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Nouvelles

Systèmes sanitaires du Mono et du Couffo: Le point des indicateurs de performance et les attentes

L’état des lieux des systèmes sanitaires du Mono et du Couffo, en 2017, a été rendu public, vendredi 2 février dernier à Lokossa puis à Aplahoué. C’était à la faveur d’une cérémonie d’échange de vœux où des doléances ont été faites en vue de mieux satisfaire les usagers des formations sanitaires du secteur public.

L’ex-département du Mono et du Couffo constitué de quatre zones sanitaires, d’un Centre hospitalier départemental (Chd) et de quatre hôpitaux de zone, s’est vu éclaté, en février 2017, en deux directions départementales de la Santé. En revanche, le plan intégré de travail annuel (Pita) élaboré en début de l’année 2017, avant le processus de départementalisation de la pyramide sanitaire, a été conjointement mis en œuvre par les deux directions.
Au terme de l’exercice de gestion 2017, le bilan commun affiche un taux d’exécution physique de 90,68 % contre 95,08 % en 2016 et un taux d’exécution financière de 95,41 % contre 89,36 % en 2016. La performance en consommation financière, aux dires de Dieu-Donné Bahoundjè, chef intérimaire du service de la Planification, de l’Informatique et de la Recherche en santé (Pirs), s’explique par la prise en charge, par l’ex-Coopération technique belge (Ctb), devenue « Enable », à travers son programme Pass Sourou, de certaines activités non programmées, mais jugées pertinentes. Elle l’avait fait, en parallèle à son assistance aux zones sanitaires dans le cadre du financement basé sur les résultats qui s’est poursuivi jusqu’à fin septembre 2017.
Pour les activités dûment prévues au Pita, la mobilisation de ressources financières traditionnelles a été nécessaire. Lesquelles ressources ont vu leur niveau porté à 1132,006 millions francs Cfa contre 1042,585 millions francs Cfa pour le compte de l’exercice 2016. Cette allocation ne prend pas en compte les crédits délégués du budget national affectés à l’ensemble des zones sanitaires et au Chd. Lesquels crédits s’élèvent globalement à 556, 627 millions francs Cfa dont 70,4 millions francs Cfa de crédits non délégués affectés au fonctionnement spécifique du Chd situé à Lokossa.

Des indicateurs de performance

Ces différents apports financiers et bien d’autres facteurs ont permis d’enregistrer quelques résultats désormais connus de tous. L’incidence du paludisme grave, pour 1 000 habitants, est passée à 7,31 contre 9,17 en 2016. De 24,75 % en 2016, le taux de mortalité périnatale pour 1 000 est passé à 22,50 % en 2017. Le taux de couverture vaccinale en Var est maintenu à 96 % contre une norme nationale de 78 %. Le taux de couverture vaccinale en Vat2+ chez les femmes enceintes a aussi stagné à 61 % contre la norme nationale de 70 %.
Dieu-Donné Bahoundjè ajoutera que dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant, demeure effective la pratique des audits systématiques de décès maternel et néonatal. Aussi, a-t-il fait mention de la régularité des activités de la transfusion sanguine et des campagnes de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive, de dépistage en infections sexuellement transmissibles (Ist) et du Vih/Sida ainsi que de la promotion de la Planification familiale. Par rapport à la lutte contre les épidémies, assure Dieu-Donné Bahoundjè, le système de veille est renforcé et la mise en place des produits de prise en charge gratuite est effective.
Au plan des infrastructures, il y a eu, selon lui, quelques constructions, tant dans le Mono que dans le Couffo. Pour le compte du premier département, deux logements pour des agents de santé ont été construits. L’un à Gnito dans Djanglanmè et lautre à Tinou, un village de Lokossa. Le centre de santé de Sazué, à Grand-Popo, a été doté d’une paillote. Est également effectif l’achèvement de la construction des clôtures des centres de santé de Oumako, dans la commune de Comé et de Yègodoé à Bopa.
Aussi, dans le Couffo, cinq centres de santé ont-ils été entièrement clôturés. Il s’agit des centres de santé de Madjrè, de Missinko, de Kokohoué, d’Adjahonmey et du Hondjin.
En dépit de ces efforts, les directeurs départementaux de la santé (Dds) n’entendent pas baisser la garde. « Les résultats obtenus ne répondent pas encore aux attentes des utilisateurs de nos formations sanitaires », a souligné Dr Etienne Hounkonnou, Dds du Mono.

Les attentes

Pour sa part, le délégué du personnel, Ambroise Sossou, retient que pour relever les indicateurs de performance, il faut apporter des solutions aux difficultés qui jalonnent les deux systèmes sanitaires. Entre autres, il mentionne l’insuffisance de personnel qualifié, des équipements médicaux techniques et du manque de ressources financières généralisées au niveau de toutes leurs formations sanitaires. A cette liste, Dieu-Donné Bahoundjè ajoute l’insuffisance et la vétusté des véhicules de supervision, non sans faire cas de la restriction budgétaire engendrée par les réformes structurantes de l’ex-Coopération technique belge.
En prenant acte de ces doléances, Dr Etienne Hounkonnou, Dds du Mono, a, quant à lui, invité les autorités politico-administratives à s’engager à leurs côtés. « La santé de la population, justifiera-t-il, ne dépend plus seulement des agents de santé seuls, mais aussi de tous les acteurs du système local de santé (Sylos). »
Le secrétaire général de la préfecture de Lokossa, Arnaud Agon, affirme que la contribution des partenaires techniques et financiers est également attendue. Il plaide ainsi pour que ces derniers fassent preuve « de souplesse en tenant compte des besoins exprimés par les acteurs techniques de la santé »?

Société 07 févr. 2018


Résolution de la crise à Wémèxwé: Le médiateur de la République fait dialoguer les deux camps

Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, met à l’épreuve ses techniques en matière de médiation pour tenter de faire fumer le calumet de la paix, aux protagonistes de la crise autour de Wèmèxwé.

Une lueur d’espoir jaillit sur la crise au sein de l’association Wémèxwé. Et pour cause ! Le médiateur de la République a décidé d’offrir ses bons offices pour le règlement des différends à l’interne de ce creuset des filles et fils de la Vallée de l’Ouémé. Bien que ce ne soit pas de ses prérogatives constitutionnelles, Joseph Gnonlonfoun s’est autosaisi de la crise et a invité, ce mardi 6 février, les deux camps au siège de son institution à Porto-Novo.
L’aile du comité intercommunal de l’organisation de cette fête identitaire est conduite par le coordonnateur général Antoine Bonou et celle du collectif des six assignés dissidents par son président, Wassi Yessoufou. Les discussions ont duré six heures d’horloge. Rien n’a filtré de la rencontre qui s’est tenue à huis clos, loin des micros et des caméras.
Selon des informations recoupées, la rencontre aurait permis aux deux camps de se parler et de se vider. Toutes les questions de fond qui fâchent auraient été mises sur la table et décortiquées une à une. Certaines auraient même fait l’objet d’accord entre les parties et d’autres en instance de mûrissement pour l’obtention du consensus. Un projet de protocole d’accord aurait sanctionné les assises d’hier. Lequel protocole est soumis actuellement à l’amendement de chacune des parties avant son adoption. Les deux protagonistes de la crise se retrouvent demain, jeudi 8 février, toujours sous l’égide du médiateur de la République, pour approfondir les échanges devant conduire à la signature du document d’accord.
Au regard de la bonne mine qu’affichaient les uns et des autres, hier à la sortie du cabinet du médiateur de la République, l’on peut affirmer sans risque de se tromper que la porte de sortie de cette crise n’est plus loin. Et ce sera à l’actif des deux camps et surtout du médiateur de la République qui aurait vu juste en s’invitant dans la résolution du différend au sein de cette association qui organise chaque année, la fête identitaire des natifs de la région Wémè.
Cette fête de retrouvailles, faut-il le rappeler, a du plomb dans l’aile depuis l’édition de 2017, la huitième, où il y a eu grave désaccord entre la coordination générale et certaines filles et fils de la Vallée de l’Ouémé. Ces derniers ont confectionné et mis en vente un tissu autre que celui commandé par le camp originel pour la fête. Un bras de fer judiciaire s’en est suivi. Le juge des référés du tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo avait rendu une ordonnance pour suspendre l’organisation de la fête jusqu’à nouvel ordre pour risque de trouble à l'ordre  public. Il a par ailleurs invité les deux parties à la réconciliation avant la levée de cette ordonnance. Au finish, l’édition 2017 de cette fête n’a pu avoir lieu. Mais cette crise qu’on croyait terminée en 2017, a resurgi cette année depuis que la coordination générale a relancé les préparatifs de la neuvième édition de cette fête prévue pour se tenir du 21 au 25 février prochain à Adjohoun. Ce que ne voient pas toujours d’un bon œil, les dissidents qui ont saisi, le 1er février dernier, le président du tribunal de Porto-Novo, pour que soit respectée l’autorité de l’ordonnance de 2017 pour surseoir à l’organisation de l’édition de cette année. Les deux camps se regardent en chiens de faïence depuis le 1er février dernier. Soucieux de la paix et de la cohésion au sein du peuple Wémè, le médiateur de la République a décidé de faire œuvre utile en ramenant les deux parties autour d’une table de négociation?

Société 07 févr. 2018


Bavure policière à Agbangnizoun : Deux morts lors de l’arrestation d’un présumé escroc

Deux dames sont décédées, ce mardi 6 février à Agbangnizoun, après avoir reçu des balles des forces de l’ordre venues arrêter l’un de leurs parents. La première a rendu l’âme sur-lechamp et la seconde a été référée dans un hôpital, mais n’a pas survécu.

C’est au cours d’une opération menée par les éléments de la Police républicaine que le drame est survenu, ce mardi 6 février à Lissazounmè dans la commune d’Agbangnizoun. La brigade de recherche de Sodohomey à Bohicon s’est rendue au petit matin dans la localité pour procéder à l’arrestation du nommé Fidèle Bossikponon, qui serait un vendeur de grigris impliqué dans une affaire d’escroquerie et en fuite.
Aux environs de 5 h, les éléments armés se sont rendus à son domicile à Lissazoumè pour procéder à son arrestation. Mais avant que la police républicaine ne réussisse à mettre le grappin sur l’intéressé, la maisonnée a été rapidement alertée par ce dernier pour faire échouer l’opération. C’est ainsi que les dames de la cour se sont mobilisées, n’hésitant même pas à faire face aux agents. Une stratégie pour permettre à l’intéressé de se soustraire. C’est donc au cours de cette interférence que deux dames reçoivent les balles en tentant d’arracher les armes aux policiers. Se voyant débordés et pris au piège, les éléments ont ouvert le feu sans ménagement, atteignant mortellement deux membres de la famille. De sources proches de la famille, il s’agit de la belle-mère de l’intéressé et de l’épouse d’un de ses frères.
Selon les témoignages recueillis sur les lieux du drame, les éléments de la brigade de recherche se seraient rendus sur les lieux de l’opération à bord d’un véhicule banalisé à immatriculation nigériane. Ce qui aurait fait douter les membres de la famille du présumé escroc. Puis, à Lissazoumè beaucoup croient que c’est plutôt la police nigériane qui est venue faire l’opération. Surtout que visiblement, la brigade de Lissazoumè n’était pas sur les lieux de l’opération. Durant toute la journée d’hier à Lissazoumè, des actions ont été menées pour calmer la tension qui semblait monter. Il fallait agir rapidement pour que ce drame qui semblait être la conséquence d’une certaine légèreté dans l’opération d’arrestation d’un présumé escroc ne dégénère.
Jusqu’au départ de Lissazoumè de notre équipe de reportage, des éléments de la Police républicaine en civil y étaient encore tard dans la soirée pour garder le contrôle de la situation?

Société 07 févr. 2018


Assainissement du cadre de vie à Cotonou: Les rues de Cotonou transformées en toilettes publiques

Il se révèle être difficile, voire impossible de sillonner Cotonou, à n’importe quel moment de la journée, sans appréhender un quidam en train d’uriner dans la rue, aux abords des voies. L'utilité de toilettes publiques se fait ressentir alors que celles qui existent sont mal entretenues.

Aujourd’hui à Cotonou, aussi bien les hommes que les femmes ne trouvent aucun inconvénient à uriner en pleine rue, au bord des voies, dans les caniveaux destinées à collecter les eaux usées. Autrement dit, ils sont prêts à exposer leur nudité aux passants, à polluer l’environnement, dès qu’ils sont pris par l’envie d’uriner. Plusieurs personnes interrogées ont confié qu’il leur est déjà arrivé, une fois au moins d’uriner dans une rue à Cotonou. Elles déplorent la rareté des toilettes publiques dans la ville pour justifier le choix de la rue pour se soulager. « On le fait parce qu’il n’y a pas tellement de toilettes publiques à Cotonou. Et quand le besoin est pressant, on ne peut se mettre à chercher ces toilettes qu’on n’est pas sûr de trouver aussitôt », fait savoir Gilles Aïkobinou, un étudiant rencontré à Cadjèhoun.
Chadrack Fènu, informaticien, abonde dans le même sens et déclare qu’il manque cruellement de toilettes publiques à Cotonou. Certains avancent qu’ils choisissent d’uriner dans la rue, parce qu’ils ne peuvent pas payer pour accéder aux toilettes publiques, comme privées existant dans leur entourage. « Avec la morosité économique actuelle dans le pays, je ne me vois pas en train de payer pour avoir accès aux toilettes. Il est déjà difficile de manger à sa faim, et on va nous demander de payer pour uriner. Cela ne pourrait se faire tant qu’on pourra uriner gratuitement ailleurs », a déclaré un trentenaire ayant requis l’anonymat.
Lambert Ayitchéhou, directeur des services techniques de la mairie de Cotonou, fait savoir que la mairie, en 2011, a procédé avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), à l’installation de toilettes publiques dans certains quartiers de la ville. Huit modules de quatre latrines et de douches publiques ont été installées dans la phase pilote du projet Promotion des toilettes publiques et reboisement des artères dans la ville de Cotonou, précise-t-il. Si le projet n’a pas connu de suite à ce jour, poursuit-il, c’est parce qu’une enquête faite de la gestion de ces infrastructures a permis de noter que la population n’accompagne pas l’idée. « Les Organisations non gouvernementales choisies par les chefs d’arrondissement pour gérer ces toilettes nous ont fait savoir que l’activité ne leur est pas rentable. D’après leurs déclarations, il est difficile pour eux de faire vider les toilettes et de payer l’individu chargé de garder les lieux ; étant donné que nos concitoyens refusent de payer les frais d’accès aux toilettes, soit 25 francs pour uriner et 50 francs pour les selles. C’est pourquoi les gestionnaires ont dû renoncer aux activités de gestion de ces ouvrages », a-t-il ajouté.
Josiane Hounton, agent au service de l’Assainissement urbain de la Dst de la mairie de Cotonou confie : « Des urinoirs avaient été installés au stade de l’Amitié étant donné que c’est un lieu qui regroupe un nombre important d’individus. On déployait aussi les toilettes mobiles lorsque les organisateurs de diverses cérémonies sur les espaces publics informent la mairie de la tenue des événements. Mais on a cessé de faire tout ça, faute de moyens ». « Les toilettes mobiles que possède la mairie ne sont pas adaptées. Ces genres de toilettes servent à faire les deux besoins. La cuvette est à ciel ouvert, elle n’a pas de protection», explique-t-elle. « Cela étant, en voulant faire ses besoins, une personne est appelée à voir le dépôt de celui qui a utilisé le matériel avant elle. L’usage n’a pas été accepté par la population. Encore qu’il faut quelqu’un pour y mettre les produits à chaque fois et le faire vidanger régulièrement», a signifié Josiane Hounton.
Toutefois, le Dst entend mettre en œuvre de nouveaux projets pour permettre aux quartiers dans le besoin de ces ouvrages d’assainissement, d’en posséder à nouveau, grâce à un partenariat entre la mairie et d’autres structures. Un courrier aurait été envoyé, selon lui, aux différents chefs d’arrondissements pour que ces derniers fassent connaître à la direction des Services techniques, leurs besoins en la matière, de même que les espaces choisis pour recevoir les ouvrages. « Mais en attendant que ces projets ne se concrétisent, nous pensons effectuer une enquête devant permettre d’en savoir davantage sur les toilettes fonctionnelles ou non. Cette approche nous permettra de les réhabiliter », a-t-il assuré.
Concernant la gestion de ces toilettes, un appel à compétence sera lancé pour une meilleure gestion des ouvrages. « Ainsi, les dispositions seront prises pour sanctionner les personnes qui enfreignent à la loi, parce que toute pollution est passible de sanction », a conclu le Dst, Lambert Ayitchéhou?

Environnement 07 févr. 2018


Visite au Bénin du ministre canadien Marie-Claude Bibeau: Renforcer les liens de coopération entre le Bénin et le Canada

En visite de travail au Bénin, le ministre canadien du Développement International et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a été reçu, lundi 5 février dernier, par le président de la République Patrice Talon.

Selon un communiqué de la direction de communication de la Présidence parvenu à notre rédaction, les échanges entre le chef de l’Etat béninois et la ministre canadienne ont été axés sur le renforcement des liens de coopération entre les deux Etats. Cette coopération qui date des années 60 s’est dynamisée à partir d’octobre 1992 sur la base de l’Accord général de coopération au développement dans les domaines politique, diplomatique, économique, social et sécuritaire.
La visite de Marie-Claude
Bibeau vise à renforcer davantage ces relations bilatérales, notamment dans la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des populations en l’occurrence les femmes et les jeunes à travers plusieurs activités et programmes de coopération. Le communiqué précise qu’il s’agit notamment du Projet d’appui au développement, à la professionnalisation et à l’assainissement de la Microfinance (Adapami), du Projet d’appui à l’entreprenariat féminin au sein de la Filière riz au Bénin (Paeffr- Bénin), du projet d’appui à la structuration d’une agriculture familiale rentable, équitable et durable (Pasafred) au Bénin, du Projet Services d’appui sur le terrain (Psat) au Bénin.
La visite du ministre canadien qui s’inscrit dans le cadre d’une tournée régionale, prend fin ce mercredi 7 février. Mais avant, Marie-Claude Bibeau et sa délégation se sont rendues à Djakotomey dans le département du Couffo, pour visiter les femmes victimes de mariage précoce prises en charge par le Projet Care ainsi qu’à Comè dans le Mono pour rencontrer les femmes entrepreneurs du projet Insertion durable des diplômés du secteur agropastoral (Idda) avec la Fondation Paul Gérin-Lajoie.

Claude U. PLAGBETO

Actualités 07 févr. 2018


Construction de l’aéroport de Glo-Djigbé: Le Fsp souhaite un « juste dédommagement » pour les expropriés

Le Front pour le sursaut patriotique (Fsp) s’est prononcé sur l’actualité, à la faveur d’un point de presse organisé, ce lundi 5 février à Cotonou. Jean Kokou Zounon et les autres réclament, entre autres, « un juste dédommagement » des propriétaires terriens expropriés dans le cadre du projet de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé.

« Le Fsp est entièrement d’avis qu’il faut pour notre pays un nouvel aéroport. Mais il faut un juste dédommagement des populations et propriétaires terriens », a insisté Jean Kokou Zounon, porte-parole du Front pour le sursaut patriotique (Fsp), au cours du point de presse organisé hier à Cotonou.
Présentant les résultats d’une enquête diligentée par le Comité départemental du Fsp de l’Atlantique, le conférencier n’admet pas les prix auxquels les parcelles sont expropriées. Il trouve que l’Agence nationale du domaine et du foncier (Andf) et le ministère des Infrastructures et des Transports peuvent mieux faire pour la satisfaction des citoyens concernés. « Le dédommagement aujourd’hui ne peut pas se baser sur les prix de 2006, il y a donc douze ans ; il faut reconstituer le patrimoine au prix actuel », a-t-il déclaré.
Le Fsp préconise la prise en compte des réalités actuelles dans la zone, en indiquant que le mètre carré varie de 1000 F à 7000 F Cfa. Sur un tout autre registre, le Fsp est revenu sur l’arrestation de Laurent Métongnon et affirme que ce dernier « n’est pas responsable des faits dont il est accusé ». Le Front demande sa libération et s’indigne, par ailleurs, du « quadrillage policier » qu’il y a eu au Palais de justice, le 30 janvier dernier où le responsable syndical devrait comparaître. « Des militants et sympathisants, malgré l’incertitude qui planait sur la tenue de l’audience, compte tenu de la grève des magistrats, ont fait le déplacement et se sont heurtés à ce dispositif de siège policier du tribunal », rappelle Jean Kokou Zounon.

Autres sujets

Un autre point abordé au cours de la rencontre avec les professionnels des médias, c’est celui relatif aux salaires des ministres, des membres de leur cabinet et des préfets. Après avoir dénoncé le fait qu’au Bénin le salaire des fonctionnaires ou des agents sus-cités, soit gardé secret, Jean Kokou Zounon, au nom des membres du Fsp, laisse entendre que seule l’amélioration de la situation socioéconomique du pays devrait être une priorité pour le gouvernement. « Il manque de gants dans les hôpitaux et centres de santé publics, les parents appauvris doivent continuer de débourser des sommes exorbitantes pour les études de leurs enfants dans les universités d’Etat (…) », a-t-il fait comprendre.
Selon le Fsp, certaines décisions de la Cour constitutionnelle, dont celle relative à l’actualisation de la Lépi, ne seraient pas respectées. Le Fsp réclame toujours la tenue des assises nationales. Les membres de ce regroupement politique estiment que le Bénin ne se porterait mieux qu’avec l’organisation des états généraux du peuple?

Actualités 06 févr. 2018


Paralysie dans l’enseignement maternel, primaire et secondaire: Le Front d’action maintient sa motion de grève

Le Front d’action des syndicats de l’éducation a animé, ce lundi 5 février à Cotonou, un point de presse pour faire des mises au point en ce qui concerne le mouvement de grève enclenché depuis quelques semaines et qui se poursuit.

« Nous sommes engagés dans un combat de libération et les intimidations, les menaces de toutes sortes et les traditionnelles fuites en avant du gouvernement risquent cette fois-ci d’être fatales pour l’école béninoise », ont réaffirmé, hier, les porte-parole du Front d’action des syndicats de l’éducation, face aux journalistes. Codjo Jean Aadja et Eric Roméo Pehos ont précisé que les syndicats affiliés au Front suivent deux motions : celle du Front qui porte essentiellement sur les revendications des enseignants et celle des confédérations et centrales syndicales qui porte sur les revendications transversales à tous les secteurs d’activités puis les revendications relatives aux libertés et à la démocratie. 

Les revendications des enseignants en mouvement portent, entre autres, sur l’application sans délai des décrets n°2015-592 et n°2015-593 du 21 novembre 2015 portant respectivement statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du second degré et statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du premier degré, notamment l’indexation des salaires des enseignants de la Maternelle, du Primaire et du Secondaire. Ils réclament également la jouissance effective des avantages contenus dans les huit premiers projets d’arrêtés dont l’incidence financière a été déjà évaluée dans les deux sous-secteurs. La régularisation de la situation administrative et financière des différentes catégories d’enseignants, le règlement de tous les problèmes de formation et l’achèvement des différents reversements en agents contractuels et permanents de l’Etat (Ace et en Ape) figure parmi les points de la plateforme revendicative. Aussi, le Front insiste-t-il sur la signature du nouvel arrêté portant modalités de recrutement et d’emploi des enseignants vacataires, le relèvement effectif du taux horaire de vacation conformément aux propositions retenues lors des travaux de la dernière Commission interministérielle mise sur pied par arrêté n°566/MESTFP/DC/SGM/DAF/SA du 04 décembre 2017 et le recrutement d’enseignants prévu au titre de l’année 2018 au profit du Memp et du Mesttfp ainsi que le transfert des cotisations des Ace de la Caisse nationale de sécurité sociale au Fonds national des retraites du Bénin (Fnrb).
En tout état de cause, aucune sortie de crise ne saurait être envisagée si ces différents points ne sont satisfaits, ont laissé entendre les conférenciers.
Le Front a saisi l’occasion pour demander aux associations et à la Fédération des parents d’élèves, aux têtes couronnées et aux membres de la société civile, de s’impliquer dans le dénouement de la crise. Il appelle également les députés à faire pareil afin de sauver enfin l’école béninoise pour le bonheur de tous ses acteurs. A l’endroit du chef de l’Etat qui rencontre ce jour les responsables des centrales et confédérations syndicales, le Front d’action des syndicats de l’éducation demande qu’il tienne sa promesse de rendre l’enseignement plus attractif, en se penchant sur le cas des milliers d’enseignants demeurés au même salaire depuis dix ans ; les reversements, reclassements, avancements et autres qui évoluent à pas de tortue ; les statuts particuliers dont l’application devait être source de motivation des enseignants?

Actualités 06 févr. 2018


2e journée du tournoi de basketball Csp-Gbéto: Belle entame pour Montaigne chez les garçons

Démarrée samedi 27 janvier sur le terrain du Complexe scolaire protestant de Cotonou, la dix-septième édition de la Coupe Csp de basketball a enregistré sa deuxième journée le week-end dernier. Chez les garçons, l’établissement français d’enseignement Montaigne (Efem) s’est imposé face au Lycée technique Coulibaly (Ltc) (41-31) tandis que l’Ecole d’enseignement général, technique et professionnel Laura Vicuna a battu (39-21) le Complexe catholique Pierre Planque.

Le Cours secondaire Notre- Dame des Apôtres (Csnda) s’est imposé (27-21) face à l’Etablissement français d’enseignement Montaigne chez les filles. La troisième journée est prévue pour le week-end prochain. Chez les filles, le Complexe scolaire protestant vainqueur de Laura Vicuna (79-06) lors de la première journée, va affronter le Cours secondaire Notre-Dame des Apôtres (Csnda). Chez les garçons, l'Ecole Turque (Ufuk) jouera le Complexe scolaire protestant victorieux de Laura Vicuna (34-22) lors de la journée précédente. Enfin, le Lycée technique Coulibaly va affronter Cours Catholique La Salle?

Résultats du samedi 3 février 2018
G: Montaigne bat LT Coulibaly (41-31)
F: Notre-Dame bat Montaigne (27-21)
G: Laura Vicuna bat C.S.C Père Planque (39-21)
PROGRAMME de la troisième journée 10 février
G: Csp # Ufuk
F: Csp # Notre-Dame
G: L.T.Coulibaly # Cc La Salle

Sports 06 févr. 2018


Développement : Les sages de Porto-Novo prient pour la réussite du Pag

Le Conseil des sages de la ville de Porto-Novo a organisé, ce lundi 5 février, une conférence suivie de prières pour implorer la paix sur le Bénin, le président Patrice Talon, et pour le bon achèvement des chantiers de développement ouverts dans tout le pays en général et à Porto-Novo en particulier.

« Porto-Novo est en chantier avec plusieurs travaux ouverts par le gouvernement. Il faut le manifester, car tout ceci doit se faire dans la paix et les prières ». Ces propos du premier vice-président du conseil des sages de la ville de Porto-Novo, Bernard Dossou Dossa, résument l’objectif de la séance de prières organisée, ce lundi 5 février, par ce creuset présidé par Urbain Karim da Silva. A travers cette initiative, les sages de Porto-Novo entendent manifester leur joie pour les nombreux chantiers en cours dans la ville capitale, notamment les travaux d’aménagement en double voie du tronçon Porto-Novo - Akpro-Missérété long de 12,6 km. Le souhait du conseil est de voir ces projets achevés pour le bonheur de la population. Ce qui ne peut se faire sans la prière et les appels à la paix et à la sagesse surtout par ces temps de grandes perturbations où il est très difficile de traverser la ville de Porto-Novo à cause des chantiers routiers en cours.
Le conseil des sages de la ville Porto-Novo a donc jugé utile d’organiser cette séance de prière pour conjurer les éventuels blocages et difficultés que pourrait connaître la réalisation de ces travaux.
Tour à tour, acteurs des religions endogènes, musulmans, catholiques et protestants méthodistes ont défilé hier pour prier. Ils ont confié aux mains de Dieu et aux mânes de nos ancêtres, le président Patrice Talon et la réussite des projets inscrits dans le cadre du Pag et dont les premières retombées sont déjà visibles à Porto-Novo. Les différentes congrégations religieuses ont invoqué la bénédiction divine pour le bon aboutissement de ces chantiers dans la capitale. Lesquels seraient attendus depuis plusieurs décennies, souligne le prédicateur protestant Joseph Dohou qui remercie le président Patrice Talon pour avoir soulagé la peine des populations de la ville capitale et autres usagers de la route Porto-Novo - Akpro-Missérété. « Le bonheur vient des difficultés », observe le prédicateur Joseph Dohou qui a présidé le culte protestant méthodiste. Il salue cette initiative de prières pour la paix et la reconnaissance à Dieu.

Initiative louable

Ce faisant, le conseil des sages de la ville de Porto-Novo, sous l’impulsion de son président Urbain Karim da Silva, pose un acte dans la même ligne que les chrétiens philippins, thessaloniciens et colossiens qui, dans la Bible, ont eu la même pensée à l’endroit de l’apôtre Paul qui aurait connu beaucoup de difficultés dans sa mission d’évangélisation. Les représentants des autres religions présentes sont allés dans le même sens dans leurs prières ; en trouvant que le conseil des sages de la ville de Porto-Novo a été très bien inspiré à travers cette initiative qu’ils estiment louable.
Clôturant les travaux, le premier vice-président du conseil des sages, Bernard Dossou Dossa, a fait une déclaration sur l’actualité nationale. Une déclaration dans laquelle il encourage le président Patrice Talon à poursuivre ses chantiers de développement tels que la construction de l’aéroport de Glo-Djigbé, la construction des centrales électriques pour faire oublier le délestage, l’assainissement du Grand Nokoué à savoir Ouidah, Abomey-Calavi, Cotonou, Sèmè-Podji et Porto-Novo avec l’acquisition de dix camions à essieux, la concrétisation des réformes dans les secteurs de l’économie. « Porto-Novo est fier déjà des retombées du Pag. La ville le sera davantage avec la réalisation du marché international. C’est un projet qui tient à cœur au conseil des sages de la ville de Porto-Novo », souligne Bernard Dossou Dossa.
Le premier vice-président du conseil des sages de la ville de Porto-Novo s’est prononcé aussi sur plusieurs autres sujets d’actualité dont la peste porcine africaine, la fièvre hémorragique Lassa, les grèves dans l’Administration publique, et a exhorté les uns et les autres à cesser les intoxications et autres médisances à l’endroit du chef de l’Etat et la lutte contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscales?

Société 06 févr. 2018


Dr Serpos Dossou, médecin cancérologue: « Nous avons environ 5000 nouveaux cas de cancer par an au Bénin »

La communauté internationale a célébré, dimanche 4 février dernier, la Journée mondiale contre le cancer. Les cancers figurent parmi les principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), le nombre de nouveaux cas devrait augmenter de 70 % environ au cours des deux prochaines décennies. Que faut-il savoir face aux cancers ? Les facteurs de risque et les moyens de prévention ? Le docteur Serpos Dossou, médecin cancérologue, spécialisé en radiothérapie et promoteur du centre de cancérologie de Cotonou, nous en donne les explications.

La Nation : Qu’appelle-t-on cancer ?

Dr Serpos Dossou : Le cancer, contrairement à ce que tout le monde pense, ce n’est pas une maladie, c’est un groupe d’affections caractérisé par une prolifération anormale cellulaire échappant au mécanisme de régulation et détruisant le tissu dans lequel elle se développe, capable de dissémination dans l’organisme et susceptible de récidive après traitement. C’est pour vous dire qu’il y a plusieurs cancers. En fait, ce sont nos propres cellules qui commencent à se multiplier de façon anarchique et qui échappent au mécanisme de régulation normale.

Quels sont les types de cancers que nous avons ?

Le cancer peut toucher n’importe quel tissu. Donc vous pouvez avoir le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le cancer de la prostate, le cancer des yeux, le cancer de la peau pour ne citer que ceux-là, sinon il y en a énormément. Nous, on les classe par groupes. On parle des cancers gynéco-mammaires, des cancers digestifs, des cancers ORL, des cancers pédiatriques, ainsi de suite.
Au Bénin, les plus fréquents chez les femmes, c’est le cancer du sein qui vient en première position, suivi du cancer du col. Chez les hommes c’est le cancer de la prostate qui vient en première position mais de façon globale, il y a les cancers digestifs. Selon les statistiques de Globocan 2012, on a environ 5000 nouveaux cas de cancer par an au Bénin et selon la dernière thèse que nous avons encadrée par rapport au cancer du sein, il y a environ 1000 nouveaux cas et 425 décès par an. Ces statistiques sont forcément sous-estimées parce que nous n’avons pas de grands registres qui répertorient tous les cancers. Nous avons un registre à Cotonou qui a démarré. Il faut l’aider et il faut des registres dans les autres villes pour qu’on puisse avoir un répertoire complet de tous les cancers que nous avons.

Quelles sont les causes du cancer ?

En cancérologie, on ne connaît pas beaucoup de causes ; nous parlons plutôt de facteurs de risque. Les rares cancers dont on connaît une partie de la cause sont par exemple le cancer du col de l’utérus où on sait que c’est le virus HPV (virus du papillome humain). Pour les autres cancers, on connaît les facteurs de risque. Pour le cas du cancer du poumon par exemple, le tabac est un facteur de risque. Pour le cancer du sein, l’obésité est un facteur de risque. On sait aussi que par rapport à ce cancer, les femmes qui allaitent font moins le cancer du sein ; celles qui font du sport font moins du cancer du sein. Dans les cancers digestifs et ORL, l’alcool et le tabac constituent des facteurs de risque. Il y a également des cancers professionnels : chez les menuisiers par exemple, la suie peut être source de cancer du poumon. Il y a l’amiante qui peut aussi être source de cancer de poumon chez ceux qui la manipulent.

Quelle est la part de la génétique dans la survenue d’un cancer ?

La génétique a un rôle très important à jouer et sur le plan héréditaire et sur le plan non héréditaire. Sur le plan héréditaire, nous savons que pour le cancer du sein par exemple, il y a 6 % de la population des femmes qui ont des mutations génétiques. La conséquence est que toutes les femmes de cette génération ou de cette famille sont susceptibles de développer un groupe de cancers comme le cancer du sein, le cancer des ovaires. C’est le cas de la famille de la célèbre artiste Angelina Jolie, qui a remarqué qu’elle avait une mutation génétique et qui a fait une mastectomie préventive, c’est-à-dire qu’elle s’est fait couper le sein pour ne pas avoir à développer le cancer.
Il y a des mutations qui ne sont pas génétiquement transmissibles. Il y a certaines mutations qui font que le même cancer peut être différent d’un individu à un autre. Ce qui fait que le traitement est différent, on est passé aujourd’hui au traitement à la carte.

Le vieillissement est-il aussi un facteur de risque ?

Oui, le vieillissement est un facteur de risque, car quand on vieillit, nos cellules se multiplient peu et il peut y avoir une fausse transcription lors de la division cellulaire et la cellule-fille n’est plus identique à la cellule-mère. Lors de cette fausse transcription, il n’est pas exclu qu’on ait des cellules mutées qui peuvent devenir des cellules cancéreuses et commencer à se multiplier anarchiquement.

Vous parliez de cancers pédiatriques, est-ce à dire que les enfants sont également exposés au cancer ?

Le cancer pédiatrique concerne les enfants. Les enfants ont des organismes en plein développement. Ainsi, on peut assister à une fausse multiplication de leurs cellules. Cette dernière conduit à une fausse cellule qui, si elle est cancéreuse, va continuer à se multiplier. La différence entre les cellules tumorales pédiatriques et celles de l’adulte est que les cellules cancéreuses chez les enfants répondent mieux au traitement que les adultes.

Quels sont les signes qui doivent nous alerter ?

Les symptômes de la maladie varient suivant chaque type de cancer. Pour le cancer du sein, la femme constate la présence de nodules dans le sein qui grossissent et qui font mal. Il devra s’en suivre une échographie mammaire ou une mammographie qui déterminera le besoin de pratiquer une biopsie du nodule, c’est-à-dire un prélèvement de ce nodule avec une aiguille fine afin de procéder à l’examen anatomopathologique. Pour le cancer du col, il est constaté des saignements en dehors de ceux des menstrues appelés métrorragies. Ces dernières peuvent être post-coïtales ou spontanées. Les métrorragies constatées chez les femmes déjà ménopausées sont des signes du cancer de l’endomètre. Chez l’homme, les difficultés mictionnelles (rétention aiguë d’urine) peuvent être des signes d’une infection, d’une hypertrophie de la prostate ou d’un cancer de la prostate avancé. D’autre part, une toux rebelle aux antibiotiques, qui n’est pas la conséquence d’une infection ou de la tuberculose, peut également faire penser à un cancer du poumon.

Une fois le cancer dépisté, comment la maladie est-elle prise en charge ?

La prise en charge du cancer est multidisciplinaire, c’est-à-dire qu’un seul cancérologue ne saurait affirmer qu’il sait traiter le cancer. La discipline cancérologie en elle-même comprend plusieurs spécialités. Donc nous avons : les chirurgiens cancérologues formés pour opérer les cancers, les oncologues médicaux chargés d’utiliser la drogue de chimiothérapie pour traiter les cancers, les oncologues radiothérapeutes chargés d’utiliser les rayons, les onco-hématologues formés pour traiter les cancers du sang comme les leucémies. Le traitement d’un cancer passe donc par la multidisciplinarité. Assez souvent, le patient ne va pas consulter en premier lieu un cancérologue mais un médecin généraliste ou un spécialiste. Ce dernier fait son diagnostic et le réfère au cancérologue.
En termes de traitement, nous en distinguons cinq groupes : le traitement chirurgical, le traitement médical, le traitement radiothérapeutique, le traitement par les thérapeutiques ciblés, le traitement par les hormones. Une bonne partie de ces traitements se fait au Bénin. Nous pouvons citer : la chirurgie carcinologique, la chimiothérapie, l’hormonothérapie, l’immunothérapie.

Quelles sont les chances de guérison lorsqu’on souffre d’un cancer ?

La guérison du malade dépend, dans un premier temps, du type de cancer, du stade du cancer et de la capacité de prise en charge. En cancérologie, on ne se permet pas de parler de guérison, car la définition en elle-même de la maladie notifie qu’elle est capable de récidive même après traitement, on parle plutôt de rémission. Il n’y a que quelques cancers qui sont guéris : par exemple les cancers du tissu ganglionnaire qui, grâce à la révolution de la radiothérapie et de la chimiothérapie, arrivent à être guéris. De même, les cancers embryonnaires comme les seminomes au stade primitif, arrivent aussi à être guéris. Dans le cas où le stade est précoce, on assiste à une longue rémission ; c’est pour ça que nous exhortons nos populations à consulter très tôt et à ne pas attendre que la maladie soit à un stade avancé.

Comment prévenir le cancer ?

La prévention des cancers passe par trois étapes. Nous avons la prévention primaire que constitue l’ensemble des actes à poser pour éviter le cancer. Elle se fait dans le cas des cancers dont on connaît les causes. Par exemple pour le cancer du col, il faut éviter que la patiente soit atteinte du virus de l’HPV. De ce fait, il faut vacciner nos filles à l’âge de puberté, avoir des rapports sexuels protégés tant qu’on ne connaît pas le statut sérologique de son partenaire. La prévention secondaire passe par le dépistage, on essaie ainsi de dépister les cancers qui peuvent être dépistés. Le dépistage du cancer du sein peut se faire par l’autopalpation une semaine après les menstrues et à l’aide d’une échographie, celui du cancer du col se fait par le frottis cervico-vaginal une fois par an puis une fois tous les deux ans. En Europe, les femmes ne souffrent plus du cancer du col parce qu’elles sont vaccinées. Pour le cancer de la prostate, il est conseillé à l’homme, à partir de cinquante ans, de doser son PSA (antigène spécifique de la prostate).

Votre mot de fin pour conclure cet entretien

Le cancer est une réalité pertinente dans notre pays et tue plus que le Sida, la tuberculose et le paludisme réunis. Nous exhortons une fois encore nos autorités à prendre la mesure du cancer même si nous n’ignorons pas que les priorités sont là mais la vie aussi en est une. Il faudrait qu’un jour, nous quittions l’adage « tumeur = tu meurs». Au Bénin, nous avons trois cancérologues et des médecins qui ont des compétences en cancérologie. C’est avec amertume que je vous dis que nous n’avons pas un service public de cancérologie, et chacun fait sa lutte comme il peut et l’autorité tarde peut-être à nous écouter. Le besoin est grand et il n’y a pas pire souffrance pour un spécialiste que de faire le décompte de ses décès à la fin de chaque mois parce qu’il est incapable d’offrir des soins à des malades qui en ont besoin. C’est dans l’optique de continuer ce combat sous une autre forme que nous avons ouvert le centre de cancérologie de Cotonou qui ne remplacera pas le centre public parce que ses capacités sont limitées. Nous espérons que l’Etat prendra la mesure des choses pour créer enfin un hôpital du cancer et un institut du cancer au Bénin.

 

Santé 06 févr. 2018


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