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Les domaines publics doivent être libérés au plus tard le 31 décembre prochain. L’objectif du gouvernement est de faciliter désormais la mobilité humaine en libérant les trottoirs pour les piétons afin de réduire les accidents de circulation. Mais la pilule a du mal à passer dans l’opinion, tant les résistances et les oppositions son nombreuses.
C’est une opération d’aménagement urbain et de libération de l’espace public. Au terme de ces opérations il s'agit d’avoir des villes durables. Le principe du respect de la loi, celle qui interdit l’occupation anarchique des espaces publics va être restauré. C’est vrai que les populations se déterminent librement mais l’Etat a fait le choix d’un standard de vie pour que les populations vivent dans un environnement commode.
La loi cadre rend l’Etat garant d’un environnement sain. Son devoir est d’œuvrer pour créer un environnement vivable et durable. Les inondations surviennent régulièrement dans la ville parce que des citoyens se sont installés illégalement sur des espaces de canalisation d’eau. Les occupations anarchiques des trottoirs obligent la plupart du temps, les piétons à disputer la route avec les motocyclistes, ce qui cause des accidents mortels pour les enfants, notamment pour les écoliers. «Des 3000 accidents enregistrés par an, plus de 105 sont mortels dont 35% des enfants et des écoliers, l’Etat est obligé de prendre ses responsabilités en libérant ces espaces en vue de faciliter la mobilité humaine», affirme Yvonne Adjovi-Boco, conseillère à l’écocitoyenneté et à la décentralisation au ministère du Cadre de vie et du Développement durable.
La décision du Conseil des ministres qui interdit l’occupation des domaines publics et des couloirs d’écoulement et des réceptacles des eaux pluviales ainsi que le déguerpissement des personnes installées indûment durable est intervenue le 15 juin 2016. Depuis, le ministère du Cadre de vie et du Développement a été instruit aux fins de prendre les dispositions nécessaires de communication pour susciter le départ des populations riveraines ayant occupé de manière anarchique les espaces publics au plus tard le 31 décembre 2016. Certaines populations ont commencé à obtempérer en libérant volontairement les domaines publics qu’elles occupent illégalement.
D’autres par contre comprennent le bien-fondé de ces mesures mais estiment qu’il faut laisser assez de temps aux occupants illégaux de se retirer surtout à cause de la morosité qui frappe actuellement le pays.
Revoir le délai ?
«Nous-mêmes nous savons que le domaine est pour l’Etat, et qu’un jour l’autorité va nous dégager, mais 6 mois pour casser une boutique et trouver un autre emplacement et s’installer à nouveau, c’est dur ici à Cotonou, il faut revoir le délai», plaide Rodrigue Ohin, vendeur de pièces détachées à Cotonou. «Des fois, si tu t’arrêtes devant leurs boutiques sans acheter, ils te chassent, alors qu’ils sont dans un domaine public qui nous appartient tous, il faut les dégager mais avec diplomatie», nuance le client d’une boutique de divers.
Mais les autorités ne veulent pas l’entendre de cette oreille, surtout pas le préfet du Littoral, Modeste Toboula qui multiplie les actions de sensibilisation et avertit qu’à partir du 2 janvier 2017, ceux qui n’auraient pas libéré volontairement les domaines publics seront contraints à le faire. C’est également la position d’Yvonne Adjovi-Boco, conseillère au ministère du Cadre de vie.
Elle estime qu’un report de délai n’est pas nécessaire. Car, selon elle, le faire, revient à ne pas avoir pitié de ces nombreuses victimes qui se font ramasser par les motos et les véhicules parce qu’elles disputent la route avec ces moyens roulants faute de pouvoir passer librement sur les trottoirs. «Ce n’est pas de l’acharnement, c’est une loi que l’Etat demande de respecter, certains obtempèrent déjà, pourquoi d’autres s’y opposent-ils et font du chantage, l’Etat n’est pas un instrument à faire chanter, il a le devoir de permettre à tout citoyen de profiter des domaines publics», précise-t-elle.
Face à cette décision, tout le monde doit s’exécuter. Ainsi, dans la ville, on voit certains édifices publics marqués de croix rouges, synonyme d’un déguerpissement, c’est dire combien l’Etat est déterminé à appliquer cette décision et se l’appliquer lui-même. Yvonne Adjovi-Boco explique que le ministère du Cadre de vie et du Développement durable s’applique lui aussi cette décision. «Notre groupe électrogène a été identifié comme occupant illégalement le domaine public, et nous avons engagé déjà les travaux pour faire entrer l’engin à l’intérieur du ministère». L’objectif final de ces travaux, poursuit Yvonne Adjovi-Boco, est d’avoir des villes durables. Les endroits ciblés sont surtout les abords immédiats des routes revêtues, bitumées ou pavées. Ce n’est pas la première fois que le Bénin engage de tels travaux.
Rappelons que pendant la gouvernance du général Mathieu Kérékou, Jérôme Dandjinou, ex-chef de la circonscription urbaine de Cotonou avait pris une initiative pareille qui avait été une réussite. Car, à l’époque, sa détermination avait permis de libérer en quelques semaines la plupart des axes urbains au grand bonheur des populations, mais non sans difficulté. Beaucoup de résistances et d’oppositions avaient été dressées sur son chemin. Sa volonté et le soutien du gouvernement d’alors lui avaient suffi.
Mais l’époque a changé et la décentralisation s’est déjà installée. Il faudra plus que ça pour atteindre les mêmes objectifs en 2017. La question se pose alors de savoir comment a-t-on pu laisser les Béninois occuper anarchiquement les espaces publics après le travail remarquable de Jérôme Dandjinou ? Yvonne Adjovi-Boco apporte quelques éléments de réponses. «L’opération de Dandjinou était une réussite. Malheureusement, la décentralisation a suivi et les élus locaux soucieux d’entretenir l’électorat ont laissé faire et progressivement les espaces publics ont été occupés de nouveau», regrette-t-elle. Certaines populations estiment que si votre maison est au bord de la voie, on a droit à 2 mètres supplémentaires sur l’espace public. Yvonne Adjovi-Boco réfute cette idée et affirme qu’il n’y a aucun document légal qui justifie cette croyance des populations. «Ceux qui disent ça n’ont qu’à nous donner la loi qui permet cela, il n’en existe pas. On les a laissé dans l’anarchie pendant longtemps et ils pensent aujourd’hui que c’est un droit, il faut qu’ils se désillusionnent», conclut-elle.

Il existe une technologie spécifique de production du maïs en Chine et qui garantit une bonne récolte. Cette méthode culturale conduite par le Centre pilote de techniques agricoles chinoises basé à Sèmè-Podji est en expérimentation dans des communes de l’Ouémé et du Plateau. Une délégation de ce centre était mardi 22 novembre sur un des sites pilotes à Ifangni pour démontrer la nette différence entre la technologie chinoise et celle béninoise à travers les maïs produits en termes de qualité et de quantité.
La Chine apporte sa pierre à la sécurité alimentaire au Bénin. Elle donne la preuve matérielle à travers le Centre pilote de techniques agricoles chinoises basé à Sèmè-Podji qui promeut au Bénin, notamment dans plusieurs communes de l’Ouémé et du Plateau, la culture du maïs selon la méthode chinoise garantissant un bon rendement. Une délégation de ce centre composée de son directeur Jianping Huang, de son adjoint Robert Adjibi et de l’ingénieur agronome de la structure, Jiajun Qu, était dans la matinée du mardi 22 novembre sur le site de démonstration d’Ita-Ilékpéta dans la commune d’Ifangni. Il s’agit du site de Firmin Ogoutoessi, président de l’Union des producteurs de la commune d’Ifangni, qui a cultivé un hectare de maïs à raison de 0,5 ha selon l’approche chinoise et 0,5 selon la technique ordinairement pratiquée au Bénin. La délégation et les paysans partenaires du projet qui étaient de la partie, sont tous satisfaits des résultats de la technologie chinoise. Ils ont constaté que la différence est grande entre les deux champs de démonstration culturale. Le maïs produit selon la technique chinoise a plus donné en quantité et en qualité que celui du champ témoin basé sur la pratique béninoise. Les épis de maïs étaient gros et bien garnis de grains de maïs ; tandis les épis de maïs selon l’approche béninoise étaient chétifs.
Une technique qui enchante les producteurs
Ce qui témoigne d’une bonne maîtrise des enseignements dont ont bénéficié en amont en septembre dernier ces paysans pour une bonne application de la technologie chinoise sur le terrain.
« Cette technique exige qu’un seul grain soit resté par poquet. Ce qui permet d’avoir de gros épis et des maïs commercialisables. Alors que quand c’est trois grains par poquet comme c’est le cas avec la méthode béninoise, ça ne donne pas grand-chose », souligne Firmin Ogoutoessi. Le président de l’Union des producteurs de la commune d’Ifangni promet de tourner dos à la méthode ordinaire et d’adopter la technologie chinoise qui est très bonne. « Il nous a été enseigné pendant la formation qu’on peut aller jusqu’à cinq tonnes de maïs à l’hectare contre 2,5 tonnes habituellement par l’expérience béninoise. Je suis en train de le constater moi-même avec le cas de mon champ de démonstration », indique-t-il. Les paysans trouvent que cette technologie est une aubaine qui fera d’eux les meilleurs producteurs de maïs à Ifangni voire des départements de l’Ouémé et du Plateau. Ce qui va leur permettre de sortir de la pauvreté et de trouver de moyens pour s’occuper de leurs familles.
La seule grande inquiétude des paysans réside en la disponibilité des intrants et autres produits phytosanitaires pour une bonne application de cette technologie chinoise basée sur l’utilisation judicieuse de l’engrais minéral et de l’engrais organique. Une inquiétude que partage le responsable du développement rural d’Ifangni, Richard Yèkèdo. Il promet aux paysans partenaires du projet chinois qu’ils seront priorisés dans l’approvisionnement des intrants et des produits phytosanitaires dès que la disponibilité existe. Et au directeur du Centre pilote de techniques agricoles chinoises de préciser que ces intrants agricoles pourront être disponibles en grande quantité lorsque le gouvernement aura autorisé le centre à en importer massivement. Pour l’instant, le centre est confiné à l’importation pour la phase d’expérimentation. Qu’à cela ne tienne ! Jianping Huang encourage les paysans à continuer d’adopter cette pratique culturale pour booster la production du maïs qui reste et demeure l’une des principales cultures vivrières du Bénin. Il annonce l’organisation prochaine d’un concours pour distinguer les paysans d’Ifangni qui vont enregistrer les meilleurs rendements avec la méthode culturale chinoise de maïs. Avec les succès éclatants du projet dans l’Ouémé et le Plateau, le directeur adjoint du centre, Robert Adjibi, annonce la volonté de la structure d’étendre l’expérimentation de cette technologie chinoise aux autres départements du Bénin.
Etapes de la technique chinoise
La technique culturale du maïs selon l’approche chinoise comporte plusieurs étapes. Tout part d’abord de la préparation avant le semis. Elle consiste à choisir n’importe quelle variété de maïs béninois, même les variétés hybrides. Les semences acquises, le producteur doit procéder au triage aux semences pour éliminer les graines moisies, brisées ou attaquées par des insectes ou des maladies. Un ensoleillement des semences est nécessaire avant le semis. Cet ensoleillement doit se faire en période de beau temps entre 9 h du matin et 16 h de l’après-midi et ceci, pendant deux à trois jours. Le paysan doit éviter de choisir comme emplacement d’ensoleillement les ustensiles de fer et le terrain de ciment qui peuvent causer des brûlures aux semences. L’ensoleillement contribue à anticiper la levée d’un à deux jours et à augmenter le taux de germination de 13% à 28%. Après quoi, le producteur prépare le sol avant le semis. Le producteur doit éliminer les mauvaises herbes, épandre de l’engrais organique en l’occurrence NPK et Urée, labourer et aplanir le sol. La technologie chinoise recommande 150 kg de NPK à l’hectare et également 150 kg à l’hectare pour l’Urée. Vient ensuite la deuxième phase, celle du semis qui doit s’accomplir dans la semaine qui suit l’installation de la saison pluvieuse. Il est recommandé d’adopter la plantation en quinconce en respectant un écartement de 80 cm entre les lignes larges, de 40 cm entre les lignes étroites et de 35 cm entre les deux pieds de la même ligne. Lors du semis, toutes graines peuvent être mises dans un poquet, ce qui nécessite une quantité de 45 kg de semences à l’hectare.
La phase suivante concerne le démariage et l’établissement de plants. Ici, le démariage est effectué au stade de trois feuilles pour éliminer les plants chétifs et ne garder que les plants robustes. Il faut laisser deux plants par poquet après l’opération. Lorsque le maïs a cinq feuilles, le producteur procède à l’établissement de plants en éliminant les plants chétifs et ne gardant que les plants robustes pour ne laisser qu’un seul plant par poquet. Au cas où un poquet est manquant, le paysan peut laisser deux plants dans le poquet voisin. La technologie chinoise recommande qu’à la phase de l’élongation des entre-nœuds, le producteur procède à l’épandage d’engrais et au sarclage : après la pluie, en profitant de l’humidité du sol. Il épand 150 kg de NPK composite à l’hectare et sarcle le champ en même temps. Il lutte par ailleurs contre les séamias avec les produits phytosanitaires en pulvérisant la dilution dans les graines des feuilles où se trouvent les insectes, les larves ou œufs. A la 5e étape, celle baptisée du grand cornet c’est-à-dire lorsque le maïs a 11 à 12 feuilles, un épandage d’engrais doit s’effectuer. 150 kg d’urée à l’hectare. Et le sarclage se fait en même temps. Il y a ensuite l’étape d’émasculation du maïs à une ligne d’intervalle. En effet, au début de la sortie des panicules et avant l’épandage de pollens, on procède à l’émasculation du maïs à une ligne ou une plante d’intervalle. L’opération se fait par beau temps entre 9 h du matin et 16 h de l’après-midi. La dernière étape concerne la phase de la récolte et du stockage. Celle-ci se fait après le jaunissement des spathes de l’épi quand les grains sont devenus durs et luisants, que la ligne laiteuse a disparu et que la couche noire est apparue à la base du grain. Après la récolte, les épis doivent être déspathés, bien séchés et stockés en épis?
Actualités 23 nov. 2016

La COP 22 s’est achevée vendredi 18 novembre dernier sur des recommandations et directives. Brice Gérard Massessi, consultant en environnement les apprécie et fait des propositions pour susciter plus de ratifications.
La Nation : Le sommet de Marrakech a été pressenti comme sommet de l’action.
Brice Gérard MASSESSI : On peut le dire vu tous les engagements qui ont été pris par les chefs d’Etat, les gouvernements et les délégués rassemblés à Marrakech pour la 22e session de la conférence des Etats-parties sur les changements climatiques, une COP de transition consacrée à la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat adopté en décembre 2015. Il est aussi à noter que les règles d’application de l’accord y ont été définies afin que tout soit bouclé en 2018.
Quelles en ont été les grandes conclusions ?
Pour restituer quelques grandes lignes retenues suite aux informations sur les grandes conclusions de la COP 22, on peut retenir l’appel à l’engagement politique maximal de la communauté internationale contre le réchauffement climatique ; l’appel à accroitre de toute urgence l’ambition et à renforcer la coopération de la communauté internationale pour combler le fossé entre les émissions de gaz à effet de serre actuelles et ce qu’il faudrait faire pour limiter la hausse de la température moyenne sous les 2°Celsius afin de sauvegarder l’environnement pour les générations futures ; l’appel à une solidarité forte avec les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques tout en soulignant la nécessité d’appuyer les efforts visant à améliorer leur capacité d’adaptation, à renforcer leur résilience et à réduire leur vulnérabilité ; l’appel de toutes les parties à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et prendre des mesures rigoureuses pour faire face aux défis des changements climatiques dans le domaine de l’agriculture ;
L’appel à davantage d’action climatique et d’appui bien avant 2020, en prenant en compte les besoins spécifiques et les circonstances particulières des pays les moins avancés ainsi que ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques ; l’appel à tous les acteurs non étatiques à se joindre à la communauté pour une action et une mobilisation immédiate et ambitieuse, s’appuyant sur leurs importantes réalisations, notant les multiples initiatives et le partenariat de Marrakech pour l’action climatique globale lancé à Marrakech.
Les fruits ont-ils tenu la promesse des fleurs ?
Je commence par répondre en vous disant que quoi qu’on dise, il y a eu un élan extraordinaire en matière de lutte contre les changements climatiques un peu partout dans le monde. Ce qui est déjà soulageant et j’ajoute qu’il a été annoncé à la COP22 que l’élan en faveur du combat contre le réchauffement climatique est irréversible et qu’il n’est pas alimenté seulement par les gouvernements mais par la science, les entreprises et les actions mondiales à tous les niveaux.
Qu’est-ce qui a été retenu en termes d’adaptation et de projets d’atténuation ?
Ce que je peux dire à ce propos est qu’il a été retenu des projets d’installation de pompes solaires dans l’agriculture qui devraient être mis en œuvre en 2017 et d’autres projets consistant à renforcer la contribution des acteurs de la société civile à la mise en œuvre de solutions novatrices d’accès aux énergies renouvelables. C’est-à-dire des technologies à faible émission de carbone. Nous avons également des projets visant le renforcement de la résilience des écosystèmes et des populations vulnérables aux changements climatiques et pour finir des projets visant à informer, sensibiliser, communiquer et mobiliser en faveur de l’atténuation et de l’adaptation aux changements climatiques.
Et le financement ?
Parlant de financement, 10 milliards de dollars promis en 2015 lors de la COP21 pour le développement des énergies renouvelables en Afrique devraient financer dès cette année les premiers projets. Aussi est-il à rappeler qu’un partenariat entre le Maroc, l’Allemagne et le cabinet de Conseil américain WRI a été lancé avec un fonds de 50 millions d’Euros et se propose d’aider les pays en développement à mettre en œuvre leur plan national d’action climatique. L’autre chose est que à la COP22, les pays développés parties, ont réaffirmé leur objectif de mobiliser 100 milliards de dollars et ont fait appel à une augmentation des financements, des flux et de leur accès, conjointement avec une amélioration de la capacité et de la technologie y compris des pays développés vers les pays en développement. Pour finir il est à noter que parallèlement, Etats et partenaires ont annoncé des initiatives multiples dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique.
Combien d’Etats n’ont-ils pas encore ratifié l’accord de Paris ?
Je pense que sur les 180 Etats signataires, très peu ont ratifié l’accord de Paris sur le climat. Je n’ai pas le chiffre exact mais je crois que jusqu’à un passé récent, il n’y avait que 26 pays qui aient ratifié l’accord avec l’engagement de 34 pays à ratifier l’accord d’ici à la fin de l’année 2016. En effet, l’accord de Paris doit être ratifié par au moins 55 pays sur les 180 signataires et qui doivent totaliser 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais c’est déjà heureux de savoir que les deux plus grands pollueurs de la planète, à savoir la Chine avec 20% des émissions de gaz à effet de serre et les Etats-Unis pour 18% l’aient déjà fait. Nous espérons donc que beaucoup d’autres pays signataires leurs emboiteront le pas.
Que faire pour les inciter à le faire ?
D’abord, il faut que tous les Etats sachent et se convainquent de ce que le problème de réchauffement climatique est l’affaire de tous et non celui des Etats les plus exposés ou des Etats les plus responsables des émissions. Le moment est venu pour que nous nous mobilisions tous pour sauver notre planète. Apparemment, il y en a qui ont signé et qui ignorent qu’il faut ratifier. Il faut qu’ils sachent qu’ils doivent aller jusqu’au bout du processus et mettre véritablement en place les termes de l’accord. S’il le faut, faire comprendre par tous les moyens possibles à tous les Etats n’ayant pas encore ratifié le bien fondé de cet engagement qui reste un des plus grands défis de notre temps à relever pour un développement durable et un mieux-être des générations présentes et futures?
Propos recueillis par Didier Pascal DOGUE
Environnement 22 nov. 2016

La commission budgétaire de l’Assemblée nationale boucle ce mardi 22 novembre la phase d’audition des ministres et présidents d’institutions de la République par rapport à leurs projets de budget sectoriels gestion 2017. Mais avant, le médiateur de la République, la présidence de la République et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ont planché, lundi 21 novembre.
Le projet du budget du médiateur de la République gestion 2017 se chiffre à 339 308 000 F CFA. Joseph Gnonlonfoun a soumis les grandes orientations de ce budget à l’appréciation des députés membres de la Commission budgétaire de l’Assemblée nationale. Le médiateur de la République trouve ce budget « dérisoire» par rapport aux ambitions et défis de son institution. «Quand j’ai dit le montant du budget, les députés étaient étonnés puisque ce sont eux qui avaient voté le budget initial du médiateur de la République pour 2016 qui était d’un montant de
549 986 000 FCFA. Il est vrai qu’au niveau du collectif budgétaire de 2016, cela avait été diminué à
345 000 000 FCFA environ», souligne Joseph Gnonlonfoun. Il salue la clairvoyance des députés qui promettent de faire des amendements lors de l’examen du budget général de l’Etat pour augmenter ce montant. Le médiateur de la République déplore que le gouvernement ne soit pas partie du budget initial de 549 986 000 F CFA avant de confectionner le projet de budget 2017. «J’ai la confiance que le gouvernement et l’Assemblée nationale feront quelque chose pour qu’on puisse augmenter notre budget…», souhaite Joseph Gnonlonfoun. Le médiateur de la République a besoin des moyens conséquents pour atteindre ses objectifs et se faire davantage connaître. «Le problème de la méconnaissance du médiateur de la République ne relève pas tellement de nous. C’est parce que nous n’avons pas assez suffisamment de moyens. Et puis, nous avons des délégations régionales », répond Joseph Gnonlonfoun à la préoccupation de certains députés qui trouvent que l’institution ne communique pas assez sur elle. «Nous avons des délégations régionales en l’occurrence à Natitingou, à Parakou et à Lokossa. Il faut des moyens pour que ces délégations régionales se développent et travaillent de façon autonome », plaide le médiateur de la République.
11,8 milliards F CFA pour le cabinet de la présidence de la République
A la suite du ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki qui a présenté lundi 14 novembre dernier, le budget du secrétariat de la présidence de la République au titre de l’année 2017, le directeur de cabinet civil du chef de l’Etat, l’autre entité de la présidence de la République, a planché hier. Pascal Affo a dévoilé les grandes lignes du budget du cabinet du président de la République qui prend en compte celui des organismes rattachés à la présidence de la République.
Pour 2017, le cabinet aura à utiliser environ 11,8 milliards F CFA contre un peu plus de 15 milliards F CFA au titre de l’année 2016. Le président de la République, patron de l’administration de la présidence de la République a opté pour un budget d’austérité pour traduire en acte concret sa détermination de réduire le train de vie de l’Etat et de retirer de la présidence de la République un certain nombre de structures précédemment rattachées et qui peuvent s’avérer plus compétentes et plus utiles à la Nation si elles étaient rattachées à des ministères sectoriels, explique Pascal Affo. Les organismes directement rattachés à la présidence sont, entre autres, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), la Commission nationale de lutte contre le Sida (CNLS), l’Autorité de régulation de l’énergie (Are). Il y a une vingtaine d’organismes rattachés à la présidence de la République et qui sont distribués entre le secrétariat de la présidence de la République d’une part et le cabinet civil d’autre part, informe le directeur de cabinet civil. Le directeur de cabinet civil du chef de l’Etat rassure quant à certaines structures rattachées à la présidence de la République dont les députés ont relevé la modicité de leurs budgets. Pascal Affo promet qu’à l’occasion du prochain collectif budgétaire, il est possible qu’il leur soit alloué un peu plus de moyens pour qu’elles puissent jouer efficacement leur rôle et atteindre les objectifs à elles assignés.
Par rapport aux députés qui ont souhaité avoir une meilleure clarté des relations entre les deux pôles de la présidence de la République, Pascal Affo dit leur avoir expliqué qu’il s’agit «d’une phase transitoire au bout de laquelle il y aura comme une espèce d’harmonisation pour que la présidence de la République puisse demeurer une seule administration».

«Le budget de mon ministère est passé de 49 273 757000 FCFA en 2016 à 74 214 621000 FCFA en 2017», a révélé à la presse hier Odile Attanasso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à sa sortie des travaux avec la commission budgétaire de l’Assemblée nationale. Cette hausse s’explique par l’augmentation des dépenses d’investissements qui seront faits au niveau de toutes les universités publiques et par rapport à la création de la Cité internationale de l’innovation et du savoir, indique-t-elle.
Cette cité sera à l’image de ce qui se passe aux Etats-Unis avec la Silicone Valley qui allie la formation d’élites, la recherche, le développement et l’incubation, c'est-à-dire la formation des jeunes à l’entreprenariat. Au-delà de ce projet phare du gouvernement, ajoute le ministre, il est prévu la construction d’infrastructures pour les anciennes universités à savoir l’Université d’Abomey-Calavi et l’Université de Parakou, sans oublier les deux nouvelles universités thématiques qui seront également équipées. «Nous avons partagé ensemble avec les députés la préoccupation nationale : la formation des cadres de qualité que nous avons voulu transparaître à travers le resserrement de la carte universitaire, de manière à ce que l’Etat puisse faire la politique de ses moyens», a indiqué Odile Attanasso. Le ministre a rassuré la Représentation nationale de ce que son ministère se battra pour garantir une formation supérieure de qualité aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé.
Actualités 22 nov. 2016

En dépit des progrès de la science et particulièrement de la médecine conventionnelle, 80% de la population béninoise continue d’avoir recours à la médecine et à la pharmacopée traditionnelles pour venir à bout de diverses affections. En décidant de mettre en place dans un proche avenir un laboratoire de recherche et d’innovation de référence pour les médicaments à base de plantes, le gouvernement veut donner un coup de pouce à ce sous-secteur et mieux protéger la santé des populations. C’est ce que nous confirme le professeur Roch A. Houngnihin, coordonnateur du Programme national de la pharmacopée et de la médecine traditionnelles au ministère de la Santé.
La Nation : Monsieur le coordonnateur, comment se porte aujourd’hui le sous-secteur de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée au Bénin ?
Prof Roch A. Houngnihin : Rappelons tout d’abord que la médecine traditionnelle se rapporte à l’ensemble des connaissances, des produits et des pratiques médicinales utilisés pour diagnostiquer, traiter ou prévenir un déséquilibre physique, mental ou social et qui reposent sur les expériences antérieures et des observations transmises oralement de génération en génération, mais aujourd’hui, de plus en plus par écrit.
La médecine traditionnelle béninoise fait partie des plus riches du continent africain. D'une part, parce que le peuple béninois a su protéger jalousement ses pratiques ancestrales de guérison, transmises par ses sages respectés de tous. Ces pratiques constituent aujourd'hui un véritable patrimoine culturel et scientifique qui fait la spécificité de notre pays. D'autre part, du fait de la vivacité de ces pratiques, beaucoup de nos forêts sont restées intactes, en raison des divinités qu’elles abritent. Ces forêts renferment une grande diversité d'espèces végétales, animales ou minérales, et sont une source d'approvisionnement extrêmement importante pour de nombreux praticiens de la médecine traditionnelle.
Aujourd’hui, plus de 10500 tradipraticiens délivrent une grande partie des services de santé à 80% de la population. En appui au système de santé, ils font face à un accroissement des maladies chroniques (diabète, hypertension, cancers, etc.) concomitamment avec les maladies infectieuses et parasitaires persistantes (paludisme, tuberculose, Sida, etc.).
On peut donc dire que la médecine traditionnelle se porte relativement bien au Bénin. Cependant, de nombreux défis restent à relever, notamment en ce qui concerne la protection des propriétés intellectuelles et des connaissances, la collaboration avec les professionnels de la médecine conventionnelle, la prolifération des charlatans et la documentation des pratiques, que ce soit les pratiques en matière de médecine traditionnelle générale, de santé mentale, d’accouchement traditionnel, de traitement des fractures, de soins curatifs et préventifs, etc.
Le Conseil des ministres a décidé, en sa session du 04 novembre dernier, de mettre sur pied un comité chargé de l’élaboration du document de projet d’installation au Bénin d’un laboratoire de recherche et d’innovation de référence pour les médicaments à base de plantes. Quelles appréciations faites-vous de cette initiative ?
En réalité, il ne me revient pas de parler en détail de ce dossier, même si je le maîtrise dans une certaine mesure. Les voix les plus autorisées l’évoqueront certainement au moment opportun, en ce qui concerne ses articulations et les modalités de mise en œuvre. Cependant, en ma qualité de coordonnateur du Programme national de la pharmacopée et de la médecine traditionnelles (au ministère de la Santé), le gouvernement béninois m’a fait l’honneur de m’associer en tant que membre du Comité chargé de l’élaboration du projet d’installation d’un laboratoire de recherche et d’innovation de référence pour les médicaments à base de plantes au Bénin. Je profite de l’occasion que vous m’offrez pour dire qu’effectivement, un groupe restreint de travail multidisciplinaire a été commis par le président de la République, le président Patrice Talon dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de société.
Qu’il vous souvienne qu’au cours de la campagne électorale, le candidat Talon avait promis un laboratoire de référence en médecine traditionnelle au peuple béninois : c’est la concrétisation de cet engagement pris.
Une telle initiative se justifie par le fait que notre système de santé est confronté à la forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur en matière d’approvisionnement en médicaments essentiels, alors qu’il doit faire face aux maladies émergentes (diabète, hypertension, cancers, etc.) concomitamment avec les maladies « traditionnelles » (paludisme, tuberculose, sida, etc). Il est nécessaire d’examiner les possibilités offertes par la médecine traditionnelle qui demeure un secteur potentiellement riche et peu exploité, pour répondre à l’ampleur des besoins en matière de soins et de prévention, alors qu’aujourd’hui, on dispose de peu d’informations sur l’innocuité, l’efficacité et la qualité des remèdes à base de plantes. Les défis restent entiers pour rendre disponibles des traitements utiles et sans danger. Dans ce contexte, les risques associés aux recours à la médecine traditionnelle sont évidents ; ils se rapportent à une utilisation de produits de qualité non convenable ou médiocre et ayant des effets secondaires ou interactions thérapeutiques indésirables.
Conscient de cette situation, le président de la République a mis en place un comité coordonné par le ministre de la Santé, Dr Alassane Séidou et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Marie-Odile Attanasso chargé de l’élaboration du projet d’installation d’un laboratoire de recherche. Il est composé d’experts de différents profils : botanistes, microbiologistes, pharmaciens, médecins, anthropologues, chimistes et pharmacologues.
Ce laboratoire ambitionne de favoriser un usage correct des produits de qualité certifiée afin de réduire les risques associés aux médicaments à base de plantes, d’accompagner scientifiquement les acteurs de la médecine traditionnelle à mieux valoriser leurs connaissances et leurs produits et de faire de la pharmacopée béninoise un facteur de croissance économique et de bien-être social. J’insiste particulièrement sur le dernier objectif qui devra permettre aux tradipraticiens de vivre de leur métier.
La plupart des Béninois font recours aux produits de la pharmacopée pour traiter diverses maladies pourtant, ce sous-secteur ne semble pas occuper une place importante dans le système sanitaire béninois. Qu’est-ce qui justifie, selon vous, le peu d’intérêt que les pouvoirs publics ont accordé à la pharmacopée dans notre pays ?
Les pouvoirs publics ont toujours manifesté de l’intérêt pour la pharmacopée. En témoignent la mise en place d’un programme de la médecine traditionnelle et d’un budget annuel. Cet intérêt se trouve renforcé avec l’engagement du gouvernement actuel, à travers le projet de construction d’un laboratoire de référence.
Les interventions publiques couvrent plusieurs domaines dont la recherche, avec la mise en place de protocoles d'évaluation clinique, la mobilisation des ressources nationales (laboratoires, etc.) pour effectuer les analyses d'efficacité/innocuité/qualité des médicaments traditionnels, (ii) le renforcement des capacités des acteurs au travers des formations, (iii) la promotion des médicaments à base de plantes et leur contribution renforcée dans la lutte contre les maladies, grâce au développement des jardins de plantes médicinales, la création de centres pratiques de la médecine traditionnelle, la mise en place d'un système de surveillance épidémiologique au niveau des praticiens de la médecine traditionnelle, etc., (iv) l'amélioration du cadre juridique et réglementaire de la médecine traditionnelle et la protection des droits de propriété intellectuelle, etc.
Au Bénin, les efforts du ministère de la Santé ont permis d’organiser les acteurs au sein de l’Association nationale des praticiens de la médecine traditionnelle du Bénin (Anaprametrab), de mettre en place un cadre réglementaire pour la pratique de la médecine traditionnelle, d’élaborer un code de déontologie et des modules de formation à l’intention des praticiens, d’institutionnaliser un colloque annuel, de renforcer les capacités.
Aujourd’hui, la médecine traditionnelle marque son retour, en raison d’une combinaison de facteurs socioculturels, économiques et psychologiques. La pérennité de cette médecine réside dans ses caractéristiques spécifiques à savoir : son accessibilité, sa proximité géographique et culturelle, son caractère holistique, sa bonne couverture sanitaire, etc.
Bientôt la fin de la rivalité entre médecine moderne et médecine traditionnelle au Bénin ?
Il n’y a jamais eu de la rivalité entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle au Bénin. Il y a juste eu un déficit de communication et de collaboration. Cette situation se justifie par la faible connaissance du mode de fonctionnement des uns par les autres. En effet, la médecine conventionnelle et la médecine traditionnelle n'ont rien à voir en commun en ce qui concerne la perception de la maladie et de la guérison. Les méthodes qu'elles utilisent sont différentes. On ne peut donc pas chercher à comparer ces deux approches, et encore moins à vouloir que l'une prenne modèle sur l'autre. Elles doivent plutôt collaborer. On a déjà observé que face au développement de la médecine moderne ces dernières décennies, la médecine traditionnelle a su garder toute sa vivacité, et ses utilisateurs sont restés nombreux.
Ensuite, il faut rappeler que la médecine traditionnelle s'occupe également de problèmes de santé qui sortent du cadre des maladies purement physiques. Son champ d'action couvre des domaines que la médecine moderne n’aborde pas.
Dans ce sens, depuis quelques années, nous avons développé des formations qui ont renforcé la collaboration. Aujourd’hui, de nombreux médicaments à base de plantes se retrouvent dans toutes les officines de pharmacies du Bénin. La réglementation concernant la protection de la propriété intellectuelle et des connaissances locales sur les pratiques et produits traditionnels a été améliorée, de sorte que les praticiens acceptent de mieux en mieux de partager leurs savoirs en la matière.
Le ministère de la Santé poursuivra donc ses efforts pour mettre en application le cadre réglementaire de la médecine traditionnelle et élaborer une base de données informatisée de la pharmacopée traditionnelle béninoise. C'est pourquoi, je ne me fais pas de souci quant au devenir de la médecine béninoise dont l’importance s'accroît, aujourd’hui?
Propos recueillis par Reine AZIFAN
Santé 22 nov. 2016

Trois ans après le décès de Me Zakari Djibril Sambaou, une fondation portant son nom est née et fait sa première sortie officielle. Le lancement officiel, samedi 19 novembre dernier, des activités de cette structure destinée à pérenniser l’œuvre et le combat de l’avocat des sans voix et des opprimés, s’est doublé du lancement d’un recueil de témoignages intitulé « Et le ciel s’est assombri !»
19 novembre 2013 - 19 novembre 2016. Trois ans déjà que Me Zakari Djibril Sambaou, avocat au barreau béninois est décédé. Pour ne pas laisser mourir son œuvre et son combat pour «les sans voix et les opprimés», ses proches ont procédé au lancement des activités de la Fondation Zakari Djibril Sambaou «Droits de l’homme, justice et paix».
Au cours de la cérémonie de lancement des activités, Lisette Houénou de Dravo Sambaou, présidente de la fondation, a évoqué la douleur laissée par la disparition de son époux aussi bien à son niveau qu’au niveau des populations. Il a été un avocat qui s’est battu contre la révision opportuniste de la Constitution, en tant que coordonnateur du mouvement «Mercredi rouge » et autres, rappelle-t-elle. Mais cette douleur, a-t-elle fait savoir, s’est cristallisée en une force pour poursuivre l’œuvre du défunt. Son époux, au vu de ses actions et prises de position, apparaît comme un condamné à perpétuité pour la défense des nobles causes de l’humanité, laisse-t-elle entendre. C’est pourquoi cette fondation portant son nom est créée avec des objectifs allant dans le sens de la défense des droits de l’Homme. Entre autres, il s’agit de défendre les droits de l’Homme, de promouvoir les devoirs de l’Homme ; de protéger les droits des handicapés, des mineurs et des femmes, d’améliorer les conditions de vie des prisonniers surtout des femmes et des mineurs ; de s’engager à défendre partout où besoin sera la démocratie et la bonne gouvernance au Bénin, en Afrique et dans le monde. En termes d’actions, il faut noter que la fondation prévoit de contribuer au désengorgement des prisons civiles au Bénin, d’améliorer les conditions de vie et de traitement des dossiers des détenus devant les juridictions, l’aménagement des espaces sportifs en milieu carcéral, l’appui éducatif, professionnel et médical aux détenus surtout indigents pour leur insertion sociale, des dons de matériel aux maisons d’arrêt. Elle compte également construire des écoles dans les maisons d’arrêt du Bénin, une maison d’accueil des détenus ayant purgé leur peine.
Pour sa part, Inès Hadonou Toffoun, représentante du garde des Sceaux, reconnaît la pertinence de ces objectifs et assure qu’ils correspondent aux attributions du ministère de la Justice. Aussi, entrevoit-elle à travers la jeune fondation une partenaire. Le représentant du ministre des Sports, Bellarminus Kakpovi, promet que son ministère ne marchandera pas son appui à la fondation pour la construction des espaces sportifs en milieu carcéral.
Au nom de la corporation des avocats, Me Serge Pognon, est revenu sur la vie de son confrère avant de souhaiter que la fondation ne soit pas une coquille vide mais qu’elle immortalise vraiment son œuvre et son combat.
Il faut noter qu’à l’occasion, un documentaire de 13 min a été projeté sur la vie de Me Zakari Djibril Sambaou. De quoi donner de vives émotions ! De même, un recueil de témoignages intitulé «Et le ciel s’est assombri !»préfacé par le professeur Albert Tévoédjrè a été lancé avec l’annonce de la sortie prochaine d’un documentaire de 52 min sur la vie de «l’avocat des sans voix et des opprimés».

Du 23 au 25 novembre prochain, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) organisera ses premières journées portes ouvertes. Dans le cadre des préparatifs de l’événement, Félix Adimi, conseiller chargé des Relations publiques et de la Communication, a rencontré, vendredi 18 novembre dernier, les responsables d’organes de presse et les associations professionnelles des médias pour des échanges sur l’organisation.
La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) s’apprête à se donner plus de visibilité au sein de l’opinion publique. C’est à travers les journées portes ouvertes que l’institution projette d’organiser du 23 au 25 novembre prochain.
En prélude à cet événement, Félix Adimi, conseiller chargé des Relations publiques et de la communication, a rencontré les responsables d’organes de presse et les associations professionnelles des médias pour des échanges sur l’organisation. Selon lui, les manifestations sont motivées par la nécessité de mieux faire connaître la Haac au public. Le projet est né du constat que l’opinion a une fausse image de l’institution. « La Haac, c’est la hache. La Haac, c’est un couvent où des décisions sont prises pour assommer la presse», ironise Félix Adimi pour rendre compte des préjugés et autres conceptions erronées au sujet de l’institution et de sa mission. Mais cette image n’est pas conforme aux dispositions de la Constitution du 11 décembre 1990 ni à la loi organique de la Haac.
Ces textes indiquent que la Haac a trois missions essentielles. La première, c’est de garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse. La deuxième, c’est de veiller au respect de la déontologie en matière d’information. La troisième mission, quant à elle, consiste à garantir l’accès équitable des partis politiques, des associations, des citoyens et des institutions de la République aux organes et aux médias de service public. A en croire Félix Adimi, ce sont ces missions qui seront expliquées à travers les attributions des différents services et directions de la Haac. «A l’occasion de ces trois journées portes ouvertes, nous devons restituer la vraie image de la Haac au sein de l’opinion publique», assure le conseiller chargé des Relations publiques et de la Communication. S’agissant du programme des journées portes ouvertes, il annonce que deux communications sont prévues. De même, parole sera donnée aux directeurs pour faire connaître les activités de leurs directions dans le cadre des attributions et missions de la Haac. Des stands seront installés pour que les visiteurs puissent s’informer sur tout ce qui se passe au sein de l’institution.
Pour la réussite de cette manifestation, la Haac a besoin des organes de presse et des associations professionnelles des médias. Les représentants de ceux-ci présents à la séance saluent l’initiative et promettent jouer leur partition.

Le Conseil des ministres du vendredi 18 novembre dernier a décidé de concevoir un projet Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH). Lequel sera une combinaison de services de protection sociale aux populations.
Le ministre d’Etat secrétaire général à la présidence de la République a souligné à la suite du Conseil des ministres, au cours de son point de presse du vendredi 18 novembre dernier, que le dispositif actuel de protection sociale au Bénin révèle que «seulement 8,4 % de la population sont couvertes par l’assurance maladie» et qu’aucun «mécanisme de protection sociale n’existe pour les acteurs du secteur informel, qui représentent 95 % de la population active». Préoccupé par une telle situation de vulnérabilité des populations, le gouvernement, indique-t-il, «envisage de reconstruire le système de protection sociale dans une perspective de renforcement du capital humain».
Le Conseil des ministres a donc décidé de concevoir un projet « Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH), qui sera une combinaison de services de protection sociale aux populations. « Ces services comprendront l’assurance maladie, la formation, le crédit, la retraite et divers filets sociaux, et seront gérés par une agence nationale de protection sociale et des agences départementales, dans une approche de faire-faire et de recours à des partenariats public-privé », a expliqué le ministre d’Etat. Pour ce qui concerne les bénéficiaires de ces services, ils seront pré-identifiés dans la base nationale de données biométriques qui elle sera réalisée en 2017. « Pour engager la traduction de cette volonté du gouvernement dans les faits, le Conseil a adopté un décret portant création d’un Comité national de pilotage. Sa mission est d’élaborer le document du projet et de définir un mécanisme global de protection sociale permettant aux artisans, transporteurs, commerçants, artistes et agriculteurs d’accéder aux services sociaux de base à fournir par l’Agence nationale de protection sociale à des coûts réduits.
Autres décisions importantes
D’autres sujets importants abordés au cours du Conseil des ministres ont été révélés par le ministre d’Etat au cours de son point de presse. Il s’agit primo, de la mise en place du Comité technique d’orientation et de supervision de la réalisation du cadastre national. En effet, le 12 octobre dernier, le gouvernement avait autorisé la mise en place du projet de plan directeur pour la réalisation du cadastre national. Pour la mise en œuvre de cette décision et la coordination des travaux de méthodologie et d’opérationnalisation du cadastre, il apparaît nécessaire, retient Pascal Irénée Koupaki, de mettre en place un Comité technique d’orientation et de supervision. Ce qu’a fait le gouvernement à travers la prise d’un décret.
Secundo, et dans le cadre de la promotion de l’hôtellerie mobile au Bénin, le ministre du Tourisme et de la Culture a été instruit pour élaborer un cahier de charges fixant les conditions générales pour exercer l’activité de l’hôtellerie mobile au Bénin. Ceci, dans la perspective d’améliorer les infrastructures d’accueil dans le secteur ?

Les dysfonctionnements observés au niveau de la sécurité dans les aéroports du Bénin deviendront sous peu un souvenir lointain. Le gouvernement fait désormais l’option d’améliorer la sécurité en modernisant le système de contrôle aux frontières des aéroports.
Plus rien ne sera comme avant en ce qui concerne la sécurité aéroportuaire au Bénin. Le Conseil des ministres du vendredi 18 novembre dernier a approuvé « le projet de concession pour la sécurisation des aéroports du Bénin ». Il a aussi autorisé les ministres en charge des Infrastructures, de la Sécurité publique et de l’Economie, à signer un contrat de concession avec la société Morpho Dys. Ce partenariat consacrera la délégation de service public portant sur la constitution, la formation, la maintenance et l’assistance à l’exploitation du système de contrôle des entrées et sorties pour l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cadjèhoun (Cotonou) dans l’esprit de l’article 20 de la loi du 24 octobre dernier portant cadre juridique du partenariat public-privé.
Mais bien plus qu’une simple signature de contrat et une délégation de pouvoir, c’est la sécurité dans les aéroports qui préoccupe le gouvernement. Selon le ministre d’Etat, cela est apparue nécessaire en raison des dysfonctionnements enregistrés. Aussi, cette option participe-t-elle, à l’en croire, du renforcement de la sécurité des opérations de contrôle des entrées et sorties des voyageurs effectuées dans les aéroports pour automatiser les procédures et améliorer la qualité et la précision du contrôle.
«Le Conseil a fait l’option de confier à un concessionnaire la tâche de proposer une solution biométrique, d’acquérir et de financer le matériel, d’installer le système qui sera exploité par l’Etat et ses services habilités, notamment ceux en charge de la sécurité des biens et des personnes. Ce concessionnaire assurera également la formation et la maintenance du système», a précisé le ministre d’Etat au cours de son point de presse. Plusieurs sociétés auraient manifesté leur intérêt au projet, mais le choix a été porté sur Morpho Dys qui, elle, disposerait des capacités techniques et financières nécessaires pour satisfaire à toutes responsabilités associées à la mise en place du système de contrôle au profit de l’Etat, dans le cadre d’une modalité de Construction-Exploitation-Transfert (CET/BOT), donc d’une délégation de service public. Cette société, précise le ministre Pascal Irénée Koupaki, propose un système biométrique à base d’empreintes digitales et de reconnaissance faciale qui comportera aussi des logiciels et des matériels informatiques permettant de traiter des données personnelles de natures diverses concernant l’ensemble des passagers. Ces données seront conservées dans une base centralisée et évolutive, propriété de l’Etat et sera hébergée au Bénin.