La Nation Bénin...
Nouvelles

Le Bénin et l’Allemagne entendent réécrire une nouvelle page de leur partenariat et souhaitent tout particulièrement s’engager sur un nouvel axe prioritaire de développement en plus des trois existants. Les réflexions sont en cours, au ministère des Affaires étrangères, dans le cadre de la 20e session des négociations intergouvernementales qui se tient, du 10 au 11 octobre, entre les parties prenantes.
La 20e session des négociations intergouvernementales bénino-allemandes s’est ouverte, hier à Cotonou, conformément à l’accord-cadre de coopération technique signé entre le Bénin et l’Allemagne en 1978. Ces assises bipartites permettront aux autorités des deux pays d’entériner les conclusions des consultations organisées en mai dernier, et de consacrer l’engagement financier de l’Allemagne dans le cadre de la mise en œuvre des projets et programmes de développement retenus d’accord-parties. La coopération bilatérale entre le Bénin et l’Allemagne est en passe de prendre un nouvel envol.
Pour Birgit Pickel, la cheffe de la délégation allemande, ces négociations constituent un élément important des bonnes relations qui lient son pays et le Bénin. « Après avoir échangé sur l’état des lieux, les défis et perspectives de notre coopération au développement lors des consultations de mai 2019, ces assises constituent la concrétisation de nos engagements futurs en termes de contenu et moyen financier », informe-t-elle à l’occasion du lancement officiel de ladite session. Mieux, précise le ministre des Affaires étrangères, ces discussions permettront aux deux parties, par domaine d’intervention, d’acter leur engagement financier, et de définir les actions à entreprendre en vue d’une réalisation effective des programmes envisagés.
Que ce soit Aurélien Agbénonci ou Birgit Pickel, tous restent convaincus que cette 20e session des négociations sera le creuset d’un échange constructif, et permettront d’aboutir à la définition d’un nouveau cadre de partenariat plus ambitieux pour un raffermissement des liens d’amitié et de coopération entre le Bénin et l’Allemagne.
Un quatrième axe prioritaire
A l’initiative du gouvernement béninois, un nouvel axe prioritaire de développement pourrait être retenu et intégré dans le plan triennal pour compter de 2021. Il s’agit de la formation professionnelle. Au dire du ministre Aurélien Agbénonci, il est important que cette coopération tienne compte des priorités du Programme d’action du gouvernement. Et au nombre de ceux-ci, figure la formation professionnelle et technique parce que, dit-il, « la conviction du chef de l’Etat, c’est qu’un pays se bâti avec les mains ; pas seulement avec des idées. Un pays se bâti lorsqu’on transforme l’environnement dans lequel l’on vit ». C’est pour cette raison que le président de la République et son gouvernement ont décidé que dans les années à venir, près de 70 % des apprenants béninois iront vers la formation professionnelle pour transformer le pays. Et d’ores et déjà le ministre annonce à la partie allemande que le Bénin est prêt à étudier avec elle, les voies et moyens pour parvenir à intégrer véritablement la formation professionnelle et technique dans les axes prioritaires de développement, et d’en définir rigoureusement les bases.
Il est à signaler que l’Allemagne vient d’affecter, au titre du prochain triennal, un montant de 188 640 000 000 F Cfa pour la mise en œuvre des projets de développement dont elle finance la réalisation au Bénin.

Le rapport d’avancement 2018 du Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d) 2018-2021 était au cœur d’une revue entre le gouvernement et les partenaires techniques et financiers, du 7 au 8 octobre à Cotonou. Des assurances ont été données quant à la prise en compte des préoccupations de ces derniers en vue de renforcer leurs actions.
« Le Bénin reste dans une dynamique de croissance économique… Cette année, le taux sera certainement au-delà des 6,7 % obtenus en 2018 contre 5,7 % en 2017 ; nous sommes en droite ligne pour atteindre les 10 % en 2025 fixés dans le Programme national de développement ». C’est l’assurance donnée par le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, ce mardi, à l’occasion de la revue Gouvernement-Partenaires techniques et financiers sur la mise en œuvre du Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d) 2018-2021.
Outre l’accélération de la croissance économique, le point à mi-parcours du programme affiche une certaine performance au niveau de l’éducation, quoique des défis restent à relever en matière d’amélioration des conditions d’enseignement, de scolarisation, de réussite des apprenants, de financement des projets de recherche. Le démarrage de la première phase de 195 km du projet Asphaltage, la réhabilitation de 660 km de voiries urbaines, la construction d’une digue immergée de 4 km dans la commune de Ouidah, le reboisement de 1102,7 ha, la réalisation de travaux d’inventaire dans des forêts classées, l’exécution des transferts Fadec à 102,15 %, sont également salutaires. En matière de promotion de l’Etat de droit, sur l’échelle de l’indice Mo Ibrahim en Afrique, le Bénin occupe en 2018 la 13e place contre la 14e en 2017 sur 54 pays ; le ratio habitants/ magistrat est passé de 73.869 en 2017 à 2018.
Des résultats à mettre au crédit non seulement des réformes engagées par le gouvernement mais aussi du soutien massif des partenaires techniques et financiers, souligne le ministre Abdoulaye Bio Tchané. Il assure que le gouvernement poursuivra ses efforts au niveau des investissements et des réformes, notamment celles sur le renforcement du capital humain, la santé et l’éducation. En vue d’atteindre la croissance durable et inclusive souhaitée, les investissements seront concentrés sur les secteurs de l’agriculture, du tourisme, de l’économie numérique, de l’économie du savoir, avec un point d’honneur sur la fourniture de l’eau, de l’électricité, précise-t-il.
Corriger les insuffisances
Document d’opérationnalisation du Plan national de développement, le Pc2d 2018-2021 adopté le 21 mars 2018 vise à corriger les insuffisances qui persistent après les Stratégies de croissance pour la réduction de la pauvreté (Scrp) déployées par le passé. Il vient en appui au programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021) dont la mobilisation des ressources a fait l’objet d’échanges, les 23 et 24 septembre derniers à Cotonou, entre les différentes parties prenantes.
La revue à mi-parcours du programme revêt une importance capitale en cette période de finalisation de la loi de finances 2020, selon le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni. Il assure que les recommandations issues des échanges « francs et directs » seront intégrées dans le projet de budget qui sera bientôt en examen au Parlement.
Pour Siaka Coulibaly, coordonnateur résident du Système des Nations Unies (Snu) au Bénin, chef de file des Ptf, c’est « un exercice de redevabilité mutuelle entre le gouvernement, les partenaires techniques et financiers et les acteurs de la Société civile sur la mise en œuvre des politiques de développement en lien avec l’Agenda 2030 auquel a souscrit le Bénin ». Il se réjouit de la qualité du rapport d’avancement et de la disponibilité du gouvernement à poursuivre les discussions inclusives et les efforts en vue de renforcer le dialogue politique avec les partenaires et d’assurer le succès des différentes réformes engagées pour l’atteinte des objectifs de développement durable au Bénin.

L’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef, Angélique Kidjo ne se lasse pas d’appuyer l’éducation des enfants. A la faveur d’une conférence de presse, ce mardi 8 octobre, suite à une tournée dans le Centre et le Nord-Bénin, elle a réaffirmé sa détermination ‘‘sans répit’’ à œuvrer pour la scolarisation et le maintien des enfants à l’école.
Les enfants du centre et du Nord sont au cœur de la tournée de l’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef, Angélique Kidjo. En visite dans son pays d’origine depuis quelques jours, elle s’est rendue dans ces différentes localités afin de s’imprégner de leurs réalités. Trois étapes principales marquent sa tournée : la distribution des Toms Shoes aux enfants de la 6e en 3e, la réception officielle du document de plaidoyer intitulé, « le Bénin dont rêvent les enfants » et la visite d’un foyer d’enfants victimes de violences au Nord.
Le constat qu’elle fait au terme de son périple la laisse pantoise : « C’est toujours difficile pour moi d’évoquer la douleur des enfants ; ils souffrent aux mains des adultes censés les protéger ».
« Il existe beaucoup de traumatismes et de violations des droits des enfants dans notre pays. J’ai vu des enfants, victimes de violences dont les parents en sont les auteurs », déplore-t-elle.
L’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef y était surtout en tant que mère et éducatrice. « Beaucoup d’entre eux ont des rêves. Je les ai écoutés. Ils ont compris à leur âge d’innocence qu’ils sont responsables d’eux-mêmes. Nous devons les encourager et les protéger », exhorte-t-elle.
« Le seul métier dont on ne prend jamais de retraite, c’est l’éducation des enfants », conseille-t-elle.
Elle insiste sur la sensibilisation, l’alphabétisation et l’éducation des parents, en touchant surtout la fibre sensible des hommes pour sortir les enfants de l’abîme. « Il faut toucher les hommes pour qu’ils comprennent l’ampleur des violences. Tant qu’ils ne comprendront pas ce que signifient des rapports sexuels sans consentement, la sexualité dans la douleur, ils vont toujours se réfugier derrière leur masque ».
Selon elle, il est temps que les femmes cessent de se résigner. « Les femmes africaines sont les colonnes vertébrales du continent…Imaginez nos pays sans elles ! On ne peut pas être asservie à un homme et accepter de souffrir. Etre une femme, c’est aimer et aider ses enfants à grandir, c’est porter toute une famille, quel que soit le prix à payer », indique-t-elle.
Actions solidaires
La star internationale appelle à une action urgente et collective en faveur des enfants. « Chaque jour qu’on perd, c’est un enfant qu’on perd. Si on mettait ensemble tous les efforts et ressources du pays, on arrivera à résoudre le problème », dit-elle en lançant cet avertissement : « Si nous n’impactons pas la vie des jeunes filles, nous risquons d’avoir des problèmes dans le futur ».
Pour Angélique Kidjo, la responsabilité des médias est aussi engagée : « Vous devez aller dans les communautés par moments pour vous imprégner de leurs réalités ; soyez participants dans le changement que vous avez envie de voir pour les enfants et pour votre pays ».
Mais avant, elle insiste sur le rôle de l’Etat. « Chacun d’entre nous a le devoir de veiller au respect du droit des enfants. Si on est incapable de protéger, d’aimer et d’accompagner les enfants, notre société va s’écrouler. Les traditions doivent suivre l’évolution du monde », insiste-t-elle.
Depuis 2002 où elle s’est revêtue de son manteau d’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef, son engagement en faveur des enfants est resté entier: « Je ne dormirai pas tranquille tant qu’il y aura un enfant dans le monde qui souffre. Ceux que j’ai vus me donnent le courage d’aller partout dans le monde pour défendre leurs droits », assure-t-elle.
La diva de la musique béninoise salue tout de même les efforts de l’Unicef sur le terrain. « L’Unicef fait des progrès en s’alliant aux communautés et aux décideurs ». Reste à chacun d’accompagner l’élan de l’institution.

Le Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (Lares) organise du 8 au 21 octobre à Cotonou, la quinzaine de l’éducation des filles au Bénin. Divers acteurs intervenant dans la scolarisation et l’éducation des filles, des partenaires techniques et financiers sont attendus à cette quinzaine pour faire avec le Lares, le bilan de 18 ans d’intervention dans ce secteur.
Le Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (Lares) est un laboratoire privé de recherche qui intervient depuis 30 ans au Bénin et dans la sous-région dans trois principaux secteurs que sont l’agriculture, le développement territorial et l’éducation. Depuis 18 ans, en partenariat avec la Coopération suisse, ce laboratoire a fait ses preuves en matière de promotion de l’éducation des filles. Plusieurs projets ont été conduits et ont « permis de couvrir 33 communes avec des objectifs variés qui tiennent compte des leçons apprises du contexte, tout en s’arrimant aux politiques nationales de l’éducation et du genre. Aujourd’hui, 18 ans après, des résultats majeurs ont été obtenus avec des effets assez visibles », révèle Dr Esther Adimi, coordonnatrice des projets éducation au Lares. La quinzaine qu’organise sa structure depuis mardi 8 octobre donne l’opportunité de partager les acquis capitalisés. Une aubaine, d’autant plus que « nous sommes au démarrage de la mise en œuvre du Plan sectoriel pour l’éducation (Pse) 2018-2030 dans lequel, l’éducation des filles et la qualité de l’éducation sont de grands défis à relever », apprécie-t-elle. Dr Esther Adimi se dit aussi convaincue que les bonnes pratiques capitalisées au cours de cette expérience pourront contribuer à l’opérationnalisation du Pse.
Si aujourd’hui, le Lares peut se vanter d’un tel bilan, c’est parce que depuis 2000, il a fait de l’éducation des filles son cheval de bataille avec l’appui technique et financier de la Coopération suisse à travers la mise en œuvre de programmes et projets visant à contribuer au développement équilibré des localités béninoises, rappelle de son côté, le professeur Servais Afouda, représentant le directeur du Lares. Aujourd’hui, « nous sommes à l’heure du bilan de ces nombreuses années d’efforts, de soutien, de conception, d’initiatives, d’orientation et même d’insertion professionnelle de nos filles », estime-t-il. Ce qui est certain, selon ses explications, c’est « un bond assez considérable en terme d’amélioration de la rétention des apprenants, mais aussi en matière de qualité de l’éducation ».
Des actions urgentes à mener
Autant que les responsables du Lares, la Coopération suisse, bras financier et appui technique de cette longue marche vers l’amélioration de l’offre éducative, a des raisons d’être satisfaite. C’est une longue expérience dont les fruits méritent d’être partagés et le seront à l’occasion de cette quinzaine, dira à l’ouverture des travaux, Valérie Liechti, représentante résidente de la Coopération suisse. Plus précise, elle souligne qu’au Bénin, « s’il est à constater qu’il y a très peu de différence dans les chances d’accéder en première année du primaire pour les filles et les garçons, il est à noter que ce constat s’amenuise au fur et à mesure que nous évoluons dans le cursus scolaire ». Pour preuve, illustre-t-elle, l’indice de parité sur le taux brut d’accès qui est respectivement de 0,98 en sixième, de 0,77 en troisième et de 0,48 en Terminale.
Dans l’enseignement technique, les filles représentent 26% des effectifs scolarisés dans le public et sont plus présentes dans les filières hôtellerie, restauration et médico-sociale, souligne ensuite Valérie Liechti qui appuie son intervention par d’autres chiffres plus indicatifs sur le secteur. Finalement, plaide-t-elle, cet état des lieux fait appel à « des actions urgentes à mener pour améliorer de façon significative les différents taux et réduire les disparités de genre par sous-secteur du système éducatif au Bénin ».
L’œuvre de ces deux organisations est saluée par Jean-Benoît Alokpon, directeur de cabinet du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Grâce à elles, reconnaît-il, la situation en ce qui concerne l’éducation des filles a été améliorée et la réduction des inégalités de genre connaît des avancées. Son vœu, c’est qu’au cours de cette quinzaine, les acquis, , les bonnes pratiques et les leçons apprises soient partagés avec tous les acteurs du système éducatif béninois.
La quinzaine de l’éducation des filles au Bénin prend fin le 21 octobre prochain.

La communauté internationale a célébré, ce lundi, la Journée mondiale de l'habitat. A l'occasion, l'accent a été mis sur la réduction et la valorisation des déchets dans la construction. Mais la place qui doit être accordée aux matériaux locaux, notamment la terre crue, est encore plus grande.
Dans un contexte de croissance urbaine rapide, où près de la moitié de la population des pays en développement et les trois quarts dans les pays développés vivent et travaillent en villes, la problématique d'abris décents et durables se pose avec acuité. La célébration de la Journée mondiale de l'habitat, le premier lundi du mois d'octobre depuis 1986, offre l'opportunité de s'y pencher.
Pour cette édition, l'accent est mis sur la réduction et la valorisation des déchets. Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, insiste sur le rôle important des villes et des communautés dans la réalisation des objectifs de développement durable. Bien planifiées et intelligemment gérées, les villes peuvent conduire à une croissance inclusive et un développement à faible taux d'émissions, estime-t-il.
Comment construire aujourd'hui pour ne pas hypothéquer l'habitat des prochaines générations? Tel est le défi des sociétés qui doivent œuvrer à garantir l'accès équitable au logement, tout en répondant aux exigences du changement climatique qui met à mal l'environnement. C'est en ce sens que l'appel à la valorisation des déchets sonne comme une invite à un changement d'attitudes pour construire durablement, surtout que la planète subit de plein fouet la pollution inquiétante par l’invasion du plastique et les gaz à effet de serre rejetés. Il est nécessaire d'adopter, entre autres, les technologies de recyclage du plastique pour la construction des habitats respectueux de l'environnement et du bien-être commun. Le projet 3P (Plastique - Projet - Pochettes) qui a permis de créer un centre artisanal de recyclage du plastique à Ouahigouya au Burkina Faso, en est un exemple et peut inspirer. Un projet du genre devrait éclore à Parakou, après sa phase pilote, pour résoudre les problèmes d'insalubrité, de prolifération des sachets plastiques et de chômage. Initié dans le cadre du partenariat entre la municipalité et la ville d'Orléans en France, il vise à transformer les sachets plastiques en pavés autobloquants utilisables dans la construction des maisons, des aires de jeux, des passages pour piétons et des routes. L’essor que devrait avoir le projet est loin d’être atteint ; c'est une aubaine à saisir et à généraliser dans les grandes villes du Bénin.
Retour à la terre crue
En plus de l'utilisation du plastique, l'autre matériau de construction qui s'avère abondant, accessible et efficace à tous points de vue, c'est la terre. Construire en terre aujourd'hui constitue une solution idéale pour un habitat en symbiose avec l'environnement. Une exposition présentée du 10 au 27 septembre dernier à l'Institut français du Bénin à Cotonou, a mis en lumière les traditions séculaires en la matière et leurs avantages pour l'humanité. «La terre longtemps dévalorisée au profit de matériaux "modernes" y a retrouvé toutes ses lettres de noblesse et reconquis le champ de l'architecture contemporaine », fait remarquer
Dominique Gauzin-Müller, spécialiste de l’architecture écologique et commissaire de ladite exposition.
Adobe, torchis, bauge, pisé, briques et autres blocs de terre comprimée sont doctement assemblés pour former des édifices solides et attrayants qui témoignent du savoir-faire entretenu depuis plusieurs millénaires en Afrique. Le Tata somba de l'ingénieux peuple Otamari au Nord du Bénin, cette sorte de forteresse, de château et de grenier, en est une parfaite illustration. Le Pavillon de l'architecture en terre construit au cœur du Musée national
Boubou-Hama à Niamey au Niger, la Bibliothèque scolaire Eskaapi d'Abetenim au Ghana, le marché central de Koudougou au Burkina Faso, le complexe touristique éco-responsable Villa Janna "Centre de la terre" dans la Palmeraie de Marrakech au Maroc, attestent d'une exceptionnelle qualité technique et esthétique et surtout de la créativité des concepteurs de ces ouvrages à base de terre crue et pure.
Sur le Vieux continent, en Europe, la construction en terre reste également une tradition vivante. Comme en témoignent la Piscine municipale de Toro en Espagne, le Conservatoire européen des échantillons des sols d'Orléans, le Centre d'interprétation du patrimoine archéologique de Dehlingen en France.
Bien de sites du patrimoine mondial de l'Unesco sont réalisés en terre crue comme Shibam au Yémen, des tronçons de la Grande muraille en Chine, le Palais du Potala au Tibet, la grande Pyramide de la lune au Pérou, Tombouctou au Mali, le Ksar Aït-Ben-Haddou au Maroc, l'Alhambra à Grenade, la maison Munita Gonzalez de Santiago au Chili, etc.
Construire en terre, un matériau dont le transport et la transformation nécessitent peu ou pas d'énergie polluante, est la solution à promouvoir pour préserver l'environnement pour les générations présente et futures.

Le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Rémi Prosper Moretti, a reçu en audience,hier mardi 8 octobre, à Cotonou, l’ambassadeur du Royaume du Maroc près le Bénin, Rachid Rguibi. Les deux hommes ont discuté du renforcement des relations d’amitié et de coopération entre l’institution de régulation des médias du Maroc et celle du Bénin.
Le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Rémi Prosper Moretti, a reçu, hier mardi 8 octobre,la visite de l’ambassadeur du Royaume du Maroc près le Bénin, Rachid Rguibi.
A sa sortie d’audience, ce dernier affirme qu’il s’agit d’une visite de courtoisie au président de la Haac en vue de le féliciter pour sa nomination à la tête de l’institution de régulation des médias. Rachid Rguibi note que la Haac est un organe de préservation des libertés et des intérêts du peuple béninois. « La Haac est un organe important qui permet d’asseoir les bases d’une démocratie forte. L’organe de régulation du Bénin qu’est la Haac a une excellente coopération avec la Haca Maroca dont la présidente a été nommée, il y a de cela quelques mois », a-t-il rappelé. Rachid Rguibi indique également que l’intérêt de cette visite est de développer non seulement une coopération bilatérale entre les deux organes mais aussi une coopération au sein des organes africains et internationaux.
Remerciant le président de la Haac pour l’accueil chaleureux, Rachid Rguibia réaffirme l’accord et la détermination du Maroc à soutenir l’institution dans sa mission de régulation des médias.

Le bureau de la Confédération nationale des employeurs du Bénin (Coneb) était face aux hommes des médias, ce mardi 8 octobre, à Cotonou. Une image plutôt rare qui, d’emblée, montre qu’il y a urgence. Et c’est le cas, puisqu’au menu des échanges, figurent uniquement l’épineux problème de fermeture des frontières nigérianes et ses conséquences sur l’économie béninoise.
La Confédération nationale des employeurs du Bénin (Coneb), appuyée par les présidents des faîtières des producteurs, des transformateurs et des exportateurs d’ananas du Bénin, a animé, hier à Cotonou, une conférence de presse au sujet de la fermeture des frontières par le Nigeria et ses impacts négatifs sur leurs commerces et l’économie béninoise en général. Des échanges à bâtons rompus avec la presse qui se sont soldés par les propositions de la Coneb à l’endroit des gouvernants et du secteur privé pour non seulement maîtriser la situation actuelle mais aussi rendre le Bénin moins dépendant du Nigeria.
« Au nombre de ces doléances, insiste Albin Feliho, président de la Coneb, on peut citer la création d’une commission ad’ hoc pour évaluer les impacts de la fermeture des frontières nigérianes sur les entreprises béninoises en vue de recommander des mesures incitatives à intégrer dans la loi de finances, gestion 2020 ». Les employeurs béninois sollicitent aussi du gouvernement, « des mesures financières exceptionnelles de subvention (après évaluations) au profit des entreprises affectées par cette situation avec le Nigeria afin d’éviter la faillite des sociétés fournisseurs du marché nigérian ayant déjà constitué des stocks en réponse des prévisions des demandes périodiques avant la fermeture des frontières ».
Toujours en termes de propositions à l’endroit de l’Exécutif béninois, la Coneb suggère, entre autres, « l’adoption d’une loi sur la préférence nationale dans certains biens et services produits par les entreprises nationales (la liste des produits sera définie et actualisée chaque année de concert avec l’administration et les représentants du secteur privé) ». Elle propose également qu’un programme spécial de mise en valeur des zones économiques soit élaboré et mis en œuvre de manière rigoureuse.
Outre le gouvernement, les employeurs du Bénin ont également formulé des propositions à l’endroit du secteur privé auquel ils appartiennent. Il faut dire qu’en amont, puis en aval de ces suggestions, ces créateurs de richesse ont rappelé l’historique des liens commerciaux entre le Bénin et le Nigeria, dévoilé les démarches qu’ils ont entreprises afin de contribuer au dégel de la situation, décrit le calvaire qu’ils vivent depuis un mois et demi, que le Nigeria, leur principal marché d’écoulement, a décidé de fermer ses frontières terrestres avec le Bénin.
La Coneb estime, entre autres, que « la prospérité commerciale du Bénin et l’équilibrage de sa balance commerciale résulteront, en partie, de sa capacité à saisir les opportunités que lui offre le marché nigérian dont il dépend énormément ». Par conséquent, martèlent les employeurs, le Bénin doit trouver des solutions endogènes pour réduire sa vulnérabilité trop élevée vis-à-vis du Nigéria, c’est-à-dire transformer ce qui lui semble être une menace en opportunité. Mais pour y parvenir, explique Albin Feliho, faudrait-il que le pays se montre plus compétitif, commercialement plus agressif.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Mesrs), Eléonore Yayi, a visité les infrastructures de l’Université nationale d’Agriculture (Una) installées à Porto-Novo, Sakété et à Kétou pour s’enquérir surtout de leurs difficultés.
La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Eléonore Yayi, a fait d’une pierre deux coups en visitant sur le terrain les infrastructures de l’Université nationale d’Agriculture (Una), en marge de la célébration de la 26e Journée mondiale des enseignants dont les manifestations officielles ont eu lieu les 4 et 5 octobre derniers à Kétou. Elle a visité le rectorat de l’Una à Porto-Novo et les infrastructures du centre universitaire de Sakété abritant l’Ecole des sciences et techniques de conservation et de transformation des produits agricoles. La délégation ministérielle a poursuivi sa tournée à Kétou qui abrite deux centres universitaires. Il y a le site du centre universitaire d’Idigny où sont installées l’Ecole de foresterie tropicale ; l’Ecole d’horticulture et d’aménagement d’espaces verts et l’Ecole de gestion et de la production végétale et semencière. Il y a ensuite le Centre universitaire d’Awaï qui abrite le vice-rectorat de l’Una; l’Ecole du génie rural; l’Ecole de gestion et d’exploitation des systèmes d’élevage et l’Ecole doctorale des sciences agronomiques et de l’eau. Ces écoles ont été visitées sur les 10 que compte l’Una réparties sur cinq sites. Les dix écoles universitaires comptent, selon le recteur de l’Una, Gauthier Biaou, au total 1171 étudiants au titre de l’année universitaire 2018-2019 ; une centaine d’agents et 95 enseignants toutes catégories confondues. L’Una est à sa cinquième promotion, depuis sa création, avec 207 diplômés sur le terrain. Mais tout n’est pas encore rose, note le recteur. En tant que jeune université thématique, beaucoup de défis restent encore à relever pour rendre les différents sites universitaires agréables à l’académie et aux recherches scientifiques, observe Gauthier Biaou. Au nombre des problèmes qui plombent la bonne marche des activités, le recteur évoque surtout la situation des infrastructures du centre universitaire de Sakété qui ne répondent pas aux normes techniques. L’atelier de travaux d’application des étudiants a été réalisé avec le courant domestique alors qu’il fallait des fils de gros calibre pour faire tourner les équipements. Il en est de même, souligne Gauthier Biaou, des installations de plomberie qui sont aussi défaillantes. Pis, le centre est dépourvu de point d’eau.
Espoir permis
La directrice de l’Ecole des sciences et techniques de conservation et de transformation des produits agricoles de Sakété, Flora Chadaré Assogbadjo, appuie les propos du recteur. Ce n’est pas aussi la joie sur les sites de l’Una à Kétou, surtout au centre universitaire d’Idigny où les étudiants et les enseignants parcourent au quotidien plus de sept kilomètres pour s’y rendre. Mieux, les problèmes d’eau se posent aussi avec acuité. Sur les huit forages prévus, un seul a été construit. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a pu toucher du doigt toutes ces réalités. Eléonore Yayi félicite tous les acteurs de l’Una qui se battent au quotidien. Cela, en dépit des difficultés liées notamment à l’électricité, l’eau, aux équipements et aux résidences universitaires. L’autorité ministérielle encourage les uns et les autres à maintenir le cap. Car, l’Una, comme les autres universités thématiques, est inscrite au rang des priorités du Programme d’action du gouvernement (Pag). Lequel met l’accent sur la formation technique et professionnelle pour faire des jeunes de véritables agents de développement à travers l’auto-emploi. Eléonore Yayi se réjouit que les formations de l’Una cadrent bien avec les besoins sur le terrain. Elle rassure les autorités rectorales que le gouvernement jouera sa partition pour soulager leurs peines et renforcer ces formations à travers des travaux pratiques et d’application en atelier. Et ce, en vue de permettre à l’Una d’atteindre les objectifs fixés pour que les responsabilités soient clairement situées à l’heure du bilan.

L’administrateur suppléant à la Banque mondiale, Alphonse Ibi Kouagou, a échangé avec des étudiants sur trois thèmes d’actualité, ce lundi 7 octobre, à Cotonou. Les violences basées sur le genre, la formation professionnelle et l’auto-emploi, étaient au cœur des discussions.
« Violences basées sur le genre », « Création d’emplois », « De l’éducation à l’employabilité », sont les thèmes développés, ce lundi à Cotonou, lors d’une séance d’échanges entre l’administrateur suppléant du Groupe de la Banque mondiale, Alphonse Ibi Kouagou, et des étudiants béninois dont la plupart bénéficient de l’appui de l’Ong Benin Education Fund (Bef Ong).
Ce sont des sujets « éminemment importants pour le développement du pays mais aussi pour l’avenir de la société », apprécie Atou Seck, représentant résident de la Banque mondiale pour le Bénin, à l’ouverture de la séance qui s’est déroulée dans les locaux de la représentation de l’institution. C’était en présence de Dandi Gnamou, enseignante à l’université et conseillère à la Cour suprême, et de Marjorie Adam Soulé, assistante du ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement.
L’exposé sur le premier thème par Angèle Tantoukouté a permis à l’assistance de toucher du doigt les manifestations et les méfaits des pratiques dégradantes récurrentes basées sur le genre, particulièrement sur les femmes et sur la société en général. Si les hommes, principaux ‘’bourreaux’’ en la matière, doivent maîtriser leurs nerfs et ne pas verser dans les violences morale, psychologique ou physique, les femmes, elles, devront se battre pour non seulement connaître leurs droits mais aussi et surtout se prendre en charge afin d’arracher la place qui est la leur dans la société. Les uns et les autres conviennent qu’il faille dénoncer les violences basées sur le genre, les auteurs et complices, pour décourager ce fléau silencieux qui brise des vies entières. L’existence de la loi n°2011-26 du 9 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes, constitue une avancée dans le processus d’éradication de ce fléau ; mais, il importe de vulgariser ses dispositions et de les appliquer afin de prévenir et de punir les actes de violences basées sur le genre.
Evoquant la création d’emplois, Alphonse Kouagou Ibi a insisté sur la nécessité pour les jeunes d’avoir une bonne qualification professionnelle et surtout de s’auto-employer pour faire face aux problèmes récurrents de chômage et de précarité de l’emploi auxquels ils sont confrontés. Le représentant résident de la Banque mondiale au Bénin, Atou Seck, souligne, pour sa part, que le modèle suivant lequel le secteur public aspirait le grand nombre de diplômés est aujourd’hui dépassé et qu’il faille changer de fusil d’épaule. Les jeunes formés « têtes bien faites et bien pleines souvent », doivent songer à l’entrepreneuriat pour créer de la richesse, conseille-t-il. Pour ce faire, il convient de leur créer un environnement favorable et c’est ce à quoi travaille la Banque mondiale avec le gouvernement du Bénin, ajoute-t-il. Il est question de former les jeunes à l’entrepreneuriat mais aussi de les accompagner à s’installer à leur propre compte pour servir la société.
A travers le troisième thème présenté par Jules N. Ponti, et qui se réfère au deuxième, il est conseillé aux jeunes de choisir leurs formations en fonction des débouchés qu’elles offrent. Cela intéresse également les parents qui doivent guider leurs progénitures dans le choix de leurs métiers au lieu de leur imposer leurs propres rêves. Il ressort des interventions que l’agriculture, l’agroalimentaire, le numérique, l’énergie, le tourisme sont des domaines qui regorgent de plein d’opportunités pratiques et monnayables sur le marché du travail à saisir par les jeunes.
En tant qu’entrepreneur social, Alphonse Kouagou Ibi est fondateur de l’Ong Benin Education Fund qui, depuis sa création en 1998, offre des bourses d’études et un soutien éducatif aux jeunes déshérités du Bénin n

Le ministre en charge de la Communication, Alain Orounla, s’est fait le porte-parole du gouvernement, ce lundi 7 octobre, au cours d’une conférence de presse à Cotonou, pour apporter des clarifications au sujet du dialogue politique convoqué par le chef de l’Etat pour le 10 octobre prochain. L’exercice vise à préciser le cadre et le contexte de ces assises et à lever toute équivoque quant aux confusions et comparaisons sur fond de discours polémiques qui se font entendre çà et là.
Le dialogue politique voulu par le chef de l’Etat en invitant les formations politiques en règle pour le 10 octobre prochain n’est pas à confondre avec une conférence nationale. C’est la première nuance apportée par le ministre en charge de la Communication, Alain Orounla, au cours de sa conférence de presse, lundi à Cotonou.
Depuis l’annonce de cette invitation, il s’est répandu certaines interprétations, d’orientations pas toujours bienveillantes tendant à confondre les genres et les notions, a déploré le ministre à l’entame de sa conférence. Pour lui, le dialogue auquel les acteurs politiques sont conviés n’est pas une conférence nationale. Il va en profiter pour préciser le cadre et le contenu à donner au dialogue politique, « radicalement distinct de ce qui a été semé dans les esprits ». Alain Orounla s’est montré formel sur le fait que ce dialogue « n’est pas une assise nationale » et ne saurait être en aucun cas comparé avec la conférence nationale de 1990 imposée par d’autres circonstances. Le Bénin n’est pas dans une situation qui lui impose de s’asseoir pour revoir l’orientation politique du pays, encore moins les bases économiques, réfute le ministre. Les éléments pour exiger une telle rencontre ne sont pas réunis en l’espèce. Le président Patrice Talon n’a pas convoqué toutes les composantes de la nation et le pays ne connait pas une situation de crise nationale et sociale, nuance-t-il.
« L’exercice auquel le gouvernement et son chef convient la classe politique, c’est un dialogue politique pour résoudre des problèmes spécifiques et purement politiques. Ce dialogue ne postule pas qu’on débatte de ces questions devant la nation et que tout le monde s’y invite », indique-t-il, par ailleurs. Sur les revendications d’une certaine société civile, Alain Arounla répond qu’elle n’y a pas sa place. « La politique et les réajustements politiques ne sont pas l’affaire de la société civile, du clergé », précise-t-il, ensuite. Un cadre constitutionnel définit même le cadre de l’exercice de l’activité politique, révèle le ministre pour qui, l’invitation du chef de l’Etat est une adresse aux formations politiques pour corriger et réajuster les lois qui régissent l’animation de la vie politique du pays, décriées il y a quelques mois. Le gouvernement n’est pas sourd aux difficultés et doléances de certaines entités politiques, note-t-il. Il faut donc voir à travers ce dialogue, une réponse positive aux doléances des acteurs politiques.
Rien n’exige aujourd’hui d’envisager une conférence nationale
« Rien n’exige aujourd’hui d’envisager une conférence nationale », rappelle une fois de plus le ministre qui souligne que seules les formations politiques reconnues comme telles par les lois en vigueur dans le pays peuvent y prendre part. La liste des partis convoqués s’est même voulue généreuse. La participation ou non des Forces cauris pour un Bénin émergent a été abordée au cours des échanges au cours de la conférence de presse. Là-dessus, le ministre Orounla est formel. Le gouvernement n’a reçu aucune correspondance de ce parti, a-t-il vertement déclaré. Ce dont on ne peut douter, selon lui, c’est la bonne foi du gouvernement qui a invité au-delà des partis en règle, d’autres qui ont manifesté le désir de se mettre en règle. « Le gouvernement ne se prêtera pas au jeu de certains acteurs qui ont tourné dos à la voie pacifique et à la négociation », insiste-t-il.
Autre préoccupation, l’absence du clergé soulevée par certains. Il ne sied pas pour un dialogue politique de répéter le schéma de 1990, tranche le ministre. Autant que le dialogue social entre les acteurs sociaux, le dialogue politique se passera entre acteurs politiques, tout au plus sous la bannière d’un médiateur, rectifie le ministre de la Communication qui a souhaité que la démarcation soit respectée.