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Nouvelles

Visite du ministre de la Communication dans les organes de presse: Aurélie Adam Soulé Zoumarou au contact des réalités des médias privés

Finie la phase des échanges et concertations avec les associations professionnelles et groupes constitués au sein des médias, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication, va au contact des organes de presse et des professionnels des médias. Ce jeudi 25 janvier, à pas de charge, elle a parcouru plusieurs rédactions dans la ville de Cotonou.

Le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a démarré sa tournée de prise de contact avec les organes de presse par Radio Tokpa. Elle est descendue au niveau de cette radio commerciale pour échanger avec le personnel, s’entretenir avec la direction et toucher du doigt les conditions de travail sur place. Elle y a été accueillie par le directeur de la station, Guy Kpakpo aux côtés de qui elle a visité les lieux. Elle a même participé en direct à une émission en langue nationale. Occasion pour elle d’apprécier le fonctionnement de la radio et d’opiner en même temps sur des questions touchant à la femme et au développement. Le rendez-vous entre le ministre et le personnel de la radio, quoique bref, a permis aux deux parties d’évoquer des questions liées au monde des médias.
Aurélie Adam Soulé Zoumarou dira ainsi sa fierté de voir le travail qu’abattent les journalistes. Le secteur, selon elle, est en pleine mutation et les jeunes y prennent une part active. De radio Tokpa, elle dira également le bien qu’elle pense, l’identifiant comme un média au service du développement.
Deuxième escale, la radio Capp Fm. A l’accueil, Jérôme Carlos, directeur de la station. Le protocole à ce niveau n’a pas varié. Echange avec la direction, visite des locaux et des installations, puis bref entretien à la rédaction. Occasion pour les journalistes de cette station de découvrir le motif de cette visite de leur ministre de tutelle. « Je suis là pour une prise de contact avec le secteur des médias, pour toucher du doigt toutes les préoccupations qui ont été portées à ma connnaissance à ma prise de fonction et m’imprégner des réalités quotidiennes des médias », introduit-elle. Pour elle, les médias continuent de jouer leur rôle et s’efforcent de s’adapter aux exigences y liées. De cette seconde visite, Aurélie Adam Soulé Zoumarou repart également satisfaite. Mais avant, elle a invité le personnel à ne pas perdre de vue l’objectif de nous révéler à nous-mêmes qui doit guider chacune des actions de la jeunesse désormais.

Au contact des réalités

Le ministre met ensuite le cap sur le groupe de presse Le Matinal. Tikandé Yallou, le directeur, et son staff l’y attendaient. Salutations, brefs échanges et place est faite à la visite des lieux. Un tour rapide à la rédaction du journal, à l’imprimerie, aux autres sections, l’institut de formation en journalisme, le studio-télé, la radio Océan Fm a permis au ministre et à sa suite de toucher du doigt le patrimoine professionnel du groupe de presse. Après quoi, elle a eu une séance de travail avec les responsables du groupe. Occasion pour ces derniers d’exposer les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Lesquelles sont essentiellement d’ordre matériel. « Le défi pour nous, c’est de nous positionner aussi sur le numérique », lui fera savoir Jean Claude Kouagou, le directeur de publication du journal le Matinal.
Ce qu’apprécie ici le ministre, c’est l’engagement au travail du personnel. Elle dit avoir noté « une entité bien structurée » et apprécie les efforts faits dans le cadre de la formation et de la professionnalisation du personnel. « Vous contribuez activement à la préparation de la relève et à la formation », note le ministre.
Golfe Tv est la première station de télévision visitée par le ministre. Contrairement aux étapes antérieures, les responsables du journal n’ont pas souhaité que l’équipe de reportage accompagne le ministre au cours de sa visite.
Aurélie Adam Soulé Zoumarou atterrit ensuite dans les locaux du quotidien L’Evénement précis à Mènontin. Ce journal créé le 17 juillet 2006 présente bien des particularités, fait observer son directeur de publication, Gérard Agognon. Il s’est spécialisé dans les investigations et cela se ressent à travers de nombreux prix raflés au Bénin et à l’étranger. Ici aussi, le ministre a dit son admiration pour le travail abattu et s’est particulièrement réjouit des lauriers dressés à la seule femme de la rédaction dont l’ardeur au travail a été vanté par le directeur du journal.
La télévision privée commerciale Canal 3 Bénin a été le dernier organe visité hier par le ministre. Aux côtés de la directrice Berthe Cakpossa, le ministre de l’Economie numérique et la Communication a visité les installations, les unes après les autres. Cerise sur le gâteau, elle participe à la conférence de rédaction du jour. Conférence au cours de laquelle le rédacteur en chef de la chaîne, André Dossa, est revenu sur l’importance d’un tel conclave et son rôle pour la tenue des éditions du journal télévisé et les émissions.

Tirer profit des opportunités

Sept ans après sa dernière visite au niveau de cette télévision dans un autre cadre, le ministre ne s’est pas empêché de noter avec satisfaction la modernisation des équipements. Mieux, elle a eu de l’admiration pour la jeunesse du personnel et sa combativité. Les échanges entre la direction, le personnel et sa délégation ont permis de lever un coin de voile sur les difficultés de la chaîne. Elles sont nombreuses, assure la directrice Berthe Cakpossa. Elles sont d’ordres technique, financier et matériel. « Dans le milieu de l’audiovisuel, la publicité se fait rare, surtout la concurrence aidant », indique-t-elle. « Nous avons choisi d’être une grande chaîne et le risque à payer est grand. Les recettes s’amenuisent au plan commercial », liste la patronne de la télévision. Elle embraie aussi sur la Télévision numérique terrestre (Tnt) et se fait le porte-parole de ses pairs pour déplorer la faible implication des télévisons ou du moins de leurs responsables dans la migration vers cette technologie.
Aurélie Adam Soulé Zoumarou ne nie pas cette situation. Mais pour elle, cela se justifie par des impératifs. A l’en croire, le Bénin se trouve dans une situation telle qu’attendre les fautifs pourrait compromettre la migration. « Nous allons tout faire pour y aller et chacun va tirer profit », répond le ministre. Au terme de cette visite, le ministre, dans la synthèse, note que des efforts sont faits dans le monde des médias, même si certains éléments sont perfectibles. « On va en résoudre les problèmes et tirer profit des opportunités », conclut-elle.

Actualités 26 janv. 2018


Renforcement du processus démocratique: La Céna évalue le Code électoral

Le président de la Commission électorale nationale autonome (Céna), Emmanuel Tiando, a procédé, ce jeudi 25 janvier, à l’ouverture d’un atelier consacré à l’évaluation du Code électoral à l’issue des trois dernières consultations électorales. Il s’agit pour les praticiens du droit et les acteurs électoraux de passer à la loupe ledit code en vue de proposer des amendements.

La Commission électorale nationale autonome (Céna) passe au peigne fin le Code électoral. C’est à cet exercice que s’adonnent les experts avertis des questions juridiques et électorales au cours de l’atelier sur l’évaluation du Code électoral à l’issue des trois dernières consultations électorale. Il s’agit de passer en revue les difficultés rencontrées par la commission et de faire des projections pour le futur.
Loin de procéder au bilan des scrutins passés, les participants sont appelés à évaluer de façon objective la mise en œuvre du Code électoral sur la base de leurs diverses appréciations et expériences. « La Céna a déjà effectué un bilan des élections passées et les rapports y relatifs sont disponibles. L’objectif visé à travers cet atelier est de procéder à une évaluation non opportuniste de l’application du Code électoral telle que vous l’avez vécue et perçue », indique le président de la Céna, Emmanuel Tiando. Primo, précise-t-il, il sera question de « mettre en exergue les innovations introduites par le nouveau Code électoral et qui peuvent être considérées comme des acquis à capitaliser pour la qualité des prochains processus électoraux ». Secundo, les participants vont identifier les difficultés apparues dans sa mise en œuvre ainsi que les insuffisances notées dans ses dispositions légales ». Tertio, il s’agira de « formuler des propositions concrètes en vue de l’améliorer tout en renforçant ses acquis », ajoute-t-il.
Selon le président de la Céna, le Code électoral est un dispositif important de l’enracinement démocratique au Bénin. « Avec la promulgation en 2013 de la loi portant Code électoral en République du Bénin, notre pays a marqué son attachement au renforcement et à la pérennisation de son système démocratique en se dotant d’un cadre juridique plus approprié et visant une organisation plus efficiente et plus transparente de son processus électoral », explique-t-il.
Revenant sur la particularité dudit code, il apporte quelques précisions. « Ce nouveau Code électoral, fruit du consensus de notre classe politique, a créé une Céna permanente en lieu et place des Céna ad hoc antérieurement installées à la veille de chaque consultation électorale. Ce code a également édicté des règles portant sur l’établissement du fichier électoral et sur les modalités d’organisation du scrutin afin d’en garantir la transparence et la crédibilité ».
Depuis son installation en 2014, la première Céna permanente dont le mandat est en cours l’a expérimenté à travers l’organisation des législatives, des élections municipales et locales de 2015 et de la présidentielle de 2016.
En organisant ces assises de deux jours, la commission anticipe sur les défis des prochains scrutins. « Au terme de ce cycle électoral et à la veille d’un autre qui débutera en 2019 avec les élections législatives, il nous est apparu nécessaire de procéder à une évaluation de la mise en œuvre de ce code », souligne Emmanuel Tiando.
Au menu des assises, des communications sur les thèmes : « Rôles et responsabilités de la Céna dans la mise en œuvre de la loi n°2013 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin », « Les innovations de la loi n°2013 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin », « Le juge constitutionnel et le contentieux des élections législatives et présidentielle au regard du Code électoral ».

Actualités 26 janv. 2018


Réforme dans le secteur postal au Bénin: Les compagnies de transport terrestre soumises au régime d’autorisation

Les acteurs informels du secteur postal au Bénin sont désormais imprégnés des dispositions réglementaires qui régissent le secteur. Au cours d’une séance d’information et de sensibilisation, ce jeudi 25 janvier à Cotonou, les responsables de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep-Bénin) leur ont expliqué les conditions à remplir pour exercer les activités dans ce secteur, conformément à la loi n° 2014-14 du 9 juillet 2014 relative aux communications électroniques et à la poste en République du Bénin.

Pour transporter des colis à l’intérieur du Bénin, ou du Bénin vers d’autres pays de la sous-région, il faut en avoir désormais l’agrément. Le secrétaire exécutif de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste du Bénin (Arcep-Bénin), Hervé Guèdègbé
a rappelé, ce jeudi au cours d’un atelier d’information et de sensibilisation, cette exigence de la loi n° 2014-14 du 9 juillet 2014 relative aux communications électroniques et à la poste en République du Bénin, aux responsables des Associations de consommateurs et des compagnies de transport terrestre qui exercent aussi des activités postales. L’objectif de l’atelier d’information et de sensibilisation est d’échanger avec les acteurs sur les défis et toutes les difficultés qu’ils peuvent connaître ainsi que sur les appréhensions qu’ils nourrissent dans la mise en œuvre de la réglementation régissant le secteur postal.
Pour faire comprendre aux acteurs informels les exigences et les conditions à remplir avant d’exercer dans le secteur, il leur a été présenté une communication sur le thème « Régime juridique applicable à la fourniture des services postaux non réservés en République du Bénin », par le directeur des Affaires juridiques et des Relations avec les consommateurs de l’Arcep-Bénin, Isséré Gildas Houéhou. Après avoir montré le rôle important du secteur postal dans le développement économique du Bénin, il a souligné que l’Arcep-Bénin a des défis à relever à cet effet.
Isséré Gildas Houéhou a défini les concepts : envoi de correspondance, envoi postal, colis postal collecte, courrier express et distribution avant d’affirmer que la loi n°2014-14 a été claire en ce qui concerne les conditions d’entrée dans le secteur.

Un grand défi

Pour le président de l’Arcep-
Bénin, Flavien Bachabi, le vote de cette loi a été pour sa structure la pierre angulaire d’un nouveau cadre réglementaire dont les exigences constituent des éléments fondamentaux pour la mise en œuvre de certaines réformes dans le secteur postal. Dans ce cadre, souligne-t-il, l’Arcep-Bénin, en cherchant à comprendre les spécificités du marché postal national, s’est rendu compte que la connaissance de la réglementation régissant le secteur postal et des exigences des normes postales par les acteurs, ainsi que la maîtrise des données économiques du secteur sont un grand défi.
Selon lui, l’Arcep-Bénin a entrepris des actions nécessaires, visant d’une part à définir un modèle économique qui réponde au contexte national ; et d’autre part, à adapter le cadre réglementaire pour prendre en compte tous les acteurs pertinents qui animent le marché postal en République du Bénin. Dès lors, les acteurs informels, indique le président de l’Arcep-Bénin, constituent une catégorie d’acteurs importants dans la fourniture des services postaux au Bénin. Et leur implication dans le cadre formel d’exploitation des services postaux est pour l’Arcep-Bénin une priorité majeure et un des leviers importants de la régulation du secteur postal.

Actualités 26 janv. 2018


Gouvernance à l’ère de la Rupture: Le Parti des valeurs républicaines apprécie les réformes engagées

Le président du Parti des valeurs républicaines (Pvr), Loth Houénou, et ses militants ont saisi l’occasion de la présentation des vœux de Nouvel an, ce mercredi 24 janvier à Cotonou, pour se prononcer sur l’actualité nationale. Ils sont revenus sur les réformes engagées par le président de la République, Patrice Talon.

Pour le président du Pvr, toute la classe politique est unanime aujourd’hui sur la nécessité d’une réforme du système partisan au Bénin. Une réforme que personne depuis longtemps n’ose enclencher. Loth Houénou se demande pourquoi l’on assiste à un lever de boucliers de la part de certains acteurs politiques qui devraient plutôt accompagner le chef de l’Etat en améliorant les propositions faites.
En ce qui concerne la gouvernance actuelle, Loth Houénou et ses militants estiment que la rigueur imprimée par le régime de la Rupture apporte positivement les preuves de la rationalisation des ressources publiques, malgré la conjoncture régionale et internationale.
A propos du retrait du droit de grève aux magistrats, agents de santé et aux agents de la justice, le président du Pvr déclare que la décision de la Cour constitutionnelle est sans recours, mais des commentaires sont autorisés. Et à ce titre, des avocats, des professeurs de droit et des personnalités ont déjà fait des commentaires édifiants, estime-t-il.
Devant ses militants, le président du Pvr a saisi l’occasion pour inviter ceux qu’il qualifie de « détracteurs du président de la République » à financer des initiatives profitables à la nation au lieu de s’adonner à des actes qui, selon lui, distraient les populations?

 

Actualités 25 janv. 2018


Cdcc du Borgou: Des engagements à améliorer les conditions de vie des populations

La première session ordinaire du Conseil départemental de concertation et de coordination (Cdcc) du Borgou au titre de 2018, a eu lieu, ce mercredi 24 janvier à la préfecture de Parakou. En dehors du phénomène des grossesses dans les lycées et collèges du département, les conflits au niveau des limites territoriales entre les communes ont également été abordés au cours de la rencontre.

Dans le Borgou, c’est sous le signe d’une administration communale dynamique et efficace au service des populations que l’année 2018 est une nouvelle fois placée. En témoignent les engagements pris par le préfet, Djibril Mama Cissé et les maires du département, ce mercredi 24 janvier, au cours de la première session ordinaire du Conseil départemental de concertation et de coordination (Cdcc), au titre de 2018.
Ainsi, par rapport aux conflits de limites territoriales entre les communes du département, des approches de solutions concertées ont été envisagées. Elles devront être susceptibles de faciliter la cohabitation pacifique des communautés partageant les espaces litigieux.
La question de la prolifération des cas de grossesses dans les établissements d’enseignement secondaire du département n’a pas été occultée. A ce niveau, le préfet a souhaité l’implication effective de tous les conseillers communaux, municipaux, d’arrondissement, de villages et quartiers de ville, afin de dénoncer les coupables et contribuer à l’application à leur encontre des textes en vigueur. Il les a aussi invités à accorder, au sein de leurs conseils, une grande importance à la mise en œuvre du processus de généralisation des Certificats de qualification aux métiers (Cqm).
Par ailleurs, le préfet a félicité les maires des communes de son département pour la qualité du travail qu’ils ont accompli au cours de l’année 2017. Il a évoqué le fonctionnement régulier des conseils communaux, la construction de nombreuses infrastructures sociocommunautaires, routières, économiques, marchandes et l’amélioration du taux d’approbation des actes communaux qui est de 100 %. Toutes ces actions ont, selon lui, impacté de façon positive la qualité de la gouvernance locale et les conditions de vie des populations à la base.
Afin de relever les nombreux défis de développement de leurs communes et d’offrir un mieux-être à leurs populations, le préfet a exhorté les maires à poursuivre leurs efforts en mettant davantage l’accent sur la reddition des comptes. Il a saisi l’occasion pour encourager ceux d’entre eux qui le font déjà. Quant aux autres, il leur a demandé de prendre les dispositions nécessaires pour s’y conformer en 2018.
Le préfet est revenu sur d’autres sujets qui doivent retenir davantage l’attention des communes en 2018. Il s’agit du suivi du déroulement de la campagne de transhumance 2017-2018 qui couvre la période du 15 janvier au 31 mai prochain. A cela, il faudra ajouter l’implication des élus communaux, municipaux et locaux dans la gestion du domaine, du foncier et la lutte contre le bradage des terres, le problème récurrent du défaut d’actes de naissance pour certains candidats au Cep, la valorisation des espaces frontaliers et la mise en place d’un dispositif de mobilisation efficace des ressources fiscales.
La session du Cdcc d’hier, considérée comme la première rencontre statutaire de 2018, s’inscrit dans le cadre de l’application des dispositions de l’article 19 de la loi n° 97-028 du 15 janvier 1999 portant organisation de l’administration territoriale en République du Bénin et du décret n° 2001-411 du 15 octobre 2001 portant attributions et fonctionnement du Conseil départemental de concertation et de coordination?

Société 25 janv. 2018


Trafic de médicaments en Afrique: Un marché estimé à près de 200 milliards de dollars

Le trafic des faux médicaments est devenu un business florissant qui fait des centaines de milliers de victimes en Afrique. Le chiffre d'affaires généré par la contrefaçon est estimé au minimum à 10 ou 15 % du marché pharmaceutique mondial, soit 100 à 150, voire 200 milliards de dollars, selon une étude du World Economic Forum, révélée par l’Agence France presse dans une enquête.

Vaccins, antirétroviraux, antipaludéens contrefaits. Plusieurs pays de l'Afrique sont devenus le terrain de jeu préféré des trafiquants de faux médicaments, révèle l’Agence France presse dans une enquête réalisée en Côte d’Ivoire. Une enquête qui est réalisée à un moment où la lutte contre les faux médicaments fait bouger les acteurs de ce commerce illicite au Bénin.
Au mois d’octobre 2016, le gouvernement béninois a lancé une lutte contre le commerce illicite des faux médicaments, appelée opération Pangea IX. Cette opération qui a mis fin apparemment à ce commerce dans le grand marché Dantokpa, s’est poursuivie jusqu’à l’année 2017. C’est ainsi que ces médicaments ont été retrouvés par la Police nationale dans un magasin qui appartiendrait au député Mohammed Atao Hinnouho et son épouse, il y a quelques semaines. La multiplication des saisies à la suite de l'affaire a permis de dépasser désormais les 150 tonnes de cartons de présumés faux médicaments.
Selon une étude du World Economic Forum, le chiffre d'affaires généré par la contrefaçon est estimé au minimum à 10 ou 15 % du marché pharmaceutique mondial, soit 100 à 150 milliards de dollars, voire 200 milliards. Un chiffre qui a quasiment triplé en cinq ans.
Cette foire aux faux médicaments, selon l’enquête de l’Agence France presse (Afp), est parfois le fait de responsables de santé publique corrompus qui font leur marché au rabais. Il s’agit d’un commerce plus rentable que la drogue.
Selon l’enquête, Interpol a annoncé en août 2017, la saisie de 420 tonnes de produits médicaux de contrebande en Afrique de l'Ouest, dans le cadre d'une vaste opération qui a mobilisé un millier d'agents de police, des douanes et d'agences de réglementation des produits de santé de sept pays dont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Togo.

Business de la contrefaçon

« Le business de la contrefaçon des médicaments arrive en tête des trafics illicites », affirme Geoffroy Bessaud, directeur de la coordination anti-contrefaçon du groupe pharmaceutique français Sanofi. Il rapporte même plus que le trafic de cannabis, selon le World Economic Forum. « Ce phénomène prend de l'ampleur : l'attractivité financière est en effet très forte et des organisations criminelles de toutes tailles sont impliquées dans ce trafic », souligne-t-il. « Un investissement de 1000 dollars peut rapporter jusqu'à 500 000 dollars alors que pour le même investissement, le trafic d'héroïne ou de fausse monnaie rapporte 20 000 dollars », indique Geoffroy Bessaud. « Le trafic de faux médicaments est un des principaux fléaux du XXIe siècle », conclut-il.
Les autorités ivoiriennes, selon l’Afp, avaient incinéré en mai 2017, 40 tonnes de faux médicaments saisis à Adjamé, un quartier populaire d'Abidjan, abritant le plus grand marché de médicaments de rue d'Afrique de l'Ouest et représentant 30 % des ventes de médicaments en Côte d'Ivoire. Mais l'opération semble n'être qu’un coup d'épée dans l'eau. Car, les affaires continuent.
Après les saisies opérées au Bénin, l'Ordre national des pharmaciens s'en mêle et se constitue partie civile devant la Justice qui a désormais le dossier en mains. Il veut aller plus loin que la simple dénonciation. « Nous allons porter plainte contre X pour comprendre et savoir ce qui se passe. Nous nous sommes constitués déjà partie civile, nous avons un collectif d'avocats qui suit le dossier et qui va nous permettre d'être au courant de tout », a expliqué le président de l’Ordre national des pharmaciens, Charles-Henri Aïnadou, après les dernières saisies.
En Côte d'Ivoire, première économie d'Afrique francophone, le secteur pharmaceutique légal enregistre chaque année, selon l’enquête de l’Afp, « une perte de 40 à 50 milliards de francs Cfa (60 à 76 millions d'euros) dont plus de 5 milliards destinés à l'Etat », selon les chiffres de l'Ordre des pharmaciens de Côte d'Ivoire?
Les criminels en profitent
Les criminels profitent du fait qu'à l'inverse du trafic de stupéfiants, le commerce de faux médicaments demeure largement impuni dans le monde, étant considéré comme un simple délit de violation de la propriété intellectuelle, alors qu'il est responsable de centaines de milliers de morts par an, déplore l'Institut international de recherche anti-contrefaçon de médicaments (Iracm), basé à Paris, dans un rapport.
Face à un « drame universel », les spécialistes appellent à une mobilisation internationale.
Il faut rappeler qu’au moins 100 000 personnes meurent chaque année en Afrique à cause de faux médicaments, selon l'Organisation mondiale de la Santé (Oms). Et d'après l'American Journal of Tropical Medecine and Hygiene, 122 000 enfants de moins de cinq ans sont décédés en 2013 en Afrique subsaharienne après avoir pris des antipaludéens contrefaits.

Actualités 25 janv. 2018


Mise en œuvre du Programme de cours accélérés: Houéyogbé, une commune modèle !

Le Programme de cours accélérés (Pca) est en bonne voie à Houéyogbé, grâce au leadership des autorités de la commune et au soutien de l’Unicef.

Houéyogbé, à 80 km de Cotonou, est en passe de devenir la pionnière dans la mise en œuvre du Programme de cours accélérés (Pca) au Bénin. Les résultats enregistrés dans les rangs des apprenants au cours de la première année d’expérimentation annoncent de bons signaux au profit de cette commune du département du Mono. Les taux de réussite des apprenants évalués au niveau 1 dans les centres Pca de Sè et de Doutou, sont respectivement de l’ordre de 8 enfants sur 10 et de 9 enfants sur 10. Au niveau 2, on note 7 enfants sur 10 à Sè et 8 enfants sur 10 à Doutou.
Les performances des bénéficiaires font la fierté des acteurs. Sur 17 apprenants évalués à chaque niveau à Sè, 15 sont admis au niveau 1 contre 11 au niveau 2. A Doutou, 27 apprenants sont admis au niveau 1 sur un effectif de 30 évalués. Au niveau 2, ils sont 21 admis sur 25 élèves évalués.
Si ces résultats témoignent de l’engagement de la commune à faire du Pca un véritable succès, ils sont également à l’actif de l’Unicef. Selon les autorités municipales, « l’accompagnement de l’Unicef a été prompt et se traduit en termes d’appuis financiers pour le paiement des salaires des animateurs et la formation des acteurs, l’acquisition de mobiliers, de matériels didactiques et pédagogiques, de manuels scolaires au profit des élèves et des animateurs. Les supervisions périodiques effectuées par l’Unicef et son appui-conseil en direction de la commune ont aussi pesé dans la balance », explique le secrétaire général de la mairie de Houéyogbé, Herman Sodomè.
Le conseil communal a saisi cette perche tendue pour prouver son entière adhésion au programme. A ce titre, cindates sont à considérer dans les annales du programme. Le 28 octobre 2015 marque son vote ; le 11 août 2016, la signature de l’arrêté qui consacre la mise en œuvre du processus ; le 27 août 2016, le recrutement des enseignants ; le 18 janvier 2017, l’ouverture des deux centres Pca et le 25 janvier 2017, l’implication des patrons d’apprenants par la mairie.
Le leadership de la commune a permis de rallier toutes ses forces vives à la cause. « Avant de se lancer dans l’aventure, la commune de Houéyogbé a balisé le terrain tout en se conformant aux préalables établis par l’Unicef », explique le secrétaire général de la mairie. Lesquels préalables exigent la mise à disposition de locaux adéquats par la commune pour le déroulement des cours, la mobilisation sociale, l’identification des bénéficiaires, le recrutement des enseignants et le paiement des encadreurs à l’issue de la phase d’expérimentation.

Coup d’essai, coup de maître

Au bout du rouleau, le coup d’essai s’est révélé comme un coup de maître. Les acteurs restent sidérés par les aptitudes de leurs apprenants. Les animateurs des centres de Sè, Rogatien Hounouvi et de Doutou, Robert Lokossou, citent des exemples d’élèves brillants inscrits au Pca. Il s’agit, entre autres, des apprenants Simon Hounza, un déscolarisé ; de Claudine Nago, de Florence et Florentine Dovo et d’Aline Lèha qui ont tous émerveillé par leurs performances. Ils sont tous des apprentis couturiers. Notons que Claudine, Florence et Aline n’ont jamais fréquenté auparavant.
Le succès du Pca, les acteurs le doivent aussi au dynamisme des élus locaux et à la contribution de l’association des parents d’élèves. Le premier adjoint au maire de Houéyogbé, Angelo Amètépé, évoque les efforts de mobilisation sociale, les nombreuses sensibilisations menées et le sens de l’organisation mise en place pour asseoir le programme. « Nous avons tenu plusieurs séances avec l’association des parents d’apprenants, le président communal des parents d’élèves Pca et les conseillers pédagogiques qui participaient spontanément aux réunions », explique-t-il. Le cadre de concertation incluant les patrons d’apprenants est aussi un grand atout.
Par son implication dans Pca, Houéyogbé se révèle comme une commune modèle. L’école de la deuxième chance est perçue comme une opportunité pour ses enfants non scolarisés et déscolarisés. La commune parie sur un taux d’admissibilité de 100 % au certificat d’études primaires (Cep) en 2018.
En attendant, elle doit beaucoup œuvrer pour remédier aux cas d’abandon. Pour le démarrage du programme à Doutou, 55 apprenants ont été enregistrés au niveau 1, contre 52 au niveau 2. A Sè, ils étaient au début 29 apprenants au niveau 1 et 21 apprenants au niveau 2. Les cas d’abandon sont évalués à 12 au niveau 1 et à 4 au niveau 2. Le phénomène est criard à Doutou.
Les acteurs du Pca imputent ces dysfonctionnements au manque de cantines scolaires,de matériels pédagogiques insuffisants et de moyens financiers pour le paiement des conseillers pédagogiques. Pour répondre à ces préoccupations, le conseil communal sollicite, une fois encore la bienveillance de l’Unicef, en d’autres termes, la prorogation de l’appui financier de l’Unicef pour continuer le paiement des salaires des animateurs.
Toutefois, ces difficultés sont loin d’entamer la détermination des acteurs. Le gros défi est la pérennisation du programme dans la commune, afin de satisfaire la demande de scolarisation des enfants déscolarisés et non scolarisés de la commune de Houéyogbén

Société 25 janv. 2018


Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme: Le Parlement renforce bientôt la législation béninoise

La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement sera bientôt plus visible et efficace au Bénin. Une nouvelle loi est en étude à cet effet au Parlement. Elle était au cœur d’un séminaire parlementaire, ce mercredi 24 janvier, à l’Assemblée nationale.

Le Bénin est en voie de renforcer son arsenal législatif en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Cette mesure découle des faiblesses notées jusqu’ici dans la mise en œuvre des textes en la matière et qui ne permettent plus une lutte efficace surtout face aux boucliers désormais mis au point par les réseaux mafieux et terroristes. Un nouveau projet de loi de caractère communautaire a été introduit au Parlement par le chef de l’Etat par décret n°2017-518 du 15 novembre 2017. Il a fait l’objet d’un séminaire organisé, ce mercredi 24 janvier, à l’hémicycle, par le ministère de l’Economie et des Finances. L’atelier visait à permettre aux députés de s’imprégner du contenu et de l’opportunité de ce texte en vue de le voter en toute connaissance de cause. Il a été animé par des experts du domaine du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme dont Désiré Aïhou, avocat à la cour et conseiller technique juridique du ministre de l’Economie et des Finances ; Edouard Cyriaque Dossa, magistrat et directeur des services juridiques au niveau du niveau du ministère chargée de la Justice, et Mensah Houndji, spécialistes des secteurs financiers à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest et secrétaire général sortant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif).
Il ressort des communications et des échanges que les effets mondiaux de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ont pris une importance accrue ces dernières années et particulièrement depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis d’Amérique. Au-delà des menaces contre la vie humaine et l’intégrité des personnes, les activités des blanchisseurs de capitaux et des terroristes détruisent la stabilité et l’intégrité des systèmes financiers portant ainsi sérieusement atteinte au développement des Etats économiquement fragiles. Au Bénin, il existe principalement deux textes de loi en la matière. Il y a la loi n°2006-14 du 31 octobre 2006 portant lutte contre le blanchiment des capitaux et la loi n°2012-21 du 27 août 2012 portant lutte contre le financement du terrorisme en République du Bénin. Cet arsenal juridique a été renforcé sur le plan institutionnel par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) créée par la loi n°2006-14 citée supra et formalisée par le décret n°006-752 du 31 décembre 2006.

Course contre la montre

L’arsenal législatif pour la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme présente plusieurs faiblesses, relèvent les communicateurs. Ce qui ne permet d’appréhender l’efficacité de cette lutte au Bénin depuis la mise en œuvre de la loi en 2006. Mieux, la justice n’a pu rendre la moindre décision sur cette matière surtout à cause des complexités des infractions mais aussi des limites des textes.
La loi en projet a pris en compte ces insuffisances. Elle comporte plusieurs innovations donnant plus de pouvoirs à la justice d’aller loin dans les enquêtes en matière de blanchiment de capitaux et de financement de terrorisme et de réprimer sévèrement les auteurs. Ce qui n’était pas possible avec les textes actuellement en vigueur. La nouvelle loi, par exemple, remet la liberté de poursuite du blanchisseur de capitaux ou de celui qui finance le terrorisme, dans les mains du procureur de la République sans attendre une quelconque preuve d’une infraction d’origine, ont précisé les communicateurs. Et cela, pour montrer tout l’intérêt du Bénin à adopter ce projet de loi communautaire et à se mettre au même diapason que les sept autres pays de l’espace Uemoa qui ont déjà procédé à la mise en conformité. Les communicateurs ont invité les députés à aller très vite pour l’adoption de ce texte afin de permettre au Bénin d’être prêt pour l’évaluation mutuelle au niveau Uémoa pour jauger l’efficacité de la mise en œuvre de cette loi.
Les experts du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment en Afrique de l’Ouest (Giaba) sont attendus en février 2019 au Bénin pour réaliser cette évaluation mutuelle. Réagissant sur la question, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Houndété, a suggéré à ses collègues députés l’organisation d’une session extraordinaire pour examiner et adopter le projet de loi. Ce qui permettra au Bénin d’avoir une bonne note lors de l’évaluation en février 2019 et de se rendre davantage plus crédible auprès des services financiers internationaux?

Actualités 25 janv. 2018


Audiences du président de l’Assemblée nationale : La 9e édition de Wémèxwé aura lieu en février prochain

L’édition 2018 de la fête identitaire des filles et fils de la Vallée de l’Ouémé baptisée Wémèxwé, aura lieu dans la commune d’Adjohoun du 21 au 25 février prochain. Cette date a été annoncée par le coordonnateur général du Comité intercommunal de coordination de Wémèxwé, Antoine Bonou, reçu en audience, ce mercredi 24 janvier, par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji.

Il est allé lui présenter le programme des manifestations entrant dans le cadre de la neuvième édition de cette fête. Laquelle n’avait pas eu lieu en 2017 en raison de quelques dissensions entre des filles et fils de la région et la coordination générale.
Les divergences semblent être désormais aplanies. « Le président nous a très bien reçu, nous a promis son soutien et nous a prodigué beaucoup de conseils pour le développement de la Vallée de l’Ouémé », a confié le coordonnateur général du Comité intercommunal de coordination de Wémèxwé au sortir de l’audience. Antoine Bonou dit avoir saisi l’occasion pour remercier Me Adrien Houngbédji pour l’importance qu’il accorde à la Vallée de l’Ouémé à travers ses nombreuses actions qu’il fait et continue de faire pour booster le développement des quatre communes de la région, à savoir Aguégués, Bonou, Dangbo et Adjohoun.
A la suite du coordonnateur général de Wémèxwé, le président Adrien Houngbédji s’est entretenu avec le bureau du Parlement des jeunes du Bénin (Pjb) conduit par son président, Aymard Konty. La délégation dit avoir effectué le déplacement du palais des Gouverneurs pour sacrifier à la tradition de présentation de vœux du Nouvel an au président de l’Assemblée nationale. Aymard Konty et sa suite ont profité de cet entretien pour adresser leurs doléances au président Adrien Houngbédji, afin de permettre au Parlement des jeunes du Bénin ainsi qu'à ses instances décisionnelles d’être plus dynamiques et visibles. Le président du Parlement des jeunes se réjouit de la grande écoute du président de l’Assemblée nationale qui a promis de faire le nécessaire pour que soient prises en compte les doléances en question dans les activités du Parlement au cours de cette année 2018?

Th. C. N.

Actualités 25 janv. 2018


Grande figure de l’Histoire ,Martin Luther King Junior: Du militantisme social à la révolution pacifique

Alors que la plupart des Etats africains accédaient à l’indépendance dans les années 1960-1963, aux Etats-Unis d’Amérique, les Noirs, descendants d’esclaves, livraient de dures et sanglantes batailles pour faire reconnaître leurs droits en tant que citoyens à part entière d’un pays que leurs ancêtres avaient grandement contribué à construire. Au nombre de ces vaillants combattants pour la fraternité et la liberté, figure Martin Luther King Junior, auteur du célèbre discours «I have a dream (J’ai fait un rêve)», Prix Nobel de la Paix en 1964...

Pendant que le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique se positionnait auprès des nouveaux Etats indépendants d’Afrique en mettant au point des programmes spécifiques d’aide à leur intention, et en créant des structures de coopération telle que le Corps de la Paix, des citoyens américains ne pouvaient pas jouir de leurs droits civiques sur une grande partie du territoire américain à cause de la couleur de leur peau. Parmi les membres de la communauté afro-américaine qui se sont dressés contre les brimades et humiliations dues à cette situation, le nom de Martin Luther King Junior résonne encore aujourd’hui comme un cri de ralliement.
Depuis son assassinat le 4 avril 1968, en plein combat pour consolider les victoires remportées sur les tenants de la ségrégation et de l’oppression des Noirs, Martin Luther King Junior est célébré tous les troisièmes lundis du mois de Janvier. La date de cette célébration est en rapport avec la période où il est né dans la partie sud des Etats-Unis fortement marquée par les stigmates de l’esclavagisme sur la société américaine.
En effet, Martin Luther King Junior est né le 15 janvier 1929 dans la ville d’Atlanta en Georgie. Son père Martin Luther King Senior était un pasteur de l’Eglise Baptiste. L’enfance du jeune Martin Luther sera donc marquée par des enseignements bibliques dont on retrouve des traces dans pratiquement toutes ses interventions au cours des années de braise de la lutte contre la ségrégation raciale.
Chez les baptistes, le baptême est un acte fondamental de la vie chrétienne. Il intervient pratiquement toujours après l’âge de raison et sur la demande de celui qui veut se faire baptiser. Et ce n’est qu’après cette cérémonie que, le baptisé peut être considéré comme un membre actif de l’Eglise et occuper des postes de responsabilité. Martin Luther King a franchi toutes ces étapes qui lui donnent une solide "base spirituelle" pour faire face à l’adversité.
Brillant élève, il entre en 1942, à 13 ans, au Lycée Booker T. Washington de sa ville natale, le seul établissement secondaire ouvert aux Noirs à cette époque. En dernière année, il sera, pour la première fois, confronté à la dure réalité de la ségrégation raciale dans le train qui le ramenait avec un de ses professeurs d’un concours oratoire où il s’était brillamment illustré. A un arrêt, des Blancs étaient montés ; tous les sièges étaient occupés. Le chauffeur du car, un Blanc, vint alors à l’arrière du car – réservé comme il se devait alors aux Noirs – et ordonna à King et à son professeur de céder leurs places. Martin Luther King refusa de bouger, le chauffeur le menaça et le traita de "sale nègre, fils de chienne". Sur les conseils de son professeur, il finit par se lever à contrecœur.
« Cette nuit ne s’effacera jamais de ma mémoire", dira-t-il plus tard. "Je n’ai jamais été aussi meurtri et furieux de ma vie ».

Réalité douloureuse

A 15 ans, il s’inscrit pour ses études universitaires au collège Morehouse d’Atlanta où étaient admis les élèves les plus doués du lycée Booker T. Washington. Dans le train qui le ramenait en famille pour les congés, il est une seconde fois victime de pratique ségrégationniste. S’étant rendu au wagon restaurant, il a voulu s’installer à une place de son choix comme il l’avait fait pendant la traversée des Etats de New York et de New Jersey, quand il fut conduit par un garçon à une table à l’arrière du train où un rideau fut tiré pour masquer sa présence aux Blancs. Il ne s’était pas rendu compte qu’il était arrivé dans le sud où la ségrégation dans les transports et sur les lieux publics était on ne peut plus officielle et systématiquement appliquée.
Pourtant, à Morehouse, il devint membre du Conseil inter-collèges d’Atlanta, un groupement interracial d’étudiants. Cette expérience de contacts interpersonnels a été enrichissante pour lui, bien que les réalités de la vie quotidienne fussent amères. C’est pourquoi il dira plus tard, appréciant ces contacts : « A mesure que je rencontrais davantage de Blancs, mon ressentiment s’estompait pour faire place à un esprit de coopération ».
Par ailleurs, il se consacra à l’étude des combats des précurseurs comme Booker T. Washington, W. E. B. du Bois et Marcus Garvey qui s’étaient engagés dans les combats pour la réhabilitation de l’homme noir. Mais le jeune King n’était pas satisfait de leurs visions ; il était en quête de la voie la plus efficace pour permettre aux Noirs de s’intégrer dans la société américaine. Il crut entrevoir la solution à sa quête dans un ouvrage d’Henri Thoreau sur "La désobéissance civile". Selon ce dernier, une minorité créatrice, fut-elle réduite à "un seul honnête homme" pouvait mettre en branle une révolution morale. Il semble qu’à partir de cette lecture, Martin Luther King Junior avait décidé quel sens il allait désormais donner à son existence.
En 1948 à 19 ans, il décroche sa licence en sociologie et opte pour la préparation d’une licence en théologie au séminaire Grozer en Pennsylvanie.
En 1952, par l’entremise d’une amie, il fait la connaissance de celle qui va devenir son épouse le 18 Juin 1953 : Correta Scott. Elle sera toujours à ses côtés pendant les dures années de la lutte antiségrégationniste.
En juin 1955, il est reçu à sa thèse de doctorat en théologie fondamentale à l’université de Boston ; quelques temps après, il prend la direction de la paroisse de Dexter Avenue, dans la ville de Montgomery.

Militant social

Très vite, le jeune pasteur se fait une réputation de militant social. Ses sermons agissent comme un véritable levain de la conscience de ses paroissiens. Excellent dans l’art de l’exhortation, ses prédications deviennent rapidement un dialogue entre lui et l’assistance. En l’espace d’un an d’exercice, il est élu membre du comité exécutif local de la Naacp (National Association for the Advancement of Coloured People : Association nationale pour le progrès des gens de couleur).
En décembre 1955 commence véritablement son action sur le terrain dans la lutte contre les lois ségrégationnistes officiellement en vigueur, et appliquées par les gouverneurs des Etats. Le point de départ est l’affaire Rosa Park. Couturière dans un grand magasin de Montgomery, cette femme avait pris place dans un autobus, sur le premier siège libre derrière "la section des Blancs ". Sur le parcours, le bus se remplissant, le conducteur ordonne à madame Park de céder sa place à un Blanc qui venait de monter. Rosa Park refuse de bouger. Très fatiguée après ses courses, elle ne peut se faire à l’idée d’effectuer le trajet debout. Le chauffeur menace d’appeler la police ; devant la détermination de la femme noire, il met sa menace à exécution. La voyageuse entêtée est conduite au commissariat où est rédigé contre elle, un procès verbal pour avoir enfreint la réglementation des autobus urbains. C’est le début de l’histoire de boycott des autobus de Montgomery par la communauté noire. La lutte va durer un peu plus d’un an, soit du 2 décembre 1955 au 21 décembre 1956, jour où la déségrégation devint effective dans les autobus de Montgomery.
Malgré les violences physiques qu’ils eurent à subir, King et ses partisans ne dévièrent point de la méthode non violente choisie pour faire reconnaître leurs droits civiques dans une société américaine où la couleur de la peau servait à catégoriser les citoyens.
Cette première victoire servit de catalyseur aux actions futures de celui qui va désormais se poser comme la conscience morale d’un grand pays où les pratiques ségrégationnistes étaient devenues de véritables plaies.

Le rêve de la fraternité et de la liberté

Les autres épisodes de la guerre antiségrégationniste qui méritent d’être soulignés concernent les "Freedom Rides" (les voyageurs de la liberté) lancés en avril 1961 par le Congrès de l’Egalité raciale (Core). Il s’agit d’une vaste campagne contre la ségrégation dans les autobus reliant les différents Etats de la Fédération nord-américaine. La réaction des Blancs, en particulier du Ku Klux Klan, fut violente. Cette organisation ouvertement raciste avait pignon sur rue, et comptait dans ses rangs des personnalités au-dessus de tout soupçon pendant le jour, mais qui devenaient de véritables assassins des Noirs une fois la nuit tombée.
Les dirigeants et animateurs de la campagne antiségrégationniste au premier rang desquels, on retrouve Martin Luther King, furent physiquement agressés; beaucoup se retrouvèrent en prison.
En septembre 1962, King était au premier rang des protagonistes du dossier relatif à l’inscription de James Meredith à l’université du Mississipi. Cet étudiant noir, ne put se faire admettre à l’université que grâce à un fort déploiement d’agents de sécurité, y compris de l’armée américaine pour assurer sa sécurité.
Mais l’événement qui aura le plus grand retentissement à l’échelle du monde, est sans conteste, la grande marche interraciale de protestation pour commémorer, le 28 août 1963, le centenaire de l’Emancipation (Abolition de l’Esclavage en 1863 par Abraham Lincoln). C’est à cette occasion que Martin Luther King Junior délivra sur les marches du Mémorial de Abraham Lincoln, à Washington, son célèbre discours passé dans l’histoire par ces premiers mots "I have a dream – J’ai fait un rêve". Le rêve de la fraternité entre toutes composantes de la société américaine, le rêve de la liberté pour chaque citoyen des Etats-Unis, quelle que soit la couleur de sa peau.
A la fin de ce discours, Martin Luther King Junior entre définitivement dans l’Histoire. Il est reçu à la Maison Blanche par le président John F. Kennedy, en compagnie d’autres leaders du mouvement des droits civiques.
Le 10 décembre 1964, le Prix Nobel de la Paix lui est remis à Oslo en Norvège.

Par Noël ALLAGBADA (Coll. ext.)

Société 25 janv. 2018


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