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Nouvelles

Viol sur mineure (18e dossier): Abdoulaye Sinawaron écope de 15 ans de réclusion criminelle
La 18e affaire inscrite au rôle de la première session criminelle au titre de l’année 2019 du Tribunal de première instance de première classe de Parakou a connu, vendredi 23 août dernier, la comparution d’Abdoulaye Sinawaron. Inculpé pour viol sur mineure, il a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle.
Sur le banc des accusés du Tribunal de première instance de première classe de Parakou, vendredi 23 août dernier, Abdoulaye Sinawaron avait à répondre des faits de viol sur mineure. De nationalité béninoise et né vers 1989 à Yinsi, dans la commune de Pèrèrè, il est célibataire et père de deux enfants. Il a d’abord reconnu les faits, avant de les nier, après avoir été interpellé, puis inculpé. Compte tenu de la sensibilité du dossier, les débats devant le tribunal se sont déroulés à huis clos. Après l’avoir reconnu coupable de l’infraction, le tribunal l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle, conformément aux dispositions de l’article 332 du Code pénal, puis des articles 3 et 11 de la loi 2011-26 portant prévention et répression des violences faites aux femmes. En détention depuis le 2 mai 2014, Abdoulaye Sinawaron a encore près de 10 ans à passer derrière les barreaux. Contre lui, l’avocat général avait pourtant requis huit ans de réclusion criminelle. Des faits, il ressort que Abdoulaye Sinawaron était marié à une femme. Cette dernière, après leur divorce, a trouvé un autre homme avec qui, elle a eu la fillette Rafa Bata. Malheureusement, elle est décédée. Ce qui n’a pas empêché Abdoulaye Sinawaron de garder des liens de familiarité avec la petite alors âgée de 7 ans environ. Il en a ensuite profité pour entretenir des rapports sexuels avec elle, dans la matinée du lundi 28 avril 2014.
Société 27 août 2019


Coups et blessures volontaires (17e dossier): 5 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Mama Moukaïla
Pour le compte de la 17e affaire inscrite à son rôle, la première session criminelle de l’année 2019 du tribunal de première instance de première classe de Parakou a examiné, jeudi 22 août dernier, un dossier de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente. A la barre pour en répondre, Mama Moukaïla a été condamné à 5 ans de réclusion criminelle.
Des remords, Mama Moukaïla n’a certainement pas cessé d’en éprouver, après avoir été inculpé pour coups et blessures ayant entraîné une infirmité permanente. Né en 1991, Mama Moukaïla, Nigérien de nationalité, domicilié à Pèrèrè, a reconnu les faits aussi bien à l’enquête préliminaire, que devant le magistrat instructeur. A la barre du tribunal de première instance de première classe de Parakou statuant en matière criminelle, jeudi 22 août dernier, il n’a également pas nié les faits. La cour, au délibéré,  l’a déclaré coupable, puis l’a condamné à cinq ans de réclusion criminelle. En détention depuis le 29 mars 2016, il lui reste 18 mois pour recouvrer sa liberté. L’enquête de moralité lui est favorable. Il en est de même avec le bulletin N° 1 de son casier judiciaire qui ne fait mention d’aucune condamnation antérieure. Prenant ses réquisitions, le représentant du ministère public s’emploiera à démontrer que les faits sont constitutifs de l’infraction de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente. Le rapport d’expertise médico-psychiatrique et psychologiquen ayant conclu que l’accusé ne souffre d’aucune maladie mentale pouvant abolir la commission de son acte, il déduit qu’il est accessible à la sanction pénale. Il demande alors au tribunal de ne pas lui accorder de circonstances atténuantes et de le retenir dans les liens de l’accusation du chef de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente. L’avocat général invite la Cour à le condamner à 5 ans de réclusion criminelle. Dans sa plaidoirie, le conseil de l’accusé sollicite une sanction de 5 ans d’emprisonnement dont 3 ans fermes et 2 de sursis. Relativement aux faits, dans la soirée du 23 mars 2016, pendant qu’il rangeait ses articles, Oumarou Mamoudou constate la disparition d’une paire de piles. La fouille proposée par ses compatriotes avec lesquels il a l’habitude de rester tous les jours a permis de la retrouver auprès de son voisin Mama Moukaïla. De retour à leur domicile, et en raison des injures qu’aurait proférées Oumarou Mamoudou à son endroit, une altercation naît entre eux. Mama Moukaïla lui porte un coup de machette au niveau du pouce droit, lequel sera amputé.
Société 27 août 2019


Recours contre l’Ordre des avocats pour violation du principe d’égalité: La Cour constitutionnelle donne raison au professeur Eric Dèwédi
La loi n° 65-6 du 20 avril 1965 qui institue une voie dérogatoire d’accès à la profession d’avocat au Bénin pour les professeurs agrégés de droit n’est pas contraire à la Constitution. Eric Dèwédi qui a saisi la Cour constitutionnelle pour faire valoir cet avantage, se dit satisfait de la décision rendue au détriment du Conseil de l’Ordre des avocats qui lui a opposé le règlement de l’Uemoa en la matière.
« Les articles 5 alinéa 1 ; 26 alinéa 2 et 40 alinéa 3 de la loi n° 65-6 du 20 avril 1965 ne sont contraires ni au préambule ni à l’article 147 de la Constitution… Le Conseil de l’Ordre des avocats a méconnu l’article 26 de la Constitution ». Telle est la substance de la décision Dcc 19-287 du 22 août 2019 rendue par la Cour constitutionnelle saisie d’une requête à Cotonou en date du 18 décembre 2018 par laquelle Eric Dèwédi, agrégé des facultés de droit, a formé un recours contre le Conseil de l’Ordre des avocats pour violation du principe d’égalité. Le requérant a déposé une demande d’inscription au tableau de l’Ordre des avocats qui a été rejetée. Ce rejet, estime-t-il, est contraire à son droit à l’égalité dans la mesure où d’autres professeurs agrégés, avant lui, ont vu leur demande acceptée en vertu de l’article 20 de la loi qui institue une voie dérogatoire d’accès à la profession d’avocat au Bénin pour les professeurs agrégés en les dispensant de stage. En vertu de l’article 40 de la même loi, expose le requérant, il n’y a aucune incompatibilité entre la profession d’avocat et celle de professeur ou de chargé de cours dans une faculté de droit ou école, d’autant plus que les enseignants des universités nationales du Bénin jouissent d’une indépendance dans l’exercice de leur métier. Le bâtonnier de l’Ordre des avocats, dans sa réaction, affirme avoir effectivement reçu une demande d’admission au stage du Barreau formulée par le requérant et non une demande d’inscription au tableau du Barreau comme il l’indique dans son recours. Contrairement aux allégations du requérant, soutient-il, la loi applicable à l’admission dans l’Ordre des avocats du Bénin n’est plus la loi n° 65-6 du 20 avril 1965 mais le règlement n°05/Cm/Uemoa du 25 septembre 2014 qui, en vertu de son article 92, abroge et remplace toutes dispositions antérieures contraires. Pour le dirigeant de l’Ordre, c’est ce règlement relatif à l’harmonisation des règles régissant la profession des avocats dans l’espace Uemoa qui instaure une dispense du Certificat d’aptitude à la profession d’avocat au profit des magistrats et professeurs agrégés des facultés de droit, alors que ce certificat était exigé par la loi n° 65-6 du 20 avril 1965 contrairement aux prétentions de monsieur Déwédi. Il souligne que toutefois, les professeurs agrégés ne bénéficient plus d’aucune dispense de stage en ce qui concerne la violation du principe d’égalité allégué par le requérant. A en croire le bâtonnier, tous les professeurs et agrégés, avocats au Barreau du Bénin, ont été admis sur le fondement d’anciens textes et aucun professeur agrégé en droit se trouvant dans la même situation que le requérant n’a été admis ainsi. Par ailleurs, poursuit-il, en vertu de l’article 5 du règlement de l’Uemoa, et contrairement aux allégations du requérant, l’exercice de la profession d’avocat n’est compatible qu’avec la fonction des enseignants vacataires et non des enseignants qui, comme Eric Dèwédi, exercent, par statut, un emploi permanent dans un grade, une fonction publique ou une administration dont dispose le chef du gouvernement. Il conclut qu’il n’y a aucune discrimination à l’égard d’Eric Dèwédi. Arguments de droit En réplique à ces observations, le requérant soutient que même si le règlement de l’Uemoa a une valeur supérieure à celle des normes internes, la loi n° 65-6 du 20 avril 1965 demeure applicable, notamment dans ses dispositions qui ne sont pas contraires au- dit règlement en vertu même de son article 91. Au demeurant, même sous l’empire du seul règlement, Eric Dèwédi soutient que sa demande d’admission sur la liste de stage du Barreau du Bénin en tant que professeur agrégé de droit, est conforme à l’article 24 alinéa 4 dudit règlement, lequel dispense les professeurs agrégés de droit et les magistrats du certificat d’aptitude à la profession d’avocat, tout en les soumettant à des cours de déontologie et de pratique professionnelle d’avocat pour une durée d’au moins six mois. Il en veut d’ailleurs pour preuves que les exemples du Burkina Faso et du Niger où les barreaux ont admis des professeurs agrégés sous l’empire du règlement n° 5 après les avoir soumis au stage. La Cour constitutionnelle sous l’égide de son président Joseph F. Djogbénou, lui donne raison, faisant savoir que le règlement évoqué par le Barreau ne saurait être entendu ni retenu comme une règle fixant une incompatibilité d’exercice de la profession d’enseignant du supérieur dont le régime relève des dispositions statutaires relatives à cette profession. La haute juridiction s’appuie sur le préambule de la Constitution selon lequel, n’est pas contraire à la Constitution une disposition législative nationale qui accorde aux citoyens des droits plus avantageux que ceux résultant d’une norme communautaire ou internationale ; le droit communautaire antérieur ou postérieur s’appliquant aussi longtemps qu’il ne diminue ni ne restreint les droits reconnus par la Constitution et les lois en général en faveur des personnes. Il n’en irait autrement que si la disposition contenue dans les législations nationales antérieures ou postérieures fixe des obligations et impose des suggestions plus élevées que ces conventions régulièrement ratifiées par la République du Bénin. Il en résulte, selon la Cour, que par son refus de satisfaire la demande d’Eric Dèwédi, l’Ordre des avocats du Bénin méconnaît le droit de ce citoyen à l’égalité devant la loi, reconnu par l’article 26 de la Constitution. C’est avec « grande satisfaction» que le requérant a accueilli la décision de la haute juridiction qu’il qualifie «d’avancée notable».« La Cour constitutionnelle a suivi le développement actuel du droit en ce qui concerne l’accès des professeurs et agrégés des facultés de droit au Barreau du Bénin», se réjouit Eric Dèwédi.
Société 27 août 2019


Assistance des Béninois de l’extérieur aux plus pauvres : Des dons de vivres et équipements médicaux aux populations du Mono
Les bras chargés de vivres et d’équipements médicaux, une délégation de la section France du Haut conseil des Béninois de l’extérieur (Hcbe), conduite par son président,Jean Eudes Zoumènou, était, la semaine dernière, à Comé et à Bopa, dans le Mono, en vue d’effectuer des dons aux populations.
La première étape de la descente de la délégation de la section France du Haut conseil des Béninois de l’extérieur (Hcbe) a été la ville de Comé où elle a visité l’orphelinat Bethel House pour la remise de vivres aux pensionnaires. Entre autres produits, ils ont reçu100 kilogrammes de riz, des lots de pâtes alimentaires, des bidons d’huile, des cartons de lait et de sucre. Une machine à coudre et des vêtements font également partie des dons. Très heureux de voir une part importante de leurs besoins ainsi satisfaite, les orphelins et leurs encadreurs se sont confondus en remerciements et prières de prospérité à l’endroit de leurs bienfaiteurs. « Face à tant de dons, nos cœurs sont touchés », indique leur porte-parole, Rachelle Tchantoukin avant de prier Dieu Tout-puissant de bénir les personnes qui ont contribué au financement. Soutenus  par des élus locaux avec à leur tête, Joachim Amoussou, deuxième adjoint au maire de Comé, les responsables du centre n’ont pas manqué d’inviter la section France du Hcbe à demeurer au chevet de l’orphelinat qui héberge une quarantaine de pensionnaires dont 13 filles. « Votre merci, je le transmettrai là-bas, en France, parce que ce que vous recevez est mobilisé par les membres et sympathisants de la section France du Hcbe », a clarifié Jean Eudes Zoumènou. L’objectif de ce soutien, fait-il savoir, est de voir relever davantage les performances des apprenants du centre qui a enregistré 100% de taux de réussite au Certificat d’études primaires (Cep) de cette année 2019. A l’étape de Bopa où la délégation a été accueillie par des autorités locales, des sages et des membres de l’Union de développement, les équipements médicaux ont été réceptionnés par Comlan Moussougan au profit du centre de santé. Des micro-perfuseurs, des poches variées dont celles de sérum physiologique et de recueil urinaire, des seringues de gavage, des gants, des protecteurs cutanés et des articles de pansement sont quelques-uns des équipements offerts. Le centre de santé a également bénéficié d’un générateur d’énergie électrique et des articles pour l’installation de douches sanitaires.
Société 27 août 2019


Lancement d’une nouvelle boisson gazeuse par la Sobébra: Schweppes Agrumes : fraîcheur et goût unique !

La gamme des produits de la Société béninoise de brasserie (Sobébra) s’est élargie, le week-end dernier. Le nouveau produit a pour nom Schweppes Agrumes ! Une boisson gazeuse avec un goût unique depuis 1783, désormais brassée au Bénin. A peine lancé, le nouveau produit est déjà adopté par de nombreux consommateurs qui en raffolent.

Légère, fraiche, enivrante et surtout très délicieuse. Schweppes Agrumes, la nouvelle boisson produite par la Société béninoise de brasseries (Sobébra), est un produit de vieille tradition. Un délice produit pour la première fois en 1783, que la géante des brasseries du Bénin introduit dans le quotidien des Béninois pour leur plus grand plaisir. Etancher sa soif ces jours-ci devient un réel plaisir avec Schweppes Agrumes dont la signature intitulée « Forte personnalité exigée » est tout aussi impressionnante. Samedi 24 août dernier, sur l’esplanade extérieure du stade de l’Amitié de Kouhounou, une bonne partie de l’espace était aux couleurs du nouveau produit. Du personnel de la Sobébra aux hôtesses en passant par les vendeuses… ont arboré le jaune-or de Schweppes Agrumes pour offrir un attrait particulier, un décor de rêve.
Selon Evariste Tchoukpa, coordonnateur Animations, Sponsorings et Evènement à la Sobébra, l’avènement de ce nouveau produit se justifie par la volonté de la société, toujours soucieuse des besoins de ses consommateurs, de mettre à leur disposition des produits uniques répondant à leurs attentes. Le nouveau-né de la Sobébra a un goût unique. Sur les lieux de travail, de restauration, à l’occasion des fêtes et toutes autres célébrations, Schweppes Agrumes est la meilleure recommandation du moment, assure-t-il. Il faut donc se l’approprier, propose
Evariste Tchoukpa à toute la population béninoise. Schweppes Agrumes est disponible en verre consigné de 30 Cl et en pet de 50 Cl. Elle est fabriquée à base de jus d’agrumes notamment de concentré d’orange, de mandarine, de pamplemousse, de citron et de citron vert. Elle a un goût qui prône l’authenticité et l’excellence.  

A peine arrivée, déjà adoptée…

La Société béninoise de brasseries (Sobébra) peut se réjouir d’avoir fait œuvre utile, à savoir de mettre à la disposition du public, un produit qu’il semblait attendre. Le goût unique et les ingrédients de Schweppes Agrumes font d’elle une boisson déjà adoptée. Samedi 24 août, sur l’esplanade extérieure du stade de l’Amitié, au lancement, le public, est venu massivement apprécier ce nouveau produit. Les conducteurs de taxi-motos, souvent épuisés et affaiblis par de longues heures de conduite sous le soleil ont témoigné de son goût unique et rafraîchissant. « Cette boisson a étanché ma soif et m’a rafraichi d’une manière que je ne saurais vraiment vous décrire », confie, souriant, Adrien Assogba, vidant son pet de 50 Cl de Schweppes Agrumes. Il n’est pas le seul à en témoigner. Après plusieurs minutes de prestation sur scène, l’artiste Lèma a eu, elle aussi, le plaisir d’étancher sa soif avec la nouvelle boisson qu’elle crédite d’énergie et de fraicheur.
Comme eux, de nombreux autres consommateurs à peine le nouveau produit goûté, jurent qu’il fera désormais partie de leur quotidien. D’un lieu à un autre, la saveur de Schweppes Agrumes ne varie pas. Dimanche 25 août sur la plage de Togbin, le moment était à nouveau à la fête autour de la nouvelle boisson.

Un goût unique !

Vous êtes confiant et progressiste… vous avez une forte personnalité, le sens de l’humour… Vous êtes social, ouvert d’esprit… Vous tenez désormais votre boisson. Schweppes Agrumes n’est pas qu’une simple boisson. Elle est bien plus que ça et reflète la personnalité de ses consommateurs. Etonnant ? Peut-être ! Mais c’est pourtant vrai. Schweppes Agrumes est un condensé d’ingrédients, mais aussi de valeurs. C’est pourquoi elle dévoile la personnalité de ses consommateurs.

Société 27 août 2019


Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition: Sur le chemin de la réparation…

Grands moments de retrouvailles et d’émotions, vendredi 23 août dernier, sur la plage de la place du Non-retour à Ouidah. Des descendants de personnes déportées lors de la traite négrière, venus de plus d’une vingtaine de pays, ont saisi l’occasion de la célébration de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (Jistna) pour se recueillir devant la mémoire de leurs ancêtres et se connecter à nouveau à  leurs frères africains.

Drapeau martiniquais fièrement tenu, Garcin Malsa, maire honoraire de Sainte Anne en Martinique et président du Mouvement international pour les réparations (Mir) fait des allers-retours sur la plage de la place du Non-retour. Malgré son âge avancé, ce descendant d’esclave scrute le point de départ de ses ancêtres vers les terres connues. Comme lui, bien d’autres personnes sur la plage font le même exercice, mais pas pour longtemps. Certains s’effondrent. D’autres sont inconsolables. Des sanglots fusent de toutes parts. Grand moment d’émotion sur cette plage, point de départ des bateaux négriers qui embarquaient, une fois les esclaves acheminés, vers l’autre bout du monde.
Ce vendredi, à l’occasion de la célébration du 23 août, Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (Jistna), le Bénin a décidé de faire un pas de géant pour la réconciliation avec « les frères de l’autre bout » du monde. « Gloire à nos ancêtres africains, rendus esclaves dans les Amériques pendant quatre siècles », lance, poing fièrement levé, Garcin Malsa. Fier, il l’est tout autant que des Africains réduits en esclavage (Afres) « qui ont su dire aux peuples du monde qu’ils sont des êtres vivants comme tout autre et ont su braver tous ceux qui étaient des obstacles à leur liberté ». Ceux qu’on vendait aux enchères ont montré au monde que l’humanisme est fondamentalement africain, poursuit le maire honoraire de Sainte Anne en Martinique, venu comme bien d’autres sur les traces de son ascendance. « Nous sommes venus ici sur le chemin de la réparation, nous avons retrouvé la reconnexion avec nos frères et nos sœurs qui avaient été déconnectés de nous par le viol et le vol. Nous vivons avec vous un moment extraordinaire », s’extasie le vieil homme soutenu par une salve d’applaudissements sur cette plage bien ensoleillée.
Rendre hommage ! C’est bien le mot principal du message délivré à l’occasion par le président du comité de commémoration du 23 août, Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (Jistna), Christophe Chodaton. « Nous sommes ici pour rendre hommage ensemble à nos aïeuls capturés, déportés et mis en esclavage », explique-t-il. « Ils étaient douze millions et nous devons nous souvenir ensemble de leurs luttes quotidiennes et de la grande révolte du 23 août 1791 qui aboutira à l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage », implore-t-il ensuite. Pour lui, le Bénin a un devoir de mémoire vis-à-vis des descendants de personnes déportées et il est aussi important de sensibiliser les Béninois sur l’ampleur de cette tragédie. « Nous essayons de faire institutionnaliser cette Journée. Nous ne vous oublierons jamais. Nous perpétuerons en votre nom les enseignements de cette tragédie et les valeurs qu’elle porte », conclut-il, un peu comme pour rassurer, au-delà des mers et de la terre, l’âme de ces millions de personnes contraintes à l’esclavage à une certaine époque.  

Envisager ensemble l’avenir

L’un des messages forts de cette célébration, qui sonnait à la fois comme un témoignage et un appel a été celui de Fréderic Régent, président du comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage en France. Si son émotion est encore plus grande sur cette place et sur cette plage, c’est surtout parce que sur l’acte de décès de son arrière grand-mère, il est clairement inscrit « descendante de parents africains inconnus ». Il faut donc, selon lui, une « exigence d’émancipation collective » pour honorer « ces personnes embarquées avec la brutalité la plus extrême » sur les bateaux négriers. Fréderic Régent insiste pour dire que les routes de l’esclavage furent nombreuses et conduisirent ces esclaves, victimes des traitements les plus inhumains  vers diverses destinations pour produire du tabac, du café, du cacao destinés à la consommation pour assouvir les désirs de puissance de leurs maîtres et la recherche de profit des élites et le désir des monarques.  
« Je suis content que nous soyons ensemble aujourd’hui, venus d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, d’Europe, des deux rives de l’Atlantique pour nous souvenir ensemble et envisager ensemble l’avenir qui doit passer par la connaissance du passé, l’enseignement, la recherche, la préservation du patrimoine lié à cette histoire dramatique et la création de lieux de mémoire et d’échanges », laisse-t-il entendre dans son témoignage. Le plus important pour lui, c’est de faire en sorte que le projet d’établir un mémorial avec le nom de ceux qui ont été déportés puisse voir le jour. « Nous défendrons nos mémoires, nos patrimoines, issus de cet héritage douloureux. Nous ne nous rendrons pas complices actifs ou passifs », s’est engagé pour finir Fréderic Régent.
Jimmy Gardner, maire de Prichard en Alabama, tient un discours similaire. S’il se réjouit « d’être chez lui avec sa famille », il insiste aussi pour dire que « nous ne devons pas oublier d’où nous devons et savoir ce qu’il faut apporter aux générations futures ». Pour lui, le plus grand défi est celui des 400 prochaines années où il faudra mener des luttes importantes, car  « ces journées de mémoire ne doivent jamais être effacées de l’histoire ». Des messages, il y en a eu également de la part du maire de la ville de Ouidah, Célestine Adjanohoun, et du représentant de l’Unesco, Ydo Yao. Au nom du gouvernement béninois, le directeur de cabinet du ministre en charge du Tourisme, Ernest Sossou, rappelle « un devoir de mémoire nécessaire » et un hommage à tous ceux qui ont contribué à l’abolition de l’esclavage, contribuant ainsi à une féconde réflexion pour en cerner les conséquences.

Société 27 août 2019


Coopération sino-béninoise : La Chine octroie 63 bourses aux étudiants béninois

L’ambassadeur de la République populaire de Chine près le Bénin, Peng Jingtao, a procédé, jeudi 22 août dernier, à Cotonou, à la remise officielle des lettres d’admission aux 63 nouveaux boursiers béninois autorisés à poursuivre leurs études dans les universités chinoises au titre de l'année académique 2019-2020. A cette occasion, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie Odile Attanasso, a exprimé sa reconnaissance au gouvernement chinois qui accompagne la formation des cadres béninois depuis plusieurs décennies.

Les 63 étudiants béninois ayant obtenu la bourse du gouvernement chinois au titre de l’année académique 2019-2020  ont reçu leurs lettres d’admission dans les universités chinoises, jeudi 22 août dernier, dans les locaux de l’ambassade de Chine à Cotonou.  L’ambassadeur de la République populaire de Chine près le Bénin, Peng Jingtao, a félicité ces jeunes béninois admis à poursuivre les études supérieures dans divers domaines : la physique, l'électronique, la chimie, la communication, le transport, la médecine, les télécommunications, la réalisation,   le droit et les relations internationales et autres.  Selon lui, ils sont 15 étudiants en licence, 15 en master, 15 pour le doctorat et 14 stagiaires. Pour l’ambassadeur, le Bénin a besoin de talents dans tous les domaines pour réaliser le  rêve du « Bénin Révélé ». C’est la raison qui motive l’octroi régulier de bourses aux jeunes Béninois depuis le rétablissement des relations diplomatiques sino-béninoises  en 1972. Il a réitéré l’engagement du gouvernement chinois à continuer à accompagner le Bénin à travers plusieurs projets de coopération. Il a rappelé les prouesses de l’entreprise Huawei qui, à travers son initiative « Graine du futur », permet aux meilleurs étudiants béninois dans le secteur des télécommunications de faire un voyage d’immersion dans les entreprises chinoises. A l’en croire, les meilleurs étudiants de l’Institut Confucius de l’Université d’Abomey-Calavi sont recrutés par des entreprises chinoises comme interprètes. Pour lui, les études à l’étranger ouvrent aux jeunes étudiants béninois des portes nouvelles pour leur avenir. « Ce sont des opportunités pour votre avenir et pour votre pays qui vous attend », a-t-il conclu après avoir donné de sages conseils aux bénéficiaires.
La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie Odile Attanasso, a également félicité les bénéficiaires avant d’exprimer sa reconnaissance au gouvernement chinois. Selon elle, le gouvernement chinois accompagne le développement du Bénin en offrant de façon régulière des bourses aux étudiants béninois depuis plusieurs décennies dans des filières importantes pour le développement. Elle invite les boursiers à représenter dignement le Bénin et à revenir participer à la construction de leur nation. «Nous comptons sur votre succès et sur votre retour pour contribuer au développement du Bénin », déclare-t-elle.
Porte-paroles des boursiers, Rolande Glèlè et Oneil Couao- Zotti, bénéficiaires respectivement d’une bourse de master en Développement rural et en Diplomatie et Relations internationales, ont remercié en français et en chinois, le gouvernement de la  République populaire de Chine pour son appui constant à la formation de cadres susceptibles de contribuer au développement du Bénin .

Société 26 août 2019


Viol suivi de menaces de mort et pratique de charlatanisme (5e dossier): 7 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Lansoudé Dahouè

Lansoudé Dahouè, le mis en cause du cinquième dossier au rôle de la session criminelle en cours au tribunal d’Aplahoué, dans le Couffo, était à la barre le vendredi 23 août dernier, pour répondre des faits de viol, menaces verbales de mort sous conditions et pratique de charlatanisme. Déclaré coupable, il a écopé de 7 ans de réclusion.

7 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Lansoudé Dahouè. Cette décision fondée sur plusieurs dispositions du code de procédure pénale et l’article 3 de la loi numéro 2011-26 portant prévention et répression des violences faites aux femmes, renvoie ce cultivateur de profession, en prison, pour les quatorze prochains mois. Il était en détention préventive depuis le 28 novembre 2013 avant d’écoper de 7 années de réclusion. Au titre des dommages et intérêts, il a été condamné à payer un montant total de 1,5 million de francs Cfa à ses deux victimes V.  E et E. S. En proie à la drépanocytose, V. E à qui revient la grosse part de la cagnotte soit un million de francs Cfa, étant déjà passée de vie à trépas, le tribunal a donné acte à sa mère pour représenter les ayants-droit.
Démontrant que les faits de ce cinquième dossier sont bel et bien constitutifs d’infractions graves, le ministère public représenté par Djimila Kalifa a requis contre l’accusé, 8 ans d’emprisonnement ferme. Pour lui, les populations attendent du tribunal une censure pédagogique sévère des déviances en cause, de sorte à avoir moins de dossiers de viol à la prochaine session criminelle. 7 dossiers sur les 13 enrôlés dans le cadre de la présente session sont des affaires de viol. En plus de la réclusion, Me Caster Azia de la partie civile a réclamé le paiement de sept millions de francs Cfa pour tous les préjudices confondus y compris les menaces de mort sous conditions et la pratique de charlatanisme dont des scarifications encore présentes sur le corps de l’écolière E. S, selon ses propres déclarations à la barre.
L’avocat de l’accusé s’appuyant sur le certificat médical de la victime de viol et le rapport médico-psychologique de son client, conteste la constitution des faits de viol sur V. E et soutient l’irresponsabilité pénale de Lansoudé Dahouè,  au regard de l’article 64 du code de procédure pénale. Par les mêmes moyens, il plaide l’acquittement de son client, décision devant lui permettre d’aller se faire soigner en famille. Sur la constitution de la partie civile, l’avocat de la défense, Bonaventure Essou, implorant la clémence du tribunal, poursuit que son client est un indigent, incapable de payer ce qui lui est demandé.
Né vers1986 à Aplahoué, Lansoudé Dahouè, célibataire sans enfant, traine diverses infirmités. Handicapé moteur et malentendant, il est également incapable d’articuler distinctement les mots. En somme, il présente « un état physique détérioré et un état psychologique altéré », selon les experts commis à l’examen médico-psychologique qui, décelant des anomalies mentales pouvant avoir des incidences sur son comportement, ont prescrit « la nécessité de son hospitalisation dans un centre adéquat pour une meilleure prise en charge». Le bulletin numéro 1 de l’accusé ne fait mention d’aucune condamnation antérieure.

Viol suivi de menaces de mort

Dame Léontine, ménagère demeurant à Kogbétohoué, arrondissement de Hondji (commune de Klouékanmè) avait conduit sa fille, V. E, âgée de 10 ans environ, en raison des ennuis de santé, chez un féticheur de la localité où elle a été gardée pour des soins. La fillette recevait les soins auprès de ce tradithérapeute quand, le jeudi 2 octobre 2013, aux environs de 20 heures, le nommé Lansoudé Dahouè a profité de l’absence de dame Léontine pour inviter sa fille à venir chercher de la viande pour le féticheur. Une fois à son domicile, le mis en cause a réussi à tirer la petite dans sa chambre où, après l’avoir déshabillée, a tenté d’abuser d’elle. Pour camoufler son forfait, Lansoudé Dahouè menace de mort la victime si elle tente de le dénoncer. Malheureusement pour lui, malgré ses menaces, la fillette informa sa maman de sa mésaventure, qui à son tour, alerta le chef du village. Suite à cette saisine, l’élu local, aidé de certains de ses collaborateurs, appréhende le mis en cause et le conduit à l’ex-brigade de Gendarmerie nationale, plusieurs jours après la commission du forfait.
Au cours de l’enquête préliminaire, la brigade a reçu la plainte d’une autre écolière du nom d’E. S âgée de huit ans environ, contre le même prévenu pour tentative de viol et pratique de charlatanisme sur sa personne. L’acte dont elle aurait été victime, depuis le 19 octobre 2013, et en raison des pratiques de charlatanisme matérialisées par les scarifications au bas ventre, à la hanche puis au front effectuées sur elle par ce dernier, elle n’a pas cru devoir le dénoncer à temps, de peur de mourir comme le lui a signifié le mis en cause.
Interpellé sur les faits qui lui sont reprochés, Lansoudé Dahouè les a formellement reconnus avant d’emprunter la voie de la dénégation.

Composition du tribunal

Président : Maximilien
Kpèhounou
Assesseurs : Antoine Houézé, Herbert Solevo, Jocelyn
Gbaguidi et Gédéon Adjiboyé
Greffier : Théotime Gnanha
Ministère public : Djimila Kalifa

Société 26 août 2019


Tpi d’Aplahoué / Viol sur mineure (3e dossier): Julien Edah condamné à six ans de réclusion criminelle

Poursuivi pour avoir abusé d’une mineure d’à peine 10 ans, le jeune artisan Julien Edah a répondu de ses actes, mercredi 21 août dernier, devant le tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué, dans le Couffo, siégeant en matière criminelle. Déclaré coupable à l’issue des débats, il a écopé de six ans de réclusion criminelle.

Soudeur de profession, Julien Edah de nationalité béninoise était âgé de 18 ans au moment du viol dont il a été déclaré coupable le mercredi dernier. Il a été condamné à six ans de réclusion criminelle et à payer un million de francs Cfa de dommages et intérêts à
L. H., la victime, représentée à la barre, par Me Caster Azia. Le tribunal ayant suivi le réquisitoire du ministère public qui a démontré que les actes de pénétration vaginale commis sur l’écolière âgée de 9 ans et demi étaient non seulement constitutifs d’infraction mais que le viol constitue l’une des infractions les plus graves, même en l’absence de circonstances aggravantes. Se basant sur cette conviction, le ministère public a requis au principal une lourde sanction de réclusion criminelle à perpétuité et, au subsidiaire, une condamnation à 20 ans de réclusion criminelle assortie de 5 millions francs Cfa de dommages et intérêts.
Mais grâce à la clémence du tribunal présidé par le magistrat Virgile Kponmalégni, l’accusé Julien Edah, père de trois enfants, n’a écopé que de six ans de réclusion criminelle. Il est donc retourné en prison pour y passer quelque huit mois avant de recouvrer sa liberté. Il était en détention préventive depuis le 27 mars 2014 à la suite de la dénonciation du viol commis le 24 février de la même année. Pour en arriver à cette décision saluée par sa défense assurée par Me Guy Dossou, il a fallu plusieurs suspensions en vue de calmer la tension qui montait lors des débats. Puisque si l’accusé avait, en effet, reconnu les faits à l’enquête préliminaire et à l’instruction, il s’est engagé dès l’entame du procès dans la dénégation, avant de passer aux aveux, avec des remords et en implorant la clémence du tribunal.

Les faits

Confondu par les questions du président du tribunal puis le ministère public et la partie civile, l’artisan Julien Edah, né vers 1996 à Toviklin, est finalement parvenu à regretter les faits mis à sa charge en se fondant en larmes. Lesquels faits remontent au mercredi 19 février 2014 dans le village de Mouzounhoué à Aplahoué, dans le Couffo, où L. H. censée être en classe, avait sollicité vers 10h une permission pour rentrer chez ses parents en vue de prendre des soins sanitaires contre des maux de tête et la fièvre. Autorisée à rentrer, elle va retrouver la maison vide. Ni ses parents ni les cohabitants n’y étaient présents. Seule, elle décida de se reposer dans la chambre de sa maman. C’est alors que l’un des cohabitants, Julien Edah, surgit, prétextant venir prendre une douche. Il ferma le portail puis la porte de la chambre où se reposait la mineure et abusa d’elle, à deux reprises, en dépit de son état de santé dégradé qu’il n’a pas nié à la barre. Après avoir satisfait sa libido, il abandonna la fillette souffrante en lui laissant deux plaquettes de médicaments qui, selon ses propos, n’étaient rien d’autre que du paracétamol acheté dans la rue. Après, il a pris la route de Toviklin, sa commune natale, pour aller y séjourner pendant quelques jours sous prétexte d’assister aux funérailles d’une parente. Le certificat médical produit au sujet de L. H. révèle la présence de traces de violence récente et des signes de défloration anciennen

Composition du tribunal

Président : Virgile Kponmalégni
Assesseurs : Bienvenu
Sohou, Gédéon
Adjiboyé, Thierry Ahovè et Firmin Amoussou
Greffier : Théotime Gnanha
Ministère public : Fidèle
Iko Afe

Société 23 août 2019


Recrudescence des accidents de la route: Akassato-Sékou ou le tronçon de la mort

La route Akassato-Bohicon continue de faire des victimes à cause de son état inachevé. Chaque jour avec son lot d’accidents, les uns aussi graves que les autres !

Le tronçon Adjagbo-Sékou tue ! Cette portion de la route inter-Etats n°2 enregistre au quotidien de nombreux cas d’accidents mortels à cause de son exiguïté et des terre-pleins centraux devenus de véritables pièges à homme.
Des familles endeuillées, des blessés graves et des dégâts matériels énormes... L’axe de la mort fait grincer les dents. Le dernier drame en date sur ce tronçon est la mort de deux écoliers fauchés à hauteur de Kpossouhoué suivie dans la même journée du décès d’un jeune policier et de son beau-frère qui se sont retrouvés sous un camion dans le tournant Glo-Doto-Zotogou. Leurs parents, inconsolables, ne sont pas encore prêts d’oublier ces drames sur cette route prévue pour être construite en double voie mais restée inachevée. La circulation y est ouverte dans un seul sens depuis cinq ans.
« Ce tronçon est un véritable mouroir », ironise Bonaventure Houéfa, conducteur de taxi-moto, rencontré ce mardi, dans les alentours du parc du marché Missèbo, dans l’arrondissement de Glo-Djigbé. Il montre les carcasses d’engins endommagés et des traces de sang sur la route, occasionnés par les accidents survenus deux jours plus tôt. « Alors qu’il circulait en direction d’Allada, un chauffeur poids lourd a perdu le contrôle avant de percuter le terre-plein central dans le virage à hauteur de l’Espace Cievra à Glo-Djigbé. Un cycliste qui venait en sens inverse n’a pas eu le temps de lui échapper. Il est mort sur-le-champ après de sérieux dégâts matériels », raconte-t-il avec douleur. A l’en croire, il n’y a pas de semaine où l’on n’enregistre d’accidents dans le tournant Glégbodji-Djissoukpa-Missèbo et carrefour Tori.
« Tous les jours, on enregistre des accidents mortels, surtout sur l’axe Akassato-Glo. C’est un drame ! », renchérit le chef d’arrondissement de Glo-Djigbé, Thomas Ouinsou. Selon lui, des dizaines de personnes se blessent, sont frappées d'incapacités ou meurent chaque semaine sur ce tronçon. Dans leurs rangs, on compte de nombreux enfants et aussi des personnes âgées. « On enregistre parfois jusqu’à 10 morts par semaine sur cet axe », précise-t-il. Les dégâts sont perceptibles sur cette route où les panneaux et autres installations sont détruits.

« Pas de semaine sans morts »

Vendeuse au marché Missèbo, dame Elisabeth Hounsa, témoin de plusieurs accidents sur cette voie, pense que c’est un véritable problème non seulement pour les usagers de la route mais aussi pour les vendeuses de ce marché. « Depuis que la voie a été ouverte,  il n’y a pas de semaine où l’on n’enregistre de morts », témoigne-t-elle. A l’en croire, les conducteurs de camions et de bus perdent souvent le  contrôle et viennent tuer des vendeurs ou des acheteurs au niveau du marché. Les cas d’accidents sont légion, surtout les jours de marché, poursuit-elle. Comme elle, Ernest Azontondji, mécanicien au bord de cette voie à la hauteur de Glégbodji, confirme la fréquence des accidents à cet endroit. « Au moins deux à trois accidents surviennent chaque semaine devant nous ici », confie-t-il.
Plus loin, sur le parc des taxi-motos situé à quelques encablures du marché de  Sékou, Dominique Awadé, confirme la régularité des accidents sur ce tronçon à sens unique. Il pense que les dos d’âne mal érigés et l’absence de panneaux de signalisation sont à la base de cette situation. « A moto à une modeste vitesse, tu entends, des fois, les voitures freiner violemment derrière toi quand les chauffards se rendent compte qu’ils ne pourront pas te doubler, avant le terre-plein. A chaque fois, je prie que ceux qui me suivent aient de bons réflexes et un système de freinage en bon état », laisse-t-il entendre.
Comme lui, son confrère Alphonse Kladja pense qu’il faut achever les travaux pour arriver à une double voie comme prévue dès le lancement du chantier. C’est à cette seule condition qu’on pourra réduire les accidents mortels sur cette route, estime-t-il.
Pour la plupart des usagers, l’unicité de la voie ne donne pas la possibilité aux usagers venant de Sékou de se sauver par la droite vu la présence des terre-pleins centraux. « Vous percutez les bords des terre-pleins qui vous projettent sur la route et c’est la mort qui s’ensuit », explique Alphonse Kladja, conducteur de taxi-moto, témoin d’un accident dans lequel a trouvé la mort un couple à moto, trois jours plus tôt.

Les terre-pleins centraux en cause

Le chef d’arrondissement de Glo-Djigbé, Thomas Ouinsou, estime que ce sont  les terre-pleins centraux érigés sans la construction de la seconde voie qui sont à la base des accidents sur la route nationale inter-Etats n°2 (Rnie 2), l’un des plus importants corridors du Bénin, permettant de desservir les pays de la sous-région ouest-africaine, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali. « Censés séparer les deux voies de circulation en sens inverse pour servir de barrière de sécurité, les terre-pleins centraux érigés à partir d’Adjagbo sans la seconde voie sont dangereux », dénonce-t-il. Le conseiller communal plaide pour l’achèvement des travaux ou la destruction des terre-pleins centraux le long du tronçon. « Nous souhaitons qu’à défaut de la réalisation de la seconde voie qu’on enlève les terre-pleins pour permettre aux usagers de se sauver par la droite en cas de danger », plaide-t-il.
Préoccupées par les cas d’accidents sur ce tronçon, les autorités à divers niveaux se sont penchées sur la question lors d’un conseil des services déconcentrés de la commune d’Abomey-Calavi. « Au cours de cette réunion, nous avons évoqué la situation de cette voie mais nous n’avons pas encore trouvé de solution », poursuit-il. Le maire de la commune de Zê,
Joseph Dangbénon, se dit également touché par la fréquence des accidents mortels sur cette route qui traverse également sa commune. Cette situation constitue, selon lui, une préoccupation pour les autorités communales des communes d’Abomey-Calavi, Zê et Allada. Il s’en remet au gouvernement du président Patrice Talon qui a pris en compte la construction de cette route et l’aéroport de Glo-Djigbé dans son programme d’action.
Au poste de police de l’arrondissement de Sékou, l’officier de la Police républicaine, à défaut d’une autorisation de sa hiérarchie, a requis l’anonymat  pour donner les raisons de la recrudescence des accidents de la circulation sur ce tronçon.  Il évoque l’exiguïté de la route à cause des terre-pleins centraux, l’absence de bande orientée pour les piétons, l’ignorance des chauffeurs de camions et de bus et l’imprudence des usagers de la route en général. A l’en croire, malgré les interventions de la police sur ce tronçon pour lutter contre les excès de vitesse et réduire le nombre d’accidents, certains usagers se passent l’information pour se tirer d’affaire. Selon lui, la mise en place de mesures de sécurité lors de la conception des projets d’infrastructures routières peut permettre d’améliorer sensiblement la sécurité de tous les usagers. Il prône non seulement une prise de conscience des usagers de la route mais aussi l’achèvement des travaux le plus tôt possible.

Société 23 août 2019


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