La Nation Bénin...
Nouvelles

Deux figures féminines de la période révolutionnaire analysent les différentes mutations qu’a connues le Bénin, ex-Dahomey, depuis la période révolutionnaire à ce jour. Elles ne manquent pas de se pencher sur l’évolution de la situation de la femme.
Déjà 57 ans que le Bénin a acquis son indépendance. Nombre d’initiatives ont été accomplies en faveur des femmes. Ce mérite, elles le doivent d’abord aux dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays, pour avoir pris des lois qui leur sont favorables. La bataille pour améliorer le statut de la femme relève ensuite de la détermination de la couche elle-même. Toutefois, l’analyse de la situation des femmes varie en fonction d’une figure féminine à une autre.
Appréciant l’élan des femmes aujourd’hui, Eugénie Dossa Quenum, ancienne militante de l’Union générale des élèves et étudiants du Dahomey (Ugeed), estime qu’elles se révèlent aujourd’hui mieux que par le passé. « Qu’elles soient dans les bureaux ou dans les marchés, la plupart des femmes sont plus éveillées et plus conscientes de leurs intérêts ». Mieux, poursuit-elle, les associations féminines font un travail de conscientisation des femmes avec de meilleurs résultats.
Bouriana Daguia, ancienne chef de district de Sèmè-Kpodji, d’Adjarra et de Porto-Novo 2, ne partage pas cet avis. Elle estime que les femmes sont encore loin du compte, contrairement aux prouesses qu’elles ont réalisées pendant la période révolutionnaire. « La vraie démocratie a eu lieu à un moment donné dans notre pays. L’éveil de la conscience du peuple et surtout des femmes s’est fait pendant la Révolution », soutient-elle.
Pour cette ancienne militante qui a été au cœur des combats pour l’émancipation des femmes au Bénin et en Afrique, la période révolutionnaire a contribué à l’éveil et surtout à l’émancipation des femmes. Aujourd’hui, la gent féminine semble baisser la garde.
Relativement à la situation de la femme, Eugénie Dossa Quenum, décèle plusieurs faiblesses. Selon elle, la participation des femmes à la vie publique de notre pays aujourd’hui est révélatrice des multiples obstacles qu’elles doivent franchir sur le plan de la scolarisation des filles, de la lutte contre l’abandon scolaire, les mariages et grossesses forcés, la discrimination et le poids de la tradition.
Bouriana Daguia note également une régression des femmes, contrairement à la période révolutionnaire. Sur ce point, elle mentionne leur infériorité numérique au sein des instances décisionnelles. « Ce qu’on observe au niveau de l’Assemblée nationale et des autres instances au Bénin montre que la femme n’est pas encore au rendez-vous », fustige-t-elle.
Les femmes, marionnettes !
De la période révolutionnaire, elle garde le souvenir des luttes acharnées ayant permis de porter des femmes au-devant de la scène politique. « Nous veillions au grain à cette époque déjà pour que la femme puisse être à la place qu’il faut. La désignation des membres des comités révolutionnaires locales était démocratique parce qu’on privilégiait les assemblées générales dans tous les quartiers. Aujourd’hui, il y a des gens qui ne connaissent pas leur chef de quartier », ironise-t-elle. Mieux, tout est guidé par l’intérêt de sorte que le pays ne se donne plus la peine de faire une rétrospection pour mieux affronter l’avenir.
Toutefois, l’ancienne déléguée à la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990, salue le chemin parcouru par le Bénin pour redorer le blason de la gent féminine. « J’insiste sur le combat qu’elle doit mener pour bien occuper sa place dans la société car, depuis l’avènement du Renouveau démocratique, les femmes servent beaucoup plus de marionnettes », caricature Bouriana Daguia. C’est pourquoi, elle exhorte les jeunes militantes à œuvrer pour mériter leur place. Elle estime d’ailleurs que les différentes lois en faveur des femmes ne leur profitent pas. « Lorsqu’on prend une loi en faveur des femmes, elles-mêmes doivent s’en saisir. Or, le contenu de ces lois est parfois ignoré par certaines bénéficiaires », souligne-t-elle.
Et à Eugénie Dossa de renchérir : « Si nos lois sont réellement appliquées, elles pourraient dans le respect de l’égalité femme-homme favoriser l’essor de notre pays dont le développement piétine à cause de l’absence des femmes dans les instances de prise de décision ».
Au-delà de l’application des lois, le Bénin doit également agir en faveur de l’éducation. « Il y a beaucoup d’analphabètes dans le pays. Cela renforce l’insécurité, le vol, la faim, la malnutrition….Au regard du déséquilibre social, elle a refusé d’affirmer que les femmes sont indépendantes.
Pour y arriver, préconise-t-elle, « Les femmes doivent avoir la conscience professionnelle aiguisée et l’amour de leur patrie. Celles qui veulent faire la politique doivent être honnêtes, sincères et disponibles pour leur famille et leur pays ».
L’amertume des femmes face aux coups d’Etat
Regard plongé dans le passé, les femmes révolutionnaires racontent les coups d’Etat ayant marqué le pays, pleines d’émotions. Pour elles, l’indépendance voulue par le Bénin était indigeste à ses premières heures. Eugénie Dossa Quenum n’avait que 13 ans lorsque les débats sur l’indépendance du Dahomey battaient leur plein entre les principaux partis politiques à savoir le parti républicain du Dahomey (Prd) de Sourou Migan Apithy, au Sud, l’Union démocratique du Dahomey (Udd) de Justin Ahomadégbé, au Centre et le Rassemblement démocratique du Dahomey (Rdd) de Hubert Maga au Nord.
Elle se remémore les moments forts. « Je disparaissais de la maison pour aller assister aux réunions des partis où les uns expliquaient aux autres que ne sachant pas ‘’fabriquer une aiguille’’, notre peuple ne pouvait prétendre à une quelconque indépendance. Malgré son jeune âge, elle dit être plutôt convaincue par les arguments des partisans de l’indépendance immédiate. En 1960, lors de l’indépendance, « j’avais participé à la joie de notre peuple en liesse sans savoir ce que nous réservaient les lendemains », raconte-t-elle.
Puis, vinrent les coups d’Etat successifs. Des mouvements forts de l’histoire que les deux femmes révolutionnaires assimilent à une tempête.
« A une période donnée de notre pays, les coups d’Etat étaient cycliques. De 1963 à 1972, ils étaient réguliers. Le pays vivait dans un tâtonnement total », raconte Bouriana Daguia. Même si ces mouvements avaient leur raison d’être, ils étaient mal pensés, conçoit-elle. « Les auteurs de ces coups d’Etat voulaient tous d’un meilleur avenir pour le pays mais n’en avaient pas les capacités parce que les jeunes qui devraient les suivre n’étaient pas du tout encadrés et n’étaient pas engagés dans cette lutte », se souvient-elle. Abondant dans le même sens, Eugénie Dossa Quenum, fait part de son amertume : « Je pensais que ceux qui organisaient les coups d’Etat étaient mieux que ceux qu’ils venaient de renverser. Hélas ! C’était, bonnet blanc, car ces mouvements n’avaient fondamentalement rien changé à la situation socio-économique désastreuse que vivait notre peuple ». Elle reste toutefois marquée par le coup d’Etat de 1972, rappelant qu’« Il était intervenu à un moment où les revendications du peuple pour des conditions d’une vie meilleure étaient telles que le pays était en effervescence ».
Du point de vue de cette militante qui a connu des difficultés avec le régime du président Mathieu Kérékou pendant la période révolutionnaire, le développement du pays reste encore discutable. « Le Bénin n’a jamais connu une révolution. Ce que nous avons vécu, était une pseudo-révolution qui n’a apporté aucune solution aux vrais problèmes tels que l’éducation dans nos langues, le problème du franc Cfa, l’industrialisation de notre pays et la satisfaction des besoins de base comme l’accès des populations aux soins de santé, à l’eau potable, à l’électricité, etc.
En ce qui concerne la gouvernance des trois présidents appelés « monstre à trois têtes » - Maga-Apithy-Ahomadégbé - qui avaient assuré une certaine transition à la tête du pays, l’ancienne chef de district, Bouriana Daguia se rappelle que leur succession à la tête du Dahomey était un échec. « Lorsqu’on a mis les trois présidents ensemble pensant qu’ils allaient s’entendre pour mieux gouverner, c’était un fiasco », se souvient-elle. Une lueur d’espoir était intervenue le 26 octobre 1972, à la faveur du coup d’Etat orchestré par les jeunes cadres de l’Armée. « Cela avait mis fin à la pagaille et a permis au lieutenant-colonel Mathieu Kérékou de devenir président », ajoute Eugénie Dossa Quenum. Mais là encore, la Révolution souhaitée laissera plutôt place à l’incertitude. « Cette période sera une dictature militaire de dix-sept ans, une période des plus noires de l’histoire de notre peuple, au cours de laquelle beaucoup de vrais démocrates vont connaître des arrestations arbitraires, la torture féroce et la mort. D’autres s’étaient exilés pour sauver leur tête », se souvient-elle.
Loin de toutes ces turbulences aujourd’hui, le Bénin poursuit inexorablement sa marche vers le développement tant souhaité par ses fils et filles, 57 années après son accession à la souveraineté internationale.

Le maire de Cotonou, Léhadi Soglo, est suspendu de ses fonctions pour deux mois, par arrêté n° 26/MDGL/DG/SGM/DGCL/SA/O11/SGG17 du ministre en charge de la Décentralisation en date du vendredi 28 juillet dernier. Son intérim est assuré par le premier adjoint au maire, Isidore Gnonlonfoun. « Il est reproché à l’intéressé « des faits graves », lesquels seraient constitutifs « de fautes lourdes au regard des dispositions de l’article 55 de la loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin », indique l’article 2 dudit arrêté.
Au nombre des faits, précise la décision signée du ministre Barnabé Dassigli, il y a « la vente ou l’aliénation abusive de biens domaniaux », la violation des règles de déontologie administrative, l’augmentation des frais de représentation qui passent de 2 millions à 10 millions F Cfa pour l’année 2017 sans délibération spécifique du Conseil municipal ou de l’autorité de tutelle, l’engagement de dépenses en dehors de la procédure des marchés publics ». Distorsion de ressources financières, organisation de simulacre de consultations en matière de marché public, effacement des traces de documents administratifs et comptables par incinération, sont également des griefs portés à son encontre.
Chacun de ces faits est étayé par des précisions vraisemblables qui, si elles s’avèrent, justifieraient amplement la décision ministérielle.
Mais au-delà de ces faits, c’est un secret de polichinelle que le président du Conseil municipal entretenait des relations très tendues avec l’autorité de tutelle, en l’occurrence le préfet Modeste Toboula. L’on se rappelle la demande d’explication adressée au maire par le représentant de l’autorité centrale pour n’avoir pas assisté à l’installation de ce dernier, les divergences étalées au grand jour dans le cadre de l’opération de libération de l’espace public. Les rapports entre le maire et le sommet de l’Etat sont également loin des cordiaux. Les escalades verbales entre le maire et le président de la République au sujet du projet « Grand Nokoué » en sont une illustration. Toutes choses qui témoignent du climat délétère de collaboration entre la mairie de Cotonou et l’Exécutif.
Précipitation
Léhady Soglo était depuis quelques mois dans le collimateur de la tutelle. L’inspection générale de l’Etat est mise à ses trousses et ses jours étaient comptés à la tête de la mairie, selon les indiscrétions.
En l’espace de huit mois, pas moins de quatre audits ont été dépêchés à la mairie. Léhady Soglo ne cache pas sa stupéfaction. « Nous ne comprenons pas l’acharnement dont nous sommes l’objet », lâche-t-il. « Les trois premiers n’ont révélé aucune malversation », a-t-il laissé entendre, au terme de son audition du vendredi dernier. Qu’en est-il du quatrième ? « Nous ne nous reprochons rien », clame le maire suspendu de Cotonou. Toujours est-il que le maire sera entendu pendant quatre heures de temps, ce vendredi 28 juillet. Une première depuis l’avènement de la décentralisation. Le maire aura beau plaidé que la séance soit reportée afin qu’il ait le temps de préparer ses réponses à la dizaine de questions à lui adressée, rien n’y fit. Il n’aura pas eu le temps de se défendre jusqu’au bout avant que le fatidique coup de l’arrêté ministériel portant sa suspension ne lui soit asséné. Un document administratif de quatre pages rendu public, une trentaine de minutes seulement après la fin de l’audition.
Il faut reconnaître que le ministre de la Décentralisation est dans ses prérogatives, en vertu de l’article 54 de la loi 97-029 portant organisation des communes en République du Bénin, qui stipule : « Le maire ou l’adjoint qui commet une faute lourde peut être révoqué de ses fonctions. La faute lourde est constatée par l’autorité de tutelle qui, après avis du Conseil départemental de concertation et de coordination, créé par l’article 16 de la loi 97-028 portant organisation de l’administration territoriale en République du Bénin, en dresse rapport au ministre chargé de l’administration territoriale. Celui-ci peut prononcer la suspension du maire ou de l’adjoint et proposer le cas échéant la révocation au Conseil des ministres. » Mais le hic, la précipitation dans laquelle est intervenue la décision paraît tout de même curieuse. Ce qui fait dire à certains observateurs qu’elle serait rédigée à l’avance et l’audition, qui a fuité quarante-huit heures avant sa tenue, n’est qu’un scénario pour entériner ce qui était préparé.
Il est à craindre que ce qu’on reproche au maire soit fondé mais que la procédure pèche pour vice et irrégularités. La suspension ne fait pas obstacle à des voies de recours. « Si le maire suspendu pense qu’il l’a été à tort, il peut saisir la Cour suprême », conçoit Claude Djankaki, spécialiste de la décentralisation.
Règlement de comptes ?
Sur tout autre plan, des proches de Léhady Soglo soutiennent à tort ou à raison que la crise au sein de son parti, la Renaissance du Bénin, duquel il est destitué du poste de président puis exclu par un groupe de réformistes, serait tributaire de la mésentente avec le pouvoir public. Vraisemblable ! Léhady Soglo et son parti la Renaissance du Bénin n’ont pas soutenu l’avènement du régime du Nouveau départ. C’est connu de tous. Mais il ne s’est pas déclaré opposant, non plus. A quoi doit-on attribuer ses ‘’déboires’’ avec le pouvoir en place ? De toute façon, les faits à lui reprochés, s’ils étaient vérifiés, sont assez éloquents et peuvent justifier la prise de mesures conservatoires telles que la suspension. Mais, sur le terrain politique, aucun détail n’est à négliger.
La suite du feuilleton réserve sans doute des surprises. La suspension laissera-t-elle place à la révocation du maire Léhady Soglo ? N’ayant plus rien à perdre, celui-ci se battra sans doute pour conserver son fauteuil. Réussira-t-il ? C’est une autre paire de manches.
Toutefois, il peut déjà compter sur le soutien de quelques ‘’amis’’ politiques, en l’occurrence le maire déchu de Ouidah, Sévérin Adjovi, le ministre Candide Azannaï qui a démissionné récemment du Gouvernement, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Robert Dossou, Sans oublier bien sûr les parents du maire : Nicéphore et Rosine Soglo, qui se sont rendus à son domicile aux premières heures de la suspension, tout comme des dizaines de curieux et de militants de la Renaissance du Bénin qui sont restés fidèles à l’héritier du parti des Soglo.
Les forces de l’ordre dépêchées au domicile du maire ont essuyé la huée de la foule venue manifester leur désapprobation. Les hommes en uniforme ont annoncé dans un premier temps, que c’est pour une visite domiciliaire et par la suite qu’il s’agit d’une perquisition, alors qu’il n’y a aucune procédure ouverte contre le maire, se désole son avocat Me Alfred Bocovo. « En tant que maire de sa commune, c’est un officier de police judiciaire et la méthode pour l’interpeller, même s’il y avait des infractions contre lui, est cavalière », dénonce l’avocat. La tension est restée vive jusqu’à tard dans la nuit au domicile du maire. Le calme est revenu plus tard, mais le maire Léhady Soglo lui-même est resté introuvable. Il avait déjà saisi l’autorité de tutelle pour un voyage à l’extérieur, mais l’autorisation ne lui est pas accordée. Les interprétations vont bon train.
De la méthode !
Un ballet impressionnant de personnalités politiques est observé dans la soirée du vendredi dernier. Toutes condamnent la « procédure d’urgence » et la violation des libertés. « Ce qui se fait ici est la négation de la démocratie locale », fustige le président Nicéphore Soglo, ancien maire de Cotonou et père de Léhady, qui évoque la présomption d’innocence et la violation du domicile du maire. « Il aurait fallu que ce soit des juges qui décident de ça... Nous allons faire reculer la dictature », laisse-t-il entendre.
« Lorsqu’on a un reproche à faire à quelqu’un, il faut lui notifier ce qu’on lui reproche, lui laisser le temps de préparer sa défense », suggère Robert Dossou. « A ce train, craint l’ancien président de la Cour constitutionnelle, n’importe qui peut avoir sa maison envahie de soldats. On peut l’arrêter ou l’enfermer n’importe comment pour n’importe quoi ». « Des cas de ce genre, il faut les éviter. Porter atteinte à la dignité, à la liberté d’une personne humaine, le droit qui s’applique chez nous ne le permet pas », rappelle le militant Robert Dossou, ajoutant que cette pression ne lui dit rien qui vaille. « Si le contradictoire ne peut pas être appliqué préalablement... dans des fonctions respectables que les gens occupent, nous sommes menacés et moi militant des droits de l’Homme, militant du droit tout court, je suis obligé de m’engager ».

En 57 ans d’indépendance, le Bénin peine à asseoir un style de gouvernance qui lui assure le développement. Les gouvernements se succèdent sans parvenir à solutionner le mal du pays. Quelques efforts salutaires certes, mais au finish pas un grand changement dans le quotidien des populations.
« On peut dire de façon générale que la succession rapide des chefs d’Etats a beaucoup nui au développement du pays, car peu d’entres eux ont terminé leurs mandats, surtout au début de notre indépendance. Sur de grands dossiers de l’Etat comme la santé, l’industrialisation, l’éducation, le bilan n’est pas reluisant et c’est pour cela certainement qu’il faut encourager ceux qui sont au pouvoir à prendre à cœur ces choses et à donner la preuve qu’ils sont différents des autres ». L’historien Pierre Mètinhoué diagnostique ainsi la gouvernance au Bénin sur les 57 dernières années, celles qui marquent l’indépendance. Pour lui, le pays n’a pas connu d’avancée majeure et les causes sont surtout à déterminer au niveau des dirigeants.
Au sujet de Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, il note que les travaux faits à ce jour sur lui le présentent comme un homme affable, proche du peuple, aimant plus la paix que tout autre chose. « Il tentait par tous les moyens d’éviter les violences. Malheureusement il n’a pas été toujours suivi sur ce chemin, puisque les évènements d’octobre 1963 qui l’ont fait partir ont été quelque peu violents. Ses ambitions de mon point de vue étaient assez limitées. Hubert Maga était un fidèle de la France et je pense un admirateur de Félix Houphouët Boigny, sans entreprendre au Dahomey, ce que Houphouët avait entrepris dans son pays », analyse l’historien.
Il rappelle ensuite la longue crise et les instabilités à la tête du pays avec son cortège de conséquences sur la vie et le développement du pays. Situation qui devrait connaître un dégel à la faveur du Renouveau démocratique intervenu en 1990. Mais le Bénin démocratique n’a pas vraiment décollé non plus, si on s’en tient à ses explications. A l’instar d’un certain Nkrumah qui a fait de l’énergie sa priorité avec la création du barrage d’Akossombo dont des pays comme le Bénin et le Togo sont clients à ce jour, il aurait voulu voir le même engagement de la part des gouvernants béninois. Hélas ! « Je ne connais pas dans l’histoire de notre pays, des réalisations de telles envergures et je crois que c’est le défilé de nos chefs d’Etat qui en est une des causes. Il y a beaucoup de mutations ».
Mais pour l’instant, nuance-t-il, il est encore trop tôt pour l’historien d’apprécier le règne de Boni Yayi dont le mandat a pris fin le 6 avril 2016. Ce qu’il retient tout de même, « c’est qu’il est un dirigeant qui souhaite être en symbiose avec le peuple, qui voulait faire plaisir au peuple et qui a tenté quelques expériences ». Pour ce qui est de la nouvelle expérience en cours depuis avril 2016 « avec un Gouvernement qui nous a promis beaucoup de choses », son souhait est que « l’essentiel de ses projets soient réalisés pour le grand bonheur de notre peuple ».
Un Gouvernement tous les deux ans !
On ne peut à ce jour, donner un chiffre exact du nombre de gouvernements que le Bénin a pu connaître depuis son indépendance. Les crises multiples, les records d’instabilité de gouvernements à partir d’octobre 1963 et bien d’autres situations sont à la base de cette difficulté. Mais à partir de ses travaux antérieurs, le professeur et historien Pierre Metinhoué établit qu’en moyenne, un gouvernement en dehors des périodes de crise a une longévité de deux ans et que cela s’est assez bien vérifié lorsque les militaires sous le commandement de Mathieu Kérékou ont pris le pouvoir.
Même si en général, la moyenne de deux ans peut être retenue comme durée de vie des gouvernements dans notre pays, il y a de l’analyse de l’historien, deux exceptions. La première, plus positive, est à l’actif du président Mathieu Kérékou de regrettée mémoire. Le Gouvernement formé par lui en 1976 est resté jusqu’en 1984, rappelle l’historien. Et de préciser que « c’est le plus long règne d’un gouvernement au Bénin et au Dahomey depuis notre indépendance ».
A cette première exception s’ajoute une seconde, celle du président Boni Yayi. Sur l’ensemble de ces deux mandats, ce chef d’Etat a formé son premier gouvernement le 8 avril 2006 et le dernier le 10 mars 2016. La règle ou du moins l’hypothèse de deux ans de vie de gouvernement n’est donc pas vérifiée dans son cas, soutient Pierre Metinhoué. Entre les dates suscitées, « il a signé 28 décrets portants formation de gouvernements, modifications de gouvernement ou rectification », rapporte-t-il. Si l’on devait essayer une moyenne en lien avec ses dix ans de pouvoir, cela fausse la règle et on a un nombre plus important de gouvernements.
« Mais il faut préciser que tous ces décrets ne sont pas uniquement destinés à annoncer au peuple et à l’opinion internationale, la constitution d’un nouveau Gouvernement. Il y a eu souvent, après la formation d’un gouvernement, qu’il ait senti la nécessité de modifier quelque chose, mais c’est un décret qui le permet parce qu’il lui faut même pour cela, l’avis du bureau de l’Assemblée nationale », précise-t-il. L’une des illustrations de cette situation poursuit l’historien, « lorsqu’il a nommé (sans l’avoir consulté je pense) Basile Ahossi au Gouvernement et que ce député alors membre du G13 a décliné l’offre, le décret l’ayant nommé devrait être automatiquement ratifié ». Et cela n’est pas sans conséquence. « Dans un pays où les gouvernements changent à ce rythme, il me semble qu’il va être difficile d’attaquer les vrais problèmes et de tenter de les résoudre », dénonce-t-il.
Evoquant quelques études récentes, notamment des publications du politologue Eric Tévoèdjrè, qui s’intéresse à cette question et qui compare les gouvernements africains à ceux des autres pays comme les Etats-Unis et ailleurs, Pierre Metinhoué conclut avec cet autre auteur que « nous aurions intérêt, si nous tenions à apporter quelque bonheur à nos populations, à nous inspirer de ces pays où les structures existent et où la formation du gouvernement n’est pas vraiment un fait de hasard ». A l’en croire, « les premières années de notre indépendance et la période où nous étions membres de la communauté africaine, avant de publier la liste du gouvernement, il y avait un arrêté, qui rendait compte de la structure du Gouvernement avant d’officialiser les noms ». Aujourd’hui, observe-t-il, « on découvre la structure du Gouvernement au même temps que le liste des heureux désignés ».
« La faute est à ceux qui nous dirigent » !
« On n’aurait pas tort de faire porter la responsabilité de notre mal développement ou de notre sous-développement à ceux qui nous ont dirigés depuis 1960 car ce sont eux qui montrent la voie. Je suis persuadé que nos dirigeants auraient eu d’autres méthodes que les résultats ne seraient pas ceux que nous avons eu. Aujourd’hui, le Béninois moyen n’est pas très heureux. Il a des difficultés de toutes sortes car il se dit que le pays devrait lui apporter plus que ce qu’il a ». C’est sans ambages que l’historien Pierre Metinhoué clame que « la part des gouvernants est très grande » dans la malgouvernance qui a plombé le développement du Bénin depuis son indépendance à ce jour. « Je n’ai pas noté chez nos dirigeants, une conviction forte. Et donc, mon regard est plutôt sévère sur la manière dont nous avons été gérés », opine-t-il. Les illustrations, il en cite à profusion, mais préfère s’attarder sur le cas de l’agriculture. Dans ce secteur au moins, pense-t-il le Bénin était capable de prouesses à l’instar de la Côte d’ivoire puisque le pays a été très trop décrété à potentiel agricole. « Les Français, depuis la période coloniale à l’indépendance, ont mis dans la tête de nos dirigeants, lesquels nous l’ont enseigné, que le Dahomey était un pays à vocation agricole », fait-il observer.
Finalement, il résume cela à une « aberration » et invite à en tirer les conséquences. Selon lui, « ce discours qui consiste à dire que nous sommes un pays à vocation agricole est devenu difficilement acceptable » parce que « presque rien n’a été fait pour montrer objectivement et au quotidien que nous étions préoccupés par la réalisation de cette vocation ». Même au niveau de la vallée de l’Ouémé qui serait l’une des plus riches au monde, « qu’en ont-ils fait ? », s’interroge-t-il, exacerbé. « Si vous déclarez devant le monde entier que vous êtes un pays à vocation agricole, vous mettez en place des structures qui permettent cela », précise-t-il. Ce qui, visiblement, n’a pas été le cas au Bénin et suscite alors la colère de l’historien, 57 ans après l’accession du pays à la souveraineté internationale en tant qu’Etat. Conclusion de l’historien : « Quelques soient les ressources naturelles, minières, pétrolières et humaines d’un pays, s'il est mal gouverné, les résultats ne seront pas au rendez-vous ».
La solution : Aimer le Bénin !
En dépit de son diagnostic élogieux sur la situation du Bénin depuis 1960 à 2017, il est tout de même difficile pour Pierre Metinhoué de projeter le Bénin sur les 57 années à venir. L’historien se voit en difficulté sur cet exercice et arbore ses attributs de citoyen lambda pour « souhaiter que le Béninois moyen apprenne enfin à aimer le Bénin ». Selon ses explications, c’est une chose qu’on apprend. « Que nous prenons conscience de la nécessité d’aimer le Bénin. Et si nous l’aimons, il sera mieux dirigé. Parce que les premiers gouvernants donneront l’exemple et aimant vraiment le pays, ils ne refuseront aucun sacrifice pour que le pays aille de l’avant », propose-t-il. « Tous les scandales financiers que nous connaissions avant ou après tel président sont la preuve que nous n’aimons pas notre pays », se désole Pierre Metinhoué. Si nous l’aimions, indique-t-il, beaucoup réfléchiraient avant de trouver les moyens de détourner l’argent public pour faire des investissements uniquement personnels. « Je n’ai de leçon à donner à personne, mais restons modestes et n’arrêtons pas d’aimer le Bénin », lance-t-il in fine comme appel.

La première affaire inscrite au rôle de la deuxième session, au titre de l’année 2017, de la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou est relative à des faits de coups mortels. Dame Satou Gabaky était dans le box des accusés, jeudi 27 juillet dernier. Elle est déclarée non coupable et a bénéficié d’une mise en liberté immédiate.
Dame Satou Gabaky était devant la cour, jeudi 27 juillet dernier. Il est reproché à cette ménagère à Ouassa Péhunco, âgée de 47 ans, d’avoir porté des coups qui ont donné la mort à Bio Boussou Maré Sinégui. Des faits punis par les dispositions de l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Mais après l’examen de son dossier, elle n’a pas été retenue dans les liens de l’accusation et a bénéficié d’une mise en liberté immédiate.
A la barre, elle n’a pas varié. Elle a reconnu les faits tout clamant son innocence. Son intention, n’a-t-elle cessé de répéter, n’était pas de donner la mort à la victime.
Dans sa réquisition, le représentant du ministère public, Emmanuel Opita, a estimé que les éléments constitutifs de l’infraction de coups mortels sont réunis. Selon lui, il n’y a point de doute sur la responsabilité pénale de l’accusée. Il fait remarquer que l’enquête de moralité lui est favorable et que son casier judiciaire ne porte également pas mention d’aucune condamnation antérieure. Tenant compte de la constance dont l’accusée a fait preuve dans ses propos à la barre et du remord qu’elle exprime, le représentant du ministère public requiert qu’il plaise à la cour de la condamner à huit ans de travaux forcés.
A sa suite, Me Huguette Bokpè Gnancadja qui assurait la défense de l’accusée, plaidera plutôt la légitime défense. Elle expliquera, arguments à l’appui, que sa cliente n’a pas agi avec préméditation et qu’elle n’a fait que se défendre pour se libérer de son agresseur.
La cour, présidée par Hubert Arsène Dadjo, délibère et déclare Satou Gabaky non coupable et l’acquitte purement et simplement. Dame Satou Gabaky recouvre donc la liberté.
Les faits
Dans la nuit du 19 mai 2006, dame Satou Gabaky se rend au domicile de l’une de ses amis. C’est pour l’assister dans la préparation du savon. Quelques instants après, Bio Boussou Maré Sinégui apparait dans la maison. Une altercation survient entre les deux. Koda Matchou, l’époux de l’amie de Satou Gabaky, renvoie Bio Boussou Maré Sinégui. Ce dernier va tendre une embuscade à Satou Gabaky sur son chemin de retour aux environs de minuit. Pour étouffer ses cris de détresse, il lui administra une volée de gifles. La dame saisit un gourdin et lui asséna un coup au front. Il s’effondre et succombe sur-le-champ. Inculpée, Satou Gabaky a reconnu les faits à toutes les étapes de l’enquête préliminaire.
Société 31 juil. 2017

La célébration du 57ème anniversaire de l’indépendance du Bénin sera marquée ce mardi 1er août par la tenue d’un méga concert gratuit à l’intention du public au stade de l’Amitié Mathieu Kérékou de Cotonou. Spectacle tout feu tout flamme, il réunira sur le même podium des vedettes de la chanson béninoise et des ‘’guest stars’’ telles que le musicien nigérian Davido et le groupe Toofan du Togo. Au nombre des artistes nationaux on cite Zeynab, Sessimé, Fanicko, Dibi Dobo, Richard Flash, Kèmi, Fanny, Faly, Don Métok et bien d’autres. Outre la musique, les spectateurs auront à s’esclaffer avec la prestation annoncée des humoristes Pipi Wobaho, Eléphant Mouillé et Caïman.
Signalons que ce géant concert est offert au peuple béninois par le président de la République.
Culture 30 juil. 2017

Le Bénin décroche par le génie d’un de ses artistes plasticiens la médaille d’or aux Jeux de la Francophonie à Abidjan en Côte d’Ivoire, ce vendredi 28 juillet. Rémy Sossouvi alias Rémy Samuz honore son pays en se hissant sur la plus haute marche du podium dans la catégorie ‘’Sculpture’’. L’artiste qui « s’amuse » à créer des personnages en s’inspirant de la technique de tissage de nids d’oiseaux s’est distingué par ses sculptures en fils de fer dans plusieurs expositions aussi bien au Bénin qu’en Occident. Des personnages souvent debout et marchant, jouant ou travaillant. Des personnages en action qui dépeignent des scènes de la vie. Loin d’être inertes, ces sculptures retrouvent à travers les doigts de leur créateur toute leur vie et énergie dans de grands espaces. On peut citer entre autres œuvres, ‘’Un homme roulant à vélo tout en saluant un passant’’, ‘’Un enfant poussant un pousse-pousse’’, ‘’Un athlète franchissant la ligne d’arrivée d’un sprint’’.
Culture 29 juil. 2017

La commune d’Adjarra est gratifiée d’un Centre des arts et métiers pour la promotion notamment de l’artisanat, de la culture, du tourisme et de l’autonomisation des jeunes et des femmes dans la localité. Le joyau, érigé à Médédjonou, a été officiellement mis en service, ce jeudi 27 juillet, en présence des directeurs généraux des loteries nationales des pays membres du Conseil de l’Entente qui l’ont entièrement financé.
D’un coût global de 81 051 399 francs Cfa, le Centre des arts et métiers de Médédjonou inauguré, ce jeudi 27 juillet, est un don des loteries nationales des pays membres du Conseil de l’Entente aux populations d’Adjarra. L’infrastructure est érigée sur un domaine d’une superficie de 2600 m2 et est composée d’ateliers de vannerie et de couture, des salles de danse, de formation et d’expositions-vente, d’une cafeteria moderne et de bureau.
La cérémonie d’inauguration du joyau a connu la présence des directeurs généraux des loteries nationales des pays du Conseil de l’Entente à savoir le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo, tous mobilisés aux côtés de leur collègue du Bénin. Ils sont à Cotonou dans le cadre de la vingt-troisième édition du tirage de la « Tranche commune entente » qui couvre la période du 22 au 30 juillet prochain. La mise en service du joyau fait partie de l’agenda de cet évènement et s’insère dans la vision des directeurs généraux des loteries nationales du Conseil de l’Entente. Ce dernier ont qui, depuis 1994, ont décidé d’aller au-delà du caractère symbolique des manifestations de la « Tranche commune entente » pour célébrer l’intégration entre les peuples par des œuvres qui impactent les communautés.
Pour le conseiller technique à l’Econome du ministre de l’Economie et des Finances qui a procédé à la mise en service de l’infrastructure, au nom de l’autorité ministérielle, le centre a été construit avec les bénéfices issus de la vente des tickets de la « Tranche commune entente » dans les cinq pays du Conseil de l’Entente. Cette œuvre, dira Rafiou Abdou Bello, est le témoignage vivant de la solidarité agissante entre les peuples, vœu cher aux chefs d’Etat du Conseil de l’Entente. Aussi, constitue-t-elle la preuve que la devise de la Lnb « Les lots aux gagnants et les bénéfices à toute la nation » n’est pas une simple incantation, soutient Rafiou Abou Bello. Il a souhaité que ce centre puisse contribuer à sortir de la précarité les populations de Médédjonou et d’Adjarra.
Eclore les talents
Le représentant du ministre de l’Economie et des Finances a félicité les directeurs généraux des loteries pour leur vision qui est en phase, selon lui, avec le Programme d’action du Gouvernement du Bénin. Un programme qui met un accent particulier sur la formation des jeunes et la valorisation de leur savoir-faire pour lutter contre la pauvreté et le chômage.
Le directeur général de la Loterie nationale du Bénin (Lnb), Gaston Zossou, pour sa part, note que la ferveur et l’engouement qu’a suscités la cérémonie d’inauguration de l’infrastructure sont révélateurs de ce que ses pairs des pays du Conseil de l’Entente et lui ont vraiment fait une œuvre utile à Adjarra. Il a émis le vœu qu’à partir de ce centre puissent éclore des talents en artisanat et en art pour la promotion du développement d’Adjarra et du Bénin.
Tout comme les autres, le secrétaire exécutif adjoint du Conseil de l’Entente, Abdoulaye Mouhamadou, salue aussi cette solidarité agissante entre les différentes sociétés nationales de loterie du Conseil de l’Entente. Il estime que l’infrastructure ne manquera pas de booster l’économie locale et l’autonomisation socio-économique des jeunes et des femmes à Adjarra.
Le maire d’Adjarra, Michel Honga, et le président de l’Association leaders solidaires de Médédjonou, Alain Noudégbessi, qui a monté le projet et sollicité la Lnb pour le financement, ont exprimé toute leur gratitude aux donateurs, au nom des bénéficiaires. Ils promettent de faire tout le nécessaire pour que la Lnb et ses sociétés sœurs du Conseil de l’Entente ne regrettent pas leur financement pour l’érection de ce centre au profit des populations.

La gouvernance Internet dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest focalise les attentions, les 27 et 28 juillet à Cotonou. Rafiatou Monrou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication en a lancé les réflexions, en présence des acteurs du secteur.
« La sécurité numérique pour le développement socio-économique et la paix », c’est le thème principal du neuvième forum ouest-africain sur la gouvernance d’Internet qui se tient à Cotonou. Cette rencontre de deux jours se penchera sur les risques et menaces qui pèsent sur cet écosystème et sur les moyens de nos concitoyens, confie Rafiatou Monrou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication. Pour elle, il n’y a pas de développement dans le désordre, dans un climat de suspicion, où tout le monde se méfie de tout le monde et où personne ne fait confiance aux infrastructures existantes. « Il faut donner à nos populations des raisons d’investir et de se sentir en sécurité dans ce monde dématérialisé où les frontières, à défaut d’exister, deviennent virtuelles et difficiles à délimiter », explique-t-elle.
Sur le segment de marché que représente le commerce électronique (8,7% des ventes de détail dans le monde avec d’immenses potentiels de progression), il y a encore pour nos économies des places à prendre, poursuit-elle. « Nous devons les prendre ; il sera nécessaire de se mettre aux normes aussi bien pour les produits que pour les services », argumente Rafiatou Monrou.
Les réflexions seront axées sur la lutte contre la cybercriminalité et la restauration de la confiance dans les écosystèmes numériques. Le Bénin a fait le pari de se transformer en une plate-forme de services numériques de l’Afrique de l’Ouest pour l’accélération de la croissance et de l’inclusion sociale d’ici 2021, informe-t-elle.
La Cedeao organise le forum sur la gouvernance Internet pour permettre à ses citoyens d’en tirer le meilleur bénéfice comme infrastructure essentielle de communication et de développement, affirme Isaïas da Rosa, commissaire Tic de la Cedeao. « Nous sommes conscients que les Tic ne peuvent pas être la locomotive de l’intégration régionale sans un cyber-environnement sécurisé », relève-t-il. La menace de la cybercriminalité demeure omniprésente dans l’espace sous-régional, fait-il observer. Faisant allusion aux pertes financières liées à la cybercriminalité, Isaïas da Rosa justifie le thème du forum qui se penche sur la cybercriminalité. Les objectifs, précise-t-il, sont entre autres la nécessité d’identifier les actions concrètes prises pour lutter efficacement contre les menaces cybernétiques, y compris le cyber-terrorisme ainsi que la façon de renforcer la sécurité numérique afin de protéger les citoyens et les infrastructures nationales critiques.
Il a dévoilé les cinq thèmes programmés pour les deux jours de conclave et émis l’espoir que l’amélioration de l’efficacité économique, la sécurité, la croissance, la création d’emplois et des prix abordables pour tous seront bientôt une réalité pour les citoyens de la Cedeao.
C’est le même espoir que nourrit Franck Kouyami, président du forum sur la gouvernance Internet au Bénin, qui témoigne sa gratitude aux sponsors et personnalités qui ont œuvré pour la tenue effective du forum.
Quant à Mary Uduma, coordonnatrice du West Africa Internet Governance Forum (Waigf), elle a rappelé comment Internet est attaché à notre vie. La régulation de ce canal de communication relève des politiques publiques de gouvernance. Internet favorise la recherche, l’éducation et le commerce et requiert la sécurité pour en tirer tous les bénéfices pour le développement, relève-t-elle. Il s’agit d’engager et d’entretenir le progrès avec Internet, plaide-t-elle.
Objectifs du forum de Cotonou
L’édition de Cotonou aboutira à la création d’un cadre propice et convivial permettant aux experts réunis de mener les réflexions visant à élaborer des plans d’action pour faire de l’Afrique de l’Ouest une région de référence dans le domaine. La rencontre permettra de façon stratégique aux Etats de la sous-région de mettre en place une synergie entre les acteurs en charge de l’éducation, de l’énergie, des télécommunications, du transport et de l’eau afin de rationaliser les dépenses et investir dans la mutualisation des infrastructures Tic en vue d’améliorer l’accès à Internet et de réduire les coûts de connexion. Aussi, est-il question de sensibiliser les Etats de l’Afrique de l’Ouest à prendre des dispositions législatives afin de faire de l’Internet un outil officiel de communication à l’intérieur, entre les Etats de la sous-région et permettre aux citoyens d’avoir accès aux services publics d’une façon plus aisée.
Des questions relatives aux ressources fondamentales et infrastructures critiques de l’Internet seront également traitées afin d’aider à trouver des solutions aux problèmes découlant de leur mauvaise gestion. Par ailleurs, seront recensées les nouvelles questions et préoccupations liées à l’accès et à l’usage de l’Internet afin de les porter à l’attention des organes compétents et du public.

Cotonou a été, du 19 au 23 juillet derniers, la capitale du wushu africain. Le ministre des Sports, Oswald Homéky, a reçu, ce jeudi 27 juillet, les athlètes béninois qui, à l’occasion, n’ont pas fait piètre figure.
Comme le noble art, jusqu’à une époque récente, le wushu peut désormais être considéré comme la discipline de consolation des nombreux échecs du sport béninois. En témoignent les performances que les pratiquants de cet art martial au Bénin ne cessent de réaliser à chacune de leurs sorties. La dernière en date, ce sont les 15 médailles qu’ils ont engrangées au cours de la sixième édition du Championnat d’Afrique de wushu que Cotonou a eu l’honneur d’accueillir du 19 au 23 juillet dernier.
Les acteurs de cet exploit qui fait la fierté du Bénin et de son wushu étaient, ce jeudi 27 juillet au cabinet du ministre des Sports, Oswald Homéky. Ce dernier leur a transmis les félicitations de l’Etat béninois. Il a également remercié le président de la Fédération béninoise de wushu, Patrice Koménan Dossou-Yovo et les membres de son bureau exécutif. Un satisfecit leur a été décerné, pour avoir réussi l’organisation de cette compétition.
Plusieurs pays du continent ont participé à ce championnat. Ce qui n’a pas empêché le Bénin de s’en tirer à si bon compte. Il a réaffirmé, à l’occasion, sa détermination à faire partie des grands pays du wushu en Afrique.

Le rideau est tombé, ce mercredi 26 juillet, sur le séminaire régional de l’Association de gestion des ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Agpaoc) tenu pendant trois jours à Cotonou. Les participants sont désormais mieux aguerris sur l’importance et l’efficacité du guichet unique dans la facilitation du commerce.
Les opérateurs portuaires membres de l’Association de gestion des ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Agpaoc) ont quitté Cotonou avec plus de certitude sur l’efficacité du guichet unique dans la gestion portuaire. Pendant trois jours, ils ont bénéficié des contributions des experts de tous horizons qui sont unanimes à reconnaître le guichet unique comme un instrument essentiel de facilitation du commerce. « Nous avons vu les opportunités et les bénéfices de l’expérience des guichets uniques qui apportent un gain de temps dans le traitement des dossiers et réduisent les faux frais pour les entreprises », indique Micheal Luguje, secrétaire général de l’Agpaoc. Selon lui, les divers partages sur les bonnes pratiques ont révélé que cet outil technologique a induit une amélioration comprise entre 60% et 99% des revenus des opérateurs, une nette augmentation des recettes douanières et une amélioration significative des indicateurs Doing Business de la Banque mondiale pour les pays qui en disposent. Mais, il indique que la décision de la mise place d’un guichet unique relève, avant tout, de la volonté politique. « Une fois que le Gouvernement dit oui, le reste dépend de l’option choisie pour gérer le système », ajoute-t-il. Micheal Luguje trouve par ailleurs que la rencontre de Cotonou s’est aussi employée à promouvoir les meilleures pratiques internationales qui concourent à la facilitation du commerce tout en tenant compte des spécificités de chaque pays. Il insiste sur la nécessité de doter les ports africains de systèmes d’informations fiables qu’on peut facilement intégrer au guichet unique.
Huguette Amoussou, directrice générale du Port autonome de Cotonou, a exprimé la satisfaction des participants à l’égard des experts qui ont partagé leurs connaissances sur les conditions d’implémentation d’un guichet unique moderne et efficace. Elle estime que ce rendez-vous devra servir de point de départ pour l’expérimentation de l’outil dans certains pays, mais aussi le perfectionnement pour ceux qui en disposent déjà.
« Les présentations et les expériences ont été enrichissantes. Les échanges ont abouti au consensus selon lequel la voie à suivre est celle du guichet unique », appuie Victorin Honvo, directeur de cabinet du ministre des Infrastructures et des Transports. Il a invité les participants à transmettre les résultats des travaux aux responsables de leurs ports respectifs afin que chaque plateforme portuaire des pays membres de l’Agpaoc retrouve le chemin de la compétitivité.
Le guichet unique portuaire est une plate-forme électronique neutre et ouverte qui permet l’échange intelligent et sécurisé d’informations entre les acteurs privés et publics, afin d’améliorer le positionnement concurrentiel des communautés portuaires. Il permet au port d’augmenter sa productivité en gagnant un temps précieux à chaque étape des mouvements de marchandises. Le Guichet unique pour le commerce extérieur du Bénin est opérationnel depuis 2011. Il est géré par la Société de gestion du guichet unique du Bénin (Segub) dont l’Etat béninois détient une part du capital social.