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Nouvelles

Dr Claudes Kamenga, représentant résident de l’Unicef au Bénin: « Si le mariage infantile se poursuit, le monde avoisinera 1 milliard de destins brisés en 2030 »

Les Journées de l’enfant africain (Jea) se succèdent et égrènent leur lot de défis. Pour cette édition, le challenge porte sur la lutte contre le mariage des enfants. Claudes Kamenga, représentant résident de l’Unicef au Bénin, explique, dans cette interview, les enjeux liés à cette lutte. Il fait par ailleurs un focus sur les actions de l’Unicef au Bénin depuis l’édition 2016 de la Jea.

La Nation : La Journée de l’enfant africain 2017, coïncide avec le lancement de la campagne « Tolérance zéro contre le mariage des enfants ». Qu’est-ce qui justifie un tel engagement au profit de la couche ?

Une étude sur le comportement, les attitudes et les pratiques (Cap) sur la violence et les abus sexuels y compris le mariage des enfants, menée par le ministère en charge des Affaires sociales avec le soutien de l’Unicef en 2015, a clairement montré que le mariage des enfants est une pratique communément banalisée et acceptée dans tout le pays.
Au Bénin, une fille sur 10 âgée de moins de 15 ans est mariée et trois filles sur 10 le sont avant 18 ans. Au nord du pays, dans l’Atacora, l’Alibori et la Donga on atteint presque 4 filles sur 10 mariées avant 18 ans (37%).
Quand les enfants sont mariées durant leur enfance, leurs perspectives de mener une vie épanouissante diminuent considérablement, enclenchant un cycle de pauvreté qui se perpétue de génération en génération.
Les filles épouses sont plus susceptibles d'être déscolarisées et victimes de violences domestiques, d’être contaminées par le Vih/Sida et de mourir suite à des complications durant la grossesse et l'accouchement. Les enfants de mères adolescentes ont un plus grand risque d’être mort-nés, de décéder juste après la naissance ou d’avoir un poids insuffisant à la naissance.
Face à cette situation honteuse, nous soutenons la « Campagne nationale Tolérance zéro au mariage des enfants ». Notre souhait est d’enrayer les violences sexuelles que subissent les enfants.
La Campagne vise à briser la culture du silence, lancer un dialogue social sur la banalisation des violences et abus sexuels infligés aux enfants y compris le mariage des enfants ainsi qu’à contribuer à la création d’un environnement protecteur pour tous les enfants. La Campagne permettra la mise en œuvre d’activités de dialogue et de sensibilisations des adolescents, des parents, des leaders d’opinion, des médias et des membres de la communauté. Elle visera aussi à accroître la capacité de tous et spécifiquement des enfants et des adolescents à connaitre leurs droits, à savoir comment se protéger et à utiliser les services de protection de l’enfant.
J’exhorte les autorités nationales et locales, les Partenaires techniques et financiers, les leaders religieux, les Organisations de la Société civile et de jeunes, les médias, les parents à dire « Non au mariage des enfants » et à s’engager dans cette campagne.
Si les tendances actuelles se poursuivent, le nombre de filles et de femmes mariées durant leur enfance dans le monde avoisinera 1 milliard d'ici 2030, 1 milliard d'enfances perdues, 1 milliard de destins brisés. Il nous revient à toutes et à tous d’agir sans plus attendre !

Que peut-on retenir des efforts  de l’Unicef au Bénin en faveur des enfants depuis la dernière édition de la Journée de l’enfant africain (Jea) à ce jour?
L’Unicef accompagne le Gouvernement pour mettre les droits de l’enfant au centre des politiques publiques afin d’améliorer leur environnement social et culturel et garantir leur bien-être. Nous travaillons pour que chaque enfant ait accès aux soins de santé, à une éducation de qualité et puisse vivre dans un environnement protecteur.
Lors du premier Sommet de la Fille à Lusaka en Zambie en 2015, l’ensemble des pays africains ont unanimement reconnu l’urgence d’agir contre la pratique du mariage des enfants. Un long chemin a été parcouru depuis l’année dernière.
Nous avons appuyé les autorités pour mettre en œuvre la Politique nationale de protection de l’enfant (Pnpe) notamment en renforçant les capacités des acteurs du secteur judiciaire et des services sociaux.
Nous avons également travaillé au quotidien avec la plateforme des jeunes qui avait organisé la marche contre le mariage des enfants en 2016. Nous les avons soutenus dans l’organisation d’une caravane qu’ils ont brillamment animée sur tout le territoire national dans le but de sensibiliser les populations et créer un mouvement social contre les violences faites aux enfants y compris le mariage des enfants.
L’Unicef soutient de nombreuses organisations non gouvernementales telles l’Institut des filles de Marie-Auxiliatrice (Ifma) des Sœurs salésiennes dans le Sud, Caritas dans le Centre et le Foyer St Joseph dans le septentrion. Grâce à ces partenariats et aux actions des Centres de promotion sociale (Cps), on dénombre plus de 2600 enfants victimes de tous les types de violences pris en charge en 2016.
Nous travaillons aussi avec l’Association des femmes avocates du Bénin (Afab) qui assiste bénévolement les enfants en situation judiciaire et veille à ce que les sanctions s’appliquent aux auteurs de violences et d’abus sur eux. En 2016, près de 500 filles et garçons ont eu accès à des conseils juridiques et plus de 480 filles et garçons victimes de violence et d’exploitation ont bénéficié de la défense effective d’un avocat lors de leurs procès.

Peut-on dire au regard de vos efforts que le respect des droits des enfants est effectif au Bénin ?

Le Bénin est l’un des premiers pays à avoir ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant (Cde) en1990. Le pays a également ratifié la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant (Cadbe).En décembre 2015, le Bénin a promulgué le Code de l’enfant qui renforce considérablement l’arsenal juridique de protection de l’enfant.
Or, l’Enquête par grappes à indicateurs multiples menée en 2014 (Mics 2014),a révélé l’ampleur des violences et maltraitances infligées aux enfants : 91,1% des enfants de 1à14 ans sont victimes d’agression psychologique ou de châtiment corporel.
De plus, une étude récente a montré que plus de 7800 enfants sont exploités dans les trois plus grands marchés du Bénin à savoir Dantokpa à Cotonou, Ouando à Porto-Novo et Arzêkê à Parakou.
Le Bénin détient un solide arsenal de lois protégeant les enfants. Cependant, on constate un manque crucial de ressources ²humaines, financières et matérielles pour permettre à ces structures d’assumer pleinement leurs rôles et d’appliquer les lois.
Le Bénin a avancé dans l’amélioration du dispositif légal mais il reste encore beaucoup à faire pour considérer que les droits de l’enfant sont respectés dans le pays.
Comment l’Unicef compte se pencher sur le sort des enfants victimes d’exploitation économique, des enfants mendiants et déscolarisés ?

L’exploitation économique des enfants communément appelée «travail des enfants » touche cinq enfants sur dix au Benin (Mics 2014). Ce phénomène a un impact profondément négatif sur les victimes, car il les prive de la scolarisation, les expose à toutes sortes de violences, risques et maladies, et hypothèque leur développement et leur épanouissement au sein de la société.
La place d’un enfant est à l’école pour apprendre à lire, écrire et compter et non dans un marché en train de porter des charges à longueur de journée ou de mendier à un feu tricolore. Contre le travail des enfants, nous soutenons le Gouvernement à doter le pays d’un cadre juridique et à former les inspecteurs du travail pour intervenir sur le terrain.
Depuis l’année passée, l’Unicef appuie les autorités pourque des descentes de terrain soient effectuées dans les marchés du Bénin afin d’interpeller les utilisateurs de la main d’œuvre infantile.
S’agissant des enfants déscolarisés ou qui n’ont jamais mis pied à l’école, l’Unicef a mis en place avec le Gouvernement, le Programme des cours accélérés dans 61communes du pays. Ce programme permet de donner en trois ans aux enfants, au lieu de six, des aptitudes nécessaires pour savoir lire, écrire, faire le calcul et passer le Certificat d’études primaires (Cep).

Depuis octobre 2016, la vulgarisation du Code de l’enfant a été lancée. En dépit de ses innovations, la protection des enfants demeure encore un défi. Quels sont les leviers sur lesquels l’institution entend s’appuyer pour améliorer la situation de la couche?

La loi n°2015-08 du 8 décembre 2015 constitue une grande avancée nationale qui harmonise les dispositions législatives relatives à la protection de l’enfant. Composé de plus de 400 articles, le Code aborde de façon holistique tous les aspects relatifs aux droits de l’enfant, en même temps que la question de la protection de l’enfant dans son entièreté avec l’objectif de réduire les injustices et favoriser le plein épanouissement de tous les enfants sans discrimination.
Cependant son application est un défi, les décrets d’application élaborés avec le soutien de l’Unicef n’étant pas encore adoptés.
Nous utilisons plusieurs leviers pour accélérer sa mise en application.D’une part, nous soutenons la formation et la sensibilisation des acteurs de la protection des enfants notamment les travailleurs sociaux dans les Centres de promotion sociale (Cps), les officiers de police judiciaire, les magistrats, les acteurs des ONG, les élus locaux, chefs religieux et traditionnels, les parents/tuteurs, les enfants, etc.
D’autre part, nous intensifions le plaidoyer auprès des leaders politiques et religieux, des médias, des Organisations de la Société civile et des jeunes afin que les textes de lois soient appliqués, que soit mis fin à l’impunité et qu’un grand mouvement social se mette en marche pour la défense des droits de l’enfant?

Société 16 juin 2017


Le ministre Didier Tonato face aux députés: 1 543 logements sociaux construits sur 10 000 prévus

Le projet de construction de logements sociaux a été un véritable gouffre financier sous le régime passé. C’est du moins ce qui ressort des explications fournies, ce jeudi 15 juin, aux députés par le ministre chargé du Cadre de vie, Didier Tonato dans sa réponse à la question orale avec débat relative à l’évaluation des logements sociaux.

A l'en croire, sur les 10 000 logements sociaux prévus, 1543 ont été seulement construits pour un montant de 14, 668 135 milliards F Cfa. Adjarra, Avrankou, Abomey-Calavi, Lokossa, Sémè-Podji, Parakou sont les communes bénéficiaires de ces joyaux. A la date d’aujourd’hui, seulement 893 logements économiques sur les 1543 sont entièrement achevés et 650 encore en chantier. 450 logements sont aujourd’hui occupés dont 203 directement vendus et 216 en location-vente avec paiement mensuel en cours. Selon le ministre chargé du Cadre de vie, ce projet a été « un échec ». Didier Tonato n’est pas allé du dos de la cuillère pour mettre aux bancs des accusés le Gouvernement qui a choisi des sites inappropriés pour le projet. Aussi, ajoute-t-il, la non viabilisation des sites et des conditions d’accès très difficiles et le mauvais état des travaux à plusieurs endroits.
Aux dires du ministre, c’est tirant leçon de l’échec de ce projet que le Gouvernement du Nouveau départ a décidé de réaliser un vaste programme de 20 000 logements économiques sur un besoin estimé à 300 000 pour satisfaire les populations les moins nanties. Ce projet hautement social ne tardera pas à démarrer pour soulager un tant soit peu la peine des populations défavorisées en matière d’abri, a-t-il rassuré.

Th. C. N.

Actualités 16 juin 2017


Focus : « L’albinisme n’est pas une fatalité »

Houètèhou C. Franck HOUNSA, président de l’Ong Divine Connexion Worldwide, une Ong à l’avant-garde des Droits humains jette un regard sans cession sur l’albinisme, objet de stigmatisation souvent par ignorance.

 

La 3eJournée internationale de sensibilisation à l’albinisme a été commémorée le 13 juin dernier sur le thème « Avancer avec un espoir renouvelé ». Que vous inspire cette thématique ?

 

Si cette journée n’existait pas, il fallait la créer ! Personne ne doit rester en marge de cette célébration, à commencer par les principaux concernés. Je suis de ceux-là. C’est pourquoi nous nous réjouissons de ladite journée.

 

En quoi consiste le handicap chez les albinos ?

 

Le soleil dérange énormément les personnes atteintes d’albinisme. C’est pourquoi il faut toujours se protéger : pantalon ou jupe longue ; chapeau à large bord. Si tant est qu’on doive sortir en plein soleil, il faut éviter les tee-shirts et préconiser les chemises à manches longues. De plus, on peut faire recours aux crèmes solaires si l’on en a les moyens. Il est recommandé de consulter un dermatologue et un ophtalmologue au moins deux fois l’an. Ceci permettra de détecter à temps les risques de cancer…

 

À combien peut-on estimer les personnes atteintes d’albinisme (PAA) au Bénin ?

 

Les estimations, sur la base de nos recensements, penchent en faveur d’environs 1000 personnes atteintes d’albinisme.

 

D’après vos expériences, quel est le sort de ces personnes au Bénin ?

 

Elles sont principalement exposées à trois difficultés majeures. D’abord, la faible acuité visuelle qui leur rend les études difficiles. Ensuite, la vulnérabilité de la peau aux rayons solaires, qui est la principale cause du cancer de la peau chez les personnes atteintes d’albinisme. À tout cela s’ajoutent la stigmatisation et la marginalisation sur la base de la couleur de leur peau. Nous n’allons pas oublier la non-prise en charge de leur vulnérabilité en situation de classe (s’il s’agit des élèves ou étudiants). Par-dessus tout, le meurtre commis sur leur personne par des gens mal intentionnés, qui pensent que les organes des personnes atteintes d’albinisme peuvent être utiles dans des potions magiques, est un crime à combattre à tout prix de nos jours.

Les personnes atteintes d’albinisme sont des hommes comme les autres. Les seules déficiences sont celles de la peau et des yeux, et personne ne choisit la couleur de sa peau, encore moins son handicap. Ainsi nous devons les considérer comme toutes personnes capables d’apporter leur soutien au développent de notre société. La couleur de la peau ne signifie pas l’incapacité de la personne. Aussi devons-nous en finir avec les vieilles croyances qui font des personnes atteintes d’albinisme des « sous-hommes » ou des hommes destinés aux sacrifices, des indésirables, des bébés fétiches, etc.

 

Comment les personnes atteintes d’albinisme réagissent-elles face à une telle hostilité ?

 

L’albinisme a affecté notre peau et nos yeux, mais nous ne devons pas le laisser affecter notre mental. Nous aurions tort si nous ne nous surpassons pas pour réussir.

 

Que cache une telle philosophie ?

 

Je voudrais décourager la victimisation souvent constatée chez les personnes atteintes d’albinisme. Le travail libère l’homme. Il nous faut donc travailler pour être nous-mêmes, même si nous sommes frappés de handicap.

Cela dit, c’est tout à fait injuste de placer un poisson et un singe au pied d’un arbre, leur demander de grimper dans l’arbre, seulement pour traiter le poisson d’incompétent. Il suffit de suppléer à la déficience des personnes atteintes d’albinisme pour mesurer combien elles peuvent exceller comme n’importe qui, dans n’importe quel domaine!

 

Société 15 juin 2017


Coffi Guillaume Adjaho: Onze ans déjà!
[caption id="attachment_26135" align="alignnone" width="1024"]ArchivesGuillaume Adjaho[/caption]

Comme tout artiste digne du nom,  Guillaume Adjaho n’est pas mort !  Depuis le 14 juin 2006, il a certes passé l'arme à gauche, mais continue de faire parler de lui à travers ses œuvres. Et à propos de ses œuvres, le meilleur héritage qu'il a laissé est la multitude d’acteurs culturels qui a germé au sein de sa progéniture.

Aliane est musicienne et aussi artiste de décoration. Méchac alias Maestro est à la fois auteur, flûtiste, pianiste, musicien, poète…, il y a aussi la créatrice de mode et de perles, actrice et cinéaste Sandra, sans oublier Samson le réalisateur. « J'ai le sentiment après 11 ans que l'homme est un peu oublié et pas assez honoré. Les enfants sont un peu limités dans leurs efforts de lui rendre hommage mais ne se laisseront pas décourager », déplore Méchac Adjaho 11 ans après le décès de celui qui s'est imposé en son temps comme l'une des grandes figures de l’arène culturelle du Bénin. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils veuillent jeter l'éponge. « Nous sommes son héritage vivant », se résout-t-il. Et d’indiquer ensuite : « Nous nous consolons d'entendre certaines personnes encore fredonner ses mélodies et se remémorer ses rôles au théâtre ». Bémol aux allures d’engagement lorsque Maestro Méchac clame: « nous ne baisserons pas les bras ».

Coffi Guillaume Adjaho était un produit culturel bien ancré dans les tendances de son temps. En musique comme au théâtre, il fut un maître et un acteur accompli. Premier directeur du Hall des arts et ancien directeur de l’Office de gestion du stade de l’Amitié, on dit de lui qu’il a été un acteur majeur de la promotion des artistes de son époque, du moins de son vivant. Conseiller technique sous plusieurs ministres de la Culture, Coffi Guillaume Adjaho restera dans la mémoire comme un homme de principe, rigoureux, trop exigeant sur la qualité. Un homme de défi qui a partagé sa vie de couple avec Agnès Migan, fière de ce que son regretté époux avait été élevé au grade de Chevalier dans l’Ordre de mérite du Bénin.

Culture 14 juin 2017


Journées de réflexion à l'Insae: Améliorer le fonctionnement du système statistique national

L’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) organise, depuis ce mardi 13 juin, des journées de réflexion. Il s’agit d’ouvrir le débat pour remettre l’institut au cœur de la production statistique nationale.

« Si vous pouvez mesurer quelque chose, vous pourrez le réaliser ». Cet adage cher aux Américains, Abdoulaye Bio Tchané le place au cœur de la mission de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae). La réflexion engagée hier sur les défis de l’institution le conforte dans l’idée que la production statistique devra être au cœur de toute stratégie de développement.
« Nous sommes dans un ministère où on ne devrait plus nous convaincre de l’intérêt de la démarche prospective », assure le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement. Pour lui, les journées viennent à point nommé pour diverses raisons. D’abord, elles s’organisent à un moment où le Gouvernement est engagé dans l’élaboration du Plan national de développement (2018-2025) où la question statistique joue un rôle central. Ensuite, il souligne qu’elles interviennent à un moment où la question du suivi de l’exécution du Programme d’action du gouvernement (Pag) et la problématique de la bonne mesure des impacts sur le bien-être des populations se posent de façon insistante. Mieux, le Bénin est partie prenante des Objectifs durable pour le développement (Odd) où le paradigme de la révolution des données se pose. « La diversification des sources de revenu de l’Insae et la nécessité de couvrir les besoins statistiques du secteur privé, des communes et ceux des agendas internationaux exigent de l’Insae de se doter d’un business plan à la hauteur de ses ambitions », défend Abdoulaye Bio Tchané. Qui ajoute qu’avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, l’Insae a démarré le processus d’élaboration de sa troisième stratégie nationale du développement de la statistique.

Impératif de réforme !

L’objectif des journées de réflexion, soutient Alexandre Biaou, directeur général de l’Insae, c’est d’identifier les goulots d’étranglement à l’éclosion de l’institution et de dégager les pistes d’actions en vue d’améliorer le fonctionnement du système statistique national. L’enjeu, in fine, c’est d’arriver à produire à temps des statistiques fiables, cohérentes et disponibles dans tous les domaines et adaptées aux besoins des utilisateurs. Hilarion Awo, représentant du personnel, estime que ces assises sont devenues un impératif au regard des difficultés qui minent l’institution. Il évoque surtout l’insuffisance de ressources financières pouvant permettre de réaliser des activités courantes et les grandes opérations périodiques de collecte de données, l’inexistence d’un plan de formation et de carrière, la caducité des textes régissant l’institut qui ne sont plus adaptés au contexte actuel. « L’institut se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins où nous devons choisir entre végéter dans l’ornière et décider de nous en sortir afin de le remettre au centre de la production des statistiques dites officielles et redorer son image. Le personnel a déjà choisi la seconde option », affirme-t-il.
Autour du thème « Statistique au service de la nation pour un développement économique et scientifique durable», les journées de réflexion de l’Insae doivent déboucher sur la mise en place d’une nouvelle politique de gouvernance et l’identification d’une stratégie communicationnelle adéquate pour construire une nouvelle image de l’institution.

Société 14 juin 2017


Assemblée nationale: La loi sur le Code du numérique adoptée

Les députés ont adopté ce mardi 13 juin, la proposition de loi portant Code du numérique en République du Bénin. Il s'agit d'une loi de 662 articles qui vient renforcer l'attractivité numérique du Bénin et sécuriser les investisements privés sans oublier la promotion de l'emploi numérique aux jeunes. L'adoption de cette loi est une grande satisfaction pour le ministre de l'Economie numérique et de la Communication, Rafiatou Monrou qui a défendu ce dossier dont l'examen a duré deux mois au Parlement. 

 

Actualités 13 juin 2017


Mise à jour de la liste des médicaments essentiels: De nouvelles recommandations sur l’utilisation des antibiotiques

L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) a mis à jour sa liste des médicaments essentiels. Dans un communiqué de presse rendu public le 6 juin dernier,  elle précise les nouvelles recommandations sur l’utilisation des antibiotiques afin de ne pas voir s’aggraver le problème de résistance.
 

Selon le communiqué, « La liste mise à jour ajoute 30 médicaments pour les adultes et 25 médicaments pour les enfants et précise de nouvelles utilisations pour 9 produits figurant déjà dans la liste, soit un total de 433 médicaments jugés essentiels pour répondre aux besoins de santé publique les plus importants ». Cette mise à jour est assortie de nouvelles recommandations concernant l’utilisation des antibiotiques contre les infections courantes et dans les situations les plus graves. Il s’agit notamment des médicaments contre le Vih, l’hépatite C, la tuberculose et la leucémie. Les experts ayant travaillé sur la mise à jour de ladite liste ont regroupé les antibiotiques en 3 catégories: les antibiotiques auxquels l’accès est indispensable, ceux à utiliser avec précaution et ceux à utiliser en dernier recours et ont formulé des recommandations sur le moment opportun d’utilisation de chaque catégorie.
De façon générale, la liste Oms des médicaments essentiels est pour beaucoup de pays un instrument pour accroître l’accès aux médicaments et orienter les décisions concernant les produits dont ils doivent garantir la disponibilité pour leur population.
« Ce changement vise à garantir la disponibilité des antibiotiques au moment voulu et à faire en sorte que les antibiotiques adaptés soient prescrits pour traiter les infections appropriées. Il devrait permettre d’améliorer les résultats thérapeutiques, de réduire le développement de bactéries résistantes aux médicaments et de préserver l’efficacité des antibiotiques de dernier recours qui sont nécessaires lorsque tous les autres traitements échouent », souligne le communiqué.
L’Oms recommande que les antibiotiques auxquels l’accès est indispensable soient disponibles à tout moment comme traitement contre un large éventail d’infections courantes. C’est le cas de l’amoxicilline, un antibiotique largement utilisé pour traiter des infections comme la pneumonie. Dans la catégorie des antibiotiques à utiliser avec précaution, figurent des antibiotiques recommandés comme traitement de première ou de deuxième intention contre un nombre limité d’infections. Le communiqué cite en exemple, la ciprofloxacine utilisée pour traiter la cystite (type d’infection urinaire) et les infections des voies respiratoires supérieures (comme la sinusite et la bronchite bactériennes). Il conviendrait de réduire considérablement l’utilisation de cet antibiotique afin d’éviter que la résistance ne se développe davantage, conseille l’organisation onusienne. Dans la troisième catégorie des antibiotiques à utiliser en dernier recours, figure par exemple la colistine considérée comme médicament de dernier recours et utilisée uniquement dans les situations les plus graves lorsque toutes les autres alternatives ont échoué.
«La nouvelle liste de l’Oms devrait permettre aux planificateurs du système de santé et aux prescripteurs de faire en sorte que les personnes qui ont besoin d’antibiotiques aient accès à ceux-ci et de garantir qu’ils obtiennent le médicament adapté afin de ne pas voir s’aggraver le problème de la résistance», précise le communiqué. La liste des médicaments essentiels mise à jour comprend également plusieurs nouveaux médicaments, dont deux traitements contre le cancer de la cavité buccale; un nouveau comprimé contre l’hépatite C qui associe deux médicaments; un traitement plus efficace contre le VIH ainsi qu’un médicament ancien qui peut être administré pour prévenir l’infection à Vih chez les personnes à risque élevé; de nouvelles formulations pédiatriques de médicaments contre la tuberculose; et des traitements antalgiques.
Créée en 1977, la liste modèle Oms des médicaments essentiels est mise à jour et révisée tous les deux ans par le comité d’experts sur la sélection et l’utilisation des médicaments essentiels. De nombreux pays ont adopté le concept de médicaments essentiels et ont élaboré leurs propres listes, avec comme modèle celle des médicaments essentiels¦

Santé 13 juin 2017


Idrissou Mora-Kpaï: Réalisateur de documentaires XXL

Installé aux Etats-Unis, Idrissou Mora-Kpaï honore son pays par des œuvres dont la qualité lui vaut la participation aux rendez-vous majeurs du septième art. Un parcours couronné d’une vingtaine de prix reçus à travers le monde. Portrait d’un réalisateur de documentaire considéré comme l’un des plus originaux de sa génération.

Le même hôtel à chacune de ses descentes au pays. Et les mêmes habitudes. Sur la terrasse de cet établissement en bordure de lagune, les journées de Idrissou Mora-Kpaï se ressemblent toutes. Quand il n’est pas occupé en ville, le réalisateur se dévoue à ses proches et aux professionnels de l’audiovisuel qui viennent échanger avec lui sur des questions liées à leur domaine de compétence. Ecouter le maître de céans reste un exercice fort édifiant pour ses visiteurs. Relaxe dans ses habits, remarquables au pantalon jeans kaki et au polo, ce quinqua en a à revendre par ses idées.

Réalisateur de documentaires, Idrissou Mora-Kpaï s’est distingué à travers ses participations à divers festivals de classe A dont ceux de Berlin, Busan, Rotterdam et une vingtaine de prix reçus de par le monde et dont le dernier reste les Prix Prince Claus récompensant des réalisations exceptionnelles dans le domaine de la culture et du développement. Attribués chaque année à des individus, des groupes, des organismes ou des institutions dont les actions culturelles ont un effet positif sur le développement de leurs sociétés, ces prix lui ont été décernés le 7 mars 2014 pour « la beauté, la sensibilité et la profondeur de ses documentaires qui offrent une vision nuancée des identités et des contextes africains ; pour son engagement dans la recherche documentaire et la narration visuelle le long des lignes de faille du colonialisme ; pour sa façon de porter au grand jour des histoires refoulées dont de nombreuses populations subissent le retentissement; et pour la démonstration qu’il donne de l’importance de la production culturelle pour rectifier les conventions sociales et intellectuelles fondées sur des inexactitudes », selon la Fondation Prince Claus.

Deuxième Béninois à les avoir reçus après Pr Paulin Hountondji dans les années 90, Idrissou Mora-Kpaï, par sa démarche subtile et unique, a réalisé de nombreuses œuvres dont ‘’Si-Gueriki, la reine-mère’’ (2002), ‘’Arlit, deuxième Paris’’ (2005), ‘’Indochine, Sur les traces d’une mère’’ (2010), considérées comme des films à travers lesquels il aborde des sujets sociaux d’une grande complexité. Engagé qu’il est à redorer l’image tronquée que présentent les médias occidentaux du continent africain, le réalisateur se réclame un professionnel dont l’approche interpelle. « Je ne m'intéresse pas aux expériences tragiques de mes personnages pour seulement des fins artistiques. Mon cinéma  questionne l’épanouissement de l’être humain, dans son sens le plus profond. Je demande à mes spectateurs beaucoup plus de l’engagement que le temps qu’ils usent pour voir mes films. Je les oblige à penser sur ce qu’ils savent, comment le savent-ils et qu’est-ce qui est nécessaire pour eux de chercher à savoir. Je demande en priorité d’agir, par solidarité, en faveur de la dignité humaine, dans un  monde où l’accumulation du bien matériel a tendance à primer sur la valeur traditionnelle de solidarité qui caractérisait l’identité africaine », confie-t-il. Bien qu’il imprime sa signature à ses réalisations il considère le cinéma comme un art de groupe. « Chaque technicien y met sa touche personnelle », éclaire-t-il, tout en notant que « la particularité du documentaire c’est qu’à l'issue de chaque film, de nouvelles personnes entrent dans votre vie. Les films vivent  grâce à toutes ces braves personnes qui vous font confiance en acceptant de se confier à vous ».

 L’équation du financement

Barbichette grisonnante soigneusement taillée, Idrissou Mora-Kpaï fait montre d’une simplicité qui contraste avec sa rigueur quand il s’agit de travailler. Assez entreprenant sur les plateaux de tournage, l’homme affiche une dégaine alerte et une jeunesse qui trahit bien son âge. Enseignant le cinéma dans les universités américaines il a fait ses études cinématographiques en Allemagne à force de gnac et avoue que son parcours en lui-même est un sujet de film. Se rappelant ses déboires avec le consulat de Suisse qui lui aura refusé un visa de transit, redoutant qu’il n’en profite pour y rester définitivement alors que son souci cardinal était de regagner l’Allemagne. Sans bourse il puisera du plus profond de son mental pour faire ces études qui lui sont si tant chères.

Longtemps parti de son pays, il est loin d’être étranger à ses réalités. En témoignent ces sujets poignants qu’il aborde à travers ses films. Des œuvres de qualité qui tendent à faire croire qu’il est un privilégié. « A entendre parler de mon parcours, on imagine que je mène une vie de privilégié. Mais pas du tout. J’ai toujours fini mes films avec des dettes. Je continue d’ailleurs de les rembourser. J’ai fait tous mes films sans jamais demander un rond à mon pays », s’en défend-il.

De nature tempérée et assez joviale, Idrissou Mora-Kpaï n’admet toutefois pas le sort réservé au cinéma et à la culture en général dans son pays. « Je constate une certaine hypocrisie au niveau de ceux qui sont censés gérer les choses. Dans ce pays, j’observe la pratique du métier de cinéaste avec grand étonnement. Le fonctionnement est contreproductif. C’est un honneur de défendre le drapeau de mon pays mais j’estime qu’il y a des sacrifices à faire pour un Etat responsable. Aucune cinématographie n’a rayonné sans une politique fiable en matière de formation et sans soutien financier réel aux artistes », soutient-il. A convenir que l’artiste à l’extérieur est un ambassadeur pour son pays et qu’à l’intérieur, il sert de témoin et de miroir pour ses concitoyens, le réalisateur ne supporte pas le sentiment d’abandon que ressentent ses pairs de la part des autorités en charge de la culture.

« Ce qui est insupportable c'est le sentiment d'abandon que je ressens, ce qui est sans doute le sentiment de tous les artistes de ce pays. Le fait de ne pas être pris au sérieux, l'insouciance des autorités par rapport aux métiers d'artiste. C'est triste de parler de son pays de cette manière mais ce sont des faits. Je sais très bien que les moyens existent mais les consciences et la volonté manquent », estime-t-il, balayant du revers de main l’allégation selon laquelle « faire un film coûte beaucoup cher ».

Quoique des institutions internationales tiennent le pari de financer des projets de films de réalisateurs du Sud, il n’en demeure pas moins qu’une modique contribution des Etats africains pourrait donner une plus-value à la créativité. « Nous ne pourrons pas compter sur ces aides étrangères pour faire des films que nous souhaitons réellement faire. Ce sont des aides très sélectives mais aussi limitées dans le sens quantitatif. Aucun pays ne donnera un million d’euros à un non ressortissant pour faire un film. Le cinéma est avant tout un art qui défend des valeurs nationales », martèle-t-il, très sûr de lui-même. Aujourd’hui avec plusieurs projets dont la réalisation d’un film de fiction intitulé « Sèmè-Border » et impliquant des artistes et techniciens béninois et nigérians, il est conscient de cette bataille qu’il devra mener une fois encore pour mobiliser les fonds nécessaires à son financement. Sans désespérer il compte sur un sursaut d’orgueil des gouvernants, eux qui n’auront montré aucun intérêt à l’encourager depuis qu’il porte si haut l’étendard du pays à travers ses nombreuses distinctions.

Culture 11 juin 2017


BEPC Session de juin Le top des épreuves ce lundi à Athiémé

Le top de l'examen du BEPC 2017, session de juin sera donné ce lundi à Athiémé par le ministre en charge de l’Enseignement secondaire. Lucien Kokou est annoncé pour exécuter cette formalité au centre d’examen du Ceg Athiémé et encourager notamment les candidats de cette commune qui l’a vu naître.


Les autorités communales et les responsables en charge du système éducatif dans le Mono se mobilisent pour ne laisser aucune faille dans l’organisation de la cérémonie.
Athiémé a enregistré, pour cette session de juin du BEPC, 1 120 candidats répartis dans deux centres d’examen, à savoir Ceg Akonana et Ceg Athiémé. Au plan départemental, l’effectif des candidats s’élève à 11 857.
Pour rappel, Athiémé est arrivé en tête dans le Mono, à l’issue du BEPC 2016, avec un taux de 15,27% de succès contre un pourcentage de 11,96% pour tout le département du Mono et 31,68% de réussite au plan national.  Athiémé fera-t-il mieux, au terme de la proclamation des résultats de l’examen cette année ? Et qui portera le bonnet d'âne ?

Education 10 juin 2017


CAN Cameroun 2019 Le Bénin mise sur le 12e homme
[caption id="attachment_26101" align="alignnone" width="259"]photo: DRL'entraîneur des Ecureuils du Bénin, Oumar Tchomogo [/caption]

 

Dans le cadre de la première journée des éliminatoires de la 32e édition de la CAN Total, Cameroun 2019, les Ecureuils du Bénin ont rendez-vous ce dimanche 11 juin au stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou, avec les Scorpions de la Gambie. A l’occasion, leur entraîneur, Oumar Tchomogo voudrait compter sur la grande mobilisation du public pour les soutenir.

Le public sportif béninois s’est-il remis de la raclée (5-2) que les Aigles du Mali ont infligée aux Ecureuils à Bamako, lors de l’ultime journée des éliminatoires de la CAN Total, Gabon 2017 ? Une sévère défaite qui avait privé le Bénin de la qualification à la phase finale de cette compétition. Il avait pourtant toutes les cartes en main pour s’adjuger l’une des deux places de meilleurs perdants en jeu.

Après cette déculottée, ce sera pour la première fois que les Ecureuils effectuent leur sortie à domicile. Ce sera ce dimanche 11 juin au stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou, face aux Scorpions de la Gambie, dans le cadre des matches de la première journée des éliminatoires de la CAN Total, Cameroun 2019. Stéphane Sességnon et ses coéquipiers ont donc l’occasion de se réconcilier avec leur public. Leur entraîneur, Oumar Tchomogo, espère que ce dernier ne marchandera pas son soutien à ses poulains.

« Je sais que le public souhaite une victoire de sa sélection dimanche 11 juin. C'est aussi notre ambition et nous avons travaillé pour qu’il en soit ainsi », a-t-il indiqué. « Mais, je lui demande de ne jamais perdre de vue que nous venons de loin. Nous avons donc besoin de temps pour travailler et asseoir une équipe compétitive », a également précisé l’entraîneur.

D’ailleurs, pour permettre au public d’effectuer massivement le déplacement, l’entrée au stade a été déclarée libre et gratuite par le gouvernement. Une noble initiative qui vise à sonner la grande mobilisation derrière les Ecureuils du Bénin. Le ministre en charge des sports, Oswald Homéky, a même annoncé l’ouverture des entrées à partir de 12 heures.

Aux sceptiques, Oumar Tchomogo rassure qu’il a son effectif au complet. « Nous avons vraiment travaillé dans la sérénité », insiste-t-il. « Pour le match de dimanche nous sommes prêts", a lâché le sélectionneur national, en invitant le public à faire confiance à ses poulains. « De toutes les façons, si je me permets de les faire venir, c'est parce que je sais qu'ils en sont capables. Et ils l'ont prouvé à plusieurs occasions », a conclu Oumar Tchomogo.

 

Sports 10 juin 2017


1351 - 1578