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Nouvelles

Coopération bénino-japonaise: Une station de traitement d’eau potable inaugurée à Dassa

Une bonne nouvelle pour la région des Collines, depuis hier mardi 30 octobre. Désormais, l’eau potable est disponible en permanence à Dassa-Zoumé avec une consommation quotidienne moyenne qui passe de 352 m3/jour à
1352m3/jour. L’ouvrage qui fournit ce liquide précieux a été inauguré par le ministre de l’Eau et des Mines (Mem), Samou Séïdou Adambi avec l’ambassadeur du Japon près le Bénin, Kiyofumi Konishi.

Le coût total du projet est de 5,712 milliards de F Cfa dont 5,355 milliards F Cfa proviennent du financement de la Japan international cooperation agency (Jica), soit 93,75% et 357millions F Cfa soit 6,25% sur fonds propres de la Société béninoise des Eaux du Bénin (Soneb). L’inauguration de cette station de traitement d’eau potable est donc le résultat du «Projet d’approvisionnement en eau potable par l’exploitation des eaux souterraines des communes de Dassa-Zoumè et de Glazoué» démarré depuis avril 2017 et qui a connu son achèvement pour le bonheur des populations. Il est le fruit de l’aide japonaise. Ce projet vise à accroître le débit entrant dans les sites cibles et contribuer à l’amélioration de l’accès à l’eau potable par le développement de nouvelles ressources en eau et la construction d’ouvrages d’adduction d’eau. Cette station est faite de nouveaux ouvrages axés sur le renforcement des capacités relatives à l’exploitation des ressources en eau souterraine telles que des ouvrages de captage, des ouvrages de traitement et de stockage et des ouvrages de distribution d’eau. Elle a été mise en œuvre dans les Collines qui connaissent des difficultés d’accès et une exploitation adéquate des eaux souterraines.
Au cours de la cérémonie d’inauguration qui s’est déroulée en présence de plusieurs responsables dont Koichi
Sasadate, représentant de la Jica et du directeur général de la Soneb, Camille Dansou, l’ambassadeur japonais,
Kiyofumi Konishi a indiqué que le gouvernement du Japon est soucieux de l’amélioration des conditions de vie de la population à la base en Afrique en général et au Bénin en particulier. Et qu’il est convaincu que ces actes répondent directement aux besoins fondamentaux et aspirations quotidiennes des populations. « C’est la raison pour laquelle la coopération japonaise accorde beaucoup d’importance aux initiatives relatives à l’approvisionnement en eau potable au Bénin », justifie-t-il.
Le ministre Samou Séïdou Adambi abordant la question de l’accès à l’eau potable reconnait que jusqu’à récemment, la situation de l’eau potable à Dassa-Zoumè et ses agglomérations environnantes n’a pas été des plus reluisantes, du fait notamment que les Collines sont une zone de socle réputée hydro-géologiquement difficile. On ne saurait évoquer la problématique de la pénibilité de l’accès à l’eau potable dans notre pays sans parler de Dassa-Zoumè. Cet aspect des choses n’a pas échappé au gouvernement, ni au chef de l’État en personne, qui a fait de l’urgence de la disponibilité de l’eau potable dans la commune de Dassa et environs, une des grandes priorités dudit département ministériel.
En 2009, le réseau de distribution d’eau existant dans les communes de Glazoué et de Dassa-Zoumé avait fait l’objet de travaux d’extension, mais la dégradation des capacités de production des forages existants ne permettait pas de satisfaire la demande. A travers cette station inaugurée, l’eau potable est désormais disponible en permanence à Dassa-Zoumé avec une consommation quotidienne prévisionnelle qui passe de 352m3/jour à 1352m3/jour,
voire 1398 m3/jour soit 4 fois plus.
Cette station appuyée d’un château d’eau pourra désormais soulager les besoins la population avec 4 fois plus de volume de l’eau.

Caractéristiques de l’infrastructure

- Deux forages équipés d’un débit d’exploitation de 50 m3/h chacun ;
- Une bâche de reprise de capacité 210 m3 ;
- Un château d’eau de 300 m3 de capacité de stockage ;
- Une station de traitement des eaux de capacité de production 47m3/h ;
- Un réseau de distribution de 8,9 km de conduites d’eau.
- trois groupes électrogènes de capacité 2x 60 kva et 40 kva ; et
- 2 km de lignes électriques de raccordement au réseau de la Sbee.

Actualités 31 oct. 2018


Téléphonie mobile au service du développement: « Africa is now », la campagne de Moov Bénin pour une Afrique qui gagne

« Africa is now »! C’est le nouveau slogan que porte le réseau de téléphonie mobile Moov Bénin, filiale du groupe Maroc Télécom. Mais bien qu’un simple slogan, c’est une valeur, une philosophie et un engagement sur l’Afrique qui innove et gagne que le réseau se propose de porter.

Les leaders rêvent beau et grand ! Et c’est sans aucun doute ce que fait le réseau de téléphonie mobile Moov Bénin, filiale du groupe Maroc Télécom à travers sa toute nouvelle campagne institutionnelle dénommée « Africa is now ». Au faîte de la technologie et résolu à en faire encore plus, ce réseau épouse les mêmes ambitions pour le continent, raison d’être de cette campagne officiellement lancée, mardi 30 octobre à Cotonou, pour le compte du Bénin et qui aura lieu dans les neuf autres pays africains où le groupe Maroc Télécom est présent. « Il faut nous unir, nous mettre ensemble et voir dans une même direction pour le continent », explique Aïssatou Diallo, directrice marketing et de la communication de Moov
Bénin au sujet de cette campagne.
Il s’agit d’une occasion pour partager les valeurs du réseau qui sont en même temps les valeurs indispensables pour redonner confiance aux Africains, oser et rêver avec eux d’un lendemain meilleur. Pour Aïssatou Diallo, l’engagement du groupe Maroc Télécom pour la cause du continent africain se justifie d’abord par sa volonté de se faire plus présent. C’est ainsi qu’il a entrepris depuis 2001 d’élargir son audience. Entre 2001 et 2009, le groupe a conquis des pays comme la Mauritanie, le Gabon, le Burkina Faso et le Mali. Depuis 2014, il s’est élargi à d’autres pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Togo et la République centrafricaine. Cela lui offre une forte présence sur le continent à travers dix pays et plus de 60 millions d’abonnés. Ce groupe est, poursuit-elle, l’un des plus gros opérateurs sur le continent et affiche des ambitions pour son développement. Dans l’optique d’asseoir son leadership et de partager sa quête de performance, le groupe a entrepris d’organiser une campagne institutionnelle afin de marquer sa présence sur le continent. En octobre 2017, la première a été lancée à Abidjan.

Partager des valeurs

La campagne lancée mardi 30 octobre pour le compte de Moov Bénin associe de nombreux artistes africains comme Serge Beynaud, Sidiki Diabaté, Shura… Sur le plan local, trois grands noms de la musique béninoise en seront les têtes d’affiche. Il s’agit de Danialou Sagbohan, Zeynab Abib et Nikanor. Le judoka français Teddy Riner évoluant dans la catégorie des plus de 100 kg (poids lourds), détenteur d’un record de dix titres de champion du monde, champion olympique à Londres en 2012 et à Rio de Janeiro en 2016, médaillé de bronze à Pékin en 2008, quintuple champion d’Europe et nommé ambassadeur de bonne volonté de l’Unicef en 2018 prend aussi part à la campagne. Ce sont surtout les valeurs portées par ce sportif de 29 ans, l’un des plus célèbres dans son domaine, que la campagne promeut. Le respect, la confiance, la sérénité, la quête continue de performance et surtout l’humilité qui le caractérisent malgré son talent importent pour les filiales Moov du groupe Maroc Télécom qui a voulu les partager avec le continent, pour sonner l’éveil, laisse entendre Aïssatou Diallo. Une campagne simultanée dans les dix pays pour signifier l’engagement du continent et prouver que l’Afrique est une terre de promesses et d’avenir, lance-t-elle, fière. Une fierté que partage le jeune artiste Nikanor. S’il a accepté associer son image d’étoile montante de la musique béninoise à cette campagne, c’est parce que, détaille-t-il, Moov Bénin a toujours été dans la logique de bien faire, de faire plus et a toujours une envie de mieux faire.

L’Afrique, c’est maintenant !

Le message véhiculé par les artistes associés à la campagne « Africa is now » est assez précis. « C’est aujourd’hui le rendez-vous de toutes les générations. C’est aujourd’hui mais où êtes-vous ? Il faut se préparer pour l’action. C’est maintenant qu’il faut s’affirmer et montrer qu’on a notre fierté », chantent ces célébrités pour engager l’ensemble du continent sur la voie du développement. Et comme cette quête passe forcément par la technologie, laquelle est disponible chez Moov, ils poursuivent : « Nous sommes le grand réseau, simplement le grand réseau. Nous sommes leaders par nos compétences, leaders par nos performances. On a tout simplement les bonnes vibrations dans le sang. L’Afrique, c’est aujourd’hui et maintenant.». L’ode qu’ils dédient à l’Afrique finit d’ailleurs sur une belle exhortation : « Ne restez pas bloqués. Brisez les codes. Répondez à l’appel. Entrez dans le réseau ».

La portabilité des numéros : gratuite et rapide chez Moov Bénin !

Le réseau de téléphonie mobile Moov Bénin rend effective, gratuite et aisée la portabilité des numéros Gsm. Les abonnés n’ont plus de soucis à se faire. Tous ceux qui désirent migrer vers ce réseau avec leurs numéros actuels, quel que soit le réseau, peuvent le faire en moins d’une demi-heure pour ainsi rejoindre l’heureuse famille des abonnés de Moov Bénin. L’opération est entièrement gratuite et permet au client tout en gardant son ancien numéro à huit chiffres (sans la moindre modification) de devenir un abonné Moov avec tous les avantages.
Modeste Ayah, un des responsables de ce réseau de téléphonie mobile, explique qu’il s’agit d’une opération sans tracasserie. L’essentiel, selon lui, c’est que l’abonné puisse justifier d’au moins quatre-vingt-dix jours sur le réseau qu’il souhaite quitter. « Portabilité à zéro franc avec une carte Sim gratuite et entièrement offerte », laisse-t-il entendre à travers ses explications sur le sujet.
Aïssatou Diallo, directrice marketing et de la communication de Moov Bénin, note pour sa part que l’opération est toute bénéfique pour les abonnés qui décident de s’y essayer. Ce réseau, l’un des meilleurs opérant actuellement au Bénin présente une gamme très diversifiée de produits avec une connexion 4G haut débit et bien d’autres avantages liés. Sur les services connexes comme Moov money, le réseau répond également favorablement aux attentes de sa clientèle avec sa large gamme de produits et services et surtout la célérité de ses agents pour satisfaire bien et à temps la clientèle.

Société 31 oct. 2018


Pour la rénovation de son siège provisoire: La Cour constitutionnelle déménage

La Cour constitutionnelle quitte momentanément ses locaux à Ganhi ! D’ici lundi 3 décembre prochain, les conseillers, les services et le personnel de la Haute juridiction seront installés dans des bâtiments provisoires sis au quartier Les Cocotiers dans la Haie vive. Face à la presse hier mardi 30 octobre, le secrétaire général et le directeur de cabinet du président de l’institution ont partagé les motifs de ce déménagement.

« Pour compter du lundi 3 décembre, les différentes directions et services administratifs et techniques de la cour de même que tous les conseillers de la Cour constitutionnelle et le cabinet du président seront installés dans des bâtiments provisoires, loués à cet effet par le gouvernement au profit de la Cour constitutionnelle », a indiqué le secrétaire général de la Cour constitutionnelle Gilles Badet. Ce déménagement de la Haute juridiction s’explique par le fait que la Cour a obtenu le soutien du gouvernement pour procéder à la réfection et à la rénovation du siège actuel, en attendant la construction, à l’avenir, du siège définitif, dont le principe est déjà acquis par les deux organes d’Etat. « Ces travaux se justifient par la vétusté avérée du siège actuel de la Cour constitutionnelle. Il n’est pas inutile de rappeler que les bâtiments abritant les installations actuelles de la cour datent de plusieurs décennies, voire de la période coloniale… La Cour constitutionnelle dans sa forme actuelle a été installée dans les locaux en juin 1993, soit plus de 25 ans », a précisé le secrétaire général Gilles Badet. Il fait savoir que ces bâtiments qui présentent aujourd’hui un état de dégradation, avaient abrité par le passé des ministères comme ceux des Finances, des Mines…, et n’ont pas véritablement fait objet de restauration. Ainsi un plan de rénovation a été élaboré avec la contribution du ministère en charge du Cadre de vie pour donner peau neuve à cette institution d’Etat. Il s’agit de mettre à la disposition de la Haute juridiction des bâtiments rénovés répondant aux normes et offrant de meilleures conditions de travail aux juges et à l’ensemble du personnel d’une part et d’offrir aux citoyens qui sollicitent l’institution, un cadre adéquat d’accueil et de bonnes conditions d’accessibilité d’autre part.
Prévus pour s’étendre sur une année, les travaux de réhabilitation qui vont démarrer sous peu feront l’objet d’un appel d’offres public ouvert aux entreprises outillées et compétentes.
Tout le personnel de la Cour constitutionnelle s’active déjà à libérer les bâtiments du siège sis à Ganhi pour rejoindre les locaux transitoires sis au quartier Les Cocotiers. C’est là que les citoyens devront dorénavant se rendre pour leurs sollicitations diverses durant toute l’année que dureront les travaux de réfection.
En définitive, les locaux sis à Les Cocotiers sont aussi transitoires que le siège qui sera bientôt rénové. C’est dire que le siège qu’occupe actuellement la Cour constitutionnelle à Ganhi est provisoire et la Cour dans l’avenir se verra construire un siège définitif.

Actualités 31 oct. 2018


Sommet du G20 sur l’investissement: Les mesures favorables à l’investissement privé exposées à Berlin

Moins de 48 heures après son arrivée à Berlin, le président Patrice Talon s’est adressé aux investisseurs allemands et plus généralement à tous les investisseurs du G20 et du monde. Les actions entreprises par son gouvernement pour faire du Bénin un terreau fertile à l’investissement privé ont été exposées par le chef de l’Etat à travers un message, ce mardi 30 octobre à Berlin.

A Berlin, comme il en a pris l’habitude chaque fois que l’occasion se présente, le président de la République a exposé aux investisseurs, les opportunités initiées sous sa gouvernance pour faciliter la vie aux investisseurs et les amener à trouver la prospérité au Bénin.
Lesdites mesures, selon lui, se résument à l’assainissement du cadre macroéconomique et de la gouvernance, permettant désormais au Bénin de disposer d’un environnement économique et des affaires des plus stables, grâce à la réforme du marché du travail, le renforcement du secteur énergétique et la sécurisation de la propriété foncière.
Le chef de l’Etat a aussi indiqué en quoi c’est profitable à l’investissement le fait que le Bénin partage avec le Nigeria, pays de plus de 180 millions d’habitants, plus de 700 kilomètres de frontière, ce qui fait de lui une porte d’entrée privilégiée sur ce grand marché. Il assure de ce qu’une réforme complète du système éducatif a été entreprise et vante la disponibilité de l’énergie de qualité à un coût raisonnable, toute chose dont les opérateurs économiques ont besoin pour mener à bien leurs affaires et prospérer.

Des mesures indispensables pour l’investissement privé 

Abordant toujours les facilités disponibles au Bénin, le président Patrice Talon table sur la nouvelle loi sur les conditions d’embauche qui dérégule désormais le recrutement, et met-il en exergue la réforme du droit de grève qui limite la durée totale des grèves à deux jours maximum dans un même mois et à dix jours maximum par an. Autant de mesures favorables à l’investissement.
Le président de la République, en sus de son adresse aux investisseurs, a pris une part active, ce même mardi 30 octobre, à la table ronde des chefs d’Etat dans le cadre du ‘’Compact with Africa’’, à savoir l’initiative pour l’Afrique sous la férule de la chancelière allemande, Angela Merkel.

Actualités 31 oct. 2018


Sommet du G20 sur l’investissement: Allocution du chef de l’Etat béninois, le président Patrice Talon

Madame la Chancelière,
Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,
Messieurs les directeurs de la SAFRI et de Afrika Verein,
Mesdames et messieurs,

C’est avec un réel plaisir que je participe au présent forum dont l’intérêt est d’importance pour mon pays. Comme vous le savez, le Bénin est un pays de l’Afrique de l’Ouest membre de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine-zone monétaire liée à l’euro riche de plus de 90 millions de consommateurs - et voisin du Nigeria considéré comme le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest. Le Bénin partage avec ce pays plus de 700 km de frontière, faisant de lui une porte d’entrée privilégiée sur ce grand marché de plus de 180 millions d’habitants. Le Bénin connaît depuis 1990, une expérience démocratique marquée par une stabilité politique exceptionnelle avec des alternances apaisées au sommet de l’Etat. Mon ambition en accédant à sa gouvernance, est de faire de ce succès démocratique, une rampe de développement socio-économique.
Pour conforter ces atouts, mon gouvernement a, depuis avril 2016, mis en œuvre des réformes majeures qui concourent à faire du Bénin, l’un des espaces les plus favorables à l’investissement privé étranger. Il s’agit notamment :
- de l’assainissement du cadre macroéconomique et de la gouvernance permettant désormais au Bénin de disposer d’un cadre macro des plus stables avec l’appui du FMI,
- de l’amélioration de l’environnement général des affaires, consistant entre autres à la simplification et à la rationalisation du cadre global d’intervention du secteur privé, - de la réforme du marché du travail, du renforcement du secteur énergétique, et de la sécurisation de la propriété foncière.
De manière concrète, nos actions ont permis de moderniser, dématérialiser et simplifier l’ensemble des formalités administratives, fiscales et douanières. Une nouvelle loi sur les conditions d’embauche dérégule désormais le recrutement et simplifie la rupture du contrat de travail. Aujourd'hui, les entreprises ont la possibilité de recruter sur contrat de travail à durée déterminée renouvelable quasi indéfiniment. Le montant des indemnités à payer en cas de licenciement est plafonné à neuf mois de salaire, quel que soit le motif du licenciement. Nous venons également de mettre en vigueur une réforme du droit de grève qui limite la durée totale des grèves à 02 jours maximum dans un même mois et à 10 jours maximum par an.
Ces mesures difficiles sur le plan social sont indispensables pour l’investissement privé. Convaincu, que la disponibilité d’une main d’œuvre locale bien formée et à un coût compétitif est un élément important de compétitivité, nous avons lancé une réforme complète de notre système éducatif afin de rendre disponible à court terme la main d’œuvre qualifiée nécessaire. Disposer de l’énergie de qualité à un coût raisonnable est une condition préalable à la mise en œuvre de toute politique de transformation structurelle de l’économie. A cet effet, notre programme de renforcement de capacités énergétiques nous permettra d’atteindre à très court terme, l’autonomie énergétique et d’exporter notre production à travers le marché régional de l’énergie électrique.

Mesdames et messieurs,

La mise en œuvre satisfaisante de ces réformes témoigne à juste titre, de notre volonté et de notre engagement à coopérer avec le secteur privé en général et les partenaires allemands en particulier. Je vous invite donc à explorer les nombreuses opportunités qui se dégagent actuellement au Bénin, aussi bien dans les secteurs de l’agriculture, du tourisme, des infrastructures que de l'énergie et bien d’autres encore. D’ores et déjà, je puis vous rassurer qu’au Bénin, vous serez comme chez vous. Je vous remercie.

Actualités 31 oct. 2018


Gilbert Togbonon, procureur spécial de la Criet: « Le blanchiment de capitaux désorganise l’ordre public économique»

Lorsqu’on parle de blanchiment de capitaux, de nombreuses gens y voient une pratique réservée aux grandes sphères économiques, une infraction inexistante, du moins insignifiante au Bénin. Or le mal est bien de coutume au Bénin qui s’est doté en juillet dernier d’une loi pour en réprimer les auteurs. Le blanchiment de capitaux est l’une des infractions dont la répression est confiée à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Le procureur spécial de la Criet, Gilbert Ulrich Togbonon, explique.

La Nation : Comment le législateur définit-il l’infraction que constitue le blanchiment de capitaux?

Gilbert Togbonon : Le blanchiment de capitaux est une infraction régie par la loi 2018-17 du 25 juillet 2018 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en République du Bénin. Il faut dire que c’est une loi communautaire qu’utilisent tous les pays de l’Uémoa. C’est donc une convention que le Bénin a internalisée dans son droit positif. C’est l’article 7 de ladite loi qui définit le blanchiment de capitaux. Le législateur stipule: « Aux fins de la présente loi, sont considérés comme blanchiments de capitaux, les agissements ci-après et qui ont été commis intentionnellement: la conversion ou le transfert de biens par toute personne qui sait ou qui aurait dû savoir que ces biens proviennent d’un crime ou d’un délit ou d’une participation à un crime ou délit, dans le but de dissimuler ou de déguiser l’origine illicite desdits biens ou d’aider toute personne impliquée dans cette activité à échapper aux conséquences juridiques de ces biens ».Il s’agit donc d’un bien provenant d’une origine illicite que vous savez mais que vous mettez sur le marché pour faire croire qu’il s’agit d’argent propre. Le législateur poursuit :« Il y a également la dissimulation ou le déguisement de la nature, de l’origine, de l’emplacement ou de la disposition, du mouvement ou de la propriété réelle de biens ou de droits y relatifs, par toute personne qui sait ou qui aurait dû savoir que ces biens proviennent d’un crime ou d’un délit ou d’une participation à un crime ou délit». Le blanchiment de capitaux, c’est également l’acquisition, la détention ou l’utilisation de biens dont celui qui s’y livre sait ou aurait dû savoir au moment où il les réceptionne, que ces biens proviennent d’un crime ou d’un délit ou d’une participation à un crime ou délit. La connaissance ou l’intention en tant qu’élément de chacune des activités que j’ai citées peuvent être déduites des circonstances factuelles, objectives du délit ou du crime. Si vous achetez une maison alors que vous savez bien que c’est l’argent de la drogue qui a construit cette maison. Ou vous prenez l’argent de la drogue pour acheter une voiture de luxe, vous la conduisez un peu, puis vous la vendez pour en modifier l’origine. Or vous savez bien que l’argent qui vous avait servi à acheter la voiture provient d’une source illicite… C’est du blanchiment de capitaux. Le blanchiment de capitaux, c’est aussi la participation à l’un de ces actes que je viens de citer, le fait de s’associer pour les commettre, de tenter de les commettre, d’aider ou d’inciter quelqu’un à les commettre ou de le conseiller à cet effet ou même de faciliter l’exécution d’un tel acte. Il y a blanchiment de capitaux même si cet acte est commis par l’auteur de l’infraction ayant procuré les biens à blanchir ou si les activités qui sont à l’origine des biens à blanchir sont exercées sur le territoire d’un autre Etat membre ou celui d’un Etat tiers. Donc même si vous utilisez l’argent de la drogue à Lomé ou au Burkina Faso et que l’on constate, il y a blanchiment de capitaux. Et vous savez, le blanchiment favorise le financement du terrorisme. C’est pourquoi ces deux infractions sont liées. Le blanchiment de capitaux et le terrorisme empêchent la stabilité économique des pays.

Doit-on comprendre qu’il s’agit d’une stratégie souvent utilisée par tous ceux qui font fortune illicitement ?

Bien-sûr ! C’est une pratique bien courante chez les opérateurs économiques. Par exemple, vous avez une société et vous ne payez pas les impôts, ou vous ne vous déclarez pas. On constate que le surplus que vous gagnez, vous le mettez autrement dans le circuit en construisant des infrastructures sociocommunautaires, en construisant de belles maisons, en achetant des voitures, en faisant des dons, en créant des Ong… C’est du blanchiment de capitaux. Vous montrez que vous êtes quelqu’un de généreux alors que c’est grâce aux activités illicites que vous faites votre beurre. Et il revient au procureur spécial de s’intéresser à tous ceux-là.

Est-ce une infraction courante au Bénin ?

Oui le blanchiment de capitaux est une infraction courante au Bénin. Il y a des gens qui font sortir de l’argent ou qui reçoivent de l’argent qu’ils ne peuvent pas justifier. On déclare que l’on veut acheter des véhicules et que l’argent quittera le compte A, mais on constate que les véhicules ont été achetés avec d’autres sous et que le compte A, a plutôt servi à faire autre chose. Pour empêcher de comprendre l’origine des sous sur le compte A, on multiplie des opérations sur ce compte. Ce sont des manœuvres bien réelles au Bénin. Et quand on est dans un pays où l’argent fait défaut à tout le monde et que l’on poursuit les personnes qui se livrent à de tels actes, les gens disent : « Mais c’est lui qui a son argent non!». Or le blanchiment de capitaux désorganise l’ordre public économique. Aujourd’hui, on dit que l’argent ne circule plus, mais on ne dit pas que celui qui travaille régulièrement ne trouve pas de l’argent ! Il faut comprendre que si l’argent facile ne circule plus, c’est qu’à un moment donné, on avait injecté de l’argent qui n’est pas issu de la sueur du front et qu’aujourd’hui ce n’est plus possible. Et personne ne se demandait si l’argent qu’on distribue a quitté le front, la sueur de ceux qui distribuent. Donc la loi sur le blanchiment de capitaux nous amène à voir de plus en plus ceux qui distribuent ces sous pour qu’ils nous disent leur origine. Celui qui a souffert et travaillé ardûment pour gagner son argent, sera-t-il capable de distribuer à tous ceux qui font des réunions en son nom? Bref, c’est une loi qui nous permet de mettre de l’ordre sur le plan économique.

Que prévoit la loi à l’encontre des auteurs de blanchiment de capitaux ?

Le législateur à l’article 113 de la loi 2018-17 du 25 juillet 2018 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en République du Bénin a prévu plusieurs peines à l’encontre du blanchisseur. Ces peines, quand il s’agit d’un délit, vont de trois ans à sept ans de prison et une amende égale au triple de la valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont porté les opérations de blanchiment. La tentative est également punie. Quand il s’agit d’un crime, la peine d’emprisonnement peut aller jusqu’à quatorze ans. C’est ce que le législateur a prévu.

Propos recueillis par Anselme Pascal AGUEHOUNDE

Actualités 31 oct. 2018


Formation des acteurs de la société civile sur les directives foncière : Vers une gouvernance responsable des régimes applicables aux terres
[caption id="attachment_31364" align="alignnone" width="1024"]Le présidium lors de l’ouverture des travaux[/caption]

La gouvernance foncière responsable est l’objet d’un atelier national de formation qui s’est déroulé entre le 29 et le 31 octobre. Organisé par la Plateforme béninoise de la convergence globale des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’Ouest (Cglte-Oa), les travaux sont financés par la Fao.

Renforcer les organisations et mouvements membres de la Plateforme nationale de la Cglte-Oa sur les directives de gouvernance foncière de la Fao. Tel est l’objectif de l’atelier national de formation sur les directives volontaires de la Fao. Cette familiarisation prépare les organisations paysannes à faire le plaidoyer dans le cadre de la formulation de la Politique foncière communautaire de la Cedeao.
L’atelier, initié par la Cglte, témoigne selon Dramane Chabi Akakpo, Secrétaire général de Synergie paysanne, du souci d’aboutit à une gouvernance foncière inclusive, juste et équitable. Ce droit a-t-il poursuivi, devrait mettre l’accent sur les droits de la communauté.
Ousmane Barké Diallo, membre de la Coordination nationale des organisations paysannes (Cnop) du Mali, venu appuyer ces homologues du Bénin à travers le partage d’expériences, affirme que la synergie d’action et la capitalisation des expériences pourraient assurer des résultats cohérents pour toute la région.
Léopold Lokossou, Président de la Plateforme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles (Pnoppa), a rappelé que le Code foncier et domaniale adopté au Bénin a connu une implication faible des Osc. Intervenue aux derniers instants du processus, leur, a-t-il souligné, a permis à ce que certaines propositions soient pris en compte avant son adoption par le parlement. Il ajoute, rassurant que les décrets d’application dudit code sont des émanations des acteurs de la société civile au Bénin.
Il reste, insiste Léopold Lokossou, que le document soit traduit en langue locale pour faciliter sa mise en œuvre. Cet atelier vient alors à bon point, a-t-il poursuivi pour renforcer les acteurs impliqués dans la thématique du foncier afin d’être capables d’orienter les décideurs à prendre les bonnes décisions dans le sens de la gestion des terres et de l’eau, des matières premières pour la production agricole.
Pendant trois jours, les participants seront formés sur les concepts, les principes et les outils des Directives volontaires. Ils vont analyser les cas de menaces pour l’accès et les droits des communautés sur le foncier au Bénin. Et, un état des lieux des législations foncières du Bénin sera présenté.
Cette formation vise à permettre aux participants d'initier des changements dans leur propre environnement de travail et d'aider les communautés. Il faut noter que de nombreux problèmes fonciers ont pour origine la faiblesse de la gouvernance et les efforts déployés pour y faire face sont affectés par la qualité de cette gouvernance.

Société 30 oct. 2018


Communauté de communes des lagunes côtières: Ces difficultés qui plombent le groupement intercommunal

Régie par décret n° 2016-388 du 30 juin 2016, la Communauté de Communes des lagunes côtières a du plomb dans l’aile. Ces organes dirigeants quoiqu’installés depuis novembre 2016, sous la houlette des préfets du Mono et de l’Atlantique peinent à concrétiser le rêve tant caressé.

La Communauté de communes des lagunes côtières (Cclc) est un groupement intercommunal dont les composantes sont Abomey-Calavi, Ouidah, Kpomassè, Comé et Grand-Popo. Elle est née sur les cendres de l’ancien Conseil intercommunal d’écodéveloppement et tend à devenir un établissement public de coopération intercommunale appelé à exercer, par délégation de pouvoir, les compétences de ses membres (les communes) en matière de la promotion du tourisme et de l’environnement.

Mais ses ambitions sont déjà confrontées à d’énormes difficultés, aux dires de Dr Pascal Hessou, vice-président de la Cclc. Enumérant les principaux obstacles, le pharmacien porté à la tête de la commune de Comé insiste sur l’absence, jusqu’au mercredi 24 octobre dernier, d’un agent comptable à la Cclc. Cette nomination réclamée à travers diverses démarches n’est pas encore une réalité. Aussi M. Hessou a-t-il fait cas de la difficulté qu’éprouvent, selon lui, les communes à libérer leurs contributions. « De ces deux grandes difficultés, retient-il, découle la léthargie que l’on observe au niveau de la Cclc ». Le directeur des services techniques de l’organe renchérit, à son tour en citant des problèmes de fonctionnement tels que des arriérés de salaire dus au personnel, le manque de ressources pour faire face aux factures de consommation d’énergie électrique et d’eau. Ces difficultés ont été portées à l’attention du préfet du Mono, Komlan Zinsou qui était en visite statutaire, mercredi dernier, au siège de la Cclc sis à Agoué, un arrondissement de Grand-Popo. En dépit de ces exposés, l’autorité préfectorale marque son insatisfaction. « En somme, la Cclc ne décolle pas », retient le préfet dont l’accompagnement paraît déterminant pour inverser cette tendance. « M. le préfet, nous sollicitons dès à présent, avec votre homologue de l’Atlantique, votre implication personnelle dans la résolution des difficultés qui entravent l’opérationnalisation, la visibilité et la notoriété de la Cclc », prie le vice-président. Dr Pascal Hessou précise l’attente de son bureau par rapport au leadership de leurs deux autorités de tutelle. « Nous souhaiterions que l’agent comptable soit nommé. Ensuite, que les communes se dessaisissent des compétences transférées et des ressources afférentes. Et enfin, qu’elles s’acquittent régulièrement de leurs contributions », souligne Dr Hessou. A l’en croire, la nomination de l’agent comptable sera déjà une solution à certaines difficultés y compris la frilosité de certaines communes à libérer leurs subventions.
A rappeler que la Cclc reste ouverte à d’autres adhésions à l’instar des communes de Sô-Ava et Bopa, aux dires du vice-président, Dr Hessou. Le président élu à la tête de la communauté en novembre 2016 a été Séverin Adjovi, ancien maire de Ouidah, désigné par le conseil communal pour siéger à la Cclc. Depuis sa destitution, le poste est vacant. Selon des sources proches du bureau de la Cclc, les prochaines assises de l’organe se pencheront sur la situation et un nouveau président sera probablement porté à la tête du groupement.

Société 30 oct. 2018


Développement de la filière volaille au Bénin: «Intensifier la production locale», selon Horatio Yewadan

Au Bénin, l’aviculture est un secteur en plein essor avec une demande de plus en plus croissante en viande de volaille. Plusieurs facteurs favorisent d’ailleurs le développement de cette filière. De nombreux efforts sont consentis au niveau politique mais des défis restent à relever pour faire du Bénin un label au niveau sous-régional. Ingénieur agricole, zootechnicien et spécialiste en développement des filières animales, l’ancien cadre du ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche Horatio Lassissi Togbé Yewadan, apprécie la filière et fait ressortir les grands axes sur lesquels des efforts sont attendus.

La Nation : Le secteur avicole en l’occurrence la volaille au Bénin, quelles appréciations en faites-vous ?

Horatio L. T. Yewadan : L’approvisionnement en viande de volaille des populations béninoises provient de l’aviculture traditionnelle, des élevages intensifs de l’aviculture moderne et des viandes de volaille importées. Cette dernière constitue le maillon le plus important, car elle couvre plus de 50% des besoins des ménages, soit environ 20.000 tonnes par an. Ceci ne représente qu’environ 10% du total des viandes de volaille importées chaque année ; le reste étant exporté vers le Nigeria et les pays de l’hinterland. Et pourtant, nous notons le fort engagement des acteurs de la filière avicole au Bénin dont le niveau d’organisation est le plus élevé des filières développées dans notre pays en dehors du coton. Cependant, le niveau de production reste en deçà de la demande nationale. C’est dire que la production locale de viande de volaille a besoin d’être intensifiée pour combler le gap noté.
Par ailleurs, et dans le souci d’accroître les exportations et de réduire progressivement la vulnérabilité de l’économie aux chocs externes, notre pays a opté pour sa diversification. Ceci est une motivation pour booster la production locale et créer de la richesse. Nous avons des raisons d’y croire. En effet, la filière avicole a connu dans la sous-région ouest-africaine une pleine croissance de plus de 100% ces deux dernières décennies, soit plus de 600 millions de tête de volaille. De manière spécifique, la production de viande de volaille dans l’espace Uemoa (une des cinq filières encouragées par l’institution) est estimée à 250 000 tonnes dont plus de 50% par la Côte d’Ivoire et le Sénégal, soit 65 000 tonnes pour chacun de ces pays. Notre pays dans le domaine peine à atteindre les 10.000 tonnes de production annuelle de viande de volaille. Comme on peut le constater, notre pays est largement mal loti dans notre espace économique, valorisant ainsi faiblement les potentialités de nos différentes zones agro- écologiques, du moins pour ce qui est de la production avicole. L’interdiction, il y a quelques années de la viande de brousse à cause du virus Ebola, aurait pu contribuer à booster la production avicole dont l’importance n’est plus à démontrer tant sur le plan de la sécurité alimentaire que sur celui de la création d’emplois. En milieu rural et surtout péri urbain, l’aviculture contribue à la préservation des moyens d’existence des populations et, davantage à l’autonomisation des femmes, un maillon important pour l’épanouissement des ménages. 

Faut-il attribuer le retard en production locale à un manque de volonté politique ?

La volonté politique pour le développement de la filière avicole existe à travers les divers documents de politiques et stratégies sectorielles. Ceci se manifeste par l’encouragement à la transformation des produits avicoles et à l’intégration des exploitants avicoles et transformateurs dans le marché par la valorisation des chaînes des valeurs ajoutées qui constituent un outil important d’analyse économique des filières. Cette volonté prend en compte tous les maillons de la promotion des filières agricoles par le renforcement et la formalisation des liens entre éleveurs, transformateurs et commerçants, etc. Retenons que la viande de volaille et le poisson sont des produits de faible production dans notre pays mais dont la forte consommation n’est couverte que par des importations massives engendrant une facture alimentaire très élevée qu’il convient d’inverser en exploitant au mieux les fortes potentialités existantes. Pour y arriver, il s’agira d’œuvrer d’une part pour la professionnalisation des acteurs de la filière et d’autre part pour le développement du partenariat Public-Privé, par l’encouragement des investissements productifs, la mise en place d’une fiscalité adaptée à la filière et l’accès au marché (local, régional et international).Il est évident qu’un tel partenariat ne peut concerner que le financement, mais également et surtout la participation de tous, aux choix à faire en matière de définition des objectifs quantitatifs et des options pour leur atteinte.

Comment appréciez-vous alors la vision du gouvernement inscrite dans le Pag ?

L’option prise dans le cadre du Programme d’action du gouvernement pour l’horizon 2021 est d’encourager l’aviculture locale et de la faire passer de 10. 000 tonnes à
25. 000 tonnes. C’est déjà une grosse ambition, même si cette projection ne me semble pas réaliste dans notre contexte d’élevage extensif. Par contre, une option faite sur l’aviculture moderne est celle qui pourra permettre de combler le gap et surtout de contribuer à améliorer le taux de couverture des importations par les exportations dont la valeur moyenne reste faible, soit environ 20%. Toute planification n’étant jamais statique, le Plan national d’investissements agricoles et de sécurité alimentaire et nutritionnelle (Pniasan 2017-2021) peut être ajusté pour permettre de prendre en compte les avantages comparatifs pour une meilleure contribution de l’agriculture au développement économique de notre pays. Il urge donc d’encourager l’aviculture moderne par la valorisation du potentiel existant en matière d’organisation des acteurs et de l’existence d’unités avicoles de petite, moyenne et grande taille dans nos diverses zones agro-écologiques. Car, l’amélioration du taux de couverture des importations par les exportations agricoles passe certes par les filières classiques d’exportation mais aussi par celle aviaire ayant de fortes potentialités de production interne et qui, malheureusement, contribue fortement au déséquilibre de la balance commerciale par les importations massives de viande de volaille, par presqu’une trentaine de sociétés opérant dans le domaine.

Quels sont les atouts dont dispose le Bénin pour l’essor de cette filière ?

Le Bénin est un pays côtier très utilisé par les pays de l’hinterland (Niger, Burkina, Mali, Tchad, etc.), notamment pour l’importation des biens de diverses natures dont les denrées alimentaires y compris la viande de volaille. A l’interne, les besoins des ménages ne sont couverts qu’à 50%. Des efforts d’intensification sont possibles à réaliser à condition que les acteurs du secteur s’y engagent. Heureusement, un réseau impressionnant d’acteurs structurés et répartis sur toute l’étendue du territoire national s’est développé dans ce domaine. Il s’agit de l’Interprofession de l’Aviculture au Bénin, la forme organisationnelle la plus élevée et professionnelle des acteurs d’une filière agricole. Sur le plan des potentialités, le Bénin ne réalise qu’à peine la moitié de ce que la nature lui permet de faire en matière de production animale. En effet, au niveau du secteur agricole, l’élevage ne contribue qu’à peine 15 % au Produit intérieur brut agricole, alors que les conditions agro-écologiques permettent d’aller jusqu’à 30%. Tout près de nous, un pays comme la Côte d’Ivoire (forte humidité, zone fortement forestière, etc.), où le potentiel en élevage par rapport à l’agriculture n’est que de 5%, produit sept fois de viande de volaille que ne le fait notre pays. Ainsi, si en première approximation, on fixe un objectif pour le Bénin d’atteindre le niveau actuel de production de viande aviaire de la Côte d’Ivoire, soit 65 000 tonnes chaque année, on aurait contribué à couvrir environ 30% des quantités de viande réexportées vers les pays de l’hinterland. En termes monétaires, ce serait un effort de 65 milliards de francs Cfa qui allègerait notre balance commerciale et surtout la couverture partielle des importations des intrants, produits agricoles et denrées agroalimentaires. En valorisant les potentialités de notre pays en production animale, ce sont des milliards qui seront gagnés par les aviculteurs avec comme corollaire la création de nombreux emplois. Si pour produire moins de 10. 000 tonnes de viande de volaille, l’on emploie environ 4000 personnes dont 3000 occasionnels approximativement, avec une projection de 65. 000 tonnes de viande de volaille produite annuellement, il sera créé pour le développement de la filière avicole moderne près de 60. 000 nouveaux emplois. La mise en œuvre de cette option répond bien à la volonté des autorités nigérianes de voir sur leur marché de la viande de volaille produite au Bénin, et devrait permettre aux acteurs de la filière avicole béninoise de produire une bonne proportion des milliers de tonnes de viande importées et réexportées essentiellement en direction de ce pays voisin. Au vu des importations de viande de volaille qui ne cessent de croître d’année en année dans notre pays, est-il possible de renverser cette tendance ? Et à quel prix ? La volonté politique est prônée, mais on attend de voir sa concrétisation. D’un autre côté, nos opérateurs économiques devront se reconvertir afin de contribuer à réaliser les grands équilibres macroéconomiques dans notre pays.

Quelles politiques adopter alors pour le développement de la filière ?

Il faut rendre opérationnel dans le secteur agricole un cadre institutionnel cohérent pour la réalisation des politiques et stratégies sectorielles en cours d’application. C’est ce qu’ont fait le Sénégal et la Côte d’Ivoire qui ont mis en œuvre une politique de protection de la production, au regard des dispositions de la politique agricole de l’Union économique et monétaire ouest-africaine afin de booster la production aviaire, la multipliant par dix en moins de vingt ans. Pour une telle initiative, les ministères sectoriels concernés devront jouer leur partition, notamment les ministères chargés de l’Economie et des Finances, du Commerce, du Plan et du Développement, etc. Par ailleurs, il faudra établir un réel partenariat public-privé où les rôles sont bien définis et respectés. Le partenariat public-privé fait souvent l’objet dans sa mise en œuvre de lois se référant aux pratiques administratives et des principes dégagés par les tribunaux en ce qui concerne les rapports contractuels entre les secteurs publics et privés. Ces lois visent souvent les marchés publics : contrats d’approvisionnement de travaux de construction et de services, y compris les services professionnels de même que les contrats de partenariat public-privé. Au niveau du secteur public, la loi peut couvrir, dans le cadre de la mise en œuvre du partenariat public-privé, les domaines aussi larges que la transparence dans les processus contractuels, le traitement intègre et équitable des concurrents, la mise en place de procédures efficaces et efficientes, le système d’assurance de la qualité et la reddition de comptes. Les acteurs œuvrent pour obtenir un effet réel extérieur à leurs organisations respectives. Ce type d’objectifs de partenariat vise les relations de collaboration, de coopération, de concertation, d’échanges d’informations…, en vue du développement du secteur agricole tel que défini de manière consensuelle dans les documents de programmation et de stratégie opérationnelle : politique sectorielle, stratégie sectorielle (et opérationnalisation des stratégies sectorielles).

Pensez-vous que, ce faisant, le Bénin a des chances d’égaler sinon de dépasser les leaders de l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ?

Le Bénin, un label au niveau sous-régional, c’est possible !Mais il va falloir accompagner la volonté politique d’un engagement des Béninois en général et des acteurs de production de la filière avicole en particulier, puis un effort de renoncement des sociétés importatrices de viande de volaille à la saignée dont ils sont responsables. La volonté politique passe par la définition des normes au niveau de tous les maillons de la filière et des chaînes de valeurs et leur mise en œuvre effective par les structures étatiques de contrôle des ministères concernés, celui de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et celui du Commerce. En amont de la production, le maillon fort de la production des aliments est bien fourni dans notre pays grâce aux sociétés de production d’aliments pour les différentes séries animales dont notamment la filière avicole. En plus de cela, il faut œuvrer pour la professionnalisation des acteurs afin de les rendre capables de mettre sur le marché des produits concurrentiels.
Par ailleurs, la contribution des ministères concernés devra être active par la création d’un climat favorable pour le développement d’entreprises promotrices de chaînes de valeurs ajoutées de la filière avicole. A ceci, il faut ajouter le principe cher à toute entreprise de production, à savoir vendre les produits avant de les produire. La question du marché est donc fondamentale aussi bien son dynamisme que sa protection par la prise de lois par les deux principaux acteurs de l’animation de la vie politique que sont le gouvernement et les députés à l’Assemblée nationale. En effet, le développement d’un pays répond à des principes, notamment le respect des règles élémentaires du dynamisme évolutif et stable de la pyramide du développement économique (agriculture, industrie, commerce et services et institutions financières), la volonté de consommer ce que nous produisons, le choix d’arrêter d’être une société de consommation, la volonté de choix participatif et concerté d’une politique de développement économique durable, etc. Mais savons-nous que réellement sur le plan de la caractéristique sensorielle, la viande des poulets chair est la mieux appréciée, ensuite viennent les poulets importés et les locaux en dernière position, à l’exception de ceux nourris réellement aux grains ? Faisons-en l’exercice réel avant de conclure.

Economie 30 oct. 2018


Avec l’appui de la Fondation Tony Elumelu: Des jeunes entrepreneurs prêts pour le challenge du développement
[caption id="attachment_31262" align="alignnone" width="1024"]Lancement officiel de la plateforme numérique TefConnect[/caption]

Tout le gratin de l’entrepreneuriat de l’Afrique s’est réuni, la semaine dernière à Lagos pour attiser la flamme de l’espoir quant au développement du continent. La voie la plus certaine pour y arriver, c’est l’entrepreneuriat, soutient-on. A raison !

Le forum annuel d’entrepreneuriat de la Fondation Tony Elumelu (Tef) constitue le plus grand rassemblement d’entrepreneurs africains existant au monde. Il offre une occasion unique de réunir de jeunes compétences, de créer des réseaux dynamiques et de transmettre aux décideurs politiques le message selon lequel un secteur privé dynamique et responsable conduira à la transformation économique du continent. Cette année, ils étaient plus de 5 000 entrepreneurs, leaders des secteurs, privé et public africains. Ils épousent tous le rêve du philanthrope Tony Elumelu et sa vision ‘’africapitaliste’’ selon laquelle le continent a toutes les ressources pour s’imposer au reste du monde. 

Il n’est d’ailleurs pas le seul à le penser. Le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, un des invités du forum 2018, rêve aussi d’une Afrique qui se construise sur le modèle entrepreneurial. Le président ghanéen soutient ainsi « l’importance de galvaniser tout l’écosystème de l’entrepreneuriat » en appelant « les représentants du secteur public à encourager, soutenir et reproduire le modèle de la Fondation Tony Elumelu dans leurs régions respectives ».S’exprimant sur la nécessité de mettre en place les politiques appropriées, Nana Akufo-Addo estime que le changement et le développement ne peuvent se produire tout seuls. « Les gens doivent se lever, se faire entendre et échanger », soutient-il. L’autre chose que dit ne pas comprendre le leader ghanéen, c’est comment « les gens qui vivent sur le continent le plus riche du monde peuvent être les plus pauvres ».
La réponse à cette interrogation viendra de son homologue Uhuru Kenyatta du Kenya. Attendu à Lagos, c’est plutôt via une intervention vidéo en direct que celui-ci va partager avec les participants au forum, sa vision. Aux jeunes entrepreneurs, il a demandé de tourner leurs mains vers la production, pour aider le continent. « L’Afrique a besoin de jeunes leaders qui utilisent la technologie pour régler les problèmes du continent », suggère-t-il. Ces messages d’espoir, d’autres acteurs et non des moindres de la vie politique, social et économique du continent les ont portés aussi à travers diverses interventions, visant à doper le moral aux jeunes entrepreneurs et surtout à les engager sur la voie du développement du continent. Ils ont en eux la force et le potentiel, ont expliqué, entre autres, le sénateur Abubakar Atiku Bagudu, gouverneur de l’Etat de Kebbi, Alhaji Mohammed Abdulahi Abubakar, gouverneur de l’Etat de Bauchi, Nike Akande, présidente de la Chambre du commerce et de l’industrie de Lagos, Donald Duke, ancien gouverneur de l’Etat de Cross River, et Peter Obi, ancien gouverneur de l’Etat d’Anambra.
Le forum a également connu une séance sur le rôle du secteur privé dans le développement économique de l’Afrique avec Dr Awele Elumelu, administratrice de Tef, fondatrice d’Avon medical et championne de Gavi pour la vaccination en Afrique.

L’entrepreneuriat, catalyseur du développement économique

Le Tefforum 2018 a été une fois encore l’occasion pour Tony Elumelu de réitérer son engagement à être l’avocat du développement économique de l’Afrique en soutenant et en formant une nouvelle génération d’entrepreneurs, dont les succès peuvent transformer le continent, offrir des opportunités, créer des emplois et un impact social. « L’entrepreneuriat est le catalyseur du développement économique de notre continent… L’avenir de l’Afrique est entre les mains des Africains », a-t-il déclaré.
« Notre Fondation et son approche unique en matière de formation, de mentorat et de financement ont prouvé que l’entreprenariat est le catalyseur de la transformation économique de notre continent. Je crois fermement que le succès peut être démocratisé et que si nous pouvons lier les ambitions aux opportunités, cette génération extraordinaire peut tout accomplir », a déclaré Tony Elumelu.
Le Forum, qui en est à sa quatrième édition, a été également marqué par la remise de diplômes aux lauréats de la promotion 2018 du programme d’entreprenariat de Tef, à la suite d’une période de formation et de mentorat de neuf mois avec le don d’un capital de démarrage.
Depuis sa création, la Fondation Tony Elumelu a doté les entrepreneurs africains de tous les coins du continent d’un capital de démarrage non remboursable de 5000 dollars, d’un programme de formation personnalisé et spécialement adapté à l’environnement africain, et de l’accès à un pool de mentors dédiés qui contribue de manière significative à la croissance économique, à la création d’emplois et à la production de revenus.

Actualités 30 oct. 2018


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