La Nation Bénin...
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Autour du thème « Proposition d’amélioration du contenu de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin », les membres du Cadre de concertation et d’échanges d’informations pour l’efficacité de la lutte contre la corruption se sont réunis, hier, lundi 4 novembre, à Grand-Popo. Les travaux de cette rencontre qui tient lieu de troisième session ordinaire pour le compte de l’année en cours, ont été lancés par Jean-Baptiste Elias, président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc).
L'objectif de la session est d'identifier les axes d'amélioration du contenu de la loi numéro 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin. De façon spécifique, il a été question, entre autres, de s’accorder sur les insuffisances ou limites de la loi au regard de la pratique et de faire des propositions motivées en vue de l'amélioration de son contenu. Pour y parvenir, les propositions d'amélioration issues des études commanditées et des travaux du sous-comité mis en place par l'Anlc enrichies d'autres réflexions ont été présentées en plénière.
La réforme du cadre législatif tire sa pertinence non seulement des difficultés relatives à la conduite des dossiers épinglés mais aussi des études, à en croire le président de l’Anlc, Jean-Baptiste Elias qui a lancé les travaux de la session. «Le Système national d'intégrité a recommandé que l'Anlc se dote de pouvoirs d'officier de police judiciaire pour qu'elle soit capable de suivre les dossiers qu'elle transmet à la justice, qu'elle soit une institution dotée d'une autonomie administrative et financière, à l'instar des autres institutions constitutionnelles », justifie-t-il. Les recommandations de certaines études comme celles du magistrat Emmanuel Opita, et du projet 2D corruption piloté sous l'égide de l’Ong Alcrer, poursuit le président de l’Anlc, demeurent également «une source d'inspiration de la réforme ». «Notre propre pratique quotidienne demeure une source incontournable de la réforme législative, dans la mesure où nos tâches journalières nous confrontent à la réalité de la mise en œuvre», insiste Jean-Baptiste Elias.
Le cadre de concertation a été mis en place, depuis 2015, après l'adoption de la loi numéro 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin, pour appuyer l'Anlc, dans sa croisade transversale et pluridisciplinaire contre la corruption. Et c’est au titre de son plan de travail annuel 2019 que l'Anlc a prévu quatre sessions du cadre de concertation. Tout comme les précédentes sessions, la troisième organisée hier a été financièrement appuyée par la Banque Mondiale, à travers le Projet d'appui à la gestion des investissements publics et à la gouvernance (Pagipg), a tenu à préciser le président de l’Anlc, Jean-Baptiste Elias. Les parties prenantes du cadre de concertation sont les organes de contrôle de l'ordre administratif, la chambre des comptes de la Cour suprême, le ministère en charge de la Justice, la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), le Partenariat national de l'eau (Pne-Bénin) et quatre organisations de la Société civile opérant dans le domaine de la bonne gouvernance. Le Réseau des parlementaires africains de lutte contre la corruption (Apnac-Bénin) n’est pas du reste. Il a été représenté à Grand-Popo par le député Benoît Dègla .

L’armée béninoise est en deuil. Le capitaine Sosthène Chaou, commandant du 6e bataillon interarmes (BAI) de Natitingou, est décédé, jeudi 31 octobre, des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Il avait pris le commandement de ce bataillon, le 13 février 2018 au camp militaire de Kaba à l’occasion d’une cérémonie solennelle officiée par le colonel Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major de l’armée de terre, en remplacement du commandant Kokou Célestin Agoligan Tometin.
Précédemment commandant en second et chef Bureau Instruction et Opérations au 3e bataillon interarmes de Ouidah, le capitaine Sosthène Chaou a occupé de nombreux postes dont ceux de chef du Service des Relations internationales au ministère de la Défense nationale et d’assistant du secrétaire général du ministère de tutelle. Il a fait sa formation militaire au Bénin, au Burkina Faso, au Maroc et en France.
Société 01 nov. 2019

Trois morts et six blessés graves, tous des militaires. C’est le triste bilan d’un accident survenu dans l’après-midi de ce dimanche 8 septembre dans le village de Gobé, à 7 Km de la ville de Savè. Ce camion en provenance de Parakou transportait des éléments du 2e Bataillon interarmes de cette ville. Selon des témoins, le camion aurait eu un problème pneumatique qui l’aurait fait projeter dans le ravin, causant ainsi des morts au sein de la troupe transportée. Ces éléments du 2e Bataillon interarmes de Parakou se rendaient en mission à l’Ecole nationale des officiers de Toffo.
Les blessés ont été référés dans un centre hospitalier où ils sont pris en charge pour des soins d’urgence.
Société 08 sept. 2019

Des acteurs des Organisations de la société civile (Osc) prennent part, depuis ce mercredi 4 septembre, à Bohicon, à un atelier de formation sur le thème « Mieux connaître la corruption pour mieux la combattre ». Ainsi, durant trois jours, les participants seront mobilisés autour de la lutte contre la délinquance financière.
Cette rencontre donne l’occasion aux acteurs impliqués dans la lutte contre la corruption de renforcer leurs connaissances sur le phénomène et les mécanismes qu’ils peuvent actionner pour mieux détecter, documenter et dénoncer les malversations financières. C’est une initiative du projet de renforcement des Osc pour la détection et la dénonciation de la corruption (projet 2D Corruption) de l’Ong Alcrer, mise en œuvre en association avec le Fonac avec l’appui du programme Repasoc à travers le 11e Fonds européen de développement (Fed).
Quatre thèmes sont abordés au cours de cette formation. Ce sont « le cadre normatif et institutionnel de la lutte contre la corruption au Bénin », « les manifestations de la corruption dans notre société et l’administration publique », « les gros scandales financiers qui ont éclaboussé les différents régimes de notre pays » et puis le point des mécanismes et des stratégies que les organisations de la société civile peuvent mettre en place pour mieux détecter et dénoncer la corruption.
Dans son mot d’ouverture des travaux, le représentant de l’Ong Alcrer, Jonas Tchidi, fait observer que la corruption freine le développement économique, accroît les coûts des entreprises, sape la légitimité du gouvernement et réduit la confiance du peuple. En outre, poursuit-il, elle déforme le résultat des élections et complique la mise en œuvre des politiques publiques. Elle accroît aussi la pauvreté et la précarité. Face à ce mal que l’évaluation du système national d’intégrité du Bénin en 2016 a considéré comme « systémique, banalisé et toléré », dit-il, les Osc ont toujours joué leur partition en sensibilisant le public sur les dangers de la corruption et en dénonçant publiquement de nombreux cas de corruption. Mais, malgré les efforts, déplore-t-il, les résultats sont maigres. Le phénomène ne recule pas. Loin de baisser les bras, indique-t-il, « nous avons décidé de changer d’approche ». Depuis quelque temps, elles ont compris la nécessité de porter plainte et de se constituer partie civile dans les procès contre la corruption. Avec le Programme de participation citoyenne aux politiques publiques au Bénin (Particip), plusieurs dossiers ont déjà été envoyés à la justice dont certains ont été clôturés par des condamnations.
Il sera appuyé par le représentant de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, Victorin Togninou qui a rappelé, au cours de sa communication relative à l’expérience du Fonac et de l’Anlc dans la lutte, les défis actuels en matière de lutte contre la corruption au Bénin. Puis, les forces, limites et leviers à prendre en compte pour l'efficacité des méthodes de lutte contre la corruption.
Il est à noter qu’à l’issue de cette rencontre, il sera réalisé un manuel pratique qui permettra à ces acteurs d’assurer la formation continue et à toutes les autres Osc de pouvoir travailler plus efficacement sur la thématique de la lutte contre la corruption.

Le Bénin s’est engagé pour une transformation numérique qui touche tous les secteurs du pays. La dématérialisation de certains services publics a permis une amélioration de l’E-Government Development Index (Egdi) qui est passé de 0.20 en 2016 à 0.33 en 2018. L’ambition est d’améliorer ce score d’ici à 2021 à travers une digitalisation totale de l’administration.
Le gouvernement du Bénin envisage d’améliorer considérablement son E-Government Development Index (Egdi) dans les prochaines années. De 0.20 en 2016 à 0.33 en 2018, l’objectif pour 2021 est d’atteindre 0.5. Pour y arriver, le pays met le cap sur la modernisation complète de son administration et de son économie en dématérialisant tous ses services d’ici 2020. Sous le leadership de la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, le gouvernement travaille pour la destruction des nids de corruption dans l’administration publique à travers l’adoption de l’e-gouvernement, de la bancarisation des salaires, de l’e-commerce, de l’e-banking, de l’e-procurement, de l’e-health, de l’e-education, de l’e-agriculture, du mobile banking, de l’e-registration, et de l’e-permis, etc. Le gouvernement du président Patrice Talon met l’accent sur la modernisation de l’administration publique orientée vers les usagers et la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.
Depuis 2016, plusieurs services publics béninois ont été dématérialisés ou sont en cours de l’être. Les transactions se font par l’Internet. C’est le cas des paiements numériques qui présentent beaucoup d’intérêts pour les populations. Selon Thierry Ahouassou, ancien directeur de l’Agence des Services et Systèmes d’Information (Assi), la mise en place des services numériques limite le contact entre les usagers et les cadres de l’administration publique avec tous les risques de corruption. Pour lui, à travers les services numériques, le citoyen gagne du temps et dispose d’un accès facile et équitable aux services publics. « La dématérialisation va conduire à la mise en place des cercles vertueux dans l’administration», a-t-il déclaré. Le paiement des salaires de manière électronique, par carte bancaire, téléphone mobile ou toute autre technologie, a permis de bancariser des populations, de limiter les risques et de réduire la corruption. Toutes choses qui réduisent les tracasseries pour le travailleur qui doit faire la queue pour toucher son salaire, ensuite se déplacer pour payer en espèces les frais d’école, les factures d’eau et d’électricité.
Depuis l’avènement du régime du Nouveau départ, la création de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), la promulgation du Code du numérique, la lutte contre les cybercriminels, la construction du data center, la mise en place des infrastructures à clés publiques et autres constituent des pas de géant pour une administration publique béninoise au service de tous. Signalons que le Bénin, par la voix de la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, s’est basé sur ces avancées notables pour solliciter l’appui du Japon lors de la 7e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique à Yokohama (Ticad7)pour la modernisation de son administration publique à travers la réalisation rapide et innovante de projets numériques de référence en Afrique et dans la région ouest- africaine.

Audience plénière à la Cour constitutionnelle : La radiation de l’Armée pour gestation, jugée anticonstitutionnelle (Deux femmes militaires révoquées bientôt réintégrées)
La radiation des femmes militaires pour mariage ou gestation avant le délai de service prescrit est contraire à la Constitution. La Cour constitutionnelle a donné gain de cause à deux jeunes militaires radiées, qui devraient retrouver bientôt les rangs.
Deux femmes militaires ayant formé des recours contre leur radiation de l’effectif des Forces armées béninoises pour cause de gestation, ont eu gain de cause hier à la Cour constitutionnelle. Elles devraient réintégrer les rangs dans les prochains jours, à en croire les décisions Dcc 19-271 et 19-272 du 22 août 2019. Il s’agit d’Isabelle M. Assogba et de Rosalie A. Challa qui ont formé des requêtes pour contrôle de constitutionnalité de leur radiation de l’Armée, pour être tombées enceintes dans un délai non prescrit par les règlements militaires.
Saisi, le chef d’état-major a demandé à la Cour, dans la forme, de déclarer irrecevable leurs recours respectifs parce qu’elles n’auraient pas adressé des recours gracieux aux autorités militaires hiérarchiques. Dans le fond, les concernées, selon la hiérarchie militaire, n’ont pas respecté le délai de trois ans de service exigé par les articles 2 et 3 du décret 079-287 du 30 octobre 1979 avant de se marier. L’article 3 stipule : « Les jeunes gens et jeunes filles désireux de contracter mariage après le délai de service fixé à l’article 2 sont tenus d’adresser par la voie hiérarchique une demande d’autorisation de contracter un mariage au Camarade chef d’état-major général des Forces armées populaires du Bénin ».
D’autre part, les radiées auraient méconnu l’article 4 dudit décret pour n’avoir pas respecté les cinq années avant de concevoir. Cet article est libellé ainsi qu’il suit : « Les jeunes gens et jeunes filles qui ne remplissent pas les conditions définies aux articles 2 et 3 ne doivent avoir d’enfant sans accomplir cinq ans de service effectif dans les Forces armées populaires du Bénin ».
La Cour estime que les dispositions visées élèvent en cause d’inaptitude le fait pour la femme d’être en état de conception ou de gestation, lesquelles sont contraires à l’article 26 de la Constitution et l’article 3 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples. Car, elles ne sont pas applicables à l’homme et sont donc stigmatisantes et discriminatoires à l’égard de la femme, note la haute juridiction qui déclare le décret qui fonde la radiation des deux jeunes femmes, contraire à la Constitution, et par voie de conséquence, la radiation elle-même.
L’article 26 de la Constitution qui dispose : « L’Etat assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race, de sexe, de religion, d'opinion politique ou de position sociale. L'homme et la femme sont égaux en droit. L'Etat protège la famille et particulièrement la mère et l'enfant. Il veille sur les handicapés et les personnes âgées ». Quant à l’article 3 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, il stipule: « Toutes les personnes bénéficient d'une totale égalité devant la loi. Toutes les personnes ont droit à une égale protection de la loi ».
Une des requérantes a soutenu hier, en pleurs, à la barre que c’est parce qu’elle a refusé de céder au harcèlement d’un supérieur hiérarchique que le décret lui a été appliqué sans autre forme de procès.
Cette décision de la Cour constitutionnelle ouvre la voie à plusieurs recours des dizaines de femmes révoquées de l’Armée pour cause de mariage ou de grossesse contractée dans un délai non prescrit.

Renvoyé devant le Tribunal de première instance de première classe de Parakou statuant en matière criminelle, pour répondre des faits d’association de malfaiteurs et de vol à main armée, c’est avec l’esprit troublé que Sanni Sabi s’est présenté à la barre, mercredi 21 août dernier. L’audience a dû être renvoyée à une session ultérieure.
Inculpé pour association de malfaiteurs et vol à main armée, Sanni Sabi n’a pas pu être entendu au cours de la première session criminelle au titre de l’année 2019 du Tribunal de première instance de première classe de Parakou, mercredi 21 août dernier. Né en 1994 à Tchatchou, commune de Tchaourou, il est célibataire, père d’un enfant, et domicilié à Komférou. Le regard vide, marmonnant tout seul et faisan des gestes incontrôlés avec ses mains, à la barre, ses propos ont manqué de cohérence. Constatant qu’il n’était pas stable et avait perdu ses esprits, le président du tribunal a, dans une décision avant-dire-droit, ordonné sa prise en charge et son traitement médical par le service psychiatrique du Centre hospitalier départemental du Borgou, à Parakou. Les frais afférents, poursuit-il, seront à la charge du Trésor public. Le temps qu’il retrouve ses esprits pour être écouté, son dossier a donc été renvoyé à une session ultérieure.
En effet, il a reconnu les faits mis à sa charge à toutes les étapes de la procédure, en précisant qu’il n’était pas à sa première participation. L’accusé ne nie pas être membre de l’association de malfaiteurs, mais ne se souvient plus des conditions dans lesquelles ils ont opéré. S’agissant de la localité, il en entend parler sans savoir où c’est. Quelques minutes après, il indique avoir été seul à opérer, sans la moindre arme en sa possession, ni même un franc en poche. Le représentant du ministère public lui rappellera alors qu’ils étaient entre 6 et 7 à avoir opéré. Son avocat-conseil, Me Charlos Agossou, lui fera remarquer que personne ne le connaît dans le village dont il prétend être originaire. « Mais, sourit-il tout le temps et sans motif? », lui demande l’avocat général. «Cela m’arrive souvent», lui répondra-t-il.
L’avocat général s’est dit surpris qu’il ait perdu la cohérence dont il a fait preuve au cours de l’enquête préliminaire et devant le juge instructeur. Mais à la barre, a-t-il déploré, il raisonnait de coq à l’âne. Ce qui ne permet pas de le suivre.
Les faits
Pour ce qui est des faits de ce dossier, ils remontent au 2 août 2014. Abdoulaye Issiaka et Aboudou Souradjou conduisaient leurs véhicules taxi immatriculés respectivement AZ 3168 RB et AZ 1438 RB, sur le tronçon Sinendé-Guessou Sud. A bord, se trouvaient des passagers. Mais à 4 heures du matin, ils ont été interceptés à la hauteur du village de Toumè, dans l’arrondissement de Fô-Bouré par 7 peulhs d’origine burkinabè armés de fusils et de machettes. Ces derniers les ont passés à tabac, avant de les dépouiller de leurs biens précieux.
Informée du braquage, la brigade de gendarmerie de Sinendé, aidée d’une équipe de chasseurs, a mené une intervention. Ce qui a permis de les dérouter, ainsi que l’arrestation de
Sanni Sabi, un des éléments du groupe, quelques jours plus tard à N’Dali.
Engagés pour la lutte contre la corruption, les responsables des organisations de la société civile, Alcrer et Social Watch Bénin, ont effectué une sortie médiatique, ce mardi 20 août, à Cotonou. A l'occasion, ils ont dévoilé leur nouvelle approche pour lutter efficacement contre l’impunité au Bénin.
Dans le cadre du Programme de participation citoyenne aux politiques au Bénin (PartiCiP), l’Ong Alcrer et Social Watch Bénin ont mis en œuvre une nouvelle approche face à l’ampleur de la corruption au Bénin ces dernières années. Il s’agit de la saisine des juridictions compétentes en se constituant partie civile. Au cours d’une conférence de presse, ce mardi 20 août, à Cotonou, le président de l’Ong Alcrer, Martin Assogba et la présidente de Social Watch Bénin, Blanche Sonon, ont exposé cette nouvelle démarche qui tire son essence de l’article 2 de la loi 2012-15 portant Code de procédure pénale en République du Bénin. « L’action civile en réparation du dommage causé par un crime appartient à tous ceux qui ont personnellement souffert du dommage causé directement par l’infraction », martèle Martin Assogba, président de l’Ong Alcrer. Selon lui, il résulte de cette disposition que la loi octroie aux organisations de la société civile le droit de se constituer partie civile. Renforcées par la législation nationale, l’Ong Alcrer et Social Watch Bénin ont décidé d’être les remparts contre l’impunité dont jouissaient des corrupteurs et corrompus en raison de la couverture politique et de la faiblesse de la justice dans sa mission de répression du phénomène. Pour le président de l’Ong Alcrer, l’une des stratégies adoptées pour atteindre leurs objectifs est la mise en place d’un collège de praticiens du droit, chevronnés et à la réputation établie sur la question de la lutte contre la corruption. « Le collège de juristes installé dans le cadre du programme PartiCiP 2 est composé d’un magistrat, de deux avocats, d’un huissier de justice et d’un officier de police judiciaire, tous recrutés par appel à candidatures sur la base de critères précis », explique-t-il. Pour Martin Assogba, dans la logique d’une meilleure implication de la société civile dans la répression de la corruption, cinq dossiers dont les scandales financiers à la Cnss, au Port autonome de Cotonou et à la Société béninoise d’Energie électrique (Sbee), ont été transmis à la justice en 2018. A l’en croire, Alcrer et Social Watch Bénin ont procédé également à la documentation et à la dénonciation de quatre nouvelles affaires cette année. La présidente de Social Watch Bénin, Blanche Sonon, indique que parallèlement à cette démarche, les deux organisations ont décidé de contribuer à l’enracinement de la culture de la dénonciation des faits de corruption au sein des populations en offrant aux citoyens l’application Anticorr en ligne et ouverte au public. Selon elle, c’est une plateforme de dénonciation des actes de corruption à travers laquelle chaque citoyen a la possibilité de jouer pleinement sa partition dans ce combat patriotique. «Sur le site www.anticorr.bj ou en téléchargeant sur les téléphones et nos tablettes, l’application Anticorr permet à tout témoin ou victime de faits de corruption de dénoncer », a-t-elle précisé. Elle invite toute la population à s’engager aux côtés des deux organisations pour combattre ce phénomène qui prive l’Etat de ressources dans ses fonctions de base.
Société 21 août 2019

Par Ariel GBAGUIDI (Stag.)
La performance du Bénin en matière d’intégrité et de lutte contre la corruption a évolué. Le rapport 2018 de l’analyse des progrès des recommandations prioritaires de l’évaluation du Système national d’intégrité (Sni) du Bénin, publié en juin 2019, le démontre à travers ses lignes. Toutefois, le Bénin devra encore faire de gros efforts pour espérer intégrer le cercle restreint des pays les moins corrompus au monde.
L’analyse des 29 indicateurs des recommandations prioritaires du Système national d’intégrité (Sni) au cours de l’année 2018 a permis de constater que le Bénin a « amélioré de façon notable » sa performance en matière d’intégrité et de lutte anticorruption. C’est ce que révèle le rapport d’analyse des progrès des recommandations prioritaires du Sni, réalisé par Social Watch Bénin dans le cadre du programme Redevabilité et présenté, le 2 juillet dernier, aux membres des institutions de la République à travers un atelier de restitution. « Globalement, ces indicateurs ont progressé par rapport à l’année 2017 », lit-on dans le rapport. Plus précisément, 13 indicateurs ont évolué substantiellement ou partiellement (44,7%) contre 8 indicateurs en 2017 (32%). Parmi ceux-ci, il y a les divers contrôles effectués régulièrement par les inspections générales des services judiciaires et la trentaine d’audits réalisés en 2018 par la Chambre des comptes. D’autres réformes, notamment au sein des directions du ministère de l’Economie et des Finances ont boosté la lutte contre la corruption.
Mais, 12 indicateurs n’ont connu aucun progrès en 2018. Par exemple, l’évaluation du Sni a proposé la création d’une sous-division de la police chargée des crimes économiques et financiers dans chaque localité disposant d’un Tribunal de première instance. Ce qui n’a pas été fait à ce jour. Le nombre d’indicateurs n’ayant réalisé aucune évolution est descendu en dessous de la barre des 50%, soit 41% en 2018 contre 58% en 2017. De plus, le ratio des indicateurs ayant progressé, malgré leur évolution, n’atteint toujours pas la barre des 50%, à en croire le même rapport. Pire, les données non disponibles dans les structures évaluées en 2018 dépassent celles de l’année 2017. Ce qui fait dire aux auteurs du rapport, que « les progrès réalisés par le Bénin sont lents ».
Si le pays n’a réalisé que cette performance, c’est justement parce qu’il y a eu des blocages à certains niveaux, explique-t-on. Au nombre de ces blocages, souligne le document, il y a la non-révision de la Constitution du 11 décembre 1990. D’ailleurs « sur les 12 indicateurs n’ayant réalisé aucun progrès, 5 sont liés à la réforme constitutionnelle ».
Que faire ?
Pour renverser la tendance, le rapport suggère que des mesures idoines soient prises afin de remobiliser les divers acteurs (étatiques surtout) autour des enjeux et du plan d’action du Sni. « Ces mesures consisteront à corriger les problèmes constatés, notamment en redynamisant les organes de mise en œuvre, en améliorant le financement des plans d’actions, en réhabilitant le système de suivi-évaluation et en mettant à jour les données de l’évaluation ou en réajustant certains indicateurs jugés inapplicables ou désuets », recommande le rapport.
Pour rappel, le Système national d’intégrité est un outil mis en place par Transparency international, et qui permet d’évaluer la capacité d’un pays à promouvoir l’intégrité et lutter contre la corruption. Cet outil a permis, en 2016, d’évaluer plus d’une douzaine d’institutions de la République. Cette évaluation a débouché sur un ensemble de recommandations prioritaires. Cette année, avec l’aval du gouvernement béninois, une analyse des progrès réalisés par rapport à la mise en œuvre des cinq recommandations phares de l’évaluation du Sni a été effectuée à travers le programme Redevabilité. C’est donc à l’issue de cette analyse qu’il a été constaté que le Bénin a fait des progrès en matière d’intégrité et de lutte contre la corruption. Et déjà, cette performance du Bénin fait dire à certains experts que le pays pourrait bien gagner des places au prochain classement de Transparency international.

Le président de la Confédération africaine de Football (Caf) Ahmad Ahmad a été interpellé ce jeudi 6 juin à Paris, où il séjournait dans le cadre du congrès de la Fifa.
Le patron du football africain est entendu par les services de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclif), pour une affaire liée au contrat rompu unilatéralement par la Caf avec l’équipementier allemand Puma pour s’engager avec la société Technical Steel, basée à La Seyne-sur-Mer. La Fédération internationale de Football Association a pris acte de la situation, ignorant les détails de cette enquête qu’elle n’est donc pas en mesure de commenter. Ch. H
Sports 07 juin 2019