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Scandale financier à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, soupçon de mauvaise gestion sous la 7e législature…Ces faits, défrayant la chronique, viennent s’ajouter à d’autres existants, dénotant plus que jamais de l’importance d’une Cour des comptes dont l’utilité, pour l’assainissement des finances publiques et surtout la lutte contre la corruption, est notoire.
Récemment, les chiffres, évoqués pour faire cas de scandale financier à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, donnent le tournis. Et patatras, dans la foulée, il est question de mauvaise gestion sous la 7e législature. On évoque des milliards encore, à propos de cette dernière affaire qui fait grand bruit. D’autant plus que des députés, actuellement, grondent, annonçant une tempête sur laquelle seul un audit fixera l’opinion nationale. Au demeurant, l’importance d’une Cour des comptes ne parait que plus évidente. Il suffit de passer au crible le processus de reddition de gestion à l’Assemblée nationale qui jouit d’une autonomie de gestion, pour s’en rendre compte.
Sans devoir entrer en accusation contre les gestionnaires de la 7e législature, on se rend à l’évidence que le contrôle, en matière de gestion financière, à l’Assemblée nationale, doit être renforcé au regard de son budget, colossal. Essentiellement, seul le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale dispose, en matière de gestion de ses finances. Structurellement, en son article 17.1-c, il énonce que le président de l’Assemblée nationale «…est le chef de l’administration de l’Assemblée nationale et l’Ordonnateur du budget ». L’article 17.4 indique que « Les Questeurs sous la haute direction et le contrôle du Bureau sont chargés de la gestion administrative et financière de l’Assemblée nationale. Aucune dépense nouvelle ne peut être engagée ni ordonnée sans leur avis préalable… ». Ceux-ci sont assistés de la Direction de la questure qui comprend un service financier.
De l’ordonnateur, de la reddition
La reddition de comptes au Parlement, cependant, réside dans l’article 21 qui statue sur l’ « Obligation de reddition de comptes du président de l’Assemblée nationale », car celui-ci « doit rendre compte à l’Assemblée nationale de ses activités, de sa gestion et lui fournir toutes explications qui lui seront demandées...». Evidemment, selon l’article 141 relatif au règlement financier, « L’Assemblée nationale jouit de l’autonomie financière et établit son budget ». L’article 142, toujours du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale renseigne qu’ « Il est institué un règlement financier de l’Assemblée nationale qui fixe les règles relatives à son budget : sa préparation et son exécution ; la procédure d’engagement, de liquidation, d’ordonnancement et de paiement des dépenses ; la trésorerie ; l’établissement des comptes annuels ; le contrôle de la gestion ».
Sans ambiguïté aucune, l’article 154 dit que « Le président de l’Assemblée nationale est l’Ordonnateur du budget…». Quant aux questeurs, l’article 156 fait état de ce qu’ils « sont les gestionnaires du budget de l’Assemblée nationale. A ce titre, ils sont responsables devant le président de l’Assemblée nationale… ». Le même article dispose des modalités d’exécution, ainsi que les articles 157 à 174. Quid de la reddition, car celle prévue à l’article 21 relève davantage du compte rendu moral que d’un contrôle de gestion financière proprement dit ?
De la nature du contrôle
Bien que, selon l’article 175, « Il est placé auprès de l’Assemblée nationale un Délégué du Contrôle financier», celui-ci, selon les termes de l’article 176, « procède à un contrôle de régularité et non d’opportunité ».
L’apurement des comptes est prévu à l’article 177 : « A la fin de chaque année budgétaire, les Questeurs arrêtent les écritures de l’exécution du budget de l’Assemblée nationale. Ils établissent le compte administratif et le compte de gestion ». De même, l’article 178 énonce que « Les Questeurs font notamment apparaître dans les documents annexés aux comptes administratifs et de gestion : 1°- les états des engagements non liquidés ; 2° - les engagements liquidés et ordonnancés mais non payés». Ce dernier point justifie sans doute l’ardoise plutôt salée laissée par la 7e législature. En sus, un contrôle est « effectué par une Commission spéciale et temporaire de l’Assemblée nationale composée d’un représentant par Groupe parlementaire », en somme, un contrôle interne… Toutefois, suivant l’article 179, « L’apurement ultérieur des comptes est effectué par la Chambres des comptes de la Cour suprême conformément à l’article 99 de la Constitution du 11 décembre 1990 ». Et aux termes de l’article 181, « La Commission spéciale et temporaire donne quitus aux Questeurs de leur gestion ou rend compte à l’Assemblée nationale qui en délibère ».
De la nécessité d’une Cour des comptes
Il apparait que l’arsenal de contrôle n’est pas des plus significatifs. Une institution supérieure de contrôle des finances publiques paraît idoine, telle la Cour des comptes compétente pour s’assurer du bon emploi des fonds publics et se prononcer sur la qualité de la gestion des organismes qu’elle contrôle. Outre lutter efficacement contre la corruption et le gaspillage des ressources publiques, la Cour des comptes est l’arme idéale pour une gestion efficace des ressources financières publiques. Tel est l’avis des partenaires au développement, avis corroboré par une étude commanditée par le ministère des Finances. Tel est également le point de vue de la 21e réunion annuelle statutaire des présidents et conseillers des cours des comptes des Etats membres de l’Uemoa tenue à Cotonou en juillet dernier. Une Cour des Comptes a l’avantage de pouvoir non seulement certifier les comptes des établissements publics nationaux, des entreprises publiques et des organismes de sécurité sociale, mais aussi c’est une juridiction compétente pour juger notamment les comptes des comptables publics de l’État, des collectivités locales, etc.

Treize dossiers, dont sept portant sur le viol, sont enrôlés pour le compte de la toute première session criminelle qui démarre ses audiences publiques ce jour, lundi 19 août 2019, au tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué, dans le Couffo.
Treize dossiers dont sept faits de viol, deux dossiers d’assassinat, deux dossiers de coups mortels, un dossier de parricide et un cas de meurtre. Ainsi énumérés, il est loisible de constater à travers ces dossiers inscrits au rôle que le crime de viol souvent perpétré sur des mineures, des êtres fragiles, passe en tête des faits répréhensibles. « Ceci traduit la survivance de pratiques ancestrales dans une région réputée pour les cas d’enlèvement en public de jeunes filles les jours de marché et sur les lieux de diverses cérémonies en vue de mariages forcés ou arrangés», a expliqué le procureur de la République près le tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué au cours d’un point de presse qui a annoncé, vendredi 16 août dernier, le démarrage dès ce jour, lundi 19 août, des travaux de la session criminelle. Invitant « les populations à assister massivement aux audiences », le procureur de la République près le tribunal d’Aplahoué, Fidèle Ayédjo Iko Afe, indique que l’organisation de la présente session vise à donner une solution judiciaire correcte à toutes les déviances épinglées et permettre aux citoyens du ressort de la Cour d’Appel d’Abomey de savoir que la Justice est à leur service.
Le tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué qui a compétence sur les communes de
Klouékanmè, d’Aplahoué et de Djakotomey, dépend de la Cour d’Appel d’Abomey. Au niveau de cette juridiction de premier degré, la présente session n’aurait pu être possible sans l’adoption, en mai 2018 par l’Assemblée nationale, de la loi numéro 2018-14 portant modification du Code de procédure pénale en République du
Bénin. « Le tribunal de première instance statuant en matière criminelle a plénitude de juridiction pour juger en première instance, les personnes renvoyées devant elle par ordonnance ou arrêt de mise en accusation », stipule l’alinéa 1er de l’article 249 du Code. « Cette disposition introduit du coup, selon le président du paquet, une réforme majeure dans notre système judiciaire en ce qu’elle instaure le double degré de juridiction en matière criminelle». Tirant comme conséquence que, désormais, les compétences et attributions jadis dévolues aux Cours d’appel sont transférées aux tribunaux de première instance qui deviennent les juridictions ordinaires devant connaître des crimes commis dans leurs ressorts respectifs, Fidèle Ayédjo Iko Afe, souligne que c’est cette loi qui fonde l’organisation de la session criminelle dans le Couffo, département qui attend la mise en place effective de sa deuxième juridiction prévue pour être installée à Dogbo au profit des communes de Lalo, de Toviklin et de Dogbo. L’organisation de la session criminelle, qui va durer 13 jours, est une grande première tant dans la vie du jeune tribunal de première instance de deuxième classe d’Aplahoué que dans l’histoire des départements du Mono et du Couffo.

Dans le cadre du douzième dossier inscrit au rôle de la première session criminelle de l’année 2019 du Tribunal de première instance de première classe de Parakou, Mohamadou Gado était à la barre, mercredi 14 août dernier. Inculpé pour tentative d’assassinat, il a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle.
Bouvier de profession et de nationalité béninoise, Mouhamadou Gado était devant le Tribunal de première instance de première classe de Parakou, mercredi 14 août dernier, pour répondre des faits de tentative d’assassinat sur la personne de son épouse, Issa Zénabou. Sa culpabilité ayant été établie, il s’est vu infliger 10 ans de réclusion criminelle. Agé de 25 ans, il était sous mandat de dépôt depuis le 14 septembre 2015. Au terme de l’audience, il est donc retourné derrière les barreaux, pour purger le reste de sa peine.
A la barre, il a reconnu les faits mais en essayant de les restituer à sa manière. Son intention, a-t-il insisté, n’était pas d’attenter à la vie de son épouse. Contrairement à ce qui a été rapporté, il avoue lui avoir porté le coup de machette au bras et non au cou.
A la question de savoir si ce n’est pas prenant déjà sa femme pour morte qu’il l’a abandonnée, alors qu’elle n’était qu’évanouie, il répondit « J’ai pris ma moto pour aller alerter mon frère dans le campement d’à côté ». « Je ne voulais pas lui donner la mort. C’est un incident qui m’a aussi surpris », a poursuivi l’accusé.
« La vie humaine est sacrée et inviolable. Elle est aimée et défendue », a rappelé le représentant du ministère public, au début de son réquisitoire. Il s’agit, selon lui, d’un précepte divin que l’accusé a foulé aux pieds. Plusieurs éléments, estime-t-il, permettent de constituer l’infraction de tentative d’assassinat mise à la charge de l’accusé. Il situe sa base légale dans les dispositions des articles 21 et 668 du Code pénal, avant de considérer la suppression de la vie de la victime par l’accusé, comme l’élément matériel.
Pour lui, l’élément moral ici est l’intention de l’accusé de donner un coup de machette à la victime. Il a invité les membres de la cour à ne pas considérer les diverses versions tenues par l’accusé à la barre, surtout qu’il cherche à se disculper.
Au moment des faits, l’accusé avait le bulletin N°1 de son casier judiciaire vierge. L’enquête de moralité ne lui est pas favorable. Quant à son rapport d’expertise médico-psychologique et psychiatrique, il confirme qu’il ne souffre d’aucune maladie mentale pouvant abolir le contrôle de ses actes, au moment de leur commission. Pour l’avocat général, l’accusé ne peut pas bénéficier d’une situation atténuante et est bien accessible à la sanction pénale.
Au bénéfice de ces observations, il requiert au président du tribunal et ses assesseurs de déclarer Mouhamadou Gado coupable de tentative de meurtre et de le condamner à la peine de 7 ans de réclusion criminelle.
A sa suite, l’avocat-conseil de l’accusé fait savoir qu’il ne s’agissait que d’une scène de ménage qui a conduit à une situation tragique. Selon Me Jean-Claude Gbogblénou, il n’y avait pas d’antécédents entre son client et son épouse.
« Mais, qu’est-ce qui a bien pu se passer au sein de ce foyer?» s’interroge-t-il, avant de faire observer que le dossier a plusieurs versions des faits. Aucun témoin, soutiendra-t-il, n’est venu contredire les propos de l’accusé. « Le reste, ce sont des supputations », a-t-il conclu.
Prenant appui sur le réquisitoire du ministère public, la défense exclut toute préméditation de l’accusé tout en requalifiant l’infraction en coups et blessures. Il a enfin plaidé pour une application bienveillante de la loi à son client, tout en tenant compte de l’article 511 du Code pénal.
Des faits
Les faits remontent à juin-juillet 2015. Issa Zénabou dormait dans sa chambre aux environs de 2 heures du matin, lorsque son époux, Mohamadou Gado, est rentré de sa promenade. Réveillée à l’arrivée de son époux, elle a décidé d’aller aux toilettes lorsque celui-ci s’y est opposé.
Constatant qu’elle insistait pour aller se soulager, Mohamadou Gado, contre toute attente, lui a porté un coup de machette au cou, coup qu’elle a paré avec sa main gauche. Grièvement blessée à cette main et au cou, Issa Zénabou tombe évanouie avant d’être transportée à l’hôpital par les voisins réveillés par ses cris de détresse.

La 3e édition du marathon Be the best de Porto-Novo s’est achevée le week-end dernier. Plus de 600 pratiquants du sport pédestre venus des quatre coins du Bénin, de la sous région ouest-africaine et même de l’Europe et de l’Amérique ont pris part à cette compétition. Bentille Alassane et John Kudanu venus en tête sont les grands vainqueurs de cette édition.
Le Ghanéen John Kudanu a remporté la 3e édition du marathon Be the best de Porto-Novo en terminant les 42,195 km chez les hommes en 2 h 31 min et 17 sec. Il est reparti avec une médaille d’or, une somme de trois cent mille francs Cfa et beaucoup d’autres lots offerts par les sponsors. Il est suivi de Eric Doleh qui, avec un chrono de 2 h 32 min 20 sec, arrache la deuxième place. Daouda Korongo est arrivé en troisième position avec un chrono de 2 h 34 min 14 sec. Chez les dames, Bentille Alassane du Bénin a affolé les chronos en dominant une fois encore cette compétition. Avec son chrono de 3 h 01 min 06 sec, elle a battu Geneviève Njoku (2e) et Yvette Tchamou (3e).
En ce qui concerne le semi-marathon, long de 21,100 km, dans la catégorie hommes, avec son chrono de 1 h 10 min 55 6 sec, Moïpah Kombaté décroche la médaille d’or. Vitalick Gbégnonvi et Fataï Kolawalé, malgré leur détermination, occupent la deuxième et la troisième marche du podium. Du côté des femmes, Tcha Thom Kpéta a réussi à finir première avec un chrono de 1h 27 min 21,0 sec tandis que Abla Atchadé et Carine Sanhouékoua sont respectivement deuxième et troisième.
Babatoundé Bello a gagné l’épreuve des 10 km avec un chrono de 33 min 05,1 sec devant Mohamed Tabé, 33 min 11,3 sec et Pascal Sènakpon qui a fini à la 3e marche du podium. Dans la catégorie des femmes, Pauline Assogba n’a laissé aucune chance à ses adversaires. Avec son chrono de 39.49.8, elle a dicté sa loi à Reine Ekè et Immaculée
Tchakessou qui terminent respectivement deuxième et troisième. La compétition de la marche a été remportée par Jules Djossou, sur une distance de 10km, chez les hommes tandis que chez les femmes, la palme est revenue à Chérifath Assouna.
Le directeur du marathon Be the best de Porto-Novo, Casimir Houssa, s’est réjoui du bon déroulement de cette troisième édition. Il prend l’engagement de poursuivre sur cette lancée pour que le marathon de la capitale rivalise avec les grands marathons d’Afrique et du monde. Pour sa part, le deuxième adjoint au maire de Porto-Novo, Dr François Ahlonsou, a réaffirmé la volonté de la mairie d’accompagner cette initiative qui redore le blason de la capitale. Grâce au marathon Be the best, les regards sont tournés désormais vers la capitale, a-t-il conclu. Ruffino d’Almeida, directeur de cabinet du ministre du Plan représentant le ministre d’État, Abdoulaye Bio Tchané, a encouragé les initiateurs à promouvoir l’athlétisme, car ce n’est que les compétitions de cette envergure qui permettent de découvrir les nouveaux talents.

Surclassée au Baccalauréat 2019 avec 18,13 de moyenne sur 20, Thalia Merveille Claudia Hountongbé, âgée de 16 ans, a été l’attraction du 59e anniversaire de l’Indépendance dans le Mono. L’orpheline de mère sera davantage mise en lumière, dans les prochaines heures, à travers l’organisation d’une fête inédite en son honneur par la préfecture de Lokossa.
Devenue une perle de sa génération ou du moins des candidats au Baccalauréat 2019, Thalia Merveille Claudia Hountongbé n’en finit pas de captiver les attentions depuis la proclamation des résultats. Avec une moyenne de 18,13 sur 20, l’adolescente (16 ans) a été la grosse attraction lors de la célébration du 59e anniversaire de l’Indépendance dans le Mono où elle s’apprête à revenir sous les feux de la rampe à l’occasion d’une fête inédite qui sera organisée en son honneur par la préfecture de Lokossa. La lauréate et ses parents ont eu la primeur de l’information au cours d’une audience que le préfet Komlan Zinsou leur a accordée. «Elle ne peut pas réaliser cet exploit sans manquer d’être reçue par la première autorité du département pour lui signifier qu’à travers son exploit, elle a honoré les acteurs du système éducatif du département, les membres de la Conférence administrative départementale et tout le Mono», a expliqué le préfet Komlan
Zinsou avant de dévoiler la surprise. « Vous serez célébrée avant la fin de ce mois d’août», avait-il fait savoir, promettant le soutien des autorités pour la poursuite du cursus académique de la lauréate. «Papa Thalia, merci à vous aussi pour tout ce que vous avez pu faire. Notre appui ne lui fera pas défaut. Nous allons la soutenir pour qu’elle aille loin », promet le préfet Komlan Zinsou.
A la célébration du 59e anniversaire de l'indépendance où
Thalia Hountongbé (1,74m) faisait partie des invités de l’autorité préfectorale, le projet d’organiser la fête de l’excellence a été rappelé. D’autres performances qui ne sont pas des moindres seront associées au bonheur de la première au Bac série C, ressortissante de l’aire culturelle adja.
Créer une saine émulation
L’idée de célébrer la première au Baccalauréat 2019 ouvre une nouvelle ère, une approche nouvelle de promotion de l’excellence, dans le Mono. La démarche actuelle qui tranche d’avec les anciennes pratiques vise, en effet, à créer une saine émulation au sein des apprenants, selon le préfet. Invitant le public à se joindre aux autorités pour célébrer, dans les prochaines heures, Thalia
Merveille Claudia Hountongbé, le préfet n’a pas manqué d’exhorter chacun à prendre exemple sur elle, en accomplissant mieux que par le passé ses tâches en vue de porter tout le département vers l’excellence. « Nous entendons demeurer un pôle d’excellence dans le concert des départements », insiste le préfet Komlan Zinsou qui ambitionne de célébrer plusieurs autres Thalia. Sur le projet de la préfecture, l’enseignant de mathématiques de la lauréate ne passera pas sous silence ses caractères inédit et encourageant. « C’est pour la cinquième fois que le Mono enregistre une telle performance mais les autres étaient passées sous silence », regrette Gilles Kangni.
Le modèle Thalia
Etre orphelin n’est pas une fatalité. Thalia Hountongbé, privée très tôt de l’affection maternelle, vient d’en donner une illustration en décrochant brillamment son baccalauréat. Mieux, la benjamine d’une fratrie de trois enfants a défié ses aînés. Au baccalauréat, l’aînée a eu la mention «Assez bien », la cadette s’en est sortie avec la mention «bien». Thalia Hountongbé vient de fermer la marche avec « Très bien» comme mention.
Au fil de ses diverses sorties, l’on comprend comment l’exploit de la perle à l’honneur n’est pas le fruit du hasard. Des sorties au cours desquelles elle n’a de cesse d’inviter ses congénères à une prise de conscience, à se consacrer à leurs études prêchant qu’il n’y a de salut que dans l’effort. Laborieuse, l’orpheline n’aime pas se contenter du peu en matière de notes. « Manquant de peu pour totaliser 17 de moyenne sur 20, au premier trimestre de l’année scolaire, j’ai surpris Thalia en train de pleurer dans un coin. Et c’est quand elle m’a expliqué le motif de ses larmes que j’ai compris que l’adolescente irait loin dans ses études», a confié le surveillant général de son établissement scolaire, le Collège catholique de Lokossa. Pour le Sg, l’apprenante dont la performance suscite déjà des demandes de recrutement est non seulement très appliquée mais aussi respectueuse témoignant d’une bonne éducation reçue de sa famille biologique. «En ce moment où nous sommes très honorés, je dis merci à Thalia, merci à ses encadreurs, notamment l’enseignant de mathématiques qui n’a pas été seulement enseignant mais son second papa », fait savoir humblement, à son tour, Urbain Hountongbé, le géniteur de la lauréate.
Associant ses collègues à l’honneur qui lui est rendu, l’enseignant de mathématiques, Gilles Kangni, indique que Thalia est le produit d’un travail d’équipe tout en saluant le rôle des parents dans le suivi de leur fille. « J’aimerais insister sur le suivi des parents. C’est fondamental dans l’obtention de ces types de résultats. Si chaque parent pouvait jouer la moitié du rôle de ceux de
Thalia, on aurait plusieurs talents», martèle-t-il.
« Ce qui fait davantage plaisir, c’est son jeune âge, 16 ans seulement. Cela veut dire que nous pouvons compter sur elle pour le développement du département et de toute la nation », appuie le directeur départemental en charge de l’Enseignement secondaire. « La célébration de Thalia va créer le déclic, stimuler d’autres apprenants », déduit Mathieu Ayessi, le directeur départemental.

Président de l’Assemblée nationale sous la 7e législature, Me Adrien Houngbédji décline sa responsabilité dans la supposée affaire de soupçon de mauvaise gestion sous sa présidence. Il se défend et estime que ce sont les questeurs, au regard du Règlement intérieur du Parlement, qui doivent être interpellés si mauvaise gestion il y a. L’ex-président de l’Assemblée nationale a livré sa part de vérité à la direction exécutive nationale du Parti du renouveau démocratique (Prd), sa formation politique, qui a tenu une réunion, mardi dernier, sanctionnée par un communiqué.
L’affaire de mauvaise gestion présumée sous la 7e législature s’est très tôt invitée dans les points abordés en divers, mardi 13 août dernier, lors de la réunion de la direction exécutive nationale (Den) du Parti du renouveau démocratique (Prd). Selon le communiqué qui a sanctionné les travaux et signé de Falilou Akadiri, secrétaire général du parti, Adrien Houngbédji, président du Prd, a été interpellé au cours de la réunion par rapport aux difficultés financières de l’Assemblée nationale depuis juin 2018 jusqu’à ce jour dont certains députés de la 8e législature, lors de la séance plénière du Parlement le 8 août dernier, tentent de lui faire porter le chapeau. Pas question, se défend le leader des Tchoco-Tchoco. Me Adrien Houngbédji clarifie, renseigne le communiqué, qu’il n’est pas gestionnaire du budget de l’Assemblée nationale. A l’en croire, cette attribution, au regard des dispositions de l’article 156 du Règlement intérieur du Parlement, revient aux questeurs de l’Assemblée nationale. Mieux, en tant que président de l’Assemblée nationale, il n’a pas signature sur les comptes bancaires de l’institution. Il n’en connaitrait même pas l’existence, poursuit Me Adrien Houngbédji. Mais également, il ne s’est jamais immiscé dans la gestion financière de l’institution. Et il n’a jamais, en sa qualité d’ordonnateur, donné un ordre non conforme aux dispositions légales et réglementaires sur la gestion budgétaire. Selon lui, même s’il avait donné un tel ordre, les questeurs doivent l’en aviser par écrit et l’inviter à retirer ledit ordre. La réponse confirmative du président, dans le cas d’espèce, doit être formulée par écrit, rappelle Me Adrien Houngbédji. Cette réponse, à l’en croire, emporterait réquisition des questeurs qui s’exécutent. Ce n’est qu’en ce moment seulement que la responsabilité du président est engagée (art 156 et 171 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale), démontre le communiqué de la Den/Prd. Ce cas de figure de réquisition ne s’est jamais produit sous la présidence du président Adrien Houngbédji. «Qu’il s’agisse de propositions émanant des questeurs ou des titres de paiement et autres, préalablement à la signature du président, les questeurs doivent l’assurer de la disponibilité des crédits et s’agissant des titres de paiement, ils joignent les pièces justificatives originales revêtues de la signature de l’un d’eux (art 160 et 165 du RI) », explique-t-il.
Me Adrien Houngbédji martèle par ailleurs qu’il n’a pas pour attribution de contrôler la gestion des questeurs du Parlement. Ce contrôle relèverait des attributions du délégué du contrôle financier nommé près l’Assemblée nationale par le ministère de l’Economie et des Finances. Cette procédure n’est pas la même en ce qui concerne le contrôle de l’exécution du budget par les questeurs. Cette mission est de la compétence d’une commission spéciale dont les membres sont désignés par les groupes parlementaires à raison d’un député par groupe, confie l’ancien président de l’Assemblée nationale à la Den/Prd. Ces commissions parlementaires spéciales se sont toujours régulièrement réunies et ont chaque fois déposé leurs rapports. Lesquels rapports ont toujours donné quitus aux questeurs pour leur gestion, précise le communiqué du Prd.
Pour la Den/Prd, il n’y a pas matière à culpabiliser le président Adrien Houngbédji dans cette affaire. Celle-ci voit d’ailleurs derrière ces dénonciations une volonté de nuire au parti et à son président à l’approche des élections municipales, communales et locales. « Le Prd ne se laissera pas intimider. Le parti et son président attendent avec sérénité les résultats de l’enquête ou de l’audit demandé par les deux députés », souligne la Den/Prd qui relève, toutefois, certaines insuffisances dans les textes et pratiques régissant les finances de l’Assemblée nationale et qui nécessitent une réforme approfondie.
Houngbédji ignore-t-il la responsabilité d’un ordonnateur de budget ?
Est-il possible de dégager sa responsabilité dans une gestion financière dont on a été ordonnateur de budget ? Le président Adrien Houngbédji ne devrait pas perdre cela de vue. L’on ne trouverait rien à dire de ses explications dans ce débat de soupçon de mauvaise gestion sous la 7e législature s’il n’avait pas été un acteur clé de la chaîne d’exécution du budget de cette institution pendant la période mise en cause. D’autant que c’est lui qui engage en premier, à travers une décision qu’il signe, la dépense au niveau de l’Assemblée nationale. C’est alors qu’interviennent les questeurs qui finalisent la procédure de dépense sur la base de la décision d’engagement du président du Parlement. Ainsi, aucune dépense ne peut être engagée si le président de l’Assemblée nationale n’a pas donné son autorisation expresse. Le débat serait, dès lors, tout autre si le président Adrien Houngbédji avait délégué son pouvoir d’ordonnateur de budget à un membre de son bureau, comme il l’a d’ailleurs fait sous la troisième législature (1999-2003) où il a responsabilisé son premier vice-président d’alors, qu’était Sacca Lafia. Il a opéré cette délégation de pouvoir sous le même Règlement intérieur du Parlement sur lequel il s’appuie aujourd’hui pour se défendre et tenter d’imputer la responsabilité aux deux questeurs de son bureau dans cette affaire de présumée mauvaise gestion. Les deux questeurs ne tarderont certainement pas à livrer, eux-aussi, leur part de vérité. Le hic aujourd’hui est que l’institution traine d’énormes dettes. On parle de quatre milliards F Cfa d’ardoise héritée par la huitième législature. L’Assemblée nationale reste devoir aujourd’hui à plusieurs prestataires, notamment la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), Bénin Télécoms Sa, et même aux organes de presse dont les factures issues des contrats d’abonnement et de partenariat au titre de 2018 sont restées jusqu’ici impayées. Et bien malin qui pourra dire quand tous ces prestataires seront payés. Vivement cet audit souhaité de tous pour que soient clarifiées les choses pour permettre à la justice de situer éventuellement les responsabilités.

Le Réseau national des Ong actives dans l’agriculture durable au Bénin (Renova) œuvre pour l’avènement d’une loi d’orientation agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin. Une délégation de ce réseau a été reçue à cet effet en audience au Parlement, ce mardi 13 août.
« Le Réseau national des Ong actives dans l’agriculture durable (Renova) a demandé au Parlement à être reçu en audience pour présenter au président et au bureau de l’Assemblée nationale l’organisation qu’il représente dans le secteur de l’agriculture ». C’est en substance, à en croire le président du Renova, Patrice Sèwadé, l’objet de la visite, ce mardi 13 août, d’une délégation de son réseau au palais des Gouverneurs à Porto-Novo. La délégation a été reçue par la première vice-présidente de l’Assemblée nationale, Mariam Talata Yérima qui était entourée du directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, Mathieu Ahouansou et du secrétaire général administratif du Parlement, Thomas Dassi.
Selon Patrice Sèwadé, les échanges ont surtout porté sur l’évolution des réformes dans le secteur de l’agriculture. « Nous avons présenté quelques points de plaidoyer au Parlement, notamment les préoccupations des acteurs agricoles qui portent sur la loi d’orientation agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle », souligne-t-il. Le président du Renova plaide pour que le gouvernement et le Parlement puissent conjuguer leurs efforts pour doter le Bénin de cette loi dont l’importance, selon lui, n’est plus à démontrer. A l’en croire, cette loi va permettre notamment au secteur de l’agriculture d’avoir une boussole efficace. «Pendant longtemps, chaque gouvernant arrive et élabore les documents de stratégie agricole qui lui permettent de fonctionner. Et d’autres gouvernants viennent et répètent ou font autre chose carrément. Nous voulons qu’il y ait désormais une stabilité à travers des documents constitutionnels », insiste Patrice Sèwadé.
La délégation a saisi l’occasion, informe-t-il, pour plaider pour l’adoption d’une loi sur les interprofessions afin de mettre fin à l’anarchie qui règne dans le secteur avec la création tous azimuts d’associations interprofessionnelles, notamment dans le coton, l’anacarde, l’aviculture et autres. Tout ceci se fait, observe Patrice Sèwadé, sans un encadrement juridique solide et soutenu qui sécurise le vivre ensemble de ces familles d’acteurs. Le Renova rêve du vote de cette loi sur les interprofessions pour insuffler une nouvelle dynamique à ces regroupements d’acteurs qui devront fonctionner dorénavant sur des bases légales, claires et lisibles. « Nous avons soumis à l’occasion un document qui résume toutes nos propositions ; lequel document est issu de tous les échanges que nous avons eus avec les acteurs du secteur», indique le président Patrice Sèwadé. Il se dit, d’ores et déjà, satisfait de l’écoute attentive dont a bénéficié sa délégation de la part de la première vice-présidente de l’Assemblée nationale et sa suite. Ces derniers ont promis, selon lui, de poursuivre le plaidoyer et d’être le porte-parole du Rénova auprès des députés et autres pour l’atteinte des objectifs. «Nous pensons que ce plaidoyer recevra un écho favorable auprès des autres députés pour que ces lois passent vite parce qu’il s’agit de l’agriculture, de la nourriture des populations qui les ont élus», poursuit Patrice Sèwadé qui souhaite aussi que le financement du secteur de l’agriculture dans le budget de l’Etat puisse atteindre et dépasser le taux de 12% recommandé au niveau des textes internationaux auxquels est partie le Bénin.

Le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané était, samedi 10 août dernier, à Ouaké et Sèmèrè pour témoigner sa gratitude aux populations pour leur soutien. Avec l’appui de certains militants du Bloc républicain, il les a rassurées de la sollicitude du gouvernement pour régler les problèmes auxquels elles sont confrontées.
Le ministre d’État, Abdoulaye Bio Tchané, accompagné de plusieurs membres du Bloc républicain a, lors d’une rencontre organisée, le samedi 10 août dernier, à Ouaké et Sèmèrè, témoigné sa gratitude aux populations pour leur soutien aux législatives 2019. Il en a profité, avec le concours des militants et sympathisants du Bloc républicain (Br), pour sensibiliser les jeunes et les femmes sur les opportunités d’emploi qu’offrent les services publics et privés.
Pour le ministre d’État, le gouvernement du président Patrice Talon est engagé sur plusieurs chantiers tels que l’accès à l’eau portable, la construction des infrastructures, notamment routières.
Des doléances portant entre autres sur l’emploi des jeunes et la construction des infrastructures, notamment des centres de santé ont été présentées au ministre.
A propos de l’emploi, les populations de Ouaké ont demandé à Abdoulaye Bio Tchané d’aider les jeunes à accéder à des emplois durables.
A Sèmèrè, les sages, femmes et jeunes ont fait part de préoccupations liées à la santé et aux activités économiques.
Selon la porte-parole des femmes, la crue ne facilite pas la traversée du pont en direction du marché de Kassouah. Les autres difficultés portent sur la prise en charge des malades au centre de santé de la localité, l’accès à l’eau potable et les échanges commerciaux avec le Togo voisin.
En réponse à la problématique de l’emploi des jeunes, le ministre d’État a fait savoir que le secteur public crée très peu d’emplois comparativement au secteur privé. Il a invité les jeunes à suivre les communiqués et annonces relatifs aux offres d’emplois quel que soit le secteur. Il leur a également conseillé de s’inscrire sur les plates-formes réservées à cet effet.
En ce qui concerne l’eau potable, le ministre d’Etat a promis de s’investir personnellement pour sa disponibilité dans les prochains mois.
Par ailleurs, il a rassuré les militants et sympathisants des efforts du gouvernement de la Rupture pour satisfaire les populations à travers plusieurs projets. Il s’agit entre autres de la relance et de l’accroissement des ressources de microcrédits aux femmes, du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch).
La zone sanitaire Djougou- Ouaké-Copargo a été choisie pour la phase pilote du projet Arch pour la Donga, a rappelé Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat en charge du Plan et du Développement. Il s’agit, selon lui, d’une avancée notable au Bénin.
A l’occasion, il a remercié ses militants et sympathisants pour leur engagement en faveur du Bloc républicain lors des élections législatives de 2019. Il les a invités au même élan de solidarité pour les prochaines joutes électorales.

Le Bénin s’affaire pour le retour sans délai de ses biens culturels, suite aux conclusions du rapport Sarr-Savoy et aux diligences manifestées par l’Elysée à restituer quelques pièces au pays.
Sans perdre de temps, le Bénin prend des dispositions confortatives dans la perspective du retour de pièces historiques que la France s’engage à restituer au pays avant des discussions sur le reste. La suite dans les idées, les autorités béninoises, conséquemment, instituent un comité chargé de la coopération muséale et patrimoniale entre la France et le Bénin. La mission de cet organe est de trouver les points d’ancrage d’un partenariat opérationnel, en vue de la restitution de toutes les œuvres culturelles du patrimoine béninois en France. Preuve que le président Patrice Talon, premier chef d’Etat africain à avoir formulé une demande de restitution de ces biens déportés pendant la colonisation, tient bien le compas pour l’atteinte de ses objectifs.
La réalisation d’un inventaire exhaustif des œuvres et des biens culturels concernés, figure également au cahier des charges de ce comité dirigé par l’ancien directeur général adjoint de l’Unesco, Ismaël Tidjani-Serpos, et constitué d’experts, de cadres, de dignitaires et d’autorités culturels et religieux béninois. Ce qui dénote du sérieux de la démarche des autorités béninoises, qui répond à la dynamique de faire du tourisme un levier de développement. Les projets en cours de construction de musées aux normes et standards internationaux, s’inscrivent aussi dans cette dynamique. Quel que soit le temps que prendra l’édification de ces musées, il ne viendrait pas à une mère, pas plus qu’à un Etat, d’attendre de construire le gîte le plus sécurisé avant de recueillir sa progéniture longtemps perdue de vue !
Se félicitant du rapport Savoy-Sarr, le Garde des sceaux béninois fait valoir que le retour des biens culturels nécessite également des mesures législatives, jugées indispensables, pour dissuader contre les velléités de vol et de trafic des œuvres. «Ce qui se passe est de haute portée historique. C’est la preuve que la chose est possible», jubile Sévérin Quenum. In fine, il s’agit de créer non seulement les conditions de réception mais aussi le cadre législatif approprié pour la protection de ces biens qui étofferont l’offre touristique béninoise. Le projet de développement d’un tourisme mémoriel dans le pays porte en effet cette forte résolution des autorités béninoises, avec le président Patrice Talon à l’avant-garde du combat, pour le rapatriement de ces œuvres culturelles.
Tenace, Talon !
Lorsque le Bénin a officiellement porté devant la France une requête visant à la restitution de ces biens se trouvant dans plusieurs musées et collections français, il avait essuyé à l’époque une fin de non-recevoir de la part du ministre français des Affaires étrangères.
Jean-Marc Ayrault alléguait de ce que ces biens sont soumis aux principes d’inaliénabilité, d’imprescriptibilité et d’insaisissabilité. Mal engagé, ce combat ?
Certains avaient émis des doutes, ici et là, faisant montre d’un certain scepticisme à l’idée que la France puisse accéder à la requête béninoise de restituer ces trésors culturels, objet d’attraction, il est vrai, dans des musées de l’Hexagone. Le Bénin avait alors trouvé un allié objectif à travers le Conseil représentatif des associations noires (Cran) de France qui avait vivement indiqué à l’Etat français de ne pas rester insensible à la requête formulée par les autorités béninoises en se réfugiant derrière le seul argument juridique.
Ce soutien actif du Cran ne vient qu’en ajouter aux dispositions naturelles du chef de l’Etat béninois, connu pour sa ténacité. Encore qu’à l’agenda de l’action gouvernementale, le locataire du palais de la Marina a inscrit un ambitieux programme de promotion touristique. Mieux, il mise sur ces trésors culturels pour le développement d’une industrie touristique muséale. Il fut par conséquent imperturbable et ne céda ni au scepticisme ni au découragement, fidèle à sa nature conquérante. Coup d’essai, coup de maître donc pour le N°1 béninois. En dépit de la législation française interdisant toute restitution, à moins de voter une loi pour déclasser une œuvre des collections nationales. Avec méthode et grâce à la dialectique adoptée, les autorités béninoises ont eu gain de cause. « Nous avons une maturité qui ne nous autorise pas à aller dans une démarche conflictuelle. Le président de la République a fait l’option d’une approche consensuelle », s’enorgueillit Aurélien Agbénonci, chef de la diplomatie béninoise, qui avance que le vaste programme touristique que porte l’Exécutif béninois est le cément de cette démarche, outre la légitimité toute naturelle de disposer de ces œuvres au Bénin d’où elles proviennent. La volonté de faire revenir au bercail les biens culturels du patrimoine national, est donc restée inébranlable chez le gouvernement béninois.
En visite à l’Elysée le 5 mars 2018, le chef de l’Etat avait donc insisté à ce propos auprès de son hôte avec qui il a convenu des possibilités de rapatriement. Patrice Talon, invité d’honneur de la Conférence internationale des biens culturels et du patrimoine en partage au siège de l’Unesco, à Paris, le 1er juin 2018, avait réaffirmé sa volonté de voir ces biens culturels gardés en France rapatriés au Bénin, soulignant l’intérêt économique qu’ils représentent pour le pays dans une perspective de développement du secteur touristique jamais porté auparavant.
Renaissance
“Ces biens uniques et exceptionnels, dont l’histoire a du mal à être contée avec aisance dans leurs lieux actuels de rétention, n’attendent que d’être retournés dans leurs environnements naturels en vue de leur renaissance”, a-t-il résolu. Patrice Talon marque cependant une ouverture, affirmant que « la coopération et le partenariat restent le moyen le plus efficace » pour la renaissance et le rayonnement durable de ces œuvres au profit de tous.
Une vision qui intègre parfaitement la philosophie qui a guidé les deux experts nommés par
Emmanuel Macron. Selon Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, « La jeunesse d’Afrique, comme la jeunesse de France ou d’Europe, a droit au patrimoine». Leur rapport éponyme, ‘’Vers une nouvelle éthique relationnelle’’, se veut aussi évocateur que provocateur par l’intitulé de l’introduction. Il n’y a plus d’impossible, tranchent les deux experts qui règlent également des détails sémantiques, notamment le sens et la portée de la notion de « restitution », ce qu’implique le geste de restitution... Au-delà de toute amphétamine discursive, Sarr et Savoy préconisent une modification du code du patrimoine français afin de permettre la restitution définitive des milliers de biens culturels pillés en Afrique, confortant largement les prétentions béninoises. Une éclatante victoire diplomatique pour Talon dont le ‘’culot’’ s’est avéré payant.

Sans être une anagramme du titre de l’hymne national du Bénin, « l’Aube nouvelle », le leitmotiv du gouvernement actuel, à savoir le Nouveau départ, se confond avec l’exhortation consubstantielle aux « enfants du Bénin debout » appelés à livrer « des combats éclatants ». Cet appel que réédite le président Patrice Talon, à travers son action gouvernementale sous le sceau de la « Rupture », est-il toutefois compris de tous ses compatriotes ?
Les Béninois sont-ils « Plus forts dans l’unité chaque jour à la tâche » ? Et, « Pour la postérité», sont-ils décidés, comme le voudrait l’actuel chef de l’Etat, à l’instar de l’hymne national, à construire « Sans relâche», dans l’abnégation que cela requiert ?
Chose naturelle à toute société humaine, il y a de nombreux Béninois qui intègrent et s’approprient la dynamique de Rupture et de Nouveau départ, conscients de ce que jusqu’il y a peu encore, il y avait beaucoup de laisser-aller dans les attitudes adoptées au service du pays, et de relâchement dans la gouvernance. Aussi, soutiennent ceux-là, faut-il changer de paradigme pour pouvoir aller de l’avant. De l’autre côté, même après trois ans de gouvernement, il faut compter avec ceux qui observent une certaine réserve voire résistance à ladite dynamique, considérée par ses critiques comme « rigoriste » et qualifiée par d’aucuns « d’autocratique », selon le terme de plus en plus emprunté par les opposants au régime. Qu’en est-il en réalité ?
Changer les codes
Il y a dans l’action du gouvernement actuel, comme une réécriture du code génétique chez les Béninois, notamment en ce qu’ils avaient adopté jusque-là des habitudes et procédés au service du pays jugés à bien des égards, peu positifs. D’où l’appel à la « Rupture ». Et comme à tout changement, soulignent les essais sociologiques sur la question, des résistances sont observées. Les réformes initiées à l’effet de rompre avec les anciennes pratiques étant de nature à déranger, surtout des intérêts inavouables, dans tous les secteurs d’activités, dans le privé comme dans le public. Cela n’est pas non plus sans remettre en cause les attitudes et habitudes dans lesquelles de nombreux Béninois se sont confortés, en général aux dépens de l’intérêt général : c’est l’agent de sécurité qui rançonne, c’est le politicien qui n’entend pas se départir de ses ‘‘avantages’’ et facilités antérieurs, c’est le fonctionnaire qui fait des missions croisées en dépit du bon sens et des lois de la physique, c’est l’agent du service public qui attend une rétribution indue de l’usager avant d’accomplir sa tâche, ce sont des concours frauduleux organisés, ou des marchés pipés passés...Autant de mauvaises pratiques remises en cause, actuellement, qui suscitent la grogne des ayants cause et qui font dire que «l’argent ne circule plus » et que le pays est « dur », selon une ritournelle lancinante !
Que comprendre ?
Alors que les Béninois ont la fâcheuse habitude d’aimer si peu d’amour leurs princes, le président Patrice Talon ajoute la circonstance aggravante d’avoir un style iconoclaste, en tout cas qui ne ressemble en rien à ce que ses compatriotes ont vu chez ses prédécesseurs. Cela n’est pas sans déboussoler quelque peu non plus. Aussi, certains ont-ils du mal à comprendre sa gouvernance déjà parasitée par l’intoxication via les réseaux sociaux, à percer la pertinence de ses actions, soient-elles structurantes et porteuses de plus-value pour le pays. Le problème de la gouvernance actuelle serait-il donc la détermination avec laquelle Patrice Talon, droit dans ses bottes, entend gouverner, décidé à se dépêtrer des méthodes et recettes dont on s’imagine que, si elles étaient perspicaces, elles auraient déjà pu développer le pays ? Le président Talon, lui, jure qu’il n’a cure d’être impopulaire, dans l’œuvre qu’il entend accomplir pour le bien de la patrie. Et ce faisant, il se départit d’une entrave, qui l’aurait retenu dans son élan de mettre en musique son projet gouvernemental.
Mais la résistance ne faiblit pas pour autant. Et certains de ses supporters lui enjoignent de mitiger la forte résolution notée chez lui qui peut s’assimiler à de l’obstination.
La méthode Talon, il est vrai, ne ressemble en rien à celle employée par le Général Mathieu Kérékou qui, dictateur reconverti en démocrate, a préféré en dix ans de gouvernement démocratique, marcher sur des œufs !
Quant à Boni Yayi, inutile de rappeler qu’il a été le plus populiste des chefs d’Etat sous le renouveau démocratique, et que la rigueur n’a jamais été le socle d’action d’un populiste. Patrice Talon ne s’embarrasse pas, lui, de trancher dans le vif, sans ménagement, mais sans perdre de vue les normes et principes légaux, incontournables repères. C’est ainsi que plusieurs hauts gradés de la Police, pris en indélicatesse, ont été durement sanctionnés, conformément à la procédure en la matière. Idem pour les responsables politico-administratifs qui, pincés pour quelque malversation que ce soit, ne bénéficient d’aucune couverture du pouvoir actuel, contrairement aux habitudes. Un exemple symptomatique de la rigueur qui caractérise la gouvernance Talon et qui fait dire de lui qu’il ne serait pas « social » …
Syndrome Sarkozy
Renseignant, cependant, sur la sensibilité de l’ex-homme d’affaires, un fin connaisseur du chef de l’Etat jure que c’est tout le contraire de ce que disent ses détracteurs, et qu’il a la sensibilité à fleur de peau, mais la dissimule sous une carapace qui donne de lui l’image (erronée) d’un dur à cuire. Etayant ses propos, il donne l’exemple de l’évacuation sanitaire sur Paris de la femme du chauffeur d’un proche que Patrice Talon a financée sans connaitre celle-ci ni d’Adam ni d’Eve, mais rien qu’en ayant entendu parler des maux décelés chez le bébé que portait la dame… « Il est ainsi », lâche ce proche du président Talon selon qui « Les gens seront bien surpris de savoir l’étendue de ses actions caritatives et de ses apports désintéressés à l’endroit des tiers, le jour où il voudrait qu’on en parle, qu’on les énumère », insiste-t-il.
Du social
Cela étant, loin du cadre privé, le caractère « social » de la politique menée sous la férule de Patrice Talon, si peu admis pourtant par certaines opinions, est bien perceptible. L’une des preuves, l’équité dont les concours de recrutement sont désormais empreints. Relève du même caractère, le quitus fiscal réclamé dorénavant aux aspirants à des fonctions électives, car c’est inconcevable que ceux-ci ne payent pas leurs impôts alors qu’ils seront rétribués grâce à l’argent du contribuable.
Du reste, tout en œuvrant, comme jamais par le passé, pour le relèvement des couches vulnérables, à travers les subventions accordées aux centres et instituts sociaux habilités, le Nouveau départ, à travers l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), apporte une puissante réponse sociale à laquelle aucun gouvernement n’a pu penser auparavant. De même, lorsqu’il converge les médecins les plus capés du pays vers les hôpitaux publics que ces derniers délaissaient pour l’exercice en privé, le gouvernement a pris une mesure dont le caractère social peut être apprécié à la hauteur du préjudice, car il n’est plus besoin de payer plus cher en clinique privée pour bénéficier de l’expertise médicale qui profitera ainsi désormais aux plus petites bourses...
Quid de l’économique et de la politique ?
Assainie, l’économie béninoise augure de bonnes perspectives et s’avère désormais porteuse de croissance durable, ce qu’attestent du reste les institutions de Bretton Woods. L’assiette fiscale s’étant élargie grâce à des mesures nouvelles et à de nouveaux instruments permettant d’assujettir les structures et individus imposables, afin que le pays ne dépende plus, pour son développement, des emprunts et de l’aide extérieure rares aujourd’hui. Les dispositions structurelles et autres mesures prises, dans les domaines de l’économie numérique, du tourisme et de l’agriculture notamment pour booster la première culture de rente qu’est le coton, contribuent également à cette perspective.
Sur le plan politique cependant, la réforme initiée pour rendre plus dynamique le système partisan, fut laborieuse à l’épreuve, et c’est là un euphémisme, dans sa mise en œuvre, elle a quelque peu coincé . Rien qu’à en juger par les dernières élections législatives, faites dans des conditions peu ordinaires, car seuls les partis proches du pouvoir ont pu y prendre part. Cela suffit-il à dire qu’il s’agit-là d’un recul démocratique au Bénin comme on l’entend dire ?
A l’analyse, la démocratie, trivialement, est entendue comme la dictature de la loi, mais aussi du nombre, la majorité qualifiée s’imposant à tous. Il en a été ainsi des lois portant Code électoral et Charte des partis, que d’ailleurs la quasi-totalité des députés béninois ont voté, au terme d’un long processus de sensibilisation à travers plusieurs séminaires. Que certains partis politiques, pour une raison ou une autre, n’aient pu se conformer à la nouvelle donne, cela a suffi, d’autant que ceux-ci sont de l’opposition, à soupçonner le pouvoir de les avoir écartés afin d’avoir le champ libre pour les partis de la mouvance en vue des législatives d’avril 2019.
Il est vrai, en Afrique, les régimes brillent par leur ingéniosité à faire des coups fourrés à leurs opposants. Mais, faut-il prétexter de cela pour verser dans la paranoïa, voir le diable partout, sans jamais donner de bénéfice du doute ? Dans le cas d’espèce, les partis d’opposition béninois se sont rendus coupables de quelques turpitudes. En ayant déjà voté les lois qu’ils remettent en cause après coup. Et, autant peut-on soupçonner le ministère de l’Intérieur de pouvoir faire preuve, possiblement, de mauvaise foi dans la délivrance du certificat de conformité, ou les services des impôts de délivrer, peut-être à la tête du client l’indispensable quitus fiscal, autant on a de la peine à croire que le pouvoir a inspiré à ses opposants de recourir à la Cour suprême, au lieu de déférer le contentieux relatif aux partis, comme l’exige la loi, au tribunal de première instance pour se faire donner raison.
Aussi, accusé de tous les péchés d’Israël, le pouvoir a eu raison de soutenir que les partis d’opposition ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes pour les manquements majeurs relevés dans leurs dossiers et leur difficulté manifeste à se conformer aux lois. De la poule et de l’œuf, qui vient en premier ? Ce débat a vécu !
Que d’encre et de salive ont coulé, au cours du processus électoral qui, en définitive, a abouti à l’élection des députés de la 8e législature. Comme jamais, la cristallisation des intérêts a atteint son comble sur l’échiquier politique béninois. A en juger par les actes de violence qui ont émaillé par endroits le scrutin législatif du dimanche 28 avril 2019. Ajoutées à cela, les récriminations post-électorales de l’opposition qui ont débouché sur une mini-guérilla urbaine qui ne dit pas son nom, avec des jets de pierres et des brasiers de pneus usagés. Il faut déplorer ce phénomène, affligeant, qui a contraint l’armée à agir pour y mettre un terme. En tout cas, on y a peu reconnu le Bénin. Cela n’est pas sans interpeller la classe politique, dans son ensemble, sollicitée à requalifier le sens de son engagement. Est-ce au service de la nation ou pour des intérêts égoïstes ? La 8e législature, en premier, est appelée à donner un sens à la politique au Bénin. Le gouvernement, quant à lui, persuadé que point de bon vent à celui qui ne sait où il va, à travers son chef, entend maintenir le cap des réformes. Leurs résultats témoigneront de la justesse de ses choix.
Quels qu’ils soient, ils auraient un goût de symphonie inachevée, si on ne trouve pas les ressorts pour décrisper l’atmosphère. Un pas de franchi dans cette voie déjà par la politique de main tendue prônée par le président Patrice Talon. La décrispation ne dépend pas, toutefois, que du seul pouvoir exécutif. Elle est aussi tributaire de l’état d’esprit et de l’attitude de ses vis-à-vis.