La Nation Bénin...
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Le 18 avril prochain, les acteurs culturels béninois sont attendus aux urnes dans le cadre du renouvellement des mandats des administrateurs (artistes) du Fonds d’aide à la culture. Mais en attendant de savoir si ces élections auront lieu ou pas, pro-scrutin et anti-scrutin se livrent une guerre froide faite de déclarations, de concertations et d’actions diverses en vue d’avoir gain de cause. C’est ainsi qu’il faut comprendre la déclaration publique lue lundi 11 avril au Hall des arts, loisirs et sports de Cotonou par des artistes et responsables d’organisations d’artistes.
«Les élections ou rien». C’est le nouveau cri de ralliement d’une bonne frange d’acteurs culturels béninois qui entendent se battre jusqu’au bout pour que les élections consacrant le renouvellement des administrateurs (artistes) du Fonds d’aide à la culture se tiennent à partir du 18 avril prochain, conformément au calendrier initialement retenu. Ce groupe d’acteurs culturels composé pour la plupart de responsables de la Confédération béninoise des acteurs des arts et de la culture, des fédérations et associations d’artistes s’offusquent des contestations et protestations d’un autre groupe d’artistes qui souhaitent que le mode de désignation soit revu.
La pomme de discorde entre les deux camps tient à la qualité des élections. Et le groupe qui a donné de la voix lundi 11 avril à Cotonou est formel. Il faut s’en tenir aux dispositions des textes en vigueur. Lesquelles demandent que les électeurs soient des responsables de fédérations d’artistes, contrairement à la pratique antérieure qui faisait des responsables d’associations les électeurs. « Il y a eu beaucoup de réformes avant que la rupture ne s’installe. Si le Fonds fait l’objet de polémique c’est parce qu’il a donné de la visibilité à beaucoup d’artistes… », soutient Anicet Adanzounon, responsable de l’association Coco théâtre, un des intervenants. « Si nous ne faisons pas les élections le 18, il y aura vide juridique. Si le ministre suspend le processus en cours, un comité ad ‘hoc s’installera, ce qui constitue une entrave pour les financements dont nous bénéficions actuellement », explique ce dernier, pour en venir à la conclusion que «La lutte ne fait que commencer ». Des interventions des acteurs qui se sont mis en évidence lundi 11 avril, les réformes que semblent contredire leurs contradicteurs avaient eu l’unanimité en son temps, surtout lorsqu’il a été question sous l'ancien ministre Jean Michel Abimbola d’introduire des réformes dans tous les pans du système culturel du pays.
Respecter les textes
Pascal Wanou, premier vice-président de la Confédération béninoise des acteurs des arts et de la culture et président de la fédération nationale de théâtre, dans son intervention, s’étonnera des remous actuels. «Nous sommes dans un Etat de droit et en démocratie. Toutes les structures qui animent la vie sociale dans notre pays sont régies par des lois. Le Fac est notre patrimoine commun et est régie par des textes», illustre-t-il en effet, avant d’inviter ses pairs à la lutte. «Il n’y a personne; mieux que nous les artistes pour défendre nos droits », lance-t-il, estimant que ce n’est pas la première fois que les acteurs culturels vont aux urnes pour renouveler les mandats du Fac. Il rappellera lui aussi le processus lancé depuis l’ancien ministre en charge de la Culture, Jean Michel Abimbola pour harmoniser le fonctionnement du secteur culturel et même freiner la fraude par endroits. Lesquelles réformes ont connu leur couronnement, non plus sous l’ère de l’initiateur, mais plutôt de son successeur, Paul Hounkpè, rappelle Pascal Wanou. Plus harangueurs que leurs prédécesseurs, Coffi Adolphe Aladé et Stan Tohon Ibitoch vont enflammer la foule d’acteurs culturels avec des mots et des slogans dont la finalité est de les tenir prêts pour d’éventuelles futures actions en vue de maintenir le processus électoral en cours et de militer afin qu’il aille à son terme. ?
La plate-forme Wanilo ne démord pas« Un acteur culturel, une voix » ! A l’opposé de ceux qui prêchent pour que les responsables des fédérations d’artistes soient les électeurs, la plate-forme Wanilo voudrait la démocratisation du scrutin et propose que tout au moins, les responsables des associations d’artistes soient les électeurs. Elle voit à travers le mode opératoire préconisé, une manière pour une franche d’acteurs de s’accaparer du secteur culturel et de continuer par dicter sa loi au grand dam d’acteurs de certains acteurs marginalisés. Après ses précédentes manifestations, elle était de nouveau sous les feux de la rampe, samedi 9 avril dernier à travers une sortie médiatique au cours de laquelle les responsables de ladite plate-forme ont expliqué le contenu et la portée de leur engagement.
Alors que la décision du nouveau ministre en charge de la Culture est très attendue pour départager les deux ailes en conflit, c’est plutôt sur sa page facebook que le ministre Ange N’koué s’est exprimé. A travers un post en date du 11 avril Celui indique que : « Pendant que nous travaillons à mettre en place un cabinet efficace, l’urgence des réformes nous parvient de toutes parts. Les acteurs culturels eux-mêmes haussent le ton. Le Fonds d’Aide à la Culture sera notre première réforme… ». Plus loin dans son post, le ministre mentionne ceci : « Nous invitons la plate-forme Wanilo et d’autres mouvements pour les réformes qualitatives de nous faire des propositions. Nous devons connaître le secteur et recenser ses acteurs à travers des critères objectivement bien élaborés. En attendant, nous prenons les mesures juridico-administratives pour éviter le vide juridique que pouvaient créer toutes réformes envisagées ». Comme quoi, l’énigme demeure ! ?
Culture 12 avr. 2016

Depuis quelques jours, de nombreux acteurs ainsi que des milieux professionnels donnent de la voix dans le cadre des élections des administrateurs du Fond d’aide à la Culture (Fac). Des camps opposés s’emploient à étayer leurs positions. Mais en guise de médiateur, le représentant des artistes au Conseil économique et social (Ces) analyse la situation et donne son appréciation.
« Mon vœu est qu’on aille au vote tel quel. Si on ne le fait pas, on risque de tomber dans un vide juridique et de violer les dispositions du décret et de l’arrêté qui organisent l’élection des administrateurs du Fond d’aide à la culture». Cette exhortation émane de Claude Balogoun, représentant des artistes au Conseil économique et social (Ces). Au cours d’une brève déclaration de presse faite dimanche 10 mars à Cotonou, celui-ci s’est prononcé sur la guerre froide qui émerge dans le milieu culturel béninois avec en toile de fond, l’imminence de l’élection évoquée supra. Selon les propos du conseiller Claude Balogoun, il a eu vent comme nombre d’acteurs culturels il y a quelques mois de l’existence d’un nouveau décret fixant les modalités de cette élection. A la lecture, dit-il, il s’en est offusqué mais s’en est référé à ses représentants dans les départements comme à d’autres acteurs culturels qui, contrairement à lui, ont salué l’avènement de cette nouvelle disposition. Claude Balogoun soutient avoir pris acte de leur désidérata et s’en est tenu à cela.
Mais face au tollé qui a vu dernièrement le jour et eu égard à la volonté de certains acteurs de voir les élections se tenir conformément aux dispositions antérieures, il dit avoir des inquiétudes. Lesquelles tiennent à la violation des textes en vigueur. Selon lui, on peut tenir les élections et résoudre tous les problèmes de la corporation après. «Allons au vote, désignons les représentants… Ne jetons pas l’eau du bain avec le bébé…», apaise le conseiller qui se justifie à travers le joyau que représenterait le Fac. Selon lui, cette structure mise en place pour le financement des initiatives culturelles fait la fierté du Bénin. Elle serait même enviée par plusieurs pays de la sous-région. «Si nous nous battons autour de cet acquis, les nouveaux dirigeants peuvent penser à sa suppression. Les querelles vont le fragiliser. Ce que nous devons faire, c’est de le professionnaliser», suggère Claude Balogoun. «Il y a trop de polémiques», s’offusque-t-il par ailleurs, invitant en sus les acteurs culturels à faire cesser les diatribes. Pour le représentant des artistes au Ces, le fond d’aide à la culture a trop d’acquis. Beaucoup d’artistes font des formations et gagnent des prix au plan international, illustre-t-il.
Ce fond permet de célébrer les journées internationales de certaines disciplines, la formation et la professionnalisation des acteurs dans le milieu, la réfection de salles, la mise en place d’espaces d’expression culturelle…, cite-t-il entre autre.
S’il a jugé important de s’exprimer sur le sujet, souligne Claude Balogoun, c’est surtout en raison de son statut d’acteur occupant «le poste le plus élevé et le plus représentatif dans le milieu culturel au Bénin et élu par tous les acteurs culturels». Lequel lui permet de faire des auto-saisines, mais aussi des propositions. Et en terme de proposition, il demande déjà à ses pairs d’aller aux urnes dès le 18 avril prochain, conformément au calendrier établi après avoir, en amont, tenu toutes les assemblées générales inhérentes au vote?

A peine a-t-il pris fonction, que le nouveau ministre en charge des Sports, Oswald Homéky, a effectué sa première descente sur les terrains de jeu, samedi 9 avril dernier à Cotonou. Outre le Hall des arts, loisirs et sports, il était également à l’Unafrica et au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou.
Conscient de l’importance de la mission qui l’attend à son poste, le nouveau ministre des Sports, Oswald Homéky, n’entend certainement pas perdre du temps pour prendre le pouls de la situation sur le terrain. Il en a saisi l’occasion, samedi 9 avril dernier à Cotonou, à la faveur de trois championnats qui y ont été lancés.
Avec les membres de sa délégation, il était en premier lieu au Hall des arts, loisirs et sports, pour assister au lancement du championnat national de basket-ball. Il a ensuite mis le cap sur l’Unafrica, pour celui du championnat départemental de volley-ball dont la Ligue Atlantique-Littoral de la discipline a procédé. Pour finir, le ministre était au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou où a débuté le championnat de la zone A de handball.
Partout où il est passé, Oswald Homéky a livré le même message. « Ce qui est important, le Nouveau départ que nous avons proposé aux Béninois et qu’ils ont accepté, est un nouveau départ pour toutes les disciplines sportives de façon équitable », a-t-il laissé entendre. Même si pour le football, les moyens ne sont pas encore à la hauteur des attentes, il y a une discrimination qui s’observe depuis plusieurs années, a déploré le ministre. Il n’admet pas que les autres disciplines continuent, par rapport au sport roi, d’être traitées comme des parents pauvres. Il a alors promis se battre pour la corriger. L’objectif, selon lui, est que toutes les disciplines sportives reçoivent des moyens conséquents pour pouvoir fonctionner. ¦

Dans le cadre de la Journée Internationale des droits des femmes, le thème retenu au niveau international cette année est «Planète 50-50, d'ici 2030 : Franchissons le pas pour l'égalité des sexes». Au Bénin, ce thème a été adapté aux préoccupations des femmes béninoises et porte sur leur accès et leur contrôle sur les ressources productives, notamment la terre. Ce cadre nous offre donc une opportunité de faire le point sur l’avancement de leurs droits en la matière et de réfléchir sur le chemin qu’il reste à parcourir.
Les gouvernements successifs, avec l’appui de leurs partenaires, ont contribué à la mise en place d’un arsenal juridique puissant, reconnaissant pour l’essentiel aux hommes et aux femmes les mêmes droits en ce qui concerne l’accès aux ressources. Cependant, ce cadre législatif ne tient pas compte des discriminations à l’égard des femmes, tant directe qu’indirecte, dans les domaines public et privé. Dans les faits, les femmes ont donc des difficultés spécifiques d’accès aux ressources productives et aux bénéfices, et ont peu de pouvoir d’exercer un contrôle sur ces ressources et bénéfices.
En effet, en milieu rural, le secteur de l’agriculture occupe 32% des femmes et 40% des hommes. Cependant, dans la production végétale, les femmes rurales représentent 50 à 60% de la main-d'œuvre et sont employées pratiquement à tous les niveaux. Les femmes sont donc très présentes en tant que manœuvres agricoles, aussi bien dans le champ familial que sur leur propre parcelle, pour compléter les approvisionnements alimentaires du ménage. Toutefois, selon l’Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie des ménages (EMICoV) en 2011, le salaire moyen de la femme est de 20% inférieur à celui de l’homme dans le secteur agricole. L’Enquête démographique et de Santé (EDS) IV 2011-2012 indique pour sa part que 30% des femmes de 15-49 ans n’ont pas la liberté de disposer de leur revenu, contre 13% des hommes. Par ailleurs, seulement 15% des femmes ont accès à la terre, contre 85% des hommes (EMICOV, 2011). Elles sont aussi confrontées aux difficultés d’accès aux crédits bancaires en raison des questions de garantie.
Dans ce contexte, des Organisations de la Société civile (OSC) béninoises ont rejoint le mouvement panafricain «Initiative Kilimandjaro», qui vise à mobiliser et à mettre au premier plan les femmes rurales au plus haut sommet de l’Afrique pour l’avancement de leurs droits fonciers. Nous saisissons l’opportunité qu’offre cette période de l’année propice à la réflexion sur les droits des femmes pour joindre nos voix à celles des femmes rurales et déplorer les discriminations et les problématiques particulières qu’elles vivent. Nous soumettons donc au nouveau gouvernement une série de mesures pour bâtir un Bénin sans faim et sans pauvreté, où les hommes et les femmes exerceront un égal droit d’accès et de contrôle sur les ressources productives, seul gage de l’autonomisation des femmes et d’un développement durable. L’essentiel de nos points de revendication se résume ainsi :
Que le nouveau chef de l’État, veille à l’application des mesures suivantes :
1 - Textes, application et prise de décision
Respect et application réels des législations et réglementations foncières protégeant les femmes ;
Représentation équitable des hommes et des femmes dans les organes d’administration et de gestion des affaires domaniales et foncière ;
2- Procédures d’accès et de sécurisation foncière
Large vulgarisation du Code foncier et domanial, du Code des personnes et de la famille et autres dispositions législatives et règlementaires contribuant à la jouissance effective des droits garantis aux femmes en matière foncière.
Opérationnalisation dans les communes, des outils de formalisation des transactions foncières autres que l’achat, en rendant gratuite et facile la formalisation des transactions foncières, tous modes confondus, en harmonisant la procédure au niveau national.
3 - Renforcement des capacités des femmes rurales
Amélioration de l’implication des femmes dans les activités de renforcement de capacités relatives aux techniques agricoles visant à accroître la productivité de l’agriculture familiale, et d’autres domaines «techniques», y compris la mécanisation agricole, qui ciblent l’intérêt du ménage ;
Réelle professionnalisation des femmes agricultrices par le renforcement de leurs capacités en matière de production, stockage, transformation et commercialisation des produits agricoles ;
Formation et recyclage des femmes agricultrices sur les principes et règles élémentaires de gestion administrative, financière et comptable.
4 - Accès des femmes aux crédits, aux innovations et aux ressources
Mise en place de mécanismes et systèmes facilitant l’accès des femmes aux innovations technologiques (ex. : semences améliorées, intrants) et à l’eau potable de proximité ;
Création et fonctionnement dès les 2 premières années de votre exercice, d’une banque agricole de proximité, au taux maximum de 1% par mois, et aux conditionnalités accessibles aux femmes ;
Harmonisation et uniformisation des conditions d’accès et de remboursement des crédits à des fins agricoles sur toute l’étendue du territoire national ;
Élargissement des gammes de crédits à toutes les spéculations agricoles et sur toute la chaîne de valeur que constituent la production, le stockage, la transformation et la commercialisation.
5 - Accès aux marchés
Organisation et développement de conditions véritablement favorables et profitables aux agricultrices pour leur accès aux marchés rentables d’écoulement.
Excellence monsieur le président de la République, les OSC et les femmes rurales comptent sur vous pour que vous preniez les dispositions subséquentes pour faire de l’égalité des sexes et de l’équité, une réalité tangible tout au long de votre mandat.
Les femmes rurales béninoises et les OSC engagées dans l’Initiative Kilimandjaro au Bénin.
Actualités 11 avr. 2016

Le tout nouveau ministre du Cadre de vie et du Développement durable, Dona José Tonato a pris, jeudi 7 avril, les rênes du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Assainissement et celui de l’Environnement chargé de la gestion des Changements climatiques. C’était en présence d’un personnel visiblement heureux d’avoir à sa tête un ancien collègue.
L’actuel ministère du Cadre de vie et du Développement durable a été créé en 1990 à la suite de la conférence nationale des forces vives sous la dénomination de ministère de l’Environnement de l’Habitat et de l’Urbanisme. Mais au fil des années, il a connu plusieurs scissions avec différentes dénominations.
Une situation qui n’a pas plu aux travailleurs qui l’ont fait savoir à travers leurs représentants à l’occasion de la prise de fonction du nouveau ministre promu à la faveur du remaniement du mercredi 6 avril dernier. Ceux-ci ont affirmé que c’est cette situation qui a créé l’instabilité et les aurait éloignés de leurs missions républicaines. Ils ont donc émis le vœu de voir le ministère retrouver ses attributions. Les représentants des syndicats ont aussi informé le nouveau ministre de quelques difficultés, notamment, l’insuffisance du personnel, la valorisation des cadres du ministère, l’insuffisance des moyens de travail, le mauvais cadre de vie des travailleurs…
Aussi, lui ont-ils demandé de tenir compte de la diversité du personnel pour les nominations au niveau de son cabinet, et surtout de veiller à la prise du décret concernant les paramilitaires. A leur suite, les secrétaires généraux des deux ministères fusionnés ont fait le point des activités menées et des réalisations faites pendant les neuf mois que les deux ministres ont passés à leurs postes.
Travailler en synergie
Au ministère en charge de l’Environnement, la mise en œuvre du reboisement et l’aménagement participatif des forêts ont été poursuivis. Le recrutement d’agents forestiers est en cours et des contrôles de gaz d’échappement s’effectuent régulièrement. Bien d’autres actions ont été aussi rappelées par le ministre sortant Théophile C. Worou.
S’agissant du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Assainissement, des réformes ont été initiées dans le domaine foncier, sur le permis de construire et sur la réalisation des lotissements. Le ministre Noël Fonton a rappelé que durant les neuf mois passés au poste, il a fait du suivi des activités une priorité et évoque comme défi, l’achèvement de la construction du siège de l’Assemblée nationale. Il a souhaité qu’il y ait une poursuite de l’assainissement des grandes villes ; la protection des côtes et des actions fortes pour endiguer l’avancée de la mer. Son collègue en charge de l’Environnement et de la gestion des Changements Climatiques, Théophile Worou a invité le personnel à apporter son soutien au nouveau ministre comme cela a été le cas avec lui. Au nouveau ministre, il a demandé de travailler en symbiose avec les partenaires sociaux.
Le nouveau ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato, après avoir pris bonne note de tout ce qui a été dit s’est dit heureux de retrouver une maison qu’il a quittée depuis 2004. Il a invité ses collaborateurs à un travail en synergie pour que nous ayons un cadre de vie qui favorise le développement.
Après avoir annoncé qu’un point sera fait du chemin parcouru jusque-là, il a insisté sur les valeurs de ponctualité et de présence effective au poste.
Rappelons que José Tonato est un urbaniste, expert en développement urbain et décentralisation formé à l’Ecole africaine des métiers d’architecture et d’urbanisme de Lomé et à l’Institut supérieur d’architecture de la communauté française à Bruxelles en Belgique ¦

Elu au suffrage universel par son peuple, le quatrième président de la République de l’ère du renouveau démocratique : Patrice Talon, dispose d’un vaste programme en vue d’améliorer le quotidien de ses compatriotes. Voici ce qu’il propose sur le plan sportif pour les 5 prochaines années.
Dans son programme de société présenté aux populations lors de la campagne pour la présidentielle, le candidat Patrice Talon a diagnostiqué le mal dont souffre le sport au Bénin. On y retient entre autres qu’il y a un manque de volonté politique pour développer le sport, un manque de vision prospective pour son développement, un manque d’infrastructures dans toutes les disciplines sportives. Aussi, souligne-t-il le manque d’investissement public dans le secteur du sport, l’absence total d’une politique d’incitation de l’investisseur privé dans le domaine sportif, le dysfonctionnement ainsi que le manque de dynamisme dans la plupart de fédérations sportives…
Face à ces maux, le candidat dispose d’une approche et fait également des propositions à travers ce qu’il appelle des mesures clés. Lesquelles mesures sont scindées en deux grands volets : le volet scolaire et universitaire et le volet national.
Par rapport au premier volet, il est proposé le renforcement de l’enseignement et la pratique du sport dans les milieux scolaire et universitaire. Il y a aussi la mise en place d’une politique responsable de partenariat avec le secteur privé, le développement d’écoles à vocation sportive (sports-études), la promotion de la création d‘école supérieure en franchise fiscale, le développement des compétitions sportives en milieux scolaire et universitaire, la détection et le suivi des talents ; l’instauration des bourses de formation à l’étranger dans diverses disciplines sportives, puis l’investissement dans les infrastructures sportives en milieux scolaire et universitaire.
Pour ce qui est du second volet relatif au plan national, le programme prévoit la mise en place d’une politique de promotion de l’investissement dans le sport avec une défiscalisation intégrale. On y retient également l’instauration dans les chefs-lieux de départements, à travers des contrats entre l’Etat et les communes, des associations sportives départementales subventionnées. Ces dernières auront l’obligation de créer et d’entretenir des équipes départementales dans quatre disciplines : athlétisme, basket-ball, handball et football. Il est prévu également, la promotion du professionnalisme dans toutes les disciplines sportives avec les salaires des sportifs professionnels qui seront défiscalisés.
Il est également prévu l’entretien avec les acteurs sportifs, une relation assurant l’implication constructive de l’Etat dans l’organisation et le bon fonctionnement des diverses Fédérations et organisations sportives.
Autant d’actions proposées par le candidat, désormais président de la République, et qui conduiront au développement effectif du sport et au rayonnement international du Bénin dans le domaine sportif. Il ne dira pas mieux lorsqu’il avance au cours de sa campagne, qu’il fera du « sport un véritable outil de développement humain social et économique ».¦

Acteur et observateur de longue date du Festival international de théâtre du Bénin, José Pliya a honoré cette année encore le rendez-vous de la biennale de théâtre avec sa pièce intitulée « Monsieur, Blanchette et le loup ». Quatre jours de présence sur le Festival et l’homme ne cache pas sa satisfaction.
La Nation : Parlez-nous des coulisses de la création de votre pièce !
José Pliya : Je suis auteur et metteur en scène de cette pièce. C’est «La chèvre de monsieur Séguin» d’Alphonse Daudet que j’ai découvert quand j’étais enfant et quand je suis devenu grand, j’ai eu aussi envie d’écrire du théâtre pour les enfants parce que j’écris beaucoup pour les adultes. Et plutôt que d’inventer des histoires, j’ai préféré exploiter des histoires déjà connues. J’ai fait déjà une histoire autour de « Petit poucet » que j’ai adapté à l’africaine. Et puis j’ai eu envie d’interroger ce conte de Daudet que mon père me racontait quand j’étais enfant et je me suis rendu compte que c’est un conte qui faisait peur. En fait c’est la première fois dans un conte pour enfant que l’héros ou l’héroïne ne s’en sort pas. Il est mangé par le loup. Or, bien souvent, les enfants aiment quand les histoires finissent bien et que le héros prend le dessus. Je me suis rendu compte que c’est le premier conte qui me faisait toucher le tragique. J’ai voulu prendre le contre-pied de Daudet et montrer que c’est aussi bien de prendre des risques et de vivre libre, même s’il faut en mourir au lieu d’être emprisonné à vie. C’est ce message que j’ai voulu mettre en exergue en faisant la réadaptation de cette pièce.
C’est la première fois que vous la jouez au Bénin ?
Oui c’est la première fois. On l’a créée en 2014 en Guadeloupe où je vivais à l’époque, mais on l’a beaucoup jouée. En deux ans, on l’a jouée plus de 150 fois dans les territoires d’outre-mer et en France dans une cinquantaine de villes. La dernière fois c’était en région parisienne dans l’Ouest dans le cadre d’un festival.
Le public béninois a-t-il été réceptif ?
Moi déjà quand j’ai créé cette pièce, j’ai eu envie de la jouer et de la présenter au public béninois pour voir les réactions. Quand je venais au Fitheb les autres années, ce qui m’intéressait c’était de voir les spectacles pour enfant. Mais il n’y en a pas souvent. Or, ils sont les spectateurs de demain. Il faut les préparer. En principe on prépare un dossier pédagogique qui permet aux enseignants de préparer les enfants et de leur raconter l’histoire originelle de Daudet et leur poser des questions sur le théâtre. C’est ce qui se fait et lorsque les enfants arrivent au spectacle, ils sont assez préparés pour le recevoir. Ici, je n’avais pas pris toutes ces dispositions mais je voulais quand même la jouer pour avoir la réaction du public. Mais il faut dire que cette réaction était plutôt surprenante. On a joué à Parakou le dimanche de Pâques, qui n’était pas vraiment une date propice pour avoir les enfants, mais on a eu assez d’adultes. A Bohicon, nous avons eu l’agréable surprise de jouer en présence de 150 enfants venus des établissements. Les comédiens étaient surpris parce que des enfants qui n’ont pas eu la préparation dont je vous ai parlé tantôt, ont découvert le spectacle et avaient une espèce de spontanéité à rentrer dans le spectacle et à cerner ses enjeux … ils ont eu une sorte d’immédiateté qui m’a surtout plus et moi personnellement cela me rassure sur la capacité qu’il ne faut jamais mésestimer la capacité des enfants à comprendre, surtout le conte. Le conte est universel et les enfants ont touché cette universalité.
C’est un spectacle tout public à partir de neuf ans. L’idée du théâtre jeune public, c’est de faire en sorte qu’il y ait plusieurs niveaux de lecture et que les enfants aient leur compréhension, idem pour les adultes qui peuvent se poser des questions. Mais c’est aussi une pièce qui pose le problème de l’identité. Il y a plusieurs niveaux de lecture et c’est l’ambition de cette création.
Comment la sélection de votre pièce s’est-elle faite ?
De la façon la plus naturelle. J’ai toujours été présent et en lien avec le Fitheb et ses directeurs. Soit c’est l’une de mes pièces qui est mise en scène, soit c’est moi-même en tant que metteur en scène.
Comment appréciez-vous le Fitheb dans la durée et particulièrement la 13e édition ?
L’action culturelle est une chose extrêmement difficile, surtout dans nos pays. Nos politiques ne prennent pas toujours la mesure de l’enjeu qu’elle représente en tant que facteur de développement, facteur économique et facteur de cohésion sociale. Ils n’en prennent pas la mesure et si vous connaissez un peu l’histoire des festivals sur le continent, vous verrez que les festivals naissent, vivent et meurent parce que le politique ne suit pas. Voilà un festival comme le Fitheb qui existe depuis 25 ans maintenant et qui en est à sa 13e édition, c’est exceptionnel. Quelle que soit ce qu’on peut reprocher, c’est un coup de génie qu’il faut saluer, il faut rendre hommage à nos autorités. Surtout qu’il y a une ambition territoriale qui entre en jeu. Il faut jouer dans plusieurs villes et tout, c’est très compliqué et il faut pouvoir coordonner tout cela. Quand je vois un peu toute la logistique et tout ce que j’ai vu autour de cette édition du Fitheb, je suis extrêmement content. Il y a de la musique, de la danse, on peut se déplacer manger… je trouve que l’édition de cette année a un coup de génie et de réussite. ¦
Culture 04 avr. 2016

La messe du théâtre est terminée. La 13e édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) sera bientôt un lointain souvenir dont chaque acteur du sixième art aura gardé le meilleur ou peut-être encore le pire. Mais de l’appréciation générale, cette édition dégagerait une forte note de satisfaction.
Vendredi 1er avril, deux heures du matin. Au troisième niveau de l’hôtel Koffi sis au quartier Vèdoko, l’ambiance est à la fête. Sur des sonorités musicales béninoises, une palette d’acteurs culturels dégustaient, bavardaient et dansaient. Un peu plus retranché, des décideurs de la chose culturelle avec à leur tête le ministre en charge du secteur ont établi leur quartier général. Liqueurs, diverses boissons, bouffe à gogo… tout y était pour une belle célébration. En somme, le temps était à la fête. Peut-être aussi à la satisfaction pour avoir tenu le pari d’un Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) malgré les appréhensions du départ. Car dans l’histoire de ce festival (souvent sujet à polémique), c’est bien la première fois que les acteurs applaudissent une édition organisée en un délai de moins de trois mois. «Une prouesse à l’actif du directeur» Erick Hector Hounkpè, a clamé plus d’un. Même à l’occasion de son mot de clôture, le ministre en charge de la Culture, Paul Hounkpè a reconnu la dextérité de ce collaborateur dont l’entêtement, le goût du risque et la détermination ont permis de tenir un festival «donné pour fiasco».
L'excellence du théâtre
Du 23 au 31 mars dernier ce que le ministre Paul Hounkpè a qualité de «l’excellence du théâtre» s’est déployé dans les localités de Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey et Lobogo à travers une série de créations et de représentations. A cela s’ajoute le pré-Fitheb et les à-côté du Fitheb qui ont donné au festival un goût d’inhabituel plutôt bien apprécié. Emile Abossolo Nbo, Delphine Yoboué, Zié Coulibaly, Hamadou Mandé… pour ne citer que ceux-là ont eu maintes occasions de clamer que la présente édition de l’épiphanie théâtrale de la sous-région a été une réussite.
Les points de réussite, le directeur du Fitheb les situe à maints niveaux. Au plan de la logistique par exemple, Erick Hector Hounkpè estime avoir frappé un grand coup qui a eu pour impact, les bonnes prestations des artistes sur scène. Selon lui, «Chacun s’est battu, le temps étant cours pour que nous ayons ce résultat reconnu de qualité», d’où sa satisfaction qui lui fait d’ailleurs dire qu’il a «Le sentiment du devoir accompli». Sur ce plan, il faudra évoquer aussi la série de tables-rondes qui s’est voulue des instants d’échanges, de partage et de réflexion autour du théâtre de demain, du prochain quart de siècle du festival, de ses futurs acteurs et spectateurs… sans oublier la célébration de la Journée mondiale de théâtre logée au cœur du théâtre avec à la clé la distinction de certains comédiens. Pour ce qui est de la qualité des créations, elle serait aussi de bonnes factures, ont témoigné la plupart des acteurs interrogés. Et avec eux, on peut évoquer la richesse et la diversité des spectacles.
Des couacs malgré tout !
Tout n’aura pas été beau autour de cette édition du Fitheb. En dépit de la réussite dont on l’affuble, il y a eu par endroits des grains de sable qui ont rendu indigeste la saveur. La première tient à la programmation du festival. Alors que Erick Hector Hounkpè admet simplement qu’il y a eu des « fluctuations » du fait de certains attentats qui ont eu raison des vols aériens et donc de la présence des comédiens sur le sol béninois, d’aucuns y voient un élément qui a porté de grands coups au festival «Programmation, déprogrammation et reprogrammation à nouveau», ont déploré certains. Cette tare, le directeur du Fitheb dit «l’assumer». Mais cela est mineur comparativement à la réussite, estime-t-il. Selon lui, «Avant même de m’avoir vu à l’œuvre, on m’a jugé» et c’est justement aux auteurs de ce genre de chose que Erick Hector Hounkpè sert le succès du Fitheb 2013 comme élément contradictoire. Mais si réussite il y a eu, c’est fondamentalement parce que les nouveaux responsables se sont ouverts et sont allés vers les autres, «ce qui a souvent manqué», observe Alougbine Dine, metteur en scène et ancien directeur dudit festival.
Les autres couacs du festival portent notamment sur le faible engouement du public. José Pliya regrette aussi la communication insuffisante autour du festival. Pour sa part, le directeur artistique du Marché des arts et spectacles africains (Masa) qui se tient à Abidjan estime qu’il y a eu quelques problèmes avec la disparité des lieux. «Je regrette cette année qu’il n’y ait pas aussi de spectacles de théâtre au stade de l’Amitié comme il y en a eu au Fitheb 2002. Ça faisait du stade un espace vital, central. Cette année, c’est secondaire. On va là-bas pour manger ou pour le village. Donc je pense que pour avoir un Fitheb plus grand, il faut commencer à investir cet espace qui est génial», a laissé entendre Zié Coulibaly. «Je n’aime pas trop quand on alimente les festivals de théâtre avec la musique», regrette-t-il par ailleurs, évoquant l’animation populaire au niveau du village du festival. Ces suggestions, il dit les faire pour aider à soigner la qualité du Fitheb car, poursuit-il, « cette année, comme vous l’avez vu, pas moins d’une dizaine de directeurs de festivals sont présents. Si le Fitheb n’était pas aussi si important pour nous on ne se serait pas déplacé». Pour ce qui est du nouveau directeur du festival, Zié Coulibaly trouve qu’il «a des idées. Et s’il a le temps de les développer, ça va donner un grand Fitheb».

Le président de la République a procédé, vendredi 1er avril dernier, à la mise en service de la Cellule scanner au Port de Cotonou. Cette unité a été créée dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de certification des valeurs au niveau des Douanes béninoises.
Les douanes béninoises viennent de faire un pas important dans le processus de modernisation de ses outils. La Cellule scanner Douane-Port est désormais opérationnelle, une unité dédiée au scanning des conteneurs au port de Cotonou. «Ce projet découle d’une série d’actions que les douanes ont entreprises dans le cadre du plan triennal adopté après un audit de l’Union Européenne. Ce scanner mobile de dernière génération que nous venons d’installer répond à ce besoin d’introduire les TICs dans nos opérations de contrôle des marchandises», souligne Charles Sèzan, directeur général des Douanes et Droits indirects. Le coût global de la Cellule est d’environ 3,2 milliards de francs CFA dont 2,7 milliards pour la mise en place du scanner. Selon le directeur général des Douanes, deux scanners sont également opérationnels à l’aéroport international de Cotonou, et un scanner est attendu pour servir à l’aéroport de Tourou. «Le matériel servira dans la phase de dédouanement. Il nous permet désormais de mieux vérifier la conformité des valeurs avec la déclaration des commissionnaires en douanes. Il joue également un rôle sécuritaire, nous aidant à voir si des produits prohibés ne sont pas dissimulés dans les conteneurs», appuie Modeste Dossougbé, coordonnateur de la Cellule.
Pour Servais Adjovi, directeur de cabinet du ministre d’Etat chargé de l’Economie et des Finances, il s’agit de la concrétisation d’un projet conçu par la douane elle-même avec l’appui technique de Bivac International. «Nous avons voulu inscrire notre administration douanière dans la dynamique de la modernité», assure-t-il.
«C’est un grand jour, c’est une réforme rassembleur qui repose sur un partenariat stratégique avec une société de renommée internationale», souligne le président de la République qui annonce qu’une société d’économie mixte sera créée pour assurer la gestion du scanner. Ce nouveau matériel a été installé dans le cadre du Programme de certification des valeurs (PCV).

En attendant son investiture prévue pour le mercredi 6 avril prochain, le nouveau président élu du Bénin, Patrice Talon est actuellement avec tous ceux qui l’ont aidé à prendre le pouvoir, en train de penser à comment former son premier gouvernement. Même si l’homme a déjà une idée de ce qu’il veut faire, la formation de ce premier gouvernement ne sera pas chose facile.
« Pour le moment, il sera impératif pour nous tous de mettre à chaque poste les personnes les plus qualifiées quels que soient leurs bords ». S’appuyant sur ces propos vendredi dernier, le nouveau président élu du Bénin Patrice Talon quelques heures après la proclamation par la Cour constitutionnelle des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 20 mars dernier, a voulu lever un coin de voile sur ses priorités et l’ossature qu’aura son premier gouvernement.
Au cours de la déclaration qu’il a faite à son domicile, le nouveau chef de l’Etat béninois a fait savoir qu’il compte sur les atouts dont dispose le Bénin pour relever les nombreux défis. Et le principal, indique-t-il sera la compétence. Patrice Talon a précisé également que sa gouvernance aura pour socle la compétence. Ce qui exclut pour le moment conclut-il, les paramètres de la satisfaction des intérêts égoïstes et partisans, l’équilibre régional et la parité homme-femme. Avec une telle clarification, tous les Béninois peuvent désormais avoir une idée de la gouvernance du président de la Rupture. Mais en réalité, est-ce qu’il peut se passer de tous les artisans de premières heures et même de seconde zone pour travailler en paix ?
En 2006, quand il était arrivé au pouvoir avec une liesse populaire, le président Boni Yayi avait juré de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut avec toutes les compétences requises. Tous les Béninois l’avaient cru. Il a fallu un premier remaniement pour que l’on se rende compte que l’homme a touché la réalité de la gestion du pouvoir d’Etat. Car, en 2007 déjà il y avait autour de lui, une force politique qu’on appelle désormais les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Désormais donc, pour prendre un poste politique dans l’administration publique, il faut être un militant de cette force politique ou d’une formation politique proche du pouvoir. D’où la désorganisation des partis politiques influents qui ont commencé par connaître des scissions.
Au finish, le principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut a été vidé de son sens pour devenir l’homme qui milite à la place que le chef veut. Conséquence, le pays s’est retrouvé dans une situation de mauvaise gouvernance que tout le monde se plait à dénoncer aujourd’hui.
Les exemples de Nicéphore Soglo et Boni Yayi
Ce qui est arrivé au président Boni Yayi, n’est apparemment pas loin du cas du président Nicéphore Dieudonné Soglo, dès les débuts du renouveau démocratique.
En effet, élu Premier ministre à la Conférence nationale de février 1990, Nicéphore Dieudonné Soglo s’est jeté corps et âme pour sauver le Bénin du désastre dans lequel il était au soir du régime du parti unique. L’homme qui a été surnommé Hercule après son élection comme président de la République en avril 1991, n’appartenait à aucune formation politique. Et au départ, il ne travaillait qu’avec des compétences et rien que des compétences. C’est ainsi qu’en deux ans, il a réussi à mettre le pays au travail. Il a fallu la création de la Renaissance du Bénin qui devient désormais le parti au pouvoir pour que les problèmes commencent. Car, tous ceux qui soutenaient les actions du président de la République devraient nécessairement prendre la carte du parti. Ainsi, la compétence a été substituée au militantisme. Car, tous ceux qui résistaient au parti sont systématiquement écartés des postes politiques. La suite est connue de tout le monde.
En annonçant déjà qu’il ne fera pas un gouvernement pour satisfaire des intérêts égoïstes ou partisans, le nouveau président de la République n’a certainement pas tenu compte des promesses qu’il a faites aux uns et autres ou des engagements qu’il a pris de part et d’autre. S’il doit satisfaire tous ceux qui l’ont porté au départ comme ceux qui l’ont soutenu au second tour, la tâche ne sera pas du tout facile. Et c’est d’ailleurs pourquoi, il a déjà situé les uns et les autres sur ce que sera sa gouvernance. Mais, les leçons des présidents Nicéphore Dieudonné Soglo et Boni Yayi devraient être pour lui des exemples pour éviter ce qui leur est arrivé. ¦