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Nouvelles

Coups mortels / 17e dossier: Martine Sambéni condamnée à 5 ans de réclusion criminelle

Inculpée pour coups mortels lors d’une bagarre, Martine Sambéni a été jugée, ce mercredi 6 juin, par la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey. Elle a écopé de cinq ans de réclusion criminelle.

Une cérémonie de réjouissance pour rendre hommage à un parent défunt a tourné au drame. Un mort, la prison pour un enfant et sa mère, puis la famille est disloquée à jamais.
Martine Sambéni, 34 ans et mère de sept enfants et son époux Benoît S. Nambouani vivaient dans une ferme à Kilibo dans le département des Collines. Après leurs travaux champêtres, l’époux a décidé d’organiser en mémoire de son feu père une cérémonie d’hommage. Une cérémonie qui effectivement a eu lieu dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 février 2014. A cette cérémonie, était invitée la famille amie Sannougou qui vit aussi à Kilibo. Des moments de joie jusqu’au lendemain matin comme on sait le faire dans la communauté. Une cérémonie bien arrosée qui se termine par une bagarre rangée, d’un côté les mamans Sambéni et Sannougou et de l’autre les enfants des deux dames. La maîtresse de maison et son hôte se jettent l’une sur l’autre et les enfants font pareil. On se croirait dans un téléfilm. La cause de cette bagarre serait la disparition du portable de Martine, la maîtresse de maison. Elle accuse son hôte Adjoua assise à côté d’elle d’avoir dérobé le téléphone. Et la tension monte d’un cran pour finir dans une bagarre généralisée au cours de laquelle la fille Christine de la famille invitée reçoit des coups, certainement sur des parties sensibles du corps.
Voyant la situation dégénérer, le père de famille Benoît Nambouani intervient et sépare les parties en lutte en aidant la famille invitée à rentrer chez elle. C’est une fois à la maison que l’état de santé de la petite Christine, 13 ans, que les parents croyaient épuisée par la bagarre se dégrade. Elle est transportée dans un centre de santé qui, après les premiers soins, les réfère à un autre plus compétent à Papané. C’est dans ce dernier centre de santé que la petite a rendu l’âme le lendemain.
Informée du décès de la fille Christine, la famille Nambouani apprend aussi que la famille éplorée allait se venger. Pris de peur, Benoît et son épouse Martine prennent la fuite avec leurs enfants. Ils quittent nuitamment Kilibo pour se mettre à l’abri à Savè. Mais ils seront rattrapés par les gendarmes qui procèdent à l’arrestation de la mère Martine et son fils Emmanuel, 12 ans, qui s’était battu avec la victime Christine.
A la barre, Martine Sambéni n’a pas reconnu les faits. Elle déclare n’avoir pas pris part à une quelconque bagarre. Et qu’elle a été arrêtée et jetée en prison parce que les gens disent que c’est elle qui a envoyé son fils Emmanuel se bagarrer avec la victime Christine. Elle allègue également que ce sont les coups portés à la victime lors de cette bagarre qui a entraîné sa mort, alors qu’elle n’était concernée en rien par cette histoire.
A la question de savoir si elle n’avait pas aussi porté des coups à Christine, l’accusée Martine répond : « Non ! », ajoutant qu’elle n’était pas sur les lieux. A la question de savoir si elle n’avait pas perdu son téléphone lors de cette fête ? Elle répond encore : « Non ! » L’accusée se réfugie dans la négation. Elle ne reconnaît même plus ses déclarations à la gendarmerie comme devant le juge.
Son époux et son fils étaient présents dans la salle d’audience pour assister au procès de la mère de famille. Son fils Emmanuel avait été déjà jugé pour cette affaire dans une autre procédure spéciale et confié aux assistants sociaux pour sa réadaptation. Depuis deux ans, il est en apprentissage mécanique dans un centre d’accueil à Abomey.
Les deux, le père et le fils, seront séparément invités par la cour à témoigner. Ils donneront la vraie version des faits contredisants au besoin l’accusée. Ils ont reconnu qu’il y avait eu une bagarre généralisée et que la maman Martine était face à la maman Adjoua, mère de Christine, avec la nuance qu’elle n’a jamais porté de coups à la victime. La bagarre des mamans était d’un côté et celle des enfants de l’autre. Et Christine, la victime était dans la bagarre des enfants. Elle faisait face à Emmanuel, fils de Martine.
Après les questions et les réponses de l’accusée et de ses parents, le ministère public représenté par Jonas C. Konon devait prendre ses réquisitions en déplorant la loi de violence qui caractérise de plus en plus notre société, alors que nul n’a le droit de se rendre justice. L’accusée, pour se couvrir, se met dans la dénégation systématique, voire radicale, selon l’avocat général. Pourtant, estime-t-il, les éléments matériels qui fondent les chefs d’accusation sont là. Puis, il démontre que les éléments matériel, intentionnel et légal sont bien réunis dans ce dossier de coups mortels ayant causé la mort de la petite Christine. Il fait recours aux dispositions de l’article 309 alinéa 4 du Code pénal qui punit cette infraction et a requis la peine de 10 ans de réclusion criminelle contre l’accusée Martine.
La défense de l’accusée assurée par Me Gervais Houédété et Me Friggens Adjavon n’approuve pas les observations du ministère public qui, selon eux, n’a pas tenu compte des débats en suggérant une justice expéditive. « C’est à croire que nous avions perdu notre temps à faire tout ce débat », lance Me Adjavon. Pour les conseils de l’accusée, celle-ci a pourtant bel et bien dit devant la cour qu’elle n’a jamais porté des coups à la victime et que cette dernière s’était plutôt bagarrée avec son fils Emmanuel. « C’est cela la constance même, puisque l’époux et le fils l’ont également martelé devant la cour », rappellent les conseils de l’accusée.
Me Adjavon fait aussi observer que le dossier ne contient aucune prescription médicale concernant la victime encore moins un certificat de décès, ce qui crée davantage le doute qui devrait surtout profiter à l’accusée. Sur ce fait, les conseils de l’accusée demandent pour cette dernière l’acquittement pur et simple ou à défaut, au bénéfice du doute.
La cour délibère et déclare Martine Sambéni coupable des coups et blessures portés sans l’intention de donner la mort à la victime. La condamne à 5 ans de réclusion criminelle?

Les Faits

Dans la matinée du 24 février 2014, au cours d'une cérémonie rituelle organisée par Sanhouango Benoît Nambouani à Agboro-Kombo, arrondissement de Kilibo, en mémoire de son feu père, Martine Sambéni, l'épouse de celui-ci, a constaté la disparition de son téléphone portable et soupçonna de vol Adjoua Tagali qui était assise à côté d'elle. Une vive altercation s'en est suivie et ayant dégénéré en bagarre.
C'est alors que Christine Sannongou, âgée de 13 ans, qui vit sa mère en difficulté, alla à sa rescousse, mais elle fut tabassée par Martine Sambéni et son fils Nanwin Nambouani alias Emmanuel, âgé de 14 ans.
Evacuée au centre de santé de Kokoro pour les premiers soins, Christine Sannongou a été transférée le même jour à l'hôpital Saint Martin de Papané où elle rendit l'âme aussitôt après son admission.
Interpellée et inculpée de coups mortels, Martine Sambéni, après moult tergiversations, a fini par reconnaître les faits mis à sa charge?


Composition de la Cour

Président : Daniel d’Almeida
Assesseurs : Léopold Colli et Bienvenu Anagonou
Ministère public :
Jonas C. Konon
Jurés: GérardTossou, Paul D. Glèlè, Richard Tosseh et
Victoire D. Agbémahoué
Greffier : Alain ayikouéKakpo

Société 08 juin 2018


Audiences du président de la Cour suprême: Des questions de coopération et d’enseignement abordées
[caption id="attachment_29445" align="alignnone" width="1024"]Le président de la Cour suprême et la délégation du nouvel ambassadeur du Ghana près le Bénin [/caption]

Le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, a reçu en audience, ce jeudi 7 juin, plusieurs délégations dont les préoccupations ont porté notamment sur des questions de coopération et d’enseignement.

L’ambassadeur du Ghana près le Bénin, Alowe Leo Kabah, est la première personnalité reçue en audience, ce jeudi 7 juin, par le président de la Cour suprême. Ayant nouvellement pris fonction au Bénin, après la présentation de ses lettres de créance au chef de l’Etat, le diplomate a jugé utile de faire le tour des présidents des institutions de la République pour une visite de courtoisie. Alowe Leo Kabah est allé se présenter à Ousmane Batoko et s’imprégner un tant soit peu de la mission de la haute juridiction.
Selon le diplomate ghanéen, la Cour suprême du Bénin comme celle du Ghana, joue un grand rôle. Elle est le pilier de la démocratie et de l’Etat de droit. Alowe Leo Kabah assure le président Ousmane Batoko de sa détermination à approfondir les relations entre les Cours suprêmes de nos deux pays, notamment sur le plan judiciaire. Car, selon lui, le Bénin et le Ghana, sont deux peuples frères et unis par la culture et l’histoire, en dépit des barrières linguistiques créées par la balkanisation coloniale. Les deux pays entretiennent des relations de fraternité confortées par l’ouverture en 1962 au Bénin de l’ambassade du Ghana, rappelle-t-il. Alowe Leo Kabah justifie la bonne santé de cette coopération par la visite du président Patrice Talon à son homologue ghanéen en 2017. Une rencontre au cours de laquelle, les deux présidents ont décidé de réactiver la commission mixte de coopération entre le Bénin et le Ghana. L’hôte d’Ousmane Batako promet de poursuivre les efforts de ses prédécesseurs pour dynamiser davantage les relations séculaires entre les deux pays.
Le président de la Cour suprême s’est entretenu ensuite avec une délégation des stagiaires de la dix-huitième promotion de l’Ecole normale supérieure de Porto-
Novo en formation pour l’obtention du diplôme de Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (Capes). Ils ont été renvoyés de l’Ens pour n’avoir pas complété, dans le délai requis, leurs dossiers d’inscription avec leur attestation de Maîtrise donnant accès à cette formation au Capes. Leurs dossiers ont été donc purement et simplement rejetés. Les stagiaires interdits de cours à l’Ens depuis plus d’un mois sont au nombre de 202. Ils crient à l’injustice et sollicitent la médiation du président Ousmane Batoko auprès des autorités de l’Ens et de l’Université d’Abomey-Calavi pour être réintégrés dans la formation.
Les responsables de l’Ong « Ma contribution citoyenne » constituent la dernière délégation reçue par le président de la Cour suprême. Solange Odjo Ahlonsou et sa suite sont venues solliciter le soutien d’Ousmane Batoko dans le cadre de l’organisation de la douzième édition de remise de prix et de lots aux candidats reçus aux différents examens nationaux. Cette édition aura lieu en septembre prochain, informe Solange Odjo Ahlonsou qui se réjouit de la qualité des échanges avec Ousmane Batoko qui a gratifié la délégation de ses conseils avisés.

Actualités 08 juin 2018


Meurtre (Cour d’assises de Parakou, 17e dossier): L’action publique éteinte contre Bouloudjoa Wally

La première session de la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou au titre de l’année 2018 devait examiner, ce mardi 5 juin, le dix-septième dossier inscrit à son rôle. Attendu pour répondre devant elle, d’une infraction de meurtre, Bouloudjoa Wally n’était pas présent dans le box des accusés.

Sous mandat de dépôt depuis le 25 août 2011, Bouloudjoa Wally est décédé en août 2015 à la prison civile de Kandi. En témoigne le certificat de décès qui figure à son dossier. L’action publique est désormais éteinte contre lui.
M. G.

Société 06 juin 2018


Affaire Cnss : L’audience reportée au 3 juillet prochain

La chambre correctionnelle du flagrant délit du tribunal de première instance de première classe de Cotonou a décidé de reporter l’audience des mis en cause dans l’affaire de rétro-commission occulte sur placement de fonds à la Banque internationale du Bénin (Bibe). Au tribunal ce mardi 5 juin 2018, les débats n’ont pas abouti après deux suspensions intervenues respectivement à 11H15 et à 12H07 minutes. L’audience est renvoyée en effet au 3 juillet 2018 prochain à la surprise des avocats de la défense. Ces derniers ont fait fi de leur exigence relative au rapport de l’Uemoa qui incrimine les mis en cause, appelant le juge à tenir l’audience pour les débats de fond. Mais la décision du report a surpris ces derniers suite à une incompréhension entre les avocats.

Selon Maître Aboubakar Baparapé, le juge avait la possibilité de réclamer le silence pour poursuivre plutôt que de reporter. Il faut dire que l’un des mis en cause notamment M. Boco, ancien directeur général de la Bibe invité à la barre a fait sa déclaration répondant aux questions du ministère public et du président du tribunal. D’après ses explications, il n’a rencontré Laurent Mètongnon, le secrétaire général de la Fésyntra-finance que deux fois. Une première fois à la Bourse du travail quand il négociait le Dat à la banque et une seconde fois à la brigade économique et financière. Sur la question de la rétro-commission, l’ancien Dg de la Bibe a notifié à la Cour que la convention collective des banques l’institue et que le conseil d’administration de la Bibe a fixé le taux d’intéressement de la clientèle à 0,5%. Cette commission, d’après M. Boco, est faite sur le budget de la banque. Il a indiqué que le conseil d’administration de la Cnss n’est pas demandeur d’une quelconque commission, mais que c’est une option de la Bibe pour fidéliser sa clientèle. Sur la question de la faillite, M. Boco a indiqué qu’après deux ans d’exercice, il a redressé la Bibe. Le débat va se poursuivre à l’audience du 3 juillet prochain, une audience dont le verdict du juge est fortement attendu.

 

 

 

Actualités 05 juin 2018


Viol sur mineure / 14e dossier: Nazaire Dagbéto condamné à 7 ans de prison

La quatorzième affaire inscrite au rôle de la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey est relative à un viol sur mineure. La cour s’est penchée, le vendredi 1er juin 2018, sur ce dossier impliquant le sieur Nazaire Dagbéto âgé de 22 ans. Reconnu coupable, il a été condamné à 7 ans de prison à l’issue de cette audience qui s’est déroulée à huis clos.

Après avoir statué sur ce dossier, la cour a condamné à 7 ans de prison l’accusé pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de 8 ans. C’est la sentence retenue par les membres de la cour après écouté l’accusé et son conseil. Ce verdit se fonde sur la loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes et sur entre autres articles 2, 332, 52, 51, de 826 à 833, 249 du Code pénal. Déposé à la maison d’arrêt d’Abomey depuis le 8 août 2016, Nazaire Dagbéto, cultivateur, marié et père de deux enfants, y est retourné pour continuer à purger sa peine pour cinq bonnes années encore.
Les faits se sont produits dans la soirée du mercredi 3 août 2016 à Koui, arrondissement de Zoukou, commune de Zogbodomey. Ce soir-là, la petite R. S. âgée de 8 ans allait se procurer des galettes pour sa mère lorsqu’elle a été interpellée par Nazaire. Celui-ci, selon les témoignages recueillis, l’entraîne de force dans sa case où il a tenu des rapports sexuels avec elle durant un bon moment.
Constatant le temps mis sans être de retour avec les galettes, la mère tenaillée par la faim s’est mise alors à la recherche de sa fille. Elle suit ses traces et par surprise, elle la voit sortir de la case de Nazaire. Choquée, elle lui demande ce qu’elle est allée chercher chez ce dernier et où sont les galettes commandées.
La fille raconte à la mère ce qui venait de se passer dans la case de Nazaire. Horrifiée, la mère donne l’alerte.
Interpellé, Nazaire reconnait les faits mais pour se justifier, il rajoute les circonstances "atténuantes" qui font état du "consentement" de la petite.
A la barre, Nazaire a été défendu au cours des débats par Me Gervais Houndété. En délibérant tard dans la soirée de ce vendredi, la cour a déclaré l’accusé Nazaire Dagbéto coupable du crime de viol sur mineure et l’a condamné à 7 ans de prison.
Composition de la Cour

Président : Claude D. Montcho
Assesseurs : Evariste F. Akounna / Apollinaire
Hounkannou
Jurés : Antoine Hêdiblè, Gérald Tossou, Paul D. Glèlè et Antoine B. Attalogoun
Ministère public : Pierre Dassoundo Ahiffon
Greffier : Me Etienne Ahonahin

Société 05 juin 2018


De France-Dahomey à la Nation: Le quotidien de service public au fil du temps

Le quotidien de service public a célébré ce lundi 4 juin, son 7000e numéro. Cet évènement marque son parcours au service du Bénin ou des citoyens. Un passage à la maturité qui est loin d’être un long fleuve tranquille. Mémorable anniversaire qui replonge dans le passé du journal, ses heures sombres et ses différentes mutations.

France-Dahomey

Les premières parutions de France-Dahomey remontent à 1943. Organe de presse écrite gouvernementale de la période coloniale, il a survécu jusqu’à l’accession du Dahomey à l’indépendance. C’était un hebdomadaire tabloïd de 4 pages qui paraissait les jeudis et dont les parutions n’étaient pas régulières. France Dahomey, sera remplacé à partir de 1960 par ‘’L’Aube Nouvelle’’, hebdomadaire qui deviendra le 1er août 1967, quotidien sous le nom de Daho-Express.Au nombre des journaux ayant accompagné la colonie dans sa marche vers l’indépendance, France Dahomey a joué également un grand rôle. Il a cohabité avec les journaux comme La Voix du Dahomey, La Presse portonovienne, Le courrier du Golfe du Bénin.

Aube Nouvelle

En 1960, France-Dahomey se métamorphose et prend le nom de ‘’l’Aube Nouvelle’’, au lendemain de l’accession du Dahomey à la souveraineté nationale et internationale. Il sera rebaptisé sept années plus tard Daho-Express. L’Aube Nouvelle paraît à intervalle de sept jours et rapportait périodiquement les nouvelles du Dahomey. Son format variait entre 8 et 12 pages en fonction de l’actualité. Son logo n’avait rien d’extraordinaire à ses débuts, à l’instar de sa couleur rouge vive qui captive systématiquement. Le logo prendra plus tard une autre forme. On pouvait remarquer aisément l’alliage de nombreux rayons de soleil et la dominance des couleurs rouge et jaune du drapeau national. Ceux qui sont assoiffés d’archives peuvent encore le consulter pour se ressourcer.
Dans le n°1 du dimanche 8 janvier 1967, le président de la République, le général Christophe Soglo, y a consacré son message à la nation aux affaires strictement dahoméennes. Un extrait de son discours : « L’histoire des dernières années est assez récente dans vos mémoires. Il fallait donc que moi-même et mes collaborateurs sentions la gravité de la situation pour nous résoudre à reprendre le harnais. Votre confiance nous touchait profondément, mais nous effrayait aussi, car nous sentions que le pays était acculé à l’abîme ».

Daho-Express

Daho-Express n’a vécu que six années. Il a vu le jour en 1969 pendant le mandat du président Emile Derlin Zinsou, sous le signe d’une constellation nationale. Il aborde de plain-pied le décennaire du Dahomey souverain et boucle la première année du régime Zinsou. Sa naissance marque une nouvelle ère dans le domaine de l’information dans le pays.
Germain Adélakoun a succédé à Thomas Magnassan, son premier directeur qui l’a dirigé du 1er août 1969 au 26 avril 1970. C’est avec le n°1774 que le journal a marqué son 6e anniversaire. Ces dernières parutions ont précédé la période des trois glorieuses en novembre 1975. Son volume variait entre 4 et 8 pages, en fonction de l’actualité nationale.
Dans le numéro spécial du 1er août 1969, on pouvait déjà lire en manchette, le message du président Emile-Derlin Zinsou, à l’occasion du 9e anniversaire de l’indépendance du Dahomey : « Pour entreprendre l’œuvre de la Nation, nous nous sommes entourés d’une équipe de dahoméens jeunes, dynamiques, convaincus, résolus au sacrifice et à l’action ».
Le coup d’Etat du 26 octobre 1972 marqua la fin de l’imbroglio politique dans lequel le pays était plongé depuis l’indépendance. Il instaura un régime révolutionnaire qui ne sera pas aussi complaisant avec la presse. Les organes de presse changeront de dénomination à l’image de l’Etat devenu Bénin et cela pour marquer le passage à une nouvelle ère politique. Le quotidien gouvernemental Daho Express devient ainsi Ehuzu.

Ehuzu

Organe de militantisme révolutionnaire et de propagande, Ehuzu a laissé place à La Nation. Sa parution remonte au troisième anniversaire de la Révolution du 26 octobre 1972. C’était au temps de la République populaire du Bénin (Prb). Le journal était conçu perçu comme un organe de militantisme révolutionnaire. Ehuzu (en langue fon) revêt une grande signification : ‘’ça a changé !’’ (traduction littérale française).De quel changement s’agissait-il? On pouvait imaginer la réponse à travers son logo de couleur rouge et verte, l’une symbolisant le courage et la passion et l’autre l’espoir. Le logo de Ehuzu était estampillé « du drapeau national et d’un homme se déchaînant avec force et conviction, en signe de libération de la domination coloniale, comme pour annoncer l’heure du changement radical ». Le changement dont il était question n’était possible que par le travail et la rigueur. Tous les citoyens étaient appelés à se mettre au service du pays. Les grèves et les contestations n’étaient pas tolérées. D’ailleurs, le journal Ehuzu n’avait pas hésité à publier dans sa parution n°8 du 5 novembre 1975 « les noms des agents de l’Etat ayant fait grève du 25 au 27 juin 1975 ». Le journal a tenu jusqu’en fin mars 1990 avec son dernier numéro 3954, avant de céder la place à la Nation, au lendemain des péripéties qu’a traversées l’Office national d’édition, de presse et d’imprimerie (Onepi). Ehuzu a connu quatre directeurs généraux : Evariste Dègla (27 mars 1975 au 7 avril 1976) ; Noël Allagbada (8 avril 1976 au 25 janvier 1978 et du 21 novembre 1984 au décembre 1985) ; Hospice Noudéhou (du 25 janvier 1978 au 26 novembre 1982) ; Akuété Assévi (26 novembre 1982 au 21 novembre 1984).

La Nation

La Nation fait son entrée dans les kiosques le 2 mai 1990 au grand bonheur des lecteurs. C’était un mercredi matin au lendemain du Renouveau démocratique. Ce journal se veut la mémoire de la Conférence nationale des forces vives de la Nation. Il a relayé tous les moments forts de cette grande messe nationale.
Toussaint Tchitchi, alors ministre de l’Information et de la Communication au temps de la Transition, nous replonge dans l’histoire de sa création à l’occasion du 5000e numéro paru le 27 mai 2010. Histoire reprise dans le 6000e numéro, le 3 juin 2014.
Voici en substance ces propos: « Après-midi du lundi 30 avril 1990, dans la salle de conférences de l’ex-Onépi. Assemblée générale des travailleurs comme pour préparer le 1er mai. L’assemblée décide de débaptiser Ehuzu à travers une procédure de vote….A l’issue du vote, les scrutateurs s’attèlent au dépouillement. Résultat du vote : le quotidien La Nation est né. Il est dans les kiosques le 2 mai ».  
Selon lui, le gouvernement de transition désapprouve la démarche consistant à créer un nouvel organe officiel sans son aval. Le nouveau nom du quotidien officiel devrait émaner du gouvernement. Tel était le point de vue des dirigeants. Pour d’autres, « Il ne fallait pas continuer avec l’embrigadement des organes de presse officiels et de leurs animateurs », raconte Toussaint Yaovi Tchitchi.
Les responsables du journal avaient pour challenge de travailler à lui redonner sa vraie place de quotidien national de service public auprès des lecteurs. Etant donné qu’entre-temps, le journal avait perdu un peu de sa crédibilité aux yeux du public. Cette option était aussi vite envisagée pour sortir l’Office national d’édition, de presse de publicité et d’imprimerie (Onepi) de l’abîme, devenu aujourd’hui Office national d’imprimerie et de presse (Onip). Au fait, l’office avait connu de sérieuses difficultés financières au point de figurer sur la liste des sociétés à privatiser. Cette situation l’oblige à licencier plus d’une centaine d’agents. Sans quoi, il devrait définitivement fermer ses portes.
L’ancien administrateur puis directeur général de l’office Innocent Adjaho(1991 à septembre 2006), renseigne que les « travailleurs qui étaient retenus avaient pris conscience que c’est leur dernière chance. Ils travaillaient avec sérieux ».
Cette qualité, le journal l’a conservé depuis ce temps. Il est plus que jamais debout. Depuis 28 ans, il paraît régulièrement et s’est même relooké depuis quelques années avec une dizaine de rubriques qui s’animent hebdomadairement.
Désiré Goundé Adadja, ministre de la Communication, au moment où le journal célébrait son 5000e numéro le 27 mai 2010 qualifiait La Nation comme « le siège du métier de journalisme au Bénin ».
Même si le journal s’efforce à être au service de toutes les composantes de la vie sociale, certains n’hésitent pas à lui attribuer à tort ou à raison le titre d’organe gouvernemental. Pourtant, chaque sensibilité politique y trouve son compte, l’actuelle direction de publication fait de l’expression citoyenne un caractère sacré.
La Nation a atteint sa maturité et s’efforce chaque jour à garder sa flamme allumée, avec une rédaction qui se veut l’une des plus modernes de la place.
De France-Dahomey à La Nation, en passant par l’Aube Nouvelle, Daho Express et Ehuzu, beaucoup de paliers ont été franchis. Et depuis le 2 mai 1990, La Nation n’a jamais cessé de paraître. Il vit et se modernise. Tous les jours, il est lu et apprécié. Il s’impose comme l’organe de référence dans un univers médiatique bien saturé où le professionnalisme n’est pas la chose la mieux partagée. Preuve que le journal a résisté au temps et survivra toujours comme le quotidien de référence au Bénin !

Société 05 juin 2018


Audience à la cour constitutionnelle: Le président Holo à l’écoute de trois délégations, socio-professionnelles
[caption id="attachment_29368" align="alignnone" width="1024"]Obed KPADONOU reçu par Théodore HOLO[/caption]

Théodore Holo, président de la Cour constitutionnelle, a reçu en audience, vendredi 1er juin dernier, trois différentes délégations. Il s’agit de l’Association des pêcheurs Toffins pratiquant la pêche artisanale et maritime, de la Fédération nationale des étudiants du Bénin et de l’Association mondiale pour le développement.

Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu en audience le vendredi 1er juin 2018, trois différentes délégations. La première est composée des pêcheurs Toffins artisanaux et maritimes confrontés aux réalités d’une loi votée en 2014 qui réglemente la pêche maritime au Bénin. Selon Obed Kpadonou, responsable chargé des affaires judiciaires de l’Association des pêcheurs Toffins pratiquant la pêche artisanale et maritime (Aptppam), ils sont allés se plaindre au président des difficultés de survie que leur pose ladite loi. Il explique que la loi leur interdit la pêche en haute mer alors que les bateaux étrangers sont autorisés à pêcher dans les eaux béninoises. 

M. Kpadonou raconte que le président Holo leur a conseillé de saisir la Cour d’un recours aux fins de se prononcer sur la conformité de cette loi avec les droits humains qui font bloc avec la loi fondamentale béninoise.
La deuxième délégation est celle des étudiants réunis au sein de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), conduite par son président, Alimi Gounou. Les étudiants sont allés exprimer au président Holo leur satisfaction pour ses « loyaux services rendus à la nation » à la tête de la haute juridiction.
Par ailleurs, les étudiants disent avoir présenté au président de la Cour les documents de formalisation pour une existence légale de leur fédération suivant son conseil. Alimi Gounou raconte que M. Holo les a félicités pour l’effort d’avoir une existence légale avec une volonté de transparence dans la gestion financière suivie de la dotation de la Fédération d’un compte bancaire pour une traçabilité des entrées et sorties. M. Gounou affirme qu’ils n’ont pas manqué d’informer le président de la Cour de l’organisation de la Semaine fédérale qui devrait montrer leur potentiel et ont exprimé leur souhait d’avoir un soutien de sa part. Une activité qui, par ailleurs, devrait permettre l’organisation d’un forum sur le mouvement estudiantin et explorer les voies pour des universités publiques apaisées.
La troisième audience a été accordée à Hugues Benjamin Gnimadi, président de l’Association mondiale pour le développement basée à Genève. Il a rencontré le président de la Cour constitutionnelle au sujet du fonctionnement synergique des institutions de la République qui, selon lui, est une préoccupation pour le développement socio-économique. L’hôte du président Holo fait savoir qu’il a discuté de cela avec le président comme il le fera avec d’autres également pour recueillir les points de vue des personnes qui sont en action avant le lancement du programme.
M. Gnimadi dit être satisfait des échanges qui lui ont permis de comprendre que les institutions doivent collaborer et non être de contre-pouvoir comme la majorité a tendance à le croire.

Actualités 04 juin 2018


Fusillade à la Coopérative d’aménagement rural de Koudo: Six blessés graves et trois motos incendiées

Un affrontement est survenu dans la matinée de ce jeudi 31 mai à Koudo, une localité de Lokossa, chef-lieu du département du Mono. C’était entre deux camps de ressortissants de la localité tombés en mésintelligence autour de l’application d’une mesure conservatoire portant sur l’exploitation des palmeraies.

L’affrontement est survenu suite à la récolte de régimes de palmier opérée par quelques individus dans la palmeraie de la Coopérative d’aménagement rural de Koudo. Alors que pour beaucoup d’autres citoyens, l’accès aux palmeraies est interdit jusqu’à nouvel ordre, selon leur compréhension de la mesure conservatoire. Dans le tumulte, des manifestants ont fait usage de fusil de fabrication artisanale. On dénombre trois blessés graves, tous référés aux centres de santé publics à Lokossa où des soins intensifs leur sont prodigués. Du corps d’une dame blessée, une dizaine de billes a été extirpée. Au plan matériel, six motos ont été également calcinées.
Alertée, la Police républicaine a aussitôt pris le contrôle de la situation et procédé, depuis lors, aux investigations en vue de ramener les meneurs de la fronde devant la Justice pour répondre de leurs actes.

Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo

Société 01 juin 2018


La loi n°2017-39 sur les sachets plastique au Bénin: Besoin d’une inventivité écologique et économique de substitution

Par « mal-développement », on comprend le développement qui, à défaut d’anticipation analytique ou de prospective stratégique sur les inconvénients possibles au-delà de ses propres avantages, fait une chute fatale dans l’imprévu en devenant préjudiciable aux populations. Le génie industriel, qui prétendrait être humain et jamais animal, a utilisé les déchets du pétrole pour fabriquer divers objets en plastique dont les sachets et les mèches, non biodégradables. Si l’utilité sociale sur le plan commercial, hygiénique et esthétique de ces sachets et mèches n’a pas manqué d’évidence aux yeux de tous, leur nuisibilité sociale s’est avérée également considérable sur le plan agricole, halieutique, sanitaire, etc.

L’avènement du « pure water » a fait le comble du malheur dont ils sont porteurs. Je laisse aux spécialistes de ces aspects le soin d’en parler à suffisance. Mais le moins que chacun sache, c’est que les sachets plastique ou les mèches synthétiques à tresser font des années, plus d’une centaine dit-on souvent, sur sol et dans le sous-sol en empêchant les racines des plants et des semis de prospérer pour de bonnes récoltes. Le moins que chacun sache, c’est que leur présence de plus en plus agressive dans les eaux de rivières, fleuves et océans empêche les poissons de s’épanouir. Le moins que chacun sache, c’est aussi que leur combustion pour lancer le feu des âtres serait cancérigène ou dommageable à la santé de tous ceux qui en inhalent la fumée. Les collecteurs d’eau ou caniveaux bourrés de sachets, de bouteilles plastiques et mèches synthétiques favorisent la prolifération des germes 

pathogènes ainsi que l’inondation dans nos villes. Alors, si ce qui nous a fait du bien au départ se met à nous faire du mal à la fin, n’y aurait-il pas besoin de s’en débarrasser ?
Et s’en débarrasser, c’est aussi faire déterrer et ramasser tous les sachets, bouteilles en plastique et mèches synthétiques partout aux fins de les recycler chimiquement dans la fabrication de passoires, poubelles, paniers, garde-boue de moto, peignes et tutti quanti en attendant mieux. En effet, actuellement, internet nous révèle qu’au Japon et aux Usa existe une machine qui, déjà, reconvertit le plastique en pétrole brut ! Ce que je désigne par « inventivité de substitution » ne fait pas autre chose.

Gouvernance responsable

En supposant que le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire et la presse au Bénin feront preuve d’une gouvernance responsable et logique à travers la prise de dispositions pour d’accessibles
alternatives aux sachets interdits, je ne vais plus m’en occuper ici, me contentant seulement de les remercier d’avance. Mais avec un clin d’œil que je leur fais par rapport à l’utilisation classique, par les populations, des feuilles de teck ; de bananier ; des pages de vieux journaux et des emballages pour ciment dans nos villes et campagnes, avant lesdits sachets.
Certes, ces moyens classiques laissent à désirer en ce qui concerne leur qualité hygiénique. Mais les pouvoirs
publics pourraient assurer cette qualité en faisant la promotion commerciale de stérilisateurs ou de désinfectants appropriés, inoffensifs, à vils prix. Notamment au cas où les alternatives à proposer en lieu et place des sachets interdits seraient au-delà du pouvoir d’achat des communautés.
Tout compte fait, la loi n° 2017-39 du 3 novembre 2017 portant interdiction de la production, importation, commercialisation et utilisation de sachets en plastique non biodégradables en République du Bénin marque un déclic, comme dans d’autres pays consciencieux, pour un bon sens écologique et économique. En cela, elle est bienvenue en termes de renoncement à une forme de « mal-
développement » ! Néanmoins, reconnaissons qu’elle a péché par incompréhensible restriction pour n’être pas allée plus loin en intégrant à l’interdiction des sachets celle des mèches synthétiques à tresser ou en se préoccupant des bouteilles en plastique jetées pêle-mêle.
Pour l’écologie et l’économie, ne pourrait-on pas substituer aux mèches synthétiques d’autres en raphia, en kenaf ou en coton ? La loi n°2017-39 devrait donc se pencher en complément sur tous les cas, surtout sur le cas des mèches synthétiques importées dont raffole, face à l’absence d’alternatives biodégradables, la gent féminine pour ses coiffures. Ces mèches de diverses marques avec lesquelles nos mères, nos épouses, nos sœurs ou nos filles se font belles, créent les mêmes problèmes que les sachets tout en endormant l’inventivité écologique et économique du Bénin ou de toute l’Afrique au profit d’autres pays ou continents.
Le raphia, le kenaf et le coton qui sont des produits naturels biodégradables peuvent bel et bien servir à fabriquer de nouvelles mèches en remplacement de celles qui sont en synthétique non biodégradable. La fois dernière, j’ai eu pitié des poulets aux pattes ligotées ou coupées accidentellement par des mèches synthétiques usées, jetées sur les tas d’ordures de mon quartier.
Si des mèches en raphia, en kenaf et en coton pouvaient être adoptées, cela illustrerait aussi un bon sens écologique comme dans les alternatives aux sachets en plastique. En vertu d’un certain protectionnisme, le contexte de libéralisme économique, où nous sommes, se refuserait ainsi à être suicidaire pour notre démocratie.

Du bon sens écologique vers quelle inventivité ?

Le raphia et le kenaf, comme nouvelles filières agro-industrielles, accroîtraient le génie inventif de nos artisans et industriels qui les traiteraient avec finesse, les teinteraient en de multiples couleurs pour divers goûts esthétiques comme on en apprécie dans l’originalité vestimentaire des « Zangbéto », veilleurs de nuit, qui relèvent de la divinité au Bénin. Si l’on était tenu de donner un nom commercial, à partir d’un brevet d’invention, pourquoi ne les
appellerait-on pas, par exemple, « Mèches Thomas Sankara ou Winnie Mandela, made in Bénin ou in Africa » ? Tenez : il s’agit bien de Thomas Sankara du « consommons local » au Burkina Faso et de Winnie Mandela de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud !
De plus, n’oublions pas que si une chose est de voter la loi, autre chose est de réussir son application. Donc face à cette dualité, il conviendrait de se demander ce que les pouvoirs publics entendent faire pour atteindre les cibles, rééduquer chacun et tous à respecter ladite loi. S’il faut éviter de confirmer le « désert de compétences » dont parle la première autorité du pays ou l’une des premières du continent, je crois qu’autant est indispensable une communication de masse en français, en fon et en dendi par exemple, autant l’est une communication répétitive de proximité dans toutes les langues nationales, même les plus minoritaires, avec l’appui, au quotidien, des élus locaux, radios communautaires, associations de développement et organisations non gouvernementales (Ong). Car, sans communication récurrente en aller-retour entre le sommet et la base de la gouvernance, la démocratie renierait son essence et se ferait accuser de dictature.
La pollution des eaux, de l’air et de tout ce qui est espace de vie constitue une caractéristique de faux développement d’où est toujours absent le souci des malheurs charriés jusqu’aux générations futures. N’est-il pas bien ridicule de nous considérer comme des êtres humains à part entière lorsque notre prétendu paradis d’aujourd’hui porte déjà l’assurance d’un enfer pour nos descendances ? La déforestation croissante, le pillage des ressources naturelles, les affres des gaz à effet de serre, etc. sur lesquels bégaient les accords internationaux, relèvent de l’animalité à chaque fois que des alternatives réfléchies ne les accompagnent pas pour le développement humain durable.
A y penser sérieusement dans un élan futuriste, l’on ne dramatiserait rien en disant que l’humanité est dans une posture de suicide. Car l’être humain n’est pas que le produit de l’hérédité. Il est également le produit de son environnement. Et de ce point de vue, autant pour l’hérédité nous cherchons à avoir une progéniture de beauté et de santé en formant des couples phénotypiquement mignons et génotypiquement sains, autant pour notre milieu de vie et d’existence nous devons faire des calculs lucides et conséquents.
L’inventivité humaine doit être cultivée sans relâche pour faire face aux défis présents ou latents. En termes clairs, nous devons même bien étudier toute alternative, que ce soit pour les sachets en plastique ou les mèches synthétiques comme pour les bouteilles en plastique. A-t-elle fait ses preuves ailleurs comme alternative, sans d’autres dégâts ? Autrement dit, ses preuves ont-elles été évaluées empiriquement, tout au moins ? Conviendrait-elle au Bénin ou à l’Afrique à l’aune du niveau de vie et de culture des populations ?
La loi n°2017-39 du 3 novembre 2017 portant interdiction de la production, importation, commercialisation et utilisation de sachets en plastique non biodégradables en République du Bénin est sous-tendue non seulement par le bon sens écologique tantôt évoqué, mais également par un bon sens économique qui appelle également une inventivité.
Bon sens économique en effet, parce qu’une leçon élémentaire souligne qu’une économie où le pays exporte peu et importe beaucoup ne saurait être performante, compétitive et viable. Les sachets, bouteilles en plastique et les mèches synthétiques font sortir beaucoup de devises du Bénin ou de l’Afrique vers l’extérieur en rendant contre-productive, dans ce registre, leur économie tout en détruisant leur bien-être écologique.
En sortant un peu de la contre-productivité économique par cette loi, il nous faut, en conséquence, aller rapidement à une nouvelle créativité ou inventivité ad hoc. Savoir par exemple que le raphia qui pousse spontanément, dans la forêt, peut être cultivé dans des jardins et champs afin d’être commercialisé pour maintien de devises et rentrée d’autres au Bénin ou en Afrique. Kenaf et raphia seraient ainsi de nouvelles filières de production agricole aux côtés du coton, du cajou, du café, du cacao et de l’hévéa pour ne citer que ces filières.
Cette inventivité, qui nous apporterait du nouveau pour l’enrichissement du pays ou du continent, aiderait par là à la résorption de son problème de chômage et de sous-emploi, dans une certaine mesure. Car la chaîne de valeur productive serait faite du travail des paysans, agro-industriels, artisans, transporteurs, commerçants et coiffeuses. Elle libérerait sensiblement le Bénin ou l’Afrique d’une certaine dépendance des autres qui y exportent leurs mèches synthétiques sans considération pour les dégâts inhérents. Il est temps de ne plus nous amuser avec le destin de nos peuples n

*Ecrivain, philosophe et sociologue du développement

Par Dr Pierre Adjotin

Société 31 mai 2018


Série d’audiences à la Haac: Le Cnpa, l’Upmb et les Osc plaident en faveur de La Nouvelle Tribune

Le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) Adam Boni Tessi, a reçu en audience, mardi 29 mai dernier, les associations faîtières de la presse et quelques organisations de la Société civile. Tous ont plaidé pour que soit levée la mesure conservatoire à l’encontre du journal La Nouvelle Tribune.

La suspension du quotidien La Nouvelle Tribune affecte plusieurs composantes de la société. En audience ce mardi 29 au cabinet du président de la Haac Adam Boni Tessi, les membres du bureau du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa), de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (Upmb) et une délégation de trois organisations de la Société civile (Osc) ont exprimé leurs attentes à l’autorité. Composée du directeur d’Amnesty International Bénin, Fidèle Kikan, du secrétaire permanent administratif de l’Organisation changement social, Montesquieu Houhoui, et du représentant de la Coalition des défenseurs des droits humains au Bénin, Serge Prince Agbodjan, la délégation des Osc a plaidé pour que le président de la Haac laisse échoir la suspension du quotidien de Vincent Foly. 

C’est la même plaidoirie qu’ont présentée les représentants des associations faîtières de la presse. Au sortir de l’audience, le président du Cnpa, Basile
Tchibozo, a déclaré que les échanges ont été fructueux et qu’il y a lieu d’espérer un dégel de la situation du journal La Nouvelle Tribune. D’autres sujets tels la délivrance de la carte de presse, le déclassement de la presse béninoise par Reporters sans frontières (Rsf) étaient également au menu de leurs échanges.
Le président de la Haac, Adam Boni Tessi, a salué ces démarches qui se démarquent des débats passionnés sur les réseaux sociaux. Il a rappelé que la mesure conservatoire est une prérogative du président de la Haac dans sa fonction de régulation des médias. Et la suspension du journal La Nouvelle Tribune est, à l’en croire, une décision fondée sur la base de textes fondamentaux et non sur des considérations subjectives. Selon lui, cette décision servira aussi de leçon aux autres organes pour que le respect des règles déontologiques retrouve sa place au cœur de l’exercice de la profession.
Par ailleurs, le président de la Haac a reçu le nouvel ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne au Bénin, Oliver Nette. C’était une visite de courtoisie s’inscrivant dans le cadre de sa tournée de prise de contact avec les présidents d’institution. Il a saisi l’occasion pour s’enquérir aussi de la situation avec le journal La Nouvelle Tribune et pour comprendre les raisons de cette suspension.

Société 31 mai 2018


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