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Gilles Bognon : Le cancer est une maladie chronique qui se manifeste par le fait que certaines cellules de l’organisme qui dépendent d’un organe quelconque se mettent à se multiplier de manière anarchique. Par exemple, les cellules constituant l’os du tibia peuvent se mettre à se multiplier. Il y aura une augmentation de volume au niveau de la partie où la multiplication a commencé. C’est pareil pour l’œil. La rétine étant dans l’œil, il y aura une augmentation du volume de la rétine, ce qui peut provoquer la destruction de l’œil.
On peut classer en deux grands ensembles les cancers les plus fréquents chez l’enfant: les cancers hémopathies malignes (développés aux dépens d’une cellule du sang). Ils sont représentés par les leucémies et les lymphomes. Et les autres cancers appelés les tumeurs solides. Quand ça se développe chez l’enfant au niveau de la rétine, on l’appelle rétinoblastome. Au niveau du foie, on parlera d’hépatoblastome, de l’ostéo-sacome au niveau de l’os et au niveau du rein, néphroblastome. Lorsqu’on constate une augmentation du volume d’une cellule à un endroit quelconque, on doit suspecter le cancer.
Certains parents assimilent la maladie à des causes spirituelles. Ils vont faire des traitements chez les tradi-thérapeutes dans des centres non-adéquats. D’autres sont limités par les moyens au point où ils se rétractent après le diagnostic. Ces pratiques retardent le diagnostic précoce alors que notre objectif est de tout faire pour que le cancer soit détecté précocement.
Le diagnostic n’est pas toujours fait facilement chez nous parce qu’avant de venir vers nous, les parents prennent par plusieurs centres de santé avec les enfants, épuisent leurs ressources et lorsqu’il s’agit de démarrer le traitement, ils n’ont plus de moyens. C’est pour cette raison que nous faisons des efforts en faveur du diagnostic précoce.
Dénombre-t-on les mêmes types de cancer aussi bien chez les adultes que chez les enfants ?
Les cancers les plus fréquents chez l’enfant sont les rétinoblastomes, les ostéoblastomes, les nymphrosblastomes, chez les sujets jeunes jusqu’à 5 ans. Les enfants plus grands développent également le cancer.
Les cancers de l’enfant sont classés en deux grands groupes: les hémopathies malignes et les tumeurs solides. Les moyens diagnostiques diffèrent selon le groupe auquel appartient le cancer et le diagnostic initial tient compte d’emblée de l’extension de la tumeur.
Le diagnostic des hémopathies malignes (leucémies et lymphomes) se base sur les arguments cliniques mais surtout sur divers examens biologiques à savoir la numération de la formule sanguine, le myélogramme (avec étude morphologique et cytochimique), l’immuno-phénotypage, la cytogénétique, la biologie moléculaire, la biopsie ostéo-medullaire, la biopsie ganglionnaire (avec étude cytopathologique ou histopathologique). Dans le but du diagnostic d’extension, l’imagerie est utile (radiographie standard, échographie, scanner, Irm).
Le diagnostic des tumeurs solides fréquentes se base sur l’imagerie, les examens anatomopathologiques et la plupart des examens biologiques cités plus haut.
Le niveau socioéconomique de la population ne permet pas de prendre en charge le bilan diagnostic et plus de 80 % des enfants sont vus tardivement, à un stade de complications. Ce constat a motivé une sensibilisation sur le diagnostic précoce et la sollicitation des organismes caritatifs pour un soutien au diagnostic.
Quelles sont les causes de cette maladie chez l’enfant ?
Des agents infectieux peuvent être à l’origine des cancers. Des causes ont été évoquées pour expliquer la survenue des cancers sans toutefois être confirmées partout. Certains virus peuvent être à l’origine des lymphomes comme celui de l’hépatite ou du Vih. Celui de l’hépatite B peut être à l’origine du cancer du foie. Un enfant malnutri qui a son foie totalement atteint peut développer un cancer.
De la même manière, l’exposition à certains facteurs cancérigènes tels que les hydrocarbures peuvent en être également la cause. Il n’est pas rare d’observer chez nous des mères qui se livrent à la vente de l’essence frelatée avec des nourrissons au dos. Ces bébés inhalent malheureusement l’odeur de l’essence pendant trois, quatre ou cinq ans selon les cas avant de commencer l’école. Ce sont des facteurs qui aggravent le cancer.
Santé
26 févr. 2021