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A l’occasion de l’examen du vingt-quatrième dossier inscrit au rôle de la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou, ce lundi 13 août, la cour a simplement accédé à la demande de report sollicitée par Me Théodore Zinflou. L’examen de l’affaire est reporté au 23 août prochain pour le respect des droits de la défense et une bonne administration de la justice.
Pour l’affaire d’association de malfaiteurs et de vol à main armée inscrite comme vingt-quatrième dossier à traiter pour la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou, la cour a décidé d’un report de son examen. Un report qui fait suite à une demande qu’a formulée dans ce sens Me Théodore Zinflou, commis d’office aux intérêts de Gilbert Honvou, l’un des quatre accusés poursuivis et cités dans l’arrêt de renvoi.
Les quatre accusés ont noms : Gilbert Honvou, Félix Mikinhouéssè, Atèmènou Adrien Sognidé et Yessoufou Mitchodigni. Les deux derniers ne se sont pas présentés. Ils avaient bénéficié d’une mesure de liberté provisoire, l’ordonnance de prise de corps n’a pu leur être signifiée. La présidente de la cour ayant fait le constat de leur absence a demandé au ministère public de donner son avis.
Pour le représentant du ministère public, la situation des deux accusés absents pose l’éternel problème de la garantie de représentation des bénéficiaires de mesures de liberté provisoire. Il regrette leur absence et propose qu’on leur accorde une chance en disjoignant leurs cas de ceux de leurs acolytes présents. Cela participe, selon lui, d’une bonne administration de la justice.
Me Théodore Zinflou représentant la défense commise aux intérêts de Gilbert Honvou, a fait remarquer qu’il sollicite plutôt un report dans la mesure où l’accusé Félix Mikinhouéssè présent dans le box n’a pas d’avocat. Par souci de conciliation, la défense pense qu’il ne serait pas intéressant et avantageux de saucissonner la décision qui sera rendue. Car, argumente-t-il, il faut un minimum de quinze jours pour un avocat pour prendre utilement et efficacement un dossier. Ce qui n’est pas le cas dans l’espèce soumise à examen pour l’accusé Félix Mikinhouéssè.
Me Jean-Claude Gbogblénou présent hier a été contraint au silence pour raison d’absence d’accusé à défendre. Or, selon les explications de Me Théodore Zinflou, les droits de la défense méritent et requièrent d’être respectés. Ce que reconnaît humblement le ministère public qui déclare s’associer aux observations de la défense relatives à un report.
La cour se retire et, dans un arrêt de renvoi, motive sa décision sur la demande de report de Me Théodore Zinflou à laquelle le ministère public s’est associé. Elle déclare également s’appuyer sur le respect des droits de la défense, raison pour laquelle elle a fixé le renvoi au 23 août contrairement au 21 août sollicité par la défense.
Les jurés n’ont même pas été appelés pour les formalités protocolaires de présence habituellement d’usage?
Composition de la cour
Président : Marie Soudé Godonou
Assesseurs: Victor Fatindé et Edmond Ahouansou
Ministère public : Raymond Godémin
Greffier: Me Louis Houngbo

Le Bénin a célébré la neuvième édition de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local, le vendredi 10 août dernier. Les manifestations prévues à cet effet ont eu pour cadre la salle de conférences de la mairie de Cotonou, en présence des acteurs de la société civile, des élus locaux et communaux ainsi que des autorités du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. Une occasion d’échanges sur les mécanismes de lutte contre la corruption au niveau local.
Les réflexions au cours de l’édition 2018 de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local ont porté sur le thème « La lutte contre la corruption au niveau local, une voie durable pour transformer l’Afrique à partir de ses territoires». Ce thème a été adopté par le Comité technique spécialisé n°8 de l’Union africaine qui a aussi retenu deux sous thèmes à savoir « Corruption et conflits d’intérêt dans la gestion des affaires locales : un frein à la fourniture des services de base aux populations locales, à la justice et la paix sociale » et « Bonne gouvernance locale et promotion du rôle de la société civile et des médias : gage de succès pour la lutte contre la corruption dans les territoires ».
En évoquant l’intérêt de ce thème, le directeur général de la collectivité locale, Abasse
Olossoumaré a affirmé que : «Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, soucieux du handicap que constitue la corruption pour le développement du continent, ont décidé d’organiser une croisade contre ce fléau et de placer l’année 2018 sous le signe de la lutte contre la corruption ». D’après lui, non seulement la corruption est un phénomène social, politique, économique complexe qui touche tous les pays, mais également elle sape toutes les institutions démocratiques, ralentit le développement économique et contribue à l’instabilité gouvernementale. Les acteurs politiques sont conscients que près de 60 % des objectifs de développement durable doivent être mis en œuvre au niveau local, a informé le directeur général de la Collectivité locale. Mais ce niveau de gouvernance en Afrique n’est ni épargné, ni à l’abri du phénomène de la corruption avec ses méfaits, a-t-il souligné.
L’objectif de cette journée n’est pas de faire le procès de la mal gouvernance au niveau des collectivités territoriales, mais c'est un moment de sensibilisation et de conscientisation de tous les acteurs des territoires sur leurs obligations de reddition de compte dans l’exercice et ou à l’occasion de l’exercice de leur fonction.
Transparence dans la gestion locale
Travailler à mettre en œuvre au niveau des collectivités territoriales africaines, les différents instruments et engagements pris, tant au niveau mondial qu’au niveau africain concernant la prévention et la lutte contre la corruption ainsi que la promotion de la transparence et de l’intégralité dans la gouvernance des territoires. C’est une option faite par le comité, en tant que plateforme intergouvernementale en Afrique de la décentralisation, du service public et du développement urbain. Au Bénin, informe le directeur de cabinet du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Noël
Ayitchékpo Gankpé, il est impératif de veiller à la promotion de la gouvernance transparente et à l’éthique au niveau des collectivités territoriales. « La qualité de la gouvernance locale peut contribuer à relever les défis de développement si le respect des procédures est observé dans les actes de gestion des collectivités territoriales avec un renforcement des contrôles assortis des mesures de sanctions », a-t-il affirmé. Présent aux travaux, le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc), Jean-Baptiste Elias, s’est désolé de la propension du conflit d’intérêts qui gangrène l’administration locale, avec à la clé la création d’entreprises par certains élus qui s’arrogent tous les marchés publics.
Le directeur de cabinet du ministre a souligné que le gouvernement est respectueux de ses engagements internationaux en inscrivant la lutte contre la corruption au cœur de ses politiques et programmes de développement. Aussi, a-t-il mis à la charge des élus locaux l’obligation d’une gestion transparente des collectivités territoriales ainsi que des mécanismes nécessaires de leur bonne gestion.

C’est d’une affaire d’association de malfaiteurs et vol à main armée que la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a connu, ce jeudi 9 août, pour le compte du vingt-et-unième dossier au rôle de sa session supplémentaire au titre de 2018. Les accusés Frédéric Kam Toké (Ivoirien), Evariste Oumar Tessigué (Malien), Amadou Mahama (Nigérien) et Ahmed Fofana (Guinéen) - les deux derniers prévenus condamnés à la perpétuité dans un procès la veille pour les mêmes crimes - ont été reconnus coupables. Frédéric Kam Toké, Amadou Mahama et Ahmed Fofana écopent de 20 ans de travaux forcés et Evariste Oumar Tessigué, 12 ans.
Vingt ans de travaux forcés pour Frédéric Kam Toké, Amadou Mahama et Ahmed Fofana et 12 pour Evariste Oumar Tessigué. C’est le verdict qui a sanctionné l’examen du 21e dossier de la session supplémentaire de la première session de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou pour des faits d’association de malfaiteurs et vol à main armée .
Sur les quatre accusés Frédéric Kam Toké (Ivoirien), Evariste Oumar Tessigué (Malien), Amadou Mahama (Nigérien) et Ahmed Fofana (Guinéen) poursuivis pour association de malfaiteurs et vol à main armée, seuls le premier et le deuxième ont reconnu les faits même s’il faut signaler qu’ils ont varié quelque peu par rapport à leurs déclarations antérieures et se contredisent entre eux à la barre. Mais Evariste Oumar (Malien) a précisé qu’il a quitté la Côte d’Ivoire pour le Bénin pour une opportunité d’affaires dont Frédéric Kam Toké (Ivoirien) lui aurait parlé. En lieu et place de cette opportunité, il se serait aperçu que ce dernier et ses amis font des braquages. C’est ainsi qu’il a été embarqué dans l’attaque de l’agence de voyage Cbm à Cotonou sans savoir auparavant de quoi il s’agissait. Selon lui, il était resté sur une moto devant l’agence et après l’opération, il a reçu la somme de 110 000 F Cfa. Il a reconnu aussi que le groupe détient quatre armes à feu avec munitions. Ces armes, dit-il, lui sont remises par Frédéric Kam Toké. Difficilement, il a avoué savoir ce à quoi servent les armes.
Pour sa part, Frédéric Kam Toké s’inscrit en faux contre ces allégations d’Evariste. Il ne reconnaît pas lui avoir remis le sac contenant les armes. Selon lui, les armes et les munitions appartiennent à un certain Ayouba. Précisant le rôle qu’il joue dans la bande, il a révélé qu’il allait dans les agences demander le prix du billet d’avion au niveau des agences et ainsi les autres membres interviennent pour opérer.
Mais les deux sont unanimes pour affirmer qu’avant leur présentation au juge d’instruction, les deux autres accusés leur ont demandé de les disculper et qu’à leur sortie, ils les aideraient à sortir à leur tour. Ce que les intéressés ont réfuté.
Ahmed Fofana alias Frappeur qui a fini par révéler son vrai nom à la barre (Naïny Kaba) n’a jamais reconnu les faits. A toutes les questions de la cour pour savoir la vérité sur sa participation dans les braquages, il a répondu par la négative. Même système de défense chez Amadou Mahama.
Confondus par les victimes
Des victimes Aristide F. Akpo (fonctionnaire de police), Flora P. Délou et sa collègue Pauline Agodomè de l’agence Cbm voyage ont reconnu Frédéric Kam Toké comme faisant partie des braqueurs le 17 mai 2010 à Kouhounou. Le gérant de l’auberge « La Cachette », Bienvenu Akodjètin, l’a aussi reconnu comme ayant pris chambre dans son établissement et ayant amené trois autres amis à lui.
Dans son réquisitoire, le ministère public a fait observer que la voie socialement admise pour tutoyer la richesse est le travail. Et selon lui, c’est ce que Dieu a dit : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front ». Mais certains choisissent d’aller contre cette prescription divine en usant de tous les moyens non recommandables. C’est le cas des membres de cette bande qui a jeté, poursuit-il, son dévolu sur le braquage des agences de voyage. Leur mode opératoire, indique-t-il, consiste à envoyer Frédéric Kam Toké demander le prix du billet d’avion et par la suite à braquer les agents pour voler des numéraires, portables, ordinateurs et autres.
Pour le ministère public, les crimes d’association de malfaiteurs est constitué. Il le définit comme une organisation structurée, hiérarchisée dont l’objectif est de porter préjudice aux personnes et à leurs biens. (Articles 265, 266 et 267 du Code pénal). Au sujet du vol à main armée, il démontre qu’il est aussi constitué. Il consiste à soutirer frauduleusement les biens d’autrui avec cette circonstance que les auteurs font usage d’arme apparente ou cachée. Dans le cas d’espèce, il tire moyen des armes retrouvées sur eux (les quatre pistolets automatiques) et dont ils font usage lors de braquages. (Article 381 alinéa 1 du code pénal).
Sur la base de ces moyens, il requiert que la cour les retienne dans les liens des deux infractions et de les condamner à la réclusion criminelle à perpétuité.
Des conseils plaident en vain !
Cette réquisition n’est pas du goût des avocats de la défense. Tour à tour, Me Narcisse C. Atoun pour le compte de Naïny Kaba, Pacôme Koundé pour Amadou Mahama, Me Friggens Adjavon pour Frédéric Kam Toké et Me Magloire Gnansounou pour Evariste Oumar Tessigué sont intervenus pour faire des observations et plaider. De façon globale, ils demandent à la cour de faire la part des choses quand elle entrera en condamnation.
« Ne mettez pas tout le monde dans le même panier », exhorte Me Narcisse C. Atoun. Selon lui, il y a doute sur la participation de son client Naïny Kaba (Fofana). Ce dernier, soutient-il, n’a pas varié depuis l’enquête préliminaire jusqu’à la barre. Même sa condamnation aux travaux forcés à perpétuité pour des infractions similaires, la veille (mercredi 8 août 2018) ne signifie pas qu’il soit impliqué dans ce cas. Mieux, insiste-t-il, aucun témoin ne l’a reconnu. Alors, il plaide son acquittement au bénéfice du doute.
De même, Me Pacôme Koundé indique que son client Amadou Mahama (condamné aussi la veille) « ne fait pas partie de ce gang ». Comme son confrère, il demande de l’acquitter au bénéfice du doute.
Pour sa part, Me Friggens Adjavon demande à la cour de tenir compte de la personnalité de son client Frédéric Kam Toké qui a reconnu les faits tout en précisant son degré d’implication dans la commission des infractions. Il plaide donc coupable et demande à la cour de prendre en compte sa constance, sa coopération depuis le début de la procédure. Pour lui, « la réclusion criminelle à perpétuité n’est que la peine de mort voilée ». « Soyez miséricordieux en le condamnant au temps déjà passé en détention », implore-t-il.
A son tour, me Magloire Gansounou fait observer que « Mieux vaut mille coupables en liberté qu’un innocent en prison ». Son client est, soutient-il, innocent. Selon lui, la bande voulait initier Evariste Oumar Tessigué qui ne savait rien de ses activités. « Les autres font les opérations sans lui. Ils le laissent à la porte », explique-t-il. Dès lors, il plaide son acquittement pur et simple.
Après en avoir délibéré, la cour les déclare tous coupables d’association de malfaiteurs et de vol à main armée. Elle condamne Ahmed Fofana alias Frappeur (de son vrai nom Naïny Kaba) et Amadou Mahama (Nigérien) et Frédéric Kam Toké à 20 ans de travaux forcés ; et Evariste Oumar Tessigué à 12 ans de travaux forcés.
En civil, la cour condamne les accusés à payer 250 000 F Cfa à Aristide F. Akpo pour son portable ; 140 000 à Flora P. Délou pour ses portables et 50 000 F Cfa à Pauline Agodomè?
Les faits
Les 17 mai 2010, 21 décembre 2011 et 9 janvier 2012, des groupes d’individus munis d’armes à feu ont fait irruption respectivement dans les agences de voyages Cbm Voyage, Shivam Travels et Patop Voyage à Cotonou. Suivant un mode opératoire identique consistant à tenir en respect les agents et toutes les personnes présentes par des armes et à les immobiliser avec des bandes adhésives, ces individus ont réussi, à chacun des coups perpétrés en pleine journée, à emporter des numéraires et divers objets précieux.
Le 27 janvier 2012, sur la foi des informations faisant état de ce qu’un groupe de malfaiteurs serait logé à l’hôtel « Le Gîte et Couvert », détiendrait de munitions et d’armes à feu et s’apprêterait à attaquer des institutions financières de la place, la police y a fait une descente et a interpellé Oumar Evariste Tessigué. La fouille opérée dans sa chambre d’hôtel a permis de découvrir quatre pistolets automatiques, cinquante-neuf cartouches de calibre 9 millimètres, des talismans, un rouleau de bande adhésive entamé, des téléphones portables et d’autres effets.
Sur les indications d’Oumar Evariste Tessigué, l’équipe de la police s’est rendue à l’hôtel « La cachette » où Frédéric Kam Toké, Adrien Appe et Amadou Mahama ont été appréhendés. D’autres investigations ont permis d’atteindre Ahmed Fofana alias Frappeur, Falilatou Issa et Sandrine Bakaban.
Frédéric Kam Toké, Oumar Evariste Tessigué, Adrien Appe et Amadou Mahama, Ahmed Fofana alias frappeur, Falilatou Issa et Sandrine Bakaban ont été alors tous inculpés pour des crimes d’association de malfaiteurs et vol à main armée.
Mais Adrien Appe, Falilatou Issa et Sandrine Bakaban ont bénéficié de non-lieu.
Les bulletins n°1 des casiers judiciaires des accusés ne portent mention d’aucune condamnation antérieure. L’enquête de moralité leur est favorable.
Il ressort des rapports d’expertise médico-psychologique que les facultés mentales et intellectuelles des accusés ne sont pas altérées.
Composition de la cour
Président : Georges Toumatou
Assesseurs : Marie Soudé Godonou et Hamzath Gauthé
Jurés : Proper Coffi Gbèdandé ; Pélagie Lokossou ; Andréa Bachioumba et Marie-Marguerite Nouhoumon
Ministère public : Florentin Gbodou
Greffier : Théogène Zounchékon

La cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou en sa première session supplémentaire de 2018 a connu de son vingtième dossier, ce mercredi 8 août. Poursuivis pour association de malfaiteurs et vol à main armée, les accusés Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed, Naïny Kaba alias Fofana Ahmed et Mamoudou Kondé ont été reconnus coupables et condamnés à la peine de travaux forcés à perpétuité.
La sentence des travaux forcés à perpétuité a été accueillie avec beaucoup de peine par les trois accusés Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed, Naïny Kaba alias Fofana Ahmed et Mamoudou Kondé. Même sentiment pour leurs conseils respectifs Me Lionel Agbo, Me Jean-Claude Gbogblénou et Me Pacôme Koundé. Les accusés ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs et de vol à main armée perpétrés en avril, juin, août, septembre et octobre 2013 à Cotonou et Godomey.
Au cours de l’instruction à la barre, chacun des trois accusés s’est expliqué sur son degré d’implication dans les faits qui leur sont reprochés. Ils ont tous reconnu les faits pour lesquels ils sont poursuivis. Mais sur les sept cas de braquages, Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed, Naïny Kaba alias Fofana Ahmed ont reconnu n’avoir participé qu’à deux braquages (Godomey et Akpakpa) contrairement à Mamoudou Kondé qui, lui, n’a reconnu que celui d’Akpakpa.
Cette version servie par les accusés n’a pas eu l’assentiment de la cour ni du ministère public. Aussi, ont-ils sondé grâce aux multiples questions administrées au sujet du nombre de braquages signés, l’existence de leur groupe et sur le mode opératoire. Leurs réponses sont constantes : deux pour Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed, Naïny Kaba alias Fofana Ahmed et un pour Mamoudou Kondé. Alors le ministère public oppose à Naïny Kaba un extrait de ses déclarations lors de l’enquête préliminaire où il a reconnu avoir pris part à trois différents braquages. Pour établir l’infraction d’association de malfaiteurs, la cour a cherché à comprendre comment ils se sont connus. A cette question, Naïny répond que c’est en prison. Et Kondé de répondre que c’est Naïny Kaba qui lui a présenté Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed.
Appelé à la barre, Marius Hountondji, gérant de la société Ammalis Group décrit la scène du braquage dont il a été victime le 28 août 2013 aux environs de 10 heures. A l’occasion, raconte-t-il, il a été dépouillé de tous ses articles qu’il pourrait évaluer à 5 millions de F Cfa. Selon lui, ils étaient venus en groupe. Certains au dehors et deux à l’intérieur dont Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed à l’entrée de la boutique. Ce dernier aurait porté une d’arme comme son second. Ils se sont présentés comme des clients et ont choisi d’acheter une console de jeu. Au moment de leur établir la facture, ils auraient pointé les armes sur lui et sa caissière pour les confiner dans les toilettes, le temps pour eux de vider la boutique. En dehors de Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed, la victime reconnaît Sawadogo en cavale dont le portrait physique qu’il dresse correspond à la description faite par Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed. Mais la cour trouve curieux que cet accusé avance qu’il n’a pas opéré chez Marius Hountondji.
Subir la rigueur de la loi
Dans ses réquisitions, le ministère public, après avoir rappelé les faits, soutient que les accusés sont auteurs de plusieurs braquages d’avril à octobre 2013 et semaient la terreur à Cotonou dont les populations vivaient dans la psychose.
L’avocat général définit l’infraction d’association de malfaiteurs comme une entente entre deux ou plusieurs personnes dans une intention malveillante, à savoir attenter aux biens d’autrui ou aux personnes. Selon lui, ce crime est constitué à l’encontre des accusés. Il s’agit d’un crime prévu et puni par les articles 265 à 267 du Code pénal, précise-t-il.
Quant au vol à main armée, il le retient aussi contre les prévenus. Il le définit comme la soustraction frauduleuse des biens d’autrui avec cette circonstance d’avoir fait usage d’une arme. Dans le cas d’espèce, dit-il, il s’agit de deux pistolets. Cette infraction est constituée et est prévue et punie par l’article 381 du Code pénal. Attirant l’attention de la cour sur la dangerosité de cette bande, le ministère public a fait savoir que ce jeudi 9 août, deux d’entre eux comparaîtront pour les mêmes chefs d’accusation. Il requiert de les déclarer coupables du crime d’association de malfaiteurs et de les condamner aux travaux forcés à perpétuité.
Pour le compte de Mamadou Kondé, Me Pacôme Koundé relève que l’association de malfaiteurs n’est pas constituée à l’encontre de son client. Selon lui, Kondé a été sollicité ponctuellement. Mieux, poursuit-il, il ne saurait être retenu dans les liens du vol à main armée. « Kondé n’était pas sur les lieux du braquage de Godomey », rappelle l’avocat. Il relève aussi la non comparution des victimes et indique que rien au dossier ne prouve que les sociétés citées sont vraiment victimes. Alors, il plaide l’acquittement de son client pour l’association de malfaiteurs. Et pour le vol à main armée, il demande à la cour de tenir compte de son degré d’implication limitée pour faire preuve de clémence envers lui.
Me Jean-Claude Gbogblénou agissant pour les intérêts de Naïny Kaba alias Fofana Ahmed, indique que son client n’a pas reconnu le braquage de Godomey. « On ne peut pas l’impliquer dans ce qu’il n’a pas fait », suggère-t-il. Se référant à l’enquête de moralité, il note qu’il n’est pas alcoolique, ne fréquente pas des milieux douteux. « Il regrette ses actes et demande pardon à la justice », insiste-t-il.
Pour sa part, Me Lionel Agbo officiant pour le compte de Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed, invite la cour à considérer le contexte générateur des faits de la cause. Comme ses confrères, il dira que l’on ne peut pas imputer à son protégé les faits dont il n’est pas responsable. « Il n’a reconnu que deux cas », souligne Me Agbo. Réagissant par rapport au crime d’association de malfaiteurs, il note qu’il ne retient que la structuration. Or, observe-t-il, la structuration fait défaut dans le cas d’espèce. Selon lui, les prévenus ont révélé que Sawadogo est celui qui les sollicite et décide. « Ils ne se sont pas réunis pour décider », argumente Me Agbo.
Dans son arrêt, la cour a reconnu les nommés Mahama Amadou alias Halillou Hamadou Mohamed, Naïny Kaba alias Fofana Ahmed et Mamoudou Kondé coupables d’association de malfaiteurs et de vol à main armée et les condamne aux travaux forcés à perpétuité.
Statuant sur les intérêts civils de la victime présente (Marius Hountondji), qui demande le remboursement de ses biens volés pour un montant de 4,5 millions F Cfa, la cour après en avoir délibéré, renvoie la cause pour une session ultérieure pour défaut de preuves.
Composition de la cour
Président : Ali Aboudou Ramanou
Assesseurs : Martial Boko et Jean da Silva
Jurés : Bouraïma Kochégbé ; Andréa Bahcioumba ; Pierre Magloire Nagnonhou et Adolphe Dadaglo
Ministère public : Christian Atayi
Greffier : Edouard Zavonou
Le sifflet africain de nouveau ébranlé[/caption]Les allégations de corruption formulées contre des officiels de la Caf par les medias continuent de faire des vagues. Le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football réuni, le 5 août dernier, a infligé dix années de suspension à huit arbitres ghanéens tandis que le Béninois Bello Aboudou et autres sont provisoirement écartés jusqu’à l’examen de leur cas.
Le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (Caf) a prononcé, le 5 août dernier, la suspension de certains officiels cités dans des faits de corruption par les médias. Cette affaire de corruption qui a occasionné la chute du Ghanéen Kwesi Nyantakyi et des sanctions contre vingt-deux hommes en noir au mois de juillet dernier, est loin de connaître sa fin.
Sept arbitres et arbitres assistants ghanéens viennent de se voir infliger dix années de suspension. Il s’agit de : Lathbridge Reginald, Nantierre Eric, Fleischer Cecil, Ouedraogo Dawood, Salifu Malik, Akongyam Theresa et Joseph Wellington, instructeur technique. Quant à David Laryea, arbitre assistant, il est exclu à vie de toute activité liée au football de la Caf. En plus de ce lot d’officiels, le jury disciplinaire devra se pencher sur le cas de quatorze arbitres du continent dont un Béninois provisoirement suspendus de toute activité liée au football de la Caf jusqu’à l’examen de leur situation. Il s’agit de Bello Aboudou (Bénin), Baba Leno (Guinée), Aderito Marida Silva (Guinée Bissau), Daouda Gueye (Sénégal), Nkounkou Messie (Congo), Yamba Armand Gildas (Congo), Blaise Boutamba (Congo), Hamada Nampiandraza (Madagascar), Kokolo Fitial Charel Just (Congo), Adii Prosper (Ghana), Isaka Ayensu Afful (Ghana), Anafo Nathan (Ghana), Badiu Ibrahim (Ghana) et Yekeh Jerry (Liberia).
Cette décision confirme la volonté de la Caf d’enrayer la corruption depuis qu’elle a été informée à travers un documentaire diffusé au mois juin par le journaliste d’investigation Anas Aremeyaw Anas. Un film qui a révélé le système de corruption à l’œuvre dans le football ghanéen et même africain et a mis à nu des arbitres en train d’accepter des pots-de-vin pour truquer des matchs du championnat ghanéen et des compétitions africaines.

La session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a connu, ce mardi 7 août, d’une affaire d’association de malfaiteurs, vol à main armée et complicité de vol mettant en cause les accusés Chidi Okoré, Sunday Eze et Fela John. Mais les deux derniers étant absents, la cour a dû rendre un arrêt de disjonction de leurs cas de celui de Chidi Okoré pour y statuer ultérieurement. Au terme du jugement, Chidi Okoré a été déclaré coupable de complicité de vol à main armée et condamné à 10 ans de travaux forcés.
Ayant été mis sous mandat de dépôt le 9 août 2013, Chidi Okoré condamné à 10 ans de travaux forcés pour complicité de vol à main armée doit encore retourner en prison pour purger sa peine. C’est avec des larmes aux yeux que l’accusé accueille la sentence ; son conseil dépité n’en revenait pas.
Pour en arriver à ce verdict, la cour a permis à l’accusé de s’expliquer sur son degré de participation à la commission des faits de complicité de vol à main armée, le 6 septembre 2010 à Sodjèatimè à Akpakpa Cotonou.
A la barre, Chidi Okoré a reconnu les faits. « C’est ma faute », avoue-t-il dès l’entame de sa comparution en citant les noms de certains dont Sunday Eze et Fela John. Toutefois, il précise qu’il n’était pas sur les lieux le jour du braquage. Son rôle aurait été d’indiquer à Sunday l’endroit où son patron dépose l’argent. « Nous nous sommes entendus pour que le jour de l’opération, je ne sois pas présent », explique-t-il.
S’agissant de la façon dont le vol devrait s’opérer, Chidi Okoré soutient qu’il n’en avait aucune idée. « Ils m’ont dit qu’ils vont venir forcer mon patron pour prendre l’argent sans lui faire de mal », tente d’expliquer Chidi sans parvenir à convaincre le président qui insiste longuement à travers des questions avant que l’accusé finisse par reconnaître que la bande serait venue avec un pistolet. Cette réponse relance la cour dans sa quête de la vérité sur sa présence sur les lieux du crime. Et à l’accusé de préciser : « Après l’opération, Sunday m’a appelé pour rejoindre le groupe pour le partage. Ils m’ont remis 600 000 F Cfa sur les 11 millions qu’ils ont pris chez mon patron. Et j’ai trouvé les 600 000 F insuffisants et le nommé DMS a pointé un pistolet sur moi pour m’obliger à me taire », expose-t-il, pour indiquer la façon dont il aurait su qu’une arme a été utilisée lors du vol. Rebondissant sur cette réponse de l’accusé qui ne le convainc pas, l’avocat général Florentin Gbodou a dû lui rafraîchir la mémoire en donnant lecture des extraits de ses déclarations aux étapes précédentes de la procédure. Il lui rappelle qu’il savait bien la façon dont le vol allait s’opérer. « Small (le sobriquet de Synday) m’a fait part de sa stratégie. Si l’opération devrait se faire en plein jour, ils vont utiliser des pistolets. Si c’est la nuit tombante avant la fermeture de la boutique, ils utiliseront des armes blanches », relève le ministère public dans le procès-verbal d’enquête préliminaire. Malgré la lecture de cet extrait, l’accusé avance qu’il ne reconnaît pas avoir fait de telles affirmations mais ajoute que les agents de police écrivent ce qu’ils veulent dans les procès-verbaux. Toutefois, il reconnaît qu’il a été retenu que l’opération ait lieu dans la matinée.
10 ans de travaux forcés
Plantant le décor de son réquisitoire, le ministère public note que la recherche du gain facile est une porte ouverte à tous les vices. Puis, rappelant les faits, il observe que l’accusé a varié dans ses déclarations sur l’implication de ses co-accusés dans la commission des infractions. Toutefois, il trouve constant de reconnaître qu’il a participé à la planification du vol à main armée. Cette infraction signifie, dit-il, soustraction frauduleuse d’un bien à son propriétaire avec cette circonstance que les auteurs ont fait usage d’arme, selon les dispositions de l’article 381 du Code pénal. Quant à la complicité, il la retrouve dans le fait pour l’accusé d’avoir fourni des moyens (information), d’avoir pris part à des réunions. Ces faits sont prévus et punis par les articles 59 et 60 du Code pénal à la lumière desquels l’avocat général indique que le complice est puni de la même peine que les auteurs de ce crime.
Soulignant que le casier judiciaire de l’accusé est vierge même s’il reconnaît avoir fait deux fois la prison, et que l’enquête de moralité lui est favorable, il observe qu’il peut bénéficier de circonstances atténuantes. Il requiert que la cour le déclare coupable de complicité de vol à main armée et le condamne à 10 ans de travaux forcés. Pour les intérêts de la partie civile, il requiert qu’ils soient réservés, vu que la victime a été régulièrement convoquée mais ne s’est pas présentée.
L’arme du crime introuvable
Dans sa réaction, la défense estime que les réquisitions le laissent sur sa faim. Selon Me Friggens Adjavon, la cour ne doit pas se fonder sur des hypothèses pour entrer en condamnation contre son client. « Ça me fait mal qu’on ne puisse pas montrer l’arme du crime », se désole-t-il. En tant qu’ancien officier de police judiciaire, il invite la cour à prendre des mesures pour que « les enquêtes se déroulent dans des conditions qui ne faussent pas la trajectoire de la vérité ». Au regard de l’absence de l’arme, insiste-t-il, on ne peut pas retenir son client dans les liens de l’infraction de vol à main armée. Pour lui, la certitude de l’authenticité de l’arme est liée à son usage. A défaut, poursuit-il, il faut les scellés pour en juger. « A priori, il y a doute sur l’usage d’une arme », soutient-il, en demandant à la cour de disqualifier les faits de vol à main armée et à les requalifier en vol. Car personne ne peut dire si l’arme était un simple jouet ou une vraie arme.
Par rapport à la complicité, Me Friggens Adjavon réfute aussi la thèse du ministère public. Selon lui, la complicité ne saurait se réduire dans le cas d’espèce à la simple communication du lieu de dépôt de l’argent. Il faut en plus, des faits matériels comme preuve de la complicité. « La complicité pour laquelle mon client est poursuivi n’est pas constituée », soutient-il. Dès lors, il retient que le défaut d’éléments matériels fait tomber l’infraction de complicité. Au principal, il plaide l’acquittement pur et simple de son client. Au subsidiaire, après avoir dit qu’il est conscient qu’il y a vol, il plaide qu’il y ait disqualification des faits de vol à main armée et leur requalification en vol ; et de faire preuve de miséricorde envers l’accusé qui est réadaptable selon le rapport d’expertise médico-psychologique.
Cette façon d’apprécier les faits a suscité une première réplique de la part du ministère public. Selon lui, on ne peut pas tirer motif du défaut de prouver l’usage de l’arme pour rejeter la complicité. La complicité n’a pas besoin de faits matériels. A ce propos, il invoque les dispositions de l’article 381 du Code pénal pour montrer que le simple fait pour l’accusé de donner l’information est suffisant. Selon le ministère public, l’arme n’est pas un jouet. « Sinon, pourquoi l’accusé aurait eu peur quand on a pointé l’arme sur lui ? », s’interroge le ministère public.
La défense revient à la charge pour réitérer que personne dans la salle d’audience ne peut dire si l’arme est effective ou ludique.
Dans son arrêt, la cour a reconnu l’accusé Chidi Okoré coupable du crime de complicité de vol à main armée, faits prévus et punis par les articles 59, 60 et 381 du Code pénal. Par conséquent, elle le condamne à 10 ans de travaux forcés. Pour n’avoir fait que cinq ans en prison, il y retourne pour autant de temps?
Les faits
Dans la matinée du lundi 6 septembre 2010 aux environs de 8 h, M. Kenneth Atanda, représentant au Bénin de la société ‘’Mentymor Int Ltd’’, spécialisée dans l’importation de la friperie, était dans son magasin sis à Sodjèatimè (Cotonou) lorsqu’il a vu surgir deux motocyclettes montées chacune par deux individus.
L’un des deux qui portait une cagoule s’est dirigé avec un pistolet pointé sur M. Kenneth Atanda et l’obliger à leur indiquer son dépôt d’argent. Les deux autres personnes à visage découvert et identifiées par la victime comme étant les nommés Sunday Eze et John Fela, lui ont pris la clé du tiroir de son bureau pour le fouiller et emporter une somme de 24 893 000 F Cfa, 250. 000 nairas, son porte-monnaie et ses deux portables.
L’enquête ouverte a permis d’interpeller le nommé Okore Chidi, un manœuvre du magasin absent au travail le jour des faits pour avoir planifié ce braquage avec ses amis qui sont venus opérer. Les nommés Fela John et Sunday Eze ont également été interpellés.
Poursuivis pour vol à main armée, Fela John et Sunday Eze n’ont pas reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure.
Par contre, poursuivi pour complicité de vol à main armée, le nommé Okoré Chidi a reconnu les faits à l’enquête préliminaire, les a niés devant le juge d’instruction avant de les reconnaître?
Composition
Président : Wilfran Gbaguidi
Assesseurs : Ismaël Sanoussi et Serges Hounnouvi
Jurés : Hyacinthe Fatondji Ezin-Wota ; Adolphe G. Dadaglo ; Marie-Marguerite Bodourin Nouhoumon et Sidonie Yétondji Dégila Gbédji
Ministère public : Florentin Gbodou
Greffier : Félicien Fatondji

Association de malfaiteurs, vol à main armée et tentative de meurtre, c'est l'affaire qui était au cœur du dixième dossier de la session supplémentaire de la cour d'assises de la cour d'appel de Cotonou. Parmi les trois accusés, seul Gildas Zinsou s'est présenté vendredi 27 juillet dernier devant la cour. Reconnu coupable, il a écopé de la peine de 12 ans de travaux forcés, après disjonction de son cas de ceux des autres accusés.
Douze ans de travaux forcés pour Gildas Zinsou, revendeur d'essence, marié et père de 6 enfants, inculpé d'association de malfaiteurs, de vol à main armée et de tentative d'homicide volontaire, par la cour d'assises de la cour d'appel de Cotonou. L'accusé a, en effet, pris une part active avec le concours de deux autres poursuivis, les nommés Abdoul Karim Lafia et Augustin Akakpovi, au braquage et au vol du véhicule 4x4 de marque Prado du sieur Wilfried Kintonouzan, alors directeur général de Bell Bénin. Face à la résistance opposée par la victime, un des trois agresseurs lui a tiré dessus.
A la barre, l'accusé ne reconnaît pas le rôle de proue qu'il aurait joué dans l'opération. Il réfute ses propres déclarations aux étapes antérieures de la procédure qui font de lui l'initiateur de l'idée de vol et le porteur de l'arme à feu. Face à la cour, vendredi dernier, il déclare n'avoir joué que le rôle de transporteur désespéré face à la situation de sa femme qui agonisait à l'hôpital. Entre ses déclarations à l'enquête préliminaire, devant le juge instructeur et devant la cour d'assises, l'accusé demande à la Cour de ne retenir que la dernière, celle du vendredi dernier qui serait la vraie version, selon lui. Il s’est découvert la vocation de pasteur en prison. « Et si c'était encore un mensonge ? », s'est demandé le ministère public.
Que retenir ?
Selon l'accusé, le mercredi 28 septembre 2005 à Cadjèhoun, sa femme était à l'hôpital et devait accoucher par césarienne. Faute de moyens et chargé d'ordonnances médicales, il aurait appelé Karim Lafia, un ancien camarade de prison, pour lui demander de l'aide. Celui-ci se trouvait à Parakou et aurait promis de l’appeler quand il serait à Cotonou. Ce qu'il aurait fait. « Karim m'a donné rendez-vous à Cica Toyota. Quand je suis allé, j'ai vu Karim et Augustin. C'est là qu'ils m'ont expliqué leur plan de braquage et comme j'étais un conducteur de taxi-moto, mon rôle était de les remorquer pour la chasse aux véhicules. Les deux autres se sont vêtus en tenue treillis », fait savoir Gildas Zinsou. C'est ainsi qu'ils auraient repéré un véhicule haut de gamme vers Houéyiho barrière, l'ont suivi jusqu'à destination à Cadjèhoun. L'accusé Gildas Zinsou serait resté dehors pendant que les autres ont tenté d'arracher les clés au propriétaire du véhicule lorsqu'il manœuvrait dans son garage. Il aurait entendu des coups de feu et voulait s'échapper quand il a été déséquilibré par un gros caillou que le gardien lui a lancé au bras. Il a dû abandonner la moto pour rejoindre les deux autres dans la voiture laissant accroché à la moto son sac contenant les ordonnances. Ainsi, il a été arrêté le lendemain. Telle est la version que l'accusé demande à la cour de prendre définitivement en considération. Il n'aurait joué que le rôle de transporteur. Plus tard, son complice Karim lui aurait rapporté que le véhicule a été vendu.
Lors de la première instruction, il avait pourtant reconnu être l'initiateur et avoir porté une tenue treillis. Il avait également déclaré qu'il avait jeté l'arme qu'il a utilisée à la mer. S'expliquant, l'accusé fait savoir qu'il avait fait de fausses déclarations pour couvrir et décharger le co-accusé Augustin Akakpovi. Il fait croire que c'est ce sur quoi ils se sont entendus quand tous les trois membres de la bande, se sont retrouvés en détention provisoire.
Rappelons que les deux autres accusés ont payé des cautions et profité de leur libération provisoire pour disparaître. Le ministère public a rapporté à la cour que ceux-ci n'ont pas été retrouvés dans la résidence qu'ils ont déclarée pour les besoins de l'enquête. L'accusé Gildas Zinsou dit avoir appris que le nommé Augustin Akakpovi aurait été abattu dans un braquage.
Une peine déjà purgée
Après avoir rappelé les trois faits reprochés à l'accusé, notamment association de malfaiteurs, vol à main armée et tentative de meurtre, le ministère public fait savoir que le crime d'association de malfaiteurs est prévu et puni par les articles 265, 266 et 267 du Code pénal. L'article 267 prévoit une peine de travaux forcés à perpétuité. Les déclarations croisées des trois accusés font explicitement état de ce qu'ils ont pris contact pour organiser le braquage qui a eu lieu dans la nuit du mercredi 28 septembre 2005. Chacun des accusés avait un rôle dans l'opération. En ce qui concerne l'infraction de vol à main armée, l'article 381 alinéa 3 du Code pénal en constitue l'élément légal et prévoit pour cette infraction la peine de mort, à défaut les travaux forcés à perpétuité. Dans le cas d'espèce, il y a eu soustraction frauduleuse du véhicule d'autrui avec comme circonstance aggravante le port d'armes.
Pour ce qui est de la tentative de meurtre, l'élément légal réside dans les articles 295 et 304 du Code pénal. Les coups de feu tirés sur le propriétaire témoignent de la tentative d'homicide volontaire. Mais l'avocat général n'a pas requis l'inculpation de l'accusé pour cette dernière infraction. Considérant les deux premières infractions et faisant remarquer la facilité de l'accusé Gildas Zinsou à changer de version, le ministère public a requis 20 ans de travaux forcés contre lui.
Le conseil de l'accusé, Me Friggens Adjavon, a salué le ministère public d’avoir écarté la charge de tentative de meurtre lors de son réquisitoire. S'intéressant aux mobiles des infractions, Me Adjavon a attiré l'attention de la cour sur l'état grave de la femme de l'accusé. « Elle était enceinte et vu les complications, elle devait subir une césarienne. En 2005, tout le monde sait ce que voulait dire une césarienne. Et pour trouver 300 000, il fallait courir », fait-il observer. Selon lui, l'infraction d'association de malfaiteurs n'est pas commise. Il n'y a pas de chef de bande. C'est un concours de circonstance et d'opportunité, qui les a réunis. Ils seraient plutôt des co-auteurs. Pour ce qui est de l'infraction de vol à main armée, le conseil de l'accusé a plaidé coupable et demandé la clémence de la cour, demandant que son client Gildas Zinsou soit condamné à une peine de principe, le temps déjà passé en prison.
Après en avoir délibéré, la cour a retenu contre le prévenu les infractions d'association de malfaiteurs, de vol à main armée et de tentative de meurtre puis l'a condamné à 12 ans de travaux forcés. Ayant été mis en détention depuis le 4 octobre 2005, l'accusé est à présent libre. Rendant son verdict en ce qui concerne les deux autres accusés absents, la cour a renvoyé la cause à une session ultérieure?
Les faits
Le mercredi 28 septembre 2005 aux environs de 23 h, Wilfried Kintonouzan, alors directeur général de Bell Bénin, se rendait à son domicile sis à Cadjèhoun à bord de son véhicule 4X4 de marque Toyota Prado, lorsqu'il a été pris en filature par une motocyclette de type CG 125 et de marque Kasea, conduite par une personne qui a remorqué deux autres. Parmi ces trois personnes, deux étaient habillées en tenue treillis.
Arrivé à domicile, le gardien lui a ouvert le portail pour faire rentrer la voiture. Il était encore à la manœuvre lorsque les occupants de la motocyclette, les nommés Gildas Zinsou, Abdoul Karim Lafia et Augustin Yaovi Akakpovi ont fait irruption sur les lieux, tous les trois munis d'armes à feu.
Gildas Zinsou et Abdoul Karim Lafia ont pénétré dans le garage tandis que Augustin Akakpovi est resté sur la motocyclette assurant les arrières. Les deux autres ayant pénétré dans la maison, faisant usage de leurs armes à feu, ont tenu en respect le gardien, puis se sont précipités sur Wilfried Kintonouzan encore assis au volant du véhicule. Ils ont ouvert la portière dudit véhicule et lui ont réclamé avec violence la clé de la voiture. Face au refus de la victime de remettre la clé, ils ont tiré sur lui plusieurs coups de fusil avant de s'emparer du véhicule sus-indiqué et de l'emporter.
En réaction, le gardien a lancé un gros caillou qui a atteint au bras celui qui, entre temps, était resté sur la moto. Ce qui l'a contraint à abandonner la motocyclette sur les lieux pour rejoindre ses acolytes déjà à bord de la voiture. Dans leur fuite, la fouille du sac accroché à la motocyclette a permis d'avoir des éléments ayant d'abord abouti à l'interpellation de Gildas Zinsou et des deux autres par la suite.
Poursuivi pour association de malfaiteurs, vol à main armée et tentative de meurtre, Gildas Zinsou a reconnu les faits à l'enquête préliminaire, à l'interrogatoire de première comparution avant de se rétracter à l'interrogatoire au fond.
Composition
Présidente : Eliane Guézo-Noutaïs
Assesseurs : Jules Mouka Chabi et Zakarie Dah-Sekpo
Jurés
Adolphe G. Dadaglo
Mariette Ahouansou
Pierre Magloire Nagnonhou
Louis Comlan Houndonougbo
Ministère public : Emmanuel Opita
Greffier : Louis Houngbo
Le député Idrissou Bako[/caption]Par 59 voix pour, 18 contre et 01 abstention, l’Assemblée nationale a levé l’immunité du député Idrissou Bako poursuivi devant la justice pour les infractions présumées de corruption, d’abus de confiance, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, faits prévus et punis par les articles 41 alinéas 1 et 2 ; 53 et 55 alinéa 2 de la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin et 37 de la loi n°2006-14 du 3 octobre 2006 portant lutte contre le blanchiment de capitaux en République du Bénin. Cette décision du Parlement permettra au député mis en cause de se mettre à la disposition de la justice qui a formulé la demande de la levée de son immunité via le ministère chargé de la Justice.
Il faut préciser que le député Idrissou Bako est poursuivi pour des malversations financières présumées qu’il aurait commises alors directeur général de l’ex-Société nationale de la promotion agricole (Sonapra).
La plénière se poursuit à l’hémicycle à Porto-Novo pour les cas des députés Valentin Djénontin et Mohamed Taofick Hinnouho dont les levées d’immunité ont été également demandées le 8 février 2018, par le Parquet général près la Cour d’appel de Cotonou via le ministère de la Justice.
Actualités 24 juil. 2018
Les trois premiers senior hommes[/caption]
Les forces militaire et paramilitaire ont lancé les festivités de l‘accession du Bénin à l’indépendance par un cross-country. C’est une activité qui entre dans les préparatifs et donne un avant-goût de la cohésion au sein des forces militaires et paramilitaires pour le 1er août.
1er août prochain, cela fera 58 ans que la République du Bénin a accédé à la souveraineté internationale. Les préparatifs des festivités entrant dans le cadre vont bon train au niveau de l’armée. Pour marquer le début des manifestations, l’état-major général des armées a organisé, comme elle l’a fait en 2017, un cross-country militaire vendredi 20 juillet dernier à Cotonou. Une activité qui vise à renforcer la cohésion au sein des forces armées.
Le général de brigade, chef d’état-major général des Armées, Laurent Amoussou, explique que c’est une activité qui entre dans le cadre des préparatifs de la fête de l’indépendance. Il explique qu'après avoir préparé les différents corps, au niveau des forces, « le cross-country est organisé pour annoncer la cohésion qui doit prévaloir entre les différentes forces », à partir du vendredi 27 prochain, date de mise en cohérence des différents corps pour le défilé traditionnel, en vue d’affiner les préparatifs.
Pour le général, le cross-country militaire de l’indépendance qui est une activité de brassage a atteint son objectif, « vu l’ambiance dans laquelle les coureurs se sont retrouvés » juste après la compétition. Il nourrit l’ambition de voir cette activité se pérenniser car, soutient-il, « elle rend la convivialité » aux hommes et femmes de la grande muette. Il précise qu’elle constitue une pause dans les préparatifs acharnés du 1er août et incite à la cohésion qui a commencé vendredi dernier.
« C’est notre manière à nous de marquer le début des festivités du 1er août », précise le Général avant de saluer les coopérants pour leur accompagnement, notamment pour leur esprit de cohésion et leur participation aux activités. Il n’a pas manqué de féliciter tous les participants et gagnants, espérant plus d’engouement l’année prochaine. S’inscrivant dans la logique de Pierre de Coubertin, le général Amoussou estime que « l’essentiel n’est pas de gagner, mais de participer ».
Les militaires et paramilitaires dont des coopérants et assistants en matière de défense ont parcouru une distance allant de trois kilomètres pour certains à huit pour d’autres dans une ambiance de brassage avérée. Officiers supérieurs, sous-officiers et hommes et femmes de rang se sont mesurés sur la distance, tout ceci sous le regard bienveillant du haut commandement militaire.
Résultats
À l’arrivé, les résultats se présentent comme suit :
Senior 3 km dame
1ère : Commandant des Eaux et Forêts Laetitia Houndélo
2ème : Commandant Bio Djamilatou de la Dsia
Senior 3 km homme
1er : Adjudant Prudence Adélawa, Garde républicaine
2e : Adjudant Désiré Mètchihoun, garde républicaine
3e : Lieutenant Didier Lessieur Belgique
5 km dame
1er : Matelot de deuxième classe Nina Ahamidé des forces navale
2e : Cavalier de 2e classe Romaine Houétin
3e : Soldat de 2e classe Assanatou Koko
8 km homme
1er : Caporal Daouda Porougo
2e : Sergent Mohamed Tabé
3e : caporal Sergent Sylvain Aholi
Prix spécial fair-play
Capitaine de vaisseau Albert Ezin Badou, et doyen des compétiteurs
le présidium lors de l'ouverture de l'atelier[/caption]Les membres du groupe sectoriel ‘’Réforme administrative, Fonction publique et Lutte contre la Corruption’’ ont tenu leur revue annuelle à Cotonou, ce jeudi 12 juillet. Une occasion au cours de laquelle les parties vont réfléchir sur les stratégies de réforme pour la performance de l’Administration et pour la réduction de la corruption au Bénin. La rencontre s’est tenue sous la houlette du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).
Le groupe sectoriel ‘’Réforme administrative, Fonction publique et Lutte contre la Corruption’’ se penche sur la dynamisation et la modernisation de l’Administration publique d’une part et le renforcement du dispositif de lutte contre la corruption d’autre part. C’est à la faveur de la revue annuelle instituée par la Stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté 3e génération adoptée par le Bénin en mars 2011, tenue ce jeudi à Cotonou.
Un état des lieux a été présenté aux participants pour mettre en exergue les défis enregistrés depuis la dernière revue de 2016 à ce jour, en lien avec les réformes administratives, la fonction publique et la lutte contre la corruption. Il est question de dynamiser, moderniser l’administration publique pour son efficience aux fins que cette dernière rende aux usagers des services publics irréprochables et renforcer le dispositif de lutte contre la corruption au Bénin, indique le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, co-présidente du groupe.
A l’en croire, le gouvernement a enclenché certaines actions concrètes en vue de lutter efficacement contre la corruption qui gangrène le développement. Car, la réussite des réformes de même que toutes les stratégies de développement socio-économiques en cours ne dépendent pas seulement du contenu des plans et programmes ou des politiques mais aussi et surtout de la qualité de la gouvernance, estime-t-elle. La ministre souligne que le Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d) 2018-2021, prévoit, en termes de perspective, d’accroître l’efficacité des structures administratives, moderniser la gestion des ressources humaines de l’Etat, promouvoir la culture de la bonne gouvernance et des valeurs citoyennes, renforcer l’application du cadre législatif et réglementaire de la gouvernance administrative d’une part et de renforcer les capacités de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption pour des actions plus efficaces d’autre part.
Soutien des Ptf
La ministre appelle les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de la lutte à accompagner les actions du gouvernement à lutter contre ce fléau afin de sortir le Bénin de son niveau de développement actuel. En conséquence, le groupe sectoriel devra se réorganiser face à ces défis en s’appuyant sur un dispositif de coordination qui implique tous les acteurs au niveau national et en se dotant d’une feuille de route pour le suivi des actions. Il devra tenir au moins deux revues par an pour un meilleur suivi et une programmation d’actions plus concrètes et efficientes entre le gouvernement et les Ptf.
Pour sa part, Siaka Coulibaly, coordonnateur résident du Système des Nations Unies, représentant résident du Pnud au Bénin et chef de file des Ptf du secteur, a salué les efforts que le gouvernement consentit dans la mise en œuvre des actions concourant à la construction d’une administration forte et capable de booster le développement dans l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd). « Point n’est besoin de rappeler que la condition nécessaire du progrès et de la croissance, c’est une bonne administration, une administration performante, orientée vers le développement et travaillant pour le bien de la population », a-t-il déclaré. Selon Siaka Coulibaly, l’atteinte des Odd dépend en grande partie de la mise en œuvre d’une stratégie visant la modernisation et le renforcement des capacités d’une administration publique intègre. Il revient au gouvernement et aux Ptf conjointement de trouver les options qui sont les plus adaptées pour maximiser les efforts en faveur de la réforme administrative et institutionnelle, de la réforme de la fonction publique et de la lutte contre la corruption, préconise-t-il. Les défis majeurs dans le secteur, selon le représentant résident du Pnud, sont, entre autres, la faiblesse du niveau de dématérialisation des services, l’absence d’une politique de gestion prévisionnelle efficiente des emplois et des effectifs de la fonction publique et une meilleure maîtrise de la masse salariale, la lourdeur et le formalisme de certaines procédures constituant un handicap au bon fonctionnement de l’administration publique, la nécessité d’un renforcement de la coordination intersectorielle des réformes…
Le ministre de la Justice et de la Législation, Séverin Quenum, présent aux travaux, informe que pour lutter contre la corruption, il faut trois choses : un cadre législatif, ensuite un système judiciaire performant, des juges à la fois compétents et indépendants et enfin une volonté politique. Martelant qu’il existe un système judiciaire qui reste à moderniser pour rendre les juges performants, Séverin Quenum a annoncé un assainissement dans les rangs des magistrats et dans l’administration pour faire reculer la corruption?