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Nouvelles

Dr Pierre M’Pélé, ancien représentant de l’Oms au Bénin: « Ne faisons pas du Covid-19 une maladie honteuse... »
L’Afrique subit aussi les affres du Covid-19 bien qu’elle soit moins touchée par le virus. Pour l’instant, l’horizon n’est pas encore dégagé même si les gouvernants multiplient les efforts pour vaincre le mal. Dr Pierre M’Pélé, ancien directeur régional de l'Onu Sida pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre et membre du Groupe Afrique-Cellule coronavirus Académie nationale de médecine, France, évalue les dispositifs de riposte du continent africain et évoque les pistes de sortie de crise sanitaire tout en tenant compte de la dynamique de l’épidémie. La Nation : Comment voyez-vous la situation de l’Afrique face au coronavirus, aujourd’hui et demain ? Pierre M’Pélé : La situation en Afrique? Nous n'en sommes encore qu’au début de l’épidémie à Covid-19 en Afrique sub saharienne. Certains pays déclarent une augmentation quasi quotidienne de nouveaux cas, du fait de l'amélioration de la qualité des mesures de détection et de surveillance mises en place et un niveau de tests en nette progression. Le cap des 20.000 malades et 1.000 morts est franchi en Afrique. L’Afrique du Sud est largement en tête aujourd'hui avec plus de 2000 cas et pour les pays comme la République démocratique du Congo, le Cameroun, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Niger et le Nigeria, on note une augmentation régulière du nombre de malades. Nous pouvons aussi nous dire que ces chiffres ne reflètent pas la réalité de la situation du fait du nombre limité des tests disponibles et réalisés mais aussi et surtout du nombre important de personnes contaminées qui restent asymptomatiques, c’est-à-dire ne présentant aucun signe de la maladie. Notre observation est que l’épidémie progresse lentement mais sûrement, qu’elle se généralise dans les villes, les grandes capitales notamment, où les premiers cas ont été décrits comme importés d’Europe. En effet, les premiers cas notifiés ne concernaient que les voyageurs : responsables politiques, cadres supérieurs des administrations publiques et du secteur privé, commerçants, et aussi des milliers d’Africains rentrés pour fuir l'épidémie qui sévit en Europe. La contamination locale se développe à travers les clusters intrafamiliaux, intra-domiciliaires qui amplifient donc la propagation du virus. Ce qui nous laisse penser qu’une épidémie active est en train de se développer sur le continent noir. La situation de demain sera celle que nous voudrions. Elle dépendra de mesures et de stratégies efficaces, adaptées à la situation de chaque pays, que nous mettons en place aujourd’hui. Si les bonnes décisions politiques et multisectorielles ne sont pas prises au bon moment, si elles ne s’appuient pas sur l’éclairage d'experts pluridisciplinaires, nous sommes à risque d'épidémie massive. La réponse de l'Afrique se doit d'être adaptée en tenant compte de la dynamique de l’épidémie et de l’évolution des connaissances scientifiques sur le virus, la maladie et l’épidémie. Faut-il encore souligner que les politiques qui bafouent les libertés et les droits humains, centrées sur la peur sont contre-productives. Ne faisons pas du Covid-19 une maladie honteuse par la stigmatisation des malades. Cela n’aura comme conséquence que des malades qui se cachent, et c’est un danger quant à la dissémination rapide du virus dans les communautés. Dans ce combat, il nous faut protéger et équiper les professionnels de santé,qui doivent être en première ligne afin qu’ils assument avec motivation et responsabilité la mission qui est la leur. Quelle chance pour le continent de s’en sortir et quelles stratégies les Etats peuvent-ils mettre en place pour mieux répondre à une épidémie de grande ampleur ? Il nous faut tirer les leçons des épidémies et des réponses apportées en Chine et dans les autres pays asiatiques et surtout plus proches de nous en Europe. Personnellement et avec humilité, je demanderais aux gouvernants d’appliquer la stratégie" 3M-T-I ". M comme Masque avec une utilisation par tous, M comme Mains, se laver les mains le plus souvent possible et pourquoi pas jusqu’à dix fois par jour ou plus, M comme Mètre, un mètre ou deux mètres de distanciation physique entre les individus. Les 3 M, comme tout le monde le sait maintenant, visent à éviter pour chacun d'être contaminé ou de transmettre le virus à son vis-à-vis. Le T est pour Test. Il est urgent que les pays africains s’engagent à offrir le plus grand nombre de tests possible pour diagnostiquer les cas de Covid-19, ouvrir des possibilités de dépistage volontaire dans les formations sanitaires, avec les malades hospitalisés ou en ambulatoire afin de dépister les cas contacts et donc mieux les suivre pour améliorer la gestion des flux. Le test garantit le I comme isolement : une quatorzaine ciblée et efficace afin de stopper la chaîne de transmission. L’application de la stratégie des 3M-T-I doit être associée non pas au confinement total des populations comme en Chine, en France, en Italie ou en Espagne mais à des stratégies adaptées aux différents contextes politiques, socio-économiques, sanitaires et culturels de chaque pays. La stratégie complémentaire de cordon sanitaire appliquée au Bénin par exemple, est bien pensée, adaptée,et garantit une certaine flexibilité pour la gestion d'une éventuelle épidémie généralisée et surtout évite pour le moment, des conséquences économiques et sociales fâcheuses et contre productives contre ce virus. Il faut ajouter que l’information et l’éducation des populations est une composante essentielle des plans de riposte. Les populations doivent être considérées comme les acteurs majeurs de cette « guerre » contre le coronavirus. Cette sensibilisation des populations sera renforcée par les stratégies de marketing social et de changement de comportements, pour une meilleure utilisation des dispositifs et des pratiques de prévention. Quelle doit être la contribution des Africains dans le cadre de la riposte ? La maladie du Covid-19 est un problème mondial de santé publique « une pandémie », un problème médical sérieux qui mérite une réponse globale. Il est légitime que l’Afrique y contribue d’abord en évitant une épidémie massive sur le continent, au travers des réponses locales et nationales. Que nos cliniciens, virologues, épidémiologistes, anthropologues, sociologues et autres experts s’engagent à de meilleures descriptions et compréhensions du virus, de l’histoire de la maladie et de l’épidémie, des interrelations médicales, sociologiques, économiques, culturelles et environnementales. C’est à ce prix que nous allons bâtir et adapter notre réponse efficace pensée localement et tirant profit des connaissances et des expériences internationales. Nous pourrions alors partager nos connaissances avec les autres et ainsi apporter notre pierre à l'édifice de la lutte contre le coronavirus au niveau mondial. Quels sont les défis post épidémie ? On doit bien sûr commencer à y penser, parce qu’il faut être optimiste. Nous allons nous en sortir. Il faut croire en l’Homme, à son instinct de survie et surtout à l'intelligence collective. Nous ne sommes peut-être qu’au début de l’épidémie en Afrique, faisons appel à toute notre intelligence, toutes nos énergies à y répondre et puis déléguons cette tâche « post épidémie » à une task force multidisciplinaire et multisectorielle qui va suivre l’impact de l’épidémie sur les différentes composantes de la société. Cette task force devra étudier et préconiser les différents scenarii de « sortie de crise», un vrai "think tank" en appui aux gouvernants pour le retour à la normale qui est un réel défi comme on l’observe en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. Actualités 21 avr. 2020


Cascade de démissions à la veille des élections communales: Le parti Fcbe réduit ses chances
Le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) part handicapé aux élections communales du 17 mai prochain avec la cascade de démissions de ténors dans ses rangs et même de candidats en lice. Que reste-t-il encore de la liste Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) après tant de démissions dans ses rangs ces derniers jours ? Il ne se passe plus de jour sans qu’on n’enregistre des départs. Tout se passe comme si un tsunami s’est déclenché au sein du parti depuis la démission, le 5 avril dernier, du président d’honneur de cette formation politique, l’ancien président Boni Yayi. Le départ du leader charismatique de ce parti, principale force de l’opposition, a semblé raviver la crise interne. Les déclarations de démission fusent de toutes parts. Plusieurs membres du bureau politique dont Eugène Azatassou, Nouréini Atchadé et autres ont claqué la porte du parti en guise de soutien à l’ancien président de la République. Plusieurs structures décentralisées surtout les coordinations communales de Bassila, Boukombé, Dassa-Zoumè, Kouandé, Tchaourou et Banikoara ont aussi emboité le pas à ces dinosaures. Le comble de cette situation reste la démission même de candidats positionnés sur la liste de candidatures du parti pour les élections communales et municipales. Ils démissionnent et renoncent à leurs candidatures. Même si cette cascade de défections des candidats n’entache en rien la viabilité de la liste Fcbe définitivement validée par la Commission électorale nationale autonome (Cena), il n’est pas moins vrai qu’elle risque d’impacter négativement le score de cette formation politique au soir du 17 mai prochain. Car, la liste Fcbe part complètement fragilisée à ce scrutin à grands enjeux politiques notamment pour la présidentielle de 2021. C’est à croire que les ténors et militants de ce parti ne perçoivent pas encore les implications politiques de ces élections du 17 mai prochain. Au-delà de cela, il y a l’enjeu des 10 % au moins des suffrages valablement exprimés au plan national que tout parti doit recueillir avant d’être éligible à l’attribution des sièges. Plus de 500 mille voix Ce taux d’éligibilité oblige les partis politiques à mouiller le maillot pour obtenir près de 520 mille voix, si on estime que les 5,2 millions d’électeurs dont la liste a été transmise à la Cena par le Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale nationale autonome (Cos-Lepi) sont tous allés voter et ont exprimé un suffrage valable le 17 mai prochain. Ce taux de 10 % est d’ailleurs le plus grand challenge de ces élections, les quatrièmes de l’ère de la décentralisation au Bénin. Ce qui devrait nécessiter pour chaque parti en lice un resserrement des liens afin d’affronter avec sérénité cette joute électorale. Les Fcbe semblent ne pas comprendre cela avec les fissures dans leurs rangs. Paul Hounkpè et les siens ont tout intérêt à prendre la mesure de la situation pour ramener la sérénité au sein de la maison cauris. Sinon, si la saignée continue ainsi, ce ne serait pas exagéré de dire que le parti Fcbe, sauf miracle, risque de mordre la poussière au soir du 17 mai prochain, face à ses quatre challengers à savoir l’Union progressiste (Up) de Bruno Amoussou, le Bloc républicain (Br) d’Abdoulaye Bio Tchané, le Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji et l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) de Claudine Prudencio. Actualités 14 avr. 2020


Communales du 17 mai face au Covid-19: La Céna échange avec les 5 partis en lice
La Commission électorale nationale autonome a rencontré, samedi 11 avril dernier, les responsables des partis politiques en lice pour les élections communales et municipales du 17 mai prochain. C’est pour leur rappeler que la date des élections est maintenue et échanger avec eux sur la conduite du processus électoral confronté à la pandémie du coronavirus et les dispositions pratiques à prendre. « Notre processus électoral qui suivait son cours normal, est aujourd’hui confronté à l’apparition dans notre pays, de la pandémie du coronavirus qui a amené le gouvernement à prendre un certain nombre de mesures en vue de la protection des citoyens. Les élections, comme vous le savez, génèrent habituellement des regroupements et des attroupements de personnes avec les risques de contamination et de propagation du virus… », a déclaré Emmanuel Tiando, président de la Céna. C’est à l’entame de la rencontre du samedi dernier avec les chefs et représentants des cinq partis politiques en lice pour les élections communales et municipales du 17 mai prochain, notamment l’Union progressiste (Up), le Bloc républicain (Br), les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), le Parti du Renouveau démocratique (Prd) et l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn). Le président de la Céna rappelle que c’est cette inquiétude qui a amené le chef de l’Etat à prendre l’initiative d’organiser une concertation le 8 avril dernier, avec les présidents d’institutions autour de l’organisation des élections face à la pandémie du Covid-19. Partageant avec les responsables de partis les conclusions de cette concertation entre les présidents d’institutions, Emmanuel Tiando fait savoir : « Après un large tour d’horizon sur la situation actuelle et sur l’état des préparatifs du processus électoral, et compte tenu de la nécessité de la continuité démocratique et du respect des dispositions constitutionnelles, les présidents d’institutions ont recommandé au gouvernement et à la Céna la poursuite du processus électoral ». Ils leur recommandent de respecter les mesures pour que soit préservée la santé des populations et faire en sorte que les citoyens ne soient pas contaminés à travers les activités des partis politiques. Dans cette optique, la campagne électorale se fera surtout dans les médias. Les partis politiques pourront recourir aux radios et télévisions privées et publiques à cet effet. La Haac œuvrera à faciliter la mise oeuvre de cette mesure. Par ailleurs, il est fourni au personnel de la Céna et aux agents électoraux des masques et gels hydro-alcooliques pour la préparation des opérations électorales. Quant au jour du scrutin, tous les centres de vote et centres de compilation des résultats seront pourvus de gels et de masques pour les électeurs et les agents électoraux dans le respect de la distanciation sociale. Le président de la Céna a donné rendez-vous aux responsables de partis politiques, le 15 avril pour le positionnement sur la liste. Actualités 14 avr. 2020


Lutte contre la propagation du Covid-19 au Bénin: Le cordon sanitaire élargi et prorogé jusqu’au 27 avril
Le cordon sanitaire mis en place par le gouvernement pour freiner la propagation du Coronavirus demeure en vigueur. Il n’a pas été rompu. Bien au contraire, il a été étendu à d’autres localités. En dehors de la ville de Cotonou, les localités d’Abomey-Calavi, Ouidah, Allada, Kpomassè, Tori-Bossito, Toffo, Zè, Sèmè-Podji, Porto-Novo, Sô-ava, Aguégués,  Akpro-Missérété et Adjarra ainsi que l'arrondissement de Atchoukpa dans la commune de Avrankou sont désormais concernées par le cordon sanitaire mis en place pour contrer la propagation du coronavirus. Ce cordon sanitaire est aussi prorogé jusqu'au lundi 27 avril, informe le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique à travers un communiqué de presse. Cette mesure n’est pas synonyme d’interdiction de circulation. Les populations ont la possibilité de circuler à l’intérieur du cordon, d’une ville à l’autre, tout en respectant les mesures prescrites. Personne ne peut aller au-delà de ces villes, à moins d’une dérogation des préfets des départements. Dans l’ensemble de ces communes, il est aussi interdit la circulation des bus et minibus de transport en commun de personnes. Il est aussi fait obligation aux taxis-motos de transporter plus d’une personne à la fois. Les moyens de paiement électroniques sont fortement recommandés et il est aussi retenu la fermeture des bars, discothèques, et autres lieux de réjouissances au cours de la période avec obligation de respecter une distance d’un mètre au minimum entre usagers de restaurants et maquis. Il est imposé aux employeurs, sur les lieux de travail, d’installer le dispositif de lavage des mains et de faire respecter la distance d’un mètre minimum entre personnes, de même que la limitation du nombre de passagers à bord des taxis et embarcations à trois au maximum. Autre exigence, la prescription aux usagers des espaces marchands (boutiques, magasins, supermarchés, marchés ordinaires et autres) d’observer la distance d’au moins un mètre entre personnes. Actualités 11 avr. 2020


Dr Pierre M’Pélé, épidémiologiste, spécialiste en Santé publique et Maladies tropicales: « Seul le médecin est habilité à prescrire la chloroquine et d’en assurer le suivi »
La prise de la chloroquine suscite la polémique en cette période de propagation du coronavirus dans le monde. Au Bénin, les plus anxieux n’hésitent pas à en constituer des réserves à la maison dans le cadre de la prévention. Cette méthode est-elle recommandée ou non ? Dr Pierre M’Pélé, ancien directeur régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre et membre du Groupe Afrique-Cellule coronavirus Académie Nationale de Médecine, France, le déconseille fortement. Selon lui, tant que les recherches scientifiques sur le traitement du Covid-19 n’ont pas encore abouti, la chloroquine ne doit pas être utilisée en automédication. La Nation : Selon vous, la chloroquine est-elle un remède contre le coronavirus ? Dr Pierre M’Pélé : Au stade actuel de son utilisation, il est difficile de l’affirmer ou d’ailleurs de l’infirmer. Il nous faut attendre les résultats des larges essais cliniques menés en Europe pour définitivement confirmer l’efficacité de la chloroquine dans le traitement de l’infection à coronavirus. Nous savons que 80 % des malades, asymptomatiques ou présentant des manifestations mineures d’un syndrome grippal, guérissent sans traitement. Il est donc peut-être difficile, dans ce contexte, d’affirmer que tel ou tel médicament est à l’origine de la guérison. Les médecins chinois ont été les premiers à utiliser la chloroquine contre le coronavirus suivis des médecins européens dont le Dr Didier Raoult en France à Marseille. En l’absence de traitement efficace, et de vaccin contre le coronavirus, je ne me permettrais pas de porter des critiques à l’endroit des confrères qui, ici ou ailleurs, ont recours à cette molécule. Il faut faire preuve de pragmatisme. Le médecin cherche avant tout à soulager son patient. Il agit en son âme et conscience, immense responsabilité qu’il sait assumer. Permettez-moi aussi de rappeler, si besoin en était, que la chloroquine a été utilisée largement en Afrique. Mais à partir des années 70, elle a été écartée dès lors que le «Plasmodium falciparum», l’agent causal du paludisme, a développé une résistance à ce traitement aussi bien en Afrique qu’en Asie du Sud Est, les zones de prédilection de cette maladie. La chloroquine est toujours utilisée dans la prévention ou le traitement des maladies articulaires chroniques inflammatoires comme le lupus et la polyarthrite rhumatoïde. Est-il donc imprudent pour le moment de préciser sa place dans le traitement du coronavirus ? Cette place devrait très bientôt être clarifiée dans l’arsenal thérapeutique qui se met en place progressivement avec un certain espoir contre le virus. Nous devons nous armer de patience. L’important est que nous sommes en train de mieux cerner notre ennemi et l’intelligence collective devrait nous permettre de trouver le traitement efficace contre le coronavirus. J’ose espérer que parmi les schémas thérapeutiques qui trouveront une place dans le traitement de l’infection à coronavirus se trouveront des molécules déjà familières aux médecins africains comme les antirétroviraux contre le Vih/Sida, les antiviraux contre le virus Ebola, la chloroquine, l’ivermectine, etc. Les médecins sont partagés sur son utilisation contre la pandémie du Covid-19. Comment expliquer cette discordance de voix? Discordance de voix, c’est tout à fait normal, parce que la chloroquine n’a pas encore prouvé son efficacité à 100 % contre le coronavirus. Il faut donc laisser au médecin en fonction de l’état clinique de son patient la décision de prescrire ou non cette molécule. Il est plus que vital de rappeler à tous que seul le médecin est habilité à prescrire la chloroquine et d’en assurer le suivi. En aucun cas, elle ne doit être utilisée en automédication. Nous devons continuer à respecter les fondamentaux qui caractérisent notre métier, faire confiance à son médecin qui agit en totale responsabilité pour la guérison de son patient. Didier Raoult demeure persuadé qu’on ne peut traiter efficacement le coronavirus sans la chloroquine. Qu’en dites-vous ? Comme je vous l’ai dit précédemment, chaque médecin agit toujours dans la recherche de la guérison. C’est pourquoi il a été formé et souvent y consacre sa vie. Le Dr Raoult agit selon ses convictions et il affirme obtenir des résultats. Les prochains jours ou semaines vont nous éclairer davantage. Comment expliquez-vous alors ce retour en force d’un médicament déjà interdit d’utilisation? La chloroquine n’est pas interdite d’utilisation. Elle n’est plus efficace contre le paludisme. Par contre, elle est recommandée et donne de bons résultats contre le lupus érythémateux disséminé et la polyarthrite rhumatoïde. Il faut souligner que dans le contexte d’une maladie émergente, car apparue il y a moins de 175 jours, le réflexe de tout chercheur est d’aller rechercher dans l’arsenal thérapeutique disponible, les molécules qui pourraient agir sur l’agent causal nouveau. C’est une démarche tout à fait habituelle. En cette période de psychose généralisée, le seul reflexe des populations est d’avoir des réserves de chloroquine à la maison dans le cadre de la prévention de la maladie. Que leur conseillez-vous? Cela n’est pas du tout recommandé. Il faut faire confiance aux professionnels de la santé et éviter toute automédication. Un médicament qui guérit peut avoir aussi des effets secondaires graves. Je déconseille totalement cette attitude. Par contre, je conseille très fortement le port du masque « quel qu’il soit» : protégez votre nez et votre bouche, pour vous protéger vous-même et votre vis-à-vis. Il faut se laver les mains le plus souvent possible avec du savon ou avec de l’eau javellisée, garder la distance sociale « physique» entre les individus de 1,5 à 2 mètres. Ces gestes barrières prônés par le gouvernement et par tous sont ceux qui nous sauveront. Cette épidémie est une affaire sérieuse, qu’il faut traiter avec responsabilité, individuellement et collectivement. La recherche clinique avance à grands pas et nous devons garder espoir. Société 10 avr. 2020


En soutien à la riposte contre le Covid-19: L’Association des sociétés d’assurance du Bénin offre 50 millions Fcfa
L’Association des sociétés d’assurance du Bénin (Asa-Bénin) répond favorablement à l’appel à la mobilisation de ressources pour faire face au coronavirus. Mercredi 8 avril, le bureau exécutif de l’association est allé remettre un chèque de cinquante millions de francs Cfa au ministère de la Santé. Un geste important qui contribuera à l’effort indispensable pour venir à bout de la pandémie du moment. Gérer la santé de onze millions de Béninois n’est pas une mince affaire, notamment par ces temps où le coronavirus dicte sa loi à l’ensemble des pays de la planète. L’Association des sociétés d’assurance du Bénin (Asa-Bénin) en convient. Elle est surtout convaincue que sans moyens, rien de tout ce qui sera entrepris contre cette pandémie ne peut prospérer. Elle est allée faire don de cinquante millions de francs Cfa au ministère de la Santé. Cette contribution est celle de l’Asa-Bénin, de son bureau exécutif et de ses structures satellites et est à inscrire au titre de son soutien au gouvernement dans le cadre de la lutte contre la crise sanitaire mondiale que vit l’humanité et qui n’est pas sans impacter le Bénin, a expliqué à l’occasion, Mouftaou Souhouin, président de l’association. Ce geste, dira-t-il, est d’un caractère symbolique « au regard de l’immensité des conséquences économiques qu’engendre cette pandémie ». Il est aussi, selon lui, la manifestation de la responsabilité sociétale des entreprises d’assurance du Bénin. Mouftaou Souhouin, au nom de l’Asa-Bénin, va profiter de cette occasion pour « remercier le gouvernement pour les actions menées pour la prévention et la lutte contre cette pandémie, preuve de l’attention soutenue de son chef, le président Patrice Talon ». Aussi, n’a-t-il pas manqué de sensibiliser la population au respect scrupuleux des consignes du gouvernement. « Le respect par chacun de ces gestes constitue le gage de la sécurité de tous », appuie Mouftaou Souhouin. Le président de l’Asa-Bénin, pour finir, exhortera la population à « prier pour demander pardon au Créateur ». Le Secrétaire général du ministère de la Santé, Ali Imorou Bachabi, au nom du ministre, a tenu à saluer « le geste de solidarité de l’Association des sociétés d’assurance du Bénin. « Face à cette épidémie, notre pays a mis en place des mesures de riposte allant aussi bien dans le sens de la prévention de la propagation que des activités visant une prise en charge de ceux qui sont atteints. A cette occasion, les contributions et les efforts de tous sont souhaités et c’est à cette occasion que je reçois ce chèque de votre institution en guise de don pour soutenir la riposte au Bénin », apprécie-t-il. Cette initiative salutaire vient appuyer les efforts du gouvernement dans le cadre de la lutte contre cette pandémie et l’engagement de tous est sollicité face à cette épidémie, indique-t-il au nom du ministre de la Santé. Aussi, rassure-t-il que les fonds reçus seront versés dans le compte ouvert à cet effet. « Dans cette lutte, nous avons besoin de la contribution de tous pour vaincre ce virus redoutable», insiste Ali Imorou Bachabi qui invite chaque Béninois à apporter sa pierre pour repousser loin cet ennemi commun. Société 09 avr. 2020


Amélioration de la production agricole : Environ 673 coopératives déjà immatriculées dans le Borgou
Confiée aux directions départementales de l’Agriculture, de l’Elevage et de la pêche (DDaep), l’immatriculation des coopératives agricoles se déroule sur toute l’étendue du territoire national du Bénin. Le point effectué dans le Borgou est encourageant. Depuis quelque temps, les producteurs agricoles béninois sont appelés à se constituer en coopératives. C’est conformément aux exigences de la loi de l’Ohada. Lesquelles leur permettent d’avoir accès aux crédits. D’où l’opération d’immatriculation des différentes coopératives agricoles qui est en cours. Au niveau du département du Borgou, les producteurs agricoles ne sont pas du reste. En témoigne leur forte mobilisation pour la cause. A l’heure du bilan dans le Borgou, nombreuses sont les coopératives agricoles qui se sont fait recenser. Le Ddaep par intérim, Damien Hounkpèvi, s’est réjoui de l’intérêt que les agriculteurs ont accordé à l’opération. En effet, en termes d’organisations de producteurs agricoles déjà immatriculées, le Borgou en compte actuellement environ 673. A celles qui étaient dans les registres du Carder sont venues s’ajouter les 395 recensées par la direction départementale à la faveur du lancement de l’opération. Pour l’instant, il y a environ 630 qui ne se sont pas encore manifestées. Outre l’accès aux crédits, à l’aide de l’Etat ou l’appui des projets, la constitution en coopératives offre également de nombreux autres avantages aux producteurs agricoles. Elle permet à ces derniers, selon Damien Hounkpévi, de procéder à la vente groupée de leurs produits, puis de ne plus être vulnérables. Au niveau de la filière coton, le problème ne se pose plus pour autant avec par exemple les coopératives villageoises des producteurs de coton (Cvpc). Ce qui n’est pas tellement le cas, s’agissant de la filière anacarde. Actualités 26 mars 2020


Assemblée nationale : La 1re session ordinaire de 2020 s’ouvre le 7 avril prochain
La première session ordinaire de l’année 2020 de la huitième législature s’ouvre, mardi 7 avril prochain au palais des gouverneurs à Porto-Novo. De sources bien introduites, cette date a été retenue par la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale qui s’est tenue ce mercredi. Ainsi, les députés vont renouer avec l’hémicycle après trois mois de repos. Ceci, conformément aux dispositions de l’article 87 de la Constitution béninoise qui dispose que : « L’Assemblée nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an. La première session s’ouvre dans le cours de la première quinzaine du mois d’avril. La deuxième session s’ouvre dans le cours de la seconde quinzaine du mois d’octobre. Chacune des sessions ne peut excéder trois mois ». C’est donc en respect de cette exigence constitutionnelle que la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale composée des membres du bureau, des présidents des commissions techniques permanentes et des présidents des groupes parlementaires a retenu la date du 7 avril prochain pour sacrifier à cette tradition. La réunion d’hier a été dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou. Selon les mêmes sources, cette session ordinaire sera ouverte dans la sobriété. Elle sera exceptionnellement réduite au format d’une séance plénière ordinaire à cause de l’actualité liée à la pandémie du Covid 19 qui sévit dans le monde dont au Bénin. Il n’y aura donc pas l’animation habituelle ni le grand monde d’officiels souvent invités. La cérémonie d’ouverture sera ramenée à l’essentiel afin d’éviter les risques de propagation du Covid-19 au palais des Gouverneurs à Porto-Novo.Cette décision avait été prise par le bureau de l’Assemblée nationale lors de sa réunion du mercredi 18 mars dernier. Elle vient d’être entérinée par la Conférence des présidents du Parlement Une session extraordinaire en vue Mais avant le lancement des travaux de la première session ordinaire de l’année 2020, le 7 avril prochain, les députés envisagent l’ouverture d’une session extraordinaire. Celle-ci pourrait être consacrée à l’examen et à l’adoption d’une loi qui serait d’une extrême urgence pour le gouvernement. La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale se serait penchée sur le dossier lors de sa réunion de ce mercredi. Cette session extraordinaire pourrait être ouverte et close avant la rentrée parlementaire, informent des sources bien informées au palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Th. C. N. Actualités 26 mars 2020


Appui de la Badea et du Fonds saoudien pour le développement: 62 milliards F Cfa pour un accès durable à l’électricité
Doter le Bénin d’infrastructures appropriées pour un accès durable et sécurisé à l’électricité sur toute l’étendue du territoire national. C’est l’objectif du séjour au Bénin d’une mission conjointe de la Banque arabe pour le développement en Afrique (Badea) et du Fonds saoudien de développement (Fsd), du 21 au 29 octobre 2019. D’un coût global de 62 milliards F Cfa, le financement concessionnel accordé par la Banque arabe pour le développement en Afrique (Badea) et le Fonds Saoudien pour le développement (Fsd) au Bénin vise à développer l’accès durable à l’électricité de qualité pour les usages domestiques, commerciaux et industriels dans le respect des normes de sécurité, environnementales et sociales avec un taux national de 75 % d’ici 2025 dont 50 % en milieu rural et 90 % en milieu urbain et une bonne tenue du plan de tension à tous les nœuds à l’horizon 2025. Coordonné par le ministre Zul-Kifl Salami, chargé de mission du président de la République, le financement de la Badea consiste à réaliser une première phase du projet dont les objectifs spécifiques permettent de développer le réseau de transport pour l’alimentation en énergie électrique de la Zone franche industrielle de Semé-Kpodji et le futur aéroport de Glo-Djigbé. Il permet aussi de sécuriser l’alimentation en énergie électrique des logements sociaux et de la cité administrative de Ouèdo dans la commune d’Abomey- Calavi et de développer de façon significative l’électrification des centres urbains dans les différents départements. Au cours de la mise en œuvre de ce projet, il s’agira d’une part de concevoir, de fournir et de construire des réseaux de transport 330 Kv, 161 Kv, 63 Kv et d’autres part de répartir 33 Kv pour un quadrillage adéquat du territoire pour une meilleure maitrise de tensions, des pertes techniques et du développement de la charge industrielle dans l’ensemble du pays sans oublier la conception, la fourniture et la construction de sous-stations 161/63 Kv et 63/15-20 Kv. En ce qui concerne les travaux de génie civil, de fourniture et de montage électrique du projet, ils regroupent deux volets dont le volet distribution Hta et Bt qui concerne la construction de 335 km de lignes Hta et 220 km de lignes Bt, la pose de 240 transformateurs de distribution Hta/Bt ainsi que le branchement de 60 000 nouveaux clients Bt. Le deuxième volet lignes Htb et postes associés prend en compte la construction de 15 km de lignes souterraines 161 Kv et poste 161/63 Kv, la construction de 25 km de lignes souterraines 63 Kv de Maria Gléta à l’aéroport de Glo-Djigbé et poste 63/20 Kv-2x2 Mva à l’aéroport de Glo-Djigbé, ainsi que la coupure d’artère sur la ligne Htb à Ouèdo et la construction du poste 161/20 Kv-2x50Mva. Coopération dynamique Ainsi, les études environnementales et sociales consisteront à identifier au cours de ce projet, les impacts positifs, négatifs, les mesures d’atténuation et d’élaborer le plan de gestion environnementale et sociale du projet. De même, l’Etat prendra en charge les frais d’expropriation et d’indemnisation des populations affectées par les activités du projet. Il sera procédé aussi au renforcement de capacité des cadres et techniciens de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) en termes de conception, de gestion et d’exploitation des équipements du réseau électrique. Une stratégie et un plan de communication seront mis en place afin de donner une visibilité au projet sans oublier la réalisation annuelle de son audit comptable et financier par les bureaux d’audit locaux agréés et sélectionnés par appel d’offres local. Ces projets sont à l’actif du président Patrice Talon, cheville ouvrière de la rédynamisation de la coopération avec les Fonds et banques arabes. Notons que ces financements se poursuivront de manière vigoureuse les mois à venir pour le plus grand bien des populations des villes et des campagnes, à travers la réalisation au pas de charge du Programme d’action du gouvernement (Pag). Actualités 23 mars 2020


Haute cour de Justice: L’ambassadrice du Niger près le Bénin reçue en audience
La présidente de la Haute cour de Justice, Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué, a reçu en audience l’ambassadrice du Niger près le Bénin, Sandi Abdou. Il s’agit d’une visite de courtoisie sollicitée par cette dernière afin de présenter ses civilités à la présidente de la Haute juridiction. Sandi Abdou dit n’avoir pas eu le temps matériel pour venir rencontrer la présidente Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué, depuis sa brillante élection à la tête de cette institution. C’est ainsi qu’en sa qualité de doyenne du corps diplomatique accrédité près le Bénin, elle a voulu se rattraper à la faveur de ce mois de mars reconnu comme celui de la femme. Les deux personnalités ont saisi l’occasion pour échanger sur la situation de la femme tant au Niger qu’au Bénin. Sandi Abdou a fait observer que le Niger est très avancé par rapport à la question de l'émancipation de la femme. Les femmes nigériennes sont impliquées à divers niveaux de prise de décisions. La diplomate évoque à titre d’exemple le cas de l’Assemblée nationale qui compte aujourd’hui des dizaines de femmes. L’obligation est faite à tout parti politique de présenter des dossiers d'un certain nombre de femmes sous peine de rejet. Cette avancée, rappelle-t-elle, est le fruit d’une lutte menées par les nigériennes elles-mêmes depuis la Conférence nationale. Selon Sandi Abdou, la bonne relation entre la Haute cour de Justice du Bénin et son homologue du Niger a aussi meublé les échanges. Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué a profité de cette audience pour faire part à la diplomate nigérienne des projets et des perspectives au niveau des deux juridictions sœurs. Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau Société 18 mars 2020


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