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Nouvelles

Grève dans l'Enseignement maternel et primaire: La motion de suspension de l’Imp n’a pas pris
[caption id="attachment_28454" align="alignnone" width="1024"]Ecoles fermées[/caption]

 

Toutes les écoles sont restées fermées à Cotonou, notamment dans les onzième et douzième arrondissements, ce mardi 20 mars, alors que l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) a signé, la veille, une motion de suspension de la grève lancée depuis le 23 janvier dernier.

L’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) a suspendu, dans la soirée du lundi 19 mars dernier, son mouvement de grève déclenché depuis le 23 janvier. L’effet immédiat de reprise de classes attendu dans les établissements publics d’enseignement maternel et primaire n’est pas effectif sur le terrain.
Dans les écoles primaires publiques parcourues, dans la matinée de ce mardi, à savoir Les Cocotiers, Gbégamey II, Vodjè, Vodjè Kpota, Houéyiho, et les complexes scolaires Cadjèhoun, Gbégamey Nord, etc., le constat est identique. Les salles de classe sont restées fermées. Les apprenants et les enseignants sont aussi absents. Seuls quelques directeurs sont à leurs postes pour assurer leurs fonctions d’administratifs, disent-ils.
De même, seuls les enseignants stagiaires et communautaires sont présents à leurs postes. Ils dispensent normalement les cours. Les autres catégories d’enseignants continuent d’observer le mouvement de grève, quand bien même l’Imp a sensibilisé ses affiliés pour la reprise.
Un enseignant non en situation de classe, croisé au complexe scolaire de Cadjèhoun, parle d’un « non-événement » au sujet de la motion de suspension de la grève signée par l’Imp. Dans d’autres écoles à l’instar du complexe scolaire Gbégamey Nord, ni enseignants, ni directeurs n’étaient perceptibles au passage de notre équipe de reportage, autour de 10 h 30, ce mardi matin. Les apprenants étaient abandonnés, s’amusant. Dans certains établissements, les candidats au Certificat d’études primaires (Cep) sont aussi abandonnés, alors que dans d’autres certains enseignants font le sacrifice de leur dispenser les cours portes et fenêtres closes.
Selon un directeur d’école publique, sous anonymat, « Après tout, toutes les grèves ont une fin. Les enfants en classe de Cm 2 doivent passer l’examen », confie-t-il. Il insiste : « Nous tenons à terminer le programme avec nos enfants », affirmant par ailleurs agir discrètement par crainte de représailles des syndicats.

Mésintelligence

De nombreux enseignants rejettent la motion de suspension de l'Imp et continuent de faire grève. La suspension de la grève n’a pas fait l’objet d’un consensus au sein des syndicats membres de l’Intersyndicale de ces sous-secteurs de l’enseignement, se défendent-ils. Ils n’entendent pas démordre tant que le gouvernement ne va pas fléchir. Ils exigent la rétrocession intégrale des défalcations opérées sur leurs salaires pour fait de grève et la satisfaction de l’intégralité de leur plateforme revendicative. Ceux-là refusent toutes promesses et disent attendre des actes qui matérialisent les engagements du gouvernement. Ils ont appelé à la poursuite de la grève suivant la motion du Front et des Confédérations et Centrales syndicales.
Quant aux signataires de la motion de suspension, ils disent avoir agi dans l’intérêt de l’école béninoise et du peuple. « Soucieuse de la souffrance des élèves, de leurs parents, des enseignants et de la nation tout entière face au spectre d’une année blanche aux effets dévastateurs », ces enseignants considérés par les premiers comme "minoritaires" ont décidé de reprendre les cours « en toute responsabilité ». A travers leur motion de suspension de grève, ces enseignants de la maternelle et du primaire ont invité leurs collègues à faire preuve de patriotisme en reprenant le chemin de l’école.

Education 21 mars 2018


Programme Assurance pour le renforcement du capital humain: Une tentative de réparation d’un crime abject d’Etat
[caption id="attachment_28452" align="alignnone" width="1024"]Candide Ahouansou[/caption]

Maintenant que l’Etat, dans sa continuité, semble enfin décidé à trouver une solution au manque de couverture sanitaire et vieillesse de ses administrés par le biais du programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), la vigilance du peuple est de mise pour ce qui sera des conditions et des modalités de cette protection sociale afin qu’il ne se retrouve pas le dindon de la farce ; tant il a écopé de l’incurie de l’Etat en la matière. Il ne peut souffrir que, de surcroît, l’on le maintienne à l’écart de l’élaboration du projet visant à y remédier.

Lorsque l’Etat a eu le courage de laisser mourir son peuple depuis toujours ; lorsque les différents directeurs généraux qu’il a nommés à la tête de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) ainsi que les conseils d’administration qui les ont accompagnés, ont manqué de mettre dans leurs esprits, le brin d’intelligence qui convenait pour inventer un système de protection sociale universelle en faveur de l’ensemble des citoyens des secteurs formel comme informel ; lorsque ces messieurs ont commis impunément un déni de droit en ne remplissant pas la tâche de protection sanitaire de tous les citoyens à eux, pourtant formellement assignée par décret pris en Conseil des ministres le 21 mars 2003, ayant probablement trouvé la chose hors de leur portée et trop difficile à réaliser pour leurs capacités de gestionnaire; lorsque les personnes qui sont censées représenter le peuple ont failli à leur devoir en se faisant complices de cette situation pour n’avoir jamais interpellé le gouvernement sur la question ; lorsque notre Conseil économique et social ne semble s’en être jamais préoccupé alors qu’il lui revient de faire au gouvernement des recommandations tendant à améliorer le bien-être des citoyens, l’on peut dire, sans nuance et sans ménagement, qu’il s’est bien agi d’un crime parfait d’Etat pour n’avoir jamais assuré la protection sanitaire du gros de son peuple depuis qu’il exerce sa souveraineté. Crime par inaction des institutions étatiques d’un côté, mais aussi crime de conséquence de l’autre, en ne laissant à ce peuple d’autre choix que de devoir son salut à l’utilisation empoisonnante des médicaments à l’étalage. Et lorsqu’en revanche, l’on entreprend de remédier à un tel crime de société, l’on ne peut se permettre de le faire en catimini. L’on n’en a tout simplement pas le droit.

La nécessaire consultation du gros du peuple

Sous divers coups de boutoir, les candidats à la Présidence de la République ont dû prendre des engagements en matière de protection sociale au cours de la campagne électorale, comme jamais auparavant. A son avènement, le président Patrice Talon, joignant le geste à la parole a initié, avec grand bonheur, le programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) avec une composante Assurance maladie et retraite. Mais il est de notre opinion que pour régler, une fois pour toutes, et correctement ce problème de protection sociale, il convient d’associer le gros du peuple qui a souffert effectivement de son manque. La chose ne peut être réglée dans le cadre feutré des seuls fonctionnaires qui ne peuvent prendre la mesure du drame et qui peut-être pourront céder à des intérêts obscurs incompatibles avec les intérêts du peuple. C’est lui, le gros du peuple qui en a souffert et qui en a gros sur le cœur. Il n’est tout simplement pas convenant et il est tout à fait immoral qu’il ne soit pas, d’une manière ou d’une autre, associé à l’équipe chargée de faire des propositions au chef de l’Etat.
N’est-ce pas que l’on n’a pas hésité à mettre sur pied une commission élargie, dépassant le cadre des départements ministériels concernés, lorsqu’il s’est agi de réformes institutionnelles ; et pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’amélioration du bien-être des citoyens ? Il y a va de la confirmation du redressement de l’image sociale du chef de l’Etat amorcée ces derniers temps.

Ce pays appartient à nous tous

Le corollaire de l’axiome est que l’Etat se doit de tenir compte des opinions du peuple, mais aussi que tout citoyen devrait se convaincre du fait qu’il a, à sa manière, une partition à jouer au sein de la nation. A tout Seigneur tout honneur, commençons par reconnaître que ce fut le Premier ministre Pascal Iréné Koupaki avec qui nous n’avions aucune accointance alors, qui, le premier, nous a prodigué ses encouragements pour les réflexions que nous menions sur les questions afférentes à la gestion de la cité. Nous lui savons profondément gré et lui sommes redevables de notre ténacité. En ce qui concerne la protection sociale au sens large du terme, nous avons eu l’honneur de répondre à l’invitation de madame la ministre de la Famille, des
Actions sociales, de la Solidarité nationale, des Handicapés et des Personnes du Troisième Age, du deuxième gouvernement du président Yayi Boni, pour échanger sur nos écrits afférents aux personnes du troisième âge et à la politique de solidarité nationale. Il nous plaît de rappeler que c’est à la suite des idées que nous avions émises au cours de la campagne présidentielle sur la situation faite à la classe des personnes âgées, qu’il a été décidé d’intégrer pour la toute première fois de notre histoire politique, les personnes du troisième âge à l’intérieur d’une structure gouvernementale et de créer au sein de cette structure une direction spécifique les concernant. Nous en avions tiré grande satisfaction et nous sommes comblés d’avoir inspiré le gouvernement.
Nous nous sommes également entretenus avec madame la ministre, de la nécessité de mettre sur pied une politique de solidarité nationale que nous défendons depuis un certain temps déjà et qui, à notre sens, devrait être la pierre angulaire de toute politique de protection sociale. Nous avions alors envisagé ensemble les possibles manières de la mettre en pratique par son département. C’est ainsi qu’a été organisée, dès 2011 au plan national, la quinzaine de solidarité pour venir en aide aux plus démunis d’entre nous, par prélèvement de 25 francs Cfa sur les redevances des abonnés GSM pendant quinze jours.
Puis dans la foulée suivirent, avec des fortunes diverses, il est vrai, d’autres campagnes de mobilisation. La plus opérante a été celle des 120 jours pour équiper nos hôpitaux et centres médicaux, qui aurait pu être le bon prétexte pour asseoir une politique de solidarité nationale, mais l’Etat a loupé le coche. Et nous écrivions alors : « Cette initiative des 120 jours est restée sans lendemain, déjà oubliée malheureusement comme c’est toujours le cas dans notre pays où nous ne cherchons pas, vraiment, à capitaliser les événements et les acquis. Nous venons de manquer l’occasion rêvée de définir une politique de solidarité nationale ». Toutefois, cette campagne menée rondement avait fait boule de neige. Aussi avons-nous connu par la suite les 100 jours du ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle pour équiper nos centres de formation technique restés sans grand retentissement, il est vrai. Et, juste pour mémoire, les ‘’90 jours pour rétablir la sécurité dans le pays’’ du ministre de l’Intérieur.
N’ayant pas grand-chose à voir avec le sujet dont il est question dans la présente réflexion, néanmoins utile pour démonter, une fois de plus, que ce pays devrait appartenir à nous tous et que nous ne devrions d’aucune manière  nous encombrer de quelque complexe à exprimer nos idées haut et fort même ramant à contre-courant, nous vous rapportons ce qui suit. A un moment où personne n’en avait fait état et que l’on devait nous prendre pour un rêveur, nous avions, anticipant sur l’élection présidentielle de 2016, posé dès juin 2014, à toute force, l’idée d’un face-à-face télévisé des deux candidats qui seront retenus à l’issue du premier tour du scrutin, comme cela ne s’était jamais réalisé chez nous. Ce fut à la faveur d’un article intitulé « Accession à la Magistrature suprême : les qualités requises pour le prochain président de la République ». Nous promouvions alors, la candidature de monsieur Pascal Iréné Koupaki, fondateur de l’idéologie Nouvelle Conscience. Ce face-à-face a effectivement eu lieu à notre grande satisfaction et nous l’avions qualifié, en son temps, d’héritage démocratique de fin de règne du président Boni Yayi. Nous nous devons, toutefois, de savoir gré, au passage, à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication d’avoir entériné notre idée deux bonnes années plus tard et réussi, en sa qualité d’instance politique, à la faire admettre aux candidats à la fonction suprême. En politique, l’idée n’est pas une marque déposée, mais il est de bonne guerre que celui qui l’a eue, le premier, veille au grain pour en garder la paternité devant l’histoire.
En ce qui concerne la protection sociale universelle proprement dite, à savoir l’assurance risque maladie et l’assurance retraite, nous entretenons la réflexion depuis mai 2010 en essayant, de tout notre soûl, d’y sensibiliser et d’en convaincre les décideurs que ce soit par des articles de presse sans désemparer, que ce soit sur les ondes Capp FM et radio Tokpa ; que ce soit sur les chaînes de télévision Canal 3 et Golfe FM. Il est donc légitime que nous nous invitions dans le débat, puisque les autorités n’ont pas jugé utile de nous y convier. Nous avons exprimé nos convictions en maintes et maintes occasions fondées essentiellement sur l’esprit de solidarité, l’égalité de tous les citoyens devant la maladie, le rejet systématique de toute idée de soins primaires ou de base, la prise en compte de toutes les catégories de maladies, l’absence totale des subventions de l’Etat, le principe des primes proportionnelles à la situation sociale de chacunet fondées sur une taxe uniforme sur un produit que tous les béninois consomment sans exception et sur l’ensemble du territoire. La collecte des taxes sera faite par les services compétents des impôts et reversées directement et intégralement à l’organe qui gérera les risques en question, en les soustrayant du principe de non affectation des ressources. Le statut juridique de la société gestionnaire sera un office doté d’une personnalité morale et de l’autonomie financière exerçant sous le contrôle technique permanent des services étatiques compétents et d’audits externes périodiques ainsi que le regard de la chambre des comptes. La protection sociale est un devoir d’Etat et la Constitution de notre pays stipule en son article 26 que l’Etat protège la famille et particulièrement la mère et l’enfant..
Et l’on devrait prendre garde, lorsque le chef de l’Etat nous confie l’élaboration d’une réforme qu’il souhaite faire, de mesurer la lourde responsabilité que nous prenons devant l’histoire surtout lorsqu’il s’agit de la vie des gens ; nous n’avons pas le droit de nous tromper, mais il est vrai que lui seul répond de la qualité de l’équipe qu’il a commise. Pour en avoir le cœur net, nous avons entrepris de prendre langue avec les personnes susceptibles de nous donner la bonne information sur la manière dont les deux volets de la protection sociale du programme Arch sont traités. Nous serons alors à même de la répercuter sur le peuple incessamment. En tout état de cause, nous réitérons l’idée et avertissons d’ores et déjà qu’il serait mal venu, injuste, immoral et malsain de maintenir le gros du peuple à l’écart du traitement des deux volets de la protection sociale et de faire le travail en catimini au risque de léser ses intérêts une fois de plus et de trop.

* Ambassadeur

Société 21 mars 2018


Journée internationale de la femme au ministère de la Justice: La femme célébrée comme vecteur de développement
[caption id="attachment_28451" align="alignnone" width="1024"]Journée internationale de la femme au ministère de la Justice[/caption]

Le personnel féminin du ministère de la Justice et de la Législation a commémoré en différé, ce mardi 20 mars, dans les locaux dudit ministère, la Journée internationale de la femme (Jif 2018). La gent féminine est présentée à l’occasion comme un vecteur de paix et de croissance économique.

Le personnel féminin du ministère de la Justice et de la Législation sacrifie à la tradition, en commémorant, ce mardi 20 mars, la Journée internationale de la femme édition 2018, à travers des réflexions sur la situation de la femme et son apport à une meilleure croissance économique. 

Selon la directrice de cabinet dudit ministère, Aleyya Gouda Baco, la femme est au cœur de tout développement. Elle insiste sur son rôle primordial en faveur de la quiétude et de la croissance économique. « Les entreprises qui comptent des femmes parmi leurs dirigeants affichent de meilleurs résultats. Les accords de paix qui font intervenir des femmes s’avèrent viables à plus long terme. Les parlements où siègent des femmes adoptent davantage de lois portant sur des questions sociales fondamentales comme la santé, l’éducation, la non-discrimination et les allocations familiales », soutient-elle.
Parlant de la lutte contre les discriminations, elle souligne les perspectives du gouvernement pour améliorer la situation de la femme. A ce titre, elle évoque la modernisation des marchés Dantokpa et de Parakou, l’accès à l’eau potable pour l’ensemble de la population rurale et semi-urbaine et la mise en place d’une protection sociale pour les plus démunis.
Pour le personnel féminin du ministère de la Justice et de la Législation, la Journée internationale de la femme doit être consacrée à des réflexions sur la situation de la gent féminine au Bénin. « Nous devons saisir la Jif comme une occasion pour placer l’égalité des sexes, les droits des femmes et leur autonomisation au cœur des stratégies de développement », indique la responsable de la cellule genre et développement du ministère, Elzie Sossou. Elle exhorte les femmes à prendre conscience de leur rôle et à mettre leur compétence au service du ministère. « Dans ce monde où nous sommes en quête perpétuelle d’égalité dans notre vie professionnelle comme dans notre vie familiale, nous devons être conscientes de nos droits, mais aussi de nos devoirs. Nous devons nous mobiliser pour le travail et œuvrer pour une amélioration sensible des performances de notre ministère », conseille-t-elle.
Deux communications ont meublé la célébration. La première a porté sur le thème national « Plus de synergie d’actions pour un mieux-être de la femme béninoise ». Elle se focalise sur les actions à mener et les défis à relever en faveur de la promotion de la gent féminine au Bénin. Dans ce registre, la responsable de la cellule genre pointe les difficultés d’accès des femmes aux ressources financières, le défi de la scolarisation des filles du fait des grossesses précoces. La seconde communication est intitulée « Femme fonctionnaire et l’éducation des enfants ».

Société 21 mars 2018


Grève dans l'Enseignement maternel et primaire: Le statu quo du débrayage à Lokossa
[caption id="attachment_28450" align="alignnone" width="1024"]Grève dans l'Enseignement maternel et primaire[/caption]

La mobilisation pour la grève n’a pas faibli, malgré la levée de la motion de grève décidée par l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire. Le constat effectué sur le terrain à Lokossa, chef-lieu du département du Mono, tranche avec une telle mesure.

Au complexe scolaire de Guinkonmey, quelques groupes pédagogiques étaient en activités hier. « Ils n’ont jamais cessé de s’animer depuis le début du mouvement, a tenu à souligner Symphorien Houénou, directeur du groupe A. « Je viens à l’école et j’ouvre les salles de classe pour que l’enseignant qui désire travailler se mette à la tâche», clarifie-t-il avant de préciser que c’est de la volonté de chacun de nous que nous n’avons pas observé la cessation de travail ». Pour lui et ses collaborateurs, les causes défendues par les organisations syndicales sont légitimes, mais c’est par rapport à l’option de débrayage systématique que leur opinion diverge.
Au complexe maternel pilote de Lokossa, les enfants étaient eux aussi aux soins de leurs encadreurs comme depuis le début de la rentrée des classes. Mais à côté, le complexe primaire public centre était presque vide. Un peu plus loin à Agonvè, les apprenants du complexe s’adonnent aux jeux, notamment à une partie de football.
La grande salle de réunions de l’établissement abritait, à notre passage, une assemblée générale à l’échelle départementale des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire. Animée par leurs responsables syndicaux, la rencontre s’est penchée, entre autres, sur la levée de motion prononcée par l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) pour en ressortir, disent-ils, les incohérences et resserrer leurs rangs.
« La base est sereine puisque ce n’est pas l’Imp qui nous a envoyés en grève », rétablit, sans détour, Basile Aholou, porte-parole des organisations syndicales de la maternelle et du primaire. Pour lui, l’Imp est venue les rejoindre le 23 janvier dernier alors que la grève était enclenchée depuis la date 16 du mois. « Mais nous avions déjà le pressentiment qu’elle allait trahir. On connaît leur poids dans le syndicalisme. Leur mot d’ordre ne sera pas suivi », gage-t-il.
A sa suite, Innocent Winmayi, activiste syndical, confirme que « l’Imp serait coutumière des faits ». « La base ne les écoute pas, ajoutera-t-il avant de rappeler que « le syndicalisme se fait sur le terrain et non dans les bureaux ». « Vous avez pu constater avec nous, appuie un autre responsable syndicaliste, Francis Amoussou, que les écoles sont presque toutes fermées de Lokossa à Athiémé et je suis sûr que c’est le cas dans les autres communes ». Il retient que la décision de suspension n’engage que ses signataires. « Aucun responsable de l’Imp n’est descendu à la base pour discuter avec nous de la levée de la motion de grève. Nous sommes en assemblée générale et vous pouvez constater la colère des camarades », fait-il remarquer.
« La suspension de grève de l’Imp est nulle et de nul effet », insiste le secrétaire exécutif de la Csa-Bénin pour le Mono-Couffo, Christophe Djègbé. « On a déjà retenu au niveau national qu’avant de lancer ou de suspendre toute motion de grève, il faut toujours revenir consulter la base », justifie-t-il. En déplorant le mépris de ce principe par l’Imp, Christophe Djègbé et sa base aussi se démarquent. « On ne suit pas d’ailleurs leur motion de grève. Vous constatez que les écoles et les salles de classes sont fermées […]. La base n’est pas encore satisfaite et nous irons jusqu’au bout », a-t-il clamé.
Il est appuyé par Brice Dossa, secrétaire général d’un mouvement syndical affilié à la Confédération des organisations syndicales indépendantes (Cosi). Pour lui, c’est le gouvernement qui serait à la manœuvre de cette levée de motion. « Le gouvernement ne veut pas régler les problèmes et cherche des méthodes machiavéliques puisqu’il sait, soutient Brice Dossa, que le mouvement qui est enclenché depuis le 16 janvier, est porteur car, les enseignants sont décidés ». « Mais nous avons compris, renchérit-il, que le gouvernement ne veut pas la paix, ni de la reprise de l’école. Donc il va gérer le pays sans les écoles »

Société 21 mars 2018


Grève dans l'Enseignement maternel et primaire: Une indifférence totale au mot d’ordre de suspension à Parakou
[caption id="attachment_28449" align="alignnone" width="1024"]Grève dans l'Enseignement maternel et primaire[/caption]

Le mot d’ordre de l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) du lundi 19 mars, appelant à la suspension de sa motion de grève, n’a pas été respecté à Parakou. En témoignent les portes des salles de classe des écoles et garderies publiques qui sont restées fermées, ce mardi 20 mars.

Les portes des salles de classe des écoles primaires ou maternelles publiques fermées à Parakou. Des enseignants absents, tout comme leurs apprenants. Tel est le constat effectué, ce mardi 20 mars, à travers la ville. L’ambiance était la même au complexe scolaire Abdoulaye Issa et dans les écoles primaires publiques Ocbn, Wokodorou et Sinangourou à Parakou.
En effet, les enseignants de la cité des Kobourou n’ont pas répondu à l’appel de l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp). Ils ont, dans leur ensemble, désavoué la décision qu’il a prise de suspendre sa motion de grève déclenchée depuis le 23 janvier dernier pour compter du lundi 19 mars.
A travers une déclaration, l’Imp les avait exhortés à reprendre les activités pédagogiques à compter d’hier à partir de 8 heures. Les responsables de l’intersyndicale estiment avoir pris leur décision, dans le souci de sauver l’école béninoise. Ils souhaitent lui éviter le spectre d’une année blanche.
Pour le porte-parole du Front d’action des Syndicats de l’éducation au niveau du primaire dans le Borgou, Cyriaque Bocovo, cette levée de motion est nulle et de nul effet. Il a saisi l’occasion pour inviter les enseignants à ne pas démordre, malgré les menaces de défalcations qui planent encore sur leurs salaires de mars

Actualités 21 mars 2018


Grève dans l'Enseignement maternel et primaire: Enseignants et agents de la santé dans la rue à Porto-Novo
[caption id="attachment_28448" align="alignnone" width="1024"]Grève dans l'Enseignement maternel et primaire[/caption]

Plusieurs centaines de travailleurs, notamment des enseignants et des agents de santé ont battu le macadam, ce mardi 20 mars à Porto-Novo. La marche est partie de la Bibliothèque nationale à Ouando et a échoué à la préfecture de l’Ouémé.

Les marcheurs sont réunis au sein du Comité des luttes des travailleurs de l’Ouémé et du Plateau. Ils ont été soutenus par le secrétaire général de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb), Kassa Mampo. Les manifestants ont surtout désavoué les responsables syndicaux membres de l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) qui ont signé, dans la soirée du lundi 19 mars, une motion de suspension de la grève en cours depuis le 23 janvier dernier, au niveau du sous-secteur de l’enseignement maternel et primaire. Ils les ont traités de tous les noms d’oiseaux avant de se réjouir de constater que l’appel à la reprise des cours lancé par ces responsables syndicaux n’a pas été suivi par les militants à la base.
Dans leur motion de protestation lue à la préfecture de Porto-Novo par leur porte-parole, Jean-Marie Noumonvi, les travailleurs exigent, entre autres, « la cessation immédiate des actes ou propos de banalisation et profanation de la fonction enseignante par le gouvernement, l’arrêt sans délai des actes de harcèlement, d’acharnement, d’humiliation et de menaces contre les grévistes d’une part, puis d’exposition des travailleurs salariés en général à la vindicte populaire d’autre part ». Aussi, réclament-ils la libération des fonds défalqués sur les salaires du mois de février dernier avec présentation d’excuses publiques aux travailleurs et à leurs familles. « Car, tout le monde sait que c’est le salaire du travailleur salarié qui fait travailler le zémidjan, le menuisier et la femme vendeuse de piment au marché Dantokpa de Cotonou, Ouando de Porto-Novo et Arzékè de Parakou etc. », estime Jean-Marie Noumonvi. Les marcheurs exigent de meilleures conditions d’études et de travail pour les élèves et enseignants. Ce qu’ils ont d’ailleurs laissé transparaître clairement à travers les messages écrits sur les pancartes et affiches que certains brandissaient. On lisait entre autres messages : « Sans la rétrocession, le gouvernement a la couleur, la peinture et les pinceaux de l’année scolaire 2017-2018 » et « Six arrêtés signés, je n’en veux que deux bien validés ». Ce qui passe surtout, insiste-t-il, par la satisfaction des revendications liées aux questions des statuts particuliers et la situation des vacataires.
Les enseignants grévistes ont été soutenus par des agents de santé réunis au sein de la section Ouémé du Collectif des syndicats du secteur de la santé. Ceux-ci aussi ont lu une motion de protestation par la voix de leur porte-parole, Edouard Capo-Chichi. Ils exigent principalement la restitution intégrale et sans condition des défalcations sur salaire pour fait de grève et de meilleures conditions de vie et de travail dans les centres de santé. Les différentes revendications contenues dans les deux motions lues ont été martelées par le secrétaire général de la Cstb, Kassa Mampo.
Recevant les deux motions, le secrétaire général de la préfecture de l’Ouémé, Jean-Baptiste Akpamagbo, représentant le préfet, a félicité les marcheurs pour la discipline, l’ordre et l’écoute dont ils ont fait preuve tout au long de la marche encadrée par les éléments de la Police républicaine. Il les rassure de ce qu’un compte-rendu fidèle de leurs doléances sera fait à qui de droit

Thibaud C. NAGNONHOU,
A/R Ouémé-Plateau

Société 21 mars 2018


Corruption dans un dossier de passation de marché au Mcvdd: Social Watch réclame des sanctions contre les auteurs
[caption id="attachment_28447" align="alignnone" width="1024"]Social Watch réclame des sanctions contre les auteurs[/caption]

Le président du réseau Social Watch Bénin, Gustave Assah, s’est prononcé, ce mardi 20 mars au siège de son organisation à Cotonou, sur l’affaire de fraude dans l’acquisition de moyens roulants au ministère du Cadre de vie et du Développement durable (Mcvdd). A travers une déclaration à la presse, il a apporté son soutien à l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) et a réclamé des sanctions contre les fautifs.

Le président de Social Watch Bénin, Gustave Assah, apporte son soutien à l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) dans le dossier appel d’offres pour l’acquisition de matériels roulants, motos d’intervention et d’un lot de pièces de rechange au profit du Projet de gestion des forêts et terroirs riverains du ministère du Cadre de vie et du Développement durable.
Face aux hommes des médias, ce mardi 20 mars dans les locaux de son organisation à Cotonou, il a rappelé les infractions constatées au titre des articles 46, 53, 107 et suivants de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin. Il ne conçoit pas qu’il y ait de telles malversations sous le régime du Nouveau départ. Car, selon lui,  acquérir en plein Nouveau départ une moto à 5 142 121 F Cfa au lieu de
975 000 F Cfa, prix minimum et 1 625 000 F Cfa prix maximum selon le référentiel des prix d’achat du ministère de l’Economie et des Finances, constitue un crime contre le peuple béninois qui assure difficilement ses besoins fondamentaux. « Il apparaît clairement que de graves irrégularités : surévaluation de la valeur des biens, abus de fonction et corruption dans la passation des marchés publics sont dénoncés dans le cadre de ce marché », a-t-il déclaré.
Ainsi, Social Watch exige des sanctions contre tous les auteurs de ce scandale et demande au président Patrice Talon d’engager la responsabilité du ministre en charge du Cadre de vie dès que les accusations seront confirmées. Selon Gustave Assah, c’est le seul moyen pour conforter le président de la République Patrice Talon dans sa volonté de lutter contre la corruption et l’impunité. « Le chef de l’Etat, au cours de sa visite en France, a montré devant le président Macron et le monde entier sa détermination à lutter contre la corruption et l’impunité en affirmant : ‘’Sur la lutte contre la corruption, je ne lâcherai pas’’ », a-t-il rappelé. Pour lui, ce scandale vient enténébrer le ciel déjà sombre des conditions de régularité des marchés publics au Bénin. Compte tenu de la gravité des faits dans ce dossier qui pourrait faire perdre 328 615 224 F Cfa à l’Etat béninois, le réseau Social Watch Bénin souhaite que le procureur de la République s’autosaisisse du dossier comme l’exigent les textes en vigueur. Aussi, il félicite l’Anlc d’avoir dévoilé cette affaire à la face du monde et l’invite à saisir les juridictions compétentes comme le lui recommande la loi, étant donné que ce dossier est un premier test pour la concrétisation de sa volonté de lutter réellement contre la corruption et l’impunité.

Société 21 mars 2018


Prévention des maladies dans l’Ouémé-Plateau: Une campagne lancée pour déparasiter 14 000 écoliers et parents d’élèves
[caption id="attachment_28445" align="alignnone" width="1024"] Prévention des maladies dans l’Ouémé-Plateau[/caption]

L’Ong Autre Vie a lancé, ce mardi 20 mars au complexe scolaire de Yoko à Sakété, une campagne de déparasitage et de prévention sanitaire dans les écoles de sept communes des départements de l’Ouémé et du Plateau. Cette campagne s’insère dans les initiatives de santé et nutrition scolaires que pilote l’Ong avec l’appui financier de WeWorld.

L’Ong Autre Vie et son partenaire financier WeWorld font œuvre utile dans les communes des départements de l’Ouémé et du Plateau, cibles du projet de déparasitage et de prévention sanitaire au profit des écoliers de la maternelle et du primaire. Près de 8000 écoliers et 6 000 parents d’élèves sont prévus pour être pris en charge dans le cadre de la campagne de déparasitage et de prévention sanitaire officiellement lancée ce mardi 20 mars, au complexe scolaire de Yoko dans la commune de Sakété.
Ce geste vise à contribuer au renforcement de la lutte contre la malnutrition en milieu scolaire dans dix villages de sept communes cibles du projet à savoir Akpro-Missérété, Avrankou, Pobé, Kétou, Adja-Ouèrè, Ifangni et Sakété.
Pour le directeur exécutif de l’Ong Autre Vie, Romulad Djivoessoun, l’engagement de son organisation au côté de WeWorld pour des actions de santé et de nutrition scolaire vise surtout à créer un environnement scolaire qui favorise l’accès à la santé et à une nutrition saine et diversifiée aux écoliers des départements de l’Ouémé et du Plateau. Plusieurs actions ont été définies à cet effet pour l’atteinte de cet objectif. Lesquelles actions concernent notamment la distribution de farines enrichies aux enfants des écoles maternelles, la mise en place des dispositifs scolaires et communautaires d’appui à la promotion des bonnes pratiques nutritionnelles dans les villages cibles du projet, l’installation d’un comité scolaire de santé et de nutrition dans les écoles et la mise en place des clubs scolaires de l’hygiène et de l’assainissement, et l’installation des groupes d’actions pour la nutrition dans les villages d’intervention.
A ces actions stratégiques, Romuald Djivoessoun ajoute la conception et la réalisation des supports de communication sur l’hygiène et la nutrition en milieu scolaire, l’appui aux organisations communautaires de base pour porter les questions de la nutrition des écoliers en communauté et l’identification et la formation des enseignants points focaux santé et nutrition scolaire dans les écoles maternelles et primaires retenues par le projet. Tous ces acquis du projet viennent renforcer la campagne de déparasitage et de prévention sanitaire qui va toucher près de 14 000 cibles afin d’épargner surtout les enfants de la malnutrition dans les écoles cibles, précise le directeur exécutif de l’Ong Autre Vie.
Emilia Vavassori, représentante de WeWorld Bénin, réitère l’engagement de son organisation, comme d’ailleurs depuis 2014, à œuvrer aux côtés du gouvernement et de l’Ong Autre Vie pour prévenir la malnutrition des enfants en milieu scolaire à travers leur déparasitage et leur suivi de leur état nutritionnel. Ce qui permettra de booster le rendement scolaire de ces écoliers, explique-t-elle. Emilia Vavassori invite les parents d’élèves à saisir cette opportunité pour s’approprier et à adopter dans leurs maisons les bonnes techniques nutritionnelles afin de mettre leurs enfants à l’abri des maladies dont surtout l’anémie.
Le représentant du préfet du Plateau, Ezéchiel Moïlo, qui a lancé officiellement la campagne, a insisté sur la responsabilité des parents dans le suivi de l’état nutritionnel et la prise en charge sanitaire de leurs enfants. Il les a sensibilisés à ne pas attendre forcément l’Etat, la Société civile ou les partenaires techniques financiers pour assurer le bien-être de leur progéniture. Ils doivent jouer leurs rôles de parents vis-à-vis de leurs enfants qui ont droit à une bonne santé et hygiène de vie. Le directeur départemental des Enseignements maternel et primaire du Plateau, Gabriel Dohou, le représentant du maire de Sakété, Samuel Assogba et le représentant du directeur départemental de la Santé du Plateau, Paul
Kindafoké ont tous aussi loué ce partenariat entre l’Ong Autre Vie et WeWorld pour la bonne santé des populations cibles du projet.

Actualités 21 mars 2018


Route Toffo-Lalo-Agbangnizoun-Abomey-Djidja: Les travaux d’aménagement et de bitumage lancés hier
[caption id="attachment_28444" align="alignnone" width="1024"]Route Lalo toffo Agbangnizoun abomey djidja[/caption]

Ce mardi 20 mars est un grand jour pour les populations d’Agbangnizoun, de Djidja, d’Abomey, de Toffo, de Lalo et environs. Il consacre le lancement du vieux projet d’aménagement et de bitumage de la route Toffo-Lalo-Agbangnizoun- Abomey-Djidja. Un moment de fête qui a mobilisé plusieurs ministres, députés, maires et autres sages et notables.

Les populations des localités de Toffo, Lalo-Agbangnizoun, Abomey, Djidja diront bientôt adieu au calvaire dû à l’état de dégradation avancé des voies d’accès. Il a été procédé hier au lancement des travaux d’aménagement et de bitumage des routes Toffo-Lalo (28,44 km), Lalo-Agbangnizoun (20,12 km), Agbangnizoun-Abomey (12,37 km), Abomey-Djidja (23 km) et autres bretelles connexes (23,60 km). Outre ces principaux tronçons, ces travaux qui dureront trente-six mois, comportent la construction d’un pont de 60 mètres de portée entre Toffo et Lalo, des bretelles Agnagna-Rnie2, de la voie Cana-Abomey (9,90 km); Abomey-Mougnon (6,5km) et des bretelles Mougnon-Ceg2 Zakpo (8,20km), Ceg2-
Marché Bohicon (2,30km) et Actel Bohicon (0,80km) et Mougnon-Djidja (16,50 km).
D’un coût global de plus 98,365 milliards F Cfa, sur financement du budget national avec un préfinancement direct de l’entreprise adjudicataire, ces travaux sont confiés à l’entreprise libanaise Nicolas Sroudji Etablissement Côte d’Ivoire (NSE-CI). Le contrôle-surveillance sera assuré par l’entreprise luxembourgeoise TR Engineering/Heros GC. Le matériel déjà disponible sur le terrain, rendez-vous est pris dans trois ans pour l’inauguration.
Hier, à la cérémonie qui consacre le lancement officiel des travaux d’aménagement et de bitumage de ces routes, trois ministres étaient présents à Agbangnizoun : Cyr Koty en charge des Infrastructures ; Joseph Djogbénou de la Justice et Fortuné Nouatin de la Défense nationale. Le conseiller du chef de l’Etat, Lazare Sèhouéto, les préfets du Zou et de l’Atlantique, les maires des communes traversées par le projet, des têtes couronnées du plateau d’Abomey n’ont pas voulu non plus se faire conter l’événement du lancement de ce vieux projet qui tend à enfin se concrétiser. C’était aussi la grande mobilisation des populations qui étaient devenues bien sceptiques après les nombreux faux bonds vécus avec le régime défunt.
Tour à tour, le maire d’Agbangnizoun,Gaspard Gboli-Honon, le préfet du Zou, Firmin Kouton, ont salué cette volonté du gouvernement à accorder une importance capitale aux grands chantiers de développement inscrits dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag) parmi lesquels le chantier d’aménagement et de bitumage de la route Toffo-Lalo-Agbangnizoun-Abomey-Djidja qui permettra à coup sûr un regain à la croissance dans la région.
Pour le ministre Cyr Koty, ce sont ces routes bientôt réalisées qui permettent aux paysans, artisans et autres opérateurs économiques de pouvoir convoyer leurs produits, les marchandises vers les villes. Et l’importance de ces voies d’accès aujourd’hui dégradées dans l’économie du Bénin n’est donc plus à prouver. Mieux, ce projet, une fois réalisé, devra davantage relier les communes du Zou, du Couffo et de l’Atlantique. Puis, au-delà des communes, ces pénétrantes à construire seront le ciment qui renforcera ces trois départements.

Actualités 21 mars 2018


Réforme du système partisan au Bénin: Nécessité d’enraciner la démocratie et la formation citoyenne

La classe politique béninoise ne rassure plus. Telle est de nos jours la conviction de plusieurs citoyens béninois. A la question de savoir pourquoi cette classe politique est peu crédible, la réponse ne tarde pas à venir : les partis politiques sont réduits à des clubs électoraux ! Nous avons donc affaire à une relation de causalité. Nous pouvons aisément dire que le malheur de la classe politique se trouve dans le fonctionnement hasardeux des partis politiques. 

Pour que la classe politique béninoise retrouve ses lettres de noblesse et la crédibilité qu’on attend d’elle, il faut une chose : restaurer les partis politiques. Sinon, le Bénin court le risque du suicide de la démocratie. Et pour cause !
Que peut-on dire de la démocratie en occultant le role irremplaçable des partis politiques ? C’est au sein des partis politiques en l’occurrence que le débat de l’organisation de la société est véritablement mené en amont. C’est au sein des partis politiques que des citoyens apprennent à développer la culture démocratique à travers leur engagement à se préoccuper de l’avancée de la nation. C’est au sein des partis politiques que des projets de société sont bâtis sur la base des aspirations des populations à la base. C’est aussi au sein des partis politiques que des moyens de conquête du pouvoir sont conçus et mis en œuvre.
Les partis politiques s’érigent ainsi en un véritable outil de transformation de la société démocratique.

I- Historicité et mutations des premiers partis politiques

L’historicité des premiers partis politiques se fonde sur les origines lointaines et celles déterminantes qui ont conduit à leur création.

A-Les origines lointaines

Au XIIIe siècle en Grande-Bretagne, pendant la période coloniale, le choix sur certains citoyens chargés d’élaborer des lois pour la cité se faisait par des élections.1 A partir du XVIIe siècle, les Etats-Unis d’Amérique, sortis du joug colonial de la Grande-Bretagne, firent aussi des élections ; ces élections ont permis d’une part de désigner des citoyens compétents pour élaborer des lois susceptibles de régir la société, et d’autre part de procéder à la désignation des dirigeants ou gouvernants.
Ces différentes pratiques électives qui s’observaient dans la prise de certaines décisions engageaient la vie des sociétés: « Cette pratique élective a été suivie d’un élargissement progressif du droit des citoyens à exprimer leurs vues sur les questions politiques et à chercher et diffuser l’information ».2
Mais cette petite possibilité qui permettait aux citoyens d’émettre leurs opinions sur les sujets les concernant et concernant leur cité, ne leur garantissait pas le droit de se constituer en toute évidence en association pour des fins politiques. L’obtention d’un tel droit ou d’un tel privilège mettra beaucoup de temps. Jusqu’au XVIIe siècle, le droit des citoyens de se regrouper dans un creuset politique pour mener des réflexions sur l’organisation de leur cité et la gestion qu’en font leurs dirigeants n’était pas chose effective.
En effet, les périodes précédentes ont été celles où l’affirmation des Droits de l’Homme et des libertés n’était pas des principes acquis par les individus. L’usage de la force, de la contrainte, de la tyrannie, de l’oppression et de la servitude régnait en maître et compromettait la volonté des citoyens de vivre épanouis. Cela est d’autant plus évident du fait de la dépendance de certaines colonies par rapport aux puissances colonisatrices comme la Grande-Bretagne. Les dirigeants craignaient une implication active et dynamique des groupes constitués des citoyens, et ce, par rapport à la gestion de la cité.

B- Les origines déterminantes :

Mais au début du XVIIIe siècle, les citoyens pouvaient enfin sortir de leur clandestinité pour exposer à la face de l’opinion nationale leur point de vue sur la gestion courante des affaires de leur cité. Ainsi, « au sein des organes législatifs, les organisations politiques qui n’étaient auparavant que des « factions» sont ainsi devenues des partis politiques. Les membres de la majorité au pourvoir-les « ins»-s’opposaient à ceux qui étaient au dehors-les « outs »-, lesquels, en Grande-Bretagne, allaient officiellement former « la loyale Opposition à Sa Majesté»3. Cette organisation de la vie politique en Grande-Bretagne présageait l’implication plus tard des citoyens dans la manière avec laquelle les dirigeants se comportaient dans la gestion des biens du peuple. Le Roi et ses conseillers ou son collège n’étaient plus totalement libres dans la prise des décisions engageant la vie de la cité. Ainsi, «dans l’Angleterre du XVIIIe siècle la faction soutenant le monarque et celle qui lui était opposée, constituée par la majeure partie de la noblesse rurale, allaient progressivement se transformer en Tories (conservateurs) et Whigs (libéraux)».4 L’idée ne va pas se limiter seulement à l’Angleterre. Elle s’étendra aux autres nations où les principes de la démocratie sont de mise dans la gestion des affaires de la cité. Ainsi en Suède, l’organisation politique prit un nouvel élan et une autre recomposition. En effet, « au parlement de Suède, à la même époque, les membres des partis adverses se dénommaient eux-mêmes, non sans facétie, les Hats et les Caps-les « chapeaux» et les «bonnets ».5
Au terme de leur congrès constitutif de Philadelphie de 1787, les Etats-unis d’Amérique décidèrent eux aussi d’adopter une organisation politique qui confère aux citoyens les prérogatives pouvant leur permettre de s’impliquer dans la gestion du pouvoir. En effet, l’avènement des premiers partis politiques dans cet Etat fédéral est dû à la mobilisation des citoyens sur toute l’étendue du territoire national6 contre John Adams qui visait à dissuader les nationaux à ne pas accueillir favorablement la politique de John A. qui prônait la fédération des Etats qui ont recouvré leur souveraineté pour en faire des Etats fédérés ayant un gouvernement fédéral avec des prérogatives exorbitantes :
« pour faire valoir leurs vues, ils ont pris rapidement conscience qu’ils ne pouvaient se contenter de s’opposer aux fédéralistes au gouvernement et au congrès: il fallait ravir le pouvoir à leurs adversaires. Pour y parvenir, force était de remporter les élections nationales, ce qui exigeait qu’ils organisent leurs partisans à travers tout le pays. En moins d’une décennie, Jefferson, Madison et leurs sympathisants ont créé un parti politique, une organisation structurée et verticalement jusqu’aux plus modestes circonscriptions, districts et municipalité, qui renforcerait la cohésion de leurs partisans entre et pendant les campagnes électorales et s’assureraient de leur participation effective au scrutin ».7 Il faut rappeler que le parti mis sur pied par Jefferson s’imposa comme « le premier parti électoral d‘assise populaire jamais créé dans le monde ».8

II- Les partis politiques et la culture démocratique

La culture démocratique peut s’entendre comme l’ensemble formé par des idées et attitudes qui conduisent les citoyens à se préoccuper de façon permanente du respect des principes démocratiques. Ainsi, avec une telle volonté sans cesse renouvelée de se conformer aux règles de démocratie, les citoyens développent en eux et autour d’eux des aptitudes qui sont à même de leur permettre d’être aptes et favorables à l’appropriation et à l’application des exigences de la démocratie. Robert Dahl insistera sur le fait « qu’une culture démocratique mettra certainement l’accent sur la valeur de la liberté individuelle et assurera, du coup, la promotion de droits et de libertés supplémentaires… Celle-ci contribuera à former des citoyens adhérant à un certain nombre de principes : la démocratie et l’égalité politique sont des objectifs à rechercher ; l’armée et la police doivent être placées sous l’autorité du pouvoir civil ; il est nécessaire de maintenir la place des institutions démocratiques fondamentales… les différences et divergences politiques internes doivent être tolérées et protégées ».9
Au vu de ce qui précède, il ressort que la culture démocratique permet une meilleure implication des citoyens dans la construction d’une société qui garantisse à ces derniers l’épanouissement et la prospérité. Mais cette culture démocratique ne peut être chose effective ou une réalité que lorsque les partis politiques seront fortement mis à contribution.
En effet, en tant que espace de formation et de mobilisation des citoyens en vue de la conquête du pouvoir, les formations politiques constituent de toute évidence le cadre par excellence où des réflexions et des aptitudes liées à la promotion de la culture démocratique sont à même d’être suscitées et développées. Dans leur volonté de se sentir responsables et interpellés par la gestion des biens de la nation, les citoyens sont appelés à s’imprégner des valeurs et principes démocratiques : « pourquoi les institutions démocratiques ont-elles pu survivre aux crises dans certains pays et pas dans d’autres ? », se demande Robert Dahl. A cette question, lui-même apporte la réponse : « … la stabilité de la démocratie est beaucoup mieux assurée dans un pays où les citoyens et les responsables politiques sont solidement acquis aux idées, aux valeurs et aux pratiques démocratiques. La démocratie trouve son meilleur soutien lorsque ces convictions sont profondément enracinées dans la culture nationale et transmise de génération en génération : en d’autres termes, lorsque le pays possède une culture démocratique».10
Les partis politiques constituent entre autres, le cadre favorable à l’apprentissage de ces vertus démocratiques. La démocratie, pour servir réellement l’animal politique qu’est l’homme, a besoin de démocrates. Et le démocrate ne se décrète pas ; il se forme à l’école de l’assimilation des vertus démocratiques. Cette école, ce cadre approprié, ce sont les partis politiques qui «améliorent…l’éducation civique des citoyens et leur connaissance des problèmes politiques, leur apportent, avec l’indispensable information, de multiples occasions de discuter, débattre et acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de la politique ».11

B- Les partis politiques et la bonne gouvernance

Le désir de tout citoyen est de voir les biens de la nation être gérés selon les règles de l’art. Depuis l’époque de Socrate12, on préconisait déjà avec insistance, la bonne gestion des affaires publiques, en critiquant l’égoïsme et la cupidité des détenteurs du pouvoir relativement détachés des maux sociaux de l’époque. 13
Pour réussir cette gouvernance, il faut des citoyens épris des valeurs y afférentes ; et les partis politiques où se forgent les personnalités à même de présider aux destinées de la nation constituent le cadre favorable pour promouvoir une telle pratique. La bonne gouvernance est un attribut de la démocratie.
Les partis politiques ont pour tâches essentielles la formation des citoyens qui désirent s’engager dans la vie publique, mais aussi la mobilisation des groupes d’individus à travers un projet de sociétés en vue de conquérir le pouvoir. Outre ces objectifs conférés par la charte de fonctionnement des partis politiques en République du Bénin, il leur est également reconnu le devoir de promouvoir le respect et la défense des droits de l’Homme, le respect du bien public, la lutte contre le régionalisme le racisme, l’ethnocentrisme…
En s’attelant à ces tâches républicaines, les formations politiques contribuent substantiellement à l’institutionnalisation de la bonne gouvernance, et ce, dans le temps présent et pour les générations à venir ; cela constituera en quelque sorte le legs d’un héritage institutionnel. Car il faut faire observer que la bonne gouvernance se caractérise « par la participation, la responsabilité, la transparence, la primauté du droit, la recherche de l’efficience, de l’efficacité et de la justice pour tous. Elle intègre non seulement l’Etat, mais aussi le secteur privé et la société civile dans le cadre d’une division et d’une complémentarité des tâches ».
Par le devoir permanent de former les membres, la régularité des débats sur les affaires publiques, et des prises de positions objectives sur la gouvernance, les partis politiques offrent une culture des principes caractéristiques de la bonne gouvernance qui, faut-il le rappeler, doit constituer le point de convergence des actions des formations politiques, sans exception aucune. Une fois donc présidant aux destinées de la nation, les formations politiques n’auront normalement qu’à faire montre de leurs capacités en matière de gestion de la chose publique pour conduire à bon port les aspirations du peuple.

III- Les réformes institutionnelles et structurelles

A- L’indispensable présence des partis politiques au sein du Parlement

Tout parti politique a pour principal objectif d’exercer le pouvoir, et ce, par le biais d’un projet de société. Cela suppose au préalable son implication dans l’animation de la vie politique nationale. Cette participation active et dynamique à la gestion des affaires de la nation peut se faire sous plusieurs formes : les débats au sein du parti, les sorties médiatiques, l’organisation des séminaires de réflexion, mais aussi et surtout, la participation aux activités au sein du pouvoir législatif. L’Assemblée nationale, en tant que deuxième pouvoir de la République, constitue le lieu et l’institution par excellence où se mènent des débats d’idées entre différents partis politiques, et ce, sur des questions engageant la vie de la nation...
En effet, selon l’article 96 de la loi fondamentale,15 « l’Assemblée nationale vote la loi et consent l’impôt », et l’article 98 précise les règles qui sont du domaine de la loi ; il s’agit de :
« La citoyenneté, les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques, le statut général de la fonction publique… ».16 Le rôle du parlement dans la politique nationale de développement s’avère donc important ; il constitue « le champ d’action approprié à cet effet … Il est indispensable de leur assurer (les partis politiques), de quelque façon, une participation et une influence continues sur le processus de formation de la volonté politique».17
L’Assemblée nationale étant constituée uniquement que des députés encore appelés élus du peuple, ce serait évident de contraindre les partis politiques à se faire absolument représenter au sein de ce haut lieu de décision politique. En effet, la présence obligatoire d’au moins un député d’un parti politique se justifie par le fait que c’est au sein du parlement que se décident à grande échelle les politiques de développement de la nation. Et tout parti politique qui n’y aurait pas au moins un député pour le représenter ne peut prétendre être utile à la nation. Ce parti pourrait perdre certains avantages comme l’aide financière de l’Etat aux partis politiques mais aussi, ou l’interdiction de prendre part à deux élections législatives, locales et présidentielle à venir.
Il serait souhaitable que tout parti politique qui ne parviendrait pas au terme des élections législatives ou locales à disposer d’au moins un député et un conseiller respectivement au parlement, et au sein du conseil communal doit au risque de se voir appliquer la mesure ci-dessus citée se rallier à un autre parti qui se serait conformé aux prescriptions. Car « un parti politique est une organisation durable articulant une action locale et nationale dont les dirigeants ont pour volonté la conquête et l’exercice du pouvoir politique grâce à la recherche d’un soutien populaire ».18
Ces mesures n’ont que pour objectif de faire des partis politiques de véritables espaces à partir desquels des citoyens se préparent pour exercer le pouvoir. Ainsi, les partis politiques n’attendront plus la période des élections pour mettre en état de veille leurs militants ou les citoyens comme c’est le cas au Bénin.

A- Vers l’institutionnalisation de «La maison des partis politiques »

L’engagement de tout citoyen dans la vie publique ainsi que l’exercice par ce dernier de responsabilités publiques et politiques sont comparables à un sacerdoce qui exige apprentissage et formation permanents. L’objet de la présence du citoyen sur la scène publique, c’est bien évidemment son dévouement pour la cause commune, la gestion efficace et efficiente des biens de la nation. Cette responsabilité ne saurait être confiée à tout individu, c'est-à-dire, tout citoyen qui n’aurait pas au préalable des prédispositions sur les notions de biens publics, nation, service, culture démocratique, probité, transparence, patrie, patrimoine national…
La nécessité d’instituer un cadre permanent de réflexion et de formation pour une responsabilité plus accrue du citoyen et une dynamique des partis politiques s’avère importante. Ce cadre institutionnel peut porter le nom de « La Maison des partis politiques », à l’instar de la « Maison des Médias Thomas Mègnassan» qui, après plusieurs années d’existence, a joué un rôle prépondérant dans l’affirmation de la presse béninoise dans le processus de consolidation de notre jeune démocratie.
Outre les médias, la société civile dispose aussi à son niveau d’un cadre de rencontre, de concertation, de formation et de veille permanente, aux fins d’apporter sa pierre à l’édification d’une société de démocratie. La même expérience peut être aussi faite au niveau des partis politiques ; seulement dans le cas d’espèce, l’acte de naissance de « La Maison des partis politiques » doit émaner de l’Assemblée nationale qui, de concert avec l’Exécutif, élaborera une charte de fonctionnement de cette institution. Celle-ci aura à sa tête un organe directeur qui pour sa crédibilité sera composé de députés en activité et hors d’activité, de représentants du Gouvernement, de professeurs d’universités, d’hommes politiques, tous marqués par une expérience de l’histoire politique de notre pays.
La tâche principale de cet organe directeur consistera à se préoccuper en permanence de la formation des jeunes, des chefs de partis politiques et de toute personne qui nourrit le désir de s’engager dans l’animation de la vie publique et politique du Bénin. « La Maison des partis politiques» aura également à émettre ses points de vue sur la dynamique des partis politiques au Bénin, et ce, à travers des rapports, des investigations, des séminaires …; dans cette volonté de redonner aux formations politiques leur lettre de noblesse, «La Maison des partis politiques» s’évertuera à concevoir des idées en vue de susciter au sein du parlement ou du gouvernement des propositions ou projets de loi allant dans le sens de l’affirmation des partis politiques au cœur du processus démocratique amorcé par le Bénin depuis février 1990.

IV- La question de la réhabilitation de « l’animal politique »

L’article 35 de la loi fondamentale prévoit : « les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun ».19 Au regard de l’évolution de la vie politique, économique, sociale et culturelle de notre pays depuis 1990, cette disposition constitutionnelle semble ne pas préoccuper la classe politique et les cadres béninois. C’est pourquoi, il urge que des suggestions allant dans ce sens soient faites.

L’homme politique devant
les faits

Les hommes politiques (pour la plupart d’entre eux) du fait des nombreux cas de mauvaises gestions, de dilapidations des biens publics, de la gabegie financière, de la corruption…, semblent avoir perdu toute crédibilité devant les citoyens. Et pour cause : « les difficultés quotidiennes en matière de santé, d’éducation et de survie tout simplement avaient largement frustré le peuple…, les instances habituelles de mobilisation, notamment les partis politiques ont simplement déserté le forum ».20
A l’approche des élections, les hommes politiques sont perçus comme des bailleurs de fonds, rassembleurs de foule, grands orateurs, des leaders apparemment décidés à vouloir mener une lutte implacable contre la paupérisation, la misère ambiante dans laquelle végètent les populations. Mais après leur descente même dans les hameaux les plus reculés, avec à la clé l’espèce sonnante et trébuchante, des vivres, du matériel de tous genres, c’est à peine une fois avant les élections à venir que les populations les reçoivent: « ainsi, on a vu des jeunes gens des localités rurales se mobiliser pour accueillir tous les leaders qui parcourent leur localité et recueillir systématiquement les dons en nature et en espèce dont les hommes politiques semblent particulièrement prolifiques en période électorale ».21
Autre fait qui amène de plus en plus les populations à perdre toute considération à l’égard des hommes politiques, c’est l’opulence dans laquelle vivent certains d’entre eux qui accèdent aux milieux politiques. En effet, point n’est besoin de rappeler le constat selon lequel tous ceux qui s’adonnent à la politique dans notre pays changent momentanément de mode de vie et deviennent en l’espace de quelques mois des hommes nantis ou tout quand même mieux confortés qu’auparavant. C’est à croire par conséquent que la politique est pourvoyeuse de richesses ; elle nourrit considérablement son homme au Bénin, un métier presque ! C’est alors qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes optent pour le milieu politique aux fins de se faire une fortune :
« Ainsi, en est-on arrivé à entendre des jeunes élèves et étudiants rétorquer à leurs parents ou enseignants qui les rappellent à la nécessité du travail et de la persévérance que telle personnalité politique ou du monde des affaires n’a pas atteint leur niveau scolaire ou, pire encore n’a pas « d’affaires propres » et pourtant elle est vénérée dans la cité ».22 Cette situation a été malheureusement renforcée par de nombreux cas de détournements, de corruptions, de prévarications crasseuses ou d’autres manipulations frauduleuses; le phénomène « d’achat d’hommes politique » en l’occurrence des députés à l’Assemblée nationale relayé par la presse renforce la déconsidération des populations vis-à-vis des leaders politiques : les déclarations de la députée Rosine Soglo en décembre dernier lors du vote de rejet de recevabilité du projet de révision de la Constitution du Bénin est encore gravées dans les mémoires.23

La formation de l’élite
béninoise

L’élite est définie selon le Dictionnaire Larousse comme «l’Ensemble des personnes les plus remarquables (d’un groupe, d’une communauté) »24 ; les élites peuvent être aussi définies comme des citoyens épris de l’amour du travail bien fait, de la justice, du respect de la législation, du patriotisme… Il s’agit dans le cas d’espèce en l’occurrence des leaders politiques, - les militants de partis politiques, conseillers communaux, maires, députés, ministres…-, qui doivent être amenés à se rendre compte de l’enjeu de la politique et par ailleurs contraints à observer ses exigences. Il faut même penser à son introduction à la base :
« …la formation politique est en tant que préoccupation importante de la société mise en œuvre au niveau des écoles, des universités, des partis politiques, des syndicats, des églises et des associations… Elle aborde aussi bien des questions relatives à la définition de la politique et à ses répercussions sur le système démocratique que la sauvegarde et l’approfondissement de la démocratie par le biais de la formation civique et politique»25. L’espace politique doit être amené à constituer un cadre de mobilisation des citoyens épris du bien de tous, et par conséquent, une activité qui requiert de la part de ceux ou celles qui veulent s’y adonner des vertus, des qualités, des compétences :
« une réelle réhabilitation de l’Homme politique peut consister en une application réelle des règles d’incompatibilité entre les activités politiques et certaines fonctions ou professions. Une vraie réhabilitation peut consister en l’élection ou en la promotion de citoyens aux compétences professionnelles établies, à la probité morale reconnue… »26 .
Cela peut tout simplement rimer avec la rigueur observée dans le choix des membres des institutions de la République.27 Ainsi, selon par exemple les dispositions de l’article 115 de la constitution pour ce qui concerne les membres de la Cour constitutionnelle, il est demandé que «outre la condition de compétence professionnelle, il faut être de bonne moralité et d’une grande probité ».
La démocratie a besoin de démocrates ; et le démocrate, c’est celui qui se met au service de son pays à travers le mode politique d’organisation politique retenu. A cet effet, les dirigeants politiques doivent davantage permettre à la justice de s’auto-saisir des cas de malversation financière, de corruptions, de détournement de deniers publics ; cela contribuera à amener ceux en charge de la gestion des biens de la nation à faire montre d’une transparence totale dans l’exercice de leurs fonctions respectives. Car, le règne de l’impunité au Bénin a fait croire à certaines personnes qu’on peut faire la politique au Bénin sans craindre d’aller en prison. L’engagement des citoyens sur l’arène politique doit certes être encouragé mais des garde-fous ne doivent pas manquer d’être prévus en cas de malversations ou autres infractions.
En conclusion, la politique telle que pratiquée au Bénin ne rassure toujours pas les citoyens: «… l’élection de mars 2006 a montré que les partis politiques ont été absents pendant les grands débats politiques »28. Au vu de cela, il faut trouver d’autres alternatives pour faire comprendre au peuple qu’il a son rôle à jouer dans la construction d’une société où il fera bon vivre pour tout le monde : « la noblesse de l’engagement politique est indéniable. Les abus qui existent ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt de tous ceux qui, animés par le souci de la justice et de la solidarité, se dépensent pour le bien commun et conçoivent leurs activités comme un service et non comme un moyen de satisfaire leur ambition personnelle»29

*Observateur de la vie
politique et auteur

Société 20 mars 2018


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