La Nation Bénin...
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Sept morts, plusieurs blessés, des cases et des greniers brûlés, c’est le lourd bilan de violents affrontements entre agriculteurs et éleveurs peuls survenus mercredi 7 juillet dernier dans plusieurs villages de l’arrondissement de Guéné, commune de Malanville.
Les échauffourées meurtrières ont commencé après qu’un paysan du village de Koaratédji ait constaté que les bêtes d’un bouvier ont massacré son champ situé dans la zone agricole de Kangara. Au cours de l’altercation qui s’ensuit, le Peul a charcuté l’agriculteur et lui aurait même coupé la langue. Solidaires de la victime, les paysans de plusieurs villages environnants : Koaratédji, Kantro, Iffènè, etc. se sont révoltés et ont attaqué les camps peuls et les troupeaux qui se trouvaient dans les environs.
Alerté, le maire Inoussa Dandakoe a dû faire appel aux forces de sécurité et de défense, notamment la police et la gendarmerie, pour arrêter le massacre. Les autorités communales sont passées dans les différents villages engagés dans les affrontements pour exhorter les protagonistes à la retenue et à la paix. Le calme est revenu mais la tension reste palpable sur le terrain, à en croire des témoins qui estiment que le nombre d’agents en uniforme, malgré le renfort venu de Kandi, paraît insuffisant pour contenir d’autres velléités d'affrontements.
Fin mai dernier dans la même commune, des heurts du genre avaient éclaté entre paysans et bouviers peuls dans la ferme de Koka dans l’arrondissement de Garou, avec à la clé trois morts et plusieurs blessés graves. Les conflits liés à la mobilité pastorale sont légion dans le Borgou et l’Alibori et font rage à chaque saison ¦
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori
Actualités 08 juil. 2016

Convaincue de sa vision selon laquelle l’éducation peut contribuer à changer le monde, l’Ong Aide et Action joint l’acte à la parole. Elle vient de doter trois écoles primaires publiques de la commune de Dangbo de bibliothèques numériques. Donation financée en grande partie par la Fondation MoneyGram. La cérémonie de remise officielle de ces matériels informatiques s’est déroulée mardi 5 juillet dernier à l’école primaire publique de Kodonou.
Neuf ordinateurs de marque HP, trois imprimantes laser, trois régulateurs de tension 2000W, trois chargeurs solaires de 254W, neuf onduleurs et trois clés Internet MTN avec un an d’abonnement. C’est le lot de matériels informatiques et accessoires offert par Aide et Action pour l’installation des bibliothèques numériques au profit de trois écoles primaires publiques dans la commune de Dangbo. Il s’agit des Epp Agbonou, Hozin/B et Kodonou qui a d’ailleurs abrité mardi 5 juillet dernier la cérémonie de remise officielle des bibliothèques numériques aux bénéficiaires. Lesquelles ouvrent désormais ces trois écoles sur le monde entier à l’instar de trois autres dans la commune de Karimama également couvertes par le projet, se réjouit Antoine Gizenga, directeur pays Togo-Bénin de Aide et Action international Afrique. Selon lui, la mise en œuvre de cette action s’inscrit dans le cadre du projet d’Appui à l’amélioration des conditions d’accueil et d’apprentissage (AC2A-Bénin) piloté par son Ong avec le soutien financier de la Fondation MoneyGram, une structure de transfert d’argent. Les trois bibliothèques numériques sont destinées aux élèves des CMI et CM2 qui en sont les principaux utilisateurs, un excellent outil de travail surtout dans les matières de Mathématiques et de Français aux programmes. Certains des ouvrages de ces deux niveaux ont été numérisés sur les postes pour leur faciliter une bonne assimilation des enseignements dans chacune des trois écoles bénéficiaires. Il en est de même pour les enseignants. Plusieurs des manuels scolaires ont été numérisés sur un micro-ordinateur connecté à Internet pour leur faciliter les recherches et l’actualisation de leurs connaissances.
Ce projet qui a démarré en janvier 2016 à titre expérimental et ce pour une durée de douze mois vise surtout l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la gouvernance participative scolaire par les jeux et les TIC, a indiqué Antoine Gizenga. Il sera appuyé par le coordonnateur régional des Opérations de Aide et Action, Théophile Faho qui souhaite, pour sa part, que la mise en service de ces bibliothèques numériques soit le début d’une révolution technologique par les TIC et l’amélioration de la qualité de l’éducation à Dangbo. De quoi réjouir la directrice départementale des Enseignements maternel et primaire de l’Ouémé-Plateau, Solange Odjo, le représentant du maire de Dangbo, Emmanuel Voglozin, le porte-parole des directeurs des trois écoles cibles, Pascal Kpanou et le représentant des écoliers bénéficiaires, Marie Blanche Honfodji. La mairie de Dangbo a matérialisé cette joie en offrant des cadeaux aux responsables de l’Ong Aide et Action et de la Fondation MoneyGram pour les remercier d'avoir fait œuvre utile aux profits de l’éducation à la base dans la commune ¦
Education 07 juil. 2016

Démarrées au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, le 4 juillet, les consultations intergouvernementales en vue de la 19e session des négociations entre le Bénin et l’Allemagne ont pris fin, le lendemain, sur une note de satisfaction de part et d’autre. Les consultations ayant porté sur divers domaines de coopération constituent la base de négociations des 21 et 22 septembre 2016 à Berlin pour la période 2016-2019.
Les discussions entre les délégations béninoise et allemande dans le cadre des consultations intergouvernementales préparatoires aux négociations de septembre 2016 ont été fructueuses et ont porté sur divers domaines dont l’énergie.
En ce qui concerne les nouveaux projets, il faudra signaler les besoins du Bénin qui ont trait à l’énergie électrique.
La partie béninoise a souhaité en effet le renforcement de ses capacités et des infrastructures énergétiques. Ainsi, des projets de construction et d’exploitation de centrales électriques photovoltaïques, de construction, de restructuration et de renforcement des réseaux électriques ont été soumis à la partie allemande. Sans oublier la construction de petits barrages à but agro-pastoral et la réhabilitation de retenue d’eau et d’aménagement hydroélectrique. La délégation allemande s’est dite prête à examiner ces nouveaux projets. Mais certaines préoccupations ont été soulevées par la délégation allemande. Celles-ci ont trait au sous-financement du secteur énergétique au niveau de la communauté électrique du Bénin(CEB) et de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE), les retards dans le projet de transmission suite aux insuffisances des capacités au niveau de la CEB.
Il ressort que le débat de politique générale a donné l’occasion à la partie allemande de saluer l’avènement du nouveau gouvernement et surtout sa volonté de vite conduire les réformes pour rendre les institutions et l’administration plus efficaces et pour mieux exploiter les potentialités économiques du pays en vue du bien-être des populations.
En dehors de l’énergie, au titre des engagements de la coopération bilatérale au développement, ce sont les projets en cours d’exécution relevant de trois pôles de concentration de l’intervention allemande qui ont été examinés. Il s’agit de la gestion intégrée des ressources en eau, de l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement ; de la décentralisation et le développement communal en plus de l’agriculture et l’éducation.
Des progrès accomplis mais des défis encore
A propos de ces projets, le Bénin a exprimé ses attentes relatives à l’implication effective des cadres béninois dans leur mise en œuvre et au renforcement de l’appui allemand dans les secteurs de son intervention. Si la partie allemande a apprécié les progrès accomplis dans la mise en œuvre des projets en cours, elle ne s’est pas empêchée de faire quelques suggestions. Ainsi, en matière macroéconomique, elle a souligné la nécessité d’une stratégie priorisée de réforme des finances publiques et l’importance d’un budget-programme à partir de 2017 pour un nouveau modèle de gestion administrative axée sur les résultats et plus transparente. Elle a attiré également l’attention du Bénin sur l’importance des mesures fortes pour améliorer l’exécution des dépenses d’investissement, du renforcement et de l’opérationnalisation des organes de contrôle et sur la nécessité de transformer la Chambre des comptes en Cour des comptes indépendante.
Concernant le pôle «Gestion intégrée des ressources en eau, de l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement» il importe que les attributions des compétences soient clarifiées entre le nouveau ministère du Cadre de vie et du Développement durable et le ministère de la Santé, pour l’assainissement de base. De même, la partie allemande a, entre autres, souligné la nécessité de créer un organe indépendant de régulation du secteur de l’eau en vue d’une meilleure gestion de la ressource et du service. En matière de décentralisation et de développement communal, le Bénin a beaucoup de défis à relever. Entre autres, il doit améliorer les capacités de leadership du ministère en charge du secteur pour assurer un pilotage efficace. Il doit œuvrer à l’augmentation substantielle des allocations au Fonds d’appui au développement communal (FADeC) non affecté afin d’atteindre la cible de 15% recommandée par l’UEMOA. Il faudra aussi permettre la maîtrise d’ouvrage communale et la réorientation du rôle des préfectures, le renforcement des capacités des agents des communes et des élus locaux.
Réactivitation
Tout en saluant certaines actions dans le domaine agricole, la partie allemande a jugé utiles la réactivation du sous-groupe sécurité alimentaire et nutrition, l’amélioration du dialogue et de la coopération public-privé, la restructuration de la filière coton, l’allocation de plus de 10% du budget national au secteur agricole et leur exécution en respect des accords de Maputo.
En matière d’éducation, l’Allemagne intervient à travers le projet ProEduc. Et le Bénin souhaite qu’elle étende ses actions à toutes les circonscriptions scolaires. Il tient aussi à être accompagné dans la prise en compte de l’équité genre dans les actions et le renforcement de la qualité de l’enseignement, la promotion de la décentralisation et de la déconcentration dans l’enseignement maternel et primaire, le renforcement des capacités professionnelles des enseignants.
Les points retenus en vue des négociations intergouvernementales prévues pour les 21 et 22 septembre prochains ont été signés par Walter von den Driesch, ambassadeur d’Allemagne près le Bénin, et Marc Hermann Araba, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération. Il faut signaler que c’est le ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, qui a procédé à la clôture des consultations en exprimant sa grande satisfaction quant à la moisson. ?

Le Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi) est dans l’illégalité depuis le 1er juillet dernier. Le mandat de ses membres actuels est arrivé à expiration à cette date. L’Assemblée nationale procède à cet effet, ce jeudi 7 juillet, au renouvellement de ses représentants au sein de cet organe électoral qui aura la lourde mission d’actualiser le fichier électoral en vue du prochain référendum constitutionnel que prévoit d’organiser le chef de l’Etat avant la fin de cette année.
L’alinéa 3 de l’article 219 de la loi n°2013-06 portant Code électoral en République du Bénin prévoit que le Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi) se met en place le 1er juillet de chaque année et cesse ses travaux le 31 janvier de l’année suivante. A l’aune de cette disposition, les membres de l’actuel Cos-Lépi présidé par le député Augustin Ahouanvoèbla sont déjà en porte-à-faux avec la loi. Leur mandat s’est éteint depuis le 30 juin dernier. Ils devraient céder la place aux 11 nouveaux membres désignés à raison de cinq députés par la Majorité parlementaire et quatre députés par l’Opposition parlementaire. Les deux autres membres sont, aux termes de l’article 220 de la loi, le directeur général de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) et le directeur du service national en charge de l’état civil. Les députés sont désignés chaque année pendant la période de mise à jour du 1er juillet au 31 janvier. En tout état de cause, aucun député ne peut siéger plus de deux fois dans le Conseil d’orientation au cours d’une même législature, prévoit la loi.
C’est donc au regard des dispositions de cette loi que l’Assemblée nationale déjà très en retard se rattrape ce jour pour procéder à la désignation de ces 9 nouveaux députés au sein de cet organe. Ce point est inscrit à l’ordre du jour de la séance plénière de ce jour. La clé de répartition des sièges sera examinée par la plénière qui va le voter par la suite. Après l’adoption des modalités, chaque tendance politique va se retrouver pour proposer et déposer sur la table du président de l’Assemblée nationale la liste de ses représentants. La liste complète des neuf membres sera ensuite soumise pour examen et adoption par la plénière. C’est donc cet exercice marathon que les députés feront ce jour. Ils ont intérêt à aller très vite vu qu’ils sont déjà en retard et aussi vu qu’ils procèdent à la clôture de la première session ordinaire de l’année 2016 le lundi 11 juillet prochain. Ce sera donc la course contre la montre pour l’examen de ce dossier.
Il faut rappeler que le Cos-Lépi est une structure administrative indépendante dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie administrative et de gestion. Ses membres prêtent serment devant la Cour constitutionnelle avant leur entrée en fonction. Le Cos a entre autres pour attributions de définir les orientations stratégiques de l’Agence nationale de traitement (Ant), de superviser l’Ant, de décider de toutes les questions permettant d’assurer la gestion et le fonctionnement effectif de l’Ant et des Commissions communales d’actualisation en charge des opérations continues d’apurement, de correction et de mise à jour du fichier électoral national. C’est dire qu’il y a déjà du boulot qui attend la prochaine mandature du Cos-Lépi. Celle-ci aura surtout à mettre réellement au travail les membres de l’Agence nationale de traitement désormais installés dans leurs fonctions avec la prestation de serment de ces derniers à la Cour d’appel de Cotonou. L’Ant remplace désormais le Conseil national de traitement qui a fini ainsi son existence. L’autre défi auquel elle va faire face est l’actualisation du fichier électoral dans la perspective de l’organisation d’ici avant la fin de l’année du référendum constitutionnel devant à aboutir à la modification de la Constitution du 11 décembre 1990 ?

Dans le cadre des 19es négociations intergouvernementales bénino-allemandes, les travaux préparatoires réunissant, du 4 au 5 juillet, les cadres béninois et allemands spécialistes des domaines de coopération se tiennent à Cotonou. Cette rencontre entre les délégations des deux pays permettra d’évaluer la mise en œuvre des projets des secteurs clés de la coopération et de dégager de nouvelles perspectives pour son renforcement. La séance a été ouverte par Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, et Walter Von den Driesch, ambassadeur d’Allemagne près le Bénin.
La phase préparatoire de la 19e session des négociations intergouvernementales bénino-allemandes a démarré à Cotonou. Intervenant en premier lors de la cérémonie d’ouverture des travaux, Walter Von den Driesch, ambassadeur d’Allemagne près le Bénin, a rappelé la récente visite du président de la République, Patrice Talon, dans son pays à l’invitation du ministre de la Coopération allemand. A cette occasion, le premier des Béninois a échangé avec les autorités allemandes à divers niveaux et dans différents secteurs. Les dernières négociations entre les deux pays ont eu lieu en octobre 2013 à Cotonou. A l’issue de ces travaux, l’Allemagne a accordé pour la troisième fois un engagement triennal au Bénin. Cette option triennale permet une meilleure prévisibilité et une réduction des procédures administratives. Pour le compte des présents travaux, a-t-il annoncé, l’Allemagne prévoit un engagement sur trois ans (2016-2019). Mais avant, il faudra évaluer et vérifier le portefeuille en cours. A cet effet, il a évoqué quelques questions relatives aux objectifs communs dont la lutte durable contre la pauvreté. Il s’est dit convaincu des efforts que fait le gouvernement pour relancer l’économie en vue de réduire la pauvreté. Par ailleurs, il s’est félicité de la transparence et de la crédibilité du processus électoral de mars 2016 ayant conduit à l’avènement du régime du président Patrice Talon. « C’est une alternance exemplaire », a-t-il noté. Sur ce chapitre, il salue la volonté du régime du « Nouveau départ » de conduire au plus vite des réformes pour rendre les institutions et l’administration plus efficaces et pour mieux exploiter les potentialités économiques du pays afin d’améliorer le bien-être des populations. « Nous saluons cette volonté de renforcer l’efficacité dans l’utilisation des fonds publics», a-t-il indiqué avant d’assurer son soutien aux autorités gouvernementales.
Toutefois, il a exprimé son insatisfaction quant au niveau de la pauvreté qui, selon lui, depuis des décennies reste alarmant. L’indicateur de développement humain des Nations Unies classe le Bénin 166e sur 187 pays. Il a trouvé cette situation paradoxale au regard de la disponibilité de l’ordre démocratique pacifique, d’une société civile active, d’une potentialité économique non négligeable basée sur le coton et le port et d’une communauté fidèle de bailleurs de fonds. Dans son analyse, il a relevé que cette contre-performance est due au défaut d’un bon climat des affaires, condition indispensable pour induire la croissance économique à travers l’incitation à l’investissement privé. «Il faut plus de sécurité juridique pour que les entreprises locales et étrangères s’implantent au Bénin », a-t-il suggéré. S’agissant des domaines dans lesquels l’Allemagne accompagne le Bénin, Walter Von den Driesch a mentionné l’agriculture, la décentralisation, l’approvisionnement en eau potable. Tout en reconnaissant les progrès accomplis, il n’a pas manqué de reconnaître que le potentiel de la coopération semble loin d’être épuisé. Dès lors, il a trouvé juste de réfléchir pour voir dans quelles mesures optimiser le portefeuille. Aussi est-il dans l’attente de connaître les nouveaux besoins du Bénin.
Le Bénin sur la voie des réformes
En ouvrant les travaux, Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a rappelé que les dernières négociations bilatérales entre les deux pays remontent aux 11 et 12 septembre 2013. Celles-ci ont permis au Bénin de bénéficier de la part de l’Allemagne d’un appui budgétaire de près de 49 milliards FCFA au titre de subvention non remboursable sur la période 2014-2016. Cette enveloppe était destinée aux projets relevant des secteurs prioritaires d’intervention de la Coopération allemande. Il s’agit de la gestion intégrée des ressources en eau, l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement, la décentralisation et le développement communal et l’agriculture sans oublier les deux secteurs transversaux à savoir l’appui macroéconomique et l’éducation de base. A cette subvention se sont ajoutés d’autres engagements financiers, a poursuivi le ministre des Affaires étrangères. Au regard de l’excellence de la coopération, il a signifié qu’elle a produit des «fruits appréciables visibles». L’assistance ne concerne pas que les ressources financières. Elle se rapporte également aux ressources matérielles et humaines. « Le Bénin a bénéficié au total d’un montant de 74 milliards de FCFA », a-t-il synthétisé.
Parlant des réformes envisagées par le nouveau régime, Aurélien Agbénonci a rassuré la partie allemande qu’au Bénin il ne sera plus question d’assister à des soustractions frauduleuses des fonds mis à disposition des projets. C’est pour briser cet élan qu’il y a eu des sanctions récemment pour des cas identiques, a-t-il fait savoir. Mieux, il a demandé à la délégation allemande de tenir informé le gouvernement dès qu’un dysfonctionnement serait survenu dans la mise en œuvre d’un projet.
En outre, il n’a pas manqué d’évoquer les défis du Bénin dans certains domaines dont la gestion des marchés publics et les réformes en cours pour corriger certaines situations.
Les travaux ayant démarré lundi 4 juillet prendront fin ce jour et seront sanctionnés par une note conjointe sur les domaines prioritaires de coopération entre le Bénin et l’Allemagne pour le triennal 2016-2019. ?

Le Bénin a franchi un grand pas dans la création des tribunaux et cours d’appel de commerce. Attendue depuis plusieurs années, l’adoption de cette loi devant favoriser la mise en place de ces juridictions commerciales a été effective lundi 4 juillet.
L’architecture du système judiciaire du Bénin a changé. Elle a connu une grande modification ce lundi 4 juillet avec l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°2001-37 du 10 juin 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin. Cette loi de six articles vise à créer les tribunaux et les cours d’appel de commerce. L’aboutissement de cette réforme législative attendue depuis plus d’une décennie constitue le gage de la crédibilité de tout le système judiciaire et sa reconnaissance tant au plan national qu’international. C'est un levier de développement indispensable pour attirer les financements internationaux tant publics que privés, note le rapport de la commission des Lois, de l’Administration et des droits de l’Homme.
En effet, l’adoption de cette loi était devenue indispensable pour corriger les faiblesses en matière de résolution des litiges commerciaux. Puisque l’organisation actuelle du système judiciaire béninois ne prévoit pas de tribunaux de commerce. Les litiges commerciaux sont encore traités jusqu’ici par les tribunaux de droit commun avec toutes les conséquences qui en découlent en termes de lenteur et de lourdeur administratives. Cette situation n’est pas de nature à arranger les activités économiques, un domaine où c’est la célérité est de mise car le temps c’est de l’argent. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans revers sur les performances économiques du Bénin. Cette situation constitue un handicap à l’essor du tissu commercial, un frein au développement socioéconomique et induit la dépréciation du Bénin dans les rapports «Doing Business». C’est ainsi que pour le compte de l’année 2013, le Bénin a été classé 176e sur 183 pays. Il était donc plus qu’urgent que le Bénin se dote de structures et institutions appropriées à l’amélioration de son positionnement et à l’accroissement de son attractivité dans le monde des affaires. C’est tout l’intérêt de la modification de la loi n°2001-37 du 10 juin 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin en vue de la création des tribunaux et cours d’appel de commerce.
Créer un organe de surveillance
La mise en place de ces juridictions commerciales permettra d’instituer une justice qui assure la sécurité et la célérité des transactions. Selon l’article 3 de la loi adoptée à l’unanimité des députés, il sera créé trois tribunaux de commerce dans les Cours d’appel du Bénin à savoir Cotonou, Abomey et Parakou. Ils exerceront aux côtés des tribunaux de première instance existants. Siègeront collégialement au sein de ces juridictions de commerce des praticiens du droit et des praticiens du commerce et de l’économie pour permettre d’appréhender les réalités du monde des affaires dans le respect des prescriptions légales. Il est prévu également la création d‘un organe de surveillance des juridictions commerciales appelé « Autorité nationale de suivi et d’évaluation des tribunaux et cours d’appel de commerce ». Cet organe est placé sous la tutelle du ministre chargé de la Justice. L’article 5 de la loi crée et régit le fonctionnement des cours d’appel de commerce. Il est prévu à cet effet la création de cours d’appel de commerce pour connaître des jugements rendus par les tribunaux de commerce qui sont frappés d’appel, en application du principe du double degré de juridiction. Ces cours d’appel de commerce seront implantées à Abomey, Parakou et Cotonou. Mais la loi a spécifié que priorité soit accordée à l’implantation de la cour d’appel de Cotonou en raison du volume des litiges survenant dans le ressort territorial. Ainsi, il a été décidé l’installation du tribunal de commerce et la cour d’appel de commerce de Cotonou dans les 12 mois qui suivent l’entrée en vigueur de loi. Et les autres tribunaux et cours d’appel de commerce ainsi que l’Autorité nationale de suivi et d’évaluation, pour leur part, devront être ouverts 24 mois suivant la promulgation de cette loi.
Mais avant l’adoption de ce texte de six articles, plusieurs députés dont Augustin Ahouanvoèbla ont plaidé pour que la cour d’appel de commerce de Cotonou soit installée à Porto-Novo au regard du flux important d’activités économiques dans cette région. Ils ont donc porté un amendement à la proposition de loi. Lequel amendement a été adopté au bout du rouleau avec la bénédiction du gouvernement représenté aux travaux par le ministre de la Justice et de la Législation, Joseph Djogbénou. Ainsi, la ville de Porto-Novo a été retenue pour abriter la Cour d’appel de commerce avec comme territoire de compétence les départements du Littoral, de l’Atlantique, de l’Ouémé et du Plateau. Toutefois, la cour d’appel pour les affaires civiles reste toujours logée à la cour d’appel de Cotonou.
Le ministre chargé de la Justice s’est dit satisfait de voir cette réforme enfin aboutir. L’adoption de cette loi rassure les commerçants et surtout la Banque mondiale prête à injecter des financements pour la création de ces tribunaux et cours d’appel de commerce afin de promouvoir les transactions au Bénin.
Un autre texte révisé
Poursuivant leurs travaux, les députés ont examiné un second dossier. Il s’agit de la proposition de loi modifiant et complétant la loi n° 2008-07 du 28 février 2011 portant code de procédure civile, commerciale, sociale, administrative et des comptes en République du Bénin. C’est un texte de six articles mais ramené à deux articles après examen par les députés et qui vise à rendre conforme ce code avec les réformes découlant de la révision de la loi portant organisation judiciaire au Bénin. La proposition de loi a été adoptée à l’unanimité des députés présents ou représentés.
Th. C. NAGNONHOU
Actualités 05 juil. 2016

Aucun projet touristique, aussi important et générateur de ressources ne doit occulter la préservation de l’environnement et de la nature. C’est ce combat que se proposent de mener plusieurs acteurs intervenant dans les arts, l’aménagement et la construction, afin que la Route des pêches, une fois achevée, reflète un visage humain.
A chacun son couloir, son travail, ses ambitions et sa vision. Pendant que les constructeurs affectés sur le chantier de la réalisation de la Route des pêches s’échinent sous le soleil et la pluie pour donner corps à cette initiative qui permettra de booster le tourisme au Bénin, il se trouve sur le même tronçon, un peu plus en retrait au cœur de Togbin, le village des pêcheurs, des artistes, des architectes, des experts en biodiversité, des photographes… qui travaillent, cogitent. La finalité de leur travail, c’est de faire en sorte que l’érection de cette route longue de plusieurs kilomètres ne mette à mal le potentiel naturel de cette zone qui regorge de populations et de peuples très attachés à la nature, à la plage et à la mer. «Kulturforum Sud Nord a lancé cette plateforme d’échange sous la forme d’un atelier concernant le futur de la Route des pêches, pour lancer un appel à la prudence des citoyens, qu’ils soient politiciens ou riverains», explique Stephan Köhler, initiateur du projet. Selon lui, « la Route de pêches avec sa lagune entre Cotonou et Ouidah est un écosystème unique dans le monde». Plusieurs espèces animales et des plantes y vivent de même que des oiseaux migrateurs qui se reposent et se nourrissent sur cet espace au cours de leur voyage migratoire depuis des milliers d’années.
Autant d’atouts qui justifient l’intérêt accordé au site par le projet intitulé «La Route des pêches a besoin de toi». Lequel se veut, selon son initiateur, un catalyseur et en même temps une médiation entre la nécessité pour les Béninois d’avoir un emploi et l’obligation de la protection de la nature et des riverains. L’ambition de Kulturforum Sud Nord, au terme du projet, c’est de voir s’instaurer « une classe moyenne au Bénin et une nouvelle forme de solidarité entre les riches et les pauvres, servant ainsi d’exemple à toute l’Afrique ». Il faut donc pour y parvenir, éviter le développement anarchique des infrastructures pour le tourisme, et préserver la nature. Et c’est là que l’atelier de dix jours initié par Stephan Köhler et ses partenaires trouve sa justification, l’objectif étant de susciter une « discussion démocratique concernant l’avenir de cette zone ». Sévérin Tchibozo, expert en biodiversité, qui a apporté son expertise à l’atelier de Kulturforum Sud Nord estime que « C’est très important qu’on fasse attention à cette biodiversité et à bien la conserver». La mangrove de Togbin, indique-t-il, est un site déjà inscrit dans le patrimoine mondial et international. Pour ce qui est de la Route des pêches, « C’est un projet ambitieux qui va créer des emplois nouveaux», reconnaît-il, invitant ensuite à faire attention au risque de disparition de l’architecture locale, du mode de vie des habitants de Togbin… En somme, soutient-il, il y a aussi des valeurs ancestrales très importantes qui intéressent les touristes, à conserver aussi, certifie-t-il. Cette vision futuriste est aussi partagée par le comédien Christel Gbaguidi. Celui-ci estime que le projet en lui-même n’est pas négatif et est d’ailleurs un très bon projet de développement. «Mais on est obligé de penser à long terme. Il y des points sur lesquels nous devons nous poser des questions. Il s’agit du devenir des habitants de ce village», déclare-t-il. ?
Actualités 05 juil. 2016

Le Bénin vient de souscrire à un emprunt obligataire pour faire face à des besoins urgents relatifs à la gouvernance du pays. Il pourrait encore solliciter avant la fin de l’année, d’autres emprunts en lien avec les urgences qu’impose la situation financière actuelle du pays. Mais ce n’est pas pour autant que le pays sera accablé. Face à la presse lundi 4 juillet, le ministre d’Etat en charge du développement a rassuré.
Pour une sollicitation de 150 milliards de francs Cfa auprès des acteurs du marché financier, le Bénin a récolté au terme de l’emprunt obligataire lancé dernièrement par le gouvernement, un montant de 202 milliards. Soit 52 milliards de plus et donc un surplus du tiers du montant sollicité, a déclaré au cours d’une conférence de presse à son cabinet, lundi 4 juillet, Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement. Les souscripteurs sont pour l’essentiel, selon ses explications, des institutions, des entreprises et des épargnants béninois. Ce qui témoigne, approuve le ministre d’Etat, d’un retour de confiance en l’économie béninoise. Les ressources, précise-t-il, seront utilisées pour apurer les arriérés dus aux Petites et moyennes entreprises (Pme). Une partie ira également soutenir la dette publique intérieure, puis celle extérieure. Des investissements seront aussi faits avec cette mobilisation pour dynamiser le secteur privé, annonce Abdoulaye Bio Tchané.
Le gouvernement ne s’arrêtera pas en si bon chemin. «Nous allons émettre d’autres emprunts dans les mois à venir, en toute responsabilité», indique le ministre d’Etat. Ces sollicitations supplémentaires permettront, en fonction du contenu du programme d’investissement du régime en place, d’investir dans les secteurs privé et public. Le gouvernement entrevoit aussi des emprunts dédiés, et avance avec assurance, au regard de l’espoir engendré par son premier emprunt obligataire dont le franc succès fait objet de satisfaction de la part du ministre d’Etat en charge du Développement. Dans tous les cas, priorité sera donnée à l’apurement des engagements de l’Etat envers les privés. « Nous allons payer tous les arriérés avérés», certifie Abdoulaye Bio Tchané qui insiste sur la vérification dont fera l’objet chacune des dettes actuelles de l’Etat dont certaines dateraient même de 2013. Quel que soit le cas le Bénin est en mesure de soutenir sa dette», apaise-t-il pour finir. Pour preuve, pour s’en tenir à ses prévisions le gouvernement, selon ses dires, n’a ponctionné que les 150 milliards qu’il a sollicités bien qu’il y en a eu 52 de plus.
«Il n’a jamais été question de taxer le Kpayo»
L’essence de contrebande communément appelée Kpayo s’est invitée dans les échanges que le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané a eus avec les médias à son cabinet, lundi 4 juillet. Sans ambages, il a laissé entendre qu’«il n’a jamais été question de taxer le Kpayo». Beaucoup d’explications ont été déjà données à ce propos, observe le ministre. N’empêche, il s’est livré à des précisions supplémentaires. Lesquelles révèlent que le gouvernement n’a jamais été dans une telle logique. L’option de l’exécutif, c’est de réduire la fiscalité sur les produits à la pompe afin de permettre aux citoyens, en raison de la faible différence entre l’essence vendue dans la rue et celle livrée dans les stations-services, de préférer ce dernier. «Il n’est pas question de mettre des impôts sur le Kpayo», réfute le ministre qui indique que des discussions sont aussi en cours avec le secteur privé afin qu’il vienne en appui pour juguler l’indisponibilité des stations-services dans plusieurs localités du pays. JFM
Actualités 05 juil. 2016

Après plusieurs années de crise et d'échec de plusieurs tentatives de réconciliation, sous l'égide du président de la République, enfin, c'est le début d’une nouvelle ère au sein de l’église protestante méthodiste du Bénin (EPMB).
« Le grand jour s’est levé. Dieu nous a visités. Voici des temps nouveaux. Chantons gloire... le Saint esprit est là», ont chanté des fidèles méthodistes, réunis, dimanche 3 juillet au palais des Congrès de Cotonou pour un « culte de réconciliation et de réunification». C'est le résultat de l’initiative du chef de l’Etat et de son gouvernement. L’instant est solennel. Et les fidèles sont venus de toutes les contrées du pays assister à cette messe à laquelle le président Patrice Talon et la Première dame Claudine Talon, le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, de même que des présidents des institutions de la République et des membres du gouvernement ont pris part. Face à eux, un collège de pasteurs issus de ce qu’on pourrait appeler les deux ex-ailes de l’église protestante méthodiste du Bénin, avec à leurs côtés le pasteur Mathias-Alexandre Creppy du Togo. Sur les visages des fidèles, soulagement, sourire. Le déroulé du culte sera rythmé par moments par des sanglots difficilement contenus, tant l’émotion était au rendez-vous de ce culte.
Un culte célébré dans la sobriété, respectant tout de même le rituel de l’église protestante méthodiste. Preuve que, les deux ailes de l’église n’ont rien changé à la lithurgie. Lecture du Te Deum Laudamus, invocation, confession de foi, psaumes, cantiques, prières, actions de grâce ont accompagné cette célébration de la réconciliation et de la réunification qui a permis d’installer les membres de l’Organe transitoire de gestion (Otg), nouvel organe dirigeant de l’église avec pour but, la cessation de la crise.
L’église retrouve son unité
Les offices de réconciliation engagés par le président Patrice Talon, aux dires des responsables méthodistes ont démarré le 30 mai dernier. Il aura fallu donc une trentaine de jours au chef de l'Etat pour se révéler «l’homme providentiel» de l'EPMB. «Ce jour est celui où le Seigneur a voulu confirmer votre élection», lance Albert Tévoèdjrè pour saluer l’acte posé par le président de la République. «La surprise que vous nous faites aujourd’hui n’était pas au programme. Ce jour devient historique », poursuit l’ancien médiateur de la République. A sa suite, le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia, au nom du gouvernement s’est réjoui de constater que la crise au sein de l’église protestante méthodiste du Bénin n’avait pas de cause dogmatique, mais relevait plutôt d’une querelle organisationnelle. « La paix est une valeur sacrée à laquelle tous les peuples et tous les Etats sont attachés. Elle est la valeur suprême qui rend possible toutes les autres», poursuit le ministre. «Quelles que soient les douleurs du passé», celui-ci plaide pour l’unité au sein de l’église. Avant lui, les pasteurs Mathieu Alao et Nicodème Alagbada, présidents des deux ailes réunifiés se sont adressés à leurs fidèles respectifs pour leur indiquer le chemin à emprunter désormais, celui de la paix, mais aussi et surtout de la prière. Avec l’unité retrouvée, ont-ils estimé, les prières porteront leurs effets.
«Permettez-moi de vous féliciter … pour cet acte de pardon et de paix que vous venez de poser ce jour et qui vous honore tant. Il honore l’église protestante méthodiste et vous honore individuellement. Il honore la foi chrétienne, la foi monothéiste. Il honore tout simplement la foi, la croyance, la spiritualité, l’église… la religion au sein de la République», dira le président Patrice Talon à l’endroit des fidèles et de leurs dirigeants. «Cet acte est pour Dieu la meilleure offrande pour la gloire de son nom et pour la promotion de son église. Pour la République, il fait de vous des artisans exemplaires de la paix et de la construction de l’unité nationale. Soyez en remerciés. Vous venez de donner un bel exemple du citoyen», se réjouit ensuite le chef de l’Etat pour clore son adresse.
Un instant de paix
Inutile de dénombrer le nombre de fois où le mot «Paix» a été prononcé au cours du culte de réconciliation et de réunification organisé dimanche 3 juillet à Cotonou. Dans toutes les interventions, il était présent. Chaque message portait vers cette paix. Des actes de paix, il y en a eu également. De nombreux. Ainsi que l’ont reconnu certains officiants du culte, c’est d’abord un fidèle catholique, en la personne du Garde des Sceaux, le ministre Joseph Djogbénou qui a eu le privilège de donner lecture de l’acte qui consacre la mise en place de l’Organe transitoire de gestion. Le ministre en charge des Cultes, fidèle musulman lui, se verra confiée la charge de dire le message du gouvernement qui consacre la réunification de cette église. Mais le symbole le plus fort, unanimement salué par toute l’assistance, restera sans doute cette poignée de mains entre le Dr Moïse Sagbohan, past-president de l’église, « l’homme de la crise » comme le surnomment certains et son contestataire de tout temps, le professeur Paulin Hountondji. Et comme si Dieu lui-même voulait montrer les signes de la réunification, ces deux hommes qui se trouvent être des acteurs et non des moindres de la scission, côte à côte, ont partagé le même document à la lecture de la proclamation faite par les membres de l’Otg. Un autre symbole qui a fait dire à plus d’un que « la crise est vraiment finie… Dieu a agi… »
La prédication du pasteur Nicodème Alagbada tirée de l’évangile selon Saint Luc au chapitre 10, les onze premiers versets insistera davantage sur cette paix au nom de laquelle, Jésus avait envoyé ses disciplines en mission auprès des peuples d’Israël. Une manière pour lui de rappeler aux fidèles méthodistes unis, la nouvelle mission qui est la leur, celle de la paix. Message fort qui rime bien avec celui prévu ordinairement pour ce dimanche 3 juillet, le cinquième après la Trinité à savoir : l’Evangélisation. Le premier cantique du culte, tiré du recueil « Gloire à Dieu » au numéro 446 en avait déjà donné le top. «Nous venons dans ta maison et nous nous rassemblons pour t’adorer… te louer», avait chanté l’assistance.?
Que prévoit la période transitoire ?
Si les frères méthodistes dissidents d’hier en sont venus à accepter après l’échec des tentatives de réconciliation antérieures, la présente, voulue et conduite en 32 jours par le président Patrice Talon, c’est sans doute parce qu’ils y ont trouvé un intérêt pour l’église. Il est ainsi décrété et validé par tous, une période transitoire d’un an au bout de laquelle l’église protestante méthodiste, selon le vœu de tous, retrouvera son unité d’antan. Au cours de ladite période, l’église sera dirigée par un Organe transitoire de gestion avec à sa tête un président (Nicodème Alagbada). Sont membres, un représentant personnel du président de la République, des pasteurs et des fidèles issus de chacune des anciennes ailes dissidentes. Soit au total, 15 membres pour conduire cette transition. Lesquels, « … au nom de l’église protestante méthodiste en République du Bénin, en présence de Moïse Sagbohan et de Paulin Hountondji avec tous les fidèles, devant toute l’assemblé du Christ, l’Etat et le peuple du Bénin » ont proclamé par leur serment, « la réconciliation de tous les fidèles et la réunification de l’église protestante méthodiste en République du Bénin ».
Ils ont aussi convenu que la date d’entrée en fonction de l’Otg présidé par Nicodème Alagbada est le 3 juillet 2016, de prendre les décisions au sein du bureau par consensus à défaut, de s’en référer à un collège restreint composé des deux pasteurs responsables des anciennes ailes et du représentant du président de la République. Aussi, ont-ils affirmé « l’inéligibilité des membres de l’organe transitoire de gestion de l’église réconciliée après la période transitoire » et de considérer au cours de la même période, l’Otg comme le seul organe de gestion de l’église. Après la période transitoire, les nouveaux organes seront mis en place selon les statuts et règlements en vigueur avant la réforme ayant engendré la crise. Il en sera de même pour le nom de l’église réconciliée qui sera celui d’avant la réforme à savoir : Eglise protestante méthodiste du Bénin. Le protocole signé par les 14 membres présents de l’Organe au cours du culte de réunification précise qu’aucune révision des statuts et règlements ne peut être possible avant la fin de la période transitoire. Il est aussi prévu l’admission à la retraite anticipée des membres de l’organe transitoire qui le souhaitent au terme des douze mois de transition. Les pasteurs en poste dans les églises locales ainsi que les conseils d’église et leurs bureaux y sont maintenus durant cette période à l’exception de l’église locale Béthanie d’Akpakpa. A ce niveau, c’est Mathieu Alao qui officiera en qualité de pasteur en charge et de président d’église. ?

C’est à Bohicon, terre de ses premiers pas au théâtre que le comédien désormais réalisateur Ignace Yètchénou alias « Codjo » ou encore « Togbo » a choisi, il y a quelques jours, pour signer son retour sur les planches. Ceci, à travers la pièce « Histoire de femme » mise en scène par lui pour défendre et même déifier la femme.
Ignace Yècthénou ne s’est pas contenté de mettre en scène la pièce « Histoire de femme ». Il y officie également dans le rôle d’acteur principal. Emportant ainsi le public dans les falaises d’un village lointain Djadjaglodja, il y joue les bourreaux de la femme et s’est attribué tous les mauvais rôles. Il est à la fois batteur de femme, tortionnaire, bourreau sans limite, activiste engagé contre l’émancipation féminine… A Djadjaglodja, Togbo s’est paré pour être l’être le plus répugnant qui puisse exister pour la femme. Sur scène avec lui, Humbert Boko, Guy Kponhento, Inès M'po, Judith Houndjo et Clément Cakpo (instrumentiste). Ces accompagnateurs que le metteur en scène n’a pas réduit aux seconds rôles permettent au public de déceler la linéarité de ce spectacle d’une cinquantaine de minutes partagé entre émotion et douleur, retenu par le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) pour l’étape de la version migratoire à Bohicon.
Le village imaginaire de Djadjaglodja s’est voulu ainsi la terre d’expérimentation des pires douleurs de la femme. Mais l’exercice sinon le spectacle a beaucoup plus un but pédagogique et le choix de Bohicon, ville carrefour pour le présenter au public, au-delà des raisons supra évoquées n’est pas anodin. Mais la femme n’a pas été que malheureuse dans cette histoire. Après avoir joué à fond sa partition de bourreau, l’acteur principal, se verra, le temps d’un songe, dans la peau d’une femme. Misère ! Il y expérimente l’humeur changeant et les brimades de son époux, les exigences liées à la vie de couple, les rapports sexuels à peine désirés mais obligatoires, le supplice de la maternité… Bref un bon condensé du quotidien de la femme qui le fit souffrir au point où le songe s’estompa. Il peut donc voir s’écrouler la barrière qui sépare le rêve de la réalité. Se réveiller non pas dans la peau de la femme qu’il incarnait dans son songe, mais celle de l’homme. Il comprit alors, que la femme, mère de l’humanité, génitrice de la vie est un être faible mais magnifique, audacieuse et dévouée, aimable et pourquoi pas vénérable.
Un spectacle complet
Cette transposition du rêve à la réalité plonge le public dans un silence profond d’où émergeaient uniquement la voix des acteurs, le son du flûte distillé par moments par Clément Cakpo ou encore les petits tapotements sur le tam-tam pour rythmer certains airs des acteurs. Chacune des séquences du spectacle est ainsi vécue par le public avec les émotions y afférentes.
Et, ce n’était pas moins le but du metteur en scène. Car, en plus de revivre ses amours d’il y a quelques années, Ignace Yètchénou visait également un but pédagogique. Celui de sensibiliser à un meilleur traitement de la femme et de la fille. C’est d’ailleurs sur elle que s’ouvre le spectacle, avec Judith Houndjo, seule sur scène contant la misère d’une petite de 12 ans, livrée gracieusement en mariage pour quelques pécules et déflorée dans la plus grande des brutalités par un homme qui a vu le jour 60 ans avant elle. Cruauté ? Sans doute et même plus, surtout lorsque le spectateur découvre au fil des minutes, avec les acteurs, comment une gamine qui ouvre à peine les yeux à la vie se voit contrainte de donner la vie. Début triste, milieu émouvant, « Histoire de femme » se décline et s’éteint, fort heureusement sur une note de gaieté qui donne à Inès M’po et aux autres comédiens, de mettre en exergue leurs talents de danseurs. Erick Hector Hounkpè, le directeur du Fitheb avait, pourrait-on dire, bien fait de souffler avant l’entame, qu’il s’agissait d’un spectacle complet.
En réalité, « Histoire de femme » est inspiré d’un documentaire réalisé il y a quelques années au profit d’une organisation internationale à des fins de sensibilisation sur les violences faites aux femmes et aux filles. « Dans ce documentaire, certains personnages m’ont marqué. Il s’agit d’une fille de 14 ans séquestrée et violée sur des mois par un meunier et une femme de 70 ans veuve, violée par le fils à son mari défunt. Ces deux personnages ont semé en moi une répugnance de ce fléau qui est la violence faite aux femmes et aux filles dans notre société. C’est un mal que nous côtoyons tout le temps sans jamais soupçonner. Pourtant, il est là, très profond et très nuisible. Il faut dire que je travaille souvent sur la thématique… », confesse Ignace Yètchénou. ?