La Nation Bénin...
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Le nouveau directeur pour l’Afrique de l’Ouest et du Centrale de la Société financière internationale (IFC), AliouMaïga, a séjourné du 17 au 20 février au Bénin dans le cadre d’une tournée entreprise dans les pays qu’il couvre. Dans cette interview, il décline les priorités de cette institution du groupe de la Banque mondiale au Bénin dédiée au secteur privé au sein des pays émergents, tout en saluant les progrès en matière d’amélioration du climat des affaires auxquels IFC contribue.
La Nation : Comment se présente le portefeuille d’IFC au Bénin ?
Aliou Maïga : Avant de parler du portefeuille, j’aimerais souligner quelques points importants de la relation entre IFC et le gouvernement du Bénin. Tout d’abord, je voudrais reconnaître tous les efforts consentis par le gouvernement sur ces trois dernières années particulièrement. Ça se voit dès qu’on entre dans le pays depuis l’aéroport. On sent qu’il y a beaucoup de changements, beaucoup d’ambitions pour changer le visage et la dynamique de développement du pays. Ça se sent aussi dans les discussions que j’ai eues avec les différents membres du gouvernement et les acteurs du secteur privé. On sent vraiment une ambition et une volonté d’aller très vite dans l’amélioration du cadre et des conditions de vie des Béninois de façon générale.
Pour ce qui est du portefeuille d’IFC au Bénin, il y a l’aspect investissement à travers lequel on a essentiellement investi dans les banques pour appuyer le tissu économique. On travaille avec trois banques dans le pays. On a un portefeuille de l’ordre de 15 milliards F CFA. Ce n’est pas énorme. Au cours des rencontres que nous avons eues, nous avons discuté de comment accroître ce portefeuille sur les trois années à venir.
Nous mettons en œuvre également des services conseil qui sont essentiels pour aider à favoriser le dialogue entre secteurs public et privé et à renforcer les capacités tant au niveau des privés que du gouvernement, afin qu’ensemble on puisse éliminer les contraintes à l’investissement privé à plus grande échelle au Bénin. Nos programmes qui travaillent sur l’amélioration du climat des affaires créent les conditions pour attirer et maintenir plus d’investissements privés au Bénin.Le pays a été cité parmi les meilleurs réformateurs au monde deux années de suite notamment en 2014 et 2015. Nous implémentons en outre un programme pour l’approvisionnement en eau potable qui, après une phase pilote, est désormais dans une phase de croissance.
Quelle est votre appréciation de l’environnement des affaires aujourd’hui au Bénin ?
J’ai le sentiment qu’il y a un changement, sous l’impulsion du gouvernement. Prenons le secteur de l’énergie : il y a trois ans, les performances de ce secteur étaient en-deca de ce qu’elles sont aujourd’hui. D’après les statistiques, le nombre d’heures de coupure est passé de 75 heures à 17 heures. Certes, ce résultat peut être encore amélioré, mais il indique une nette progression. Cette dynamique positive se traduit dans de nombreux secteurs de l’économie.
Le Programme d’action du gouvernement est assez ambitieux avec une prévision de 9 000 milliards F CFA d’investissements. Quelle peut être la contribution d’IFCpour atteindre cet objectif?
IFC n’est pas un bailleur de fonds et ne fournit pas d’appui budgétaire aux Etats. Notre rôle, c’est d’attirer les investissements mais on ne peut pas garantir un montant d’investissement. Il nous faut identifier des projets bancables et commercialement viables qui pourront intéresser des investisseurs privés.
Vous avez parlé de l’eau tout à l’heure, quels sont les autres secteurs dans lesquels vous intervenez ?
Nous finançons l’économie à travers le secteur bancaire. L’un de nos projets touche notamment le secteur de l’énergieet pourrait permettre d’augmenter de façon significative la capacité de production du pays. Nous espérons le boucler dans un proche avenir. Nous travaillons également sur d’autre projets, mais nous ne pouvons en parler tant qu’ils ne sont pas bouclés..
Quel est l’impact de vos interventions ?
Il est tangible. Notre programme de développement des petites et moyennes entreprises, lancé il y a deux ans, aident les PME dans la chaîne de valeur du tourisme. Par ailleurs, nos services conseil ont contribué à mettre en œuvre une série de réformes prises en compte par le rapport Doing Business du Groupe de la Banque mondiale. Le Bénin a notamment figuré parmi les meilleurs réformateurs en Afrique dans ce rapport.
Qu’est-ce qui fonde l’intérêt d’IFC pour le Bénin ?
C’est vrai que historiquement IFC a été considérée comme un investisseur privé ; mais notre nouvelle stratégie est de travailler en amont, pas sur des projets mais sur des secteurs, ce qui implique de collaborer avec les gouvernementsainsi qu’avec notre consœur, la Banque mondiale pour évaluer quelles ressources publiques et privées sont nécessaires et dans quelle séquence déployer ces ressources pour développer un secteur. C’est notre nouvelle approche. Nous accordons beaucoup d’attention à des secteurs tels que l’agriculture, grâce à notre guichet dédié au secteur privé, un outil à travers lequel IFC a été dotée de 2 milliards de dollars pour supporter les interventions présentant plus de risques, dans les pays en voie de développement comme le Bénin. Nous disposons d’une gamme de produits financiers à même de créer des opportunités dans de nombreux secteurs.
Quelles sont les perspectives d’IFC ?
Il faut savoir que nos interventions s’alignent sur les priorités du gouvernement et se font de concert avec la Banque mondiale. Nous nous intéressons à plusieurs secteurs stratégiques au Bénin. L’agriculture et ses chaînes de valeur, par exemple, qui sont des priorités identifiées par le gouvernement. Il y a également les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme qui peuvent être attractifs pour des investisseurs. De façon générale, IFC s’intéresse à tous les secteurs porteurs. Avec les nouveaux outils financiers dont nous disposons, nous œuvrons à réduire les risques liés à l’investissement.Nous entendons enfin poursuivre notre programme d’amélioration du climat des affaires, qui vise à un environnement attractif pour les investisseurs privés mais aussi pour rendre les entreprises locales plus efficaces et productives.
Comment appréciez-vous la situation économique globale des pays dont vous avez la charge?
Je couvre des pays à forte croissance comme la Côte d’ivoire, qui affiche une croissance en 8 et 9 pourcents. D’autres tels le Bénin et le Sénégal, sont dans la moyenne et ont de bonnes performances économiques. Par contre, certaines économies affichent une croissance lente, autour de 4 ou 5 pourcents. Le taux de croissance moyen de ces pays en encourageant – entre cinq et 6 pourcents. Mais n’oublions pas qu’en Asie, ce taux est de 10 pourcents. Il nous faut donc poursuivre nos efforts pour dynamiser et soutenir la croissance de ces économies.
En dehors du tourisme, de l’énergie que vous avez cités tantôt, quels sont les autres leviers sur lesquels il faut actionner pour booster la croissance ?
Je pense que l’agriculture est fondamentale, quand on sait que nos économies sont essentiellement rurales. Mais il y a aussi le transport et les infrastructures rurales. Ces secteurs méritent d’être appuyés pour continuer à améliorer les performances économiques.
Actualités 27 févr. 2019

En marge de la 15e journée du championnat national de ligue 2, l’entraîneur de Hodio Football club, Symphorien Tèhou, s’est prononcé sur les ambitions de son club en s’engageant dans la compétition. Satisfait de la prestation de ses poulains à ce niveau du tournoi, il compte sur eux pour monter en championnat d’élite la saison prochaine.
Quelle est l’ambition de Hodio Football pour ce championnat de Ligue 2 ?
En participant à ce championnat de ligue 2, Hodio Football club envisage de pouvoir monter en division d’élite. Nous y croyons fermement avec le soutien de nos dirigeants qui n’hésitent pas à mettre les moyens à notre disposition. Nous nous attelons et nous allons y aboutir.
Comment vous y prenez-vous pour atteindre vos objectifs ?
Au regard de nos ambitions, nous pouvons vous dire que nous travaillons beaucoup. Nous avons vite démarré les préparatifs de la compétition. Ce qui nous a permis d’avoir une avance sur nos adversaires. Nous travaillons ardemment depuis quelques mois. Nous préparons nos matchs en tenant compte des forces et faiblesses de notre adversaire.
Qu’est-ce qui vous distingue des aux autres équipes ?
Nous avons la chance d’avoir une équipe homogène avec des joueurs qui ont, pour la plupart, grandi à Comè. 90% des joueurs de Hodio Fc sont de la localité. Ce sont de jeunes joueurs qui évoluent ensemble depuis plusieurs années, et, tout ceci nous facilite le travail. C’est un plaisir pour eux de jouer ensemble tous les week-ends dans ce tournoi. Cet état de choses constitue un atout majeur et une source de motivation pour nos poulains.
Quels sont les schémas que vous mettez souvent en place pour réussir vos matchs ?
Nous avons démarré le championnat avec le système 4-2-3-1. Après, nous avons expérimenté le 3-4-3 ; actuellement nous sommes en train d’améliorer tous ces systèmes. Nous continuons de voir le système qui nous sera plus plausible. Je peux vous dire que nous allons jouer le 4-3-3 lors de nos prochaines sorties. En somme, nous misons sur le collectif pour tirer notre épingle du jeu.
Quelle est la moyenne d’âge au niveau de votre formation ?
Nous comptons sur de jeunes joueurs dont la moyenne d’âge est autour de 25 ans. Toutefois, nous avons certains anciens qui ont déjà joué en première division. Il s’agit de Johnson Ampah et Bruno Akakpo qui apportent beaucoup au club. C’est d’ailleurs eux les meilleurs buteurs de l’équipe et qui nous permettent de faire la différence lors de nos matchs.
Comment appréciez-vous la gestion managériale du club ?
Le président du club et son staff travaillent beaucoup pour que l’équipe puisse atteindre ses objectifs. Les enfants sont dans les meilleures conditions possibles. Nous pensons que tout ira pour le mieux tout au long de la compétition.
Quel est le défi à relever lors de la prochaine sortie après ce match nul face aux Awissi Wassa ?
Nous allons nous battre lors de la prochaine rencontre pour nous relancer par une victoire sur les Mambas Noirs. Après ce match nul face aux Requins sur nos installations, nous pouvons dire qu’on vient de perdre. C’est pourquoi nous donnerons tout pour gagner face aux Mambas Noirs lors de la prochaine journée. Nous avons l’obligation de gagner pour reprendre la tête de ce tournoi. Nous comptons sur nos joueurs pour gagner avant le déplacement de Parakou.
Un mot au public de Comè qui vous accompagne à chaque sortie ?
Je voudrais remercier le public sportif de Comè et tous nos supporters pour les efforts qu’ils accomplissent pour nous accompagner lors de nos différentes sorties. A domicile comme à l’extérieur, ils nous accompagnent du début jusqu’à la fin.
Sports 20 févr. 2019

Le président de Béké Fc de Bembèrèkè, Francis Koto Gbian, n’entend pas prendre les grandes décisions qui engagent l’avenir de son club, sans associer les supporters. En témoignent ses échanges avec eux, jeudi 14 février dernier. Ceux-ci ont porté sur le projet de construction du stade de Bembéréké par le gouvernement et le choix du terrain devant accueillir les prochains matches à domicile du club, au cours des travaux.
Encore quelques mois, et le Béké Fc aura à sa disposition un stade rénové avec une pelouse en gazon synthétique. Mais, ce ne sera pas sans quelques conséquences pour ses matches à domicile du championnat national de football de la Vitalor Ligue 1. C’est le prix qu’il doit payer.
Au cours d’une rencontre avec les supporters, jeudi 14 février dernier à Bembèrèkè, le président du club, Francis Koto Gbian, a manifesté sa joie de voir ce nouveau stade devenir une réalité. Des sentiments que ses interlocuteurs présents ont bien voulu partager avec lui.
En effet, le démarrage des travaux induira le choix d’un nouveau terrain pour les matches à domicile de Béké Fc. Des échanges entre les deux parties en présence, il ressort que le président a déjà mené des démarches dans ce sens. Ainsi, c’est sur le terrain de football de N’Dali que le choix a été porté. Ce qui évitera aux supporters d’effectuer de longues distances.
Déjà, des travaux sont en cours sur le stade de N’Dali. Ceci pour le rendre opérationnel et permettre son homologation par la commission technique de la Fédération béninoise de football.
Par rapport aux efforts consentis par le président et son bureau directeur et les progrès que le club ne cesse de réaliser, les supporters n’ont pas caché leur satisfaction. Leur ambition est de voir leur équipe s’imposer dans la division d’élite du football béninois.
Après Bembèrèkè, Francis Koto Gbian a mis le cap, vendredi 15 février dernier, sur N’Dali où il a rencontré les responsables en charge du football. C’est pour réaffirmer sa volonté de délocaliser les matches à domicile de son club, sur le stade de leur localité. Il leur a demandé de ne pas marchander leur soutien à son club.

En déplacement à Comè, ce samedi 16 février, lors de la 15e journée du championnat national de football de ligue 2, les Requins de l’Atlantique sont allés contraindre (0-0), Hodio Football club de la localité, au partage des points. Un résultat qui permet aux Awissi Wassi de quitter la zone rouge.
Les Requins de l’Atlantique et Hodio Football club se sont séparés dos à dos (0-0), ce samedi 16 février, sur le terrain de la Région douanière de Comè. C’est à l’issue d’un match équilibré entre les deux formations. En effet, premier relégable de la ligue2 avant cette journée, les Requins de l’Atlantique ont dû se battre pour éviter la huitième défaite de la saison. Poussé par son public, Hodio Fc, 2e de la compétition, a tenté en vain de remporter cette partie pour se hisser au sommet du classement. C’est d’ailleurs les locaux qui ont pris les premières initiatives en allant à l’assaut des buts des Requins de l’Atlantique dès l’entame du match. Quelques occasions de part et d’autre avec une forte présence des Requins en milieu de terrain. Nathe Lisboa, Baudoin Alitonou, Léon Koumagnon et Abiola Adétola enrayent toutes les velléités offensives de Hodio Football club. En témoigne l’incursion de l’attaquant de Hodio, Bruno Akakpo dans la défense des Awissi Wassa à la 34e minute. Deux minutes plus tard, les Requins vont se relancer en obtenant un coup franc à la lisière de la défense de Hodio Fc. Halarion Hounsa va mal exploiter cette opportunité et envoie la balle sur la barre transversale.
A la 38e minute, réponse du berger à la bergère, Hodio Fc bénéficie également d’un coup franc, mais Justin Tipo manquera le cadre. La fatigue va gagner les rangs des joueurs des deux équipes dans les cinq dernières minutes de la 1re partie. Ce qui va permettre à Hodio Fc d’assiéger le camp des visiteurs jusqu'à la mi-temps. C’est alors qu’à la 43e minute, Crépin Abbey surprend d’une frappe le gardien des Requins, Serge Obassa. Hodio Fc va doubler d’ardeur en mettant la pression sur son adversaire dans les derniers instants de cette partie, mais manque d’efficacité.
La reprise d’Arsène Ezin aurait pu faire mouche à la 44e minute, n’eût été la vigilance du défenseur des Requins, de Gaule Hountonto, sur la ligne de but au moment de la frappe. Même le coup franc de Bruno Akakpo de Hodio à la 46e minute n’a pas changé le cours de la partie. A 0-0, le juge central, Mathias Adjakidjè, va renvoyer les deux équipes aux vestiaires.
A la reprise, les joueurs de Hodio Fc viennent avec de bonnes intentions, mais c’est sans compter avec la réaction des Requins. Les coéquipiers de Stanislas Zinsou vont conserver la balle pendant le premier quart d’heure sans arriver à passer défense des Awissi Wassa.
A la 60e minute, les Requins vont s'offrir la première occasion de la seconde partie par l’intermédiaire de Baudoin Alitonou, mais le gardien de Hodio Fc, Innocent Medessè, va réussir à capter la balle. La partie va baisser en intensité. Les sorties d’Arsène Zinsou et Matchoudi Odah, remplacés par Johnson Ampah et Julien Aglankou respectivement aux 70e et 83e minute vont renforcer le jeu offensif de Hodio. Les joueurs des Requins, Nathe Lisboa et Alexandre Odounifa seront contraints à faire des gestes antisportifs et écoper de cartons jaunes. L’entrée de Adébayo Gbégnon en lieu et place de Liberty Amenuku au niveau des Requins ne va rien changer au cours de la partie. A (0-0), le juge central va mettre fin à la rencontre. Avec ce résultat, Hodio Football club reste dans le peloton de tête de la ligue 2 tandis que les Requins de l’Atlantique quittent la zone rouge.

Les 608 sinistrés, victimes de l’incendie survenu dans la nuit du 30 au 31 octobre 2015 au marché international de Dantokpa, ont reçu ce mercredi 6 février, à Cotonou des chèques du Comité chargé de la mobilisation des ressources (Comores). Ceci s’inscrit dans le cadre de leur dédommagement par le gouvernement du président Patrice Talon.
Les sinistrés victimes de l’incendie survenu dans la nuit du 30 au 31 octobre 2015 au marché international de Dantokpa peuvent désormais pousser un ouf de soulagement. Ils ont reçu des chèques d’une valeur de 1million 279 mille 800 F Cfa chacun de la part du Comores, ce mercredi 6 février. Le président des sinistrés du marché Dantokpa, Mouyidine Radji, affirme qu’après cet incendie, un sursaut patriotique et l’amour du prochain ont gagné le cœur de beaucoup de Béninois qui sont venus leur prêter main forte. Au nom de ces derniers, il a exprimé toute sa reconnaissance au gouvernement et à son chef, le président Patrice Talon, au président du Conseil économique et social (Ces), et à tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à l’aboutissement de ce dossier.
Pour le président du Comores, l’objectif du Comité est de témoigner la solidarité de l’ensemble de la nation et de la communauté internationale à l’endroit des sinistrés. Il a affirmé que le montant collecté à ce jour est de 778 millions 315 mille 679 F Cfa dont 278 millions 315 mille 679 F Cfa déposés par les donateurs nationaux et internationaux et 500 millions virés par le gouvernement de la Rupture.
Augustin Tabé Gbian a rappelé que les opérations de recensement, d’enregistrement et de traitement des données de même que l’analyse statistique ont été conduites par des techniciens avérés dans le domaine. Il a précisé qu’à l’issue de ces différentes opérations et sur demande des responsables des sinistrés, la liste des sinistrés
préalablement produite et contenue dans le rapport d’évaluation a été passée au peigne fin puis enrôlée lors des travaux d’apurement pour requérir le consensus tant souhaité par les acteurs impliqués dans ce dossier. Le président du Ces a témoigné toute sa reconnaissance au président Patrice Talon qui fait, selon lui, de la protection sociale son cheval de bataille.
La ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, dans son intervention, n’a pas manqué de remercier le président du Ces pour tous les efforts consentis. Bintou Adam Chabi Taro explique que l’une des priorités du président de la République en matière d’inclusion sociale est le renforcement de l’accès des populations aux services sociaux de base et aux opportunités économiques ainsi que la mise en œuvre d’une politique de protection sociale adéquate. Elle indique que, dans ce cadre, le gouvernement a opté pour une amélioration significative des conditions de vie des populations les plus vulnérables. Bintou Adam Chabi Taro note que c’est la raison pour laquelle le président de la République a décidé le 19 décembre 2018 de débloquer la somme de 500 millions de francs Cfa afin de soutenir et de soulager les sinistrés. Elle recommande alors aux bénéficiaires de faire preuve d’une gestion saine et rigoureuse des fonds qui leur sont remis.

L’audience criminelle de l’affaire des structures de collecte d’épargne et de placement d’argent dite Icc-Services, qui se déroule devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), amorce une nouvelle étape, ce mardi 29 janvier, avec la plaidoirie des avocats de la partie civile.
L’affaire des structures de collecte d’épargne et de placement d’argent dite Icc-Services en examen devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) tire lentement mais sûrement, vers sa fin annoncée pour le jeudi 31 janvier. Le procès amorce, en effet, ce jour, la phase cruciale de la plaidoirie des avocats. Le bal sera ouvert par les avocats de la partie civile. L’annonce a été faite par le président de la cour de céans, Edouard Cyriaque Dossa, lors de la suspension de l’audience de ce lundi, la vingt-sixième, pour le compte de ce procès qui a débuté le lundi 17 décembre 2018.
Le président Edouard Cyriaque Dossa a invité les avocats de la partie civile, c’est-à-dire des présumés spoliés à se préparer pour faire leur plaidoirie ce jour. Autrement dit, la cour s’en va clôturer les débats au cours desquels elle a auditionné toutes les parties au procès, notamment les accusés, les témoins, les sachants et les victimes. Tous ont défilé devant la cour pendant plus d’un mois.
Les trois avocats des victimes, à savoir Mes Agathe Affougnon-Ago, Alain Orounla et Gustave Anani Kassa passeront ainsi, à tour de rôle, devant la cour pour faire leur plaidoirie qui sera suivie des réquisitions du procureur spécial près la Criet, Ulrich Gilbert Togbonon, assurant le rôle de ministère public dans ce procès. Ce n’est qu’après cette étape que les avocats de la défense, c’est-à-dire les conseils des accusés seront invités à faire leur plaidoirie.
La parole sera donnée en dernier ressort aux accusés pour qu’ils disent leur mot, conformément à la procédure d’un procès pénal. Vient enfin la phase fatidique du retrait de la cour pour le huis clos du délibéré. Cette ultime étape sera suivie de celle de la délibération publique de la cour qui fixera sur son sort chacun des huit accusés à savoir le président directeur général d’Icc-Services : Guy Akplogan ; le directeur général d’Icc-Services : Pamphile Ludovic Dohou ; le directeur financier d’Icc-Services : Etienne Tchihoundjro ; le directeur départemental Ouémé-Plateau d’Icc-Services : Emile Tégbénou ; le chef agence Icc-Services de Lalo : Clément Sohounou ; le chef agence Icc-Services de Bazounkpa : Michel Agbonon ; le pasteur Justin Dimon et l’ex-coordonnateur de la Cellule nationale de surveillances des structures financières décentralisées : Grégoire Cocou Ahizimè.
115 millions F Cfa placés
La cour va rendre son verdict en statuant au cas par cas à l’aune des faits mis à la charge de chacun des huit accusés dont certains sont en détention préventive depuis juin 2010. Pour le compte de la journée de ce lundi, la cour a poursuivi l’audition des victimes qu’elle a démarrée depuis le jeudi 24 janvier dernier. Une cinquantaine de spoliés, preuves en main, ont défilé hier à la barre. Les montants mis en cause, selon les déposants écoutés, vont de 40 mille francs Cfa à 115 millions F Cfa. Tous ont expliqué, à tour de rôle, à la cour de céans, non seulement ce qui les a motivés à aller placer leur argent à Icc-Services mais aussi s’ils veulent se faire dédommager ou non. La quasi-totalité des victimes auditionnées ne veut rien entendre. Elles réclament leurs sous. Certains n’ont même pas pu retenir leurs larmes à la barre. Elles veulent tout au moins qu’on leur rembourse le montant qu’elles ont déposé pour celles qui n’ont rien perçu comme intérêt et le solde restant pour les déposants qui en ont reçu avant l’éclatement de la crise.
Le cas qui a le plus retenu l’attention est celui du sieur Elie Constant Abati. Celui-ci a souscrit à Ouidah, deux contrats, l’un pour un montant de 450 mille Francs Cfa et l’autre de 430 mille F Cfa. Il réclame aux promoteurs d’Icc-Services le remboursement de ces deux capitaux en plus des intérêts générés par ceux-ci jusqu’à la date d’hier. Il évalue le préjudice financier subi à 5,760 millions F Cfa pour le contrat de 450 mille et à 4,320 millions F Cfa pour le second. Ce qui fait un solde de 10,080 millions F Cfa que réclame, d’un air très sérieux, Elie Constant Abati à Icc-Services. Ce préjudice financier avec intérêts bien comptés sans état d’âme a fait pouffer de rire toute l’assistance. L’avocat de la défense, Me Hervé Gbaguidi, ironise avec la victime en lui demandant si c’est bien humain de déshabiller un cadavre pour l’habiller. Très déterminée à prendre son argent, la victime qui a quitté Ouidah pour venir à la Criet à Porto-Novo, n’a pas eu froid aux yeux pour répondre à Me Hervé Gbaguidi que s’il faut aller réveiller le cadavre à la morgue pour prendre son argent, il le ferait.

Le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou, a reçu hier en audience une délégation des partis de l'Opposition notamment, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et l’Union sociale libérale (Usl). Une rencontre qui s'inscrit dans le cadre de l'organisation réussie des prochaines élections législatives.
Représentées par des membres des partis Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et Union sociale libérale (Usl), les forces de l’Opposition ont exprimé, sans langue de bois, au président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou leurs craintes et leurs espérances.
En effet, certaines dispositions des lois N°2018-23 et 2018-31 portant respectivement charte des partis politiques et code électoral restent incomprises sinon obscures pour l’Opposition. Quelle interprétation faire notamment de l’article 56 de la charte des partis politiques relatif à l’existence des partis et des dispositions de l’article 242 du code électoral relatives à l’attribution des sièges ? Sur quelle base la Céna proclamera-t-elle les grandes tendances ?
Comment les sièges seront-ils repartis ? Selon les forces de l’Opposition, il urge de faire la lumière sur les dispositions à polémique. « Epris de paix et engagés pour l’enracinement de la démocratie au Bénin, nous pensons qu’il est impératif de s’entendre sur les règles du jeu électoral avant le dépôt des candidatures pour les législatives d’avril 2019 », a clamé le chef de la délégation, Joël Ajavon, avant de transmettre au président les deux principales recommandations de l’Opposition notamment : « Organiser dans les meilleurs délais, un séminaire de formation à l’endroit des acteurs politiques sur le mode de répartition des sièges d’une part et d’autre part veiller à publier des résultats détaillés et redressés à l’issue du scrutin ».
Prenant acte de leurs inquiétudes et recommandations, le président de la Cour constitutionnelle a rassuré ses hôtes de la détermination de son institution à jouer pleinement et en toute conscience le rôle qui est le sien dans l’organisation d’élections apaisées et transparentes. Mais, pour ce qui a trait aux interprétations attendues par l’Opposition sur les différentes dispositions soulevées, le président Joseph Djogbénou clarifie : « Il est normal que les lois qui serviront de repères pour les élections puissent faire l'objet de discussion entre les partis politiques. Il y va de l’intérêt de tous les partis politiques. Mais, ne demandez pas à la Cour constitutionnelle de se prononcer et d’interpréter si elle n’est pas saisie d’un recours… Dans une compétition électorale, la Cour a le pouvoir de régulation. Mais, la compétition, ce sont les partis politiques qui la font. Il revient aux partis politiques de se concerter… », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Que chacun assume sa part de responsabilité, chacun dans son périmètre… La Cour prendra sa part active et si elle est saisie, elle fera son travail en toute responsabilité ».
Me Djogbénou rassure
La confiance, c’est le sentiment que l’Opposition clame ne pas ressentir à l’égard de la Cour constitutionnelle. Le coordonnateur du parti Fcbe, Eugène Azatassou, Saka Fikara et le conseiller municipal Raphaël Edou l’ont exprimé lors de la séance. Appelant le président à faire preuve d'impartialité pour restaurer la confiance en cette institution garante de l'équilibre de la nation qu'est la Cour constitutionnelle. Stanislas Houngbédji de l’Usl invite aussi le président de la Cour constitutionnelle, ancien militant de l’Opposition, à faire en sorte que les dénonciations auxquelles il a pris part dans sa peau d’opposant hier ne se répètent pas dans sa peau de président d’institution aujourd’hui. Le président de la Cour constitutionnelle a rassuré ses hôtes et réaffirmé l’engagement de l’institution à faire le travail qui est le sien. « La Cour assumera ses prérogatives tel que lui confère la Constitution, mais les assurera dans l'esprit et la lettre de la Constitution », a-t-il indiqué. Il a aussi promis de collaborer avec toutes les forces politiques pour des élections apaisées.
Actualités 24 janv. 2019

Le président de la Fédération internationale de football association (Fifa) en séjour au Bénin dans le cadre d’une tournée africaine était le jeudi 10 janvier à la présidence de la République. L’audience suivie d'une séance de travail entre le patron du football mondial et le président Patrice Talon a permis à l’hôte du Bénin de toucher du doigt les nombreux efforts et investissements faits dans le secteur. Et il s’en félicite.
Gianni Infantino est au Bénin depuis ce jeudi dès les premières heures. Le président de la Fédération internationale de football association (Fifa) a en effet foulé le sol béninois au petit matin du jeudi 10 janvier. Le patron du football mondial et sa suite ont été accueillis chaleureusement par les ministres des Affaires étrangères et des Sports et une foule de supporters ayant effectué le déplacement.
Le président de la Fifa a ensuite rallié la présidence de la République pour une audience avec le président Patrice Talon et d’autres membres du gouvernement. Audience au cours de laquelle le sport a été au cœur des échanges. «J’aimerais remercier le président pour son accueil et remercier tous ceux qui ont la charge du football. Nous nous sentons chez nous et je peux dire qu’aujourd’hui, Cotonou est la capitale mondiale du football », a laissé entendre le président de la Fifa, Gianni Infantino à la fin de son entretien avec le président Talon. « Nous avons pu constater, au cours de cet entretien, que le chef de l’Etat béninois est un véritable passionné de football comme tout le peuple béninois d’ailleurs. Mais le président en parle avec une énergie tout particulière, je dirais même unique, certainement exemplaire», apprécie fasciné, le patron du sport roi.
L’autre élément de satisfaction de Gianni Infantino porte sur la vision des autorités béninoises pour le développement du football. « Nous avons pu parler de ce que nous allons faire ensemble avec le Bénin pour développer le football avec la fédération béninoise. J’ai pu personnellement constater le travail qui est effectué par le président, le gouvernement et par le ministre en charge des Sports; c’est extraordinaire!», exulte le numéro 1 de la Fifa. Il confie même avoir suggéré au ministre en charge des Sports, Oswald Homeky, de changer la dénomination de son département en ministère du football eu égard au vaste programme de la promotion de ce sport mis en place par le Bénin. « Nous allons négocier cela après », lance-t-il avec sourire.
Le Bénin innove par des actions qui fascinent l’instance dont il a la charge et il a tenu à le marteler. «L’engagement et les travaux qui sont effectués aujourd’hui partout dans le pays non seulement pour le développement du football qui est le sport phare, mais aussi de tous les sports avec un engagement très conséquent sur les infrastructures, sur l’éducation, sur le développement, c’est exactement le même axe que nous avons à notre niveau». Gianni Infantino « félicite tout particulièrement le président pour le travail qu’il fait avec sérieux ».
Des investissements pour le futur
Dans sa déclaration à la presse à sa sortie du cabinet présidentiel et à la suite de la signature d’un mémorandum avec le Bénin relativement à la promotion du sport scolaire, le président de la Fifa, sans doute fasciné par l’importance de ce qui est prévu, a tenu là encore à féliciter les autorités béninoises. « Comme je le disais lors de la réunion, ce ne sont pas des dépenses, mais des investissements pour nos jeunes et sur le futur », apprécie-t-il. De quoi susciter au niveau du ministre en charge des Sports, une fierté qu'il a du mal à cacher. « Nous sommes très fiers et très heureux de recevoir le président de la Fifa, et c’est aussi avec beaucoup de fierté que nous accueillons cette visite historique car, c’est la première fois qu’un président de la Fifa arrive au Bénin », souligne Oswald Homeky. Il se dit aussi « sensible aux engagements de la Fifa qui a accepté signer ce mémorandum d’entente avec le Bénin pour le sport à l’école ». Pour lui, « c’est une première et c’est aussi la première fois que la Fifa signe un mémorandum avec un Etat ». Et si la Fifa a accédé à cette demande du Bénin, c’est, à l’en croire, « parce que ce programme des classes sportives rentre dans la droite ligne de ce que la Fifa envisage de faire pour le sport scolaire ». Au cours de la séance de travail, le programme des associations sportives communales, les académies départementales et l’ambitieux programme de construction d’infrastructures avec 22 stades, actuellement en construction au Bénin, (34 autres vont suivre), ont été présentés à la délégation de la Fifa. « La jeunesse béninoise recommence à rêver », assure le ministre Oswald Homeky qui rappelle que le Bénin a été malade pendant longtemps, qu’il était même en crise le 6 avril 2016, quand le président Talon prêtait serment. « Nous avons tout fait pour tourner la page de cette crise », se soulage-t-il.
Fierté aussi !
« Nous serons fiers d’être un exemple, vous avez cru en nous et vous ne serez pas déçu ». Cet engagement fort et même solennel a été pris par le ministre en charge des Sports, Oswald Homeky, devant le patron du football mondial, lui demandant de croire en la volonté et aux engagements des autorités béninoises. « Le président Patrice Talon est un visionnaire qui a l’énergie pour mettre en pratique sa vision et nous à la Fifa et au niveau de la fédération béninoise, nous sommes fiers d’être à ses côtés pour le soutenir dans ce sens », laisse entendre Gianni Infantino, visiblement très satisfait de ses échanges avec le président de la République. « Avec l’engagement et la passion que je note pour le football dans ce pays et la structuration mise en place, avec le président Mathurin (de Chacus), nous sommes sur le même chemin, nous allons travailler ensemble », promet-il. « Nous suivons avec grande attention les réformes en cours au niveau du Bénin et nous voulons que le pays soit un exemple et qu’on puisse le montrer dans le monde et je crois que les ingrédients sont là », conclut enfin le président de la Fifa.
Actualités 11 janv. 2019

La mythique ville de Ouidah, terre de cohabitation pacifique des cultures et des cultes, a célébré dans l’allégresse, ce jeudi 10 janvier, la vingt-sixième édition de la fête des religions traditionnelles. Comme à l’accoutumée, les dignitaires et adeptes de diverses divinités, des personnalités et autres touristes se sont joints au pontife Daagbo Hounon Tomandjèhoukpon Houwamènou II pour honorer le vodoun.
Ouidah, ville-musée. 9 h 40. Ruée vers le marché Zobè. Perles au cou, aux poignets, à la cheville, les dignitaires et adeptes de divinités traditionnelles paraissant majestueux dans leurs accoutrements, conduits par le pontife
Daagbo Hounon Tomandjèhoukpon Houwamènou II, procèdent à une prière au vodoun Aïzan pour implorer la paix et la prospérité. Au bout d’une dizaine de minutes, le cortège de Daagbo s’ébranle vers le Temple des pythons à Dangbéhouè, situé juste en face de la basilique de l’église catholique de la ville : tout un symbole de tolérance et de cohabitation pacifique entre les religions au Bénin en général et dans la cité de Kpassè en particulier.
10 h 10, les libations prennent fin au Temple des pythons. La foule d’adeptes et de curieux composée de nombreux touristes et têtes couronnées venus du Brésil, d’Haïti, des Caraïbes, de la Guinée, du Cameroun, de la France, emprunte la cahoteuse et historique Route des esclaves jusqu’à la Porte du non-retour de Djègbadji, lieu symbolique de la traite négrière transatlantique du XVIe au XIXe siècle. Là se dérouleront les manifestations officielles. Sur les lieux, le festival de rythmes et danses cérémoniels est assuré par une vingtaine de groupes. Le groupe Kolébajè de la Fraternité Egun-gun du Littoral avec le rythme gbon accompagné d’une longue file d’anonymes en pagne uniforme distille des sonorités envoûtantes de tambours parlants, fait le tour pour ravir momentanément la vedette aux autres installés sous les bâches.
Un désordre indescriptible s’installe par la suite avec la masse qui se jette dans les allées réservées aux officiels et aux reporters. Policiers et sapeurs-pompiers semblent dépassés par l’entêtement des curieux, sous les objectifs des chasseurs d’images qui paraissent plus nombreux avec la prolifération des caméras bon marché et autres smartphones et téléphones à camera. Personne ne veut se faire conter l’événement; tout le monde s’improvise reporter. Dignitaires et adeptes des divinités Thron, Egun-gun, Mami, Ogou, Sakpata Kokou (Gambada), Dan, Atchina, Hèviosso (Shango) et autres divinités traditionnelles n’y trouvent aucun inconvénient et s’offrent avec plaisir pour les poses.
Seing du vodoun
A 11 h, Daagbo Hounon, dans son costume d’apparat, les yeux cachés derrière des verres fumés, fait son entrée sur le site. Les maîtres de cérémonie arrivent vaille que vaille à obtenir une accalmie précaire auprès des « artistes endiablés » envoûtés par les sonorités vodoun.
Le maire de Ouidah, Célestine Adjanohoun, appelée à ouvrir le bal des allocutions, insistera sur les valeurs positives du vodoun. «Contrairement aux idées reçues, souligne-t-elle, nous pouvons affirmer avec fierté que la religion vodoun est porteuse de valeurs comme la paix, l’amour, la tolérance, la solidarité ; le vodoun n’est pas synonyme de méchanceté encore moins de sorcellerie ». Pour elle, le vodoun mérite d’être valorisé afin d'en donner une bonne image et chacun, à quelque niveau qu’il soit, doit en prendre conscience et jouer la partition qui est la sienne. « Le vodoun peut aider l’humanité à soigner les multiples dérives observées dans nos sociétés », selon Célestine Adjanohoun.
Ancré dans les habitudes et les modes de vie, le culte vodoun constitue « la racine pivotante » des valeurs endogènes, renchérit le préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia. Il insistera sur la sagesse et le sens élevé qui doivent caractériser la promotion de ce « bien commun ».
En tout cas, conscient que le vrai pétrole dont dispose le Bénin, ce sont les arts et la culture, le gouvernement a conçu des projets ambitieux pour leur valorisation et entend jouer sa partition, laisse entendre José Pliya, directeur de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (Anpt). Au nom du ministre en charge du Tourisme et de la Culture, c’est lui qui procédera à l’ouverture du Festival vodoun, en présence de trois ministres Jean-Claude Dona Houssou, Aurélien
Agbénonci et Gaston Dossouhoui représentant le chef de l’Etat, des députés Lucien Houngnibo, Marcellin Ahonoukoun et autres personnalités. Il saisit l’occasion pour inviter les touristes à visiter le parc animalier de la Pendjari ; la cité lacustre Ganvié, les palais royaux d’Abomey, les trésors architecturaux de Porto-Novo, etc.
Pour que vive le vodoun !
Finie la partie protocolaire faite de discours, place au volet cultuel sous l’égide du pontife Daagbo Hounon
Tomandjèhoukpon Houwamènou II. Il sonnait midi pile. Accompagné de Nangbo Hounon et autres initiés, il entrera dans le couvent improvisé au milieu de la scène, un enclos d’une vingtaine de mètres-carrés contenant un autel entouré de nattes. Le rituel qui a duré vingt minutes chrono fait de jets de colas et d’immolation d’un cabri se déroulera à l’abri des regards. Seuls les échos sonores des libations : invocations, panégyriques claniques, chants et autres parviendront à la foule qui s’impatientait de voir le défilé des adeptes des divinités sur le podium. Le public acclame quand il est annoncé depuis le ‘’couvent’’ que les ancêtres ont accepté les libations et prières et que celui qui sème récoltera.
Le volet artistique et culturel de cette fête des religions traditionnelles sera marqué par des parades spectaculaires des adeptes des divinités de la terre, du fer, du ciel et de la foudre, etc.: Sakpata, Atchina, Kokou
(Gambada), Bossikpon, Dan, Mami, et autres qui ont tenu en haleine le public. Pour les habitués, la fête semble avoir perdu quelque peu de son charme en l’absence des démonstrations mystiques et mythiques des garants de la tradition. Cependant, ces artistes ayant dédié tout leur corps et tout leur être à leurs divinités respectives ont gratifié le public de belles chorégraphies et de beaux gestes dont ils ont seuls le secret.
Ciment des générations et des traditions
Au-delà des rites et sacrifices en guise de devoirs envers les ancêtres, la fête des religions traditionnelles plus connue sous l’appellation de « fête du vodoun», offre l’opportunité de jeter un regard sur l’apport du panthéon vodoun dans le développement. Occasion de retrouvailles des peuples béninois et de l’Afrique avec leur diaspora, la fête des religions traditionnelles constitue une plate-forme d’effusion spirituelle dans le cadre de la réconciliation avec les frères déportés de l’autre côté de l’Atlantique. Des membres de la diaspora du Brésil, d’Haïti, des Caraïbes effectuent un pèlerinage au Bénin, dans ce cadre, pour se rappeler leurs origines. Le vodoun constitue de ce fait le ciment qui lie les traditions les plus anciennes aux générations actuelles au Bénin et en Afrique.
Initiée en 1994, suite au festival Ouidah 92, la fête des religions traditionnelles permet de célébrer la diversité des expressions culturelles et cultuelles, sous la bannière des divinités. Elle est consacrée par le président Nicéphore Soglo et instituée par la loi 97-031 du 30 août 1997 par le président Mathieu Kérékou. Elle redonne en effet aux cultes endogènes toute leur place, après l’invasion des religions dites révélées qui les condamnaient à une disparition lente, mais assurée.
Les religions traditionnelles constituent par ailleurs une source d’inspiration pour nombre de créateurs d’œuvres de l’esprit (musiciens, danseurs, plasticiens, écrivains) qui prennent à cœur la valorisation du patrimoine cultuel et culturel et façonnent la conscience sociétale collective. Les œuvres des chanteurs Danialou Sagbohan, Frères Guèdèhounguè, Vi-Phint ou du plasticien Basile Moussougan alias Bamouss, en disent long.
Avec les dignitaires et autres intellectuels qui s’échinent à dépouiller le vodoun de pratiques abominables des hommes qui l’adorent, les divinités traditionnelles résistent au temps et retrouvent peu à peu leurs lettres de noblesse, en dépit des railleries, du discrédit et du matraquage parfois violent orchestrés par les fidèles d’autres religions.
C. U. P.
Culture 11 janv. 2019

La Cour constitutionnelle a tenu, jeudi 3 janvier dernier, sa première audience plénière de l'année 2019. Au rôle, des recours électoraux, des requêtes portant sur des présomptions de violation de la Constitution, de non-respect de décision de justice, d'atteinte aux droits de la défense... Les délibérés de ces différents dossiers sont intervenus vendredi 4 janvier.
Au terme de sa première audience de l'année 2019, la Haute juridiction a rendu 44 décisions. Des décisions sur des requêtes de diverses natures. Ainsi, la Cour a pu reconnaître la violation de l'article 35 de la Constitution et l'atteinte à l'intégrité physique du sieur Édith Toudonou par le maréchal des logis Hervé Toviessi et son supérieur, le chef de Brigade d'Akassato d'alors. Le plaignant, Édith Toudonou, expose en effet que le gendarme Hervé Toviessi l'aurait brutalisé après son interpellation, pour lui faire porter des déclarations mensongères et que son supérieur, le chef de la brigade d'Akassato d'alors, aurait cautionné les faits. Ni le maréchal des logis Hervé Toviessi, ni le chef brigade ne s'étant fait représenter à l'audience de mise en état pour s'expliquer, la cour a rendu sa décision en l'état.
Par une requête en date du 13 juillet 2018, les sieurs Jacob Hounkanrin et Tampignou Djossou ont dénoncé une présumée violation du droit d'accès à la justice. Le tribunal de première instance de deuxième classe avait ordonné leur dédommagement par la société d'assurance dont la responsabilité a été engagée suite à un accident survenu en 1980 mais lorsqu'il s'est agi de payer le dédommagement, l'avocat de la défense a opposé le fait qu'il ne se soit pas constitué en partie pour défendre ses clients. Les plaignants ont signalé les faits au tribunal, puis à l'Ordre national des avocats qui n'ont pas apporté de réponse au dossier depuis plus de 25 ans. «Le droit de voir sa cause jugée dans un délai raisonnable a été violé», a déclaré la cour qui précise que ce droit a créé des préjudices aux ayants droit qui méritent des dédommagements auxquels s'exposent ceux qui ont retardé le droit de voir la cause jugée en un délai raisonnable. Ainsi, le tribunal et l'Ordre national des avocats devront dédommager les plaignants.
Dans sa requête, le sieur Alain Tchansi dénonce quant à lui le Centre des œuvres universitaires sociales (Cous), la Soneb et la Sbee pour violation de ses droits fondamentaux. Il expose que le Cous, la Soneb et la Sbee ont respectivement détruit ses équipements, lui ont coupé l'eau et l'énergie. Le Cous expose que le plaignant à qui un kiosque avait été attribué pour ses activités commerciales a voulu une reconduction de cette concession sans contrepartie. Le directeur de la Soneb fait savoir que le plaignant n'est pas un abonné de la Soneb et qu'il aurait hérité des installations de son frère qui, lui, devait trois mois d'arriérés. La Sbee précise qu'une fois qu'elle met à disposition de l'énergie, sa distribution par le Cous ou l'Uac n'est pas de son ressort. Considérant que le plaignant demande à la Cour de régler un différend entre lui, le Cous, la Sbee et la Soneb, alors qu'un tel contentieux relève du juge de la légalité, la Cour s'est déclarée incompétente.
Recours contre l'Exécutif
L'avocat Sadikou Alao et le pharmacien Alphonse Gonçalves ont formé un recours en inconstitutionnalité du relevé 11.9 du Conseil des ministres portant compte rendu d'état de la lutte contre les faux médicaments et relatif à la suspension de l'Ordre des pharmaciens. Ils exposent que, suite à la décision de condamnation par le tribunal de première instance de Cotonou de New Cesamex et des grossistes répartiteurs, alors même que cette décision a fait l'objet d'un appel, le Conseil des ministres, sous le rapport du ministre de la Justice d'alors, a suspendu l'Ordre des pharmaciens pour une durée de 6 mois. Ils présument une violation de la séparation des pouvoirs, une violation de la présomption d'innocence, une violation de la liberté d'association et du droit à la défense. Considérant que le Conseil des ministres ne s'est pas prononcé sur la culpabilité et a simplement pris acte d'une situation puis tirer les conséquences qui s'imposent, considérant que la mesure de suspension prononcée par le conseil des ministres n'est pas une exécution d'une décision de condamnation, mais une mesure conservatoire provisoire... ; la Cour constitutionnelle a décidé qu'il n'y a pas violation de la Constitution.
Présumant une violation de la Constitution par le chef de l'Etat, le sieur Blaise Kouton expose que, le 26 janvier 2018, Simplice Dato a démissionné de la Cour constititionnelle, mais le président de la République n'a pas procédé au remplacement de celui-ci dans le délai légal d'un mois. La Cour constitutionnelle ayant déjà rendu une décision sur la régularité de la démission de Simplice Dato ainsi que sa conformité à la Constitution et à la loi organique sur la Cour constititionnelle, a purement et simplement déclaré la requête irrecevable pour autorité de la chose jugée.
Recours électoraux
Lors de son audience, la Cour constitutionnelle a ordonné l'insertion de certains citoyens sur le Fichier électoral national et leur inscription sur la Liste électorale permanente informatisée. Il s'agit de : Ignace Adigbli, Calixte Sèna Acabassi, Charlotte Okpèchan, Mathieu Yarigo, Aboudou Latif Sidi, Rianatou Tidjani, Codjo Jorès Tonato, Phidelphin Gbènan Dores Ayihounton, Phidelphin Gbènan Ayihounton, Mémoria Sannou, Pierre Nanhoum, Cédric Aïssi, Flobert Aïssi, Nicole Voda, Dieudonné Ahouansou, Bona Adam Soulé, Jean-Louis Fanou, Abdoul Zakari, Bérénice Sannou... D'autres citoyens ont vu leurs requêtes rejetées notamment : Edmond Anagni, Lionel Houéto, Agossou Damien Hounkpatin, Sourou Félix Gnansounou, Geneviève Ayohouton, Jérémie Abayomi, Sovi Jean Arcadius, Enoch Amégbédji, Jules Hounkpatin...
La Cour a aussi ordonné la délivrance d'une carte d'électeur à Christelle Tandjè, la rectification du patronyme du sieur Abaccus Mivécan dans le Fen, le transfert de Corneille Ayité vers le centre de vote du lieu de sa résidence actuelle. Elle a déclaré irrecevable la requête du Cos-Lepi d'inscrire certains citoyens sur la Lépi. Elle s'est, par ailleurs, déclarée incompétente pour le rétablissement d'un centre de vote supprimé mais a nommément ordonné le transfert de certaines personnes défavorisées par cette suppression vers le centre de vote de leur choix?