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Nouvelles

Commerce et petites affaires au Bénin: L’hégémonie jaune à l’assaut des marchés

Cotonou à l’instar des grandes métropoles d’Afrique est gagnée par les produits chinois. De l’avenue Delorme aux grands quartiers et centres d’affaires, l’hégémonie de l’Empire du milieu a un visage : le commerce.

La foire organisée par le centre commercial chinois en octobre 2017 a une fois encore drainé du monde à Cotonou. Les populations que l’on croyait affectées par la morosité économique ne se sont guère privées de faire la queue devant les magasins de vente de produits chinois. Les commerçants locaux qui se plaignent de la mévente ont tôt montré leur engouement pour cette foire commerciale devenue une tradition. A la meute des clients traditionnels au nombre desquels se retrouvent de petits détaillants, les particuliers se sont bousculés pour s’approvisionner en produits de fabrication chinoise.

De la zone commerciale de Ganhi  à l’avenue Delorme, les commerces chinois ont le vent en poupe. Textile, ustensiles de cuisine, produits vestimentaires, jouets, motos…Tout y est pour satisfaire la petite bourse. « Les produits chinois sont assez prisés sur nos marchés. C’est d’ailleurs le regain d’intérêt pour ces produits qui justifie la multiplicité des magasins et boutiques dans nos villes », indique Yasmine Cataria, revendeuse de tissus. Dans le secteur textile les commerçants chinois semblent avoir trouvé la formule pour appâter la clientèle. Ils jouent sur la bourse des populations. A la place des tissus de prestige au coût onéreux, des copies aux motifs des pièces originales sont servies. Pour le client, la qualité du produit importe peu. L’idéal c’est de l’avoir à un coût bien abordable. 

La présence des opérateurs économiques chinois dans le commerce au Bénin est un fait et l’ouverture d’un centre commercial dédié à ces produits ainsi que l’organisation d’une foire commerciale chinoise depuis quelques années témoignent davantage de cette réalité. Selon l’Institut national de statistique et d’analyse économique (INSAE), les échanges totaux de la Chine vers le Bénin ont crû de 4,44% en 2000 à 12,26% en 2006. La Chine est devenue progressivement, au cours des dix dernières années, l’un des principaux partenaires commerciaux du Bénin. Concernant les importations en 2006, elle occupait la deuxième position. Si d’aucuns voient à travers cette présence le signe du bon état des relations entre le Bénin et la Chine, certaines voix admonestent ce qu’elles qualifient d’invasion du marché local.    

Offensive jaune

La présence chinoise au Bénin et en Afrique répond, selon Dr Bio Goura Soulé, économiste, à un besoin d’espace vital de la puissance asiatique. Elle tient, indique-t-il, à une sorte de continuation de l’économie de traite sous une autre forme. Les relations qu’entretient la Chine avec les pays du Sud se manifestent à travers des échanges de matières premières avec deux types de contrepartie que constituent les équipements sociaux et infrastructures ainsi qu’une sorte de caution pour l’expansion commerciale. En l’absence d’une zone de libre-échange susceptible de favoriser des échanges mutuels entre les deux pays, la Chine impose ces produits aux coûts défiant toute concurrence. Ceci « nous installe dans une situation de consommation permanente et ne promeut pas un développement endogène », à en croire l’économiste. L’intérêt par ailleurs des commerçants chinois à engranger des marges commerciales sur les trois secteurs de la distribution que sont le gros, le demi-gros et le détail contribue à « étouffer les petits commerçants détaillants ».

Il y a peu, des commerçants béninois ont protesté contre la concurrence déloyale des Chinois. Ces commerçants, revendeurs pour la plupart, avaient surtout dénoncé la violation de la réglementation de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA) en vigueur au Bénin.

Le Bénin n’est pas un cas isolé de l’offensive économique et commerciale chinoise. Partout en Afrique, l’hégémonie jaune étale ses tentacules et l’impuissance des pouvoirs publics à y faire face se justifie par cette coopération marquée par différents accords de prêts et autres faits d’arme. Les dons et autres largesses de l’Etat chinois ont toujours la cote auprès des autorités locales.

L’Etat béninois, seul appelé à faire respecter la législation en vigueur afin que le commerce soit structuré se retrouve dans un inconfort qui ne dit pas son nom.

Le Gouvernement peine à prendre ses responsabilités.

Quoique de nombreux commerçants nationaux aient aujourd’hui la facilité d’aller directement sur les marchés chinois s’approvisionner il n’en demeure pas moins qu’ils restent peu compétitifs face à leurs concurrents.

 

 

Economie 31 mars 2018


Agro-alimentaire : Du whisky béninois à base d’ananas bientôt sur le marché

Le Bénin à travers l’entreprise ‘’Les Jus Tillou’’ spécialisée dans l’exportation de jus d’ananas bio vers l’Europe mettra d’ici peu sur le marché des liqueurs, du whisky fabriqué à base d’ananas. Déjà présent sur le marché occidental avec des jus produits dans son usine ultra moderne installée à Allada, cette entreprise dirigée par Bertille Guèdègbé Marcos est en voie de sortir ses premières bouteilles de whisky. Si aucune date de leur mise sur le marché n’a été annoncée jusque-là il est loisible de préciser que tout l’équipement indispensable à la transformation des jus en alcool est fin prêt. Laboratoire et distillerie de pointe sont déjà installés et attendent d’être mis en service pour le bonheur des amateurs de whisky. Du whisky que les promoteurs veulent, distillé dans la pure tradition locale.  

Présidente de l’Association interprofessionnelle de l’Ananas, Bertille Guèdègbé Marcos s’est lancée, dans les années 2000, dans la filière ananas pour répondre à un défi des producteurs dont elle assurait la formation en tant qu’ingénieur agronome. Productrice et exportatrice de ce fruit, la directrice des entreprises « Les Fruits Tillou » et « Les Jus Tillou » produit  aujourd’hui 12.000 litres de jus bio par jour, vendus à travers des fûts aseptiques de 200 litres.

Depuis janvier 2017, cette entreprise a déjà pu exporter 30 à 35 containers de jus de fruits aseptiques vers l’Europe. La fabrication de whisky constitue un nouvel horizon qu'elle entend explorer pour le développement de ses activités.

Economie 31 mars 2018


Programme Assurance pour le renforcement du capital humain: Haro sur le traitement de la protection sociale
[caption id="attachment_28598" align="alignnone" width="1024"]Candide Ahouansou[/caption]

Que viennent chercher les assureurs privés dans un système d’assurance de masse organisé par l’Etat dans un but social ? Plutôt qu’à des compagnies d’assurances, nous pensons qu’il conviendrait de confier la gestion de notre protection sociale à un office béninois doté d’une personnalité morale et de l’autonomie financière. Aussi, ne sommes-nous pas dans la dynamique d’un système par étapes. Nous en avons une approche globale et égalitaire dès le départ. C’est nous tous en même temps ou rien... dans le cadre du programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch).

Nous avertissons d’entrée de jeu que le sujet est d’une grande importance parce qu’engageant notre bien-être physique et celle de nos descendants. ç’aurait été dans une démocratie avancée, il aurait probablement fait l’objet d’un référendum nonobstant les travaux d’une commission ad hoc ; nous sollicitons alors l’attention du lecteur. 

L’on se souvient qu’au cours de notre livraison de la semaine dernière portant sur le même sujet, nous assurions le lecteur de notre détermination à prendre attache avec les acteurs susceptibles de nous éclairer sur la manière dont est traitée la composante protection sociale du programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). C’est ce que, joignant le geste à la parole, nous avons fait en sollicitant formellement un rendez-vous auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, et en nous rendant dans son département. Nous savons gré au coordonnateur du projet et à la directrice adjointe du cabinet de leur courtoisie et de leur disponibilité à avoir échangé de bon aloi avec nous sur le sujet ; la chose n’était pas évidente. Dans un premier temps, nous exposerons les principes directeurs de notre approche du système d’assurance envisagé ; puis nous comparerons la stratégie du programme Arch avec celle que nous défendons depuis bien longtemps déjà.

L’esprit de solidarité nationale et d’entraide

Toute société comporte des décalages sociaux plus ou moins accentués et l’élément amortissant des différentes couches sociales, c’est la solidarité nationale. En système d’assurance, des citoyens seront malades plusieurs fois au cours d’une période déterminée ; d’autres ne le seront pas pendant longtemps. C’est les primes qu’auront payé ces derniers qui serviront à soigner ceux qui auront été malades plus fréquemment, et cela n’arrive pas qu’aux autres. A ce principe central de solidarité et d’entraide font pendant deux autres principes résiduels lorsque c’est l’Etat qui organise le système d’assurance : l’égalité de tous les citoyens devant la maladie et la proportionnalité des primes en droite corrélation avec la classe sociale de chaque citoyen.

L’égalité de traitement de tous devant la maladie

Lorsque, dans son rôle constitutionnel de protecteur de la famille, l’Etat organise un système d’assurance, il s’impose que la politique qu’il mènera pour ce faire, couvre l’intégralité des citoyens, de la même façon et sans discrimination aucune ; sans exclusion non plus. Une politique susceptible de soigner, en tout temps, le riche du paludisme comme le pauvre d’une rupture d’anévrisme. La maladie ne connaît ni riche ni pauvre ; elle frappe indistinctement.

La proportionnalité des primes

Les mieux payés des citoyens cotisent plus que les moins payés, mais en proportion égale par rapport à leurs salaires respectifs. C’est la quintessence même de la solidarité nationale qui régit tout système d’assurance et c’est pour garantir cette proportionnalité que, jusqu’alors les primes sont payées par prélèvement à la source, c’est-à-dire directement sur les salaires et sur la base d’un pourcentage uniforme.
Points de vue comparatifs : une différence de stratégie et ses conséquences
Si nous étions vraiment, le programme Arch et nous-mêmes, en symbiose sur ces principes, nous aurions abouti aux mêmes résultats. Or, apparemment ce n’est pas le cas sur bien des points ; et cela, en raison principalement du fait que les stratégies adoptées diffèrent. Arch aborde le projet dans une optique évolutive ; une élaboration par étapes en s’assurant préalablement de la disponibilité des ressources de l’Etat à chaque étape. De manière discursive, les responsables du projet estiment qu’ils ne pourront pas assurer tous les citoyens d’emblée ; aussi les catégorisent-ils et différencient-ils les soins auxquels ils sont éligibles. Arch discrimine ainsi méthodiquement devant la maladie. Non seulement il maintient le cliché des fonctionnaires du système en vigueur que l’Etat vise à dépasser, mais encore il y ajoute trois autres catégories de citoyens qu’il détermine par leur degré de pauvreté ; les ‘’pauvres extrêmes’’ totalisant 2 468 254 âmes, les ‘’pauvres non extrêmes’’ totalisant 1 895 810 âmes et les ‘’non pauvres’’. A tout ce monde catégorisé face à un principe structurellement égalitaire qu’est la solidarité nationale, socle de tout système d’assurance de masse organisée par un Etat, Arch réserve conséquemment des traitements différenciés. Les pauvres auront droit à des soins primaires ou de base.
Outre cette discrimination relative à la nature des soins à prodiguer aux assurés, consécutivement à sa classification sociale, Arch en rajoute quant à la forme de l’intervention de l’Etat qui ‘’ subventionne’’ d’un côté et ‘’souscrit’’ de l’autre. Il subventionne les primes d’assurance des pauvres extrêmes à 100 % et celles des pauvres non extrêmes à 40 %.Quant à ceux qui relevaient du vieux cliché, à savoir les fonctionnaires, les élus, les membres des institutions de la République et les retraités de la Fonction publique, il ‘’ souscrit’’ à leur assurance auprès des assureurs recrutés par appel d’offres. Arch justifie cela par leur expérience en la matière, que nous n’avons pas..
Outre la discrimination par voie de catégorisation, le projet Arch procède à des exclusions. Il exclut carrément de l’assurance maladie « les non pauvres du secteur informel qui doivent souscrire leur assurance maladie et celle de leur personnel auprès des compagnies de leur choix et payer les primes correspondantes ». Il exclut également « les populations du secteur informel et du milieu rural, des dispositifs formels de couverture sociale ».

Notre approche du système d’assurance

A l’inverse d’une approche évolutive du système, nous en avons une approche définitive. Nous estimons, en effet, que le projet envisagé se doit d’être une révolution dans une routine assassine de la population en cours depuis plus d’un demi-siècle. Avec ce projet nous passons d’une couverture sociale sélective qui écartait plus de 80 % de la population à une couverture de masse ayant pour vocation et seule raison d’être, d’assurer l’entièreté de la population sans discrimination ni exclusion aucune; les paramètres de la couverture sélective devront alors changer, c’est lapalissade dirait l’autre. Jusqu’alors la cible était les agents de l’Etat et l’outil, des primes prélevées à la source sur leurs salaires. Mais, dorénavant, l’Etat vise une politique de couverture de masse ; la cible ne sera donc plus la même, elle sera élargie ; aussi l’outil ne pourra-t-il plus rester en l’état face à une population à majorité sans fiche de paie ; il devra changer de forme coûte que coûte et s’adapter à la nouvelle cible nécessairement. Nous affirmons que tout le problème est là et nulle part ailleurs. Si donc nous lui trouvons, les préoccupations, notamment de ressources pour une couverture de masse uniforme s’éteindront ipso facto.

Appréciation critique des paramètres de la stratégie Arch

Eu égard à la vision que nous avons du système que l’Etat veut mettre en place, nous ne pouvons partager l’idée de stratification de la population alors qu’il s’agit d’une couverture de masse; elle est tout le contraire de ce que requiert la solidarité nationale. La disponibilité des ressources ne peut être prétexte à ce faire, car l’on devrait précisément en tenir compte pour déterminer les risques à couvrir de telle sorte qu’ils soient les mêmes pour l’ensemble de la population sans discrimination au lieu que de discriminer en prévision des ressources. Nous rejetons conséquemment cette idée surannée de soins primaires, de forte connotation coloniale au demeurant, réservés aux pauvres. En systématisant et en entretenant cette notion, dans notre système d’assurance, nous n’avançons pas ; nous régressons socialement. Et puis, sauf déficit d’information de notre part, aucune assurance en protection sociale, dans un pays moderne, ne fait de distinction entre pauvres et riches, et pour cause ; ce serait parfaitement illogique puisque toute assurance se fonde sur le principe de l’égalité et de l’entraide.
Nous n’admettons pas le principe des subventions et voici pourquoi. D’abord il participe, lui aussi, de la discrimination ; subventionner les uns et souscrire une police pour les autres, ce n’est pas équitable, ce n’est pas solidaire non plus. Subventionner implique budgétiser et nous ne voyons pas pourquoi encombrer inutilement le budget alors qu’il y a moyen de faire autrement. Au reste, l’expérience du Ramu devrait nous avoir édifiés. Qu’il nous souvienne que c’est depuis 2008 que le gouvernement avait décidé de créer le Ramu. Il a été mis en sommeil jusqu’en 2015 faute de pouvoir être budgétisé et quand on a voulu le réveiller tambour battant, ce fut avec un déficit initial énorme malgré le concours, déplacé à notre sens, de partenaires financiers étrangers. Nous avions dénoncé publiquement la chose, en son temps.
Nous ne comprenons pas le principe des exclusions dans un système d’assurance universel organisé par l’Etat dans son rôle social. Et pourquoi les non pauvres du secteur informel en seraient-ils exclus ? Et au nom de quoi Arch peut-il exclure le secteur informel et le milieu rural de l’assurance retraite ? Le laboureur ne peut-il aspirer au repos et ménager ses reins après avoir retourné la terre, des lustres durant pour nourrir, notamment les citadins ?
Exclure l’informel de la protection sociale, c’est fabriquer de toutes pièces une classe de miséreux à l’âge de la retraite alors qu’ils auront contribué au développement économique du pays. Pourquoi tant d’exclusions dans un système d’assurance de masse ?
Et Grand Dieu ! Que viennent donc chercher les assureurs privés dans un système d’assurance de masse organisé par l’Etat dans un but social ? Sommes-nous obligés d’injecter, de part en part, du privé dans tout projet ; même en matière de protection sociale ? Nous rejetons donc l’idée avec notre dernière énergie et n’avons pas besoin de faire, dans le cas d’espèce, un dessin pour nous faire entendre. Disons tout de même que l’argument de l’expérience ne tient pas la route. Il est, en effet, fallacieux de préjuger que nos cadres ne sauront pas gérer un système d’assurance maladie et retraite. Tout en m’excusant de parler de moi-même, j’ai été, jadis il est vrai, cadre assureur à la Garantie mutuelle des fonctionnaires rue de Prony à Paris et je puis assurer que cela n’a absolument rien de sorcier qui ne soit à la portée d’un bon gestionnaire béninois. Et puis, l’Etat a la possibilité d’envoyer des gestionnaires se spécialiser dans chacune des deux branches de protection sociale en France ou alors de faire venir deux coopérants pour encadrer nos gestionnaires au moment de la mise en place et du démarrage du système, sans préjudice du fait que nous ne sommes pas un désert de compétences. Je ne voudrais pas me faire des idées et penser que les véritables raisons de confier la gestion de notre système de protection sociale à des maisons d’assurances privées, se trouvent ailleurs. 

Notre stratégie, un outil à large rayon d’action

En tout état de cause, nous ne sommes pas dans la dynamique d’un système par étapes. Nous en avons une approche globale et égalitaire dès le départ. C’est nous tous en même temps ou rien, et nous avons trouvé les moyens à savoir une prime à rayon d’action le plus large possible. Nous rappelons une fois de plus que tout le problème est là. L’actuel prélèvement sur salaires par fiche de paie interposée ne répond plus à une couverture de masse que vise l’Etat. La cible passe d’environ 20 % à 100 % de la population et plus de 80 % de ces 100 % n’ont pas de fiche de paie. Il s’agira de trouver des ressources innovantes, à rayon d’action le plus large possible, qui se renouvellent sans cesse et qui ne sont pas liées aux vicissitudes du budget. C’est pourquoi nous proposons, depuis huit ans, et sans plus hésiter le moins du monde, une solution toute simple et, on ne peut plus démocratique : une taxe uniforme sur toutes boissons embouteillées. Tous, riches comme pauvres, nous buvons dès notre naissance jusqu’à notre mort. Supposons que l’on mette 10 francs sur chaque bouteille consommée, le pauvre qui en prendra une seule mettra dix francs dans la caisse ; le riche qui en prendra 20 y mettra 200 francs en relation directe avec son pouvoir d’achat et sa situation sociale. En ce qui concerne le plus pauvre qui pourrait ne pas en prendre du tout, le riche et le moins pauvre que lui, auront cotisé pour lui. Au total et discursivement, ils bénéficieront de la même qualité de soins. C’est cela le principe de toute assurance. Ce procédé n’exclura personne ni de l’assurance maladie ni de l’assurance retraite surtout pas les travailleurs de l’informel et du monde rural. C’est, à n’en pas douter, la nature de la prime qui convient au système d’assurance universelle que l’Etat veut mettre en place dans un contexte et un environnement sociologique où le travail salarié ne peut en être le fondement.
Il est vrai que cette prime bien qu’à grand rayon d’action ne peut être une panacée à tous les risques maladie. Les médecins et les actuaires devront faire un travail professionnel et tout à fait crédible pour déterminer ce qu’elle peut couvrir et dans quelles proportions. Il reviendra aux actuaires de faire tous les calculs qui aboutiront à la fixation du montant de la taxe en établissant les bons ratios, notamment entre le délai de récupération, c’est-à-dire la durée des cotisations versées et l’espérance de vie. Et que l’on ne vienne surtout pas nous dire que le Béninois n’acceptera pas que l’on mette une petite taxe sur sa bouteille de bière qui lui permettra de se soigner à bon compte et de donner congé à houe et daba quand il ne pourra plus se courber sur sa parcelle ; ce n’est pas vrai. C’est juste une affaire d’explication et de sensibilisation ; nous en avons la certitude pour avoir eu l’occasion d’en discuter avec nombre de ruraux dans le cadre de la campagne électorale.

L’organe gestionnaire

Plutôt qu’à des compagnies d’assurances, nous pensons qu’il conviendrait de confier la gestion de notre protection sociale à un office béninois doté d’une personnalité morale et de l’autonomie financière, exerçant sous le contrôle technique permanent des services étatiques compétents et d’audits externes périodiques ainsi que sous le regard vigilant et permanent de la chambre des comptes de la Cour d’appel. Nous avons déjà exposé dans nos précédentes livraisons comment cet office devra fonctionner et comment il ne pourra jamais, mais au grand jamais, se retrouver en état de cessation de paiement avec un capital cumulatif et renouvelable indéfiniment. Et aussi comment il pourra contribuer au développement économique du pays en y investissant des fonds que les maisons d’assurances privées iront placer ailleurs ?
*Ambassadeur

Société 30 mars 2018


Tourisme: Nécessité de valoriser le parcours de la résistance de Bio Guerra
[caption id="attachment_28597" align="alignnone" width="1024"]Les vestiges de la case de Bio Guerra à Gbêkou[/caption]

 

Déjà plus de 100 ans que disparaissait le héros national Bio Guerra. Pour le développement de la commune de Bembèrèkè et du Bénin, les différentes étapes ayant marqué sa résistance contre la puissance colonisatrice méritent d’être valorisées en circuit touristique.

Des devises provenant du tourisme, Bembèrèkè en a bien besoin pour son développement. Malheureusement, le secteur reste encore sous-exploité au niveau de la commune qui, pour avoir été le théâtre de la résistance de Bio Guerra contre l’occupant français et son armée, regorge de nombreux sites et curiosités. Autant de vestiges laissés par l’histoire.

En premier lieu, il y a le champ de bataille de Gbêkou, un village de Gamia et dont Bio Guerra était le chef. Les ruines de sa case y sont toujours visibles. Destitué de la tête de ce village par le colonisateur, en septembre 1915, Bio Guerra n’a pas voulu réagir aussitôt contre l’affront qui lui a été fait. Il a préféré prendre son mal en patience. C’est un an plus tard, que profitant de la présence du commandant Ferius dans le village, qu’il va déclencher les hostilités. Pour s’en sortir, rapporte le petit-fils de son griot, Mama Bio Kana, le chef militaire français a dû prendre ses jambes à son coup. Il a passé la nuit dans la brousse, avant de rejoindre Bembéréké, le lendemain.

Des potentialités non-exploitées

Après la localité de Wanrarou et la rencontre qu’elle a abritée, comment passer sous silence l’étape de Bembèrèkè et de son champ de bataille. Très stratège, explique Mama Bio Kana, Bio Guerra priva d’eau l’ennemi, en s’arrangeant pour occuper la partie du village où se trouvait la rivière. S’étant retrouvés à court de munitions et de vivres, Ferius et ses hommes ont dû se réfugier dans leur campement. Ils ont été assiégés du 12 au 29 octobre 1916, jusqu’à l’arrivée des renforts de Parakou.
En réalité, cette bataille a eu lieu dans un périmètre défini entre Bembèrèkè, Sinendé, N’Dali et la localité de Bouayoù, les troupes françaises basées dans le bas Niger appelées en renfort, ont été bloquées par les hommes de Bio Guerra. A N’Dali, c’est à plusieurs reprises qu’ils ont intercepté la légion de Parakou. C’est le 26 octobre 1916 que cette dernière finira par rallier Bembèrèkè, inversant alors les rapports de forces sur le terrain. « Pour surprendre Bio Guerra par derrière,elle a dû contourner par Sinendé », informe Mama Bio Kana. Les combats reprirent de plus belle, devenant plus âpres. En témoignent les empreintes indélébiles des sabots du cheval blanc de Bio Guerra sur les montagnes de Bembèrèkè.
En effet, assailli par les troupes ennemies mieux armées, Bio Guerra et son cheval ont mystérieusement disparu du haut de ces montagnes, en plein combat. L’endroit est actuellement occupé par la forêt sacrée de Doumagnonrou qui signifie en baatonu, « le lieu où le cheval a bondi ». Située au cœur de la forêt classée de Ouénou-Bénou, elle couvrait une superficie de 76 a 32 ca jusqu’en 2012. Contrairement aux autres forêts sacrées, elle ne sert pas d’abri à des fétiches. Le cheval de Bio Guerra y a tout simplement pris son envol, pour atterrir sur un baobab à Baoura qui porte également les empreintes de ses sabots.
Selon les propos de Mama Bio Kana, c’est au cours des affrontements qui ont à nouveau éclaté à Baoura le dimanche 17 septembre 1916, que Bio Guerra a perdu son ami sincère, Sanni Guiso. Très affecté, poursuit-il, il retira son gilet pare-balles, ses amulettes et bracelets de protection, avant de les confier à son fils aîné, Soro Komandi. Ses hommes n’avançant plus face à l’inégalité des forces, Mama Bio Kana a laissé entendre qu’il sortit de sa cachette, pour s’adosser à un arbre. Si l’ennemi a réussi à le localiser, regrette le petit-fils de son griot, c’est parce qu’il a été trahi par un Peul. Il succomba le 16 décembre 1916, sous les balles de l’ennemi sur le champ de bataille à Baoura et y a été enterré. D’où « Bio Guerra Baoura Kounon », pour indiquer le lieu où il s’est endormi. Jusqu’à une époque récente, a rappelé Mama Bio Kana, les Peuls évitaient de se hasarder dans les lieux. Pour honorer sa mémoire, l’armée y a érigé un mausolée dans lequel sont exposées ses munitions de guerre, ainsi que sa lance et son poignard resté vénémeux.
Par ailleurs, toutes les tentatives menées pour construire la tombe en béton ont été vaines. Elle est donc restée en terre battue jusqu'à présent.
Autant de potentialités donc à découvrir, sans oublier la visite des tombes des colons français et du village de Gbêkou avec les vestiges de la case de Bio Guerra à la porte ouverte du côté du coucher du soleil. Un tour au village Guerra N’Kali qu’il a rejoint entretemps, ne serait pas inutile. Au regard de leurs intérêts historiques et touristiques, ces potentialités méritent d’être réhabilitées.
Il s’agit de les valoriser en tant que circuit touristique. Ce serait l’occasion pour faire la promotion de la destination Bembèrèkè et de son riche patrimoine. Le nouveau maire de la commune, Salihou Mifoutaou Sambo, et les membres de son conseil en sont préoccupés. Ils sont convaincus que Bembèrèkè gagnerait beaucoup à faire revivre l’histoire de Bio Guerra.
A la recherche des ressources complémentaires pour le développement de la commune, l’aménagement de ses sites lui tient beaucoup à cœur. Ils font partie, selon lui, des richesses jusque-là inexploitées dont elle regorge.

Culture 30 mars 2018


Appui au Centre d’accueil des malades mentaux de Tokan: Afaseem fait don de vivres et lance des travaux d’électrification
[caption id="attachment_28596" align="alignnone" width="1024"]Afaseem fait don de vivres et lance des travaux d’électrification[/caption]

L’Association des femmes agents des secteurs de l’énergie, de l’eau et des mines (Afaseem) a fait don de vivres et procédé au lancement des travaux d’électrification avec l’énergie solaire et de pompage d’eau au Centre d’accueil des malades mentaux de l’Association Saint Camille de Lellis de Tokan. Le démarrage de ce projet d’un coût total de 20 millions F Cfa s’inscrit dans le cadre de la célébration en différé de la Journée internationale de la femme édition 2018 par l’amicale.

Dans un mois, le Centre d’accueil des malades mentaux de l’Association Saint Camille de Lellis de Tokan dans la commune d’Abomey-Calavi sera autonome en matière d’accès à l’énergie et à l’eau potable, pour le bonheur de ses 191 pensionnaires. Les travaux d’électrification de ce centre, créé en 2016 par Grégoire Ahogbonon à partir de l’énergie solaire et la mise en place d’une source autonome d’énergie pour le pompage d’eau ont été lancés hier par le directeur de cabinet du ministre de l’Energie, Armand Dakèhoun. Le lancement desdits travaux est l’œuvre de l’Association des femmes agents des secteurs de l’énergie, de l’eau et des mines (Afaseem) soutenue par les ministres sectoriels.

En effet, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme 2018, l’amicale a choisi de mener des actions sociales en lieu et place de festivités pompeuses dans des salles de fêtes ou sous des bâches.
Selon la présidente de l’Afaseem, Anne-Marie Bonou-Gnacadja, l’idée de venir en aide au Centre d’accueil des malades mentaux de l’Association de Lellis de Tokan est partie d’une émission de radio Immaculée Conception appelée « Vous m’avez visité ». Au cours de cette émission, explique-t-elle, il a été dit que ce centre a des difficultés pour payer des factures d’électricité et d’eau. Pour la présidente de l’Afaseem, les autorités, à divers niveaux des ministères en charge de l’énergie, de l’eau et des mines n’ont pas hésité à les écouter quand la situation du centre leur a été présentée. C’est pourquoi, à travers l’Agence béninoise d’électrification rurale et de la maîtrise d’énergie (Aberme), il a été mis à la disposition de l’amicale des équipements nécessaires pour l’éclairage du centre et la mise en place d’une source autonome d’énergie pour le pompage de l’eau.
Pour le directeur général de l’Aberme, Francis Tchèkpo, cette action de son agence a pour objectif de supporter les factures d’électricité et d’eau des malades mentaux. Elle porte sur deux volets : le premier sur l’installation de 22 panneaux, d’un pack de bactéries, d’un régulateur et d’un congélateur ; le deuxième volet est orienté vers l’autonomisation en eau. A cet effet, le château d’eau qui fonctionnait avec le courant électrique, désormais fonctionnera avec l’énergie solaire pour le pompage d’eau.
En lançant les travaux, le directeur de cabinet du ministre de l’Energie, Armand Dakèhoun, a rappelé les projets d’électrification de son ministère envisagés sur tout le territoire national, en soulignant que la commune d’Abomey-Calavi n’est pas en marge de ces projets. Au-delà de ces équipements pour l’éclairage du centre de Tokan, l’Afaseem a fait don de vivres, composés de sacs de riz, de maïs, de bidons d’huile, aux malades mentaux.
Ces équipements et vivres ont été reçus avec joie par le directeur Ernest Houlènou, et les pensionnaires du centre qui ont exprimé leur gratitude à l’Afaseem et ses partenaires.

Société 30 mars 2018


Lutte contre l’insécurité: Deux présumés cybercriminels appréhendés à Grand-Popo
[caption id="attachment_28594" align="alignnone" width="1024"]Deux présumés cybercriminels appréhendés à Grand-Popo[/caption]

Deux jeunes présumés cybercriminels sont arrêtés, ce jeudi 29 mars à Grand-Popo, par la Police républicaine. Pris avec des ordinateurs portatifs et d’autres outils de connexion Internet, ces jeunes qui vivaient retranchés, seraient passés aux aveux en indiquant le modus operandi de leur arnaque.

Ils seront présentés ce jour, vendredi 30 mars, au procureur général près le tribunal de première instance de deuxième classe de Ouidah pour répondre des actes qui leur sont reprochés.

Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo

Société 30 mars 2018


Autonomisation de la femme: Un impératif pour l’équilibre de la société
[caption id="attachment_28592" align="alignnone" width="1024"]Discours DE-CDEL[/caption]

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme, édition 2018, le Centre de développement économique local (Cdel) a organisé, ce jeudi 29 mars, en collaboration avec les membres des associations d’artisans en particulier de femmes, une séance de réflexion sur le thème « Autonomisation économique de la femme : Un pas décisif pour son affirmation dans la société ».

L’épanouissement et l’affirmation de la femme dans la société ne peuvent être une réalité qu’à travers son autonomisation économique. C’est pourquoi, au nombre des activités qu’il mène le Centre de développement économique local (Cdel) appuie les groupements de femmes dans leurs activités génératrices de revenus. Unis par ce même dessein, le Cdel et ces associations d’artisans en particulier de femmes, ont célébré, hier à Cotonou, avec faste la Journée internationale de la femme à travers une réflexion sur le thème « Autonomisation économique de la femme : Un pas décisif pour son affirmation dans la société ».
Ce thème, selon la directrice exécutive du Cdel, Aline A. Adjibi Dato, fait un lien avec la mission de sa structure et les objectifs fixés par les groupements de femmes. Elle s’est réjouie de l’implication effective des groupements de femmes qui ont compris l’enjeu. Car, souligne-t-elle, le rôle des Ong n’est pas de remplacer les femmes dans l’amélioration de leurs conditions de vie. « Il s’agit, pour nous, de mettre l’accent sur l’utilité de ce qu’elles font », précise-t-elle. Autrement dit, le Cdel s’active à renforcer les capacités des femmes sur le plan technique de leurs activités professionnelles, sur le plan de la vie associative qui doit régner, les conditions dans lesquelles elles doivent travailler ensemble et surtout pour développer leurs compétences pour que leurs entreprises puissent se développer et prospérer. En retour, pour qu’elles puissent avoir plus de moyens économiques pour prendre en charge leurs familles et contribuer à la vie de la société à travers : la prise de la parole, la prise des positions et être à l’aise. Surtout que la position ou la place qu’on accorde à une femme dépend de ses capacités économiques et financières et de ses compétences.
Toutefois, nuance-t-elle, l’autonomisation ou l’épanouissement de la femme ne peut se passer sans le soutien de l’homme.
Ce qu’explique la conférencière, Honorine Chankouin qui a insisté que le but de cette réflexion est, d’une part, d’assurer le suivi progressif de l’amélioration de la condition de la femme et d’autre part, de sensibiliser l’opinion publique à la mise en œuvre d’action concrète. « Le soutien de l’homme est incontournable », a martelé Aline A. Adjibi Dato. Cette dernière clarifie que l’autonomisation de la femme n’équivaut nullement à une richesse quelconque de la femme. Elle ajoute que l’épanouissement de la femme consiste à avoir sa place et à être à l’aise dans la société. Il lui faut expliquer à son homme les atouts de ses actions pour la famille qu’elle constitue. Cet épanouissement est donc au prix d’une confiance mutuelle entre l’homme, la femme et ses enfants.
Le représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), Armel Hervé Djengué, renchérit en insistant sur la nécessité du dialogue et le partage au sein du foyer. Aussi est-il important que chacun cultive la confiance en soi, ajoute-t-il.

Société 30 mars 2018


Amélioration du cadre de vie: Les acteurs du projet Asphaltage se concertent
[caption id="attachment_28591" align="alignnone" width="1024"]Les maires[/caption]

Le ministère du Cadre de vie et du Développement durable et l’Agence du cadre de vie et du développement du territoire ont tenu, jeudi 29 mars à Cotonou, une séance avec les parties prenantes concernées par le projet Asphaltage. La rencontre a tourné autour de l’essentiel des détails à fournir pour passer à la phase de concrétisation de cet important projet de modernisation des villes.

Annoncé pour démarrer au plus tard le deuxième trimestre de cette année, le projet « Asphaltage », aménagement et assainissement des voiries urbaines, entre bientôt dans sa phase active. Ce projet cher au président de la République a fait l’objet d’une concertation, ce jeudi 29 mars à Cotonou, organisée sous la houlette du ministère du Cadre de vie et du Développement durable et de l’Agence du cadre de vie et du développement du territoire.
Face aux préfets, maires, cadres des mairies et des structures concernées par la mise en œuvre de ce projet, le ministre du Cadre de vie, José Didier Tonato, a rappelé l’importance de la rencontre qui permet, selon lui, de faire un bilan du processus devant conduire à la réalisation des travaux. Il est également revenu sur l’ossature du projet, soutenant qu’il s’agit du respect d’un engagement pris par le chef de l’Etat, relativement à l’amélioration du cadre de vie et à l’assainissement de neuf villes du Bénin. Un engagement qui rejoint l’Objectif de développement durable (Odd 11) et qui se trouve bien logé dans le Programme d’action du gouvernement.
Abomey, Abomey-Calavi, Bohicon, Cotonou, Lokossa, Natitingou, Parakou, Porto-Novo et Sèmè-Podji sont les villes bénéficiaires du projet Asphaltage qui couvre 660 kilomètres environ de voirie pour un coût estimatif de 949 milliards F Cfa.
Les travaux préliminaires suivent leurs cours depuis huit mois et la phase cruciale est désormais amorcée, soulignera de son côté, Olga Prince-Dagnon, directrice générale par intérim de l’Agence du cadre de vie et du développement du territoire. L’ambition de ce projet, c’est de faire en cinq ans, les villes de 10 % de réseau revêtu à 30 %. Le projet comprend trois phases et s’étend sur 106 kilomètres de voies primaires, 400 kilomètres de voies secondaires et 154 kilomètres de voies tertiaires. Il constitue une « réponse à l’épineux problème de la faiblesse de l’investissement public urbain et permettra de recréer une dynamique de développement urbain au plan local avec des répercussions positives sur les relations villes-hinterland ».
Visiblement, tout est fin prêt pour passer à la concrétisation de ce projet dont les phases préliminaires avancent à pas de géant. Toutes choses qui reçoivent l’adhésion des maires et représentants des cités bénéficiaires. Mais ceux-ci ont tenu tout de même à signaler quelques préoccupations en lien avec leur profil d’élus à la base et d’acteurs politiques. Entre autres, le ministre du Cadre de vie, José Didier Tonato, rassure que les premiers coups de pioche sont prévus pour cette année.

Société 30 mars 2018


Utilisation des pesticides et fertilisants chimiques de synthèse: Les écosystèmes terrestres et aquatiques en péril
[caption id="attachment_28590" align="alignnone" width="1024"]Les écosystèmes terrestres et aquatiques en péril[/caption]

Jinukun, Réseau national pour une gestion durable des ressources génétiques au Bénin, point focal de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique (Copagen), a organisé, ce jeudi 29 mars, une conférence publique à Cotonou. Elle a été co-animée par Dr Yves Aliou et Jairo Restrepo Pivera, agro-écologiste colombien et a porté sur les effets des pesticides et des fertilisants chimiques sur les écosystèmes terrestres et aquatiques.

« Les effets des pesticides et des fertilisants chimiques de synthèse sur les écosystèmes terrestres et aquatiques ». C’est le thème qui était au menu de la conférence publique à laquelle étaient conviés les participants au cours régional Afrique francophone du réseau Jinukun commencé lundi 29 mars dernier, et la presse.
Sur la base de la projection d’un téléfilm, le communicateur Dr Yves Aliou a exposé les impacts de l’utilisation des pesticides et fertilisants sur l’environnement et la santé. On en déduit que l’usage de ces substances provoque un cocktail chimique qui nuit aussi bien aux hommes qu’aux animaux. La problématique que posent les fongicides, herbicides et insecticides, est importante à cerner, admet Dr Yves Aliou. Pour lui, les pesticides sont devenus essentiels dans le monde mais ils renferment beaucoup de principes actifs qui ne procurent pas du bien. La question, déclare-t-il, porte sur l’effet de ces substances chimiques sur l’environnement et sur la santé.
A l’occasion, il montre à l’assistance des photos qui illustrent les dégâts qu’occasionnent les pesticides sur les cultures de coton et de riz. La culture du coton dans les pays d’Afrique subsaharienne requiert une utilisation massive des insecticides et autres substances, explique-t-il. Cet état de choses a des effets que l’on ne saurait
apprécier. Il a mis l’accent sur l’eau contaminée qui draine des éléments nuisibles à la santé. L’eau étant d’usage universel et vital, on imagine les conséquences que cela a sur l’environnement (les cultures) et sur la santé.
Au Bénin, une étude a montré que 40 espèces aquatiques ont disparu des eaux du fait de l’usage des pesticides.
Les grenouilles qui vivent dans un environnement pareil changent de sexe, informe-t-il. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (oms), rapporte-t-il, 3 millions de personnes sont affectées dans le monde et 200 000 y perdent la vie.
En France, poursuit-il, des malformations fœtales, des retards de croissance et d’autres conséquences sont imputables aux substances incriminées.
A sa suite, Jairo Restrepo Pivera, agro-écologiste, a également expliqué les conséquences liées à l’usage des pesticides sur l’homme et sur les espèces animales. Au Brésil, cela cause la mort de 6000 personnes par an.
Par ailleurs, il note que les résidus de pesticides déversés dans la mer nuisent aux poissons et aux hommes qui les consomment.
Faisant le point, le superviseur général du cours régional qui a assisté à la conférence, le professeur Karim Dramane, a expliqué que l’homme s’empoisonne de deux manières. D’une part, en consommant les plantes (écosystème terrestre), et d’autre part, en consommant les poissons et les crevettes (écosystème aquatique) qui ont subi les nuisances des substances par épandage ou arrosage. Il importe de veiller à en utiliser le moins possible pour préserver la santé des hommes et l’environnement.

Environnement 30 mars 2018


Positionnement des femmes dans les partis politiques: Les consortiums Wanep-Rifonga et Baani veillent au grain
[caption id="attachment_28589" align="alignnone" width="1024"]Les consortiums Wanep-Rifonga et Baani veillent au grain[/caption]

Les consortiums Wanep-Rifonga et Baani ont organisé, ce jeudi 29 mars à Cotonou, un forum d’échanges entre partis politiques et jeunes femmes leaders politiques. L’initiative est soutenue par la Coopération suisse au Bénin avec l’appui technique de Care Bénin/Togo et a pour thème « La situation des femmes et la stratégie de positionnement dans les partis politiques ».

Les consortiums Rifonga-Wanep et Baani placent le rôle et la place de la femme en politique au cœur de leurs actions. Ils l’ont justifié à travers un forum dédié aux jeunes femmes leaders politiques en vue de leur meilleur positionnement dans les partis politiques au Bénin. La rencontre a mobilisé environ trois cents jeunes bénéficiaires de la quatrième phase du Programme de renforcement des capacités d’actions des femmes (Récafem), afin de les aider à être aptes au militantisme politique.
Le forum devrait « permettre aux bénéficiaires d’apprendre davantage sur les différents partis politiques, leur fonctionnement, leurs efforts de promotion des femmes », explique la chef de file du consortium Wanep-Rifonga Bénin, Léontine Konou Idohou. L’objectif est de les aider à faire le choix du parti au sein duquel elles voudraient faire valoir leurs compétences et atouts.
A l’heure où la problématique du genre est devenue un enjeu international, ce forum trouve son sens dans les défis qui attendent le Bénin. Là-dessus, elle rappelle les taux peu glorieux de la participation des femmes aux instances décisionnelles en dépit des efforts du pays pour renverser la tendance. Elle s’attarde sur les statistiques peu reluisantes des femmes dans les différentes sphères décisionnelles et dans l’Administration publique. C’est le sens de ce forum qui vise à contribuer à corriger le faible effectif des femmes dans les domaines politique, socioéconomique, culturel et juridique.
C’est à cet effort qu’invite la directrice résidente de la Coopération suisse, Valérie Liechti, pour qui, la réalisation de l’équité et de l’égalité hommes-femmes est un enjeu pour tous les pays qui aspirent au développement. « Le renforcement du leadership féminin et une meilleure implication de la moitié de la population dans la prise de décision et la gestion est l’une des clés fondamentales pour un développement économique et social durable et équitable », soutient-elle.
La finalité de ce processus est de les voir bien positionnées sur les listes électorales et d’être élues. D’où le cri de cœur des bénéficiaires du Récafem 4 qui plaident pour un meilleur positionnement sur les listes pour les législatives de 2019 et les locales de 2020 ; pour élever la barre des femmes élues locales à 30% pour les prochaines élections; en faveur de la nomination d’au moins 30% de femmes au gouvernement au prochain remaniement et du vote de la loi sur les quotas électifs.
D’ores et déjà, les bénéficiaires du Récafem 4 piaffent d’impatience pour démontrer leurs atouts. « Nous frémissons d’impatience de prendre notre part du labeur national. Nous nous sommes déjà préparées en réussissant, grâce au programme Récafem 4, à nous rallier des partisans de toute force », laisse entendre leur porte-parole.
Et à la directrice en charge des Affaires sociales, du ministère de la Microfinance et des Affaires sociales, Baboni Yacoubou Mèmouna Sinimbou, d’exhorter les politiciens en ces termes : « Si vous osez mettre davantage de femmes en politique, l’histoire retiendra vos noms ». Aux politiciens donc de jouer !

Société 30 mars 2018


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