La Nation Bénin...
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Le président Patrice Talon a reçu, ce jeudi 13 juillet, en audience la présidente de la Confédération suisse, Doris Leuthard, en visite officielle au Bénin. Occasion pour les deux personnalités de faire le point de la coopération bilatérale et de définir des priorités pour dynamiser les relations entre les deux pays. En somme, la Suisse s’engage à être un partenaire de choix pour les ambitions de développement du Bénin.
A son arrivée au palais de la Marina, ce jeudi matin, il y avait au pied du tapis rouge pour l’accueillir, Patrice Talon, président de la République. Salutations, usages protocolaires, hymnes nationaux, revues de troupe… Doris Leuthard, présidente de la Confédération suisse, est reçue avec les honneurs dus à son rang. Les deux chefs d’Etat ont sacrifié au protocole exigé en de pareilles circonstances avant leur tête-à-tête, puis la séance de travail élargie aux collaborateurs des deux autorités présidentielles. On en saura davantage au cours de la conférence de presse qui a suivi le conclave entre les deux parties.
« Je suis ravie d’être à Cotonou pour cette visite d’Etat et je suis ravie qu’on ait eu la chance de nous exprimer sur la coopération bilatérale. Nos relations sont très bonnes. Il y a une franche collaboration qui s’illustre par une coopération de plus de 35 ans », a introduit la présidente de la Confédération suisse au cours de la rencontre avec la presse. « Notre coopération s’inscrit aussi dans la continuité de l’engagement de la Suisse dans les domaines de développement économique rural, de l’éducation de base, de la formation professionnelle, de la gouvernance locale et la décentralisation. Ces domaines ont prouvé leur pertinence et correspondent aux nouvelles priorités du Gouvernement béninois. Nous sommes très contents d’avoir en face de nous un Gouvernement très engagé », a-t-elle poursuivi.
Le président Patrice Talon assure que « Le Bénin saura, mieux que par le passé, donner une réponse plus visible, plus efficace, plus concrète à l’aide au développement », de sorte que les partenaires puissent en faire davantage. « Nous avons beaucoup d’ambitions pour la lutte contre la pauvreté. La bonne gouvernance fait partie de notre credo », a laissé entendre le chef de l’Etat béninois.
Le séjour à Cotonou de la présidente de la Confédération suisse lui a permis de signer avec le Bénin deux accords, dévoile le président Patrice Talon au terme des échanges. Le premier est une « déclaration d’intention par laquelle le Gouvernement suisse entend appuyer le Bénin dans le cadre d’un dispositif de financement du secteur agricole et de l’entrepreneuriat dans le secteur agricole ». Un domaine dans lequel, poursuit-il, il y a un vide, un manque et il est difficile de mobiliser des financements. « Nous avons l’ambition de remédier à cette insuffisance », s’est engagé le chef de l’Etat. Le second accord porte sur la décentralisation, notamment la phase III du Programme d’appui à la gouvernance locale (Asgol).
47 milliards de francs Cfa d’appui
Le président Patrice Talon a remercié avec instance son hôte, parce que sur la période 2017-2020, la Suisse apportera un appui de 80 millions de francs suisse, soit près de 47 milliards de francs Cfa au Bénin. Ce financement est orienté vers de nouveaux enjeux clés pour le développement du Bénin. La forte croissance démographique, les changements climatiques, la décentralisation et la migration sont pris en compte dans le programme couvert par ce financement. Un accent particulier sera également mis sur la jeunesse. « Nous aimerons soutenir le Gouvernement à mieux les former et à les intégrer au marché du travail », fait savoir Doris Leuthard. Au niveau politique, la coopération entre les deux pays est aussi importante dans de nombreux domaines, estime-t-elle. « La Suisse remercie le Bénin pour l’excellente coopération dans le domaine de la migration et espère que cette dernière se poursuivra à l’avenir », note la présidente de la Confédération suisse qui a également salué « la très bonne collaboration » entre les deux pays, qui transparaît également dans le cadre de la Francophonie. « La Suisse apprécie également l’engagement du Bénin pour l’abolition de la peine de mort et son attachement aux principes démocratiques », salue-t-elle.
Sur le plan économique, les échanges encore peu vifs seront intensifiés. Avec cette visite, les deux pays comptent encourager plus d’entreprises suisses à venir en direction du Bénin pour sonder les possibilités qu’offre le pays. L’agriculture, le tourisme, la lutte contre la corruption, le tourisme, les services financiers, l’hôtellerie et bien d’autres secteurs figurent parmi les nouvelles priorités définies par les deux pays.
Ce qui fascine Doris Leuthard, c’est que « le Bénin est un pays de paix qui joue un rôle de stabilité dans la région ». « Nous resterons, souligne-t-elle, un partenaire très fiable. » Pour elle, le Gouvernement béninois a « des objectifs très ambitieux ». Sans cela, conclut-elle, « on ne peut développer un pays ».
A la suite de son passage à la Présidence de la République, la présidence de la Confédération suisse s’est rendue au port de Cotonou et a pris part à un déjeuner d’échange sur le thème « Migration et Développement ».

Les membres du mouvement ‘’ Leadership politique autrement’’ déclarent leur soutien au chef de l’Etat et aux actions du Gouvernement du Nouveau départ. Le président du mouvement, Marcel Dossa, l’a affirmé, ce mercredi 12 juillet, à la faveur d’une conférence de presse animée à Cotonou.
‘’Leadership politique autrement’’ est un mouvement de jeunes qui s’engage à accompagner les actions du pouvoir en place.
Marcel Dossa n’admet pas les critiques acerbes de certains citoyens à propos des actions du chef de l’Etat. Selon lui, on ne fait pas des omelettes sans casser des œufs et les désagréments subis par les populations doivent être compris comme des efforts nécessaires pour le bien-être de la jeunesse et du peuple béninois. C’est dans ce cadre, a-t-il laissé entendre, qu’il faut situer la libération des espaces publics et la démolition du marché
Adjégounlè pour sauver des milliers de vies humaines des griffes des médicament de rue. « Le manque que nous ressentons n’est que le prix à payer pour une meilleure qualité de vie dans un environnement meilleur », explique Marcel Dossa.
‘’Leadership politique autrement’’ a pour vision d’amener le peuple béninois à comprendre que le Gouvernement du Nouveau départ cherche à corriger les mauvais tirs. Pour lui, le président Patrice Talon à travers les actes significatifs posés mérite d’être acclamé. Il cite, entre autres, le microcrédit aux femmes et aux jeunes qui a repris depuis le mois de mai dernier, de façon plus améliorée ; le vaste programme de recrutement de 10 000 agents permanents de l’Etat qui est lancé, la prise en charge des frais de cantine des écoliers qui sera effective dès la rentrée prochaine.
Le mouvement désapprouve l’abandon de la révision de la Constitution qui, selon lui, mérite d’être revue puisque la renaissance de la jeunesse béninoise en dépend. «La révision de la Constitution est l’un des points phares de son projet de société», a déclaré Marcel Dossa.
Le conférencier convie le peuple béninois à garder espoir, car le régime du Nouveau départ est conscient de l’engouement qui a contribué à son avènement au pouvoir. « Il ne peut jamais trahir ceux-là qui l’y ont conduit, le peuple béninois doit toujours lui accorder sa confiance, et nourrir l’espoir que prochainement tout va être meilleur au Bénin. Nous sommes là pour que le bien soit la chose la mieux partagée », conclut-il.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a tenu à faire taire les rumeurs concernant l’existence de faux numéros de série sur les billets de 10000 et 5000 F Cfa.
Les réseaux sociaux ont fait ces derniers jours leur chou-gras, une rumeur relative à l’existence de faux numéros de série sur les billets de 10 000 et de 5000 F CFA. Pour rassurer les populations des Etats membres de l’Union et surtout faire taire les affolements sur les marchés, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a apporté un démenti formel. « La Bceao dément formellement être à l’origine de ces informations malveillantes et précise qu’elle n’a apporté aucune modification à la gamme actuelle des billets de banque de son émission en circulation qui demeurent valides », souligne l’institut d’émission dans un communiqué. Du coup, la Banque centrale tout en appelant les populations à la vigilance, les invite à ne se référer qu’aux seules voies de communication officielles usuelles de l’institut d’émission. « La Bceao se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs et complices des actes et messages de nature à porter atteinte aux signes monétaires ayant cours légal dans les Etats membres de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) », conclut le communiqué.
Economie 13 juil. 2017

Au marché Tokpa d’Abomey-Calavi, les femmes sont les premières actrices de la vente des poissons d’eau douce. Une activité qu’elles exercent avec la complicité des hommes. Elles sont en amont et en aval des activités liées à la pêche.
Dame Marie-Pascaline Houngbédji a bravé la pluie de ce samedi 1er juillet pour faire ses emplettes au marché Tokpa d’Abomey-Calavi. Son objectif, acheter quelques condiments et surtout des poissons d’eau douce pour faire la cuisine pour sa petite famille. Il est 16 h 07. Il y a de l’affluence. Difficile de se frayer un passage au milieu des vendeuses et des acheteurs. Plus difficile encore est la maîtrise des mouvements de véhicules qui circulent en plein cœur du marché. Circuler aisément dans le marché est davantage difficile en raison des tas d’ordures entreposés çà et là et de la boue qui s’érige en maître par ces temps pluvieux. Mais l’instant est privilégié pour les achats. Les poissons d’eau douce en l’occurrence. Ils sont très appréciés des populations. Les clients, pour la plupart des femmes, se dirigent vers les vendeuses de cette ressource halieutique. Les unes avec des petits sacs plastiques en main, les autres avec des sachets ou encore de petites bassines. Attroupées autour des vendeuses, ces clientes sont en quête de meilleurs morceaux de poissons pour faire la cuisine. Les négociations du prix de poisson durent plusieurs minutes et prennent parfois l’allure d’une discussion houleuse. Certaines clientes cèdent à la surenchère. D’autres repartent, bredouilles. A Calavi, le poisson frais a un coût selon sa qualité. Pour le procurer, il faut s'armer de patience et aimer communiquer. Le souci des vendeuses est de livrer la marchandise au meilleur prix.
Le marché Tokpa d’Abomey-Calavi compte plusieurs stands qui approvisionnent une clientèle très exigeante. Pour les connaisseurs en poissons d’eau douce, le choix est embarrassant.Il en existe de différentes tailles et formes pour préparer des mets succulents et sains. Ici, on retrouve le tilapia appelé ‘’Akpavi’’ en langue fon, le poisson ‘’Djan’’ en goun ou ‘’Bololo’’ en mina et ‘’finmou’’ par les fon. On distingue aussi les variétés telles que ‘’Zavoun’’, ‘’ Tchèkè’’, ‘’Houétin’’, ‘’Gban’’, ‘’Guésou’’ et les ‘’Xwa’’.
Que de difficultés !
Célestine Hounkpè communément appelée ‘’Maman Francis’’ est l’une des vendeuses les plus réputées du marché. C’est depuis son enfance qu’elle a pris goût au commerce du poisson. En dépit de ses difficultés dans le métier, elle s’y accroche. Si ce n’est pas la morosité ambiante, c’est que les vendeuses sont exposées à l’insécurité et aux intempéries. Aucun stand pour les abriter. C’est un marché à ciel ouvert où se faufilent les motocyclistes et les voitures. « Nous n’avons pas d’emplacement, nous restons au soleil à longueur de journée. Les véhicules disputent le passage avec nous », se plaint-elle.
A cela s’ajoute la mévente. « Nous nous approvisionnons parfois chez les hommes et ne trouvons pas de clients. Dans ces conditions, nous sommes obligées de céder la marchandise à vil prix aux clients providentiels. Ce qui constitue des pertes pour nous », raconte-t-elle.
L’autre difficulté est relative à la fluctuation du coût d’approvisionnement des poissons chez les pêcheurs. Le prix de revient de la marchandise n’est pas standard. Ce qui crée parfois des manques à gagner aux vendeuses. « Ce que nous achetons chez les hommes à 2500 F Cfa par exemple, il arrive que nous le cédions à 2300 F compte tenu des contraintes du marché », explique-t-elle.
« Nous avons des difficultés pour nous approvisionner et pour vendre. Il nous faut un emplacement sur le quai pour plus de visibilité », se plaint Henriette Kpotè.
Jusqu’à un passé récent, les vendeuses de poisson disputaient les mêmes hangars avec les vendeuses de condiments et d’autres produits dans le marché Tokpa d’Abomey- Calavi. Elles étaient installées au cœur du marché. Avec le temps, elles ont dû changer d’emplacement. Ce qui ne les rend pas toutes visibles.
Si les poissons d’eau douce continuent d’être très prisés des habitants d’Abomey- Calavi et environs, les vendeuses doivent redoubler de dynamisme pour faire couler leurs marchandises.
Autrefois, les poissons abondaient et étaient à la portée de toutes les bourses. Avec le temps, les données ont changé. « Il y a quelques années en arrière, nous vendons jusqu’à 20 000 F Cfa par jour. Aujourd’hui, c’est très difficile d’atteindre la barre de 10 000 F Cfa », soupire Henriette. En fin de journée, la marchandise non écoulée est exposée au bord de la voie et cédée à vil prix. En cas de mévente, le reste du stock passe au salage et au séchage ou encore au fumage en vue d’éviter des pertes sèches, explique-t-elle.
Toutefois, cette activité constitue tout leur espoir. « Nous ne détenons pas de parcelles, encore moins d’autres richesses en dehors du lac », dit-elle implorant les élus locaux et autres autorités à améliorer leur cadre de vente.
Les poissons d’eau douce ne sont pas les seules spécialités du marché. A côté des vendeuses de poisson, il y a celles de crustacés (crabes, crevettes fraîches, huîtres…).
Pour leur part, les clientes doivent également composer avec les écailleuses, dernières actrices de la chaîne de vente. Elles assurent le service final en enlevant les écailles des poissons. Dotèwé Hounsa a fait du chemin dans ce domaine, sans pour autant s’épanouir. « Il arrive que nous nous coupions les doigts avec le couteau par mégarde alors que les recettes issues du job sont insignifiantes. Avec la morosité économique, c’est difficilement que nous arrivons à gagner 150 ou 200 F Cfa sur un tas de poissons de 2000 F. Parfois, nous gagnons à peine 300 F dans une journée, mais lorsque le marché coule bien, nous comptons une dizaine de clientes par jour », explique-t-elle.
Une affaire des deux sexes
La commercialisation de poisson d’eau douce mobilise les deux sexes. Les hommes assurent la pêche et vendent ensuite leurs produits aux femmes. Tout commence la nuit et s’achève au petit-matin. « La pêche nocturne est très florissante. Elle se déroule de 22 h à l’aube et sans éclairage. Pourtant, nous voyons en profondeur du lac et ramenons des poissons », sourit François Hounguè, la cinquantaine. Il souligne que lui et ses collègues se préparent en conséquence avant d’aller sur le lac la nuit.
Pourtant, cette étape se révèle parfois une aventure risquée. Les femmes s’en inquiètent : « L’une de nos préoccupations porte sur les souffrances qu’endurent les pêcheurs sur le lac, car la force que déploie le lac est plus intense que celle observée sur l’embarcadère », confie Henriette Hounkpè.
Mais les pêcheurs semblent minimiser ces risques. « En période de fraîcheur et de pluie, nous prenons beaucoup de risques certes, mais il arrive que les gens meurent dans des accidents de la circulation. Même dans nos chambres à coucher, la mort peut nous rattraper. En cas d’accident ou de détresse, nous sollicitons des secours », souligne François Hounguè.
Malheureusement, les risques encourus lors de la pêche ne permettent pas toujours aux pêcheurs de réaliser d’importants bénéfices. «Nous y allons de jour comme de nuit et revenons parfois sans un seul kopeck », souligne-t-il. En dépit des périodes de vaches maigres auxqu’elles ils sont confrontés pendant la décrue, la pêche mobilise encore la toute leur énergie. « Nous n’avons pas d’autres sources de revenus », sourit encore le quinquagénaire.
Toutefois, nuance-t-il, pendant la période faste (mai, juin, juillet), la moisson est abondante en raison de la saison pluvieuse. « Lorsque le marché est florissant, nous faisons des ‘’acadja’’(systèmes de branchages dans l’eau qui servent de refuge aux poissons ). C’est cela notre richesse ». Mais tout dépend des filets utilisés. Pour pêcher des poissons en quantité et en qualité, il faut des filets spéciaux.
Si les revenus issus de ces activités ont baissé, c’est également du fait de la main-d’œuvre importante qui s’y adonne. Ils sont aujourd’hui plus de deux cents pêcheurs à faire carrière dans le secteur. « Du temps de nos pères, les poissons abondaient et nous n’étions pas nombreux. Aujourd’hui, nous sommes des dizaines à embrasser cette carrière, ce qui diminue nos chiffres d’affaires. Il n’y a pas d'autres activités par ici et il arrive également que le lac tarisse ».
Les vendeuses de poisson tout comme les pêcheurs attendent le financement de nouveaux projets pour conjuguer leurs difficultés au passé. Selon leurs témoignages, les projets dont ils avaient bénéficié datent du régime Kérékou. Leur souhait est que le Gouvernement actuel procède à la réfection du marché et les dote de nouvelles machines dont ils pourront se servir pour la pêche. En attendant, les sachets et autres déchets qui polluent la surface de l’eau trahissent la beauté de l’embarcadère qui donne accès au lac.
Présentation du marché
Le marché Tokpa d’Abomey-Calavi fait corps avec l’embarcadère érigé dans le même bâtiment que la Direction des professions et établissements touristiques, dont les agents assurent le voyage des touristes vers Ganvié, Sotchanwé et Sô-Ava. C’est l’un des plus grands et anciens marchés de poisson de la commune. Il est très fréquenté les jours ouvrables comme en week-end. Outre les habitants de la localité et des zones environnantes, les gérants de restaurants et hôtels des autres villes y vont régulièrement pour s’approvisionner.
M. A.

Il était le dernier délégué militaire départemental du Mono avant la suppression de ce poste par les réformes en cours au niveau de l’Armée béninoise. Le lieutenant-colonel Hervé Nato Kérékou, né le 7 juin 1968 à Cotonou, était nommé à cette fonction par le décret n°2014-777 du 31 décembre 2014. Il avait effectivement pris service, le jeudi 15 janvier 2015, à la préfecture de Lokossa où son bureau était installé.
Des témoins de son séjour, dans la cité des Kotafon, ont reconnu que le disparu était en lutte permanente contre une maladie qui l’a fragilisé au point de remporter la victoire sur lui dans le lit du Centre national hospitalier universitaire-Hubert Koutoucou Maga (Cnhu-Hkm). Il a rendu l’âme ce jeudi 10 juillet à l’âge de 49 ans à Cotonou.
Le préfet du département, qui l’avait pratiqué d’abord en tant que secrétaire général de la préfecture avant de se voir promu à la tête de l’institution, a salué la mémoire de l’officier militaire. Comlan Zinsou témoigne que « Le disparu était un homme sincère qui ne dissimilait pas ses intentions et n’avait non plus l’habitude des mots couverts ».
Notre rédaction présente ses condoléances au haut commandement militaire et à la famille du disparu notamment à l’ancienne conseillère de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Béatrice Loukoussan. Cette dernière est la mère du disparu.
Actualités 10 juil. 2017

Le Gouvernement du Bénin et le Système des Nations Unies (Snu) ont procédé, vendredi 7 juillet dernier au ministère du Plan et du Développement, à la signature du Programme conjoint d’appui du Snu sur le Vih au Bénin 2016-2020. Ce programme vise à accélérer la riposte chez les populations clés et vulnérables pour éradiquer le Sida au Bénin.
Accélérer la riposte chez les populations clés et vulnérables et dans les zones prioritaires en vue d’atteindre les cibles ambitieuses de traitement 90-90-90 d’ici à 2020 au Bénin. Tel est l’objectif du Programme conjoint d’appui du Système des Nations Unies sur le Vih au Bénin 2016-2020 dont le Gouvernement du Bénin et les agences du Système des Nations unies ont procédé à la signature.
Le coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Bénin, Siaka Coulibaly, a expliqué que ce programme est conçu pour en finir avec le Vih/Sida. Cela ne saurait être une réalité que si les objectifs de la stratégie d’accélération de la riposte d’Onusida sont atteints d’ici à 2020. « Il s’agit de ramener à moins de 500 000 le nombre de nouvelles infections à Vih dans le monde d’ici à 2020, de ramener à moins de 500 000 le nombre de décès liés au Sida d’ici à 2020, d’éliminer la stigmatisation et la discrimination liées au Vih d’ici à 2020 »,
précise Siaka Coulibaly. Dans ce cadre, souligne-t-il, le Système des Nations Unies au Bénin en collaboration avec la Banque mondiale a élaboré un nouveau programme conjoint sur le Sida sur la période 2016-2020. Selon lui, ce programme vient compléter la série de programmes conjoints déjà mis en œuvre par le passé. Il est assorti d'une plan opérationnel constituant son cadre de résultats et dispose aussi d’un mécanisme de suivi-évaluation clair. A en croire Siaka Coulibaly, le montant de plus de 3 millions de dollars US prévu pour son financement est déjà disponible à 73%.
Au regard du contenu du programme, Alassane Séïdou, ministre de la Santé publique, fait observer qu’il vient à point nommé pour soulager le Bénin. Aussi promet-il la bonne utilisation des ressources qui seront mises à disposition dans le cadre de la mise en œuvre. « Avec ce financement, les interventions prévues permettront d’intensifier les stratégies de prévention en direction des poches de l’épidémie que représentent les populations dites clés, à savoir les professionnelles de sexe et leurs clients », assure-t-il. A l’occasion, il révèle que le taux de nouvelles infections a baissé de près de 50% sur ces dix dernières années. De 14,1% en 2008, mentionne-t-il, le taux de transmission du Vih de la mère à l’enfant est passé à 7,6% en 2014. Quant au nombre de personnes vivant avec le Vih évalué à 69 000 en 2016 dont 55% sont sous anti-retroviraux, alors que le taux de prévalence national demeure à 1,2% depuis l’année 2002.
Mais le Gouvernement n’entend pas se satisfaire de ces résultats, laisse entendre Abdoulaye Bio Tchané, ministre du Plan et du Développement. Le Gouvernement craint la résurgence et la propagation de la maladie malgré les chiffres flatteurs. C’est pourquoi dès son arrivée en 2016, il s’est donné pour priorité de disposer d’un cadre institutionnel crédible chargé de la gestion de ce dossier. A son sens, ce programme permettra d’assurer une veille et un bon suivi de l’évolution de l’épidémie.

La société internationale chinoise Huawei Technologies a lancé, samedi 8 juillet dernier à Cotonou, le projet « Les élites du futur Tic, recrutement campus Huawei au Bénin ». Ce projet qui s’inscrit dans le cadre de la politique d'insertion professionnelle et de création d’emplois au Bénin, vise le recrutement, chaque semestre, de 20 stagiaires dans plusieurs domaines, à former par la société qui, au finish, en recrutera six.
Entreprise internationale qui propose des solutions technologiques et de télécommunications à plus du tiers de la population mondiale, Huawei Technologies ne veut pas s’arrêter à ce seul domaine. La société commence à s’investir dans le domaine de la formation à travers le projet « Les élites du futur Tic, recrutement campus Huawei au Bénin ».
A la cérémonie de lancement de ce projet, samedi dernier, le directeur général de Huawei Technologies Bénin Sa, Kenny Song, et le directeur des solutions, Alfred Dominique Agbessi, ont présenté le groupe avant de rappeler les idées qui sous-tendent cette initiative.
En effet, Huawei Technologies est une société qui a une responsabilité sociale au sein des communautés dans lesquelles elle opère. Au Bénin, afin de jouer pleinement ce rôle, Huawei Technologies Bénin Sa a décidé de contribuer à la résorption des difficultés d’insertion des jeunes au monde professionnel et à la formation des jeunes talents. Ainsi, à la fin de l’année 2016, plus d’une centaine d’emplois directs et indirects ont été créés par la signature de contrats de service aux différents prestataires travaillant sur ses projets. Il faut rappeler que Huawei Technologies Bénin Sa travaille avec toutes les sociétés de télécommunications et les opérateurs GSM opérant au Bénin.
Pour Alfred Dominique Agbessi, la première phase du projet consiste à lancer un recrutement d’une vingtaine de dossiers suite à l'appel de candidatures parmi les meilleurs nouveaux diplômés 2017 au Bénin. Ces nouveaux diplômés seront par la suite insérés dans un plan de stage professionnel devant durer au maximum six mois. Pendant cette période, ils bénéficieront d’un encadrement continu par les meilleurs mentors de Huawei Technologies, d’un apprentissage approfondi sur la plateforme e-learning de la société.
Les profils
Pour illustrer les idées qui sous-tendent cette initiative, Alfred Dominique Agbessi a pris l’exemple de l’évolution du parcours d’un stagiaire recruté par HuaweiTechnologies Bénin Sa, en la personne de Claudios Juinor Anthony. Recruté en tant qu’ingénieur au départ, ce dernier a suivi des formations et pris par plusieurs départements de la société non seulement au Bénin, mais dans des pays comme le Gabon, le Ghana, la Chine, le Maroc, la Côte d’ivoire, avant de devenir aujourd’hui le directeur technique de la société.
Les profils concernés pour cette première édition dont la clôture des dossiers était pour le samedi dernier à minuit, sont : ingénieur réseau ; ingénieur solution ; assistant financier ; assistant ressources humaines ; assistant commercial et assistant administratif.
En appréciant cette initiative de Huawei Technologies Bénin Sa, le représentant du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Rodolphe Adjaïgbé, a rassuré que les coups d’essai de Huawei sont souvent des coups de maître. L’histoire des relations entre Huawei et ce ministère ne date pas d’aujourd’hui, se réjouit-il, avant de souligner que ce projet est en parfaite harmonie avec la vision du Gouvernement sur la promotion de l’emploi des jeunes. Aux bénéficiaires,
Rodolphe Adjaïgbé leur demande de profiter de ce projet pour s’insérer dans la vie professionnelle en tant que spécialiste des Tic.
Huawei Technologies en bref
Fondé en 1987, le groupe Huawei Technologies est une entreprise internationale basée à Shenzhen, en Chine. Il réalise aujourd’hui plus de 75 millions de dollars de chiffre d’affaires. Classée au Fortune Gbobal 500, la société Huawei Technologies emploie plus de 170 000 personnes à travers plus de 170 pays, dont 80 000 dans la recherche et le développement, un domaine dans lequel plus de 10% du chiffre d’affaires annuel sont investis.
Grâce à son investissement auprès de ses clients en matière d’innovation et à des partenaires forts, Huawei propose des solutions efficaces de bout en bout dans les réseaux télécoms, les terminaux et le Cloud Computing. En fournissant des solutions et des services compétitifs, Huawei affirme son engagement dans la création maximale de valeur pour les opérateurs télécoms, les entreprises et les consommateurs.

Dans le cadre des opérations de lotissement dans la commune d’Abomey-Calavi, la mafia locale capte la rente foncière, au détriment des réserves administratives et sociales, faisant des acquéreurs de parcelles, les vrais dindons de la farce.
Enquête réalisée dans le cadre du projet « Pour des médias plus professionnels au Bénin » de la Maison des médias Thomas Mègnanssan financé par OSIWA
En cet après-midi du 26 avril 2017, le service en charge des contentieux de la mairie d’Abomey-Calavi ressemble à un tribunal de conciliation. Les interminables va-et-vient des usagers traduisent la haute importance du sujet qui les mobilise : les litiges entre acquéreurs de parcelles et propriétaires terriens. Dans une petite salle de réunions toujours animée, le chef du service du contentieux, Malick Tokpo et sa collaboratrice multiplient les séances de conciliation. Sans répit. En moyenne, une dizaine de contentieux accapare leur journée. A la direction des Affaires juridiques de la mairie créée, il y a à peine un an, le remue-ménage s’observe au quotidien. Au tribunal de première instance de première classe d’Abomey-Calavi, environ 1500 dossiers de contentieux fonciers directs ont été enregistrés, rien qu’au premier trimestre 2017. En fait, ces contentieux représentent 95% des affaires traitées par le service de contentieux de la mairie. « Plus de 1500 acquéreurs de parcelles à Calavi n’ont pas retrouvé leurs parcelles dans le répertoire d’état des lieux ; les lotisseurs les ont vendus », soupire Malick Tokpo.
Voies 40 morcelées et vendues à Calavi, une parcelle avec deux titres fonciers et deux propriétaires différents à Akassato, une réserve administrative introuvable à Cocotomey-Centre pour un lotissement bouclé à 80% environ, des aires de jeu morcelées et vendues à Godomey ! Ces différentes situations illustrent bien la mauvaise gouvernance foncière dans la commune d’Abomey-Calavi.
Manœuvres astucieuses
Au cœur du dispositif, les manœuvres frauduleuses lors des opérations de lotissement. « Les opérations de lotissement sont des foires d’empoigne entre les différents acteurs impliqués», déplore Bruno Kangni, président intérimaire du comité de lotissement de la tranche C de Godomey. Le chef quartier de Cocotomey-Centre qualifie le lotissement à Abomey-Calavi de désastre. «De nombreux arrêtés communaux ont fait disparaître le point de chute des réels sinistrés. Depuis 10, 16 voire 20 ans, des sinistrés cherchent désespérément leur point de chute. Pendant ce temps, des bâtiments non prévus dans le plan de lotissement poussent comme des champignons au profit de certaines catégories de personnes sous la bannière des arrêtés », s’offusque-t-il. Le mode opératoire des faussaires est très simple. Supposons que Cocotomey compte mille parcelles pour lesquelles on applique à chacune 35% de coefficient de réduction lors des travaux de lotissement. Très souvent, le nombre d’infrastructures publiques et de réserves administratives prévues pour la zone est largement en deçà de la superficie obtenue en faisant la somme des réductions opérées. La mafia s’organise sur la base des superficies disponibles. «Avant de procéder à la vente de leurs parcelles, des propriétaires terriens créent des voies fictives, qu’ils changent après en parcelles ; ce qui fait gonfler le coefficient de réduction. Lequel va jusqu’à 40% alors que si les choses se passaient dans les normes, il ne devrait pas excéder 20% », dénonce Bruno Kangni.
Gilbert Tossou, chef du service Planification et développement urbain de la direction générale de l’Urbanisme et du Foncier (Dguf), assimile le lotissement à « une manne dont les acteurs se partagent de substantiels reliquats ». Affirmation que confirme l’audit sur le lotissement à Abomey-Calavi, révélateur de graves anomalies. « Quand vous lirez le rapport d’audit sur le foncier à Abomey-Calavi, même si on vous donnait gratuitement des terrains dans la commune, vous allez décliner l’offre », avertit Franck Hessouh, conseiller communal d'Abomey-Calavi. Ledit rapport établit qu’aucun des six lotissements étudiés n’est achevé. Il s’agit des lotissements de six quartiers de Calavi centre : Zétacomè, Gbodjo, Gbodjo-Agamandin et Agamandin, Tokpa-Zoungo, Agori et Sèmè.
Tirer le drap à soi
Pourtant, en matière de lotissement, personne ne veut endosser une quelconque responsabilité. Les différents acteurs se présentent comme des victimes. Elus locaux et municipaux, comités de géomètres, avocats, acquéreurs de parcelles…chacun tire le drap à soi, rejetant le tort sur l’autre. A en croire, Franck Hessouh, ce sont les géomètres qui montrent les réserves aux élus locaux dans le cadre des morcellements et des ventes. Et à Ferdinand Dossou-Yovo, directeur des Affaires juridiques, d’enfoncer le clou : « Les géomètres manipulent les données parcellaires des urbanistes en créant de faux sinistrés et en leur trouvant des actes de propriété».
Tel n’est pas l’avis de Patrice Hounssou-Guêdê, ancien maire de la commune d'Abomey-Calavi. «Il n’est pas juste de dire que le géomètre diminue les parcelles. Avant qu’il ne commence son travail, un préliminaire est fait entre lui et l’urbaniste et qui tient compte des réserves qui abriteront des infrastructures sociocommunautaires. Ceci est soumis à l’autorité préfectorale qui examine et approuve les coefficients de réduction», explique-t-il. Chose curieuse: «Abomey-Calavi, la terre était partagée comme de petits pains entre des élus qui en avaient la chasse gardée », dénonce Franck Hessouh. Au banc des accusés, l’ancien maire de la commune, Patrice Hounsou-Guêdê, Noël Toffon, ancien chef d’arrondissement (CA) d’Akassato, et l’actuel chef d'arrondissement de Godomey qui n’a pas cru devoir répondre à nos questions. Sans toutefois accepter cette accusation, Patrice Hounssou-Guêdê nuance : « Je ne vais pas nier que de telles pratiques existent. Mais quant à vouloir l’imputer au maire, je ne saurai l’accepter. Il faut que les gens m’apportent les preuves de leurs allégations ». Noël Toffon, quant à lui, est constamment cité comme un des « bourreaux» des acquéreurs de parcelles. Joint au téléphone, il n’a pas souhaité se prononcer sur cette accusation.
Ces accusations n’épargnent pas la Justice. Mais Gilbert Togbonon, magistrat, spécialiste des questions foncières, par ailleurs, auteur du Guide sur le foncier réfute ces récriminations : « Dire que la gestion des problèmes fonciers relève d’une combine entre les magistrats et les acteurs du lotissement est archi-faux ». Selon lui, les justiciables n’épuisent pas toujours les voies de droit qui s’offrent à eux. Il y a effectivement la possibilité d’interjeter appel lorsqu’on n’est pas satisfait de la première décision rendue par le juge, et même si on n’est toujours pas satisfait de la décision en appel, on peut se pourvoir en cassation. « Tout n’est pas parfait certes, mais au Bénin, on peut construire et déconstruire tout ce qu’on veut», concède William Kodjoh-Kpakpassou, président du tribunal d'Abomey-Calavi.
L’ignorance des lois par les populations fait également le lit à l’escroquerie des acteurs de lotissement. « Les Béninois doivent comprendre qu’il ne sert à rien d’acheter un terrain et d’en être dépossédé après, pour cause d’ignorance de leur part. Ils doivent donc s’en remettre aux notaires en vue des procédures convenables en la matière », indique Me Aline Dossou-Yovo, notaire à Parakou. Pour réduire les litiges domaniaux, le directeur des Affaires juridiques de la mairie d'Abomey-Calavi, Ferdinand Dossou-Yovo, pense qu’il faut définir les cahiers des charges des différents acteurs de lotissement et les plans fonciers ruraux (Pfr), avant le lotissement. La question du développement du pays exige aussi que l’Etat dégage des superficies à lotir et s’approprie les réserves. Mais le paradoxe est que la plupart des terres appartiennent aux collectivités. Les nombreuses incohérences observées dans le cadre des opérations de lotissement à Abomey-Calavi ont amené certains acteurs de la société civile à créer un Observatoire pour la gestion transparente d’Abomey-Calavi (Ogtac). Il aura fort à faire pour ramener la franchise dans ce domaine.
Avertissements
Relativement aux dysfonctionnements qui marquent les travaux de lotissement, d’aucuns accusent l’Institut géographique national (Ign). Gélase Hounguè, directeur de l’Aménagement et de l’Urbanisme à la mairie d'Abomey-Calavi, évoque son manque d’efficacité. Face à ces reproches, Cyriaque Aguégué, archiviste au sein dudit institut, rectifie : « Au regard de l’arrêté interministériel portant définition des prescriptions minimales à observer en matière d’opérations de lotissement et des opérations foncières urbaines de remembrement en République du Bénin, l’Ign est le bras technique de contrôle des opérations de lotissement. Mais nous sommes de moins en moins sollicités à cause des cabinets privés qui nous ravissent la vedette ». Cette prescription n’est pas respectée. Les mairies se contentent de lancer des opérations de lotissement en vue de disposer des ressources d’investissement pour le développement.
En prêtant le flanc à ces différentes irrégularités, les élus locaux prennent des risques. « Les gens violent la loi et les maires qui continuent de lancer des opérations de lotissement peuvent se retrouver devant les juridictions », avertit le magistrat Gilbert Togbonon. A l’appui de son avertissement, il cite l’article 511 du Code foncier et domanial, « tout lotissement effectué sur un domaine ne disposant pas de certificat de propriété foncière est puni d’une amende de 5 millions de FCfa et d’une peine d’emprisonnement allant de 2 à 5 ans ou de l’une de ces deux peines seulement ». Autre aberration, relève Franck Hessouh, il arrive que des contrats soient signés avec les géomètres qui, à leur tour, sous-traitent avec des agents qu’ils emploient. Ces deniers n’ayant pas les compétences requises, des dégâts s’en- suivent. C’est la loi 2013-01 portant Code foncier et domanial qui consacre la création de l’Agence nationale du Domaine et du Foncier (Andf). Cette agence a pour challenge de « tout faire pour juguler les litiges domaniaux » sur l’ensemble du territoire national, et particulièrement à Abomey-Calavi, indique Fabrice Kossou, chef département opération foncière et technique de l’agence.

Les candidats au baccalauréat session des 19, 20 et 21 juin derniers seront fixés sur leur sort le mercredi prochain. La première délibération de l’examen est prévue pour le 12 juillet prochain, selon des sources proches de l’Office du baccalauréat en charge de l’organisation au plan national de ce premier diplôme universitaire.
La phase des corrections des copies est terminée pour certains ateliers, depuis le samedi 8 juillet et pour les derniers ce dimanche 8 juillet, sur toute l’étendue du territoire national. Les regards sont désormais tournés vers le secrétariat pour le report des notes et ensuite le désanonymat des copies. Les travaux pourraient durer jusqu’à mardi 11 juillet et même la matinée du mercredi, renseignent les mêmes sources. Ce n’est qu’après ces étapes que le verdict de l’examen sera connu dans l’après-midi du mercredi 12 juillet prochain.
Une fois la délibération effectuée au plan national par le directeur de l’Office du baccalauréat, Alphonse da Silva, les directeurs départementaux en charge des Enseignements secondaire, technique et professionnel vont prendre le relais pour la proclamation des résultats au niveau de chacun de leur département. Les différents centres d’examen et les établissements d’origine de chaque candidat pourront ensuite disposer des résultats. Les candidats déclarés admissibles seront invités à prendre part à la seconde phase de l’examen, celle des épreuves orales et sportives. Cette étape sera suivie des résultats définitifs du baccalauréat 2017?
Thibaud C. NAGNONHOU,
A/R Ouémé-Plateau

Le vingtième et dernier dossier de la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a été examiné, vendredi 6 juillet dernier. Les accusés Fèmi Olufadé et Chinedu Obosié, au terme de l’examen sont condamnés à 15 ans de prison. Ils y retournent pour cinq mois encore.
Fèmi Olufadé et Chinedu Obosié retournent en prison pour cinq mois encore, pour avoir eu le culot d’aller cambrioler la maison d’un commissaire de police. En examinant les circonstances de cette outrecuidance, la cour les a reconnus coupables de tentative de meurtre et les a condamnés à quinze ans de travaux forcés.
A la barre, vendredi dernier, sur les neuf accusés, ils n’étaient que deux dans le box. Les sept autres qui ont eu à bénéficier de liberté provisoire sont absents, et leurs cas ont été disjoints de celui des présents.
Fèmi Olufadé et Chinedu Obosié, tous deux Nigérians, n’ont pas collaboré pour la manifestation de la vérité. Malgré la mise en confiance de leurs avocats, ils n’ont pas aidé la cour à démêler l’écheveau.
Cela n’a pas empêché le représentant du ministère public de prendre ses réquisitions, selon sa lecture des faits. Pour Christian Atayi, le dernier dossier de la session supplémentaire confirme la délicatesse de l’art de juger. Il rappelle les faits et assoit la partition de chacun dans l’orchestration de la tentative de meurtre. L’accusé Akim Yèkini Yédji, en fuite, déclare-t-il, a reconnu qu’ils étaient sept à aller au domicile du commissaire Mathias Zomalètho.
A la barre, rappelle le ministère public, les accusés présents ont reconnu s’être nuitamment rendus au domicile du commissaire pour commettre un vol. Christian Atayi indique la partition de chacun d’eux ici.
Sur cette base, il retient que le crime d’association de malfaiteurs prévu par les articles 265 à 267 du Code pénal requiert trois éléments pour sa constitution : la participation à un regroupement ; le but de cette entente et l’élément intentionnel ou moral. Le simple regroupement, poursuit-il, suffit pour admettre cette infraction. Le but de cette entente est de poser des actes criminels qui mettent en péril la vie ou les biens.
L’intention d’aller opérer constitue le troisième élément. Ils ont reconnu s’être rendus au domicile du commissaire pour voler. Il en déduit que les éléments constitutifs de ce crime sont réunis à leur égard.
Par rapport au crime d’assassinat prévu par les articles 295 et 302, indique le ministère public, le dessein formé d’aller attenter à la vie d’une personne humaine s’y rattache. Les faits d’assassinat sur le commissaire ne sont pas établis au regard des éléments du dossier, relève le ministère public. Mais ils le sont par contre à l’égard de Crespin Gnassounou, le gardien des lieux qui a reçu une balle à la poitrine côté droit. Mais il ne paraît, à l’appréciation des circonstances de la commission des faits, qu’il s’agit vraiment d’un assassinat d’où Christian Atayi demande à la cour de disqualifier l’assassinat en meurtre, car il n’y a pas eu préméditation ni guet-apens. Il requiert alors de condamner Femi Olufadé à 20 ans et Chinedu Obosié à la perpétuité.
Des réquisitions hors norme ?
Des réquisitions qualifiées de hors norme par la défense. C’est d’abord Me Hugo Koukpolou pour le compte de Fèmi Olufade qui s’attelle à édulcorer les charges retenues contre son client. Ce dernier, admet-il, est un délinquant primaire. L’œuvre de justice est sacrée et il importe de connaître les circonstances de la commission des faits, indique-t-il. Une enquête de moralité le présente comme quelqu’un de gentil et qu’on a rencontré au marché Dantokpa, expose le ministère public. « Je ne sais pas ce qui l’a transformé pour qu’il change. Un ami lui a proposé d’aller voler car la misère, la pauvreté l’a accablé », justifie Me Hugo Koukpolou. « C’est un dossier humain et judiciaire. En tant qu’avocat, on ne peut nier qu’ils sont allés voler et pas plus. La tentative d’assassinat n’est pas constituée », justifie-t-il encore. La défense retient en conséquence l’acquittement relativement à la tentative d’assassinat.
Pour lui, les variations entre l’enquête préliminaire et les dépositions à la barre se justifient. « La victime principale était un commissaire », rappelle la défense. Il souligne le zèle des officiers de police judiciaire (Opj) pour conduire une enquête dans laquelle leur patron est attaqué. « Ils n’ont pas déclaré librement », relève la défense. Mais, fait-il observer, devant le magistrat instructeur, il n’y avait pas de bâton.
Par rapport à l’association de malfaiteurs, les constances du dossier nous révèlent qu’il n’y avait pas qu’une seule personne sur les lieux. Il y a les indices qui permettent de soupçonner. Où est Yèkini Akim Yédji aujourd’hui ? s’interroge-t-il. Qui les y a conduits ? Il rappelle que son client est au bagne depuis quinze ans. Il déplore que l’élément central du dossier cité plus haut ait curieusement bénéficié d’une liberté provisoire et se soit échappé. Il relève à ce niveau un problème d’égalité pour les accusés. La cour, relève Me Hugo Koukpolou, est unique.
« Je vous demande de tenir compte de tous les éléments favorables dans le secret de vote délibéré ; il s’est retrouvé dans cette procédure par indigence. Accordez à Fèmi Olufadé la liberté ; l’acte qu’il a posé ne mérite pas 20 ans ; c’est un peu exagéré », justifie la défense pour solliciter son acquittement pur et simple pour l’assassinat et de le condamner au temps passé en prison pour le chef d’association de malfaiteurs.
Ensuite, Me Philibert Béhanzin toujours pour Fèmi Olufadé pense que son confrère a résumé le dossier. Il rend grâce à Dieu d’avoir protégé Crespin Gnassounou. Il déclare plaider coupable pour les faits d’association de malfaiteur. Aux jurés, il demande la clémence, car Fèmi Olufadé a déjà passé quinze ans de sa vie pour avoir commis cet acte. Akim Yèkini Yédji qui est l’élément central de ce dossier n’a fait que six ans et est libre depuis, alors que celui qui a simplement participé en a fait quinze, fait observer Me Philibert Béhanzin, demandant la clémence de la cour.
Enfin, Me Paul Kato Atita pour le compte de Chinedu Obosié déclare s’exprimer avec toute la conviction qui est la sienne. « Le système procédural de notre pays est mixte. La preuve doit être rapportée par l’accusation lors des débats qui ont lieu devant vous. Il est vrai que le dossier a une origine. Il n’a pas reconnu les faits devant vous. Il faut que la preuve soit débattue contradictoirement ; on ne procède pas par analogie », fait observer la défense. Le cerveau de l’opération qui devrait nous éclairer, poursuit-il, n’est pas là. Me Paul Kato Atita déclare ne pas aborder le dossier sur un point de droit. L’erreur judiciaire, soutient-il, pourrait se trouver dans la méthode, la procédure accusatoire.
La défense s’attarde sur la divergence jurisprudentielle et doctrinale de l’infraction. Qui est le chef de bande ?, s’interroge-t-il. La jurisprudence et la doctrine ne s’accordent pas sur l’association de malfaiteurs. Dans ce contexte, déclare Me Paul Kato Atita, « J’ai des réserves, votre cour appréciera ».
Quel est le but de la peine ? Est-ce une peine excessive ou raisonnable qui est la solution ?, s’interroge la défense pour évoquer, selon elle, une question pratique. « Aucun d’eux n’est Béninois. Ils ont fait quinze ans chacun à la charge de notre pays. Ils sont nourris chaque jour ; ils sont soignés? Condamnez-les au temps de la détention provisoire. Il y a la possibilité de l’interdiction de séjour », suggère la défense.
Des peines dans l’équité
Me Paul Kato Atita insiste sur les peines à infliger dans l’équité. Pour lui, le principal accusé n’est pas là. La seule solution est de limiter le quantum de la peine et l’objectif recherché est une peine équitable, expose-t-il. « On va leur servir tout à l’heure le repas avec du coca. C’est notre sueur. Mettez fin à cela », suggère-t-il.
Le ministère public a fait des répliques. « Entre assurer la quiétude et laisser les loups dans la bergerie, il faudra choisir », soutient-il. Lorsqu’il n’y a pas de garantie, on ne peut pas libérer, martèle-t-il.
La contre-réplique de Me Paul Kato Atita a consisté à amener les membres de la cour à être pragmatiques après quinze ans de détention pour décréter l’interdiction de séjour à l’égard des accusés.
Et pour Me Philibert Béhanzin, les accusés sont égaux devant la loi. Si Akim était présent, on comprendrait la position du ministère public.
Au verdict, la cour les déclare coupables d’avoir, courant mai 2001, ensemble et de concert formé une association de malfaiteurs, et tenté volontairement de donner la mort à Crespin Gnassounou, une tentative qui n’a manqué son effet que par suite d’une prise en charge rapide de la victime. Sur le fondement des articles 265, 266, 267, 2 et 304 du Code pénal, elle les condamne à quinze ans de travaux forcés et leur interdit de séjourner au Bénin.
Statuant sur les intérêts civils, Crespin Gnassounou, gardien du commissaire à l’époque des faits et victime, réclame 45 millions pour réparation des préjudices subis.
Me Paul Kato Atita relève que, sur le principe de dédommagement, il n’y a pas de problème mais qu’il appartient à la cour d’apprécier.
Le ministère public déclare que toute personne ayant subi un préjudice est fondée à en réclamer réparation. Votre arrêt les a condamnés mais la victime n’a pas présenté des documents attestant des préjudices. Dès lors, il prie la cour de le recevoir dans sa constitution et d’arbitrer par rapport au montant.
La cour statue sans les jurés et condamne les accusés à payer solidairement 5 millions de francs Cfa à Cyprien Gnassounou pour toutes causes de préjudices confondus.
Les autorités de la cour (parquet général et présidence avec leurs collaborateurs) ont procédé à la clôture de la session, félicitant tous les acteurs pour leurs partitions respectives?
Composition de la cour :
Président : Christophe Atinmakan
Assesseurs :Aboudou Ramanou Ali
Marie Soudé Godonou
Ministère public : Christian Atayi
Greffier : Victoire Oladikpo
Jurés : Yves Gregorio
Flore M. C. Tossou
Louis Gbogbanou
Louise Modeste Togbé
Résumé des faits
Dans la nuit du 10 au 11 mai 2001, vers 2 h du matin, un groupe d’individus s’est introduit, par escalade, au domicile du commissaire de police Mathias Zomalètho sis au quartier Dèkoungbé. Les assaillants, munis d’armes à feu, de gourdins et de couteaux, se sont heurtés à la résistance du gardien des lieux nommé Crespin Gnassounou sur qui l’un d’eux a tiré à bout portant.
Dans la même nuit des faits, le nommé Akim Yèkini Yédji, actuellement en liberté, a été appréhendé tout en sueur par la brigade de sécurité civile non loin du domicile de la victime. Il aurait reconnu les faits et d’autres inculpés ont été appréhendés par la suite. Il s’agit de Fèmi Sonibiayé, Abdoulaye Arouna, Sunday Okorah, Chinedu Obosié, Fèmi Olufadé et Ismaël Abdoulaye.
Ceux-ci, tous de nationalité nigériane, auraient été recrutés par le nommé Sadath Saïbou sur instruction de l’inculpé Ismaïla Toukourou qui aurait été trahi par cette autorité de police et leur aurait promis la somme de 2 millions F Cfa pour tantôt tuer le commissaire, tantôt voler sa voiture ou ses numéraires.
Interpellés et poursuivis pour association de malfaiteurs et tentative d’assassinat et complicité, les accusés ont nié les faits.
Les extraits des bulletins n°1 des casiers judiciaires des nommés Fèmi Olufadé et Chinedu Obosié, seuls en détention, ne portent trace d’aucune condamnation antérieure. L’enquête de moralité leur est favorable.