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Nouvelles

Assemblée générale ordinaire de la Fececam-Bénin: des efforts soutenus de réduction de l’exclusion financière enregistrés
Le réseau des Faîtières des caisses d’épargne et de crédit agricole mutuelle du Bénin (Fececam-Bénin) a tenu, jeudi 16 juin dernier à Parakou, sa 29e assemblée générale ordinaire, exercice clos au 31/12/2021. Des résolutions ont été prises à cette occasion. Grande était la mobilisation des délégués des 33 Clcam à l’assemblée générale ordinaire de Fececam-Bénin, jeudi 16 juin dernier, à Parakou. Instance suprême du réseau, ces assises ont permis de faire le compte rendu des activités de l’exercice 2021, puis de prendre un certain nombre de décisions et résolutions. C’est avec pour ambition de maintenir le cap, qu’il y a un peu plus d’un an, Clément Yadonta a pris la direction générale de l’institution. Selon lui, le pari est en train d’être gagné pour sa première année de mise en œuvre du plan d’affaires 2021-2025, comme en témoignent les indicateurs enregistrés. «Le nombre de sociétaires est passé de 1 193 857 en 2021 à 1 239 990. L’encours de crédits a atteint 70,6 milliards de francs Cfa contre 67,2 milliards au 31/12/2020, soit un accroissement de 8,23 % avec un pas amélioré qui s’est stabilisé au 31/12/2021 à 4,48 % contre 6,63 % en 2020», a indiqué le directeur général. « L’encours de dépôt est passé de 61,7 milliards en décembre 2020 à 65,2 milliards en 2021, soit un accroissement de 5,65 %. Le résultat net d’exploitation de combiné de réseau est passé de 1 585 663 347 à 2 622 113 204 F Cfa, soit un accroissement de 65,36 %. Enfin, le ratio de capitalisation est à 35,76 % au 31/12/2021 contre une norme de 15 %. Ce qui conforte la solidité financière de notre réseau », a-t-il poursuivi. Il a alors félicité tous ceux qui ont œuvré pour ces résultats. «Cette performance renforcée doit continuer dans le temps et s’exprimer à tous les niveaux, par la rigueur dans le travail bien fait », a averti Clément Yadonta. Parmi les défis à relever, il a annoncé la digitalisation des services du réseau, l’acquisition et le déploiement d’un nouveau système d’information et de gestion pour améliorer les offres de services. « Nous n’avons pas le choix. Nous sommes résolument engagés à mettre l’accent sur les nouveaux enjeux stratégiques liés à la mutation du système bancaire financier », a-t-il insisté. A sa suite, le président du Conseil d’administration, Innocent Fayalo, a indiqué que la Fecefcam-Bénin poursuit son développement commencé depuis 45 ans, en impactant positivement les populations rurales et urbaines. Selon lui, l’exercice 2021 est marqué par trois faits majeurs. Il évoque le changement que la Fececam-Bénin a connu à la tête de sa direction générale, le module de classes entièrement équipé offert à la commune d’Akpro-Missérété, puis l’excédent de plus de 2,6 milliards francs enregistré. Il a alors invité les délégués à faire preuve de célérité et de responsabilité afin que la Fececam continue de rester le leader de la micro-finance au Bénin. Mission accomplie Rehaussant la cérémonie par sa présence, le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, a remercié la Fececam-Bénin et ses responsables pour l’honneur fait à Parakou pour abriter ces assises. « Point n’est besoin de revenir sur le rôle important que joue la Fececam-Bénin dans le développement rural à travers l’octroi de crédits agricoles aux ménages à capital initial insuffisant », a-t-il fait observer. Après l’adoption du procès-verbal de l’assemblée générale ordinaire du 18 juin 2021 tenue à Porto-Novo et du point de l’exécution des recommandations, les délégués ont examiné les rapports d’activités des organes. Ils ont également eu droit à la présentation des rapports du commissaire aux comptes. Les délégués ont aussi saisi l’occasion pour procéder à l’élection des nouveaux membres des différents organes. Les anciens en fin de mandat ont été remplacés. Ainsi, au niveau du Conseil d’administration de 9 membres élus parmi lesquels il fallait procéder à trois renouvellements et remplacer un membre en fin de mandat, c’est Gauthier Haoudou qui a pris la présidence. Il a remplacé Innocent Fayalo qui a pris la vice-présidence. De même, les meilleurs agents et les meilleures entités des Clcam et des directions techniques régionales ont été gratifiés. C’est pour le travail qu’ils ont abattu en 2021. Les élus en fin de mandat ont également reçu des présents. Mais avant, la Clcam Parakou a passé le témoin à son homologue d’Abomey qui accueillera l’année prochaine l’assemblée générale ordinaire. Pour clôturer les manifestations, un dîner de gala et d’hommage a été organisé à l’intention de 19 agents appelés à faire valoir leurs droits à la retraite, après de bons et loyaux services rendus à l’institution. En dehors des médailles, enveloppes financières et tableaux d’honneur, ils ont également reçu des cadeaux en nature. Société 20 juin 2022


Bilan de l’an 1 de Talon 2 / Ministère de la Fonction publique et du Travail: des réformes pour une administration efficace
  Lors de son passage sur l’émission « Gouvernement en action » pour le bilan du ministère de la Fonction publique et du Travail, la ministre Adidjatou Mathys a présenté les réformes et projets en cours d’exécution pour renforcer l’efficacité de l’administration publique pour des prestations de qualité aux usagers. Les premiers résultats du second mandat de Patrice Talon dans le secteur de la fonction publique et du travail tirent leur source des acquis du premier quinquennat. Entre autres, il y a la dématérialisation de la gestion de la carrière des agents de l’Etat, la mise en ligne des actes de carrière et la possibilité de leur téléchargement par les bénéficiaires, la mise en place d’un système transparent et équitable de l’organisation des concours d’entrée dans la fonction publique. L’instauration d’un système automatique de remise des carnets de pension, le réaménagement des horaires de travail dans l’administration publique, l’organisation de la troisième édition des élections professionnelles, la modernisation de l’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale, etc. font aussi partie des acquis. Forte de ce bilan, la ministre Adidjatou Mathys peut développer ce qui est déjà fait sur les cinq réformes et deux projets inscrits dans le Programme d’action du gouvernement 2021–2026 (Pag 2). Au cours de ce mandat, le gouvernement a poursuivi la dématérialisation des services publics afin de rendre fluides les relations entre l’administration publique et les usagers. Déjà, les centres communaux de service public sont installés au niveau de 15 communes à savoir Kandi, Malanville, Tanguiéta, Péhunco, Allada, Ouidah, Nikki, Bembéréké, Dassa-Zoumè, Aplahoué, Bassila, Covè, Djidja, Pobè et Adjohoun. « C’est un dispositif qui comporte une borne tactile avec un accès Wifi de longue portée, alimenté par l’énergie solaire photovoltaïque. Il aide les usagers à avoir accès aux services sollicités », a expliqué la ministre. Cet élan ne s’arrêtera pas. Toutes les communes seront dotées progressivement de ce dispositif. C’est une manière pour l’administration publique de se rapprocher des usagers. Autres acquis L’autre réforme qui se poursuit au niveau du ministère de la Fonction publique et du Travail, c’est l’amélioration de la gestion des carrières des agents de l’Etat et la remise automatique des carnets de pension aux personnes admises à faire valoir leur droit à la retraite. Elle se traduit par la mise en place d’un système intégré qui regroupe tous les gestionnaires des ressources humaines. « Au titre du Pag 2, nous avons déployé le cyber H dans la quasi-totalité des départements ministériels et des institutions de l’Etat. Ce qui permet aux gestionnaires des ressources de gérer les carrières des agents sans se déplacer », informe la ministre. De plus, grâce à la coordination des régimes de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et du Fonds national de retraite et rentes viagères (Fnrv), des personnes autrefois abandonnées sont désormais bénéficiaires de pension de retraite. La correction d’une injustice qui, selon la ministre, relève du « hautement social ». Léontine Idohou, une des bénéficiaires de cette action, manque de mots pour exprimer sa satisfaction. « Je déborde de joie. Je remercie tous les acteurs qui ont travaillé sur la chaîne pour que cela soit une réalité », a-t-elle déclaré dans un élément audiovisuel diffusé lors de l’émission. Cette satisfaction, les pensionnés de la Cnss l’auront aussi dans quelques semaines. Les dispositions sont en train d’être prises pour qu’à leur admission à la retraite, ils puissent aussitôt commencer à toucher leurs pensions. Les réformes sont multiples et multiformes au niveau du ministère que dirige Adidjatou Mathys. Chacune d’elles présente ses spécificités mais elles convergent toutes vers l’amélioration des prestations aux usagers. C’est le cas de la mise en place de mesures visant à préparer les cadres à assumer de hautes fonctions sur les plans national et international, du renforcement de la lutte contre la corruption, de la réorganisation de la fonction publique, de la réforme du mode des prestations de l’administration publique, etc. Actualités 20 juin 2022


Décentralisation : Les membres de la Cellule de suivi des communes nommés
  Les jours s’annoncent davantage beaux pour les communes béninoises. Au lendemain de la prise des décrets d’application du Code de l’administration territoriale, une autre structure est installée pour mieux veiller au bon fonctionnement des collectivités territoriales. Il s’agit de la Cellule de suivi et de contrôle de la gestion des communes. Ses membres ont été nommés lors du Conseil des ministres de ce mercredi 15 juin. C’est Aminou Adjélé Mamam, ancien directeur national du Contrôle des marchés publics, qui est choisi par le gouvernement pour diriger cette cellule qui veillera de manière particulière à la bonne gouvernance dans les communes. Dans ses fonctions, il aura pour adjoint Assogba Zacharie Gbodjeydo. Cyrielle Ahouandogbo Perrot, Micaël Bassabi Djarra, Landry Hinnou et Joïce Mèdéssè Agonsanou sont les autres membres de cette nouvelle structure installée à la présidence de la République et qui veillera au bon fonctionnement des communes pour un développement harmonieux.   Actualités 17 juin 2022


Rappels sur salaires aux APE: plus de 88,44 milliards déjà payés, voici les modalités
  Engagés à payer aux agents de l'État leurs arriérés de salaires, le gouvernement a mis en place des mesures spécifiques qui font leurs preuves avec le payement, à la date du 31 décembre 2021, de plus de 88,44 milliards de FCFA. A travers un communiqué en date du 15 juin 2022, le ministère de l'Economie et des Finances rappelle aux agents permanents de l'Etat en activité, les modalités de payement. Lire ci-dessous le communiqué COMMUNIQUE DE PRESSE MODALITES DE PAIEMENT DES RAPPELS SUR SALAIRES AUX AGENTS DE L'ETAT EN ACTIVITE Depuis avril 2016, le Gouvernement du Président Patrice TALON fait un effort substantiel en vue de l'apurement des rappels sur salaires des agents de l'état. Au 31 décembre 2021, les mesures spécifiques prises ont permis d'apurer une somme de 88 442 530 831 FCFA de stock d'arriérés salariaux constitués suite au retard observé dans le processus de traitement des glissements catégoriels ainsi que des primes et indemnités. Avec l'accélération des réformes de dématérialisation dans la gestion des carrières des agents publics, le flux de rappels reçus chaque mois s'accroit. Ces rappels sont essentiellement constitués des moins perçus consécutifs au décalage entre les dates d'effet et celles d'entrée en jouissance des actes de carrières des bénéficiaires. Le Trésor public s'emploie à les apurer progressivement lors des paiements de salaires mensuels. Le Ministère de l'Economie et des Finances tient à rappeler les règles actuelles de gestion pour le paiement des rappels sur salaire des agents de l'Etat : ■ la libération progressive du stock de rappels en attente, suivant le principe First In - First Out (FIFO) » ; le paiement de l'intégralité du rappel au moment du constat du changement du salaire pour les actes liquidés à compter d'avril 2022. Ces règles de gestion mettent fin à toutes les formes d'interventions pour le paiement des rappels sur salaires, aux réseaux de trafic d'influence, chantage, de rançonnement et autres qu'il pourrait y avoir. Les services du ministère veillent au respect rigoureux de ces règles et invitent les usagers à dénoncer d'éventuelles pratiques non orthodoxes. Fait à Cotonou, le 15 Juin 2022 Actualités 17 juin 2022


Epp Gori de Sèmarou: don d’un module de classes par la Fececam-Bénin
  La Fececam-Bénin a fait don d’un module de trois classes avec bureau du directeur et magasin entièrement équipés à l’Epp Gori de Sèmarou, dans la commune de Nikki, mercredi 15 juin dernier. Ce geste traduit sa volonté de contribuer au développement des communautés à la base, par l’affectation d’une partie de ses résultats excédentaires à la réalisation d’œuvres sociales. L’Epp Gori de Sèmarou, dans la commune de Nikki, fait désormais partie des établissements scolaires bénéficiaires des dons de la Fececam-Bénin. Elle s’est vu remettre, ce mercredi 15 juin, un module de trois classes avec bureau du directeur et magasin entièrement équipés par l’institution leader de la microfinance au Bénin. Appréciant à sa juste valeur la construction du joyau d’un coût de 27 900 000 F Cfa, le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé qui présidait la cérémonie y a vu la preuve éloquente du souci de la Fececam-Bénin de contribuer à l’amélioration des conditions d’apprentissage et des résultats des enfants de l’Epp Gori de Sèmarou. « Ceci est d’autant plus important qu’aucun développement n’est possible sans l’éducation », a-t-il soutenu. Il a, par ailleurs, appelé à l’utilisation judicieuse du bâtiment et des équipements. Le préfet a également invité les populations à faire confiance à la Fececam-Bénin, en souscrivant à ses produits. Au nom des populations bénéficiaires, il a exprimé sa profonde gratitude aux responsables et agents de ladite institution. Le maire de Nikki, Roland Lafia Gounou abondera dans le même sens. Amélioration des conditions d’études Avant eux, c’est le président du Conseil d’administration de l’institution, Innocent Fayalo, qui a rappelé que la santé et l’éducation constituent le socle du développement. «Consciente de cela, la Fédération Fececam-Bénin, leader de la micro-finance au Bénin depuis 1977, s’est engagée à appuyer le développement socio-économique, en investissant dans ces secteurs», a-t-il expliqué. Quant au directeur de l’école, Polycarpe Worou, et au porte-parole des apprenants, Guéo Mama Moussirath, ils ont reconnu que la Fececam-Bénin est venue soulager leurs peines. Selon eux, elle a réglé le problème de pénurie de salles de classe auquel leur école était confrontée. Entre autres activités, la Fececam-Bénin a opté depuis 2015 pour les œuvres sociales au profit des populations vulnérables urbaines et périurbaines. Outre les services financiers, elle leur offre également des services non financiers en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie, tout en assurant la pérennité du réseau. Elle a déjà investi un montant total de 142 173 795 F Cfa dans les œuvres sociales. Ainsi, au cours de ses assemblées générales de 2015 et 2016, elle a procédé à la remise de tables et bancs d’une valeur de 10 000 000 F Cfa à des écoles primaires publiques et collèges d’enseignement publics des départements du Zou, du Mono et du Couffo. En 2017, des équipements médicaux d’une valeur de 10 000 000 F Cfa ont été offerts au Chu-Mel de Cotonou, puis un module de deux classes entièrement équipées d’une valeur de 15 000 000 a été réalisé au profit du Ceg Madina de Kandi. Le Ceg Okétan, arrondissement de Gomé, commune de Glazoué, a bénéficié en 2019, d’un module de trois classes avec bureau du directeur et une salle des professeurs entièrement équipée d’un montant de 25 000 000 F Cfa. En 2020, ce fut au tour du Ceg Béréssingou, à Natitingou, de recevoir un module de trois classes plus bureau entièrement équipés pour un montant de 25 000 000 F Cfa. L’année dernière, c’est le Ceg Akpro-Missérété qui a été gratifié d’un module de trois classes plus bureau et magasin entièrement équipés d’une valeur de 27 500 000 F Cfa. En marge de la cérémonie de remise, il y a eu, dans l’après-midi de ce mercredi 15 juin, un match de football au Ceg Zongo de Parakou. A l’arrivée, c’est l’équipe de l’Association sportive de Fececam-Bénin qui a pris le meilleur (2-1) sur son homologue de Dimanche Fc de Parakou. Société 17 juin 2022


Gestion des déchets biomédicaux: un incinérateur et des équipements pour l’hôpital de zone de Dassa-Glazoué
  Un important lot d'équipements médico-techniques a été officiellement remis, mercredi 15 juin dernier, à la zone sanitaire Dassa-Glazoué. La cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte de cet hôpital en présence de Samuel Van Steirteghem, intervention-manager du projet Equité financé par l’Agence Française de développement (Afd) et mis en œuvre par Enabel et plusieurs responsables de la santé dans le département des Collines. Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines Le lot de matériels reçu est composé d’un incinérateur semi-électrique de type moderne avec abri de protection; d’équipements de gestion des déchets biomédicaux (sachets, boites de sécurité, poubelles, gants, pulvérisateur de solution chlorée …). A cela s’ajoutent deux tricycles entièrement couverts à l’arrière pour le transport sécurisé des déchets biomédicaux. Les deux tricycles permettront le transport en toute sécurité des déchets des formations sanitaires périphériques vers l’incinérateur installé à Dassa ; de 50 tablettes pour la gestion des plaintes et les enquêtes de satisfaction ; des armoires et matériels bureautiques. Selon Samuel Van Steirteghem, Intervention Manager du projet Equité, intègre le cadre du financement de 13,5 milliards de FCfa accordé par l’Agence française de développement (Afd) pour la mise en œuvre du projet «Ensemble pour une qualité des soins inclusive et transparente, orientée vers l’égalité genre ». D’où un incinérateur semi-électrique moderne est acquis au profit de l’hôpital de zone Dassa-Glazoué. Il a une capacité de 200 kg de déchets par jour. Samuel Van Steirteghem précise qu’à travers cet appui, l’Agence française de développement contribue à une meilleure gestion des déchets d’activités de soins à risque infectieux produits par l’hôpital de zone de Dassa-Glazoué et des formations sanitaires privées et publiques environnantes. Un financement de 92 500 000 Aussi, le fonctionnement de la plateforme nationale des utilisateurs des services de santé (Pnuss) est renforcé à travers l’octroi de 50 tablettes pour la gestion des plaintes et les enquêtes de satisfaction. Il en est de même pour les comités de gestion de santé (Coges) des zones sanitaires qui ont également bénéficié d’un appui à travers des matériels et fournitures de bureau. L’Agence française de dévelop-pement (Afd) a octroyé un financement de quatre-vingt-douze millions cinq cents mille pour soutenir l’amélioration de la gestion des déchets biomédicaux dans la zone sanitaire de Dassa-Zoumè-Glazoué et l’appui au fonctionnement de la Pnuss et des Coges. Mis en œuvre par l’Agence belge de développement (Enabel), ce financement apporte un soutien immédiat à la politique du gouvernement béninois en matière de santé. Cette contribution permet d’atteindre une partie essentielle du résultat dudit projet à savoir la promotion des services de santé promotionnels, préventifs et curatifs de qualité par rapport aux Maladies non transmissibles (Mnt) et les Soins obstétricaux et néonataux d’urgence (Sonu), tenant compte des besoins spécifiques des femmes et des adolescents et enfants des Collines avec une meilleure redevabilité des patients. Tour à tour, Osée Akpaki, représentant du maire de Dassa, Jacques Akpovi, médecin-coordonnateur de la zone sanitaire Dassa-Glazoué, Codjo Dandonougbo, Directeur départemental de la Santé (Dds-Collines), Olivier Kayodé Danvi, président du Comité santé, ont exprimé leur gratitude pour cet appui de l’Afd à travers le projet Equité. Ils ont promis de faire une utilisation judicieuse de l’incinérateur et des autres matériels afin que « ce mariage entre l’Afd-Enabel et l’hôpital de zone connaisse un lendemain meilleur ». Ils ont encore fait le plaidoyer pour que les conditions de travail du personnel de santé et celles des populations soient davantage améliorées avec le soutien de ce partenaire. --------------- Mieux connaitre l’Afd et l’Enabel --------------- L’Agence française de développement (Afd) est un établissement public qui finance, accompagne et accélère les transitions vers un monde plus juste et durable. Plateforme française d’aide publique au développement et d’investissement de développement durable, elle construit avec ses partenaires des solutions partagées, avec et pour les populations du Sud. Ses équipes sont engagées dans plus de 4 000 projets sur le terrain, dans les Outre-mer et dans 115 pays, pour le bien commun de l’humanité - le climat, la biodiversité, la paix, l’égalité femmes-hommes, l’éducation ou encore la santé. L’Afd contribue ainsi à l’engagement de la France et des Français en faveur des Objectifs de développement durable. Pour un monde en commun. L’Agence belge de développement « Enabel » est engagée dans l’appui au système de santé de la République du Bénin depuis près de 20 ans n V.S. Société 17 juin 2022


Signature de contrat entre l’Etat et le groupe Genesis: la construction d’une centrale thermique à cycle combiné actée
Le ministre de l’Energie, Dona Jean Claude Houssou, a signé avec le président du groupe Genesis, Akinwolé Omoboriowo, la convention de concession et le contrat d’achat d’électricité, pour la construction d’une centrale thermique à cycle combiné d’une puissance de 41 Mw. C’était hier jeudi 16 juin à Cotonou. Douze mois. C’est le délai contractuel pour qu’une centrale thermique à cycle combiné d’une puissance de 41 Mw soit érigée à Abomey-Calavi. Le ministre de l’Energie, Dona Jean Claude Houssou et le président du groupe Genesis, Akinwolé Omoboriowo, ont apposé leurs signatures sur les documents du contrat, ce jeudi 16 juin à Cotonou. En sa séance du 24 mars 2021, le Conseil des ministres avait autorisé le passage en cycle combiné de cette centrale pour une capacité de 40 Mw, mais les optimisations issues des négociations avec le constructeur ont permis de passer à une puissance de 41 Mw. A juste titre, le gouvernement a marqué son accord, le 25 mai dernier, pour la signature de la présente convention de concession ainsi que celle du contrat d’achat d’énergie, et du contrat de raccordement au réseau de la Sbee. Il sera transféré à la Société béninoise de production d’électricité (Sbpe) le contrat d’achat d’énergie électrique conclu dans ce cadre. Le ministre Dona Jean Claude Houssou et son collègue de l’Economie et des Finances viennent d’accomplir les diligences requises pour la réalisation de ce projet sur le site de Maria-Gléta. « Le peuple béninois est légitimement impatient que nous obtenions l’autonomie énergétique promise par le président Talon lors de son investiture, le 23 mai de l’année dernière. L’étape d’aujourd’hui est une façon de confirmer que nous avançons résolument sur ce projet… », a révélé le ministre Houssou. Tout en relevant que ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé, il a souhaité que sa mise en œuvre soit aussi historique en matière de respect de la durée contractuelle, de la qualité des travaux, de la prise en compte de l’environnement, des compétences et du contenu local. Jean Marcel Vigan, gestionnaire de projet à la Sbpe, a indiqué que cette centrale thermique de 41 Mw en cycle combiné fera usage d’une turbine à gaz et d’une turbine à vapeur. « Pour nous, l'électricité n’est pas une option mais une obligation. Et investir au Bénin a été une véritable opportunité. Nous voulons fournir à travers ce projet une solution optimale pour les populations et pour le secteur de l’électricité au Bénin. Nous espérons relever le défi. Nous remercions le gouvernement du président Talon, surtout d’être le premier producteur indépendant d’électricité. Aujourd’hui, ce n’est que le début et nous prenons cette opportunité très au sérieux… », a fait savoir le président du groupe Genesis, Akinwolé Omoboriowo. Pour Claude Gbaguidi, président de l’Autorité de régulation de l’électricité (Are), sa structure a pour mission de donner son avis conforme à la convention de concession de même qu’au contrat d’achat d’énergie. Il a salué l’aboutissement d’un long processus. Actualités 17 juin 2022


Contrôle de l’action gouvernementale au Parlement : Le dragage du lac Ahémé bouclé avant fin 2022
Le ministre en charge du Cadre de vie et du Développement durable, Didier Tonato, a rassuré, ce jeudi 16 juin, les députés que l’opération de dragage du lac Ahémé et ses chenaux en cours sera bouclée cette année. Il était en face devant la Représentation nationale dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. Le dossier de dragage du lac Ahémé et ses chenaux était au cœur de la séance plénière de ce jeudi 16 juin, au Parlement. Il s’agit d’une question orale avec débat posée par le député Dakpè Sossou dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. La réponse du gouvernement a été apportée par Didier Tonato, ministre du Cadre de Vie et du Développement durable. Des explications fournies par l’autorité ministérielle, il ressort que la réhabilitation des plans d’eau est une priorité pour l’Exécutif qui a initié le Programme intercommunal de réhabilitation du lac Ahémé et ses chenaux et de création d’une zone de développement économique (Pira). Ce programme couvre les six communes riveraines du lac Ahémé que sont Bopa, Comé, Grand-Popo, Houéyogbé, Ouidah et Kpomassè. L’objectif principal du Pira, explique Didier Tonato, est de réhabiliter le complexe fluvio-lacustre du lac Ahémé et ses chenaux à travers des opérations de dragages sectoriels et partiels, dans un processus structurant qui s'inscrit dans la durée, et de réaliser une zone de développement économique et touristique par l’intercommunalité, afin d’améliorer les conditions de vie des communautés de la zone des plans d’eau (lac Ahémé, lac Toho, Rivière Sazué, lagune côtière de Ouidah, Grand-Popo) et autres sont reliés entre eux par des canaux jadis ouverts mais actuellement quasi bouchés et en phase d’assèchement. Le Pira a identifié tous ces plans d’eau pour être traités progressivement de façon appropriée, afin de récréer et de redonner vie à l’ensemble du vaste système d’eau du complexe fluvio-laguno-lacustre pour une amélioration de la production halieutique. 21,2 milliards F Cfa pour la phase pilote Ainsi après une longue période de préparation méthodique, à en croire le ministre, le programme est entré dans sa phase opérationnelle depuis le 27 janvier 2022, par le dragage pilote et prioritaire du carrefour des eaux de Djondji-Houncloun. Les travaux de ce dragage pilote, précise le ministre, sont évalués à 21,2 milliards F Cfa financés exclusivement sur budget national, pour une superficie de 208 hectares environ sur le plan d’eau, alors que le lac Ahémé, en dehors des chenaux et canaux y associés, fait une superficie de 85 à 100 km2, soit entre 8 500 et 10 000 hectares. Didier Tonato révèle que les sédiments dragués ont déjà atteint à la date du 3 mai 2022, un volume de 4 660 000 mètres cubes, soit 53,9% des prévisions. « Nous avons dû faire observer une pause durant le mois de mai aux fins de faire renforcer les mesures de protection de l’environnement à la suite de quelques plaintes et des contrôles effectués par les services techniques », a-t-il informé. Il précise que les travaux de cette phase pilote dureront douze mois et couvrent les communes de Ouidah et Grand-Popo. Selon lui, les dispositions sont prises pour accélérer cette phase et préparer l’extension aux autres plans d’eau du Mono. Ainsi, après cette première phase du projet, la deuxième prendra en compte le Transect Nanzounmè dans le chenal Ahô jusqu’au niveau d’Akodéha-Ouèdèmè au sud du bassin principal du lac Ahémé. Et progressivement, tous les plans d’eau seront réhabilités, promet Didier Tonato. Selon lui, contrairement aux inquiétudes du député auteur de la question, il n’y a pas de ralentissement dans l’exécution des travaux qui ont démarré, en dehors de la pause observée en mai dernier pour des mesures de renforcement de la protection de l’environnement. Un programme similaire pour le lac Nokoué et la lagune de Porto-Novo est en phase de formulation, avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas, à travers l’Agence néerlandaise pour l’entreprise, a-t-il annoncé. ------------- Trois autres dossiers d’interpellation examinés ----------- Outre la question orale avec débat relative au dragage du lac Ahémé et ses chenaux, les députés ont examiné trois autres dossiers d’interpellation du gouvernement par l’Assemblée nationale. Les deux premiers concernent le dragage du sable à Togbin-Kpèvi dans la commune d’Abomey-Calavi et la pollution des eaux marines de la côte ouest de Grand-Popo. Les éléments de réponse du gouvernement ont été fournis également par le ministre du Cadre de Vie et du Développement durable, Didier Tonato. La dernière question orale avec débat a trait à la situation de manque d’enseignants dans les écoles primaires. Les députés ont été entretenus sur cette préoccupation par le ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou. Les parlementaires dont surtout les auteurs desdites questions ont été tous satisfaits des explications des deux ministres qu’ils invitent à maintenir le cap chacun dans son domaine de compétence n Th. C. N. Actualités 17 juin 2022


Pr Aristote Hans-Moévi Akué au sujet du traitement traditionnel des fractures : « Moi je serais prêt à aller apprendre ces techniques »
La fracture se définit comme la rupture d’une pièce osseuse causée par un traumatisme, un choc ou un accident. Son traitement se fait aussi bien à l’hôpital que chez les tradipraticiens. Dans cet entretien, le professeur Aristote Hans-Moévi Akué, chef service de la clinique de traumatologie et chirurgie réparatrice au centre national hospitalier et universitaire Hubert K. Maga de Cotonou, plaide pour une collaboration entre les deux pratiques. La Nation : En quoi consiste votre travail lorsqu’il s’agit de traiter une fracture ? Pr Aristote Hans-Moévi Akué: En réalité, ce que nous avons appris à la faculté, c’est que tout os qui se casse a tendance à consolider ; et la consolidation est naturelle. Prenons l’exemple de l’accouchement chez la femme. Les médecins gynécologues ou les sages-femmes sont des professionnels qui sont spécialisés dans l’accompagnement de la femme qui va accoucher. Mais, l’accouchement est un phénomène naturel qui a toujours existé. Dans le processus de l’accouchement, il peut y avoir des difficultés ou des complications et c’est pour prévenir ou apporter des solutions à ces complications que les professionnels de santé spécialisés dans ce domaine existent, font la formation et accompagnent les femmes pour un heureux aboutissement de ce processus qui est naturel. Nous, spécialistes de la chirurgie osseuse, sommes comme les gynécologues, les sages-femmes. Nous apprenons à maintenir l’os cassé dans une bonne position de façon à favoriser sa consolidation qui est un phénomène naturel. Donc quand l’os se casse, il peut rester à sa place comme il peut se déplacer en fonction de l’énergie du choc qui a produit la fracture. Si l’os se déplace, le processus naturel de cicatrisation fera que la consolidation va se faire en mauvaise position ou elle peut ne pas se faire comme on l’espère. Dans ce cas, nous devons intervenir pour redresser l’os, le ramener à sa place initiale, pour lui permettre de se consolider dans la position normale qu’on appelle position anatomique. C’est cette consolidation dans la position anatomique qui va permettre la reprise d’une fonction du membre atteint. Est-ce pour la consolidation qu’on fait recours au plâtre ? Lorsque par exemple quelqu’un a une fracture et celle-ci n’est pas déplacée, on peut le plâtrer parce que le plâtre maintient l’os dans la bonne position et on attend que la consolidation se fasse dans les délais normaux habituels. Lorsqu’il y a un déplacement, le chirurgien doit intervenir pour redresser l’os, le ramener à sa bonne position, puis après, le maintenir dans cette position soit par un plâtre, ou encore par des matériels métalliques à titre de broches, de clous, de vices, de plaques, qui permettent à l’os d’être dans sa bonne position. Il se trouve que la maladie fracturaire peut prendre des formes compliquées. Quelles peuvent être les complications d’une fracture? Il existe les extrémités osseuses. Quand vous prenez un os, il y a la partie allongée, il y a les extrémités qui sont légèrement renflées, un peu plus grosses en haut et en bas. A ces extrémités, correspondent des articulations, c’est-à-dire qu’à l’extrémité d’un os, il y a un autre os qui aura son extrémité qui viendra en contact. Et entre ces deux os, les mouvements se font. C’est dans l’articulation que les mouvements se font. Lorsque la fracture atteint la partie articulaire de l’os, et surtout si cette fracture est déplacée, cela veut dire qu’il y a un déplacement de l’os à l’intérieur de l’articulation, c’est-à-dire à l’intérieur d’une jointure alors que le fonctionnement de ces jointures doit se faire de façon harmonieuse pour permettre les mouvements. S’il y a un grippage, ça va créer des accrochages au moment de faire la flexion-extension et donc les mouvements vont devenir douloureux, voire impossibles. Cela signifie que le traitement des fractures au niveau des articulations est plus délicat que celui des fractures au niveau des parties allongées de l’os. Un troisième aspect : en fonction de la gravité du choc, nous avons très souvent des fractures ouvertes. Les fractures qui sont dites ouvertes sont des fractures associées à une plaie. La peau se déchire juste au niveau où l’os est cassé. Donc il y a un choc, un traumatisme de la peau et en même temps de l’os. La fracture est compliquée par l’ouverture parce que l’os qui est cassé se retrouve en communication avec l’air ambiant. Or tout le monde sait que dans l’air ambiant, nous avons tous les microbes qui circulent : les gaz, la pollution due à la circulation, les poubelles qui stagnent à gauche et à droite et nous respirons ces microbes. Mais l’appareil respiratoire a des systèmes de protection. L’os n’est pas prévu pour être en contact avec les microbes. L’os siège sous la peau, sous la protection du corps. Si la déchirure de la peau qui est une plaie met l’os en contact avec l’extérieur, vous imaginez bien les millions de microbes qui vont se jeter sur l’os qui n’était pas préparé pour se défendre. Cela va provoquer une infection. L’infection de l’os est une infection grave parce qu’elle ne guérit pas bien, elle ne guérit pas vite, les antibiotiques ne diffusent pas suffisamment dans l’os parce qu’il est dur. Et du coup, l’infection de l’os est une infection qui traîne, qui dure longtemps. Quand je dis longtemps, je parle des années, avec des écoulements de pus permanents, répétitifs qui perturbent la vie du patient. Il fait des pansements tous les jours pendant de nombreuses années avec une plaie qui suppure, qui sent mauvais, avec une incapacité à marcher. Voilà les complications qui accompagnent l’infection osseuse. C’est pour ça que nous devons lutter contre l’infection osseuse. Le traitement des fractures se fait aussi dans nos communautés par des tradipraticiens avec des résultats intéressants. Que pensez-vous de cette pratique? Avant l’arrivée de la médecine moderne dans notre pays, les populations avaient forcément des fractures. Cela est lié à l’activité socio-économique. Ces fractures guérissaient et ce n’étaient pas des médecins étrangers qui les soignaient, c’étaient ceux qu’on appelle aujourd’hui des tradipraticiens qui le faisaient avec des résultats probablement bons. Je ne peux pas le dire, je ne peux pas le savoir, je n’étais pas né. Mais pourquoi jeter ce qui se faisait avant à la poubelle sous prétexte que la médecine moderne est arrivée. Il y a une tendance aujourd’hui à diaboliser les tradipraticiens. Mais moi, dans ma réflexion, je me suis dit qu’il y a quelque chose de positif qui se fait dans ce milieu-là et qui a existé de tout temps. Je pense que c’est un manque de culture historique qui fait que nous avons une séparation entre les deux médecines. En réalité, il y a une difficulté de compréhension de leur côté. Souvent, ils disent que c’est un don. D’accord. Mais ce don est transmis de génération en génération. Ils ont des méthodes qu’ils appliquent. Le problème, c’est que, eux-mêmes, n’ayant pas la compréhension du mécanisme de fonctionnement de leurs méthodes, de leur don, ils ont cette ignorance qui devient pour eux un handicap. Cette mauvaise compréhension de leurs méthodes, fait qu’ils ont peur d’aller au contact des autres. Ils cachent leur savoir-faire. Ils en font un secret parce qu’ils ne sont pas capables de dire ce que c’est, puisque c’est une transmission qu’on leur fait sans forcément avoir les explications associées. Donc nous ne pouvons pas les aider. Moi je serais prêt à aller apprendre ces techniques. Et avec ce que j’ai appris chez les blancs, je vais faire des analyses pour comprendre le mécanisme de fonctionnement de ces techniques-là. Et ça peut devenir des moyens de traitement intéressants parce que selon ce que j’entends, c’est qu’ils disent que le délai de consolidation est très court. Si au lieu de faire quatre mois sous plâtre, vous pouvez commencer à marcher après deux semaines dans le traitement traditionnel, c’est un progrès. Alors, j’aimerais bien faire bénéficier de ça à tous les Béninois. Malheureusement, ils ne me le diront jamais. Ils vont dire : « envoie le malade, nous allons le faire ». Il faut pouvoir les rassurer, c’est-à-dire leur donner confiance. On ne vient pas pour leur arracher leur gagne-pain mais on vient pour que le savoir-faire qu’ils ont soit mis au service de toute l’humanité. Mais il y a un autre aspect sur lequel il faut attirer l’attention. Je vous ai parlé des fractures ouvertes qui sont d’emblée des fractures compliquées. Eux ils n’ont pas les techniques de protection contre l’infection, donc quand on a une fracture ouverte et qu’on va chez les tradipraticiens, on s’expose à l’infection et aux complications y afférentes. Il faut qu’ils fassent preuve de discernement pour déterminer ce qu’ils sont capables de traiter ou pas. Société 16 juin 2022


Traitement traditionnel des fractures au Bénin: une pratique qui perdure
Lorsque survient une fracture à la suite d’un accident de la route, d’un choc ou d’un traumatisme, le recours à un traitement s’avère indispensable. Mais pendant que certains choisissent la voie de l’hôpital, d’autres préfèrent s’en remettre aux praticiens traditionnels pour se faire soigner. Les résultats satisfaisants que saluent les patients prédisposent cette pratique à un bel avenir. Au domicile d’Antoine Adjadossodji Oké, mardi 31 mai dernier, dans le village de Glo-Djigbé, à environ 30 kilomètres de Cotonou, il est à peine 9 heures du matin. Sous la paillote érigée au fond de la grande cour de la concession, on aperçoit aisément quelques patients, reconnaissables à leurs bandages. Pendant que ces derniers patientent, le praticien est occupé à dispenser des soins à l’un des malades «hospitalisés». Connu sous le surnom «Yellow », ce quinquagénaire est reconnu dans la zone comme un expert en santé des os. Enfants, jeunes et personnes âgées défilent tous les jours dans sa concession pour bénéficier de ses soins. Pendant près de trois heures d’horloge passées sur les lieux, le quinquagénaire était à la manœuvre avec comme seuls moyens de travail, de l’huile de palme communément appelée huile rouge et ses mains. A tour de rôle, chaque patient passe devant le praticien pour bénéficier de la séance de massage approprié à sa situation. Des séances assez éprouvantes pour certains, tant la douleur est encore présente. Pas de nouveau patient reçu cette matinée, rien que des patients en cours de traitement depuis des jours ou semaines. Un savoir-faire reconnu Le traitement traditionnel des fractures est une pratique qui date de nos ancêtres et se transmet de génération en génération. Comme Antoine Adjadossodji Oké, ils sont des centaines à pratiquer cette activité au Bénin et se retrouvent sur toute l’étendue du territoire national. Ils n’ont pas besoin de publicité particulière; leur savoir-faire est reconnu dans la communauté et le bouche à oreille suffit pour faire converger vers eux, les patients dans le besoin. « Je suis né dans le travail de traitement des os. J’ai vu faire mon frère et mon père. Ce travail est un don de Dieu, ce n’est pas un métier qu’on apprend », explique Antoine Adjadossodji Oké. Comme son géniteur, il en a fait son activité principale et passe presque tout son temps à s’occuper des malades. Il assure soigner toutes sortes de fractures à l’exception de celles qui concernent la tête. Il se veut assez rationnel dans sa démarche : « Avant de traiter un malade accidenté, j’exige que la personne aille se faire administrer les premiers soins à l’hôpital et fasse la radiographie qui permet d’apprécier l’ampleur de la fracture ». Il reçoit toutes catégories de patients; les nourrissons, jeunes et vieux. Huit personnes séjournaient chez lui au moment de notre passage. En dehors de ces malades « hospitalisés », il reçoit au moins une quarantaine de patients par semaine. Il s’agit des patients nouvellement admis, en cours de traitement ou en rééducation. Malgré sa capacité à prendre en charge toutes sortes de fractures, Antoine Adjadossodji Oké reconnait qu’il y a quelques rares cas qu’il rejette au vu de leur complexité. Il leur conseille alors d’aller à l’hôpital pour se faire soigner ou se faire amputer le membre. Le praticien dit ne pas s’épanouir pour autant dans ce travail puisque les patients, pour la plupart, sont démunis et ne font que se plaindre qu’ils n’ont pas d’argent. «On est obligé de négocier avec eux puisqu’on ne peut pas les renvoyer dans la difficulté. Généralement, je prends ce qu’ils donnent », se plaint-il. Il plaide pour que les autorités sanitaires qui ont connaissance de son travail, puissent faciliter la tâche à ses patients. « Lorsque je demande aux patients d’aller faire la radiographie, le bon que je leur fais est rejeté dans les hôpitaux, les obligeant à recourir d’abord à un professionnel de la santé avant de faire cet examen sans lequel je ne peux pas bien faire le diagnostic et traiter correctement le patient », poursuit-il. Une relève assurée Comme dans la plupart des familles qui s’adonnent à cette activité, la transmission du savoir se fait de génération en génération. Chez Antoine Adjadossodji Oké, la relève est assurée : «Mes enfants ont commencé à assurer la relève et m’aident à prendre soin des patients », explique-t-il. Même constat chez le vieux Marcellin Agossou connu sous le nom de « Agbakpa» à Malanhoui dans la commune d’Adjarra, à quelques encablures de Porto-Novo. Ici, c’est la fille ainée du praticien, Juliette Agossou qui explique comment les patients sont pris en charge depuis des décennies dans ce lieu dont la réputation est connue dans le département. « Cette pratique n’est pas de notre temps, ce sont nos aïeuls qui l’ont léguée à nos parents qui à leur tour, nous l’ont léguée au point où tous les enfants de cette famille s’y adonnent quelle que soit leur formation ou activité». Elle assure que quelle que soit la nature de la fracture, les patients trouvent satisfaction. Ici aussi, explique-t-elle, «nous exigeons la radiographie avant tout traitement et lorsque nous jugeons certains cas très compliqués, nous les renvoyions vers l’hôpital pour se faire traiter ». Des ‘‘hospitalisations’’ sur place se font également lorsque le patient vient de très loin ou lorsque la situation de la fracture exige son immobilisation. Au-delà des retombées financières, insignifiantes selon elle, que procure cette activité, c’est surtout le sentiment d’être utile à la communauté et de pouvoir soulager les peines des personnes en souffrance qui constitue, selon elle, la grande satisfaction que tire le praticien de l’activité.   • Des patients satisfaits La plupart des patients qui fréquentent ces praticiens traditionnels sont des victimes d’accidents de la route assortis de fractures à divers niveaux. Le réflexe de toute personne accidentée est de se rendre ou d’être portée dans un centre de santé pour les premiers soins. Il se trouve que certaines victimes, ayant reçu les premiers soins à l’hôpital ou non, choisissent le traitement de la fracture en milieu traditionnel. Les patients rencontrés sur les lieux disent avoir fait ce choix, pour des raisons financières et/ou par manque de confiance au traitement médical qui, rapportent-ils, dure et ne réussit pas toujours. Leurs témoignages renseignent davantage sur leurs motivations réelles et leur degré de satisfaction. Emile Kpossaton, enseignant: « Victime d’un accident de la circulation le 13 avril dernier dans la zone de Sékou, j’ai eu des fractures au niveau de la clavicule et du poignet gauche. J’ai été à l’hôpital, ils m’ont demandé un million de francs Cfa pour faire une intervention chirurgicale. Il y a très longtemps que j’entends parler du vieux qui s’occupe de la santé des os ici à Glo-Djigbé. J’ai décidé d’aller chez lui pour voir dans quelle mesure il peut me soulager parce que parfois, on fait l’opération, on met le fer mais ça ne réussit pas. A comparer aussi les coûts des prestations à l’hôpital et ici, j’ai préféré venir ici. Je peux vous dire que depuis un peu plus d’un mois qu’on a commencé le traitement, ça va. Je ne pouvais pas bouger la clavicule ni le poignet, maintenant, je suis satisfait ». Elysée Hounto, vitrier : «J’ai eu un accident de la route avec fracture à la cheville droite. J’ai été à l’hôpital pour les premiers soins et le pied a été plâtré. J’ai gardé le plâtre pendant deux mois, mais après qu’on l’a enlevé, je n’arrivais toujours pas à bien marcher. C’est la raison pour laquelle je suis venu chez le praticien traditionnel. Cela fait cinq jours que j’ai commencé et je sens déjà une amélioration, je peux au moins mettre le pied à terre et marcher ». Gratien Bonou, commerçant: « Je suis ici pour soigner une fracture au niveau de la jambe gauche que j’ai eue à la suite d’un accident de la route. Après les premiers soins dans une clinique, mon oncle m’a amené ici parce que l’un de nos cousins y avait séjourné. Cela fait environ un mois et demi que je suis gardé ici. Par rapport à ma situation du début, je sens une amélioration mais je ne marche pas encore sur le pied. Le vieux me rassure que d’ici un mois, je pourrais le faire ». Micheline Abandogan, jeune mère de famille : « Je suis ici depuis deux mois et demi à la suite d’un accident de la route qui a entrainé une fracture à la jambe droite. J’ai d’abord été à l’hôpital pour les premiers soins et quand ils ont constaté que j’ai une fracture, ils m’ont conseillé de venir ici. Ça va de mieux en mieux et j’espère sortir d’ici dans quelques semaines ». Yémalin Gabin Gotohoun, déclarant en douanes : «A la suite d’un accident de la route, j’ai une fracture au niveau de la clavicule et du poignet gauche. Je suis dans la troisième semaine de traitement avec le vieux et pour vous parler sincèrement, c’est un vieux qui est très efficace. A voir ce qu’il fait, je lui ai conseillé de tout faire pour que cette pratique ne disparaisse point. Si on peut jumeler ça avec la médecine conventionnelle, ce serait très bien. C’est le hasard qui m’a amené vers lui. J’ai eu l’accident au niveau de Zè et je m’efforçais de conduire la moto et de rentrer chez moi quand la vendeuse de carburant chez qui j’ai marqué un arrêt m’a suggéré d’aller chez le vieux. Je vous assure que l’accueil a été très chaleureux. Je ne pouvais pas croire qu’en deux semaines, j’allais bouger ce bras ». Parfait Akouèou : « Quand j’ai eu l’accident, je paniquais, je voulais aller à l’hôpital quand les gens m’ont conseillé d’aller chez les praticiens traditionnels car chez eux, disaient-ils, la guérison est plus rapide. On m’a amené chez un praticien traditionnel mais après plus d’un mois de traitement, je n’étais pas satisfait. Un ami qui a déjà pratiqué le vieux m’a demandé d’aller faire la radio afin qu’il m’amène chez lui. Ce que j’ai fait. Je puis vous dire que depuis deux semaines que j’ai commencé, je peux plier mon bras, je peux me gratter le corps. Ce qui n’était pas le cas avant puisque le bras était toujours tendu. Nous allons prier pour que Dieu donne longue vie à ceux qui nous aident. Je voudrais demander aux autorités d’avoir un œil sur ce qui se fait dans ce milieu et de faire des enquêtes sur les praticiens sinon, il y en a qui causent des dommages aux patients. Ils ne sont pas du domaine et à cause de l’argent, ils s’improvisent guérisseurs ».     La collaboration entre les deux médecines souhaitée La médecine traditionnelle, de par son accessibilité, sa proximité géographique et culturelle, son caractère holistique, demeure pour de nombreux Béninois, le premier recours pour faire face aux ennuis de santé. Pour parvenir à une collaboration tant souhaitée entre la médecine traditionnelle et celle dite conventionnelle, beaucoup d’obstacles restent à surmonter. Selon certains spécialistes, la médecine traditionnelle béninoise fait partie des plus riches du continent, parce que le peuple béninois a su protéger ses pratiques ancestrales de guérison, transmises par ses sages de génération en génération. Dans une interview au journal « La Nation » en novembre 2016, le professeur Rock Houngnihin alors coordonnateur du programme en charge de la médecine traditionnelle déclarait que «plus de 10 500 tradipraticiens délivrent une grande partie des services de santé à 80 % de la population ». Le traitement des fractures par les tradipraticiens n’est qu’une branche de la médecine traditionnelle. Si la pratique perdure jusqu’à ce jour, c’est bien parce que des patients y trouvent satisfaction et qu’il y a forcément de bonnes choses qui se font par les praticiens. Malgré le développement de la science et de la technologie, l’engouement pour ce type de traitement au Bénin reste intact. Le souhait des populations est de voir instaurée une certaine passerelle entre les deux médecines. L’intégration de la médecine traditionnelle au système de santé reste une préoccupation pour l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) qui accompagne les Etats dans ce sens. Ella a consacré la 15e journée africaine de la médecine traditionnelle (Jamt) célébrée en 2017 à cette thématique : « Intégration de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé : le chemin parcouru jusqu’à présent ». Occasion pour les divers acteurs de faire le point des progrès réalisés et des écueils qui entravent la concrétisation de cette ambition. Le Bénin dispose d’un cadre réglementaire et d’un code d’éthique et de conduite pour la pratique de la médecine traditionnelle. Toutes choses qui ont favorisé la production en quantité commerciale, des médicaments traditionnels standardisés. Cependant, des efforts restent à fournir pour garantir la qualité, l’efficacité et l’innocuité des médicaments traditionnels à base de plantes. De même, faut-il relever les défis de la protection des propriétés intellectuelles et des connaissances ; de l’assainissement du secteur ; de la documentation des pratiques, que ce soit les pratiques en matière de médecine traditionnelle générale, de santé mentale, d’accouchement traditionnel, de traitement des fractures, de soins curatifs et préventifs. Il s’agit d’accompagner les détenteurs des savoirs traditionnels et de préserver ainsi ce potentiel médical inestimable qui fait partie de notre patrimoine culturel. Il est question aussi d’assainir le milieu en extirpant du rang des tradipraticiens, les charlatans sans aucun savoir, qui créent des nuisances aux populations. C’est le rôle de l’Etat, à travers le programme en charge de la médecine traditionnelle.   Société 16 juin 2022


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