un Diplôme d’études approfondies (Dea) en droit. Actuellement, il prépare un Master en diplomatie et un doctorat en relations internationales.
Diplomate de carrière, Mohamed Zine Elabidine, 60 ans, est actuellement l’adjoint de l’ambassadeur du Maroc au Bénin.

Les économies des pays de l’Afrique subsaharienne connaissent une reprise qui devrait se poursuivre. Mais les risques de dégradation augmentent. C’est l’un des messages principaux de l’édition d’octobre 2018 du Rapport sur les perspectives économiques mondiales.
Les perspectives macroéconomiques de l’Afrique subsaharienne continuent de s’affermir. Les économies des pays de cette région du continent connaissent une reprise qui devrait se poursuivre. La croissance devrait passer de 2,7 % en 2017 à 3,1 % en 2018, grâce à des ajustements des politiques nationales et à un environnement extérieur favorable. Notamment, la persistance d’une croissance soutenue de l’économie mondiale, la hausse des prix des produits de base et des conditions de financement extérieur accommodantes.
Cette reprise est modeste, selon le représentant résident du Fonds monétaire international au Bénin, Karim Barhoumi, dans les pays exportateurs de pétrole. Tandis que la plupart des autres pays continuent d’afficher une croissance élevée.
Selon le rapport, si les déséquilibres budgétaires sont maîtrisés dans bon nombre de pays, l’ajustement a généralement résulté d’une hausse des recettes tirées des produits de base et de fortes compressions des dépenses d’équipement. La mobilisation des recettes intérieures n’a guère progressé. A moyen terme, et à politiques économiques inchangées, la croissance devrait s’accélérer pour avoisiner le taux de 4 %, soit un niveau trop bas pour créer le nombre d’emplois nécessaires afin d’absorber les nouveaux arrivants attendus sur les marchés du travail.
Les perspectives économiques des pays de l’Afrique subsaharienne sont exposées à des risques de dégradation considérables, en particulier l’incertitude élevée qui plane sur l’économie mondiale.
Le rapport indique que les conditions financières se sont durcies, avec une hausse des écarts de taux d’intérêt des sorties de capitaux. De même qu’une croissance soutenue dans les pays pauvres en ressources naturelles et une reprise modérée ailleurs.
Les économies des pays de l’Afrique subsaharienne sont aussi exposées à un durcissement inattendu des conditions financières mondiales. Puis, la dette publique détourne davantage de ressources vers les paiements d’intérêts et il est de plus en plus difficile pour les pays de s’acquitter de leurs obligations.
Pour protéger la reprise et accélérer la croissance à moyen terme, il convient, donc propose le rapport, de réduire la vulnérabilité liée à la dette et de créer un espace budgétaire. Tout ceci en améliorant davantage la mobilisation des recettes intérieures et en prenant des mesures qui permettront de réaliser une croissance vigoureuse, durable et inclusive.
Pour Karim Barhoumi, il est nécessaire d’accroitre la résilience et d’augmenter le potentiel de croissance. Mais, les mesures à prendre, indique-t-il, varient selon les pays. Pour lui, il faut améliorer les cadres de politiques économiques ; promouvoir la diversification de l’économie. Il va falloir aussi, selon lui, approfondir l’intégration commerciale et financière ; promouvoir des systèmes d’éducation flexibles et la connectivité ; enfin promouvoir l’investissement privé.
Avec un environnement externe moins favorable, les économies des pays de l’Afrique subsaharienne font face, selon les nouvelles perspectives, à des enjeux. Il faut dans le cadre des défis à relever, selon le nouveau rapport, réduire les vulnérabilités liées à la dette de ces pays ; faire face aux flux des capitaux puis accroitre les revenus plus vite.

Le Bénin prépare sa participation à la 24e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (Cop) 24. Un atelier ouvert hier mardi à Cotonou est consacré à l’appropriation des sujets à débattre pour dégager les priorités du pays que l’équipe de négociateurs ira défendre.
Par l’entremise d’un atelier de trois jours, les délégués du Bénin à la Cop 24 s’approprient les outils pour défendre la position du pays. Cet atelier baptisé pré-Cop est le cadre à travers lequel les questions à débattre en décembre prochain en Pologne sont évoquées et les stratégies pour mieux faire entendre le Bénin seront définies.
Jeanne Acatcha Akoha, directrice de cabinet du ministre du Cadre de vie et du Développement durable, a exprimé sa volonté de voir le Bénin préparer convenablement sa participation à la Cop 24. Elle a souhaité une appropriation des points à discuter et des stratégies aux fins de tenir la promesse du chef de l’État.
À Marrakech lors de la Cop 22, le Bénin a, en effet, manifesté sa volonté d’abriter un centre de recherche agricole sur les changements climatiques. Cette ambition, souligne-t-elle, est renforcée par le dernier rapport du Groupe intergouvernemental des experts sur le Changement climatique (Giec). Le document publié en octobre dernier énonce que la santé, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, la sécurité humaine, etc. sont menacés.
Les simulations du Giec, a précisé Jeanne Acatcha Akoha, sont alarmantes. C’est pourquoi elle estime qu’il y a nécessité pour tous les pays d’adopter une transition systémique rapide et de grande envergure dans les systèmes énergétiques, urbains, industriels.
Dégager et défendre les priorités du Bénin
À la Cop 24 pour laquelle le Bénin se prépare, les négociations porteront sur les règles d’exécution de l’Accord de Paris, le lancement du processus de relèvement du niveau d’ambition et le financement climatique. Sur ce dernier point, un accord doit être obtenu au terme de la Conférence de Katowice en Pologne, informe Adama Bocar Sako, représentant résident adjoint du Pnud au Bénin.
Pour lui, cette pré-Cop devrait outiller les négociateurs du
Bénin à prendre en compte les préoccupations du pays. Ils devront, par ailleurs, s’approprier les positions africaines et des pays les moins avancés durant la Conférence de Katowice.
À cet effet, l’atelier permet aux participants de mieux comprendre les processus de négociations sur les changements climatiques. Les échanges à travers des présentations doivent permettre de comprendre et d’analyser les positions des différents groupes de négociation en présence. Ainsi, les priorités du pays dans ces négociations seront dégagées pour être défendues.
Pour finir, une bonne équipe de négociation sera dégagée avec un partage des responsabilités.

L’exécution du Plan cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement 2019-2023 (Pnuad) requiert des efforts de la part du Bénin. En cela, la prise en compte des défis socioéconomiques sur le le plan national doit être la priorité.
C’est dans le présent que l’avenir se prépare, enseigne le dicton. Le Bénin ne doit pas perdre de vue cette philosophie en ce qui concerne la réalisation des Objectifs de développement durable (Odd). Le Plan cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement 2023 (Pnuad) se présente comme un instrument pour l’accompagner dans son élan.
Pour que ce plan se révèle davantage efficace, il doit s’appuyer sur certains domaines prioritaires sur le plan national, en l’occurrence, les secteurs social, économique environnemental de la gouvernance et de la paix.
Dans ces domaines, les défis ne sont pas négligeables. L’état des lieux dans les différents secteurs révèle les gaps à combler sur le plan national pour satisfaire les attentes des populations.
L’analyse du Bilan commun pays au Bénin dans le cadre du Pnuad montre certaines irrégularités sur le plan de la croissance économique. Le rythme actuel de la croissance économique est estimé à 4% sur la période 2014 à 2018. Ce rythme ne comble pas les besoins vitaux de la population béninoise « dont le taux intercensitaire est de 3,5%». Cette croissance économique est aggravée par la pauvreté monétaire. L’Enquête modulaire intégrée sur les conditions de vie des ménages (Emicov) 2015, indique un taux de pauvreté de 36,2% en 2011 à 40,1% en 2015.
Défis socioéconomiques
Sur le plan social, on note une persistance de la pauvreté dont le taux est estimé à 40,1%. «La dynamique démographique au Bénin se traduit par une transition démographique lente de la population béninoise qui exerce une pression sur les efforts de développement, en termes de demande sociale dans un contexte de pauvreté persistante», renseigne le résumé exécutif du Pnuad.
Le secteur sanitaire n’est pas mieux loti. Les taux de mortalité générale élevé renseignent sur les transformations que le Bénin doit amorcer. Selon le Recensement général de la population de 2013 (Rgph 4), « la mortalité est établie à 335,5 décès pour mille naissances ». Ce taux est en deçà de la cible 3.1 des Odd (en dessous de 70 pour cent mille naissances vivantes).
Le Bénin présente également des faiblesses au plan environnemental. Il n’est pas épargné des risques et catastrophes naturels, car exposé aux aléas climatiques. Les évènements météorologiques et climatiques extrêmes avec des phénomènes de sécheresse prolongée dans la partie septentrionale du pays, des inondations ravageuses dans les zones de plaines témoignent de sa fragilité dans le secteur environnemental. On estime à 38,2% la superficie totale du pays couverte par la zone forestière. Ce taux représente une variation de moins de 25,2% entre 1995 et 2005. « Cette variation traduit une dégradation inquiétante du couvert végétal du pays avec un niveau d’épuisement des ressources naturelles de 1,4% du Pib entre 2010 et 2014 », selon le résumé exécutif du Pnuad.
Education et genre
Les données au niveau du secteur de l’éducation sont appréciables en ce qui concerne l’accès au système éducatif par la population scolarisable. Excepté la formation technique et professionnelle, on note une amélioration au niveau de tous les cycles d’enseignement. Le taux brut de scolarisation dans le primaire est passé de 107% en 2011 à 116,2% en 2015. Toutefois, le gros défi pour le Bénin dans ce registre reste la rétention des enfants. 20% raccrochent définitivement avant la fin du CM2 et 27% des enfants de 9-17 ans sont hors de l’école.
En termes d’acquisition des connaissances par les apprenants, le pays doit revoir les stratégies pour améliorer le niveau des élèves. Les résultats aux différents examens sont aussi le signe de la faiblesse du système éducatif. Le résumé exécutif du Pnuad souligne « la faible adéquation entre l’éducation et la formation avec les besoins du marché de l’emploi ».
Le plan relève par ailleurs la faiblesse et l’inefficacité des mécanismes de protection sociale. Des lacunes s’observent aussi dans le domaine du genre. Entre autres, la persistance des violences faites aux filles et aux femmes et des inégalités du genre en matière d’accès aux services sociaux de base et aux instances décisionnelles. « L’indice de la Condition de la femme (Icf) a connu une légère évolution passant de 0,596 en 2011 à 0,607 en 2015. Par contre, il est noté « une dégradation du pouvoir économique de 9,6% passant de 0,732 à 0,662 ».
La gouvernance administrative n’est pas reluisante. Le Bénin est caractérisé par la lourdeur administrative, (la faible utilisation des technologies de l’information et de la communication, induisant la corruption et un risque fiduciaire élevé).
Des défis s’imposent également au secteur de la justice. L’examen périodique universel révèle quelques faiblesses, notamment en ce qui concerne les détenus. Si ce ne sont pas les mauvaises conditions de prévention, de détention dans les prisons civiles, ce sont les longues durées de détentions préventives ou alors le non-respect des droits des enfants.
L’état des lieux de la gouvernance et de la paix présente une image assez bonne du Bénin. En témoigne sa stabilité remarquable depuis 1990.
Toutefois, les institutions méritent encore d’être renforcées en vue de leur contribution efficace à la promotion de la démocratie et au développement du Bénin.
Agir sur trois piliers majeurs
Le Plan cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement ne perd pas de vue ces réalités. Il table sur trois axes majeurs pour booster le développement au Bénin: la promotion de la croissance économique inclusive, forte et durable ; le renforcement du capital humain et la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit ainsi que la promotion de la bonne gouvernance.
Relativement au premier pilier, le Système des Nations Unies et le Bénin se proposent de travailler en faveur de la résilience des populations les plus vulnérables à l’échéance 2023. Un accent particulier sera mis sur l’emploi décent, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’accès à une énergie propre….
Concernant le renforcement du capital humain, le Bénin et les Nations Unies veulent promouvoir l’accès aux services de base de qualité, une éducation de base inclusive et complète.
Sur le volet de la consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance, le Système des Nations Unies et le gouvernement béninois entendent mettre l’accent sur l’efficacité, la transparence au sein des institutions. A l’échéance 2023, les efforts cumulés du Système des Nations Unies et du Bénin pourront être mieux appréciés par les populations?

Le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, a présenté aux députés ce mardi 13 novembre, le projet du Programme d’investissement public (Pip) gestion 2019 comportant 197 projets essentiellement sociaux, le tout pour un montant de 425,11 milliards F Cfa.
Le social et la mise en œuvre accélérée du Programme d’action du gouvernement (Pag) sont les deux grandes priorités inscrites au Programme d’investissement public (Pip) du projet de budget général de l’Etat gestion 2019. Il s’agit d’un Pip hautement social qui comporte 197 projets pour un montant de 425,11 milliards F Cfa. Le budget national contribue à hauteur de 194,11 milliards FCFA soit 45,66% pour le financement de 170 projets dont 105 exclusivement financés par ledit budget. Les ressources extérieures s’élèvent à 231 milliards F Cfa pour le financement de 92 projets. Le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, a dévoilé à la commission budgétaire, cette grande ambition que nourrit le gouvernement pour l’année 2019. Selon lui, parallèlement au budget général de l’Etat, il est prévu la réalisation de plusieurs projets en mode Partenariat public-privé (Ppp) et d’autres exécutés par le Fonds routier du Bénin et la Société des patrimoines immobiliers de l’Etat. Ce Pip qui constitue l’ensemble des programmes et projets prévus par l’Etat pour être exécutés au cours d’une période donnée traduit la volonté du gouvernement de renforcer les programmes sociaux qui impactent le quotidien des populations, témoigne
Abdoulaye Bio Tchané. Il s’agira de poursuivre la mise en œuvre des politiques et stratégies de renforcement du capital humain, d’assurer la poursuite et à l’achèvement des chantiers en cours notamment les routes, Btp. Le Programme d’investissement public contribuera également à renforcer et à accélérer le développement local et l’autonomie énergétique, détaille le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, à la faveur d’un point de presse qu’il a animé à l’issue de sa présentation aux députés. A l’en croire, un accent particulier est également mis sur le Pag dont certains projets phares ont déjà démarré en 2018. Le gouvernement entend mettre le pied sur l’accélérateur dans la réalisation de ces projets phares concernant certains secteurs clés notamment l’eau, l’électricité, les infrastructures, l’environnement, l’éducation et la santé. « Nous aurons plus de routes, nous allons étendre l’accès à l’eau potable à beaucoup plus de nos compatriotes. Nous donnerons à manger à beaucoup plus d’enfants dans nos écoles à travers les cantines scolaires. Notre pays fera un grand pas vers l’autonomie énergétique; et nous construirons plus de salles de classe et d’hôpitaux », promet avec assurance le ministre d’Etat pour 2019.
Deux centrales thermiques
Toujours au titre des investissements publics, le Pip 2019 prévoit la poursuite et l’achèvement du projet de construction de la centrale thermique de 120 Mégawatts à Maria-Gléta dans la commune d’Abomey-Calavi; la construction d’une autre centrale thermique de 136 Mégawatts, toujours à Maria-Gléta mais en mode Ppp et la mise en œuvre du Projet assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) dont la phase pilote a déjà démarré avec la confection très bientôt de pièces d’identité nationale à un groupe cible de plus de 350 000 personnes. A tout ceci, Abdoulaye Bio Tchané ajoute la réalisation du Projet d’assainissement pluvial de la ville de Cotonou pour un montant de plus de 238 milliards F Cfa. Le secteur eau est également bien loti avec plusieurs projets. Ici, le ministre d’Etat chargé du Développement et du Plan cite entre autres le Projet d’eau potable en milieu rural et assainissement en milieu urbain (Peprau), le Projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable des villes de Cotonou, Parakou, Dassa-Zoumè, Savè, Glazoué et environs ainsi que les Programmes Aqua-vie et Omidelta et le Programme d’amélioration des systèmes d’approvisionnement en eau potable dans 69 villages du Bénin. Tous ces projets entreront dans leur phase active en 2019, assure Abdoulaye Bio
Tchané. Il n’oublie pas les autres projets non moins importants également inscrits au Pip 2019. Il s’agit notamment de la réhabilitation du Parc national de la Pendjari ; la réalisation du Programme des villes durables ; la poursuite du Projet asphaltage, la construction de bâtiments administratifs et d’infrastructures sociocommunautaires et le projet de télévision numérique et terrestre.
Par ailleurs, le gouvernement consacrera 20 milliards F Cfa à la réalisation des pistes rurales en vue de faciliter l’écoulement des produits agricoles et les échanges commerciaux, informe Abdoulaye Bio Tchané qui salue les députés pour la qualité de leurs interventions et la pertinence de leurs idées développées lors du débat budgétaire au titre du Pip 2019.
Les forces armées s'outillent au mécanisme de traçage pour mieux lutter contre le trafic des armes illicites[/caption]Ce lundi 12 novembre, s’est ouvert à Cotonou un atelier de formation sur le thème « Mécanisme du traçage des armes illicites ». Pendant cinq jours, des agents des Forces béninoises de défense et de sécurité impliqués dans la gestion des stocks renforcent leurs capacités pour mieux lutter contre le trafic illicite des armes.
Face au fléau de la prolifération des armes légères et de petit calibre qui tient le monde en haleine, il importe d’accroître les capacités des Forces armées de défense et de sécurité contre ce trafic qui nourrit les conflits et les braquages. C’est ce qui justifie l’initiative de l’atelier de formation sur le « Mécanisme du traçage des armes illicites » qui se tient du 12 au 16 novembre à Cotonou.
Regroupant une trentaine d’acteurs impliqués dans la gestion des stocks d’armes au niveau de l’Armée, de la Police républicaine, de la Douane et des Eaux et forêts, cette session de formation permettra aux bénéficiaires d’avoir des outils d’analyse sur les techniques d’identification et de prévention de l’apparition des flux d’armes illicites, a indiqué le colonel Bertin Bada, directeur du Cabinet militaire du président de la République et président de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (Cnlcpal-Bénin) à l’ouverture des travaux.
Ainsi, les forces armées pourront déterminer l’origine des armes illicites, localiser les points de détournement à partir des stocks nationaux, identifier les acteurs impliqués dans les transferts d’armes illicites et assurer une gestion sécurisée des ressources nationales et des espaces frontaliers sur la base de preuves factuelles, espère-t-il.
Le Bénin est, après le Burkina Faso et le Nigeria, le troisième pays pilote de ce projet de renforcement de capacités des forces de défense et de sécurité mis en œuvre par l’organisation internationale Conflict Armement Research (Car) avec l’appui de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et le soutien du Mécanisme de financement des Nations Unies pour la coopération en matière de réglementation des armements (Unscar).
A en croire Claudio Gramizzi, directeur des opérations pour l’Afrique de l’Ouest de Conflict Armement Research, ce projet contribuera à réduire les violences armées et le taux d’utilisation des armes illicites. Car, laisse-t-il entendre, il est certain que beaucoup de défis persistent, notamment à cause de l’explosion de foyers deconflits (en Lybie, au Mali) qui se répercute dans la région et dans plusieurs pays. « La problématique continue de se poser à cause des problèmes de gestion des frontières qui sont parfois poreuses et difficiles à contrôler, malgré l’arsenal institutionnel et juridique mis en place », poursuit Claudio Gramizzi.
A terme, il est envisagé de définir des stratégies ainsi que des actions à mettre en œuvre au niveau national et régional pour une lutte efficace contre le trafic illicite des armes, ajoute, pour sa part, Abayomi N. Adeomi, chargé du programme relatif aux armes légères et de petit calibre à la Cedeao.
Le colonel Bertin Bada a exhorté les stagiaires à faire preuve de discipline et d’assiduité afin qu’au terme de cet atelier, le pays puisse tirer une plus-value évidente et contributive au renforcement effectif de la lutte contre tout trafic d’armes illicites.