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Nouvelles


Révolution dans le secteur des transports: M Auto pour une mobilité électrique de qualité
Depuis son implantation en mai 2022, l’entreprise M Auto se distingue par ses motos électriques mises sur le marché béninois. Une véritable révolution en termes d’avantages et de qualité que les responsables du groupe ont eu à présenter à la presse à l’occasion d’une rencontre, vendredi 23 septembre dernier à Cotonou. Trois mois seulement après son installation au Bénin, M Auto fait florès. La marque de moto électrique est adoptée par les usagers de la route. «C’est un grand plaisir pour moi d’annoncer que trois mois après ici en Afrique de l’Ouest, nous sommes déjà la grande plateforme de mobilité électrique sur le continent », se réjouit, Shègun Adjadi Bakari, directeur général de M Auto. Face à la presse, le patron de cette entreprise en passe de devenir la première à fabriquer des motos électriques et des batteries en Afrique, se veut très optimiste par rapport au développement de la plateforme et la qualité de ses produits. Si de tout temps il a été reproché à l'Afrique de l’Ouest de faire la copie de ce qui se fait en Afrique de l’Est, parce que anglophone et plus ouverte sur le monde étranger en matière d’innovations, le directeur général a des raisons de croire en un lendemain meilleur avec M Auto. « Pour une fois, nous devons tous être fiers de dire que cette révolution électrique que nous voulons sur le continent africain part d’ici en Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Ouest, nous sommes déjà la plus grande plateforme de mobilité électrique du continent africain avec plus de 2 000 véhicules qui circulent tous les jours entre Cotonou et Lomé. Et je puis déjà vous dire qu’entre début juin et aujourd’hui, nos véhicules ont déjà parcouru plus de 2,5 millions de kilomètres propres sans émission de carbone, sans émission de fumée, sans émission de particules, et c’est important », soutient-il. En pleine œuvre de construction de ses propres usines de fabrication et d’assemblage au Bénin et au Togo, M Auto offre une mobilité électrique d’une qualité optimale et à moindre coût. Ce qui en fait une bonne affaire aussi bien pour les consommateurs que les Etats qui voient à travers cette plateforme, la possibilité de disposer d’emplois pour les jeunes. Il est en effet projeté la création de plus de 3000 emplois au Bénin et au Togo dès l’opérationnalisation des usines en construction, éclaire Dominique Nkurunziza, directeur marketing et communication du groupe M Auto. De ces usines il est attendu la fabrication de 1000 motos électriques par jour. Entreprise écocitoyenne Face au dérèglement climatique avec les inondations, la montée du niveau de la mer ainsi que toutes ces catastrophes naturelles qui touchent directement le continent africain, M Auto reste une solution du fait qu’elle offre plus d’avantages qu’une moto thermique. L’entreprise s’engage à assurer la transition énergétique et à s’approvisionner en énergies renouvelables à au moins 95 % dans l’ensemble de ses activités, de la fabrication à la recharge des batteries. La mobilité électrique abordable a un rôle majeur à jouer dans la réduction des émissions de carbone en Afrique. « C’est un engagement et une promesse et l’engagement que nous prenions est que dans les mois qui viennent, tous ceux qui passeront à la mobilité électrique auront un plaisir plus accrû que ceux qui sont à mobilité non électrique», indique Shègun Adjadi Bakari. Que ce soient les modèles Chap Chap, M Electric ou Commando, les motos M Auto bénéficient d’une meilleure qualité à un coût inférieur par rapport à une moto thermique. A en croire le directeur marketing et communication, la technologie de batterie de M Auto et les stations d’échange de batteries sont non seulement sûres mais très efficaces, permettant aux conducteurs de parcourir 200 km par jour en faisant deux échanges de batterie. Par ailleurs, il convient de noter, à l’issue des échanges, que les coûts à vie des motos électriques sont inférieurs à ceux des motos thermiques. M Auto couvre, par exemple, les coûts de la batterie, y compris la réparation, la recharge et l’échange d’infrastructures et le recyclage. Depuis son implantation, M Auto a prouvé avec succès que son modèle d’infrastructure de technologie, de financement et de recharge fonctionne sur le sous-continent, l’un des plus grands marchés de motos au monde. Elle offre une meilleure expérience de conduite et réduit les obstacles au départ, avec comme priorité absolue la sécurité. La mobilité électrique abordable de M Auto donne aux personnes à faible revenu la possibilité de payer au fur et à mesure ou de devenir propriétaire avec de faibles barrières à l’entrée. Elle reste une entreprise à impacts multiples qui génère des rendements positifs aussi bien pour les investisseurs, les clients que le développement durable? Société 26 sept. 2022


L'éditoriale de Paul AMOUSSOU: Les groupies
  Un adage béninois indique qu’il faut se préoccuper de là où l’on a trébuché plutôt que de son point de chute. Cette sagesse, il faut la recommander à tous les Africains qui, actuellement, se repaissent des discours des putschistes, surtout maliens, qui flattent l’esprit panafricaniste. Un attrape gogo en vérité. Le spécialiste du genre du moment reste le premier ministre malien, qui vient encore de sévir à la dernière assemblée générale des Nations unies, avec en point de mire la France, tête de Turc favorite une fois encore vouée aux gémonies. Et pour de mauvaises raisons. Ce qui fait de l’ex-puissance coloniale un parfait bouc-émissaire pour ce régime militaire illégal et illégitime qui, ce faisant, espère dissimuler la réalité factuelle derrière un épais écran de fumée ! Mais sublimer l’esprit panafricain ne suffira pas à occulter le fait intangible que désapprouvent les instances sous-régionales et internationales, à savoir que les militaires ont pris au Mali comme au Burkina ou encore en Guinée le pouvoir et n’entendent pas le céder après une brève transition. A cela il faut ajouter les inconduites et légèretés des dirigeants maliens qui ont conduit le Mali dans la situation, difficile, dans laquelle il est actuellement. Tenter de faire oublier aujourd’hui les inconduites des présidents Amadou Toumani Touré et Ibrahim Boubacar Keita par des discours fleuve pourfendeurs de la France, ne servirait qu’un moment la cause de la junte malienne et ne fait pas perdre de vue aux Maliens leurs attentes, des solutions sécuritaires et celles liées à la demande sociale. Ce sont là les vrais enjeux et non pas les enfumages verbeux d’un premier ministre qui brille dans cet exercice plus que par les solutions qu’il apporte aux problèmes d’un pays, le Mali en butte à des difficultés immenses. Et dont personne d’autre n’est responsable que ses dirigeants. Pour le reste, le développement, l’indépendance, le détachement des puissances occidentales auquel aspirent légitimement les panafricanistes, thèmes sur lesquels surfent par opportunisme les putschistes qui s’accrochent au pouvoir en Afrique de l’ouest, ne s’obtiennent pas à coups d’engueulades, de discours certes éloquents mais discourtois à bien des égards. Mais grâce à une gouvernance intelligente, à des actions structurées et conséquentes à la tête des Etats. Et l’on sait d’ailleurs, depuis Lumumba à Goita, de Sékou Touré à Sankara, qu’il faut prendre garde aux gueules de bois concomitantes aux élans faussement révolutionnaires, aux lendemains qui déchantent...Mais de cela, il ne faut pas le dire aux fanatiques du discours prétendument panafricanistes, qui réagissent tels des groupies d’une secte sous l’emprise de quelque gourou... Actualités 26 sept. 2022


Transhumance politique: Les explications de Wilfried Léandre Houngbédji
L’épineuse question de la transhumance politique n’a pas été occultée lors du point de presse de Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement, vendredi dernier. Le secrétaire général adjoint du gouvernement a indiqué qu’elle n’éprouve pas la réforme du système partisan. Le constat est alarmant. Ces derniers jours, si ce ne sont des membres du Bloc républicain (Br) qui quittent cette formation politique pour rejoindre l’Union progressiste le renouveau (Upr), ce sont des membres des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui démissionnent pour adhérer au Bloc républicain. Une ambiance caractéristique de la période préélectorale mais qui intervient au lendemain de la réforme du système partisan censé assainir le paysage politique national. Seulement, ces nombreux mouvements d’acteurs politiques n’éprouvent pas la réforme du système partisan opérée par le gouvernement et qui a consacré l’avènement d’une nouvelle Constitution, d’une nouvelle charte des partis politiques, d’un nouveau code électoral, etc. Pour être plus précis, la réforme du système partisan n’avait pas pour objectif de mettre fin à la transhumance politique. C’est l’explication donnée, vendredi dernier, par Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement. « Les démissions qui s’observent d’un parti à un autre ne mettent pas en péril la réforme du système partisan », informe-t-il. Elles participent assurément de la vitalité de la démocratie et de la liberté d’opinion de chaque citoyen comme le prescrivent les textes en vigueur. Allusion ainsi faite à l’article 11 de la loi 2018-23 du 17 septembre 2018 qui dispose que « tout citoyen jouissant de ses droits civils et politiques, est libre d’être membre fondateur ou d’adhérer au parti politique de son choix. Il est tout aussi libre d’en démissionner ». A en croire le porte-parole, « il faut noter que ce que nous appelons communément transhumance politique est une problématique qui pourrait peut-être demain trouver d’autres solutions ». Précisons que par le passé, les députés avaient tenté de mettre fin à la transhumance politique ou de l’encadrer avec fermeté. Mais une décision de la Cour constitutionnelle leur en a dénié le droit. En effet, lors du vote de la première charte des partis politiques, certains députés avaient inséré une disposition qui met fin aux mouvements intempestifs d’élus entre partis politiques. Mais par la décision Dcc 02-083 du 27 août 2001, la haute juridiction avait jugé que l’article concerné était contraire à la Constitution. Ledit article stipulait que « Tout élu à un mandat représentatif sous la bannière d’un parti politique qui vient à en démissionner en cours de mandat pour quelque motif perd son siège au sein de l’institution concernée. Il est immédiatement remplacé par son suppléant »? Actualités 26 sept. 2022


Projet de loi suspendant les peines définitives de prisonniers: L’immixtion dans le judiciaire exclue
L’Exécutif ne fera pas immixtion dans les processus judiciaires à la faveur du vote du projet de loi nouvellement introduit à l’Assemblée nationale par le gouvernement. Wilfried Léandre Houngbédji a précisé les contours de cette initiative au cours d’une sortie médiatique, vendredi 23 septembre dernier. Le projet de loi introduit à l’Assemblée nationale et visant à conférer des pouvoirs au chef de l’Etat pour suspendre, suivant certaines conditions, les peines des condamnés pour des faits criminels ne constitue pas une immixtion de l’Exécutif dans le judiciaire. C’est ce qu’a expliqué, vendredi dernier, Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement. En réalité, fait-il savoir, l’immixtion serait effective si des compétences sont attribuées au président de la République pour qu’il intervienne directement dans le processus judiciaire alors que ce dernier n’aurait pas encore abouti à un verdict devenu définitif. Ce qui n’est pas le cas dans le contexte de l’actuel projet de loi, objet de polémique. « L’intervention du chef de l’Etat projetée vient beaucoup plus en aval, c’est-à-dire que la justice a fini de faire son travail », indique le porte-parole du gouvernement. Il s’agira donc pour le premier magistrat de mettre fin au cours normal de l’exécution des décisions mais uniquement pour des raisons d’ordre « éminemment social et humanitaire ». Wilfried Léandre Houngbédji relève aussi que ce ne serait pas la première fois que l’arsenal juridique béninois permettrait au chef de l’Etat de mettre fin à des peines prononcées, de manière définitive, par des instances judiciaires. Il donne pour ce faire, l’exemple de la grâce présidentielle. En effet, selon l’article 60 de la Constitution béninoise, « le président de la République a le droit de grâce. Il exerce ce droit dans les conditions définies par l’article 130 ». Pour bénéficier de ce droit, il est nécessaire que la personne soit déjà condamnée mais surtout que la peine prononcée soit définitive. La loi fondamentale en son article 70 proscrit la délégation de cette compétence du chef de l’Etat qui s’exerce après avis du Conseil supérieur de la magistrature. Dans la pratique, c’est souvent à la faveur de la célébration de la fête nationale que la grâce présidentielle est accordée. En août dernier, c’est environ 400 détenus qui ont bénéficié de cette faveur du chef de l’Etat et ont rejoint leurs familles. Au nom du social Au cours du Conseil des ministres de ce mercredi 21 septembre 2022, il a été adopté le projet de décret transmettant à l’Assemblée nationale, le projet de loi portant modification et complément de la loi n°2018-14 du 18 mai 2018 portant code de procédure pénale en République du Bénin. La réforme proposée vise à conférer au président de la République, après avis conforme du Conseil supérieur de la Magistrature, le pouvoir d’ordonner la suspension de l’exécution de la peine lorsque celle-ci est justifiée pour des raisons sociales et humanitaires. Ainsi, aux termes du projet de loi, il est prévu que « les condamnés à une peine privative de liberté peuvent également et exceptionnellement bénéficier de la suspension de l’exécution de la peine lorsque, l’exécution entamée, il est établi à leur égard une conduite de nature à justifier la mesure, ou que celle-ci est dictée par les considérations d’ordre social et humanitaire significatives ». Le texte soumis à l’étude de l’Assemblée nationale précise que cette suspension est faite à la requête de la personne condamnée, pour une durée qui ne saurait excéder cinq années civiles, renouvelable une seule fois. En somme, aucune suspension de l’exécution de la peine ne saurait excéder 10 ans, mais lorsqu’après le renouvellement, la durée de 10 années est expirée, la suspension produit les effets d’une grâce présidentielle ». Par ailleurs, le texte précise que « lorsque le renouvellement n’est pas ordonné au terme de la première période de cinq années, l’exécution de la peine reprend son cours sur réquisition du procureur de la République près le tribunal du lieu d’exécution de la peine et selon les dispositions du code de procédure pénale ». Toutefois, « lorsque la peine prononcée est la réclusion ou la détention à perpétuité, la suspension de son exécution est exclue », précise le communiqué du Conseil des ministres? Actualités 26 sept. 2022


Bénin : Voici pourquoi l'Institut français change de nom et sera relogé
Situé à Avenue Jean-Paul II, entre l'ambassade de France et la présidence de la République, l’Institut français du Bénin sera bientôt relogé à Zongo. De plus, il change de nom et devient : Institut franco-béninois. Face à la presse, samedi 24 septembre dernier, le conseiller du chef de l'Etat, José Pliya, l’ambassadeur de France, Marc Vizy, ont évoqué les grandes composantes de ce nouveau partenariat entre leurs deux pays. « En aout 2022, quand ma prédécesseur était en fin de mission elle a été reçue par le président Patrice Talon qui lui a dit que le Bénin avait des projets urbanistiques pour cette zone. Il va y avoir la construction de la résidence officielle du chef de l’Etat qui sera non loin de la présidence afin qu’il puisse y recevoir des hôtes étrangers, faire des manifestations,… Et donc la proximité de la résidence d’un chef de l’Etat avec un établissement qui fait des scènes de spectacles parfois tardifs la nuit ou bruyants, est un peu compliquée. Le président Talon a dit à ma prédécesseur que ce serait bien d’envisager la relocation de l’If. Et depuis deux ans on réfléchit ensemble à quel pourrait être le lieu où on pourrait s’installer », explique Marc Vizy. Les réflexions étaient en cours quand la restitution des œuvres culturelles par la France a été faite dans un cadre bipartie qui a renforcé le partenariat et la confiance entre la France et le Bénin. Les deux pays se sont alors engagés à faire de belles choses ensemble pour l'attractivité du Tourisme béninois à travers plusieurs réalisations et activités à caractère culturel et artistique. C'est ainsi que récemment, les autorités béninoises en charge du Tourisme, de la Culture et des Arts ont proposé que l’Institut français devienne un Institut franco-béninois. Selon José Pliya, l'établissement sera une composante du Quartier culturel et créatif de Cotonou prévu pour être construit à Zongo sur un vaste domaine partant d'un ancien centre commercial en face du ministère du Cadre de vie jusqu'à la clôture de l'ex-Ocbn. Actualités 24 sept. 2022


Rentrée Universitaire : Le calendrier de la reprise des cours disponible
Les cours dans les instituts, écoles, universités publiques et privés vont reprendre le lundi 26 septembre 2022. Le ministère des Enseignements supérieurs et de la Recherche scientifique a publié ce jeudi 22 septembre, le calendrier officiel du déroulement des cours dans les établissements universitaires. Fin des vacances pour les étudiants dès lundi prochain. C’est ce qu’a annoncé Eléonore Ladikan Yayi, ministre des Enseignements supérieurs et de la Recherche scientifique à travers une note de service en date de ce jeudi 22 Septembre. Selon le calendrier officiel, la rentrée universitaire 2022 – 2023 démarre le lundi 26 septembre dans les universités publiques et privées du Bénin. Elle prend fin le vendredi 31 juillet 2022. Retrouvez ci-dessous le programme de toutes les activités académiques de l’année.   Actualités 23 sept. 2022


Chasse traditionnelle dans la Réserve de biosphère de la Pendjari : « Il y a une pression sur la biodiversité faunique », dixit Dr Daniel Sika Chabi Boni
La périphérie de la Réserve de biosphère de la Pendjari connaît une situation de déclin avec la forte pression des chasseurs traditionnels sur l’écosystème. Pour y remédier, docteur Daniel Sika Chabi Boni, spécialiste de la Faune/Aires protégées et ethnozoologie, chercheur associé au Laboratoire d’écologie de botanique et de biologie végétale (Leb) à l’Université de Parakou, propose des outils et approches qu’il expose dans cette interview. La Nation : Que peut-on retenir de la périphérie de la Réserve de biosphère de la Pendjari? Daniel Sika Chabi Boni : La périphérie de la Réserve de biosphère de la Pendjari regroupe tout l’espace qui part de la lisière de la réserve jusqu’à environ 100 km autour de la réserve. Dans cet espace, la chasse traditionnelle est une activité séculaire ancrée dans les habitudes des peuples qui y vivent. Elle est plus intense en période de saison sèche, mais en réalité elle s’étale sur toute l’année avec des variations de stratégie de prélèvement de la faune. La chasse est une source importante de protéines de qualité pour les peuples vivant autour de la réserve (81 % consomment la viande de brousse selon une étude de 2014), mais aussi une source de revenus, un moyen de lutte contre les déprédateurs de cultures, un support culturel et surtout un profond moyen de cohésion sociale. Une quarantaine d’espèces surtout de petite taille corporelle sont prélevées à l’aide de plusieurs techniques de chasse, dont la chasse aux gourdins avec des chiens, le piégeage et les fusils artisanaux. Dans l’une de vos recherches, vous avez présenté un certain nombre d’outils pour une chasse durable et structurée dans la réserve. Comment les concilier aujourd’hui ? Le thème de la recherche est intitulé : « Pratiques de chasse traditionnelle et conservation de la faune dans la périphérie de la Réserve de biosphère de la Pendjari (Bénin) ». L’objectif poursuivi était d’évaluer la diversité des espèces de faune, l’emplacement des chasseurs à la réserve et leurs connaissances écologiques endogènes afin de promouvoir les bonnes pratiques de chasse qui garantissent la conservation de la biodiversité faunique. Nous sommes conscients qu’avec les changements globaux de notre monde actuel, concilier les pratiques de chasse traditionnelle et la conservation de la faune autour des aires protégées reste un défi pour les conservateurs. Aussi, sommes-nous conscients que les prélèvements non contrôlés vont entraîner une réduction drastique de la biodiversité faunique. De plus, nous soutenons que toutes les questions liées à la compréhension du mécanisme par lequel cette biodiversité faunique est en train de s’éroder auront besoin des outils pour arriver à des conclusions solides. Ces outils, ce sont des théories et hypothèses formulées dans ce domaine. Un exemple de théorie développée et soutenue pendant plusieurs décennies est la théorie des Îles biogéographiques qui suggère que lorsqu’un écosystème est en train d’être réduit dans sa surface, la diversité sera grande et cela va augmenter l’isolement, c’est-à-dire la distance entre les îlots et avoir des conséquences au niveau de l’immigration. Ça, c’est la théorie dans sa globalité. Mais du point de vue spécifique, il y a de petites théories qui viennent supporter cette grande théorie. Par exemple, la théorie de l’urbanisation qui suggère que plus vous êtes développé en termes d’urbanisation, plus vous perdez les connaissances liées à l’utilisation des produits forestiers non ligneux comme des espèces de faune et des produits de la brousse, donc vos relations avec la nature en prennent un coup. Mais aussi d’autres théories comme la théorie de la dynamique sources-puits (Pulliam, 1988), la théorie des stratégies démographiques de reproduction (Mac-Arthur et Wilson, 1967) et la théorie de la recherche de nourriture optimale restent autant d’outils pour la maîtrise de la dispersion et la biologie des espèces, ainsi que les facteurs qui influencent la motivation des chasseurs traditionnels. Quel regard portez-vous sur la pratique de chasse traditionnelle dans la périphérie de la réserve ? La chasse traditionnelle ou chasse de subsistance ou encore chasse à la battue, est une vieille pratique de prélèvement de faune ancrée dans la culture des communautés rurales dans la périphérie de la réserve. Elle revêt bien souvent un caractère rituel et puise son fondement de certains tabous. Elle est pratiquée pour la subsistance ou consommation de la population avec des outils rudimentaires et archaïques et prélève des espèces de petite taille corporelle. En dehors du caractère alimentaire de la chasse traditionnelle dans cette région, elle se pratique pour protéger les champs de cultures, à des fins médicinales et thérapeutiques et même pour augmenter des revenus. Dans cet espace périphérique de la Réserve de biosphère de la Pendjari, la chasse traditionnelle représente les pratiques de poursuite et de prélèvement du gibier, organisées et entretenues de façon saisonnière, suivant des règles et codes locaux oraux hérités des ascendants chasseurs, par les populations humaines dans leurs terroirs ancestraux pour diverses finalités. Au niveau de toutes ces finalités, les objectifs sportifs, de subsistance alimentaire et nutritionnelle, de cohésion sociale et de maintien des valeurs culturelles et traditionnelles, de vente ou d’échange de gibiers ou d’organes, liés aux espèces de faune et leurs habitats sont clairement affichés. Pourrait-on un jour parvenir à encadrer ce type de chasse pour préserver les espèces pour les générations futures? Comme vous le constatez, ce type de chasse est organisé avec les associations de chasseurs sur la base des règles et codes locaux oraux hérités des ascendants chasseurs. Il est vrai qu’on note des problèmes liés à quelques individus membres des associations des chasseurs notamment les pratiques de feux de brousse en désordre, les abattages des espèces domestiques comme les pintades des élevages, le vol des récoltes… Mais ce n’est pas pour ces raisons qu’il faut tirer à boulets rouges sur cette chasse traditionnelle. Il faut juste renforcer, dynamiser et former les chasseurs aux prélèvements durables, c’est-à-dire des prélèvements qui respectent les normes environnementales. Les chasseurs traditionnels eux-mêmes sont conscients qu’il leur faut des encadrements pour mieux maîtriser la législation sur la faune, les techniques de prélèvements durables et la dynamisation de leur association. Y a-t-il une pression sur la réserve au point de s'inquiéter pour la survie des espèces ? Pour le moment, les espèces juvéniles, subadultes et adultes, mâles comme femelles sont prélevées sans discernement. Cette chasse est donc non sélective et incontrôlée, prélevant les espèces autrefois interdites par les us, tabous, coutumes et totems. De ce point de vue, il y a une pression sur la biodiversité faunique. Cette pression augmente avec la croissance démographique dans cet espace. Comment vos travaux de recherches peuvent-ils accompagner les politiques actuelles pour remédier au prélèvement abusif des espèces dans la réserve ? Notre travail montre que dans la périphérie de la Réserve de biosphère de la Pendjari, la chasse est une activité courante très importante pour les communautés locales. Elle leur procure de la viande de brousse pour la consommation, des trophées et organes des espèces de faune pour la pharmacopée et la médecine traditionnelle, mais également des revenus monétaires issus de la commercialisation des produits de chasse. Malheureusement, cette chasse ne résiste pas à la critique, car non sélective et incontrôlée. Il faut donc utiliser les outils proposés qui permettent de mieux connaître la faune et sa biologie, les modes de dispersion de la faune et prendre en compte la distance de la lisière de la réserve à l’emplacement des chasseurs. La bonne connaissance des chasseurs et leurs diverses motivations resteront un atout pour des prélèvements durables. Quelles sont les solutions envisageables pour une cohabitation pacifique entre conservateurs et chasseurs autochtones ? Dans cet espace, chacun joue son rôle. Pour les gestionnaires des réserves de faune, les pratiques de chasse autour de ces aires ne les mettent pas à l’aise et pour plusieurs raisons. Les gestionnaires pensent que les pratiques de chasse en périphérie des aires protégées sont incompatibles avec les activités de conservation. Pour eux, les prélèvements de faune limitent les capacités de dispersion des métapopulations. Cet état de choses ne permettrait pas à la réserve d’assurer pleinement la protection des reproducteurs… Cependant, les activités de chasse traditionnelle qui se poursuivent sont sans doute entretenues par plusieurs facteurs, dont les aspects culturels d’abord. C’est pourquoi, cette thèse propose diverses approches pouvant concilier la durabilité des prélèvements contrôlés de gibiers par les populations autochtones et la conservation de la biodiversité faunique dans la périphérie de la Réserve. Elle propose de rapprocher la faune de la population locale en créant des réserves communautaires au niveau de toutes les communes des territoires adjacents à la réserve où le renforcement du suivi des espèces, de l’encadrement et de la formation des chasseurs villageois aux prélèvements durables sera une réalité. Ainsi, chaque commune riveraine aura sa réserve avec son comité de gestion et organisera toutes les activités autour de la faune notamment le tourisme de vision, la formation aux pratiques de prélèvements durables, les campagnes de chasse culturelle et l’éducation environnementale des plus jeunes dans ces réserves communautaires. Les populations locales seront les « gardiens » de cette faune qui appartient à tout le monde. Les réserves communautaires d’exploitation contrôlée des ressources naturelles créées seront dotées de corridors fauniques et de mécanismes favorisant la dynamique source-puits, pour permettre une chasse traditionnelle durable. Les initiatives de prélèvements contrôlés et de conservation du gibier, fondées sur le modèle de Gestion axée sur les méthodes économiques de conservation coutumière de la faune (Gamec/ Faune) dans chaque commune périphérique en seront une approche satisfaisante. Société 23 sept. 2022


L’éditorial de Paul AMOUSSOU: L’État-lard
L’Etat serait comme un gros lard sur lequel chacun entend prélever sa part. Vérité martelée alors en boutade, mais le plus sérieusement, en langue fon par le président Talon face à un auditoire hilare et n’en pouvant plus de retenir sa rigolade. Si d’ordinaire c’est le bouffon qui trolle le roi pour mieux lui asséner des vérités, se faisant l’écho de la Vox populi, cette fois-là, ce fut un renversement de valeur incroyable, car c’est le roi qui se livre à une satire du peuple pour mieux lui dire ses vérités et surtout mieux lui faire comprendre pourquoi les us et pratiques dolosives doivent changer désormais. Et faire place aux vertus républicaines. C’est quasiment anecdotique de le dire, car de penser que l’État est un buffet reste encore un état de fait largement partagé au sein du fonctionnariat béninois et même de la société. Et partant, on attend tout de l’État que l’on cultive le vice à voler, de l’aménagement des rues à leur entretien y compris leur simple balayage. Une grosse connerie que les militaires sous l’ère de la Révolution ont tenté de corriger par les fameuses campagnes de salubrité publiques, qui avaient à tout le moins le chic de favoriser un vivre-ensemble dans les quartiers urbains et communautés rurales, sur un fond patriotard qui avait aussi son chic ou paraît agaçant selon que l’on y adhère ou pas. Mais qu’importe, car la mise en synergie des forces locales pour la salubrité participe aussi au principe du pollueur payeur et surtout à forger les âmes à l’union pour ‘’ construire sans relâche ‘’ selon l’exhortation de l’hymne national. Ce coup de fouet patriotard, à tout le moins écologique ou d’assainissement ne serait pas de trop aujourd’hui encore et a besoin même d’être sublimé, afin que chacun prenne sa part dans l’accomplissement de l’œuvre de développement au lieu que l’on pense à prendre sa part du bifteck étatique suivant cette considération absurde et aliénante qui n’a que trop gangrené les esprits au Bénin. Complètement contreproductive, cette approche forge en effet un mauvais état d’esprit qui n’est pas sans desservir l’œuvre d’édification du pays, et grever notre bien-être en général. Chose que différentes lois, ces dernières années contribuent à davantage nous faire prendre conscience. Au-delà de la législation, sans devoir engager un débat d’idéaux, il apparaît que les contours du Bénin dont nous voulons prennent ainsi forme l Actualités 23 sept. 2022


Valorisation des déchets solides et ménagers: Un projet d’usine de tri et de recyclage à Ahozon
Un projet de transformation des déchets solides en granulés pour la confection de sacs biodégradables et d’autres objets sera déployé à Ahozon, commune de Ouidah. Ce sera à travers une usine de production de polypropylène qui contribuera à préserver le cadre de vie et dynamiser l’économie locale. Une usine de production de polypropylène verra le jour à Ahozon, arrondissement de Pahou, commune de Ouidah, sur le site du projet de filature et textile de l’ex-Filtex-Bénin. Le projet de sa construction est porté par la Compagnie béninoise de production de polypropylène (Cbpp) qui a signé un contrat avec la Société de gestion des déchets solides et ménagers du Grand-Nokoué (Sgds-Gn). Il est question de produire de granulés pour répondre à la demande de plastiques au Bénin, en se fondant sur la valorisation du potentiel économique des déchets solides. Selon les prévisions, le projet contribuera à transformer 70 000 à 150 000 tonnes de déchets solides par an et à former des jeunes et des femmes des couches vulnérables aux métiers de transformation et de valorisation des déchets. L’objectif de production est de fabriquer une tonne de sachets biodégradables par jour. Pour ce faire, un centre de tri recevra les déchets issus des collectes auprès de la Sgds-Gn, et les déchets recyclables (papier, carton, emballage) feront l’objet d’une collecte séparée à l’intérieur du centre. Un centre de transfert sera aménagé avec une capacité de 70 000 tonnes/an pour permettre de regrouper et acheminer les déchets. Différents types de sacs biodégradables seront produits pour répondre aux besoins des différents secteurs d’activité. En ce qui concerne la commercialisation, les produits fabriqués seront livrés aux grossistes et semi-grossistes. Une fois en contact avec les consommateurs, l’entreprise appuiera la gestion et la transformation des déchets en compost. Pour le recyclage des emballages plastiques, les bouteilles et flacons en plastique, pots de yaourts, barquettes de légumes, sacs, sachets et films plastiques seront transformés en sièges auto pour enfant, arrosoirs, tuyaux, etc. Les granulés des bouteilles d’eau ou de liquide vaisselle pourront servir pour le rembourrage de nounours, de couettes et de sacs de couchage ou de nouveaux emballages plastiques. Ce recyclage présente plusieurs avantages, notamment la diminution de la pollution et les risques écologiques, la protection de l’environnement, des espèces animales en général et des espèces aquatiques en particulier, la préservation de la couche d’ozone. Depuis une cinquante d’années, le plastique qui est élaboré le plus souvent à partir du pétrole, a peu à peu remplacé le verre, le bois et le métal. Une tonne de plastique recyclé équivaut à 700 à 800 kg de pétrole brut économisé, selon l’organisme Eco-emballages. Environnement 23 sept. 2022


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