La Nation Bénin...
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Une menace de destitution plane depuis quelques jours sur la tête du maire de Malanville. Inoussa Dandakoè n’est plus en odeur de sainteté avec dix-sept conseillers qui réclament sa tête.
Faisant partie des départements qui ont été épargnés jusque-là par le vent de destitution de maires qui souffle sur les communes, l’Alibori est désormais sur le point d’être rattrapé. En témoigne la demande de convocation d’une session extraordinaire pour un vote de défiance déposée, ce lundi 9 avril, par 17 conseillers sur les 25 que compte la commune de Malanville.
Ils invitent le maire Inoussa Dandakoè à convoquer conformément aux dispositions de l’article 53 de la loi 97-029 du 15 janvier 1999, portant organisation des communes en République du Bénin, une session à l’effet de lui retirer leur confiance.
Entre autres griefs, ils lui reprochent sa gestion solitaire, sa gestion des ressources humaines et financières de la commune et la non-reddition de comptes. Il y a aussi un certain mépris des décisions du Conseil communal ainsi que sa mauvaise gestion des réserves publiques ou administratives de la commune par rapport auxquels ils ne comptent plus garder le silence, relèvent les conseillers frondeurs.
Autant de motifs pour lesquels, ils ont donc décidé de se lancer à ses trousses. La prochaine étape du processus les conduira devant le préfet de l’Alibori, Moussa Mouhamadou qui va tenter une médiation à la crise.
Deputés et invités de marque[/caption]Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, a ouvert, ce lundi 9 avril, les travaux de la première session ordinaire au titre de l’année 2018, avec une cinquantaine de dossiers à examiner dont les réformes électorales à opérer en vue d’une élection législative pacifique en 2019.
C’est reparti pour trois mois de travaux au palais des gouverneurs à Porto-Novo pour le compte de la première session ordinaire de l’année 2018. Le coup d’envoi a été donné, ce lundi 9 avril, par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. La cérémonie a enregistré la présence de 77 sur les 82 que compte le parlement favorisant ainsi l’ouverture officielle des travaux qui intervient à un an de la fin de la mandature. Cette fin imminente de la septième législature n’est pas passée sous silence par le président de l’Assemblée nationale.
Me Adrien Houngbédji félicite ses collègues pour le bilan globalement satisfaisant obtenu au cours des trois ans passés, lesquels ont été marqués par des progrès et des résultats tangibles et édifiants selon lui. Mais ils devront encore s’armer davantage de détermination et de responsabilité pour affronter les enjeux de cette session qui s’ouvre à un an des échéances électorales des législatives 2019 pour lesquelles la classe politique est déjà en mouvement, exhorte-t-il. Celle-ci aura dès lors, selon lui, à se consacrer en priorité à certaines réformes politiques majeures dont celles relatives au système partisan, au Code électoral et à l’amélioration de la représentation des femmes au Parlement. « … Des efforts restent à faire pour apporter dans la sérénité et sans esprit partisan, les amendements conséquents à la loi n° 2013-06 du 03 septembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin », souligne Me Adrien Houngbédji. Il espère que les débats qui s’ouvriront bientôt sur ces différents dossiers permettront d’améliorer les règles et les pratiques en vue d’une élection libre et transparente, facteur de paix, de cohésion et de progrès. A ce titre, le président de l’Assemblée nationale a saisi l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la session pour revenir sur les décisions Dcc 17-252 du 12 décembre 2017et Dcc 18-075 du 15 mars 2018 de la Cour constitutionnelle relative à la désignation des membres des représentants du Parlement au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale nationale informatisée (Cos/Lépi). La prémière décision fait injonction, faut-il le rappeler, à l’Assemblée nationale d’opérer lesdites désignations au plus tard le jeudi 21 décembre 2017, afin de rendre opérationnelle cette structure chargée de toiletter la liste électorale. Me Adrien Houngbédji s’est à nouveau prononcé sur cette préoccupation qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Il invite ses collègues à la sagesse et à revenir à de meilleurs sentiments pour s’exécuter. « La Constitution est la clé de voûte, la loi fondamentale de notre pays ; nul n’est au-dessus d’elle. Le juge constitutionnel est chargé de veiller à son respect. Certes, nous découvrons qu’à l’occasion de son office, il peut même écarter une loi, tenir en échec le Règlement intérieur, se substituer à la Constitution elle-même en l’interprétant. Ses décisions sont sans recours, car elle est infaillible dans son interprétation », plaide le président de l’Assemblée nationale. Il entend montrer ainsi que la guerre des institutions n’aura pas lieu entre la Cour constitutionnelle et l’institution parlementaire.
Me Adrien Houngbédji n’a pas manqué de se prononcer également sur les autres sujets brûlants de l’actualité dont la crise sociale marquée par des grèves perlées dans maints secteurs de l’Administration publique, l’insécurité galopante et les crimes rituels en vogue cers derniers temps au Bénin?
L’appel des présidents du Parlement du Niger, du Burkina Faso et du Togo
La cérémonie d’ouverture des travaux de la première session ordinaire de l’année 2018 a été rehaussée par la présence de trois présidents du Parlement de la sous-région. Il s’agit du président de l’Assemblée nationale du Niger, Ousseini Tinni ; celui du Burkina Faso, Alassane Sakandé et celui du Togo, Drama Dramani. Chacun d’eux a délivré hier un message à la tribune de l’hémicycle. Ils ont tous salué le parcours démocratique du Bénin qui a été précurseur de la démocratie en Afrique avec l’organisation en 1990 de la Conférence nationale. Ils se réjouissent que vingt-huit ans après, ce vent de démocratie continue de souffler.
Les hôtes du président Adrien Houngbédji ont loué cette maturité démocratique du peuple béninois. Ils félicitent par ailleurs leur homologue du Bénin pour son leadership et sa détermination affichée pour dynamiser la coopération et l’intégration interparlementaire dans la sous-région à travers leurs invitations pour prendre part à la cérémonie. Cette diplomatie interparlementaire est vraiment nécessaire, estiment-ils, pour permettre au Parlement, représentant des peuples, d’apporter sa pierre dans une synergie d’actions aux maux qui minent la sous-région principalement le terrorisme et sans oublier les autres défis de développement.
Le président du Parlement du Niger, Ousséini Tinni a saisi l’occasion pour insister sur la relance des travaux de la ligne ferroviaire Parakou-Niamey et l’urgence que le corridor Cotonou-Niamey soit débarrassé de tous les obstacles qui retardent le transit vers le Niger.
Abondant dans le même sens, le président de l’Assemblée nationale du Togo, Dama Dramani, qui foule le sol du Parlement béninois pour la troisième fois, réitère sa proposition qu’il a faite en ce même lieu le 11 avril 2014 à l’occasion de la rentrée parlementaire, en exhortant à un regroupement inter-Parlements pour une véritable intégration entre les différents peuples. Pour lui, la sous-région a vraiment besoin d’une coopération interparlementaire plus dynamique et fructueuse pour renforcer la paix, la sécurité, le développement et le bonheur partagé. Dama Dramani souhaite à cet effet une rencontre des Parlements de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour évaluer des accords de coopération économique et le rôle du Parlement dans la gestion des confits post-électoraux
Adrien Houngbédji[/caption]- Excellences messieurs les présidents des Assemblées nationales du Togo, du Burkina Faso, et du Niger;
- Madame et messieurs les présidents des Institutions de la République ;
- Messieurs les anciens présidents de l’Assemblée nationale ;
- Madame et messieurs les membres du bureau de l’Assemblée nationale;
- Mesdames et messieurs les membres de la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale ;
- Mesdames et messieurs les membres du gouvernement ;
- Honorables députés à l’Assemblée nationale ; chers collègues ;
- Mesdames et messieurs les Membres du Corps diplomatique et consulaire, et Représentants des Organisations Internationales ;
- Monsieur le Préfet du département de l’Ouémé ;
- Monsieur le maire de la ville de Porto-Novo ;
- Mesdames et messieurs les Généraux et Officiers Supérieurs du Haut commandement militaire ;
- Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Association nationale des anciens parlementaires ;
- Majestés et têtes couronnées ;
- Autorités religieuses et traditionnelles ;
- Sages et notables de la ville de Porto-Novo ;
La tradition veut que l’ouverture de nos sessions ordinaires soit précédée par une cérémonie solennelle, car dans toutes les démocraties parlementaires, cet événement est considéré comme un événement politique majeur.
Au nom de tous mes collègues députés, et en mon nom personnel, je vous remercie tous et toutes d’avoir compris la portée de la manifestation, en prenant sur votre temps et sur vos occupations, pour nous honorer de votre présence.
Je remercie tout particulièrement, nos amis et frères :
- Le président de l’Assemblée nationale du Togo, le président Drama Dramani ; c’est l’homme à l’élégance raffinée dont la belle crinière inspire tout naturellement respect et autorité, et qui vient de se signaler à l’attention de la communauté parlementaire francophone par l’organisation réussie de la Xème Conférence sous-régionale des présidents d’Assemblée nationale de l’Apf. A cette occasion, il a été admis au grade de Commandeur de l’Ordre de la Pléiade, ordre de la francophonie et du dialogue des cultures. Nous lui adressons nos chaleureuses félicitations.
- Le président de l’Assemblée nationale du Niger, le président Ousseini Tini, notre compatriote qu’on ne saurait présenter, tant il est vrai qu’il a fait l’essentiel de sa carrière au Bénin. Il connaît l’emplacement de chaque tronçon de rail, sinon de chaque pierre, sur nos voies ferrées. Lui, c’est nous.
- Et enfin le président de l’Assemblée nationale du Burkina-Faso, son Excellence Alassane Bala Sakandé, récemment admis au couvent, et auquel nous exprimons affection et respect. Nous lui souhaitons un parcours brillant, notamment sur le terrain de la coopération entre nos deux parlements, en digne héritier de ses prédécesseurs dont le dernier a délivré à cette tribune, il y a quelques mois, un discours qui marqua nos esprits.
Excellences messieurs les présidents.
Merci pour avoir fait le déplacement; merci pour avoir rehaussé de votre présence, l’éclat de cette cérémonie. Merci également aux délégations qui vous accompagnent.
Messieurs les présidents,
Honorables députés, chers
collègues,
Mesdames et messieurs les
invités,
L’Assemblée nationale du Bénin est honorée de votre présence à tous dans cette enceinte, aux côtés de nos frères Togolais, Nigériens et Burkinabé. Le contenu des messages qu’ils ont bien voulu nous délivrer est un témoignage d’amitié et de fraternité de nos peuples et de nos institutions. C’est aussi un témoignage de solidarité et de réaffirmation des valeurs que nous partageons, unis que nous sommes, dans une lutte sans relâche pour la démocratie et l’Etat de droit, pour l’unité africaine, et pour le développement.
Il était important que soit rappelé à cette occasion, que le sens premier de notre rencontre, est de rassembler nos forces et nos atouts, de les mutualiser pour consolider l’intégration économique, et pour combattre les maux qui minent la réalisation de cette aspiration commune.
L’un de ces maux a pour nom le terrorisme aveugle, qui a encore frappé, voici quelques semaines, le vaillant peuple du Burkina-Faso, au cœur même de ses symboles.
Je voudrais en cette solennelle occasion renouveler à ce peuple frère, à son gouvernement et à sa représentation nationale, la compassion et le soutien de l’Assemblée nationale et du peuple Béninois tout entier.
Nos sentiments de solidarité vont également à nos frères du Niger, du Mali et du Nigeria.
Le terrorisme frappe partout et est devenu un sujet de grande préoccupation sous-régionale et internationale. C’est pourquoi j’en appelle à l’harmonisation des législations et des procédures anti-terroristes.
Chers collègues députés,
Notre session, la première de l’année 2018 est une session capitale, à un an des prochaines élections législatives.
L'avenir de la démocratie
Ouverte pour se pencher essentiellement sur les dossiers qui engagent l’avenir de notre démocratie, tels que la réforme du système partisan, le code électoral, la représentation des femmes au Parlement, le Code pénal et quelques autres qui nécessitent sérénité et clairvoyance, voici qu‘elle devra siéger dans un climat de tension et de contestation politique virulente.
Dans un tel contexte, l’Assemblée nationale, point de convergence de toutes les contradictions de la société béninoise, pourrait être elle-même entraînée dans des postures nuisibles à la crédibilité et à la stabilité des institutions. Mais c’est ma conviction, chers collègues, que vous ne tomberez pas dans ce travers, car présidant à nos travaux depuis maintenant trois ans, j’ai pu mesurer vos qualités de pondération, votre sens des responsabilités, votre sens de l’intérêt général.
Elus un an avant le président de la République Patrice Talon, mais légiférant pendant sa mandature, vous l’avez généralement accompagné dans sa politique de réforme. Vous l’avez fait et vous le ferez au nom de l’intérêt général.
Vous avez travaillé au rythme des réformes proposées par le gouvernement, rejetant certaines de ces réformes (la plus importante en particulier), approuvant d’autres, amendant la plupart, dans la plus pure tradition parlementaire. Il est indéniable que votre législature est déjà l’une des plus performantes que nous ayons connues. Le mérite en revient à chacune et chacun d’entre vous, qu’il soit de la majorité ou de la minorité, les propositions des uns s’enrichissant des critiques des autres.
Il est normal en démocratie, que dans un Parlement, les uns soutiennent le gouvernement et prennent fait et cause pour lui. Tout comme il est normal que les autres, ceux de l’opposition, critiquent, dénoncent, fassent des contre-propositions. Il n’y a aucune ignominie à être dans un camp ou dans l’autre.
Et dans un Parlement, tout peut se dire. Tout ! Sauf à respecter l’autre. Sauf à respecter les institutions. Sauf à éviter que les injures ne fusent, que les coups de poings ne pleuvent ou que les chaises ne voltigent. Ensemble nous y avons veillé, donnant au fil des séances à notre Parlement l’image qui sied à une démocratie apaisée et enviée.
C’est à cette vigilance de tous les instants, qui est une exigence vis à vis de nous-mêmes, sans compromis ni complaisance que je voudrais nous inviter…
Chers Collègues,
Notre second sujet de préoccupation en ce début de session est celui de notre rapport à la Constitution et au juge constitutionnel. J’ai longtemps hésité à en parler. Si j’ai finalement pris le pari de le faire, c’est parce qu’il est de mon devoir d’en parler, ayant mesuré l’émoi provoqué en notre sein et en dehors par les dernières décisions de la Cour constitutionnelle. Il est de mon devoir d’en parler parce que les décisions Dcc 17-252 du 12-12-17 et Dcc 18-075 du 15-03-18 impactent directement nos travaux. L’étendue des pouvoirs que s’est reconnus le juge constitutionnel, en a surpris plus d’un. Il me faut en parler pour prévenir les débats passionnés qui pourraient s’instaurer ici, soit qu’on approuve soit qu’on désapprouve. L’effet le plus évident d’un tel débat serait d’ouvrir les hostilités entre institutions, facteur de déstabilisation de notre jeune démocratie.
Et connaissant notre pays, je sais d’expérience que les pyromanes sont embusqués qui mettront de l’huile sur le feu, et que dans les prochaines semaines, les recours fuseront de partout et de nulle part, pour hâter cette déstabilisation. Si je devais paraphraser une célèbre chanson, je dirais….
La guerre des institutions n'aura pas lieu
Devant cette perspective, je voudrais nous inviter à la sagesse.
La Constitution est la clé de voûte, la loi fondamentale de notre pays ; nul n’est au-dessus d’elle.
Le juge constitutionnel est chargé de veiller à son respect.
Certes nous découvrons qu’à l’occasion de son office, il peut même écarter une loi, tenir en échec le Règlement intérieur, se substituer à la Constitution elle-même en l’interprétant.
Ses décisions sont sans recours, car il est infaillible dans son interprétation.
Nous ne le savions pas et il n’est pas sans intérêt, pour aujourd’hui et pour demain, que le juge nous le rappelle. Je nous exhorte donc à nous exécuter. Sans débat.
La guerre des institutions n’aura donc pas lieu ici.
Il nous arrivera bien sûr, à vous et moi, simples législateurs, de nous tromper dans notre approche des textes, ne pouvant deviner, à priori, l’approche de ces mêmes textes par le juge constitutionnel. D’admettre que nous ne sommes pas infaillibles est un signe de grande sagesse! Aristote disait que la sagesse est recommandée au législateur comme elle est recommandée au juge. Elle n’est ni une science ni une technique ; il disait qu’elle est théorique et qu’elle est aussi pratique.
La vraie sagesse, conclut-il, est celle qui réalise la conjonction de la théorie et de la pratique, car elle est conscience de soi et conscience des autres ; elle est modération, bon sens et prudence ; elle scrute l’avenir.
Hors de là, vanité sur vanité, tout est vanité ; les hommes passent, les institutions restent.
Distingués invités ;
Chers collègues ;
Mesdames et messieurs;
Notre pays traverse depuis quelques semaines une crise sociale caractérisée par le durcissement des mouvements de grève dans différents secteurs, notamment ceux de l’éducation, de la justice et de la santé. La Représentation nationale ne saurait rester indifférente face à cette situation aux conséquences désastreuses sur l’économie et l’équilibre social.
Il urge que le dialogue engagé par les protagonistes se poursuive et aboutisse à une baisse significative de la tension, voire à un règlement définitif de la crise.
Je voudrais, à cet égard, en appeler à la conscience et au patriotisme de tous les acteurs concernés et plus particulièrement aux responsables syndicaux.
L’Assemblée nationale, pour sa part, jouera sa partition dans le sens de l’encadrement du droit de grève et de la prévention des conflits. Lorsqu’elle aura à examiner de nouveau les textes remis en cause par la Cour constitutionnelle.
Elle adoptera la méthode participative, pour tenter d’aboutir à des règles consensuelles.
Une nation qui aspire au développement et au bien-être de ses citoyens doit savoir concilier l’équilibre entre le droit des uns et les obligations des autres.
A cette crise qui peine à être jugulée, s’ajoute une autre forme d’insécurité jamais connue qui se manifeste par des crimes crapuleux, dits rituels. Ces crimes jettent le discrédit sur notre pays et font lourdement peser la peur au sein de l’opinion publique, sans oublier leur impact sur le tourisme.
Au nom de la Représentation nationale, j’invite le gouvernement à prendre des mesures idoines, pour rassurer notre peuple qui vit dans la psychose et le désarroi. Tout doit être mis en œuvre pour que les auteurs et les commanditaires de tels actes soient identifiés et punis sans ménagement conformément aux textes en vigueur.
A tous nos concitoyens, je voudrais dire que la sécurité est l’affaire de chacun et de tous. Et qu’il leur revient de dénoncer aux structures compétentes, les comportements suspects de leur entourage.
C’est le lieu de rendre un hommage à nos forces de la Police républicaine pour leur détermination à endiguer le mal.
Honorables députés ;
Mesdames et Messieurs,
Lentement mais sûrement, nous nous acheminons vers la fin de notre mandat. La mission que le peuple béninois nous a confiée vient en effet à son terme, dans un an.
Pour l’instant, je peux globalement affirmer que, durant les trois ans passés, notre mandature a accompli des progrès et enregistré des résultats tangibles et édifiants.
Des amendements conséquents au Code électoral
Dans ce même registre, il n’est point un secret d’observer qu’à un (01) an des échéances électorales législatives que constituent les législatives de 2019, la classe politique de notre pays est déjà en mouvement. Là encore, des efforts restent à faire pour apporter dans la sérénité et sans esprit partisan, les amendements conséquents à la loi n° 2013-06 du 03 septembre 2013 portant code électoral en République du Benin.
Je forme le vœu que les débats qui s’ouvriront bientôt, permettent d’améliorer les règles et les pratiques en vue d’une élection libre et transparente, facteur de paix, de cohésion et de progrès.
Je voudrais enfin féliciter une fois de plus, tous nos collègues députés, aussi bien ceux de la majorité que ceux de la minorité, pour œuvre accomplie au cours de la dernière session, malgré les divergences de vues. Votre détermination et votre sens de la responsabilité nous ont permis de doter notre pays d’importantes lois pour la consolidation de notre démocratie, mais aussi et surtout le développement économique et social de notre pays.
Je souhaite que le même esprit de tolérance et la même ardeur prévalent durant cette nouvelle session au cours de laquelle nous aurons à étudier une cinquantaine de dossiers dont la liste sera communiquée au fur et à mesure du dépôt des rapports de commission et au fur et à mesure de leur programmation par la Conférence des présidents.
Chers collègues ;
Mesdames et Messieurs,
Au cours de la session, notre parlement renouera également avec l’exercice du contrôle de l’action gouvernementale, notamment à travers les questions au gouvernement tous les jeudis ainsi que nous l’avions ensemble institué. Cet exercice avait en effet été mis en veilleuse de commun accord au cours de la dernière session, en raison des travaux budgétaires. Il reprend dès ce jeudi 12 avril par une séance de question d’actualité. J’invite le gouvernement à se rendre disponible.
Chers collègues ;
Mesdames et Messieurs,
Comme vous pouvez le constater, la tâche est immense. Mais je suis persuadé que, grâce à votre disponibilité et à votre détermination, nous atteindrons les objectifs.
Je ne saurais terminer sans réitérer mes sincères remerciements au corps diplomatique, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux différents animateurs de la vie sociopolitique de notre pays, pour leur collaboration et leur appui notable à l’Institution parlementaire.
En souhaitant plein succès à nos travaux, je déclare ouverte la première session ordinaire de l’année 2018.
Vive la coopération interparlementaire !
Vive l’Assemblée Nationale du Bénin
Vive la Démocratie
Je vous remercie

Le Bénin et le Rwanda sont les deux seuls pays africains à bénéficier du prochain programme du Fonds monétaire international (FMI) pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), apprend-on de l’agence de presse Xinhua. En vue de leur permettre d’atteindre les ODD d'ici à 2030, l’institution prévoit la mise en place d’une stratégie d’évaluation des besoins en dépenses publiques, dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures, considérés comme les leviers d’une croissance économique « soutenue et inclusive ». Il est à noter, en attendant une information sur le montant global de l’initiative, que le programme dont la mise en place devrait commencer cette année, ne prend en compte que cinq pays dans le monde.
Economie 09 avr. 2018

Les équipes nationales cadettes et juniors de handball vont prendre part à la phase finale de la Zone 3 du Challenge Trophy de handball, du 8 au 15 avril à Niamey au Niger. La délégation béninoise a quitté Cotonou, samedi dernier, par voie terrestre pour se rendre à Niamey.
Avec le soutien du président de la Confédération africaine de handball, Arèmou Mansourou, et du président de la Fédération béninoise de handball, Antoine Bonou, les formations béninoises ont promis rentrer avec les trophées comme à leur habitude ces dernières années. Les Ecureuils cadets sont sous l’égide de Richard Zomahoun et Basile Nouatin tandis que les juniors sont entraînés par Aimé Sèbio assisté de Dieudonné Nougbélagnon.
Les Ecureuils sont attendus à cette compétition à laquelle les pays de la zone 3, à savoir le Liberia, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Ghana, le Burkina Faso, le Nigeria, le Niger prennent aussi part. Soulignons que l’équipe féminine de handball junior du Bénin est championne en titre du Challenge trophy sur le continent.
Sports 09 avr. 2018
Les joueuses en pleine prestation sur l'aire de jeu[/caption]Organisée par l'Association pour le développement du sport et des arts au Bénin, la deuxième édition du tournoi de football féminin doté du Trophée « Milôkpéhou » a pris fin ce samedi 7 avril avec le sacre d’Arc-en-ciel de Godomey qui est venu à bout de l’A2S d'Akpakpa, à l’issue des épreuves fatidiques des tirs au but (1-0).
Au total douze clubs de Cotonou et environs ont pris part à ce tournoi de football à cinq sur terrain réduit. En demi-finale, Gazelle de Hèvié a été battu (1-2) par Arc-en-ciel de Godomey tandis que l’A2S d'Akpakpa s’est débarrassé (1-0) de Lionnes d'akpakpa.
Pour le compte de la petite finale, Gazelle est arrivé à prendre le dessus (1-0) sur Lionnes aux tirs au but. Les trois meilleures équipes de la compétition sont reparties avec des trophées, des équipements sportifs et des enveloppes financières tandis que tous les autres ont bénéficié d’une retribution financière.
Selon Charles Bewa, président fondateur de Tigresse de Cotonou et co-organisateur du tournoi, cette initiative est née de la volonté de l'ancienne footballeuse béninoise, Sikira Antoinette Moreira. L’objectif de ce tournoi est de permettre aux filles de se mettre en jambe à défaut du championnat national féminin. Pour lui, cette compétition va permettre également de sélectionner des joueuses devant prendre part au tournoi international de foot féminin qui va réunir huit équipes de l'Afrique de l'Ouest à Cotonou en février 2019. Il faut signaler que la troisième édition du tournoi est annoncée pour les vacances scolaires prochaines.
Le Président de la République Patrice TALON[/caption]En dépit des réalisations citées à son actif en guise de bilan en deux ans, le scepticisme des Béninois n’est pas pour améliorer l’image du gouvernement.
Jamais un chef d’Etat n’aura fait tant rêver les Béninois à son avènement au pouvoir. Huit mois après son investiture, Patrice Talon a su décliner en actions ce qui constitue sa vision pour le Bénin au titre du quinquennat 2016-2012 en révélant à ses compatriotes le Programme d’actions du gouvernement (Pag), le 16 décembre 2016. Aussi bien par son contenu que par l’orchestration de sa cérémonie de lancement, le document a tôt suscité émerveillement tant il nourrit l’espoir d’un Bénin meilleur avec des investissements massifs estimés à plus de 9 000 milliards de francs Cfa et des réformes structurelles. Quarante-cinq projets phares dans neuf secteurs stratégiques devraient acter sa réalisation au bonheur des populations aspirant à une bonne gouvernance.
A l’évidence que les investissements annoncés à travers ce programme sont peu ou prou visibles, plus de deux ans après sa présentation, il n’en demeure pas moins que les réformes clamées tout au long de la campagne présidentielle par le locataire du palais de la Marina depuis avril 2016 aient tristement ravi la vedette à toute initiative de développement entreprise par le gouvernement. Affectées directement ou indirectement par les réformes notamment les opérations de déguerpissement, les populations accusent le coup, montrant tôt leur hostilité à voir s’opérer des changements qualitatifs et positifs dans l’intérêt du peuple tout entier.
Quoique le bien-fondé de ces opérations de déguerpissement ait été maintes fois justifié, les populations ont vite pris les pouvoirs publics pour cibles. Celui qu’ils ont plébiscité, quelques mois plus tôt, est devenu la cause de leurs malheurs. La morosité économique ambiante, à leur entendement, tirerait sa source dans l’incapacité du gouvernement à juguler les effets d’une crise financière sous-régionale, voire internationale marquée par la récession nigériane. Face aux difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien et au fait que « l’argent ne circule pas », nombre de citoyens s’emmurent dans le doute, voire dans un total scepticisme. Des critiques nourries de toutes parts voient le jour et les dirigeants sont voués aux gémonies.
En dépit de l’appel du président de la République à avoir foi en lui et en la relance économique du pays sous le fait des réformes, l’impatience de ses concitoyens est grande et il est loin de les apaiser. La fronde sociale observée depuis lors témoigne des attentes.
Pour le commun des Béninois, rien de concret n’est fait, deux ans après l’investiture de Patrice Talon. Même si les membres du gouvernement défendent bec et ongle un bilan marqué par le démarrage des travaux de construction de nombreuses voies telles que celles de Porto-Novo - Akpro-Missérété, de Natitingou – Boukombé - Korontière, de Savalou -
Djougou, de l’aéroport international de Glo-Djigbé, de l’aménagement de la Route des pêches ou d’autres projets structurants dans le domaine du tourisme, leurs détracteurs se plaisent à égrener la liste des projets annoncés au tout début du mandat et non encore concrétisés. Surfant sur la fin des études de faisabilité desdits projets, le gouvernement rassure que le projet d’asphaltage des rues de Cotonou, Porto-Novo, Sèmè-Podji, Lokossa, Parakou, Ouidah, Abomey, Bohicon et Natitingou démarrera sous peu et qu’il n’est pas question de remettre en cause les réalisations qui en découleraient.
S’agissant du volet social où l’on ressasse un moindre engagement du gouvernement de la Rupture, celui-ci montre patte blanche et se fait passer pour le bon samaritain de service. Mieux que par le passé, l’intérêt que manifeste le gouvernement pour les couches vulnérables et plus pauvres est brandi pour répondre à des critiques acerbes et peu cordiales à son endroit. Mais loin de ces répliques qui ne manquent pas de lever certaines équivoques, les dirigeants devront faire mieux pour qu’au terme du mandat en 2021, le peuple n’ait pas à regretter son choix. Il devra bien se nourrir des grandes réalisations marquantes du quinquennat et se donner des raisons d’y avoir cru au moment où certains incrédules, tels des St Thomas, juraient de l’échec de Patrice Talon. Se faire porter en triomphe par le peuple béninois passera aussi par la maestria avec laquelle l’on règlerait des problèmes cruciaux tels que la fronde sociale.
Présidium de UJ CEMAC[/caption]Les membres de l’Union des jeunes de la communauté économique et monétaire de l’Afrique (Uj-Cemac) étaient, ce vendredi 6 avril, face aux hommes des médias à Cotonou. L’objectif de cette conférence de presse, selon l’expert de l’Uj-Cemac, Ben Barry, est de valoriser toutes les bonnes actions accomplies par les dirigeants africains afin de permettre aux jeunes de travailler pour que l’Afrique revienne aux Africains. « Beaucoup de réalisations effectuées par le président Mahamadou Issoufou méritent d’être saluées », a-t-il déclaré. Pour lui, les routes, les échangeurs et surtout l’hôpital de référence de Niamey constituent des actions fortes pour l’épanouissement de la population nigérienne.
Le président de l’Uj-Cemac, Cyrille Nguiegang, félicite le président nigérien pour son implication personnelle dans la conduite des travaux de la Zone de libre-échange continental et la réalisation d’un grand hôpital à Niamey. Selon lui, Mahamadou Issoufou a accompli le bonheur de son peuple en construisant le plus grand hôpital de l’Afrique de l’Ouest. « A l’hôpital général de référence de Niamey, riches et pauvres, dirigeants politiques et citoyens simples sont soignés avec les mêmes égards et les mêmes traitements, faisant ainsi une économie d’au moins 5 milliards de F Cfa par an aux contribuables nigériens », a-t-il déclaré.
L’Union des jeunes du Cemac projette l’organisation d’une marche panafricaine dénommée « Couleurs d’intégration africaine » à Niamey le 23 avril prochain pour inviter tous les dirigeants africains à emboîter le pas à ce dernier à travers des actes concrets comme cet hôpital. Selon le président de l’Uj-Cemac, le point de chute de cette marche sera l’Hôpital général de référence de Niamey. A la suite de cette action, l’Uj-Cemac annonce décerner le prix du Grand bâtisseur démocrate et panafricaniste au président Mahamadou Issifou. « Ce prix sera composé d’un trophée et d’un diplôme que nous lui remettrons main-à-main et le féliciter» a indiqué Cyrille Nguiegang.
Actualités 09 avr. 2018

Les départements de l’Ouémé et du Plateau n’ont pas été laissés pour compte par rapport aux mesures sociales du gouvernement du Nouveau départ. Les actions sociales se chiffrent, en deux ans de mandat du président Patrice Talon, en termes de plusieurs centaines de millions F Cfa en faveur de la protection des familles et des couches défavorisées.
Le volet social est l’une des priorités du gouvernement. En témoigne l’important investissement fait par le gouvernement en faveur surtout de certaines cibles tels que les enfants, les femmes, les personnes du troisième âge, les groupements féminins et les personnes handicapées des départements de l’Ouémé et du Plateau. Les questions de genre n’ont pas été aussi du reste. Des actions spécifiques ont été menées au profit de chacune de ces cibles depuis l’avènement du Nouveau départ. Ce qui s’est d’ailleurs traduit très tôt par le renforcement des budgets de la plupart des structures chargées de mettre en œuvre la politique sociale du gouvernement, explique la direction départementale chargée des Affaires sociales de l’Ouémé et du Plateau. Roubatou Ali cite, à titre illustratif, les budgets des Centres de promotion sociale (Cps) au niveau des deux départements qui sont passés de moins d’un million en 2016 à deux millions exécutés en 2017 avec une prévision de 4 millions en 2018. Ces ressources servent à gérer localement les problèmes des populations et à répondre directement aux besoins des cibles citées supra. Aux dires de la directrice départementale chargée des Affaires sociales de l’Ouémé/Plateau, les vingt-six structures sous sa tutelle ont exécuté ensemble 62,320 millions F Cfa en 2017 contre 27 millions F Cfa en 2016. Ce montant a permis de prendre notamment en charge 2950 cas de violences basées sur le genre enregistrés en 2017 par les Cps au niveau des deux départements. Cerise sur le gâteau, à en croire Roubatou Ali, plus de 2000 kits scolaires et nutritionnels ont été distribués aux orphelins et enfants vulnérables pour environ 30 millions F Cfa, 32 élèves handicapées ont été appuyés, près de 8 millions F Cfa ont été directement accordés à 155 personnes indigentes pour mener une activité en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie.
A cela, la directrice départementale chargée des Affaires sociales de l’Ouémé/Plateau, ajoute le financement de 4,2 millions F Cfa accordés à 21 familles ayant enregistré des naissances multiples issues d'une gestation pour les besoins d’urgence, l’appui en kits d’installation pour le démarrage de leur entreprise à 16 cas sociaux et 10 jeunes handicapés en fin d’apprentissage et le soutien en vivres, vêtements et matériaux de construction à des communautés sinistrées des communes des Aguégués, d’Adjohoun, de Bonou, de Pobè et de Porto-Novo. Roubatou Ali n’oublie pas non plus l’appui accordé par sa direction, courant ces deux dernières années, à 65 personnes handicapées pour des activités génératrices de revenus pour un montant de 3,475 millions F Cfa.
L’apothéose des interventions sociales du régime du Nouveau départ dans les deux départements a été enregistrée, mardi 3 avril dernier, dans la commune d’Avrankou où le ministre chargé des Affaires sociales, Bintou Chabi Adam Taro, a remis des matériels de travail à 64 groupements féminins constitués en 14 catégories d’activités génératrices de revenus installés dans des secteurs de la transformation agro-alimentaire (maïs, manioc, blé, igname, noix de palme, jus de fruit…), de la production (élevage, jardinage, maraîchage) et de l’artisanat (perles, couture, coiffure). L’ensemble des matériels remis par le ministre pour accompagner ces initiatives sociales a coûté 213 875 085 F Cfa dont 35 198 000 F Cfa pour le renforcement des capacités des Centres de promotion sociale. Cet important appui en matériels porte désormais à 78, le nombre de groupements féminins ayant bénéficié dans les départements de l’Ouéme et du Plateau du soutien du gouvernement pour un montant total de 217, 762 697 millions F Cfa au cours des deux ans, note Roubatou Ali. Elle salue cet engagement du gouvernement du président Patrice Talon en faveur des couches vulnérables parce que contribuant au développement économique, social et culturel des bénéficiaires de ces services sociaux de base?
Dématérialisation de l'Administration[/caption]Une carte à puces pour de multiples services, des avancements d’échelons et bientôt de grades automatiques, payer l’impôt, la Tva, des marchandises par la monnaie électronique, tirer sa fiche de paie soi-même sur le web, des gestes qui vont de plus en plus rimer avec le quotidien des Béninois au terme du Recensement administratif initial à vocation d’identification de la population (Ravip).
Une révolution dénommée « dématérialisation » ou « e-Administration » est en marche au Bénin depuis un moment et ambitionne de sortir chaque jour davantage l’Administration des tracasseries sources de rackets ou des pots de vin.
Il s’agit d’un ensemble de technique qui suppriment l'utilisation du papier et par conséquent le contact physique du fonctionnaire au profit de l’électronique. Un contact qui souvent donne lieu à des pots de vin dans une administration où l’éthique semble de plus en plus déserter le forum.
Cette transition numérique de l’administration classique et rudimentaire à l’e-administration semble commencer par le processus du Recensement administrative initial à vocation d’identification de la population (Ravip) qui, à terme, aboutira à la distribution de carte d’identité numérique. Cette carte annoncée pour être une carte à plusieurs usages présage bien qu’elle ne présenterait pas seulement des puces d’identification mais éventuellement aussi des puces électroniques donnant accès à un nouveau monde numérique comme dans la plupart des pays qui se sont engagés dans la voie de la dématérialisation.
En Estonie, pays pionnier de la dématérialisation par exemple, cette pièce numérique fait partie de l’infrastructure à clé publique du pays et permet aux citoyens d’utiliser des services en ligne sécurisés. Un système sécurisé protégé facile à utiliser capable de s’ouvrir à l’aide de lecteur de carte incorporée dans la majorité des ordinateurs estoniens.
C’est pour dire que ceux qui manqueraient de se faire enrôler lors de l’opération du Ravip en cours vont se mordre les doigts. Ils risqueraient de se retrouver, dès la distribution de la carte d’identité numérique, en déphasage avec la révolution numérique en gestation.
Dès l’aboutissement de cette réforme, les tickets et les espèces ne seront plus nécessaires. Il suffirait d'approcher sa carte à puces du lecteur conçu à cet effet, pour accéder aux offres de service public. Cette carte qui regrouperait les fonctionnalités de nombreuses cartes sans puces réduirait non seulement le volume des portefeuilles mais aussi la pression de certains fonctionnaires d’exiger des pourboires pour rendre le service pour lequel ils sont déjà rémunérés.
Cette révolution vers laquelle le Bénin s’avance à petits pas, cache bien d’autres mutations, notamment l’avènement de la signature numérique dès le vote de la loi sur la dématérialisation. Cette technologie complémentaire inaugurera l’ère où les documents signés numériquement auront la même valeur juridique que ceux portant la signature manuscrite. Bientôt, au Bénin un moyen simple et sécurisé sera disponible pour valider en ligne des documents administratifs, des accords commerciaux, des virements bancaires et bien d’autres documents.
A terme, cette série de révolutions permettra au gouvernement de réduire de manière significative ses dépenses de fonctionnement, notamment les centaines de millions de charges englouties dans l’achat de papier. Mieux, elles vont favoriser le gain de temps et de revenu en supprimant les déplacements qu’engendre une apposition de signature physique d’un contrat.
Ces multiples gains (en numéraire et en temps) engageraient sûrement le Bénin à l’instar de l’Estonie dans la voie du développement durable.
Les lignes bougent
Beaucoup d’autres mutations numériques en cette révolution de la dématérialisation vont métamorphoser nos gestes, nos habitudes, nos mentalités les plus rétrogrades et faire de nous des hommes à la pointe des innovations technologiques. Il s’agit d’une série des promesses du président Patrice Talon à l’occasion de son discours sur l’Etat de la nation en décembre 2017.
L’année 2018 s’annonce comme celle de l’émergence des projets phares qui vont amorcer la métamorphose du Bénin, a-t-il promis. La preuve, en février 2018, deux mois après cette promesse, plus besoin de faire les rangs et perdre beaucoup du temps dans les banques pour avoir sa fiche paie. Il suffit de se connecter au site du trésor public, à savoir : www.bulletinpaie.tresorbenin.bj pour l’imprimer à loisir où l’on peut. Un pas significatif si l’on se rappelle le temps que gaspillaient les fonctionnaires pour retirer cette pièce.
De même, le lancement, le 14 décembre dernier du site web (www.bulletinpaie.tresorbenin.bj) et de deux autres plateformes, l’une relative au fonctionnement et réforme au Trésor public et l’autre, à la mise en production de star Uemoa, facilitent mieux que par le passé l’accès des Béninois aux offres de service public.
Le jeudi 8 mars 2018, à Cotonou, le ministre du Travail et de la Fonction publique, Mme Adidjatou Mathys, annonce une profonde métamorphose dans l’Administration. Selon cette mutation, la dématérialisation du processus d’avancement d’échelons des agents de l’Etat sera automatique et systématique, et se fera sans la demande de l’agent. A l’entendre, chaque agent peut, à partir de son poste de travail, suivre l’évolution de sa carrière et disposer d’actes y afférents sans avoir à se déplacer sur des kilomètres. Une révolution qui va engendrer une métamorphose des pratiques administratives peu orthodoxes.
Beaucoup de Béninois incrédules, se rappelant encore des tracasseries et pots de vin que l’aboutissement de ce processus d’avancement engendre dans les circuits administratifs et financiers, n’arrivent pas croire leurs oreilles, cette mutation en vue. Pour eux, l’effectivité de cette réforme va mettre fin à terme à leurs va-et-vient périodiques et souvent infructueux entre leurs services et le ministère du Travail et de la Fonction publique et le ministère des Finances.
A en croire Mme Adidjatou Mathys, cette réforme va réduire de façon significative les tracasseries que subissent les usagers des services et directions au cours de leur carrière administrative. Pour elle, la lenteur administrative et les méthodes et pratiques obsolètes sont en déphasage avec un environnement en pleine mutation et à la pointe des technologies de l’information et de la communication. D’après une de ses évaluations de la performance de l’administration publique, qu’elle a rapportée, le taux de satisfactions des usagers demeure bas en dépit des moyens (humains, matériels et financiers) déployés pour assouvir leur attente.
Cette révolution annonce une série d’autres : la dématérialisation du processus d’avancement de grade, et l’authentification de signature numérique et bien d’autres mutations (la dématérialisation fiscale, de la Tva, etc. Des mutations que saluent déjà beaucoup de fonctionnaires qui peinent malgré leur tâche à suivre leur carrière.
Transformation digitale
A en croire un haut fonctionnaire du ministère de l’Economie et des Finances, des choses formidables et structurantes pour le pays se réalisent par le régime de la « Rupture » sans bruit. Pour lui, le bien ne fait pas de bruit et le bruit ne fait pas de bien.
Pour le directeur de l’informatique et du pré-archivage du ministère des Finances et de l’économie, M. Alain Ahounou, le gouvernement est en train de mettre en œuvre le Programme de renforcement des structures centrales de gouvernance (Prscg), un programme à grand impact pour la transformation digitale de notre pays. Il s’agit de mettre en place un réseau national de l’administration (intranet gouvernemental) qui permettra le déploiement des services liés au numérique et de construire un Datacenter national à Calavi. Ce programme, a-t-il précisé, est d’un coût global de 12,1 millions d’euros dont 6,5 milliards de francs Cfa, don de la coopération allemande (Kfw) et 1,4 milliard de francs Cfa financé par le budget national.
M. Alain Ahounou salue l’avènement de la dématérialisation de l’ensemble des fiches de paie des fonctionnaires ainsi que le paiement des pensions de retraites supérieures à 50 000 francs Cfa par virement bancaire.
Pour faciliter la déclaration et le paiement des impôts par les contribuables, la direction générale des Impôts a également mis en place le Système intégré de gestion des taxes et assimilés (Sigtas). Ce nouveau système d’information, financé par le gouvernement canadien à travers le Projet d’appui à l’accélération des recettes intérieures du Bénin (Paarib), a été lancé, le jeudi 15 mars à Cotonou, par le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni. Avec ce nouveau système, il suffit d’un clic pour souscrire ses déclarations et payer ses impôts sans être astreint à se déplacer, a confié à nouveau, M. Alain Ahounou. Pour lui, le gouvernement communique modestement, c’est pourquoi, les gens pensent que rien ne se passe.
Toujours, selon la même source, la création de nouvelles entités comme l’Agence des services et systèmes d’information (Assi) et l’Agence du numérique (Adn) ainsi que l’élaboration d’un Schéma directeur national des systèmes d’information (Sdnsi) sont de nature à apporter de la cohérence dans le secteur et à booster la transformation digitale du pays. Il a en outre énuméré dans ce cadre la mise en place d’un serveur de certificats électroniques (PKI) à venir, le déploiement de la messagerie électronique et des outils de collaboration dans l’administration et de la délivrance électronique de visa (E-visa) déjà en cours de réalisation.
A l’en croire, la révolution numérique est bien en marche au Bénin, car la volonté politique est là au plus haut niveau et les briques structurantes sont en cours de construction, même si beaucoup reste à faire.
A l’allure des mutations, le Bénin franchira certainement l’étape de l’e-santé (ordonnance dématérialisée et retrait de médicaments à la pharmacie avec une carte d’identité électronique) et le vote via internet.
Le vote via Internet
Certains pays ont expérimenté le vote en ligne, mais seule l'Estonie l'a adopté de façon permanente. En effet, les Estoniens ont voté en ligne pour la première fois lors des élections locales de 2005, puis de nouveau lors des élections législatives de 2007. La réussite est au rendez-vous : les élections législatives de mars 2015 ont établi un nouveau record, avec plus de 175 000 électeurs ayant voté en ligne. C'est presqu'un tiers de l'ensemble des électeurs et une augmentation de 25 % par rapport aux précédentes élections législatives de 2011.
En dehors du fait que le vote est techniquement sécurisé, il respecte les mêmes principes que le vote traditionnel : une personne, une voix, toutes les voix sont égales et il est impossible de remonter la trace de la personne qui l'a exprimée. De plus, les électeurs ont une deuxième (et une troisième, et une quatrième) chance : si, pour quelque raison que ce soit, ils veulent modifier leur vote, ils peuvent le faire électroniquement ou se rendre à un bureau de vote. Seul le vote le plus récent est pris en compte.
L’e-administration ou la dématérialisation suppriment tous les agents intermédiaires qui, au lieu de faciliter l’accomplissement diligent des services publics, les font piétiner exprès pour exiger des pots de vin et gaspiller le précieux temps des usagers de l’administration. De plus-en-plus, le nombre de gestes, voire des agents de l’Etat qui ont joué le rôle d’intermédiaires entre l’offre d’un service et l’usager diminue.
Plus ce nombre de gestes est attribué à l’électronique, moins le fonctionnaire indélicat à la latitude de concevoir des manœuvres subreptices pour exiger des pourboires.
Ainsi, le gouvernement en lutte contre la corruption est en train de tarir toutes les opportunités de corruption qui freinent le développement de l’administration. L’argent sale, source d’inflation galopante qui sape et altère le fonctionnement de l’économie, circule de moins en moins. Plus de revenus fictifs. On se contente de ses revenus propres. Sans bruit, le gouvernement du régime de la « Rupture » est en train de vaincre un mal séculaire. Un exploit que n’ont pu réaliser les régimes précédents.
L'importance de l'éthique de l'Administration publique devient plus en plus une priorité pour le gouvernement. En effet, la préoccupation afférente à l'éthique dans la fonction publique est devenue une question de taille aussi bien dans les pays développés que ceux en voie de développement pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord, la réputation et le succès d'un gouvernement dépendent de la conduite des fonctionnaires publics et de ce que pense le public de la conduite des responsables?