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Nouvelles

Cour constitutionnelle: Les membres du Cos-Lépi prêtent serment demain

Les membres du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) prêtent serment, ce vendredi 6 septembre, devant la Cour constitutionnelle pour leur prise de fonctions.

La Cour constitutionnelle sera sous les feux de la rampe demain, vendredi 6 septembre. Elle reçoit le serment des membres du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) désignés, le mercredi 14 août dernier, par l’Assemblée nationale. Cette cérémonie qui marque l’entrée officielle en fonction des membres de la nouvelle mandature du Cos-Lépi s’inscrit en respect des dispositions de l’article 137 alinéa 3 de la loi n°2018-31 du 09 octobre 2018 portant Code électoral en République du Bénin. Lesquelles  dispositions prévoient qu’«Avant leur entrée en fonction, les membres du Conseil d’orientation et de supervision sont installés par la Cour constitutionnelle réunie en audience solennelle. Ils prêtent devant elle, le serment suivant : ‘’je jure de remplir mes fonctions avec loyauté et probité, de les exercer avec impartialité et en toute indépendance dans le respect de la loi et d’assurer sans défaillance, les devoirs qu’elles m’imposent’’. En cas de parjure, le membre coupable est puni des peines prévues à l’article 357 alinéa 1er du présent Code ». En application de cet article, la Cour constitutionnelle, à travers son secrétaire général, Gilles Badet, a rendu public un communiqué ce mercredi 4 septembre, pour inviter les membres du nouveau Cos-Lépi à sacrifier demain à cette cérémonie de prestation de serment consacrant en même temps leur installation. Il s’agit des députés Edmond Agoua, Domitien Nouémou, Sarrè Malick Mora Sanni, Nestor Noutaï, Jérémie Adomahou, Adam Bagoudou, Assan Séibou, Chantal Ahyi et Mathias Kouwanou. A ces neuf députés s’ajoutent les deux personnalités prévues par la loi, en l’occurrence, le directeur général de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) et le directeur du service national en charge de l’état-civil. Les onze membres du Cos-Lépi seront mis devant leurs responsabilités par la Cour constitutionnelle réunie en audience solennelle. Il leur sera rappelé certainement leur mission, en vertu de l’article 135 du Code électoral, d’apurer et de mettre à jour la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) réalisée en 2011 pour une durée de vie de dix ans. L’opération d’apurement concerne notamment la rectification des erreurs matérielles, la radiation suite aux décès, aux décisions issues des recours, aux émigrants non enregistrés dans les ambassades et consulats ou aux conséquences de dédoublonnage. La mise à jour, quant à elle, porte sur l’intégration des électeurs ayant atteint l’âge de voter, des électeurs naturalisés au cours de l’année et des électeurs immigrants en République du Bénin au cours de l’année et remplissant les conditions requises pour être électeurs. Aussi, prend-elle également en compte les cas de transfert de résidence principale ou de domicile, de changement de lieu d’affectation pour les électeurs assignés à une résidence obligatoire et d’émigration d’électeurs enregistrés auprès d’une ambassade ou consulat de la République du Bénin. La version actualisée de la Lépi issue de la mandature 2018 du Cos-Lépi et qui sera déposée au plus tard le 31 janvier 2020 sera d’une grande utilité pour le Bénin. Puisque c’est de cette liste que sera extrait le fichier électoral devant servir a priori à l’organisation des élections municipales, communales et locales de  l’année prochaine.

Actualités 05 sept. 2019


Régulation du secteur des communications électroniques: Les cahiers de charge types des opérateurs Gsm et Fai adoptés

Au regard du nouvel environnement institutionnel et des obstacles au développement d'une concurrence dans le secteur des communications électroniques, le gouvernement a pris ce mercredi 4 septembre en Conseil des ministres deux importantes décisions en vue d’une meilleure régulation des opérateurs de téléphonie mobile et des Fournisseurs d'accès internet (Fai). A cette occasion de nouvelles licences ont été attribuées aux sociétés Etisalat Bénin Sa et Spacetel Bénin Sa.

Préoccupé par une meilleure régulation du secteur des communications électroniques, le gouvernement du président Patrice Talon a procédé, ce mercredi 4 septembre en Conseil des ministres à l’approbation des cahiers de charges types des opérateurs de téléphonie mobile et des fournisseurs d'accès à internet (Fai) conformément à la loi n° 2017-20 du 20 avril 2018 portant Code du numérique en République du Bénin. Dans ce cadre, les décrets portant approbation du cahier de charges type des opérateurs de téléphonie mobile et de celui des fournisseurs d'accès internet ont été adoptés. Le Conseil a également attribué des licences d'établissement et d'exploitation de réseaux mobiles de télécommunications à la société Etisalat Bénin Sa ainsi qu'à la société Spacetel Bénin Sa, assortis de leurs cahiers de charges respectifs.
D’après le compte-rendu du Conseil des ministres, les cahiers de charges sont destinés à servir de documents de référence et à faciliter la mise en œuvre des principes de régulation, notamment le traitement équitable et non-discriminatoire desdits opérateurs et fournisseurs. En effet, le Code du numérique définit la typologie d’obligations qui peuvent être imposées aux opérateurs par l’autorité de régulation. Dans la nouvelle législation l’autorité de régulation peut, conformément aux dispositions de l’article 143 dudit code, imposer des obligations  de transparence; de non-discrimination;  de séparation comptable; d’accès aux réseaux de communications électroniques, aux ressources spécifiques associées à ces réseaux et aux infrastructures passives, y compris les infrastructures alternatives; de contrôle des prix et d’obligations relatives au système de comptabilisation des coûts; de séparation fonctionnelle.

Société 05 sept. 2019


Présentation des résultats du projet Dindji: Pour le renforcement de la qualité des services Vih transfrontaliers

Lancé le 23 mars 2015 par l’Usaid, le projet Dindji prend fin, le 30 septembre prochain. Destiné à renforcer la qualité des services Vih transfrontaliers offerts aux populations clés du corridor Abidjan-Lagos, les résultats du projet ont été rendus publics, ce mercredi 4 septembre, à Cotonou.

« Le Sida est un ennemi commun à tous. Il n’a pas de frontière et n’épargne personne», a déclaré l’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique, Patricia Mahoney. Ainsi, la lutte contre cette maladie doit être l’affaire de tous. C’est fort de cela, explique-t-elle, que la lutte contre les infections Vih et l’épidémie du Sida fait partie des priorités en matière de coopération des Etats-Unis, le premier contributeur du fonds pour la riposte mondiale de l’épidémie du Sida. Mais force est de constater que du fait de la stigmatisation et de la discrimination, il reste encore des efforts à faire pour atteindre les populations clés, notamment les professionnels du sexe.
C’est pourquoi, initié par le gouvernement américain, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international a lancé le projet Dindji en 2015 pour renforcer la qualité des services Vih transfrontaliers offerts aux populations  clés le long des portions béninoises et togolaises du corridor
Abidjan-Lagos.
Cette initiative qui a duré 4 ans a permis d’augmenter l’utilisation des services par les populations clés grâce à l’intégration des pairs appelés points focaux dans les équipes d’offre de soins des sites pilotes du Projet Dindji; l’organisation de campagne boule de neige pour améliorer le dépistage du Vih et la prise en charge des Ist pour un plus grand nombre de populations clés du Bénin et du Togo. La sensibilisation des populations clés pour la promotion du paquet de prévention contre les Ist/Vih Sida par leurs pairs webmasters; le renforcement des capacités des équipes nationales d’offre de soins aux populations clés du Bénin et du Togo par un stage à la clinique Espace de confiance d’Abidjan ; et l’amélioration de la qualité des soins grâce à la mise en place et au bon fonctionnement des équipes assurance qualité sont également à l’actif du projet.  
Aussi, l’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin, Patricia Mahoney, se réjouit-elle des succès enregistrés et de la contribution qu’a apportée ce projet dans l’amélioration de l’environnement social et juridique, de l’accès et de l’utilisation des soins de qualité par les populations clés du Bénin et du Togo. Elle a apprécié notamment la formation de 504 agents de santé à la non-discrimination dans la provision des soins. Elle a par ailleurs salué l’initiative du dépistage des populations clés ainsi que les références et la prise en charge en cas de découverte de cas positifs.
Ces résultats n’auraient pas été atteints, souligne-t-elle, sans le partenaire de mise en œuvre, l’Ocal, en collaboration avec le Programme national de lutte contre le Sida
(Cnls-Tp). Elle a aussi reconnu les contributions énormes des Ong partenaires comme Besyp, Cérid, Sidaction, Racines et Solidarité. Grâce à leur soutien en faveur des populations clés, elles sont plus confiantes pour porter plainte lorsqu’elles sont victimes de violences.
Le souhait de l’ambassadrice est que les résultats et les bonnes pratiques du projet Dindji soient capitalisés par les structures nationales en charge de la lutte contre les nouvelles infections Vih, afin de s’assurer qu’aucune cible ne soit laissée en marge. Mettre fin à l’épidémie veut dire progresser dans le respect de l’ensemble des droits: droits civils, économiques, politiques, sociaux, sexuels et reproductifs. Défendre les droits des professionnels du sexe est fondamental pour garantir leur accès à des services salvateurs sans discrimination.
Pour le directeur de cabinet du ministre de la Santé, Pétas E. Akogbéto, le projet a apporté, au vu de ses résultats, une contribution déterminante vers l’atteinte de la cible. Il a annoncé que la clôture de ce projet sera suivie d’un autre projet pour accompagner les efforts du gouvernement dans la lutte contre le Vih/Sida au Bénin.

Santé 05 sept. 2019


Coupable de meurtre (12e dossier): Félicien Woueto condamné à 10 ans d’emprisonnement ferme

Le tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué, statuant en premier ressort, a connu, mardi 3 septembre dernier, d’une affaire de meurtre commis à Djakotomey, dans le Couffo. A l’issue des débats sur ce douzième dossier inscrit au rôle de la session criminelle de cette juridiction dépendante de la Cour d’appel d’Abomey, le mis en cause, Félicien Woueto, déclaré coupable, a écopé de 10 ans de réclusion.

La culpabilité du cultivateur Félicien Woueto, né vers 1986 à Djakotomey, est établie pour avoir fusillé Rigobert Dako dans la nuit du 23 au 24 avril 2011, alors que ce dernier, rentré de sa journée de travaux champêtres, passait son temps en compagnie de son épouse et de leurs enfants. Les faits de cet avant-dernier dossier inscrit au rôle de la session criminelle se sont produits dans la maison de la victime sise à Todjimè, un hameau de Djikpamè, dans la commune d’Aplahoué. Le certificat médical fait état de ce que le tir a créé une plaie béante dans une épaule, source d’hémorragie subie par la victime qui a laissé huit orphelins.
Après le meurtre, s’en est suivie la fuite de plusieurs personnes dont deux beaux-frères du défunt et Félicien Woueto, très suspecté, qui sera rattrapé, plus tard, au Togo, puis ramené et placé en détention préventive depuis le 9 mai 2011. Les faits mis à sa charge sont prévus et punis par les articles 295 à 298 et 302 du Code pénal.

Les débats

A  à la barre, le mis en cause n’a pas reconnu les faits. Une attitude contraire à ses aveux à l’enquête préliminaire et devant le juge instructeur. Non seulement Félicien Woueto a tout nié de sa responsabilité dans la commission du meurtre, mais il a surtout tenté de faire croire que ses déclarations, aux étapes précédentes de la procédure, lui ont été arrachées par intimidation.
Qualifiant de diversion, le revirement de l’accusé et se basant sur ses précédentes déclarations plutôt concordantes, selon lui, l’avocat général invite le tribunal à le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité. Florent Gnansomon, dans le fauteuil du ministère public, justifiant ses réquisitions, estime que les relations tendues caractérisées par des soupçons et menaces de mort répétées qui existeraient entre l’accusé et la victime, puis l’évidence d’une compétition entre les deux pour conquérir le cœur d’une même dame sont, entre autres, des raisons suffisantes pour l’accusé qui ne voulant pas se laisser surprendre, s’est montré plus habile en planifiant la fusillade.
« Mais une telle condamnation se ferait sur la base d’éléments non probants », réplique la défense assurée par les avocats Damien Falana et Igor Sacramento. A les en croire, les preuves pour condamner leur client font défaut parce que « l’enquête préliminaire est mal faite » et « la poursuite mal conduite, voire bâclée ». Dans le fond, la défense soulève, entre autres, l’absence d’information sur le fusil ayant servi à commettre le meurtre, les contradictions caractérisant les diverses déclarations de la veuve et du chef du village où les faits se sont produits. Ils n’ont pas manqué de s’interroger sur la crédibilité à accorder aux détails fournis sur la scène de fusillade alors que leurs rapporteurs ne pouvaient apporter, selon eux, la preuve de leur présence sur les lieux du crime.
Ensuite, convaincus qu’en dehors de leur client, d’autres pistes sont plausibles, vu qu’il n’était pas le seul à avoir pris la fuite au moment des faits, les avocats clament que l’imputabilité du crime en l’état est un piège tendu au tribunal. «Il vaut mieux laisser courir un assassin que de condamner un innocent », ont-ils lancé. Fort de ce que le vrai coupable, selon eux, est encore en cavale, les avocats ont, pour finir, appelé le tribunal à prononcer, au principal, l’acquittement pur et simple de Félicien Woueto, leur client ou, au subsidiaire, son acquittement au bénéfice du doute.
Mais c’était sans compter avec la pugnacité du ministère public qui, défendant bec et ongles sa position, trouvait les parades utiles pour relativiser les observations de la défense.
Au délibéré, le président du tribunal de céans, Maximilien Kpèhounou et ses assesseurs pour qui la culpabilité du mis en cause présent à la barre ne fait l’ombre d’aucun doute, vont le condamner à dix ans de réclusion criminelle. Et ceci, disent-ils, sur le fondement de l’ensemble des articles 249 à 383, 361 à 826, 833 et 365 du Code de procédure pénale et des articles 3 et 35 du Code pénal. Etant absente, la partie civile n’a pu être constituée. Mis sous mandat de dépôt le 9 mai 2011 à la prison civile de Lokossa, le coupable devrait recouvrer sa liberté en mai 2021.

Un acte planifié

Le samedi 23 avril 2011 à Djikpamè, dans la commune d’Aplahoué, Félicien Woueto, vraisemblablement encouragé par les nommés Jojo Eni et Joseph Eni, prend la résolution d’attenter à la vie de son voisin Rigobert Dako, puis apprête son fusil de chasse. Après avoir recherché, en vain, ce dernier, toute la journée, il se positionne à la tombée de la nuit, armé, derrière la cabane de celui-ci se  trouvant dans le hameau de Todjimè, et attend le moment propice pour viser la cible et tirer. La victime en succombera quelques instants plus tard. Félicien Woueto prendra alors la fuite pour se réfugier dans un village au Togo.


Composition du tribunal
 
Président : Maximilien
Kpèhounou
Assesseurs : Herbert Solevo, Jocelyn Gbaguidi, Gédéon
Adjiboyé et Firmin Amoussou
Ministère public: Florent
Gnansomon
Greffier : Raoul Hounsou

Société 05 sept. 2019


Année scolaire 2019-2020: Un programme spécial pour les écoles inondées

Les écoles inondées ne seront pas ouvertes le lundi 16 septembre, date de la rentrée scolaire, sur toute l’étendue du territoire national. Toutefois, des dispositions spéciales sont prises pour assurer la rentrée des enfants dans ces zones.

La rentrée scolaire 2019-2020 fixée au lundi 16 septembre ne sera pas effective dans toutes les localités du Bénin, du fait de l’inondation de certaines écoles. Ces dernières pourraient commencer leur rentrée à partir du mois d’octobre. Et elles bénéficieront d’un programme spécial afin de permettre aux apprenants d’avoir le même temps d’enseignement que leurs camarades. C’est une mesure spéciale envisagée par les acteurs de l’école au profit des zones de Bonou, Ouinhi, Zagnanado… dans la basse vallée de l’Ouémé et dans le septentrion où le seuil d’alerte est passé au rouge sur le fleuve Niger, selon les dernières prévisions de l’Agence nationale de protection civile (Anpc). Ces mesures passent également, selon certains acteurs, par les cours accélérés dès la décrue. Le réaménagement du calendrier scolaire figure aussi en bonne place dans les mesures envisagées à cet effet. Les enseignants doivent aborder avec les apprenants l’essentiel pour qu’ils ne perdent pas trop, parce qu’ils seront soumis aux mêmes épreuves, renseigne-t-on.
A Bonou, trois écoles sont concernées par ces mesures. Il s’agit des Ecoles primaires publiques de Kpakpassa dans l’arrondissement d’Atchonsa, de Dogba  et d’Ayogo. Quant à l’Epp
Gnawizounmè dans l’arrondissement de Bamèwogon, l’école n’est pas inondée d’après une source, mais pour y accéder, il faut traverser l’eau. Les directeurs d’écoles et les inspecteurs seuls peuvent se rendre dans les écoles concernées pour apporter le minimum en termes de logistique pour que les enfants puissent commencer effectivement la rentrée après la décrue. La mairie, selon un agent, a envisagé la mise à disposition d’une barque d’une certaine norme pour faire déplacer les enfants à cause des aléas, mais cette formule reste encore improbable.
Il faut dire que la rentrée scolaire en ce temps de crue impose des mesures de vigilance. Celles-ci riment avec l’observance des consignes de l’Agence nationale de protection civile pour que le
Bénin puisse traverser la période de la montée des eaux dans ses bassins fluviaux, sans catastrophe. Les dernières prévisions de la journée de ce mercredi 4 septembre sur la montée des eaux révèlent que les niveaux d’eau relevés sur le fleuve Ouémé sont de 945 cm à Zangnanado, 821 cm à Bonou et 469 cm à Adjohoun. Sur le fleuve Niger, le niveau d’eau est de 893 cm à Malanville. Ainsi, le seuil d’alerte, précise le bulletin d’alerte inondation, demeure rouge dans le bassin du Niger. Dans le bassin de l’Ouémé, l’alerte demeure aussi rouge dans la basse vallée dans les voisinages de Zangnanado et de Bonou. La prévision indique que pour les trois prochains jours, il y aura une tendance à la hausse dans les deux bassins.

Société 05 sept. 2019


Armel Kponoukon dit Sumason, végan: « Cessons de creuser notre propre tombe avec nos dents »

Artiste plasticien, Armel Kponoukon dit Sumason, est un adepte du véganisme, un courant philosophique qui prône la vie sans produits d’origine animale. Végétalien depuis vingt ans, il nous parle ici des motivations de son choix de vie. Ses propos sonnent comme un appel à une alimentation responsable et durable qui procure le bien-être et reste respectueuse de la nature.

La Nation : Quelle est la différence entre végétarisme, végétalisme et véganisme ?

Armel Kponoukon : Les végétariens ne consomment pas la viande mais certains consomment des dérivés des produits animaux tels que les œufs (ovo-végétarisme) ou le lait (lacto-végétarisme) ou encore les deux. Quant aux végétaliens, ils ne mangent que des produits provenant directement des végétaux : feuilles, racines, fleurs, etc. Les végans, non seulement ne mangent que des végétaux mais ne portent pas d’objets provenant des animaux comme les sacs ou les chaussures en cuir. Le véganisme s’est plus développé aux Etats-Unis.

C’est l’extrême, non ?

Non. Il y a les praniques, c’est-à-dire les adeptes du pranisme ou de l’inédie encore appelée respirianisme, qu’on retrouve surtout en Inde. Ils ne s’alimentent pas comme nous : ils ne prennent ni nourriture ni boisson pendant un long moment ; ils vivent seulement du prana, l’énergie vitale universelle.

Et ils arrivent à tenir ?
 
(Rires) Sinon, ils ne vont pas continuer à le faire. J’ai fait l’expérience et j’ai pu tenir une semaine, quoique je fusse devenu faible et j’ai arrêté.

Qu’est-ce qui vous a amené à adopter le végétalisme comme mode alimentaire ? Est-ce par contrainte de santé, de religion ou juste un choix de vie ?

Il y a un côté spirituel et un côté bien-être dans ce choix. J’avais commencé par le côté spirituel: j’estime qu’on fait du mal aux animaux pour juste satisfaire notre ventre. Il y a beaucoup de passages des livres saints qui nous alertent mais nous n’y faisons pas attention. Je vous donne quelques passages. Dieu dit dans Genèse 1 verset 9 : « Je vous donne toutes les herbes portant semence, et tous les arbres ayant des fruits portant semence : ce sera votre nourriture ». Dans l’épître de Saint Paul aux Romains, il écrit: « Il est bien de ne pas manger de viande… » (Romains 14 Verset 21.) Jésus a dit : « Ceux qui mangent la chair d’animaux deviennent leur propre tombeau. Je vous le dis honnêtement, l’homme qui tue sera tué. Celui qui tue un être vivant pour sa chair mange la chair d’un homme mort. » Les religions indiennes demandent également d’éviter de manger de la viande. Un précepte hindou dit: « Evitez la viande ! », car celui qui tue un être sensible ne sera pas béni.
Le Coran, écriture sainte de l’islam, interdit : « De manger des animaux morts, du sang et de la chair ».
Han San Tsu, grand maître Zen chinois, s’est opposé au fait de manger de la viande et a écrit : « Pourquoi ôtez-vous la vie de ces chers êtres pour maintenir les vôtres ? Ceux qui mangent la viande font mourir la graine de grande miséricorde qui est en eux. Ceux qui mangent la viande se tuent et se mangent les uns et les autres. Cette vie, je te mange et la vie prochaine, c’est toi qui me manges »…
Puis, j’ai constaté que les problèmes de santé deviennent de plus en plus récurrents. Il y a beaucoup de maladies : diabète, hypertension, goutte, arthrose, hémorroïde, et souvent les médecins conseillent de diminuer la consommation de viande. Mais où manger sans viande à Porto-Novo où vous savez qu’on aime beaucoup faire la fête. Il n’y avait pas un centre où les gens peuvent manger végétalien. J’ai alors décidé d’installer en 2007 le restaurant « Végan Suma » pour faire la promotion du végétalisme.

Les gens s’y intéressent-ils ?

Oui. Sinon, je ne peux pas tenir depuis douze ans, payer mes employés et les impôts. Les gens comprennent de plus en plus que l’alimentation du futur, c’est non seulement le bio, mais surtout le végétalisme. Il faut manger naturel, ce qui sort directement de la terre. On dit que si tu veux être fort comme le taureau, il faut manger ce que consomme le bœuf et non l’animal lui-même. Le bœuf se nourrit essentiellement des végétaux, des champignons et c’est ce que nous devons faire. Hippocrate, le père de la médecine, disait : « Que ta nourriture soit ton médicament et que ton médicament soit ta nourriture ! ».Actuellement, ça semble utopique, mais si l’on veut vivre longtemps et en bonne santé, nous devons aller au végétalisme pour préserver notre environnement, pour préserver notre santé. Nous devons cesser de creuser notre propre tombe avec nos dents.   
Beaucoup d’études ont montré que l’alimentation carnée est à bannir. Manger de la viande rend l’individu malade  et l’amène à dépenser énormément dans les  maladies tôt ou tard. Aujourd’hui, des enfants sont obèses. D’autres ont prématurément le diabète de type 2, 3, etc. C’est un drame. Il faut que ceux qui ont le pouvoir investissent dans la sensibilisation et dans la production du bio, du naturel et surtout dans la promotion du végétalisme.

Est-il facile de laisser tomber la viande du jour au lendemain ?

C’est vrai que nous avons pris l’habitude de manger la viande depuis des années et cela ne va pas être facile de changer d’un coup. Mais pourquoi continuer à manger quelque chose qui rend malade alors qu’on a ce qui peut le remplacer valablement comme les champignons, le gluten, la ‘’viande’’ de soja ? Ce n’est pas la peine. C’est démontré que le réchauffement de notre planète est dû, en partie, à la grande production des animaux. Nous devons prendre conscience de cela.

Etre végétalien, cela amène à débourser un peu plus d’argent… !

A priori, quand le consommateur doit débourser 2500, 3000 F Cfa, voire plus pour avoir le kilo de champignon frais, alors qu’avec 1200 F, il a déjà le kilo de viande de poulet ou de poisson, vous voyez que le choix est vite fait. Surtout qu’il ignore les vertus nutritives et thérapeutiques du champignon! C’est comme une nourriture de luxe pour certains. Si le prix baisse, les consommateurs vont s’y intéresser davantage et ça va devenir une nourriture de base pour tous. Il importe de communiquer autour pour faire comprendre la nécessité de remplacer la viande ou le poisson par les champignons et autres dérivés végétaux comme le gluten, le soja, etc. Dans très peu de maisons, on consomme de champignon, d’où la nécessité de vulgariser sa production et sa consommation. Beaucoup ne savent pas qu’on peut cultiver le champignon.
Mais je ne pense pas qu’on dépense plus quand on est végétalien. Normalement, la viande qui nous parvient par ici devrait coûter cher mais les subventions et les produits chimiques, notamment les antibiotiques utilisés, font que ça nous revient à bon marché. Voyez : la viande importée coûte moins cher que ce que nous produisons avec notre élevage. Nous devons nous poser de questions. Ces antibiotiques qui entrent dans notre sang ne sont pas destinés aux humains, d’où les conséquences sur notre santé. Des enfants qui grossissent n’importe comment ; des gens se comportent comme des animaux, parce qu’à force de consommer les aliments carnés, ils deviennent violents. Les grands de ce monde : inventeurs, chercheurs, artistes, présentateurs, ne mangent généralement pas de la viande. Pythagore, Socrate, Platon, Diogène, Whitney Houston, Céline Dion, etc., les exemples sont nombreux. Certains sont végétariens, d’autres sont végétaliens; d’autres encore sont végans.

Société 05 sept. 2019


Produits pétroliers: De nouveaux prix à la pompe pour le mois de septembre

 

En application du mécanisme d’ajustement des prix à la pompe, le Conseil des ministres du mercredi 4 septembre a fixé de nouveaux prix pour les produits pétroliers. Les nouveaux prix fixés se présentent comme suit :

Prix des produits pétroliers au titre du mois de septembre 2019

Essence 535 f/l

Pétrole 540f/l

Gasoil 540f/l

Mélange 615f/l

Gaz domestique 425f/l

 

Economie 04 sept. 2019


Offensive diplomatique du Bénin en marge de la Ticad 7 : Le courage politique de Talon salué par le premier ministre japonais

L’ambassadeur du Japon près le Bénin, Kiyofumi Konishi, aux côtés du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a surtout mis en exergue les impressions laissées par le président du Bénin à la Ticad 7, à l’occasion de la conférence de presse tenue ce mardi.

Le chef de l’Etat béninois a été reçu en audience au cours de son séjour au Japon par le premier ministre Shinzo Abe. Les deux personnalités ont abordé la coopération entre les deux pays et ont surtout défini des domaines prioritaires bénéfiques pour le Bénin. Si plusieurs entreprises japonaises ont marqué leur intérêt à se faire plus présentes au Bénin et à investir dans le pays, on a, côté béninois, exprimé les domaines où l’apport du pays du soleil levant sera déterminant. Du compte rendu fait par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, il ressort que, fidèle à son programme d’action quinquennal, le Bénin qui souhaite mettre un point d’honneur à la formation des ressources humaines a sollicité l’appui du Japon dans l’enseignement technique, la formation professionnelle et plus généralement dans l’éducation. Cette sollicitation a reçu un écho favorable de la part de la partie nipponne qui s’est dite prête à appuyer le Bénin. Les échanges dans ce cadre sont allés un peu plus loin entre le président de la République et le président de l'Agence de la coopération internationale du Japon (Jica).   
Mais si le Bénin fait parler de lui depuis la fin de la Ticad 7 du côté du Japon, c’est en raison du leadership et de la vision de son président. L’ambassadeur du Japon près le Bénin, Kiyofumi Konishi, a en effet révélé au cours de la conférence de presse, tout le bien que le premier ministre de son pays dit du président Patrice Talon qu’il a peint comme un homme de vision avec de grandes ambitions. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les grincements de dents engendrés par les réformes politiques, économiques et sociales sont parvenus aux oreilles des plus hautes autorités japonaises. Loin de l’en décourager, le premier ministre Shinzo Abe l’y a plutôt encouragé, ont expliqué les deux animateurs de la conférence de presse. Le premier ministre japonais y a surtout vu du courage et de l’audace.
L’offensive diplomatique béninoise dans ce pays ne s’est pas limitée aux autorités japonaises. Le président Patrice Talon a eu avec ses pairs africains, plusieurs entretiens. Il a notamment échangé avec les présidents du Burkina Faso, du Nigeria, du Niger, du Sénégal, du Mali, du Togo… Avec eux, la coopération bilatérale et le développement de l’Afrique ont été discutés.

Actualités 04 sept. 2019


Jouissance des droits sexuels: La déviance fatale

Les droits sexuels autorisent tout individu qu’il soit jeune, adolescent ou adulte à disposer de son corps et à jouir pleinement de son sexe. Malgré les garde-fous mis en place  par les spécialistes de la santé, il n’est pas rare de constater une certaine déviance fatale aux jeunes. Quelles sont les conséquences liées à l’abus desdits droits ?

Les droits sexuels sont déduits des droits de l’homme. Au nombre de ces droits, on peut citer le droit à l’autodétermination sexuelle, c’est-à-dire que l’individu peut et a le droit de déterminer lui-même sa sexualité. Benjamin
Koudjanou, de l’Association béninoise de la promotion de la famille, affirme que cela signifie qu’on décide soi-même de la façon dont on veut vivre sa sexualité. Ainsi, tout acte sexuel, quel que soit l’âge de l’individu, doit être librement consenti, c'est-à-dire que personne ne peut obliger quelqu’un à des actes sexuels. L’autre droit lié à la sexualité est le libre choix de son partenaire, ajoute-t-il. Ici, personne ne peut vous reprocher ou vous discriminer en raison de votre sexualité. Il s’agit aussi du droit au mariage ou au refus du mariage. Autrement dit, tout individu a le droit de décider lui-même s’il veut se marier, avec qui et quand. Personne ne peut le forcer à se marier contre son gré. Il peut aussi décider de ne pas se marier. Ainsi, on peut divorcer si l’on veut après le mariage. Conformément à la Charte des droits en matière de sexualité et de reproduction, l’individu figure au cœur du développement et il est reconnu l’importance qu’il y a à créer un environnement favorable dans lequel chacun peut jouir de tous ses droits sexuels afin de prendre activement part aux processus de développement économique, social, culturel et politique. La sexualité est un aspect de la vie humaine et sociale qui implique toujours le corps, l’esprit, la politique, la santé et la société. Les droits sexuels sont des droits humains fondamentaux fondés sur la liberté, la dignité et l’égalité inhérentes à tous les êtres humains.
Au nom de ces droits et bien d’autres liés à la sexualité, l’on assiste dans nos lycées et collèges, voire nos universités à une nouvelle pratique sexuelle où chacun y va de son gré, quitte à faire des victimes parmi les filles. Pour avoir de bonnes notes dans les universités, pour avoir de bons postes dans les sociétés ou dans l’administration publique, il faut simplement baisser la culotte. Cette liberté n’est pas sans effet sur la vie sexuelle des jeunes filles.

Conséquences liées à l’abus sexuel

La pauvreté est à la fois une cause et une conséquence de la mauvaise santé sexuelle et des inégalités et exclusions fondées sur la sexualité. Le lundi 29 janvier 2018, le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle a dévoilé la fiche statistique départementale des cas de grossesses enregistrés en milieu scolaire au titre de l’année scolaire 2016-2017. Selon le document publié par les services de ce ministère, l’année scolaire 2016-2017 a enregistré au total 2763 cas de grossesses sur
301 821 filles inscrites. A l’analyse de ce tableau récapitulatif, c’est le département des Collines qui vient en tête avec 472 cas de grossesses. Le département du Couffo ferme la marche avec 17 cas de grossesses dans ses collèges et lycées. De tels chiffres sur les cas de grossesses en milieu scolaire en une année démontrent l’ampleur de ce fléau qui hypothèque l’avenir des jeunes filles.
Par ailleurs, les statistiques de santé dans la sous-région font état de 22 millions d’avortements non sécurisés. Ces avortements sont pratiqués dans le monde chaque année et contribuent pour environ 13% à la mortalité maternelle totale. Une telle situation pose le problème de la protection de l’enfant en matière de sexualité.
Or, l’article 5 de la Convention des droits de l’enfant dispose qu’il incombe aux parents ou autres personnes légalement responsables de l’enfant de donner à celui-ci, d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités, l’orientation et les conseils appropriés à l’exercice de ses droits. Ainsi, les niveaux de protection liés à sa participation à des activités qui risquent de le mettre en danger diminueront selon sa capacité évolutive.
En outre, le principe de capacité évolutive de l’enfant associe le respect de l’enfant, sa dignité et son droit à être protégé contre toutes formes de danger, tout en reconnaissant la valeur de sa contribution à sa propre protection.
Le droit d’être protégé et d’obtenir réparation contre toutes les formes de violences et de préjudices corporels est à la base des droits sexuels. Tous les enfants et adolescents ont le droit d’être protégés contre toutes les formes d’exploitations dont l’exploitation sexuelle, la prostitution des enfants et toutes les formes d’abus, de violence et de harcèlement sexuels.
Aussi, les droits sexuels ne devraient-ils pas conduire la jeunesse à une déviance dont les conséquences sont immenses.

Société 04 sept. 2019


Coupable de parricide: Le pasteur Toussaint Kanvi condamné à 20 ans de réclusion criminelle

Pasteur de l’église apostolique et aiguiseur de profession, Toussaint Kanvi, inculpé de parricide, a répondu, lundi 2 septembre dernier, de ses faits devant le tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué, siégeant en matière criminelle. Il a été déclaré coupable, puis condamné à 20 ans de réclusion.

Placé en détention préventive depuis le 8 décembre 2016, à la prison civile de Lokossa, Toussaint Kanvi est désormais fixé sur son sort. Sa culpabilité est établie dans l’affaire d’assassinat de son père, Yaovi Kanvi, objet du onzième dossier inscrit au rôle de la session criminelle du tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué. L’homicide volontaire commis sur la personne de son père légitime, le parricide, est prévu et puni aux termes des articles 295, 299 et 302 du Code de procédure pénale. Au regard de ces dispositions et tenant compte des pièces versées au dossier ainsi que des débats, Toussaint Kanvi a été désigné coupable et condamné à 20 ans de réclusion par le magistrat Virgile Kponmalégni et ses assesseurs, statuant en premier ressort.
Ce verdict sonne comme une désillusion pour le coupable resté constamment dans la dénégation tout au long de l’audience. « Je n’ai tué personne », martelait-il en tentant de soutenir sa position avec des histoires de jalousie et de sorcellerie.  La constance relevée dans les déclarations de l’accusé réside, en effet, dans sa conviction de ce que son géniteur appartiendrait à un cercle de sorciers auquel il aurait fait don de l’âme de l’accusé, pratique qui, dit-il, est la source de ses échecs répétés.
Né vers 1979 à Djakotomey, Toussaint Kanvi, père de 11 enfants serait criblé de dettes contractées, entre autres, à
Cotonou d’où il s’est replié depuis un bon moment après 11 années de séjour. Au-delà des suspicions, l’élément déclencheur de l’assassinat serait le refus du père d’accorder à son fils sa part d’héritage en vue d’éponger ses dettes. Une opposition à la requête qui serait source de tension caractérisée par des menaces réciproques de toutes sortes y compris de mort, ont confié tour à tour les témoins et sachants ayant défilé à la barre. Le procès du lundi dernier a enregistré six témoins et cinq sachants dont la veuve qui a confirmé avoir reconnu, au cours de l’assassinat de son mari, le visage, les habits et la voix de son fils, l’accusé, alors que celui-ci leur avait laissé croire qu’il serait en voyage.
La conformité des circonstances factuelles rappelées par les témoins et sachants, aux aveux et détails de l’accusé à l’enquête préliminaire puis à l’instruction ainsi qu’à l’interrogatoire de fond en présence de sa défense, selon le ministère public, conforte l’élément intentionnel dans ce onzième dossier. Pour Ousmane Aledji, le ministère public, le meurtrier a bien planifié son crime, « en transgressant le précepte divin qui recommande d’honorer ses géniteurs ». Pour lui, Toussaint Kanvi mérite la réclusion criminelle à perpétuité. Estimant insoutenable une telle peine contre son client au regard du rapport médico-psychologique et psychiatrique, la défense sollicite l’acquittement de son client, en vue de sa prise en charge sanitaire. « Vous avez en face un accusé qui n’est pas en possession de ses facultés. Il n’a pas sa place dans la prison», argumente-t-elle en renvoyant le tribunal à l’article 64 de l’ancien code pénal. Pour la défense, la dénégation des faits devrait confirmer au tribunal l’instabilité émotionnelle de l’accusé telle que mentionnée dans le rapport.
Produit le 26 avril 2017, le rapport des examens psychiatrique et médico-psychologique auxquels l’accusé a été soumis fait cas d’anomalies, de troubles psychiques qui peuvent avoir d’incidences sur son comportement, les faits qui lui sont reprochés. «Les examens psychiatrique et médico-psychologique révèlent, ce jour, des anomalies mentales et psychiques sous la forme de la psychopathie et du complexe d’œdipe mal résolu », précise le rapport d’expertise qui confirme, entre autres, que l’accusé a une représentation négative de son père qu’il « traite de sorcier, de méchant… ». Dans leur conclusion, les experts préconisent « un suivi psychologique et psychiatrique » de Toussaint Kanvi, réadaptable, selon eux, suite à une meilleure prise en charge.
A l’issue des débats et lecture des pièces, le tribunal condamne le coupable désigné, Toussaint Kanvi, à 20 années de réclusion sur le fondement de l’ensemble des articles 249 à 384, 361, 826 à 833 et 365 du Code de procédure pénale ainsi que des articles 34 et 35 du code pénal. Les ayants-droit présents au procès ayant refusé de se constituer partie civile, le montant des dommages et intérêts n’a pas été fixé.

Les faits

Courant 2016 à Edjihoué, dans l’arrondissement de Houégamey à Djakotomey, Toussaint Kanvi, frustré entre autres de ce que son père, Yaovi Kanvi ne lui a pas apporté le soutien souhaité pour faire face à ses nombreuses dettes, en est venu à planifier le meurtre de celui-ci avec l’appui d’un complice. C’est ainsi que le mardi 11 octobre 2016 aux environs de 2 heures du matin, Toussaint Kanvi, accompagné de son complice, se pointe devant la chambre de son géniteur, fait ouvrir la porte, l’asphyxie en lui serrant fortement la gorge des deux mains avec l’aide de son compagnon, un citoyen de nationalité togolaise à qui il aurait promis une contrepartie de 80 000 francs Cfa. Lequel compagnon a préalablement maîtrisé et terrassé la victime. Après le décès de Yaovi Kanvi des suites de ces violences exercées sur sa personne, son corps sera transporté et déposé sur la dalle de latrines inachevées et abandonnées dans les herbes à quelques dizaines de mètres du théâtre du crime, par les assaillants qui prendront la fuite. Le présumé Togolais étant toujours en cavale, seul Toussaint Kanvi rattrapé était à la barre le lundi dernier pour répondre des faits mis à leur charge.

Composition du tribunal

Président : Virgile Kponmalégni
Assesseurs : Maximilien Kpèhounou, Herbert Solevo, Gédéon Adjiboyé et Firmin Amoussou
Ministère public : Ousmane Aledji
Greffier : Bernard Zinsou

Société 04 sept. 2019


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