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Nouvelles

Gestion des conventions relatives à l’environnement: Les parties prenantes évaluent les principaux outils

Les parties prenantes du projet sur les principaux outils d’évaluation environnementale renforcent leurs capacités à Cotonou dans le cadre d’un atelier de deux jours démarré hier mercredi 7 août. Les participants vont, à l’occasion, s’outiller en vue d’élaborer de meilleurs rapports sur l’état de l’environnement au Bénin.

L’objectif de l’atelier sur les principaux outils d’évaluation environnementale est de faire connaître les exigences environnementales des partenaires ou celles d’autres pays, contribuer à améliorer l’établissement par l’Etat béninois des rapports sur l’état de l’environnement, d’après les explications du directeur adjoint de la Programmation et de la Prospective du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, Sourou Louis Bossa, représentant le ministre. Ce qui fera des participants, des cadres outillés dont l’expertise intègre les standards internationaux en matière d’évaluation environnementale qui s’affirme de jour en jour en lien avec l’évolution des technologies.  L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement des capacités nationales pour la gestion des conventions relatives à l’environnement en lien avec les objectifs de développement durable et la mise en place d’un système d’informations statistiques, coordonné par Ibila Djibril. Selon ce dernier, l’évaluation environnementale conduit à prendre en compte l’environnement dans son ensemble à savoir la biodiversité, le climat, l’eau, l’air, le sol, les terres, le paysage, la santé humaine, les biens matériels, le patrimoine culturel… ainsi que les interactions entre les différents facteurs.
Au nombre des principaux outils d’évaluation, il y a l’étude d’impact environnemental, l’audit environnemental, la procédure d’audience publique sur l’environnement et les plans d’urgence. « Ces différents outils en vigueur au Bénin seront méthodiquement abordés et commentés par ceux utilisés par nos partenaires tels que la Banque mondiale, le Fonds pour l’environnement mondial (Fem), le Fonds vert pour le climat et le Fonds d’adaptation », a expliqué le représentant du ministre. Louis Bossa indique que la raison d’être de toute évaluation environnementale est d’évaluer suivant les cas, l’ensemble des impacts d’une politique, d’un programme ou d’un projet sur l’environnement dans l’optique de mettre en œuvre, le plus en amont possible, une démarche d’évitement, de réduction et de compensation (Erc) de ces impacts, de pouvoir justifier les choix et de présenter des alternatives pertinentes.
In fine, l’évaluation environnementale doit permettre d’éclairer utilement le public et l’autorité décisionnaire quant à la pertinence non seulement économique et sociale d’un projet mais aussi et avant tout environnementale. Au-delà d’une exigence légale suite à la loi 98-030 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur l’environnement en République du Bénin, poursuit-il, le principe d’évaluation découle d’un consensus international consacré par le Sommet de la planète terre de Rio de 1992 mais dont les éléments précurseurs ont été essentiellement l’œuvre de l’Agence américaine de protection de l’environnement. Soulignons que l’atelier se déroule sous la conduite d’un collège de quatre experts n

Actualités 08 août 2019


Cinquantenaire du quotidien national: La Haac prête à accompagner l’événement

Une délégation de l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip) a été reçue en audience, mardi 6 août dernier, par le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Conduite par le directeur général par intérim de l’Office, Bertin
Sowakoudé, ladite délégation est allée informer Rémi Prosper Moretti de la célébration sous peu du cinquantenaire du quotidien national d’information et solliciter à cet effet son soutien.

La direction générale de l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip) poursuit sa randonnée auprès des institutions de la République dans le cadre des préparatifs des noces d’or du quotidien national d’information. En effet, une délégation de l’Onip, conduite par son directeur général par intérim, Bertin Sowakoudé, était, mardi dernier, au cabinet du président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac).
Au cours de cette rencontre, le directeur général par intérim de l’Onip et sa suite ont, tout d’abord,adressé leurs félicitations à Rémi Prosper Moretti pour sa désignation à la tête de l’institution de régulation des médias.« Nous lui avons également souhaité plein succès dans sa mission républicaine. Et que sous son mandat, la presse publique connaisse un avancement, mieux que par le passé», a déclaré Bertin Sowakoudé au terme de la rencontre.Il a également souhaité que la Haac accompagne l’Onip, notamment le quotidien « La Nation » dans sa mission régalienne, et l’aide à saisir les opportunités du numérique qui se présentent aujourd’hui dans le paysage médiatique.
Concernant le principal sujet, objet de l’audience, le premier responsable de l’Onip rappelle que le journal « La Nation », en tant que quotidien national a eu 50 ans d’existence le
1er août dernier, et que cet événement mérite d’être célébré. «Nous sommes venus porter l’information au président de la Haac qui est l’institution de régulation des médias, recevoir de lui des conseils avisés pour la bonne organisation de l’événement et solliciter son accompagnement en vue de la réussite de cette célébration», a confié Bertin Sowakoudé.
La séance s’est bien déroulée et la délégation de l’Onip en est sortie très satisfaite. En témoignent d’ailleurs les propos du directeur général par intérim : « Il nous a prodigué d’importants conseils dont on tiendra compte pour la commémoration de l’événement, et aussi dans la conduite de nos activités ». Mieux, Bertin Sowakoudé informe que le président de la Haac a promis d’accompagner l’Office sur tous les plans, dans la mesure du possible, pour que la célébration du cinquantenaire du quotidien national soit une réussite n

Actualités 08 août 2019


Port des perles à la hanche: Un arsenal de séduction en voie d’abandon

Autrefois appelées ‘’bébé’’, les perles ou ‘‘djè’’ révèlent la personnalité de la femme africaine. Non seulement elles se présentent comme  une source de guérison mais aussi sont révélatrices de fortes sensations au sein des couples. Pour les uns, l’usage des perles est d’une grande importance mais pour d’autres cela n’est pas utile.

Dans la culture africaine, les perles portées à la hanche constituent un outil de séduction, mais leur usage n’est plus en vogue comme autrefois. C’est le constat fait par certaines personnes rencontrées dans la ville de Cotonou. Une occasion pour elles d’en appeler au retour à la tradition. « Nos enfants n’aiment plus porter les perles de nos jours, alors que c’est depuis l’enfance que nous y étions habituées  pour nous donner une forme de femme », explique Thomase Kpadé, communicatrice. Poursuivant, elle indique que les perles tracent la silhouette de la femme, bien entendu que celles qui existaient diffèrent de ce que l’on retrouve aujourd’hui sur le marché. « Moi, j’adore les perles à la hanche comme au cou, elles font partie de la beauté féminine. Et les Sénégalaises ont tellement bien compris qu’elles fabriquent des soutiens-gorges en perles qui brillent la nuit », ajoute-t-elle.
Jeanne d’Arc Kokou, vendeuse de banane, la soixantaine, martèle que les perles avaient une signification pour les femmes qui les portaient pour attirer leurs hommes. Cela fait partie des habitudes féminines au point où la dot comporte ce symbolisme appelé « bébé » qu’on trouve dans des endroits spéciaux. « La femme doit porter des perles pour mieux séduire son mari », soutient-elle.

Une fonction spirituelle

 Elle sera appuyée par Clarisse Agbato, vendeuse d’igname frite. Selon les explications de cette dernière, le port des perles est capital. Bien qu’elles jouent un rôle intime, elles protègent aussi l’être qui la porte, pense-t-elle. « La protection qui émane de cela amène certains hommes à porter des perles, ne serait-ce qu’un seul tour de hanche afin d’être toujours liés à leurs divinités », note Carmen Godji, enseignante à la retraite. Quand vous êtes femmes et vous avez des perles à la hanche, poursuit-elle, les mânes de vos ancêtres ne vous lâchent pas face à certaines difficultés au sein de votre foyer. Toujours est-il que certains hommes adorent voir leurs femmes parées de perles. C’est le cas de Clément Ahouansou, cadre à la retraite, qui explique les valeurs y afférentes. « Les perles sont des objets très importants dans la vie d’une femme. C’est au prime abord, un instrument de différenciation de sexe. Elles sont révélatrices de fortes sensations au sein des couples », renseigne-t-il. Mais au-delà, chaque femme a son appréhension sur l’usage de cette matière qui, selon certaines, attire les mauvais esprits.
Lévi Cakpo, sociologue en fin de formation, estime que les perles mises à la taille sont parfois encombrantes. C’est ce que pense Joséphine Adandé selon qui  les perles ne sont en  aucun cas un objet de séduction. D’après la vendeuse de pâtes alimentaires, elles sont nécessaires à la femme tout comme les autres parures. « Je n’ai pas de préférence et cela ne joue pas un rôle particulier à mon avis, mais j’exhorte juste celles qui les portent à veiller à bien les arranger afin de ne pas les exhiber dans la rue », conseille Florent Atchadé, enseignant.

Société 08 août 2019


Promotion agricole: Ces partenaires qui éclairent l’horizon des femmes

Les agricultrices de l’Atlantique connaissent de jours meilleurs grâce à l’Agence territoriale de développement agricole (Atda) pôle 7 et des partenaires agricoles. Ces acteurs œuvrent  inlassablement pour l’autonomisation des femmes.

Adjohoun-Togoh, à environ 20 km du centre-ville d’Allada. Il faut s’armer de courage pour arpenter le long sentier menant à la ferme où travaillent Sidoine Otchéré, directrice de l’Association pour le futur de l’Afrique (Afa) et ses collaboratrices. Ces femmes doivent leur réputation à la production du maïs et de l’ananas.
Sous le chaud soleil qui dardait ses rayons en cet après-midi du mercredi 3 juillet, elles étaient à pied d’œuvre dans le champ de maïs érigé sur une dizaine d’hectares. Ce champ ne représente qu’une infime partie du grand périmètre qui abrite la ferme de diverses autres productions animales et végétales.
La main-d’œuvre est essentiellement féminine. Dix femmes permanentes et quarante saisonnières y sont mobilisées.Leur chiffre d’affaires évolue en fonction de la motivation et de l’appui dont elles bénéficient  de la part des partenaires agricoles.
Avec l’avènement des Agences territoriales pour le développement agricole (Atda) a sonné l’heure du succès chez elles.
« L’Atda 7 suit l’évolution de nos activités et apporte des appuis techniques pour de meilleurs rendements; ce dont nous nous préoccupions très peu autrefois»,explique, sourire aux lèvres, la directrice de l’Afa. « En 2018, nous avions fait une production d’ananas de 5 hectares. Avec l’apport de l’agence, nous avons atteint 10 hectares cette année», témoigne-t-elle. Leur vision, c’est d’atteindre une production d’au moins 20 hectares en 2021 si elles bénéficiaient d’équipements techniques modernes.
Si les femmes d’Adjohoun-Togoh s’appuient sur la filière maïs pour s’imposer, celles de Houègbo excellent dans la production et la transformation de l’ananas.  Martine Mègnon est la trésorière de la Coopérative Gnonnan. Elle et ses collègues essayent, vaille que vaille, d’asseoir leur notoriété. Elles ont étendu leurs domaines grâce aux appuis de l’Atda 7 au point où certaines d’entre elles sont arrivées à doubler, tripler, quadrupler la superficie de leurs champs, voire plus.
« Nous sommes passées d’un demi-hectare à trois hectares; nous sommes à même de contribuer efficacement aux dépenses de nos ménages aujourd’hui et nos enfants déscolarisés retrouvent le chemin de l’école», illustre fièrement Martine Mègnon. Cela se  ressent également sur l’économie locale.
« En termes de main-d’œuvre, nous nous tournons vers les jeunes sans emploi et cela les soulage », fait savoir la trésorière de la Coopérative Gnonnan.

Difficultés techniques

Tout n’est pas rose dans l’univers de ces femmes. Des difficultés techniques plombent leurs efforts. Elles doivent batailler dur pour accroître leurs revenus, car la pratique est encore manuelle.
« Contrairement aux hommes, nous ne disposons pas de tricycles, de bottes, d’équipements modernes…; l’accès à l’eau est aussi un vrai souci. Nous sommes obligées de recourir aux ouvriers pour nous renforcer dans les champs; cette situation fait baisser nos rendements », déplore Martine Mègnon.
A cela s’ajoutent les coups bas. Elles doivent être sur le qui-vive avant de jouir des fruits de leurs récoltes. « Nos maris ne nous soutiennent pas; les voleurs aussi nous dépossèdent de nos récoltes lorsqu’ils savent qu’un tel champ appartient à une femme », relate la trésorière de la Coopérative Gnonnan qui totalise quatorze années dans le domaine. Ses collègues
Julienne Dossa, Georgette
Houédanou, Solange Adankpétodé, Célestine Djessoukpo… subissent également les mêmes affres.
Les activités programmées en faveur de la filière ananas au niveau de l’Atda 7 pour le premier semestre 2019 ont impacté seulement 16 femmes sur 110 prévues, soit 11,81%. Les raisons sont liées aux difficultés matérielles et financières.
Dans les deux localités, les modes d’accès à la terre s’apparentent au contrat de bail. Les agricultrices de Houègbo sont conscientes qu’elles émergeraient si elles avaient bénéficié de terre en héritage et si elles avaient plus de pouvoir décisionnel. Les mutations en matière de genre ne sont pas encore une réalité dans la localité. Les tabous sociaux ont toujours droit de cité.
« Certains hommes nous découragent en nous expliquant que notre avenir n’est pas dans l’agriculture. A un moment donné, moi j’étais obligée de cultiver en cachette parce que mon mari ne me le permettait pas», confie Célestine Djessoukpo, membre de la coopérative Gnonnan.

Le grain de bonheur

La plupart des femmes membres de la coopérative Gnonnan, tutoient en moyenne sept années dans l’agriculture. Elles peinent cependant à se projeter dans le futur du fait des difficultés et du manque d’accompagnement de leurs conjoints.Heureusement, une bonne volonté à leur chevet : l’Agence territoriale de développement agricole, pôle 7 (Atda 7). Mesure phare du Programme d’action du gouvernement (Pag), les Atda s’inscrivent dans une dynamique nouvelle de promotion des filières agricoles. Elles visent à valoriser les potentialités agricoles à travers des zones relativement homogènes. Le pôle de développement agricole 7 prend en compte l’Ouémé, le Littoral, l’Atlantique et le Mono. Les filières ciblées sont l’ananas, l’aquaculture, la riziculture, le maïs, le manioc, le palmier à huile, le petit élevage.... Les femmes se positionnent sur chacune de ces filières pour les valoriser. L’avènement des Atda les conforte. « La réforme qui a consacré la création de ces agences fait le bonheur de la femme parce que les Carder que ces agences ont remplacés avaient pour vocation de réduire la pauvreté sans vraiment l’anéantir tandis que les Atda ambitionnent de créer de la richesse », explique le point focal genre de l’Atda pôle 7, François Adjallala. De ce fait, toutes les stratégies que l’agence met en œuvre en milieu rural profitent aux femmes productrices, transformatrices et celles qui commercialisent les produits agricoles.
La mission des Atda, c’est d’accroître la productivité et la production. Leurs actions ont des impacts positifs sur la situation des femmes. « L’amélioration des revenus des actrices est nette par rapport au temps du Carder dans la mesure où elles détiennent désormais la technologie », apprécie-t-il.
Nina Dessouassi, chef division surveillance alimentaire et nutritionnelle à la Direction départementale de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche de l’Atlantique (Ddaep), renchérit : « Tout récemment, les Atda ont accompagné les mères des enfants malnutris dans la mise en place des jardins familiaux en vue de les aider à lutter contre la malnutrition ».
Les Atda ne sont pas les seules à faire le bonheur des femmes. D’autres partenaires sont aussi présents sur le terrain. Dans ce cadre, la fondation Konrad Adenauer Stiftung apporte des réponses aux difficultés d’accès des femmes au foncier. Là-dessus, les langues se délient pour apprécier le contenu des formations que la fondation initie en faveur des femmes.

D’autres efforts en appui au Pag

«La fondation Konrad Adenauer ose aborder un sujet tabou au regard des pesanteurs sociologiques ; elle a brisé la glace en nous formant sur des thématiques difficiles dans nos milieux. Nous sommes suffisamment aguerries pour sensibiliser les acteurs », signale Nina Dessouassi, toute émue. Elle poursuit : « Nous notons beaucoup de changements aujourd’hui dans le rang des garants de la tradition grâce aux formations et aux sensibilisations de la fondation; l’octroi et la sécurisation des terres deviennent progressivement une réalité».
Les actions de la fondation  sont perçues comme un gage de réussite du volet agricole du Programme d’action du gouvernement en milieu rural. C’est tout décontracté que le directeur départemental de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche de l’Atlantique, Dognon Hubert Tchoukpéni, évoque la pertinence des initiatives de la fondation: « Leurs actions en matière d’accès des femmes à la terre participent de la réalisation du Pag dans la mesure où les bénéficiaires contribuent largement à la production des filières phares de notre pôle, à savoir l’ananas, les cultures maraîchères et la pisciculture grâce aux notions que la fondation leur donne ». Il poursuit: « Les femmes assurent le relai des formations en matière d’accès à la terre. Elles éveillent les consciences sur le partage de l’héritage foncier ».

Donner plus de moyens aux femmes

En dépit de toutes les diligences et sensibilisations, l’accès des femmes à la terre demeure encore un challenge. « La plupart des terres sont thésaurisées. Nous prenons les dispositions pour sensibiliser les sages et les élus locaux sur la nécessité de libérer la terre au profit des jeunes et des femmes qui représentent la grande proportion du monde rural ; cela permettra d’accroître leur chance d’accéder aux opportunités», relève le point focal genre, François Adjallala, exhortant les femmes à prendre leurs responsabilités.
Les filières ananas et maïs font partie des priorités de développement agricole 2017-2021. Selon le document de synthèse sur les orientations stratégiques agricoles du Bénin 2017-2025, le gouvernement ambitionne d’augmenter le rendement de l’ananas de 60 à 80 tonnes/hectare et de porter le niveau d’exportation vers l’Union européenne à 24 000 tonnes. En ce qui concerne le maïs, le gouvernement compte aussi améliorer le rendement à 1,5 tonne/hectare et augmenter la production du maïs grain à 1 800 000 tonnes. La contribution des femmes à l’atteinte de ces objectifs est immanquable si davantage d’efforts sont consentis à leur égard .

Société 07 août 2019


Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche: « Nous menons une politique de durabilité dans la production »

Une transformation structurelle de l’agriculture béninoise s’opère depuis 2016, avec à la clé des performances remarquables, notamment au niveau de la production cotonnière et des céréales. Gaston
Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, revient ici sur les stratégies qui ont permis d’aboutir à ces exploits qui forcent l’admiration dans la sous-région. Il assure que le Bénin maintiendra le cap à travers une politique de production durable, en dépit d’une concurrence quelque peu déloyale qui s’instaure.

La Nation : Qu’est-ce qui explique les bonds quantitatif et qualitatif au niveau de la production agricole ?

Gaston Dossouhoui : Ce que nous avons eu ces trois dernières années au niveau de la production cotonnière, c’est une conséquence de ce que nous avons semé il y a trente ans, en mettant en place des structures représentant les familles de l’interprofession cotonnière. Nous avons bénéficié d’appuis divers pour pouvoir structurer. La politique s’y est entre-temps mêlée mais depuis peu, on a remis chaque acteur dans son rôle. Le mérite, c’est dans la clairvoyance politique de notre leader, le président Patrice Talon qui a dit : « A César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu ». On a remis l’interprofession cotonnière dans ses attributs. L’Etat n’y a pas mis de subventions. On a géré sur la filière les ressources qu’il faut pour faire tourner la machine et ça a marché. En trois ans, on a fait un bond de 125 %.
On est parti de loin. Nous n’avons pas des variétés venues d’ailleurs. Ce sont nos chercheurs qui ont mis en place celles que nous cultivons, avec l’appui de nos partenaires techniques. Nous avons mis en place une politique de semences par paliers, par étages, suivie et contrôlée. Quand vous avez le matériel de plantation, c’est-à-dire la semence de bonne qualité, les intrants qu’il faut, il n’y a rien à faire, les paysans prennent.
L’autre secret de l’affaire, c’est qu’à côté des intrants coton, on a compté sur la solvabilité des paysans pour leur mettre à disposition des engrais et les intrants vivriers à crédit et ils paient tout sur le coton. Il faut oser le faire. Les structures qui en sont chargées ont déconcentré aussi les magasins de distribution des intrants. Autre chose, les intrants sont contrôlés de façon sévère au niveau de nos frontières et au niveau du port. S’il y a la qualité des intrants et qu’on met un peu d’innovations technologiques, on ira loin; les résultats suivront.

Une fois le Bénin devenu 1er dans la sous-région en matière de production du coton, certains pays ont initié des stratégies pour doper leurs producteurs. Notre pays conservera-t-il son rang, toujours sans subventions ?

Les autres Etats nous décochent des flèches. A partir du moment où le Bénin, avec sa petite superficie, est passé premier dans la culture, les autres Etats se sont réveillés pour augmenter les prix. C’est de bonne guerre. De 275 000 F Cfa la tonne, prix moyen pondéré pour toute la zone, certains sont à 300 000 F Cfa pour amener les paysans à aller à la production du coton. L’engrais qui passe par le port de Cotonou on le vend à 12 000 F Cfa la tonne à Cotonou, mais là-bas, on vend à 10 000 F Cfa. Qui paie la différence ? C’est dire que les gens mettent tout en œuvre pour dépasser le Bénin. Ce n’est pas un problème. Nous allons nous battre pour rester premier: premier en qualité, premier en volume.
Nous, au Bénin, nous avons choisi de sortir des subventions qui n’étaient pas nécessaires et ce, pour faire parler la vérité des prix et des capacités des acteurs de la filière. Il faut qu’après tout, toutes nos filières puissent se porter elles-mêmes et résister aux chocs. Il se peut qu’à un moment donné, qu’on ait besoin d’un appui ponctuel de l’Etat pour régler des questions. Lorsque par exemple le coût du cacao a chuté sur le marché, la Côte d’Ivoire a eu recours à la Banque africaine de développement (Bad) pour créer des infrastructures de stockage de très grande capacité pour stocker le produit, en attendant que les coûts puissent s’améliorer sur le marché.
Je vous assure que maintenant, nous menons une bonne politique de durabilité dans la production cotonnière. Le petit pays, le Bénin, va encore étonner le monde ; on va révéler le Bénin. C’est la filière coton qui tire les autres filières vers le haut. Sur la production vivrière, malgré que nous n’ayons pas un territoire trop grand, je promets que nous allons nous battre pour être premier per capita, à travers le ratio par tête d’habitant.
En quoi consiste cette politique de production durable ?

Nous travaillons à asseoir une production respectueuse de l’environnement. Nous avons aujourd’hui mis en chantier et à échelle un certain nombre d’innovations technologiques dans la rotation cotonnière qui sécurisent nos sols, protègent notre environnement, en réduisant sensiblement le nombre de labours, les techniques de préparation du sol et en introduisant de nouveaux concepts de semis et de couverture végétale de sol pendant toute la végétation du coton et des produits de la rotation cotonnière. Nous avons mis en place un projet de transition agro-écologique en zone cotonnière qui se met progressivement à échelle et pour lequel nous sommes en train d’obtenir de nouveaux financements pour développer l’initiative.

La zone cotonnière est également la zone de production massive de céréales et d’élevage. Que faites-vous pour que les performances suivent aussi à ces niveaux ?

Le coton a tiré vers le haut les spéculations vivrières. Les dividendes du coton ne sont pas encore complètement utilisés. Si on fait la première transformation qu’est l’égrenage, nous avons les fibres mais nous avons aussi les graines qui sont triturées par endroits pour donner de l’huile et le tourteau qui est vendu directement aux exploitations à coût réduit pour doper l’élevage. Là aussi, on a besoin de sédentariser nos élevages pour réduire les nuisances dans la transhumance, de mettre en place un certain nombre de parcelles fourragères par exploitation.  
A ce titre, je remercie l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) pour son appui dans la question d’évaluation du pâturage chez nous. Nous avons reçu une contribution matérielle pour l’étude sur la disponibilité en matière de pâturage et de l’environnement de l’élevage. Nous allons réaliser l’étude mais en même temps, au cours de cette campagne, il y a beaucoup de blocs fourragers qui sont en train d’être mis en place. Et nous initions la jeunesse à produire des compléments alimentaires, des blocs multidimensionnels densifiés, à partir du pâturage traditionnel pour réduire la pénibilité du travail.

Quid de la transformation du coton-fibre, monsieur le ministre ?

En ce qui concerne la transformation du coton, la première transformation se fait de façon systématique et de manière très intelligente. La qualité des fibres est très appréciable, parce que les cultivars que nous avons utilisés, sont assez performants en termes de ténacité, de longueur de soie, d’éclat, de qualité technologique. Aussi, les rythmes d’égrenage sont-ils très bien suivis. Chaque égreneur a besoin d’avoir du matériel de haute performance pour pouvoir mieux vendre. Mais il reste à faire car il nous faut doper la transformation de la fibre pour avoir des tissus wax de manière industrielle, ou filés à la traditionnelle pour notre Atchooké, pour nos boubous Tako, nos pagnes bicolorés ou bigarrés, qui montrent un peu le coton africain, notre tradition. L’Uemoa entend appuyer les Etats membres pour cela. Elle a vu juste en ciblant les femmes dans nos villages pour la transformation. Dans notre pays, il est créé beaucoup d’ateliers, des centres de formation de jeunes filles avec, entre autres métiers, la filature, le tissage. Donc nous avons un terrain fertile sur lequel nous pouvons tout de suite jouer. Il y a des organisations de femmes qui s’intéressent à cette problématique.
C’est le secteur privé à qui l’on crée des conditions de faveur qui doit maintenant se lancer davantage dans la deuxième transformation des fibres, pour que nous ayons une valeur ajoutée plus importante. Même si on n’organise pas autant que l’égrenage du coton, il y a quelque chose à gagner, il y a quelque chose à créer, il y a de la valeur ajoutée à donner à nos fibres pour qu’elles ne soient plus exportées aussi brutes.

L’Uemoa sollicite, à travers une mission de plaidoyer, l’expertise du Bénin dans le cadre de l’amélioration de la compétitivité de la filière coton dans la sous-région. Comment appréciez-vous cela ?

Je salue l’initiative de l’Uemoa de partager la modeste expérience béninoise qui ne date pas que des trois dernières années. Après l’Uemoa, l’Afrique du Sud vient avec une forte délégation des ministères en charge de l’Agriculture, de la Coopération, pour venir voir l’expérience de l’école africaine de coopération qui existe ici au Bénin et comment la gouvernance coopérative se fait dans nos régions. Le Bénin a quelque chose à partager avec les autres. Nous n’avons aucune gêne à servir de gros bras derrière l’Uemoa pour partager la modeste expérience du Bénin. D’ailleurs, un savoir qui n’est pas partagé, meurt. Nous ne sommes pas prêts à faire échouer les innovations. Il faut les porter à échelle pour que notre région puisse grandir.
L’accompagnement que l’Uemoa nous apporte dans le développement agricole, n’est pas du tout modeste. Sur la production des céréales, si nous faisons des pas, c’est grâce à l’Uemoa qui a aussi compris avec nous qu’il faut aménager les terres, qu’il faut faire travailler les femmes dans des conditions de moindre pénibilité. Là où elles s’échinaient pour avoir 2 ou 3 tonnes de riz par an, nous avons fait des aménagements pour qu’elles aient désormais deux récoltes de 5 tonnes par an, avec une culture intercalaire. Que veut le peuple : la paix et le pain. Je vous remercie.

Société 07 août 2019


Compétitions interclubs de la Caf: Buffles et Esae en compétition le week-end prochain

Engagés dans les compétitions africaines des clubs de la Confédération africaine de football (Caf)saison 2018-2019, les Buffles Fc et Esae Fc du Bénin seront respectivement au front le week-end prochain lors des préliminaires aller de la Ligue des champions et de la Coupe de la Confédération africaine de football.

Club champion de la Vitalor-Ligue 1, saison 2018-2019, Buffles Football Club du Borgou en lice pour la Ligue africaine des clubs champions, affrontera le dimanche 11 août prochain à Cotonou, en match aller du tour préliminaire de cette compétition, l’Association sportive des conducteurs de la Kozah (Asck) du Togo. Le club double champion du Bénin se prépare depuis quelques jours pour cette compétition à laquelle il participe pour la deuxième fois consécutive. Après leur élimination l’année dernière par l’Asec Mimosa d’Abidjan, les Buffles du Borgou souhaitent aller loin cette fois-ci.
A quelques jours de cette rencontre, l’entraîneur des Buffles Fc, Hamidou Harouna, rassure de l’évolution des préparatifs. Il est heureux du retour de certains de ses joueurs retenus en équipe nationale locale comme Nabil Yarou, le défenseur central et le gardien Chérif Dine Kakpo. Les Buffles du Borgou ne devront pas minimiser cet adversaire qui se prépare aussi activement. Selon l’entraîneur adjoint de l’Asck, Ouro-Koura Tchagara, relayé par le site togolais Africa Top Sports, l’effectif de cette équipe a été renforcé. « Nous avons eu à renforcer l’équipe dans tous les secteurs en commençant par la défense. Nous avons un gardien qui a été recruté du côté de Koroki (Soumanou Fadil), trois défenseurs (Bodé, Tchédré, Salami); deux milieux récupérateurs (Bataki Abalo, Mani Ougadja, Nayo Ayéba), des joueurs de couloirs (Moustapha Walliou) et un attaquant (Ouro Agoro Ismaël) », a-t-il expliqué. Le match retour est prévu pour le 24 août prochain à Lomé. Le vainqueur de cette double confrontation va défier celui du duel entre les Camerounais d’Us Loum et les Congolais de l’As Vita Club au mois de septembre  avant d’accéder aux phases de groupes.
Au total, 61 clubs de 47 nations africaines prennent part à cette 56e  édition de ce tournoi organisé par la Confédération africaine de football (Caf) et la 24e édition dans le format actuel de la Caf Ligue des Champions. Le tournoi se déroule désormais à cheval sur deux années civiles, de décembre 2019 à mai 2020, sur décision du comité exécutif de la Caf en juillet 2017.
Officiellement renommée Total Ligue des Champions de la Caf 2019-2020 pour des raisons de sponsoring, la Ligue des Champions de la Caf regroupe 49 champions et 12 vice-champions des fédérations affiliées.
En ce qui concerne Esae Football Club, le second club béninois en compétition africaine, il sera  en lice pour la Coupe de la Caf. Il effectuera le déplacement de la Mauritanie demain jeudi 8 août pour y défier l’Association sportive et culturelle de la Snim lors des préliminaires aller de cette compétition. Vainqueur de la Coupe du Bénin de football face à l’Association sportive du Port autonome de Cotonou en finale, cette formation affûte également ses armes depuis quelques jours. Le coach Richard Bio et son encadrement technique poursuivent les séances d’entraînement avec les joueurs. L'objectif de ce club du championnat d’élite est de passer les préliminaires comme Energie Football club l’année dernière.

Société 07 août 2019


Blocage des 3es élections professionnelles nationales: Le Cnds réfléchit sur les solutions

Le Conseil national du dialogue social (Cnds) organise, du 6 au 8 août 2019, à Cotonou, un atelier de réflexion sur l’organisation de la troisième édition des élections professionnelles nationales bloquée depuis 2010. Les travaux ouverts par le directeur de cabinet du ministère du Travail et de la Fonction publique, Eusèbe Agoua, visent à déterminer les goulots d’étranglement pour y apporter des solutions. 

Trouver les voies et moyens pour relancer le processus des 3es élections professionnelles nationales. C’est le mandat assigné aux participants à l’atelier sur la problématique de l’organisation desdites élections initié par le Conseil national du dialogue social (Cnds).
Dans son mot de bienvenue, Guillaume Attigbé, président du Conseil national du dialogue social (Cnds), a souligné l’importance du dialogue social dans la vie d’une nation. A l’en croire, le dialogue social est « utile et indispensable pour l’instauration d’un Etat de droit au service du développement ».  A ce titre, il apparaît, a-t-il poursuivi, comme un levier incontournable aux mains des pouvoirs publics et des partenaires sociaux pour instaurer un climat social apaisé empreint de confiance réciproque. Pour y parvenir, a-t-il précisé, il importe de résoudre le problème de la représentativité qu’il définit comme la capacité de quelqu’un ou d’une organisation de s’exprimer valablement au nom de ses mandants. « Sur le plan syndical, c’est la capacité des organisations des salariés de parler au nom de ces derniers », souligne-t-il en ajoutant qu’elle constitue l’une des cinq fonctions d’une organisation syndicale.
Evoquant l’origine de la représentativité syndicale, Guillaume Attigbé a indiqué qu’elle est devenue une évidence au lendemain de la Première guerre mondiale avec le traité de Versailles qui a consacré la naissance de l’organisation internationale du travail en 1919. Dans son application, plusieurs critères ont permis de déterminer la représentativité dont l’interprétation remet en cause leur objectivité. Parlant du Bénin, Guillaume Attigbé a expliqué qu’il a opté pour les élections professionnelles pour déterminer la représentativité comme c’est contenu dans les dispositions de l’article 83, alinéa 3 de la loi
n°98-004 du 27 janvier 1998 portant Code du travail en République du Bénin. Mais après les première et deuxième éditions intervenues en 2001 et 2006, la troisième prévue pour 2010 n’a pu jamais se tenir, regrette le président du Cnds. Selon lui, le présent atelier a pour mandat de « chercher les causes de la non-tenue de cette troisième édition des élections professionnelles nationales, d’en situer les responsabilités, de relancer le processus afin de parvenir à l’organisation desdites élections ».
Procédant au lancement des travaux, le représentant du ministre du Travail et de la Fonction publique, Eusèbe Agoua, a salué l’organisation de la rencontre en notant qu’elle porte sur une préoccupation majeure. A l’occasion, il mentionne qu’en dehors de leur rôle traditionnel de défense des intérêts individuels et collectifs, les syndicats sont aussi appelés à jouer celui de la négociation collective. Mais toutes les organisations ne parviennent pas à participer aux négociations en raison du pluralisme syndical en vogue au Bénin, fait-il observer précisant que les élections professionnelles sont la clé pour venir à bout de cet état de choses. Cependant, ce mécanisme a connu un blocage depuis 2010 et ne permet pas au gouvernement d’asseoir un dialogue social fructueux et constructif. Le ministère du Travail nourrit l’espoir que ces élections auront lieu dans un bref délai. Mais avant, il faudrait que le présent atelier aboutisse à des résultats constructifs, préconise Eusèbe Agoua, directeur de cabinet dudit ministère n

Société 07 août 2019


Coups mortels, coups et blessures volontaires (5e dossier): Dix ans de réclusion contre Gaïsso Djida

Accusé de coups mortels et de coups et blessures volontaires, Gaïsso Djida était, lundi 5 août dernier, devant le Tribunal de première instance de première classe de Parakou siégeant en matière criminelle, à l’occasion de sa première session au titre de 2019. Mis sous mandat de dépôt depuis le 7 octobre 2013 et reconnu coupable pour les faits qui lui sont reprochés, il a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle.

Pour une cigarette refusée et qui ne coûte que 25 francs Cfa, le coupe-coupe a parlé. On est allé jusqu’à l’extrême. A l’arrivée, deux victimes ont été enregistrées dont l’une décédée sur-le-champ et l’autre qui s’en est sortie avec des blessures. Voilà jusqu’où la bêtise humaine peut conduire.
A l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur, l’accusé Gaïsso Djida, cultivateur âgé de 30 ans, a été constant dans à la relation des faits. Mais à la barre, lundi 5 août dernier, il a développé une autre logique. Ce qui fait que le tribunal présidé par Ignace Adigbli a eu du mal à le comprendre sur certains aspects du dossier. Pour ce faire, il a dû lui rappeler quelques extraits de ses déclarations, avant de le condamner à 10 ans de réclusion criminelle.
En effet, alors que la victime décédée, Sambo Bio, a reçu trois coups de coupe-coupe au niveau de l’abdomen et de la cuisse, l’accusé estime lui en avoir asséné que deux. « J’avais l’intention de m’enfuir, mais les conditions dans lesquelles les choses se sont passées m’en ont empêché », a-t-il confié. « J’étais en colère, mais pas animé d’un esprit de bagarre, sinon je n’allais pas accepter de les suivre pour aller travailler avec eux. J’ai envoyé les coups sans viser des parties du corps », a poursuivi l’accusé, répondant aux questions du président Ignace Adigbli, de l’avocat général, Bachirou Assoumou Amadou et de son avocat-conseil, Générick Ahouangonou. A la barre, il a reconnu que tous avaient pris du Tramadol, avant de se rendre au champ. Les comprimés consommés leur ont été distribués par le grand frère de la victime, Djida Bio. Ce dernier a été blessé à la tempe et à l’avant-bras par l’accusé, alors qu’il tentait de les séparer.

La passion de la vérité et de la justice

A l’audience, aucun témoin n’était présent. Il en est de même pour la partie civile, le grand frère de la victime et leur père étant entre-temps décédés.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public, Bachirou Assouma Amadou, a trouvé inimaginable que, pour une cigarette, l’on puisse porter des coups de machette et en arriver à donner la mort et faire un autre blessé. Sous prétexte que la victime a refusé de lui offrir une baguette de cigarette, Gaïsso Djida a piqué une de ces colères, se faisant inculper pour coups mortels et coups et blessures volontaires. Ce sont des faits qui fondent donc son renvoi devant le Tribunal de première instance de première classe de Parakou et qui sont condamnés par les dispositions des articles 309 alinéa 4 et 311 alinéa 1 de l’ancien Code pénal. Selon l’avocat général, l’élément matériel de l’infraction de coups mortels réside dans les coups portés par Gaïsso Djida à la victime qui était bien portante. Etablissant le lien de causalité entre les coups et la mort de la victime, il a expliqué que le décès de Djida Bio est dû aux coups qu’il a reçus. « L’accusé n’a pas voulu la mort de la victime et n’a pas visé des parties de son corps. Mais il est évident que la victime est décédée sur- le-champ des suites des coups reçus », soutiendra-t-il.
Pour Bachirou Assouma Amadou, les faits reprochés à l’accusé répondent aux infractions de coups mortels et de coups et blessures volontaires. « Il en est donc l’auteur », a-t-il conclure, tout en rapportant que son bulletin N°1 du casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure et que l’enquête de moralité lui est favorable. Selon le rapport d’expertise médico-psychiatrique et psychologique, l’accusé ne souffre d’aucun trouble pouvant abolir le contrôle de ses actes au moment des faits. Selon lui, Gaïsso Djida est responsable et, par conséquent, accessible à la sanction pénale. Il exclut toute circonstance atténuante à son égard, même s’il est un consommateur invétéré de cigarettes et de substances psychotropes. A la lumière de ses observations, Bachirou Assouma Amadou invite le tribunal à faire application des dispositions des articles 509 alinéa 5 du nouveau Code pénal et 311, alinéa 1 de l’ancien Code pénal, en lui infligeant 8 ans de réclusion criminelle.
« Nous ne connaissons qu’une seule passion, celle de la vérité et de la justice », a averti l’avocat-conseil de l’accusé, Me Générick Ahouangonou, tout en compatissant à la douleur de la famille de la victime. Il a souhaité que la décision du tribunal ramène son client au milieu des bonnes gens de la communauté. Mais avant, il a déploré que le ministère public n’ait pas intégré la pulsion qui s’est emparée de Gaïsso Djida au moment de la commission de l’acte, c’est-à-dire la colère qui l’a pris sous l’effet du Tramadol. Il estime être resté sur sa faim, après avoir pris connaissance du rapport d’expertise médico-psychiatrique et psychologique de son client. « Si ce n’est pas l’enquête préliminaire, il ne nous indique pas la raison pour laquelle Gaïsso Djida a agi ainsi. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Il n’avait aucun sens de discernement », a-t-il assuré, en invitant le tribunal à faire une plus douce application de la loi.
Mais contre toute attente, le tribunal ne suivra ni le ministère public ni l’avocat de l’accusé, dans leurs positions.   Il condamne l’accusé à dix ans de réclusion criminelle. Ainsi, Gaïsso Djida a encore plus de 4 ans à passer derrière les barreaux.

Des faits

Le jeudi 3 octobre 2013, au camp peulh Hounsana, dans le village Néganzi, arrondissement de Basso, commune de Kalalé, Gaïsso Djida, Sambo Bio et Djida Bio se sont rendus au champ pour le piochage. A 13 heures, ils ont observé une pause. C’est alors que Gaïsso Djida demanda une baguette de cigarette à Sambo Bio qui refusa pour la troisième fois. Face à ce refus, Gaïsso Djida énervé, asséna deux coups de coupe-coupe à l’abdomen et aux fesses de Sambo Bio qui rendit l’âme. Djida Bio qui voulait les séparer a également reçu deux coups de coupe-coupe de sa part.
Interpellé et inculpé du chef de coups mortels et de coups et blessures volontaires, Gaïsso Djida a reconnu les faits n

Société 07 août 2019


Développement des médias: Le Menc et la Haac pleinement engagés

La ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, était ce mardi 6 août, au cabinet du président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), Rémi Prosper Moretti. Les deux personnalités ont essentiellement discuté de sujets liés au développement des médias.

Le ministère de l’Economie numérique et de la Communication (Menc) et la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) partagent la même vision sur la problématique du développement des médias. C’est l’essentiel à retenir de l’audience que le président Rémi Prosper Moretti a accordée à la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou, mardi dernier, au siège de la Haac.
« Vous savez que la Haac est une institution majeure du secteur des médias. Un secteur dont le ministère de l’Economie numérique et de la Communication a la charge. Donc, il était de bon ton et utile que je vienne vers le président de la Haac afin que nous discutions du développement de ce secteur important pour notre pays. Nous avons abordé beaucoup de questions qui concernent le dynamisme de ce secteur », a déclaré Aurélie Adam Soulé Zoumarou au sortir de l’audience. Elle assure que le président Rémi Propser Moretti est clairement engagé pour les actions qui vont contribuer au développement du secteur des médias, au même titre que son ministère. « Nos missions sont liées, interdépendantes, et il nous a paru nécessaire que nous abordions ces points de long en large, et que nous décidions de la marche à suivre », a-t-elle ajouté.
La ministre de l’Economie numérique et de la Communication est satisfaite du déroulement de cette audience. « Je suis très satisfaite de ma rencontre avec le président de la Haac. Il y a quelques jours seulement qu’il a démarré sa mission, mais il a déjà une bonne connaissance des dossiers. Il a clairement une attitude très volontariste, surtout sur la question du développement des médias», s’est réjouie Aurélie Adam Soulé Zoumarou qui, d’ores et déjà, se dit impatiente de continuer le travail que son ministère a entamé avec la Haac sur le développement du secteur de médias et d’avoir des résultats patentsn

Actualités 07 août 2019


Financement du Projet d’appui au développement de la filière anacarde: Plus de 5,6 milliards mobilisés

Au terme de sa réunion hebdomadaire, mercredi 31 juillet dernier, le Conseil des ministres a annoncé la mobilisation de plus de 5,6 milliards F Cfa au profit du Projet d’appui au développement de la filière anacarde et de l’entreprenariat agricole (Padefa-Ena). C'est le fruit de l’accord de prêt signé entre le Bénin et le Fonds africain de développement dans le cadre du financement dudit projet.

« Contribuer à la réduction de la pauvreté à travers l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ». Tel est l’objectif du Projet d’appui au développement de la filière anacarde et de l’entreprenariat agricole (Padefa-Ena) qui bénéficie désormais d’un financement de 5 671 001 680 F Cfa alloués par le Fonds africain de développement.
Selon le compte-rendu du Conseil des ministres dernier, le Padefa-Ena cible 16 communes (dont Savalou, Dassa-Zoumè, Glazoué et Djidja) dans quatre départements du Centre et du Nord-Bénin. Ce projet a l’avantage de favoriser le développement de l’entrepreunariat agricole, l’accroissement durable des revenus des acteurs de la filière anacarde, sans oublier l’amélioration notable de la productivité. Concrètement, près de 20 000 hectares de plantations et 30 000 producteurs et prestataires de services bénéficieront des fruits de ce projet.
D’après le Conseil des ministres, cet accord de prêt signé entre le Bénin et le Fonds a été transmis au Parlement pour autorisation de ratification. Les ministres en charge de ce dossier ont été instruits aux fins d’accomplir les diligences appropriées pour l’obtention de l’autorisation sollicitée en vue du démarrage des activités dudit projet.

Actualités 06 août 2019


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