La Nation Bénin...
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Par « mal-développement », on comprend le développement qui, à défaut d’anticipation analytique ou de prospective stratégique sur les inconvénients possibles au-delà de ses propres avantages, fait une chute fatale dans l’imprévu en devenant préjudiciable aux populations. Le génie industriel, qui prétendrait être humain et jamais animal, a utilisé les déchets du pétrole pour fabriquer divers objets en plastique dont les sachets et les mèches, non biodégradables. Si l’utilité sociale sur le plan commercial, hygiénique et esthétique de ces sachets et mèches n’a pas manqué d’évidence aux yeux de tous, leur nuisibilité sociale s’est avérée également considérable sur le plan agricole, halieutique, sanitaire, etc.
L’avènement du « pure water » a fait le comble du malheur dont ils sont porteurs. Je laisse aux spécialistes de ces aspects le soin d’en parler à suffisance. Mais le moins que chacun sache, c’est que les sachets plastique ou les mèches synthétiques à tresser font des années, plus d’une centaine dit-on souvent, sur sol et dans le sous-sol en empêchant les racines des plants et des semis de prospérer pour de bonnes récoltes. Le moins que chacun sache, c’est que leur présence de plus en plus agressive dans les eaux de rivières, fleuves et océans empêche les poissons de s’épanouir. Le moins que chacun sache, c’est aussi que leur combustion pour lancer le feu des âtres serait cancérigène ou dommageable à la santé de tous ceux qui en inhalent la fumée. Les collecteurs d’eau ou caniveaux bourrés de sachets, de bouteilles plastiques et mèches synthétiques favorisent la prolifération des germes
pathogènes ainsi que l’inondation dans nos villes. Alors, si ce qui nous a fait du bien au départ se met à nous faire du mal à la fin, n’y aurait-il pas besoin de s’en débarrasser ?
Et s’en débarrasser, c’est aussi faire déterrer et ramasser tous les sachets, bouteilles en plastique et mèches synthétiques partout aux fins de les recycler chimiquement dans la fabrication de passoires, poubelles, paniers, garde-boue de moto, peignes et tutti quanti en attendant mieux. En effet, actuellement, internet nous révèle qu’au Japon et aux Usa existe une machine qui, déjà, reconvertit le plastique en pétrole brut ! Ce que je désigne par « inventivité de substitution » ne fait pas autre chose.
Gouvernance responsable
En supposant que le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire et la presse au Bénin feront preuve d’une gouvernance responsable et logique à travers la prise de dispositions pour d’accessibles
alternatives aux sachets interdits, je ne vais plus m’en occuper ici, me contentant seulement de les remercier d’avance. Mais avec un clin d’œil que je leur fais par rapport à l’utilisation classique, par les populations, des feuilles de teck ; de bananier ; des pages de vieux journaux et des emballages pour ciment dans nos villes et campagnes, avant lesdits sachets.
Certes, ces moyens classiques laissent à désirer en ce qui concerne leur qualité hygiénique. Mais les pouvoirs
publics pourraient assurer cette qualité en faisant la promotion commerciale de stérilisateurs ou de désinfectants appropriés, inoffensifs, à vils prix. Notamment au cas où les alternatives à proposer en lieu et place des sachets interdits seraient au-delà du pouvoir d’achat des communautés.
Tout compte fait, la loi n° 2017-39 du 3 novembre 2017 portant interdiction de la production, importation, commercialisation et utilisation de sachets en plastique non biodégradables en République du Bénin marque un déclic, comme dans d’autres pays consciencieux, pour un bon sens écologique et économique. En cela, elle est bienvenue en termes de renoncement à une forme de « mal-
développement » ! Néanmoins, reconnaissons qu’elle a péché par incompréhensible restriction pour n’être pas allée plus loin en intégrant à l’interdiction des sachets celle des mèches synthétiques à tresser ou en se préoccupant des bouteilles en plastique jetées pêle-mêle.
Pour l’écologie et l’économie, ne pourrait-on pas substituer aux mèches synthétiques d’autres en raphia, en kenaf ou en coton ? La loi n°2017-39 devrait donc se pencher en complément sur tous les cas, surtout sur le cas des mèches synthétiques importées dont raffole, face à l’absence d’alternatives biodégradables, la gent féminine pour ses coiffures. Ces mèches de diverses marques avec lesquelles nos mères, nos épouses, nos sœurs ou nos filles se font belles, créent les mêmes problèmes que les sachets tout en endormant l’inventivité écologique et économique du Bénin ou de toute l’Afrique au profit d’autres pays ou continents.
Le raphia, le kenaf et le coton qui sont des produits naturels biodégradables peuvent bel et bien servir à fabriquer de nouvelles mèches en remplacement de celles qui sont en synthétique non biodégradable. La fois dernière, j’ai eu pitié des poulets aux pattes ligotées ou coupées accidentellement par des mèches synthétiques usées, jetées sur les tas d’ordures de mon quartier.
Si des mèches en raphia, en kenaf et en coton pouvaient être adoptées, cela illustrerait aussi un bon sens écologique comme dans les alternatives aux sachets en plastique. En vertu d’un certain protectionnisme, le contexte de libéralisme économique, où nous sommes, se refuserait ainsi à être suicidaire pour notre démocratie.
Du bon sens écologique vers quelle inventivité ?
Le raphia et le kenaf, comme nouvelles filières agro-industrielles, accroîtraient le génie inventif de nos artisans et industriels qui les traiteraient avec finesse, les teinteraient en de multiples couleurs pour divers goûts esthétiques comme on en apprécie dans l’originalité vestimentaire des « Zangbéto », veilleurs de nuit, qui relèvent de la divinité au Bénin. Si l’on était tenu de donner un nom commercial, à partir d’un brevet d’invention, pourquoi ne les
appellerait-on pas, par exemple, « Mèches Thomas Sankara ou Winnie Mandela, made in Bénin ou in Africa » ? Tenez : il s’agit bien de Thomas Sankara du « consommons local » au Burkina Faso et de Winnie Mandela de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud !
De plus, n’oublions pas que si une chose est de voter la loi, autre chose est de réussir son application. Donc face à cette dualité, il conviendrait de se demander ce que les pouvoirs publics entendent faire pour atteindre les cibles, rééduquer chacun et tous à respecter ladite loi. S’il faut éviter de confirmer le « désert de compétences » dont parle la première autorité du pays ou l’une des premières du continent, je crois qu’autant est indispensable une communication de masse en français, en fon et en dendi par exemple, autant l’est une communication répétitive de proximité dans toutes les langues nationales, même les plus minoritaires, avec l’appui, au quotidien, des élus locaux, radios communautaires, associations de développement et organisations non gouvernementales (Ong). Car, sans communication récurrente en aller-retour entre le sommet et la base de la gouvernance, la démocratie renierait son essence et se ferait accuser de dictature.
La pollution des eaux, de l’air et de tout ce qui est espace de vie constitue une caractéristique de faux développement d’où est toujours absent le souci des malheurs charriés jusqu’aux générations futures. N’est-il pas bien ridicule de nous considérer comme des êtres humains à part entière lorsque notre prétendu paradis d’aujourd’hui porte déjà l’assurance d’un enfer pour nos descendances ? La déforestation croissante, le pillage des ressources naturelles, les affres des gaz à effet de serre, etc. sur lesquels bégaient les accords internationaux, relèvent de l’animalité à chaque fois que des alternatives réfléchies ne les accompagnent pas pour le développement humain durable.
A y penser sérieusement dans un élan futuriste, l’on ne dramatiserait rien en disant que l’humanité est dans une posture de suicide. Car l’être humain n’est pas que le produit de l’hérédité. Il est également le produit de son environnement. Et de ce point de vue, autant pour l’hérédité nous cherchons à avoir une progéniture de beauté et de santé en formant des couples phénotypiquement mignons et génotypiquement sains, autant pour notre milieu de vie et d’existence nous devons faire des calculs lucides et conséquents.
L’inventivité humaine doit être cultivée sans relâche pour faire face aux défis présents ou latents. En termes clairs, nous devons même bien étudier toute alternative, que ce soit pour les sachets en plastique ou les mèches synthétiques comme pour les bouteilles en plastique. A-t-elle fait ses preuves ailleurs comme alternative, sans d’autres dégâts ? Autrement dit, ses preuves ont-elles été évaluées empiriquement, tout au moins ? Conviendrait-elle au Bénin ou à l’Afrique à l’aune du niveau de vie et de culture des populations ?
La loi n°2017-39 du 3 novembre 2017 portant interdiction de la production, importation, commercialisation et utilisation de sachets en plastique non biodégradables en République du Bénin est sous-tendue non seulement par le bon sens écologique tantôt évoqué, mais également par un bon sens économique qui appelle également une inventivité.
Bon sens économique en effet, parce qu’une leçon élémentaire souligne qu’une économie où le pays exporte peu et importe beaucoup ne saurait être performante, compétitive et viable. Les sachets, bouteilles en plastique et les mèches synthétiques font sortir beaucoup de devises du Bénin ou de l’Afrique vers l’extérieur en rendant contre-productive, dans ce registre, leur économie tout en détruisant leur bien-être écologique.
En sortant un peu de la contre-productivité économique par cette loi, il nous faut, en conséquence, aller rapidement à une nouvelle créativité ou inventivité ad hoc. Savoir par exemple que le raphia qui pousse spontanément, dans la forêt, peut être cultivé dans des jardins et champs afin d’être commercialisé pour maintien de devises et rentrée d’autres au Bénin ou en Afrique. Kenaf et raphia seraient ainsi de nouvelles filières de production agricole aux côtés du coton, du cajou, du café, du cacao et de l’hévéa pour ne citer que ces filières.
Cette inventivité, qui nous apporterait du nouveau pour l’enrichissement du pays ou du continent, aiderait par là à la résorption de son problème de chômage et de sous-emploi, dans une certaine mesure. Car la chaîne de valeur productive serait faite du travail des paysans, agro-industriels, artisans, transporteurs, commerçants et coiffeuses. Elle libérerait sensiblement le Bénin ou l’Afrique d’une certaine dépendance des autres qui y exportent leurs mèches synthétiques sans considération pour les dégâts inhérents. Il est temps de ne plus nous amuser avec le destin de nos peuples n
*Ecrivain, philosophe et sociologue du développement
Par Dr Pierre Adjotin
Société 31 mai 2018

Le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) Adam Boni Tessi, a reçu en audience, mardi 29 mai dernier, les associations faîtières de la presse et quelques organisations de la Société civile. Tous ont plaidé pour que soit levée la mesure conservatoire à l’encontre du journal La Nouvelle Tribune.
La suspension du quotidien La Nouvelle Tribune affecte plusieurs composantes de la société. En audience ce mardi 29 au cabinet du président de la Haac Adam Boni Tessi, les membres du bureau du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa), de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (Upmb) et une délégation de trois organisations de la Société civile (Osc) ont exprimé leurs attentes à l’autorité. Composée du directeur d’Amnesty International Bénin, Fidèle Kikan, du secrétaire permanent administratif de l’Organisation changement social, Montesquieu Houhoui, et du représentant de la Coalition des défenseurs des droits humains au Bénin, Serge Prince Agbodjan, la délégation des Osc a plaidé pour que le président de la Haac laisse échoir la suspension du quotidien de Vincent Foly.
C’est la même plaidoirie qu’ont présentée les représentants des associations faîtières de la presse. Au sortir de l’audience, le président du Cnpa, Basile
Tchibozo, a déclaré que les échanges ont été fructueux et qu’il y a lieu d’espérer un dégel de la situation du journal La Nouvelle Tribune. D’autres sujets tels la délivrance de la carte de presse, le déclassement de la presse béninoise par Reporters sans frontières (Rsf) étaient également au menu de leurs échanges.
Le président de la Haac, Adam Boni Tessi, a salué ces démarches qui se démarquent des débats passionnés sur les réseaux sociaux. Il a rappelé que la mesure conservatoire est une prérogative du président de la Haac dans sa fonction de régulation des médias. Et la suspension du journal La Nouvelle Tribune est, à l’en croire, une décision fondée sur la base de textes fondamentaux et non sur des considérations subjectives. Selon lui, cette décision servira aussi de leçon aux autres organes pour que le respect des règles déontologiques retrouve sa place au cœur de l’exercice de la profession.
Par ailleurs, le président de la Haac a reçu le nouvel ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne au Bénin, Oliver Nette. C’était une visite de courtoisie s’inscrivant dans le cadre de sa tournée de prise de contact avec les présidents d’institution. Il a saisi l’occasion pour s’enquérir aussi de la situation avec le journal La Nouvelle Tribune et pour comprendre les raisons de cette suspension.

La cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a étudié le onzième dossier inscrit à son rôle, mardi 29 mai dernier. Il est relatif à un cas d’incendie volontaire dont est accusé le nommé Fataï Gogodo. Il est reconnu coupable par la cour qui l’a condamné à 6 ans de réclusion criminelle.
Six ans de réclusion criminelle, c’est le verdict du procès impliquant l’accusé Fataï Gogodo. Mardi dernier, la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a connu du dossier. L’intéressé est accusé d’avoir mis feu à la case où dormaient son épouse et ses enfants.
Les faits font froid dans le dos. En effet, depuis quelque temps, Fataï a de forts soupçons sur sa femme. Il croit fortement qu’elle a commis l’adultère. D’ailleurs, il ne le lui cache pas et menace souvent d’en finir avec elle un de ces matins. Ce déshonneur ronge donc sérieusement Fataï et beaucoup le savent dans le village. Ces menaces ne sont plus cachées. C’est devenu presqu’un défi pour lui. Ses amis le lui déconseillent mais le mal est là et ronge le mari qui se sent cocufié. C’est ce mal qui le pousse, ce jeudi 17 mai 2017 vers minuit à passer à l’acte. Il s’assure que sa femme Pélagie et les enfants sont bien couchés dans la case et il met en place un dispositif pour mettre le feu. Dès que la case a pris feu, il s’est éloigné pour voir l’aboutissement de l’œuvre. Mais c’est raté ! Dès les crépitements des premières flammes, le village se met en alerte pour aller éteindre le feu. De justesse, la dame et ses enfants se sont sauvés. Une fois le feu maîtrisé, le village s’est mis à la recherche de Fataï. Et il n’était pas bien loin. Une légion s’est constituée rapidement pour le maîtriser. Sur lui, il est retrouvé un paquet de cigarette et un briquet. La religion de la légion est faite : c’est bien lui, l’auteur de l’incendie et personne n’en doute. Lui-même ne tardera pas à reconnaître son acte. Il dit avoir agi sous l’effet de l’alcool. Il n’a pas nié les faits mis à sa charge.
Présent à la barre pour répondre de son acte, il a encore reconnu les faits et raconte qu’il a surtout agi par jalousie et sous l’effet de l’alcool. En affirmant regretter son acte, il va jusqu’à confier à la cour, pour la convaincre, qu’il continue d’aimer sa femme et qu’à sa sortie de prison, il va reprendre contact avec elle après lui avoir fait subir la cérémonie traditionnelle de "lavage des pieds".
Présents aussi à l’audience comme témoins, son épouse Pélagie et son frère ont confié à la cour que l’accusé a des comportements détestables quand il boit et fume et c’est sans doute sous l’effet, de la boisson ou de la cigarette, qu’il a commis cet acte. Son épouse Pélagie n’est pas contre son retour en famille pour continuer à assumer ses devoirs d’époux. A la question de la cour de savoir si dans la famille de son accusé de mari, il existe effectivement la cérémonie de lavage des pieds, Pélagie répond par l’affirmative et se dit aussi prête à se prêter à la cérémonie pour pouvoir se remettre avec son mari Fataï.
Par jalousie !
L’avocat général Médard Gandonou fustige cet acte ignoble d’un époux jaloux qui avait bien l’intention d’exterminer toute sa petite famille par jalousie. N’eût été la promptitude des habitants du village à porter assistance à la famille prise au piège par le feu, le pire se serait produit. C’est bien pour cela que l’acte de l’accusé Fataï doit être sévèrement châtié par la cour pour donner l’exemple. Puis, dit-il, les trois éléments constitutifs du chef d’accusation d’incendie volontaire sont réunis.
Rappelant les dispositions de l’article 434 alinéa 1er du Code pénal, Médard Gandonou propose alors à la cour de condamner l’accusé Fataï à 8 ans de réclusion criminelle.
La défense assurée par Me Paul Avléssi a plaidé la clémence de cour en faveur de l’accusé qui a regretté sincèrement son acte et qui se dit encore disposé à reprendre sa femme à sa sortie de prison. Il demande la clémence de la cour pour permettre un retour de la paix en famille. Une famille qui veut bien se reconstituer, à en croire les aveux de l’accusé Fataï et son épouse Pélagie à la barre.
Après une suspension, la cour présidée par Appolinaire Dassi délibère. Elle reconnaît l’accusé Fataï Gagodo coupable d’avoir volontairement mis le feu à la case de son épouse Pélagie. Une infraction prévue et punie notamment par le Code pénal en ses articles 434, 249, 36, 52, 55, 361 et autres. La cour condamne l’accusé à 6 ans de réclusion criminelle. L’accusé ayant passé ces six dernières années en prison va donc recouvrer sa liberté?
Les faits
Le jeudi 17 mai 2012, vers minuit, alors que dame Pélagie Ninhouénon dormait avec deux de ses enfants, son mari, le sieur Fataï Gogodo, mit feu à sa chambre. Grâce à la promptitude des populations, le feu fut vite maîtrisé sans grand dégât matériel ni perte en vie humaine. Le drame s’est produit dans le village Assougakpa dans l’arrondissement de Kpokissa, commune de Zogbodomey.
Interpellé monsieur Fataï Gogodo reconnut les faits d’incendie volontaire mis à sa charge et justifie son acte par l'adultère présumé de son épouse.
Il est crédité d'une bonne moralité. Le bulletin n°1 du casier judiciaire de l'inculpé ne fait mention d'aucune condamnation antérieure. Il n'était pas en état de démence au moment de l'action?
Composition de la cour
Président : Appolinaire Dassi
Assesseurs : Raoul Agboton, Herbert Solevo
Jurés : Hortense M. Kossou, Gérard Tossou, Paul Dategan Glèlè, Antoine Hêdiblè
Avocat général :
Médard Gandonou
Greffier : Robert J. Houngbadji

Déjà le septième dossier soumis hier, mardi 29 mai, à l’examen de la première session de la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou, au titre de l’année 2018. Il a porté sur une affaire de meurtre et le délit de détention et usage de chanvre indien impliquant Michel Chabi Tobou. Il a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle.
Drôle de sort pour Michel Chabi Tobou qui a été surpris par Alfa Imorou, au moment où il était en train de braiser le poulet qu’il lui a volé. Ayant paniqué parce que ce dernier a menacé de le dénoncer aux redoutables chasseurs de Winra, un village de l’arrondissement de Kika, commune de Tchaourou, il n’a pas hésité à se jeter sur lui, pour l’achever à coups de pilon. Et comme, un malheur n’arrive jamais seul, parce qu’on le soupçonneait également de fumer de la drogue, une perquisition menée à son domicile a permis de découvrir trois boulettes de chanvre indien. Devant la cour présidée par Jean-Pierre Yérima Bandé et qui avait comme assesseurs Pascal Agboton et Francis E. Bodjrènou, Michel Chabi Tobou avait à répondre, mardi 29 mai dernier, du chef d’accusation de meurtre et du délit de détention et usage de chanvre indien. A l’arrivée, il a écopé de 15 ans de réclusion criminelle, après avoir été reconnu coupable de meurtre et du délit de détention de chanvre indien. C’est selon respectivement les dispositions des articles 295 et 304 du Code pénal et 142 de la loi 097-025 du 18 juillet 1997 sur le contrôle des drogues et précurseurs.
Par rapport aux faits qui lui sont reprochés, l’accusé ne les a pas niés. Il a aussi reconnu les objets mis sous scellés et qui lui ont été présentés à la barre. S’agissant du chanvre indien, il a également avoué en être aussi bien un consommateur qu’un producteur et transformateur.
Le représentant du ministère public, Bachirou Assouma Amadou, a invité la cour à lui faire bénéficier des circonstances atténuantes. Il a fait constater qu’il s’est montré honnête et a collaboré à la barre, et que son casier judiciaire et l’enquête de moralité lui sont favorables. Sinon, confie-t-il, Michel Chabi Tobou est bon pour prendre la perpétuité. Après avoir démontré que les infractions de meurtre et de détention et usage de chanvre indien sont constituées et qu’il en est coupable, l’avocat général a requis contre lui 20 ans de réclusion criminelle.
Assurant la défense de l’accusé, Me Friggens Adjavon va plaider coupable. Au subsidiaire, il évoque les circonstances atténuantes et l’excuse de provocation. Selon lui, si la victime ne s'était pas rendue au domicile de son client, le pire ne serait pas survenu. De même, poursuit-il, c’est sous l’effet de la panique de voir les chasseurs traditionnels débarquer pour le punir, qu’il s’en est pris à Alfa Imorou. Enfin, il verra dans ce dossier la responsabilité collective de la société qui n’a rien fait, alors qu’elle savait que Michel Chabi Tobou fumait du chanvre indien. Pour finir, il demande à la cour de le condamner au temps déjà passé en prison afin qu’il puisse aller se désintoxiquer.
Appelé pour exprimer ses dernières doléances avant la délibération, l’accusé invitera la cour à ne pas prendre en compte les 20 ans de réclusion criminelle à défaut de la perpétuité proposés par l’avocat général. Par rapport à sa libération souhaitée par sa défense, Michel Chabi Tobou ne veut pas rentrer au village où il craint d’être stigmatisé pour avoir tué un de ses cohabitants. Il préfère que l’on le mette à la disposition des gendarmes à la maison d’arrêt comme klébé (garçon de courses)?
Les faits
Michel Chabi Tobou et Imorou Alfa sont des cohabitants résidant dans le village de Winra, arrondissement de Kika, commune de Tchaourou. De retour à la maison, vendredi 8 janvier 2010, Alfa Imorou fut informé par sa fille de ce que Michel Chabi Tobou a tué son poulet. Pour s’en convaincre, il se rendit chez lui pour en avoir le cœur net. Mais Michel Chabi Tomou se saisit d’un pilon et lui asséna trois coups dont l’un à la tempe. Il s’écroula et rendit l’âme quelques instants après. Soupçonné d’être un consommateur de drogue, une perquisition fut effectuée dans sa chambre et a permis de découvrir trois boulettes de chanvre indien.
Société 31 mai 2018
Les députés en plenière à l'Assemblée Nationale[/caption]Les députés ont entamé, ce lundi 28 mai, l’examen du projet de loi portant Code pénal en République du Bénin. Ils ont adopté, hier, le rapport général sur le dossier, en attendant de poursuivre ce jour les travaux avec les discussions au fond de la loi, forte de 1007 articles répartis en trois livres.
Espéré depuis 2001, l’examen du projet de loi portant Code pénal en République du Bénin est effectif depuis ce lundi 28 mai à l’Assemblée nationale. Les députés se penchent sur le volumineux document qui tient compte des avancées notées sur le chantier des réponses au phénomène criminel contemporain. Le projet se veut le fruit d’un long processus d’actualisation et de finalisation du document introduit en 2001 par le gouvernement. Le rapport général sur le dossier a été adopté hier par les députés. Les travaux se poursuivent ce mardi avec les discussions particulières, c’est-à-dire l’examen proprement dit du volumineux texte.
Le nouveau Code pénal est composé de 1007 articles répartis en trois livres. Le premier livre subdivisé en trois titres porte sur les dispositions générales. Il traite des généralités relatives à la loi pénale, de la responsabilité pénale et des peines. En ce qui concerne les généralités relatives à la loi pénale, les principes généraux de classification des infractions sont définis en même temps que le principe de la légalité des délits et des peines et la compétence des juridictions pénales. Il est également abordé les questions de l'application de la loi pénale dans le temps et dans l'espace, qui ne sont pas différentes des principes antérieurement connus et des règles quasi-universelles en la matière. En ce qui concerne la responsabilité pénale, celle des personnes morales est consacrée à l'exception de l'Etat, ce qui complète les dispositions du Code de procédure pénale sur la question. L'élément intentionnel comme élément constitutif des infractions est rappelé.
La peine de mort exclue
Les causes d'irresponsabilité ou d'atténuation de la responsabilité sont indiquées. Pour ce qui est des peines, elles ont exclu la peine de mort et retenu les différentes durées de réclusion pour les crimes, l'emprisonnement, le travail d'intérêt général, les privations de droits, les peines complémentaires, l'amende et le jour-amende.
Les peines prévues pour les personnes morales sont, quant à elles, l'amende, la dissolution, les interdictions diverses, temporaires ou définitives, la fermeture, la confiscation et l'affichage. Les peines applicables en matière de concours d'infractions et en matière de récidive sont également déterminées. Les causes d'aggravation des peines sont également décrites, de même que les circonstances de leur extinction et de l'effacement des condamnations. La prescription, la grâce, l'amnistie, la réhabilitation ont été également prises en compte dans le texte.
Le deuxième livre, pour sa part, traite des crimes, délits et leur répression. C'est dans ce livre que se trouve l'essentiel du Code, c'est-à-dire les incriminations et leurs sanctions, note la commission chargée des Lois qui a présenté le contenu du document à la plénière. Ce livre est relatif aux crimes et délits contre la chose publique et traite, en tout premier lieu, du terrorisme et de sa répression. Le terrorisme est défini de manière ample et les organisations terroristes sont caractérisées. Les peines proposées dans la loi vont de la réclusion criminelle à perpétuité pour les personnes physiques, l'amende pour les personnes morales ainsi que l'interdiction définitive de l'activité dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise. La tentative et la complicité ne sont pas ignorées, ainsi que l'apologie du terrorisme. Des exemptions ou réductions de peine sont cependant prévues pour les personnes ayant averti l'autorité, selon que les effets de cette dénonciation ont permis d'éviter les actes projetés ou de faire cesser les agissements ou encore de réduire leur ampleur.
Outre la répression du terrorisme, les crimes et délits classiques contre la sûreté de l'Etat sont également rappelés, leurs éléments constitutifs décrits et leurs sanctions fixées. Les crimes de trahison et d'espionnage, les crimes contre la sûreté intérieure de l'Etat et les atteintes à la défense nationale, les attentats, complots et autres infractions contre l'autorité de l'Etat et l'intégrité du territoire national, les atteintes à la sécurité des moyens de transports aériens, maritimes et terrestres et des plates-formes fixes sur le plateau continental, les infractions impliquant des matières et installations nucléaires, les crimes tendant à troubler l'Etat par le massacre ou la dévastation, les crimes commis par la participation à un mouvement insurrectionnel, les infractions contre les personnes internationalement protégées, les attroupements illégaux sont passés au peigne fin dans ce titre. Il en est de même des crimes commis par le chef de l'Etat et les membres du gouvernement et qui sont prévus par la Constitution, notamment la haute trahison, les atteintes à l'honneur et à la probité, l'outrage à l'Assemblée nationale. Dans ce même registre, sont classés les crimes et délits relatifs à l'exercice des droits civiques. Les atteintes à la liberté du fait des fonctionnaires ou des agents ou préposés du gouvernement et les détentions arbitraires, la coalition des agents de l'Etat, l'empiètement des autorités administratives et judiciaires s'y retrouvent également.
Les peines prévues pour ces infractions varient suivant leur gravité, étant entendu que toutes les infractions anciennement punies de la mort le sont, dans la proposition, de réclusion criminelle à perpétuité.
Que de nouvelles infractions !
Les délits contre les symboles et les valeurs de l'Etat, de la République, des communautés et des religions n’ont pas été occultés dans le nouveau code. Un chapitre entier y a été consacré. Ainsi, sont prévus et punis, de manière spéciale, toute atteinte dans un discours, écrit, propos, prêche religieux, ou dans toute représentation artistique, scripturale ou vocale, aux symboles, valeurs et représentations de l'Etat, de la nation, de la République, des religions ou cultes, des ethnies ou de toute communauté. Les personnes morales qui commettent ou recèlent ces infractions encourent des mesures de suspension et d'interdiction.
Un autre chapitre est relatif aux crimes et délits contre la paix publique que constituent les différents actes de falsification (fausse monnaie, contrefaçon des sceaux de l'Etat, des billets de banque et des effets publics et des poinçons, timbres et marques, faux en écriture publique authentique, faux en écriture privée de commerce ou de banque, faux commis dans certains documents administratifs dans les feuilles de route et dans les certificats), la forfaiture, les soustractions ou les détournements commis par des agents publics, les concussions commises par eux, la corruption des agents publics nationaux et internationaux, la corruption dans la passation des marchés publics, la corruption dans le secteur privé. Il en est de même des infractions relatives à la direction, à l'administration et au contrôle des entreprises publiques et semi-publiques, la subornation de témoins et d'interprètes, le trafic d'influence, l'enrichissement illicite, le délit d'initié, les délits des fonctionnaires qui se seront ingérés dans des affaires ou activités commerciales incompatibles avec leur qualité, les abus d'autorité contre les particuliers ou contre la chose publique, les délits relatifs à la tenue des actes d'état civil, l'exercice de l'autorité publique illégalement anticipé ou prolongé, la violation de la réglementation des armes et munitions.
Outre les sanctions ordinaires, des dispositions particulières relatives à l'aggravation des peines pour certains crimes et délits commis par les agents de l'Etat sont prévus dans le code, précise le rapport général adopté hier par les députés en présence du ministre chargé de la Justice. Mieux, le texte réprime les infractions relatives aux troubles à l'ordre public perpétrées par des ministres de cultes dans l'exercice de leur ministère. Il en est de même des contraventions contre l'état civil (mariage religieux sans mariage civil préalable), mais aussi des critiques, censures ou provocations dirigées contre l'autorité publique dans un discours pastoral prononcé publiquement, des provocations contre l'autorité publique dans un écrit pastoral, la résistance, la désobéissance et les autres manquements envers l'autorité publique.
Les outrages et violences envers les dépositaires de l'autorité et de la force publique, le refus d'un service dû légalement, l'évasion des prisonniers de guerre, les bris de scellés et l’enlèvement de pièces dans les dépôts publics, la dégradation de monuments, l'usurpation de titres ou de fonctions, l'usage irrégulier de titres, font également l'objet de peines diverses dans la loi.
Par ailleurs, le projet reprend et actualise les dispositions anciennes relatives aux associations de malfaiteurs ainsi qu'à l'outrage aux bonnes mœurs par voie de presse et de livre.
Des peines corsées
Aussi, le deuxième livre du projet de loi traite-t-il des crimes et délits contre les particuliers. Il distingue d'une part, les crimes et délits contre les personnes des crimes et délits contre les biens d'autre part. Les crimes de meurtre, d'assassinat, de parricide, d'infanticide, d'empoisonnement demeurent maintenus. La traite des personnes, les menaces, les blessures et coups volontaires, la torture sont classés également au titre des atteintes contre les personnes. Les attentats aux mœurs tels que l'outrage public et l'attentat à la pudeur, le harcèlement sexuel régi par une loi sur la protection des femmes, le viol et les infractions assimilées qui proviennent également de ce texte, le proxénétisme, l'incitation habituelle de mineur à la débauche ont été également mis en exergue.
Les crimes et délits envers l'enfant, l'abandon de la famille ou l'abandon de domicile conjugal n’ont pas été omis. Les calomnies, injures et révélations de secrets n'ont pas connu d'évolution particulière dans la loi ainsi que la violation de sépultures et autres atteintes au respect dû aux morts ainsi que les infractions liées aux inhumations.
Les crimes et délits contre les biens ont été largement pris en compte dans le projet. Il s'agit des vols et extorsions, de l'escroquerie, de l'abus de confiance, des infractions au contrôle des changes, des infractions cybernétiques et informatiques. La contrefaçon et toutes les autres infractions relatives aux discriminations et violations des lois relatives aux manufactures, au commerce et aux arts figurent en bonne place. Les délits des fournisseurs, les détournements de prêts consentis ou garantis par l'Etat, l'usure, la fraude dans les examens et concours publics, les infractions relatives aux sociétés commerciales et la banqueroute ne sont pas du reste et sont la consécration et la sanction, en droit interne, des infractions prévues par les actes uniformes de l'Ohada.
La réglementation pénale des mines et carrières, actuellement séparée, est également introduite dans le projet. Les atteintes à l'environnement et à l'hygiène, initialement dans le code de l'environnement et le code de l'hygiène, subissent le même sort en ce que les dispositions de protection contre ces atteintes sont de nature pénale.
Divers autres délits sont extraits de la législation ou de la réglementation pour être introduits directement dans le Code pénal. Il s'agit des délits relatifs à la pâture des animaux, de ceux relatifs au conditionnement des produits, à la fixation des prix, à l'assurance des navires, aux stupéfiants. C'est également le cas des infractions relatives au tabac dont les dispositions répressives proviennent de la loi spéciale relative à la matière.
S’agissant des contraventions de police, elles ont été logées au niveau du troisième et dernier livre du Code pénal. Il est prévu ici les peines telles que l'emprisonnement d'un jour à deux mois maximum, l'amende, la confiscation de certains objets saisis. Le Code en examen prend également en compte certaines contraventions telles que celles contre la sûreté et la tranquillité publique, celles contre l'hygiène et la santé publiques, celles de voirie et de circulation, celles qui causent des dommages aux personnes, aux animaux et à la propriété privée.
Th. C. N.

Les sélections U-17 de l’Atlantique et de l’Ouémé viennent de rejoindre leurs homologues du Borgou et de la Donga, du Mono et du Zou depuis, samedi 26 mai dernier, pour la phase nationale de détection des meilleurs talents. C’est à l’issue d’un tournoi organisé sur le terrain du Centre technique et d’excellence Issa Hayatou de Missérété.
Sous la supervision de la direction technique nationale du football, la détection des talents en vue de la constitution de la sélection des Ecureuils U-17 du Bénin suit son bonhomme de chemin. Comme le tournoi organisé au niveau des zones 1 et 2, celui de la zone 3 dans la région méridionale, sur le terrain du Centre technique et d’excellence de Missérété a connu son épilogue, samedi 26 mai dernier. Les sélections de l’Atlantique, du Littoral, de l’Ouémé et du Plateau y ont pris part.
A l’arrivée, c’est l’Atlantique qui s’est retrouvée en tête. Il rejoint, avec l’Ouémé, le Borgou, la Donga, le Mono et le Zou qui sont déjà qualifiés pour la phase nationale de ce tournoi de détection.
Au terme de la phase nationale prévue à Cotonou, trente joueurs seront retenus auxquels s’ajouteront trente autres sélectionnés après le tournoi réservé aux joueurs des clubs de ligues 1, 2 et 3 de la même catégorie. Déjà, une liste de leurs joueurs vient d’être établie par le directeur des compétitions de la Fédération béninoise de football, Quentin Didavi. Au nombre de soixante-neuf, ils doivent se mettre à la disposition des entraîneurs de la sélection nationale des Ecureuils U-17, ce lundi 28 mai à partir de 7 h au stade René Pleven d’Akpakpa.
En dehors des U-17 qui seront directement engagés dans le processus de mise en place de la sélection nationale des cadets, la détection s’effectue également au niveau des U-16. C’est dans le cadre de la constitution de l’équipe nationale pour les éliminatoires des Jeux africains. L’encadrement technique constitué, entre autres, de Nafiou Yessoufou et Jonas Nounawon se prépare donc à passer à une phase supérieure de la tâche qui leur a été confiée?

Le bicentenaire de l’intronisation du roi Guézo ne passera pas sous silence. Quoique confrontée à des difficultés, notamment d’ordre financier, les organisateurs jurent de tenir les manifestations, peu importent les conditions. Ce dimanche 27 mai à Cotonou, ils l’ont réaffirmé à travers une séance de sensibilisation et d’échange.
Une célébration à la taille de ce qu’avait été en son temps, le roi Guézo, grand souverain du Danxomè. C’est ce que projettent les descendants du roi à l’occasion du bicentenaire de son intronisation. Les manifestations sont projetées du 3 au 17 novembre prochain. Elles seront, à en croire Dah Miminvo Yamongbé Guézo, président du comité d’organisation, un moment de grandes réjouissances, mais aussi de révélation sur les grandes actions accomplies par ce roi qui, quarante ans durant, sur les sentiers du développement.
Un vernissage d’exposition avec cinquante-huit tableaux résumant divers actes et prouesses accomplis par le roi Guézo, le rallye des amazones, un colloque scientifique sur l’œuvre du souverain, une foire commerciale, un festival de chants et de danses… Ainsi se dévoile sommairement le programme des activités que compte exécuter le comité d’organisation, précise Constant Agbidinoukoun, porte-parole du comité. Cette célébration sera aussi l’occasion de restaurer et de mettre davantage en valeur les nombreux palais du roi qui a régné de 1818 à 1858. Ceux de Hounli, d’Agbangnizoun et de Tindji sont particulièrement visés, note-t-il.
Le programme ainsi ficelé, le comité d’organisation a néanmoins des craintes. « La mobilisation des moyens ne suit pas. Ce n’est pas la fête d’Abomey ou des descendants du roi Guézo. C’est une fête pour tout le pays et même pour les pays voisins avec qui le roi, en son temps, a eu des contacts », soutient de son côté, Dah Dèssou Guézo, secrétaire général du comité d’organisation. Cette crainte est également partagée par Dah Miminvo Yamongbé Guézo, président du comité d’organisation qui lui, loin de désespérer, compte sur les nombreux descendants du souverain pour relever le défi. Il y croit dur comme fer et voudrait que les festivités se tiennent malgré tout, en tenant compte des moyens qui auraient été mobilisés. Pour cette raison, il a exhorté les membres des neuf sous-comités mis en place à ce propos à redoubler d’abord pour tenir le pari.
Pour l’instant, les signaux sont bons et indiquent que la fête aura lieu et sera belle, ont apaisé les membres des démembrements présents. Certains parmi eux ont présenté un bilan d’étape qui augure d’un aboutissement heureux. « Comptons en priorité sur nos propres forces », a laissé entendre le président du comité d’organisation qui en a profité pour inviter chaque descendant à s’acquitter de sa cotisation de 1000 francs Cfa au moins pour les nationaux et de 25 euros pour ceux de la diaspora. Comme à Parakou, un comité d’organisation travaille ardemment du côté de Paris et dans bien d’autres localités. Rappelons que le comité prévoit un tissu pour les festivités.
Le roi Guézo, faut-il le souligner, a régné sur le Danxomè, comme neuvième souverain. Il s’est avéré être un grand développeur. Outre l’armée des amazones qu’il a renforcée et révélée, il s’est illustré avec un penchant particulier pour l’agriculture à travers lé développement du coton, du palmier à huile, de la tomate, du gombo et bien d’autres cultures?

Le contrebandier d’essence frelatée Joseph Midodjiho alias Oloyé recouvre désormais sa liberté. Condamné vendredi 6 octobre 2017 à 24 mois de prison ferme avec payement de deux millions FCFA d’amende par le tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, il a été libéré, ce vendredi 25 mai, par le juge de la Cour d’appel de Cotonou.
Ce dernier a infirmé le jugement du tribunal correctionnel en adoucissant sensiblement la peine. Il condamne en effet Oloyé à 24 mois d’emprisonnement dont six ferme. Cette peine est plus qu’une délivrance pour le président des trafiquants d’essence frelatée du Bénin qui a déjà passé les six mois en prison. Oloyé est désormais libre de ses mouvements depuis ce vendredi 25 mai. De sources proches du dossier, le juge d’appel est allé encore plus loin en réduisant de moitié l’amende de deux millions F CFA. Celle-ci est désormais ramenée à un million FCFA. De quoi donner un large sourire à Joseph Midodjiho alias Oloyé qui retrouve ainsi sa famille après plus de sept mois de vie carcérale. Il en est de même pour son chauffeur Nicolas Tankpinou Alodégnon, son co-accusé, condamné par le juge du premier degré à 18 mois de prison ferme avec cinq cent mille Francs CFA d’amende à payer au Trésor public. Le juge d’appel a vidé aussi son cas en le condamnant à 18 mois d’emprisonnement dont six mois ferme. Ayant été incarcéré le 6 octobre 2017, Nicolas Tanpkinou Alodégnon, rentre aussi chez lui pour avoir déjà fini de purger ce temps en prison. Mais il a été condamné à payer une amende de 100.000F au lieu de 500.000F initialement fixée par le tribunal.
Il faut rappeler que la condamnation du président de l’Association des vendeurs d’essence frelatée communément appelé « Kpayo » du Bénin fait suite à un incendie survenu au petit matin du mercredi 4 octobre 2017 au quartier de Louho à Porto-Novo. Lequel fait suite à la chute d’un camion Titan chargé d’essence de contrebande et qui a causé un mort, une fille de 14 ans complètement calcinée, deux blessés dont un grièvement et d’énormes dégâts matériels dont dix maisons parties en fumée. Joseph Midodjiho alias Oloyé, âgé de 64 ans et propriétaire du camion chargé de dizaines de bidons d’essence frelatée en destination du marché noir de Cotonou, Sô-Ava, Abomey-Calavi via la lagune de Porto-Novo, a été arrêté et condamné pour le chef d’inculpation de complicité de trafic illicite de produits pétroliers. Le chauffeur du camion, Nicolas Tankpinou Alodégnon, âgé de 44 ans au moment des faits, par qui le drame est arrivé, a été condamné pour les délits d’homicide involontaire, d’incendie involontaire et de blessures involontaires. Les deux accusés recouvrent depuis ce jour leur liberté à la grande satisfaction de leurs avocats et de leurs familles respectifs.
Actualités 25 mai 2018

Dans le cadre de l’examen de la septième affaire, la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey s’est penchée, ce jeudi 24 mai, sur le cas de Valentin M. Gbètin, 48 ans, poursuivi pour viol sur mineure. Il a été condamné à 7 ans de réclusion criminelle.
Après avoir examiné à huis clos le dossier de viol sur mineure, la cour a condamné l’accusé Valentin M. Gbètin à 7 ans de réclusion criminelle pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de 10 ans. Une infraction prévue et punie la loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes et surtout sanctionnée par le Code pénal en ses articles 2, 332, 52, 51, de 826 à 833 et 249. Mis sous mandat de dépôt le 16 février 2015, Valentin M. Gbètin, cultivateur et conducteur de Zémidjan, est retourné en prison pour continuer de purger sa peine.
Les faits se sont déroulés à Zongo, commune de Glazoué. C’était au mois de juin 2012. La nommée G. B., âgée de 12 ans, vendeuse de friperie, a été apostrophée par Valentin M. Gbètin qui lui faisait comprendre qu'il voulait acheter des habits. Par cet alibi, il l'a invitée dans sa chambre, a fermé la porte, l'a projetée violemment au sol, avant de tenir de force des rapports sexuels avec elle. Devant le gendarme enquêteur et le juge d’instruction, il avoue : « Je voyais passer une fillette revendeuse de friperie. Je l’ai hélée comme si je voulais acheter chez elle. Elle était donc venue et je l’ai fait rentrer dans ma chambre. Je me suis mis à la courtiser pour tenir des rapports sexuels avec elle, mais elle a opposé un refus catégorique. C’est alors que j’ai recouru à la force pour la faire coucher. C’est ainsi qu’après l’avoir maîtrisée, j’ai pu tenir des rapports sexuels avec elle. Puis, à la fin, avant de la laisser partir, je lui ai donné cinq cents francs »
Le bulletin numéro du casier judiciaire de l'accusé ne porte mention d'aucune condamnation. Et, l'expertise médico-psychologique révèle qu’il ne présente pas, au moment des faits, des anomalies mentales, psychologiques ou psychiatriques.
Présent à la barre ce jeudi, Valentin M. Gbètin, marié et père de quatre enfants dont deux vivants, a sans la moindre hésitation reconnu le chef d’accusation comme aux étapes précédentes de la procédure.
Il a été défendu par Me Sylvestre Agbo face à l’avocat général, Ousmane Alédji qui a demandé à la cour de le condamner à 10 ans de réclusion criminelle.
La cour se retire et délibère. Elle condamne l’accusé Valentin M. Gbètin à 7 ans de réclusion criminelle?
Composition de la Cour
Président : Evariste Akounna
Assesseurs : Nicodème Vigan et Martial Cbaguidi
Jurés : Prosper Zinsou Tossou, Albert Guèdègbé, Victoire D. Agbémahoué, Ernestine Tonoukouin
Ministère public : Ousmane Alédji
Greffier : Olga Houéto Aloukou
Plantation de palmiers à Grand HInvi[/caption]Après dix ans de crise, l’espoir renaît dans les Coopératives d’aménagement rural (Car) Grand Agonvy. La preuve en a été donnée, ce mercredi 23 mai, avec le lancement officiel de la campagne de mise en terre de jeunes plants de palmier à huile, sous l’égide du comité paritaire transitoire en charge de cette union régionale des Car sur le site d’Akpadanou dans la commune d’Adjohoun.
90 000 jeunes plants de palmier à huile sélectionnés ont été prévus pour être replantés sur les dix-sept Coopératives d’aménagement rural Grand Agonvy. La campagne de replantation a été officiellement lancée, ce mercredi 23 mai, sur le site de la Car d’Akpadonou dans la commune d’Adjohoun en présence de tous les acteurs concernés. C’est une initiative du comité paritaire transitoire mis sur pied pour gérer cette Urcar après dix années de crise. Ce comité présidé par Paul Zoumènou entend relancer désormais la filière palmier à huile sur toutes les Car Grand Agonvy.
La campagne a symboliquement été lancée sur le périmètre d’Akpadanou où il est prévu la replantation de 787 hectares de plantules de palmier à huile. La délégation officielle a fait le même exercice sur le site de la Car d’Atchonsa dans la commune de Bonou. Ici, il est projeté la mise en terre de centaines de jeunes plants de palmier à huile sur une superficie de 581 hectares. La même opération est prévue pour se poursuivre dans les autres Car Grand Agonvy notamment d’Affamè, d’Atan-Ouingnan, Aguidi, Fonly-Djébou, Logou-Djidagba, Hounviguè, Ikpédjilé-Ibadja et Obèkè-Ouèrè.
Une pépinière de jeunes plants de palmier à huile est déjà disponible et permettra de couvrir plus de 600 hectares de palmier à huile. Une superficie de 6107,5 ha de champ est prévue pour être replantée à terme, informe le directeur exécutif de l’Urcar Grand Agonvy, Anatole Mègninou Adjaka. Il précise que cette replantation va se faire de manière progressive pour que d’ici 10 ans les dix-sept Car qui composent l’Urcar Grand Agonvy présentent leur aspect normal et attrayant d’avant l’avènement de la crise en 2007. Puisque depuis ce temps, il n’y a eu plus jamais de replantation. Les palmiers à huile abattus ne sont pas replantés. Le président du comité paritaire de l’Urcar Grand Agonvy, Paul Zoumènou, garde un très mauvais souvenir de cette crise. Laquelle crise qui l’a conduit en prison tout comme la plupart des autres membres du comité de transition. Selon lui, les dix ans de crise étaient une véritable traversée du désert, des moments très douloureux. Cette période a été marquée par la non organisation des assemblées générales électives, rendant ainsi impossible le compte-rendu de gestion et surtout le versement des droits de location de terre aux coopératives. Les travaux d’entretien notamment d’élagage et de sarclage des coopératives n’ont pu avoir également lieu du fait de la crise. Il a été relevé l’abattage de milliers d’hectares de palmeraies sans aucune politique de replantation. Les sièges des bureaux des Car ont été totalement délabrés et réduits en poussière, relève Paul Zoumènou.
Lueur d’espoir
Tous les protagonistes de la crise se sont regardés en chiens de faïence de 2007 à 2017 où une lueur d’espoir a commencé par se profiler à l’horizon, se réjouit le président du comité paritaire de l’Urcar Grand Agonvy. A l’en croire, il y a maintenant des raisons d’espérer avec la forte implication du procureur de la République près le tribunal de première instance de deuxième classe de Pobé et du préfet du Plateau. La médiation surtout de ces deux personnalités a permis de mettre fin à la pagaille et de sonner le glas de la crise avec la mise en place d’un comité paritaire transitoire composé des représentants des deux ailes protagonistes, explique-t-il. Paul Zoumènou note que, depuis lors, il y a un retour à la normale de la situation avec le paiement régulier des coopérateurs, le règlement systématique des mains d’œuvres et autres activités d’entretien des palmeraies ainsi que la réhabilitation progressive du patrimoine de l’Urcar Grand Agonvy. Le président Paul Zoumènou et les siens saluent l’ouverture d’esprit du président Patrice Talon qui a donné les instructions nécessaires pour la résolution de la crise. Les différentes tendances décident d’enterrer la hache de guerre et de fédérer leurs énergies pour la renaissance de cette filière et par ricochet apporter leur grain de sel pour la réussite du Programme d’action du gouvernement (Pag), volet palmier à huile. Tous les autres acteurs de la filière notamment paysans et propriétaires se sont succédé au pupitre pour appuyer les témoignages du président du comité paritaire de transition. La joie se lisait sur les visages de tous les acteurs, hier, lors de la cérémonie de lancement de la campagne de replantation des palmiers à huile sur les sites d’Akpadanou et d’Atchonsa.
Actualités 24 mai 2018