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Nouvelles

Réflexion : Retour des trésors royaux, promotion culturelle et touristique
L’évènement ayant marqué l’actualité durant ces derniers mois demeure le retour et l’exposition des œuvres royales restituées, un fait historique et culturel éminent. C’est une action importante sans précédent depuis l’indépendance du Bénin, il y a plus de soixante ans, et qui participe de la valorisation de notre histoire tout en contribuant à la promotion de la culture béninoise. Exposition des œuvres royales et de l’art contemporain Très peu de Béninois savaient qu’à la suite de la victoire de l’armée française sur les combattants dahoméens pendant la colonisation, de nombreuses œuvres royales ont été transférées en France. Leur retour aujourd’hui est une découverte pour les uns, une source d’inspiration pour les autres. L’engouement qu’a suscité leur exposition entrainant plus de 200.000 visiteurs en trois mois d’ouverture, est la preuve éloquente de la satisfaction et de la fierté de la population. C’est un acte de grande portée nationale qui justifie la décision gouvernementale relative à son ouverture de nouveau pendant 45 jours à partir du 15 Juillet prochain, en vue de satisfaire les doléances de nombreux Béninois de l’intérieur comme de l’extérieur. Les 26 œuvres d’art restituées avaient chacune son histoire et son caractère culturel, permettant de se faire une idée sur l’organisation et la puissance du royaume dirigé par des souverains dignes, patriotes et foncièrement hostiles à la colonisation et à la domination étrangère. A voir ces œuvres, on est impressionné par la qualité de la conservation alors que leur départ de leur milieu naturel remonte à plus d’un siècle. La qualité de cette conservation doit pouvoir se maintenir au Bénin. A ce niveau, il n’y a pas d’inquiétude lorsqu’on voit les conditions et les précautions techniques prises pour l’exposition dans deux salles du palais. Le musée qui sera la destination finale s’inspirera certainement des mêmes dispositions pour éviter leur probable altération. Une autre observation qu’il convient de faire, c’est la qualité artistique de ces œuvres à cette époque. La conception des trônes des rois Guézo et Glèlè, les bas-reliefs, la qualité du bois utilisé etc…, témoignent du niveau appréciable du génie des artisans. On en déduit que sans la colonisation qui est venue tout remettre en cause, cette ingéniosité aurait beaucoup évolué. Ce qui est admirable et agréablement surprenant, est que ces artisans n’ont fait ni les écoles des Beaux-arts, ni suivi aucune formation architecturale. Cependant, ils maitrisaient les techniques en la matière, surtout les théories de la géométrie et de la symétrie, entre autres. Aujourd’hui encore, nombreux sont les artistes béninois naturellement doués qui n’ont rien à envier à leurs collègues sortis des écoles spécialisées. Parmi les concepteurs des 106 œuvres d’art contemporain exposées à côté des trésors royaux, figurent ces deux types d’artisans. C’est le moment de saluer l’initiative consistant à valoriser les œuvres royales anciennes, en les accompagnant de l’exposition des œuvres contemporaines, ce qui a permis de constater que l’ingéniosité artistique du passé, se manifeste encore de nos jours d’une manière moderne, conforme à l’évolution culturelle, aux goûts du public national et étranger. A ce titre, la dénomination de l’exposition a été bien trouvée : « Art du Benin d’hier et d’aujourd’hui : de la restitution à la révélation ». La statue de l’Amazone et l’ancien mémorial La combinaison des deux types d’art est une opération de markéting de grande valeur touristique, comme le monument érigé à la mémoire et en hommage aux Amazones derrière le palais présidentiel. L’histoire des femmes guerrières du Dahomey, atteste de ce que la défense du royaume n’était pas seulement l’affaire des hommes, mais aussi celle des femmes. C’est donc juste qu’un monument impressionnant soit érigé pour immortaliser leur mémoire, bravoure, témérité salutaire et opportune. Ce qui compte, ce n’est pas la personne que représente cette statue, mais plutôt le symbole et l’hommage à ces dignes femmes guerrières. Elles ont marqué l’histoire et fait du Bénin, le seul pays ayant connu cette expérience en Afrique. On peut considérer que cette statue honore de fait la mémoire de la créatrice de l’armée des amazones, à savoir la Reine Tassi Hangbé qui a régné de 1708 à 1711, à la mort de son frère Akaba, d’après le récit des historiens béninois. L’initiative de l’érection de cette statue est salutaire et digne de félicitations, car elle immortalise la mémoire des amazones dont l’expérience est une marque et une pratique typiquement béninoises. On aurait dû le faire plus tôt au lendemain de l’indépendance, compte tenu de son originalité. Il s’avère necessaire de savoir défendre et mettre en valeur tout ce qui caractérise notre pays, notamment ses valeurs culturelles et touristiques. Il fut un temps par exemple, où un pays voisin, constatant que le Bénin ne savait pas vendre la richesse touristique que constitue Ganvié, s’était permis de faire, à l’attention des touristes étrangers, la publicité sur les mérites et la spécificité de ce village lacustre, comme s’il était sur son territoire. Cette situation ambiguë répond à l’idée que «la nature a horreur du vide». Elle permet dans le cas d’espèce, de se convaincre de l’opportunité et de la nécessité de cette statue Amazone. Sur le site où elle est érigée, il y avait un autre monument symbolisant l’histoire de l’esclavage,’’ le Mémorial de la réconciliation’’. Il est souhaitable que ce mémorial à valeur historique et touristique, soit reconstruit sur le même site, ou dans le pire des cas, ailleurs sur la plage, avec une nouvelle architecture plus esthétique, significative et imposante. Cela permettra aux touristes Noirs Américains qui avaient l’habitude de le visiter, de continuer à le faire pour se ressourcer à travers leurs racines. Les touristes feront ainsi d’une pierre, deux coups en visitant à la fois le mémorial et le monument de l’Amazone. On pourrait aussi y installer une buvette servant des ‘’fast food’’ nationaux pour permettre aux visiteurs d’étancher leur soif, en écoutant les variétés musicales locales ainsi que les chansons de combat des amazones. La musique, un autre élément de la culture La culture comprenant plusieurs facettes, l’occasion parait propice pour faire référence à l’une de ces composantes, à savoir la musique. La musique béninoise est riche, talentueuse et variée, mais très peu connue à l’extérieur. On aurait dû en son temps soutenir le ‘’Tchink system’’ du feu Stan Tohon et en faire une marque béninoise. Malheureusement, ni l’Etat, ni les vedettes de la chanson n’ont su soutenir cette création valorisant un rythme traditionnel modernisé. Après la mort de son créateur, on n’en parle même plus. Toutefois, par la volonté artistique, cela peut encore être rattrapé. On aurait ainsi le Tchink system au Bénin, comme le ‘’Zoblazo’’ en Côte d’Ivoire, la Rumba au Congo, le juju music au Nigéria. La copie ou l’imitation de la musique d’ailleurs par nos artistes, contribue à la promotion du rythme étranger, et non du nôtre. Mieux, quelle que soit la qualité de l’imitation d’un air musical étranger, elle ne saurait égaler l’original. Le fonds de soutien à la culture mis en place depuis quelques années, autrefois appelé le milliard culturel devenu plus tard plusieurs milliards, devrait contribuer à la promotion de cette facette de notre culture, et tenir compte de ce que pour le moment, la musique ne nourrit pas son homme au Bénin. Partout où la musique tranche, comme au Nigeria, en Côte d’Ivoire et en Rdc, les acteurs de cet art bénéficient, soit du soutien de l’Etat, soit de celui des sponsors de tous genres, ou des deux à la fois. Le cas le plus éloquent est celui des musiciens Franco, Rochereau, Nico et autres qui ont largement profité de la générosité de l’Etat et des largesses du président Mobutu à titre personnel, en son temps. Il est notoire et évident que la jouissance des conditions matérielles favorables, par les artistes, favorise l’éclosion de leur génie et talent culturel. La promotion de la culture est aussi l’œuvre des médias nationaux. A ce jour, à notre avis, la télévision Eden TV s’est fait remarquer par la g grille de son programme consacrée à la musique nationale, tant traditionnelle que moderne. La chaine nationale, l’Ortb, prêche l’exemple dans ce domaine mais d’une façon insuffisante. Or si les médias nationaux ne valorisent pas notre culture, en l’occurrence la musique, ce ne sont pas les organes de presse étrangers qui le feront. Ce qui vient d’être dit de la musique est valable pour les autres composantes de notre culture, un élément important de l’identité et du patrimoine culturel. Celui-ci comprend, en effet, les traditions ou les expressions vivantes héritées des ancêtres et transmises aux descendants, comme les traditions orales, les arts, le spectacle, les pratiques sociales, les rituels, les évènements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers etc… Il est généralement admis que la culture est un facteur du progrès économique et social. Le retour des œuvres royales, évènement spécial et acte patriotique libérant les énergies de la créativité, rentre dans ce cadre. Il est communément reconnu que le développement du Japon, de la Chine, de l’Inde et autres pays asiatiques, est essentiellement favorisé par la conservation de leur culture. Ailleurs, les valeurs culturelles ont malheureusement souffert de léthargie ou de quasi extinction, du fait des aléas de l’histoire. C’est le cas des pays en développement qui peinent aujourd’hui à réhabiliter leur culture. En Afrique surtout francophone, la colonisation a rendu une grande tranche de la population, en particulier les cadres et intellectuels, culturellement aliénés ; cet état de choses nous amène, entre autres, à préférer aux produits locaux, ceux en provenance de l’extérieur, ce qui a un impact sur l’esprit de créativité et d’invention technologique, de même que sur la balance des paiements. Mais après plus de soixante ans d’indépendance, les rectifications nécessaires devraient être faites. Car un homme ou un pays qui perd sa culture ou son histoire, est comme un zèbre sans rayures. Il est alors condamné à être dominé par d’autres cultures et civilisations. Du coup, c’est la perte de l’identité, ce qui est déplorable, grave. L’identité est d’une importance vitale en ce sens qu’elle «permet de définir socialement l’individu et de le situer dans la société en fonction de ses appartenances qui sont rarement neutres». Toutefois, la précaution à prendre pour que notre culture participe réellement au développement et rayonne à travers le monde, est de la débarrasser des aspects négatifs impropres au bienêtre, à l’épanouissement social de l’homme, toutes choses qui sont de nature à entraver la paix du cœur, le progrès et l’innovation. Il y a lieu de mettre surtout en exergue son aspect purement culturel, festif et identitaire. Avec la restitution des œuvres royales, on peut nourrir l’espoir que l’histoire et la culture du Bénin seront réécrites, restaurées en vue de servir de base à la promotion du tourisme qui dans un pays comme l’Afrique du Sud, passe pour être la deuxième source de revenus après les mines (or, diamant et autres minerais). Il n’y a pas de doute que grâce à l’option et la vision du gouvernement, le tourisme au Bénin connaitra un avenir promettant, de même que la culture. Le souhait des Béninois, du reste, en adéquation avec celui du chef de l’Etat, est que la restitution des premiers vingt-six trésors royaux, soit suivie de celle de nombreux autres chefs- d’œuvres culturels et artistiques qui sont encore exposés dans les galeries et officines de l’ancienne puissance coloniale. Ambassadeur, spécialiste des questions internationales Par Jean-Pierre A. EDON Société 31 mai 2022


Influenceurs web : Des créateurs de contenus qui intéressent l’audience
Encore appelé star du web ou des réseaux sociaux, un influenceur est en mesure de construire une audience autour de sa personne ou d’une activité sur une plateforme en ligne. Ce métier recèle d’énormes avantages mais constitue, selon Maurice Nontondji, Community manager, un manque à gagner pour les cybers médias. Avec le développement des blogs et réseaux sociaux, certaines personnes ont réussi à se faire connaître, à être appréciées par les internautes et à créer une communauté sur Internet. Ces personnes sont appelées des influenceurs. Selon Maurice Nontondji, community manager, un influenceur web est non seulement quelqu’un qui est en mesure de construire une audience autour de sa personne ou d’une activité sur une plateforme en ligne dont les réseaux sociaux, blog, followers et autres, mais c’est aussi un prescripteur, c’est-à-dire celui-là qui est en mesure de prescrire un produit, un mode de vie à ses fans. Le domaine des influenceurs recèle d’énormes avantages de nos jours. Selon les spécialistes, le premier avantage est que le mode de communication est d’humain à humain. Les influenceurs placent leurs fans au cœur de la stratégie de contenus et de marketing web d’une entreprise, tout en lui offrant une expérience vivante, parfois en direct, avec des interactions instantanées. «C’est une personne ou un groupe de personnes qui diffuse son message à d’autres personnes et il faut que ce message soit beaucoup plus impactant, beaucoup plus parlant parce que c’est d’humain à humain, ce qui n’est pas le cas des médias qui sont souvent portés par des sociétés. Les influenceurs ont la facilité de créer des contenus qui intéressent l’audience, ce que les cybers médias ne sont pas forcément en mesure de faire. Mais quand les influenceurs web prennent la parole, ils disent « Je » et ça fait beaucoup de différence, ce qui les amène à réunir du monde autour d’eux », explique-t-il. Le community manager note que l’autre avantage des influenceurs web sur les cybers médias est en termes de portée de communication. Plus ce mode est plébiscité, plus il aura d’impact. Le troisième avantage, d’après Maurice Nontondji, est celui de la monétisation. « Vu que ces modes de communication ont plus d’influence, les marques ont plus tendance à préférer ces influenceurs afin qu’ils puissent apporter leurs messages auprès de leur audience. Ce qui a donné naissance au marketing d’influence », fait-il savoir. Maurice Nontondji affirme aussi que ce domaine regorge d’énormes opportunités. Ce qui n’est pas évident avec les cybers médias qui portent un message beaucoup plus de sociétés à des personnes. Outre les avantages, les influenceurs web constituent des menaces pour les cybers médias. Selon le spécialiste, ces influenceurs prennent plus de place aujourd’hui que les cybers médias. Ce qui constitue un manque à gagner pour ces derniers. « Lorsque les gens ont besoin d’information aujourd’hui, ils préfèrent s’adresser à une personne qu’à une marque », explique-t-il. L’autre menace, ajoute-t-il, est que les cybers médias ne peuvent plus avoir aujourd’hui ce monopole qu’ils avaient auparavant. N’importe qui peut se positionner sur les réseaux sociaux et jouer le rôle que jouent les cybers médias. Société 31 mai 2022


Concours Africa Wiki Challenge :La deuxième édition lancée en ligne
La deuxième édition du concours mondial d’écriture dénommé « Africa Wiki Challenge » a été lancée, vendredi 27 mai dernier, en ligne. Cette campagne virtuelle qui s’étend jusqu’au 30 juin prochain, vise à générer du contenu lié à l'Afrique sur Wikipédia et s’articulera autour du thème : « Projeter la culture africaine». Organisée autour du thème: «Projeter la Culture africaine», la deuxième édition du concours mondial d’écriture Africa Wiki Challenge a été lancée, vendredi 27 mai dernier, au cours d’une cérémonie virtuelle. A cette occasion, les conférenciers invités, à savoir Phiwokuhle Mnyandu, maître de conférences en études africaines à l'Université Howard, États-Unis, professeur Kodzo Gavua, maître de conférences à l'Université du Ghana, Alice KIbombo, bibliothécaire et membre de la communauté Wikipédia en Ouganda, Lein Tetteh, agent de projet à la Société de développement du tourisme du Ghana, ont échangé avec les participants sur divers éléments liés au thème de ce concours qui veut mettre en avant la diversité culturelle de l’Afrique. Pendant un mois, les individus et les communautés ou organisations du monde entier vont aider à combler le fossé de contenus portant sur l'Afrique sur le Web en général et Wikipédia en particulier. « Tout Africain, personne d'ascendance africaine ou individu intéressé par un contenu sur l'Afrique et disposant d’un compte Wikipédia, peut participer à la campagne», précisent les organisateurs. Cette campagne vise à apporter plus de contenus pour améliorer le nombre d'articles sur l'Afrique, deuxième plus grand continent de la planète. Faut-il le signaler, en 2016, le Guardian a publié qu'environ 2,6 % seulement du contenu de Wikipédia en anglais concernait l'Afrique. Depuis lors, des efforts ont été faits pour améliorer les statistiques et changer le narratif sur Internet. Reconnaissant le travail accompli par les éditeurs et les Wikipédiens du monde entier, Wikipédia pense que l’Afrique mérite d'être couverte substantiellement. Les Africains d'Afrique et de la diaspora ont jusqu’au 30 juin prochain pour produire du contenu sur les tribus en Afrique, les divers festivals célébrés comme le festival Homowo au Ghana, le festival Sango Fire au Nigeria et Umkhosi Mhlanga en Afrique du Sud, les divers aliments consommés par les Africains, les mariages coutumiers en Afrique ainsi que les rites de passage des peuples d'Afrique comme les rites de naissance, les rites de puberté, les rites funéraires et tout autre sujet qui montre la diversité culturelle du continent. Société 31 mai 2022


100 questions de recherche sur la sécurité alimentaire et la nutrition : un outil décisionnel pour mieux lutter contre la faim
La consultation nationale multi-acteurs, dans le cadre de l’initiative de formulation des 100 questions de recherche actuelles et critiques sur la Sécurité alimentaire et la Nutrition (San), a été lancée, vendredi 27 mai dernier à Cotonou. Durant cette phase, les acteurs impliqués vont formuler les problématiques majeures liées à la San au Bénin.
Les efforts des gouvernants pour l’atteinte de l’objectif  « faim zéro » à l’horizon 2030 sont de plus en plus fragilisés. A peine sorti de la pandémie de Covid-19, le monde fait face aux conséquences néfastes de la guerre russo-ukrainienne ; sans oublier les effets des changements climatiques qui se font ressentir depuis plusieurs années.
Pour les responsables du Centre d’actions pour l’Environnement et le Développement durable (Aced), la prise en main, au Bénin, de la problématique de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans un tel contexte requiert la production de données actuelles et fiables. Ceci permettra d’informer et d’orienter les interventions des décideurs politiques et les actions de la société civile et des partenaires au développement. C’est ce qui motive l’initiative de formulation des 100 questions de recherche actuelles et critiques sur la Sécurité alimentaire et la Nutrition (San) dont la phase de consultation multi-acteurs a été lancée, vendredi dernier.
La rencontre a mobilisé une centaine d’acteurs engagés dans ce domaine sur le  plan national. A la suite de Fréjus Thoto, directeur exécutif d’Aced, qui a situé le contexte mondial et national de l’initiative, Prof. Roch L. Mongbo, président du conseil scientifique de ladite initiative, a présenté le projet aux participants, y compris les champs thématiques couverts, le niveau d’avancement actuel et la suite du calendrier. A l’en croire, la phase de consultation fait suite au cadrage thématique. Elle sera suivie de la phase de formulation des 100 questions et celle de leur priorisation.
Au cours de la discussion générale, les participants ont salué l’initiative et mis un accent particulier sur le contexte local caractérisé, entre autres, par les conflits entre agriculteurs et éleveurs, qui mettent en péril le principal facteur de production qu’est la terre, et les récoltes. Ils ont aussi appelé à une synergie d’actions durant le processus, et soulevé la question du financement.
Issaka Youssao Abdou Karim, représentant la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, apprécie l’initiative à sa juste valeur. Il va rappeler la place qu’occupe la San dans le Programme d’action du gouvernement (Pag II), et les actions et moyens engagés par l’Exécutif béninois compte tenu de l’importance de ce domaine. Par la même occasion, le conseiller technique de la ministre rassure l’Aced et ses partenaires du soutien du ministère.
La phase de consultation nationale ainsi lancée va durer un peu plus d’un mois. Au cours de cette phase, il sera procédé à la collecte nationale des problématiques majeures auprès de tous les acteurs impliqués dans la San. Les travaux sont supervisés par la coordination de l’initiative de formulation des 100 questions de recherche actuelles et critiques (conseil scientifique) composée de huit professeurs émérites.
Société 31 mai 2022


Accident de la route à Zogbodomey : Une dizaine de morts et des blessés graves
Dix morts et plusieurs blessés, tel est le bilan de l’accident de la route qui s’est produit, vendredi 27 mai dernier, aux environs de 12 heures sur la route Cotonou-Bohicon, plus précisément dans l’arrondissement de Cana 1 (Zogbodomey). Le drame impliquait deux camions et deux taxis pleins de passagers. Le bilan immédiat de cet accident est de 9 morts et 5 blessés graves avec paralysie de la circulation durant plusieurs heures. A en croire les premiers témoins, le drame s’est produit aux environs de midi dans la localité de Houéhouédénou dans le village Gahousramè, commune de Zogbodomey. Alors qu’un camion lourdement chargé peinait à rouler sur la route en direction de Cotonou, le conducteur d’un autre camion derrière allant dans le même sens a tenté un dépassement sans prendre les précautions nécessaires. Alors, il s’est retrouvé nez à nez avec un taxi venant en sens inverse et rempli de passagers. Il le chevauche, l’écrasant avec tous les passagers à bord. Surpris, un second taxi vient s’incruster dans l’arrière du camion au milieu de la route. Les passagers de devant n’ont eu aucune chance contrairement à ceux qui sont à l’arrière et qui sont grièvement blessés. La vitesse de l’un et de l’autre justifie la violence du choc. Aucun des deux taxis n’est récupérable. Sur les lieux du drame, c’était l’émoi. Les commentaires et jérémiades allaient bon train. Bien que chanceux, les blessés garderont, sans nul doute, à vie les séquelles physiques et émotionnelles de cet accident. Des témoins mettent en cause la folie meurtrière des conducteurs de camions, bus et autres gros engins. Ils se prennent pour les rois de la route et font toujours des victimes. déplorent les usagers. Quelques instants après le drame, les premiers secours ont été portés aux blessés avant l’arrivée de la police qui s’est chargée par la suite de faire les constats d’usage et de rétablir la circulation paralysée par un embouteillage monstre. Région 30 mai 2022


Ouvrage de franchissement dans l’Atacora : Sos pont de Tchoumi-Tchoumi !
Le pont de Tchoumi-Tchoumi est défectueux. Les usagers inquets, appellent les autorités locales au secours.
L’ouvrage de franchissement qui donne accès à l’arrondissement de Tchoumi-
Tchoumi dans la commune de Natitingou est défectueux. Il s’agit d’un pont situé sur le tronçon Perma Tchoumi-Tchoumi. Cet ouvrage réalisé depuis des années pour faciliter la mobilité des usagers dans cette localité de l’Atacora ne tient plus et les populations expriment leurs inquiétudes.
Selon des organisations de la société civile de la commune, l’autorité communale a été informée de l’état dégradé du pont, mais n’aurait pas encore réagi. Les usagers du tronçon, long de plus de quinze kilomètres, reliant l’arrondissement de Tchoumi-Tchoumi à Taconta, une localité frontalière du Togo, s’inquiètent de l’état de l’infrastructure.
Selon les responsables de l’Ong Dynamique civique pour une veille citoyenne l’axe est devenu impraticable. Aussi, tous les regards sont-ils tournés vers la mairie pour un réaménagement de l’infrastructure. Notons qu’une délégation de la mairie a fait elle-même le constat lors d’une tournée d’explication aux populations de Tchoumi-Tchoumi sur la cherté de la vie.
Des actions sont envisagées, informe-t-on, pour une solution rapide afin de permettre aux populations de circuler sans inquiétudes sur le tronçon.
Région 30 mai 2022


Drame à Natitingou : Un enfant assasiné, l’auteur interpellé
L’homicide, ce samedi 28 mai, d’un enfant de six ans environ a attristé la population de Natitingou dans l’Atacora. L’auteur présumé de l’acte est un jeune qui s’adonne à des pratiques occultes. Un samedi dramatique pour les parents d’Ibrahim, un enfant de six ans environ égorgé par un jeune homme, la trentaine environ. Le drame s’est produit dans l’après-midi du samedi 28 mai au quartier Winkè à Natitingou et a mis toute la population en émoi. L’auteur de cet acte est un jeune homme détenteur d’un fétiche sis au domicile de son père, dans le voisinage de la victime. L’une des locataires de la maison a expliqué qu’il a appelé son enfant pour lui commander de la cigarette et elle s’y est opposée. Quelques minutes après, il appelle deux autres enfants à qui il propose de venir prendre de la mangue. Les deux l’ont suivi dans sa chambre. Le premier serait égorgé. Le second a pris peur, détale et informe ses parents de l’acte commis. Ces derniers, ne pouvant croire à ce petit qui a pu s’échapper ont pris du temps pour réagir, sur insistance du survivant. C’est ainsi que les dames, aidées d’un autre jeune, se sont portées sur les lieux pour demander à vérifier la pièce, mais le suspect s’y est opposé. Il a prévu, après le forfait, d’enterrer le corps dans la cour, sous un manguier en tentant de creuser une fosse, ont précisé les témoins. Il aurait dit à une locataire qu’il veut déterrer quelque chose sous ledit manguier. Dans cette tentative, le voisinage déjà mobilisé pour constater son forfait, a forcé d’entrer dans sa chambre. « On l’a vu en train de se laver les mains », souligne la locataire, toute meurtrie. Elle a précisé que le présumé auteur de l’assassinat du garçon a un comportement bizarre depuis la veille au retour de son voyage sur Parakou. Sur dénonciation d’un proche à lui, il a été interpellé par les éléments de la Police républicaine de Natitingou qui se sont portés promptement sur les lieux. Sur place, le jeune homme a déjà dissimulé le cadavre dans un tissu afin d’empêcher les agents de découvrir son crime, rapportent plusieurs témoins. Il a fallu la détermination des policiers pour retrouver le corps sans vie de l’enfant. Il a été conduit par la suite au poste de police pour la procédure judiciaire. La population alertée a voulu en découdre avec l’auteur présumé. Très tôt, ils ont pris d’assaut le poste de police pour exiger sa libération afin de se charger de lui. Avant le crime, il se faisait passer pour un homme de Dieu qui dispense l’enseignement biblique à ceux qui l’approchent. Le portail des lieux hermétiquement fermé, les manifestants ont tenté par diverses manières d’accéder à l’intérieur. La rue passant devant le commissariat a été bloquée de part et d’autre, alors que des pierres ont été jetées à l’intérieur. Mais c’est sans compter avec la réaction des forces de sécurité renforcées par des militaires pour disperser les manifestants et dégager la voie. Dans leur colère, ceux-ci ont mis le feu à deux pièces du suspect, une contenant un fétiche, l’autre servant de chambre à coucher. Région 30 mai 2022


Genève : Début de la Conférence internationale du Travail
Les représentants des gouvernements, des travail-leurs et des employeurs de 187 États membres sont réunis du 27 mai au 11 juin, à Genève (Suisse) pour la Conférence internationale du Travail. La sécurité, la santé au travail, l'apprentissage, ainsi que l'économie sociale et solidaire figurent parmi les points à l'ordre du jour de la réunion. La 110e session de la conférence internationale du travail se tient pour la première fois, de manière semi-présentielle, depuis deux ans. L’adoption d’un format hybride permet à ceux qui ne peuvent pas se déplacer en Suisse à cause de restrictions sanitaires et de voyage, liées à la pandémie de Covid-19, de participer aux travaux. L’Oit est dotée d’une structure unique qui rassemble des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs. Lors de la séance d'ouverture, les délégués ont élu le ministre du travail d’Argentine, Claudio Morino, comme Président de la conférence. Le ministre du travail du Qatar, Dr Ali Bin Samikh Al Marri, a été élu vice-président gouvernemental, le Brésilien Alexandre Furlan représentera à la vice-présidence les employeurs et la Péruvienne Paola del Carmen Egusquiza Granda, occupera le siège de vice-présidente au nom des travailleurs. Dans sa déclaration, Dr Samikh Al Marri a exprimé sa reconnaissance à ses pairs du groupe Asie-Pacifique pour leur marque de confiance et leur « reconnaissance des efforts accomplis par son pays dans le secteur du travail ». Durant sa déclaration d'ouverture, le Directeur général de l'Organisation internationale du Travail (Oit), le Britannique Guy Ryder, a rappelé qu’en général, les marchés du travail fonctionnent toujours à des niveaux d'heures de travail qui sont inférieurs (-3,8 %) à ceux d’avant la pandémie. Il constate que la reprise est très inégale. Les économies avancées ont pour la plupart repris rapidement leurs activités, ce qui n’est pas le cas pour les pays à revenu moyen et faible. Cette grande divergence rend le monde encore plus inégal. Six travailleurs sur dix vivent dans des pays où le revenu du travail n'a pas retrouvé son niveau d'avant la crise. Impact de la guerre en Ukraine En plus des symptômes sociaux et économiques persistants de la pandémie de Covid-19, le monde doit faire face à l'impact de la guerre en Ukraine. Guy Ryder a déclaré que « les conséquences se constatent dans les domaines de l'alimentation, de l'énergie et de la finance, avec de nouvelles perturbations des chaînes d'approvisionnement, une inflation galopante et des niveaux extraordinaires d'incertitude, d'insécurité et de tension ». Il a conclu son intervention en disant : « La paix durable dépend de la justice sociale, et la réalisation de la justice sociale dépend de la paix. Ceux qui recourent à la guerre nient la justice sociale. Et ceux qui font obstacle à la justice sociale mettent en danger la paix ». Programme Parmi les points à l'ordre du jour figurera l'amendement éventuel de la Déclaration de l’Oit relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée en 1998, afin d’y inclure des conditions de travail sûres et saines aux côtés du droit d'organisation et de négociation collective. Une première discussion sur l'apprentissage aura lieu, en vue de la possible création d'une nouvelle norme internationale du travail. Les commissions discuteront également du travail décent et de l'économie sociale et solidaire, ainsi que de l'objectif stratégique de l'emploi dans le cadre du mécanisme de suivi de la Déclaration de l’Oit sur la justice sociale pour une mondialisation équitable. Les commissions commenceront leurs travaux le 30 mai. Les séances plénières se tiendront du 6 au 11 juin. Le Sommet de haut niveau sur le monde du travail aura lieu le 10 juin. Trois jours plus tard, une réunion du Conseil d’administration de l’Organisation Internationale du Travail élira son bureau pour la période 2022-2023. Le nouveau directeur général de l’Oit, le Togolais Gilbert Houngbo, prendra ses fonctions le 1er octobre prochain. International 30 mai 2022


Zone Uemoa : Une croissance supérieure à 6 % attendue entre 2022 et 2026
Les perspectives économiques restent prometteuses pour la période 2022-2026, malgré les risques de plus en plus pesants sur les économies de l’Uemoa. Les Etats membres devraient continuer à faire preuve de résilience, face aux crises sécuritaire et sanitaire et aux aléas climatiques, en affichant des taux de croissance relativement élevés. Une croissance économique vigoureuse sur la période 2022-2026, mais qui demeure fragile et insuffisante pour enrayer définitivement les conséquences des crises sanitaire et sécuritaire. Telle est la projection contenue dans la deuxième édition de la Note de cadrage macroéconomique 2022-2026 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Selon le document du département des Politiques économiques et de la Fiscalité intérieure (Dpe) de la Commission de l’Union, l’activité économique devrait poursuivre sa dynamique de relance en 2022, mais à un rythme moindre qu’escompté auparavant dans l’ensemble des Etats membres. La croissance se situerait à 6,0 % cette année, soit une révision à la baisse de 0,9 point de pourcentage (pp) et de 0,5 (pp) par rapport au cadrage de mai 2021 et aux prévisions du Rsm de décembre 2021. La révision à la baisse des prévisions émane du risque de la survenue d’autres vagues de la pandémie de Covid-19 au regard de la recrudescence des variants du coronavirus et de la faiblesse dans la mobilisation de la population pour la vaccination. A cela s’ajoute l’incertitude sur la fin de la crise institutionnelle au Mali qui entrave les échanges commerciaux des Etats membres. La croissance serait essentiellement portée cette année par les secteurs primaire et tertiaire qui progresseraient respectivement de 4,0 % et 6,6 %, contre 3,2 % et 6,2 % en 2021. Ces projections tablent non seulement sur une campagne agricole plus favorable grâce à la bonne pluviosité et la poursuite des investissements publics destinés à soutenir la production, mais aussi sur une évolution favorable des cours des principaux produits d’exportation de l’Union (or, pétrole, café, cacao, etc.) et la bonne tenue de la demande mondiale desdits produits. Un retour progressif à la normale des activités est également attendu dans les domaines du transport et de l’hôtellerie. Quant au secteur secondaire, il resterait dynamique mais sa progression serait ralentie, avec une croissance de 6,4 %, après le rebond de 9,0 % en 2021. A court terme La croissance de l’Uemoa ressortirait à 7,6 % en 2023 puis à 6,9 % en 2024, 6,3 % en 2025 et 6,2 % en 2026, projette le Dpe. Les taux de croissance annuelle dans les Etats varieraient entre 3,8 % (Guinée-Bissau, 2022) et 10,6 % (Niger, 2024) sur la période. Entre autres hypothèses qui sous-tendent ces prévisions, il y a le démarrage de la production de pétrole au Sénégal et l’exportation de pétrole brut au Niger annoncée pour cette année mais qui débutera finalement l’année prochaine. Ce qui renforcerait la contribution du secteur secondaire à la croissance. Mais, le secteur tertiaire (y compris les taxes) continuerait d’être, sur la période 2022-2026, le plus grand contributeur à la croissance de l’Union. Les prévisions sont néanmoins entourées d’incertitudes, notamment l’évolution de la pandémie, les effets attendus de la mise en œuvre des plans de relance économique et la crise sécuritaire. De même, le caractère aléatoire de la production agricole, l’envolée des prix des engrais et les effets du dérèglement climatique pourraient peser dans la contribution du secteur primaire à la croissance économique dans les Etats membres. Face aux risques, les experts recommandent aux dirigeants de veiller à une mise en œuvre efficace des plans de relance et des projets de développement structurants porteurs de croissance, de poursuivre les efforts de mobilisation des ressources intérieures et extérieures pour la réalisation des infrastructures. Ils insistent sur la recherche de financements concessionnels et innovants en vue de maintenir la soutenabilité de la dette publique. Ainsi, le déficit budgétaire global de l’Union atteindrait 4,9 % du produit intérieur brut (Pib) en 2022 et moins de 3 % dès 2024, contre 5,7 % en 2021. Le taux d’endettement public de l’Union maintiendrait sa tendance haussière pour se situer autour de 54,6 % en 2022, après 53,3 % en 2021, selon les projections. Economie 30 mai 2022


Sécurisation des exploitations agricoles : Un accès adéquat au foncier pour un avenir durable
Face aux conflits récurrents autour des exploitations agricoles, la sécurisation foncière demeure un enjeu majeur pour sécuriser les investissements. « Si probablement la cause de la troisième guerre mondiale sera l’eau, ici il pourrait y avoir des conflits régionaux liés à la gestion du foncier si l’on n’y prend pas garde », alerte Gaston C. Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. « La mauvaise gestion du patrimoine foncier pourrait entraîner le désordre et empêcher de produire », a-t-il insisté, le 18 mai dernier, à l’ouverture d’un atelier sur les trajectoires des politiques foncières au Bénin. En fait, la terre nourricière reste un bien déterminant pour les sociétés humaines en général et dans la vie des producteurs, éleveurs, pisciculteurs, exploitants forestiers en particulier, relève Lawani Arouna, président de la Plateforme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles du Bénin (Pnoppa-Bénin). En cela, indique-t-il, les terres sont essentielles pour la sécurité alimentaire, l’élimination de la pauvreté, la stabilité sociale et la sécurité du logement. La réforme foncière dont l’aboutissement a été la promulgation de la loi 2013-01 du 14 août 2013 portant Code foncier et domanial en République du Bénin, modifiée et complétée par la loi n° 2017-15 du 10 août 2017, vise l’accès équitable et inclusif au foncier, la sécurisation des investissements, la gestion efficace des conflits fonciers afin de contribuer à la réduction de la pauvreté, à la consolidation de la paix sociale et à la réalisation d’un développement intégré et durable. Nonobstant cette législation, les acteurs du monde rural éprouvent au quotidien des difficultés relatives à leurs activités, malgré les dispositions contenues dans ledit code qui devraient limiter les spéculations et sécuriser les investissements. A chacun son espace La sécurisation foncière des exploitations agricoles, à travers l’obtention des attestations de détention coutumière (Adc) demeure un enjeu de taille en raison de l’inexistence ou du non-fonctionnement des instances locales de gestion foncière dans certaines localités rurales, relève M. Arouna. De même, le pari est loin d’être gagné en termes de respect des droits d’accès à la terre des femmes, ajoute-t-il. Pour le ministre de l’Agriculture, les éleveurs et les agriculteurs doivent avoir leurs espaces pour mener leurs activités économiques en toute quiétude. « Si ce n’est pas clairement défini et que les gens s’acceptent, le développement serait conjugué au futur », estime-t-il. La délimitation des espaces, des couloirs de passage des animaux reste aussi une préoccupation pour les acteurs. En dépit des efforts consentis ces dernières années avec à la clé l’adoption de la loi n° 2018-20 du 23 avril 2019 portant Code pastoral, les conflits entre paysans et éleveurs transhumants sont toujours d’actualité. Les décrets d’application de ce code se font toujours attendre. Son opérationnalisation nécessite également des cadres d’échanges et de réflexion entre les différents acteurs pour la bonne réalisation des objectifs. Mais au-delà, ce qui taraude les esprits, c’est « l’urbanisation galopante », avec les lotissements à tout-va. « A l’avènement de la décentralisation, on a commencé à tirer la chaîne d’arpenteur, au point qu’aujourd’hui il est difficile de trouver d’espaces dans les villes et même dans certaines régions pour implémenter des projets d’envergure », se désole le ministre. Il pointe aussi du doigt l’appropriation tous azimuts des vallées, collines et autres ressources naturelles comme des biens privés ainsi que la stigmatisation de certaines catégories de producteurs et ce, malgré l’existence des textes. « Ainsi, nous poussons nos propres frères dans les bras des djihadistes et ils reviendront nous charcuter », avertit Gaston Dossouhoui, évoquant les enjeux et les dynamiques sociales dans le processus de mise en œuvre de la politique foncière du Bénin. Eviter le pire Face à cette question sécuritaire, il urge de trouver les voies et moyens pour prévenir le pire. « Si tout doit être réglementé par les textes pour une meilleure gestion des espaces et leur préservation pour les générations à venir, les modes de production doivent également bouger », préconise le ministre de l’Agriculture. Par ailleurs, il plaide pour la sédentarisation des troupeaux à travers la production du fourrage et la maîtrise de l’eau, toutes choses qui permettront de limiter les conflits qui naissent entre agriculteurs et éleveurs du fait de l’élevage divaguant. C’est en ce sens que le Projet de sédentarisation des troupeaux (Proser) lancé en décembre 2021 pour une durée de cinq ans, requiert toute son importance. D’un coût global de 35 milliards F Cfa, il permettra d’amorcer une transformation profonde du système d’élevage des ruminants, notamment la sécurisation des espaces pastoraux, l’amélioration de la productivité et la production du bétail, la lutte contre la pauvreté, la création de la richesse additionnelle et surtout la réduction des conflits liés à la transhumance. Aussi, les regards sont-ils tournés vers le Projet d’appui au développement des filières lait et viande et à la promotion des entreprises d’élevage (Prodefilav-Pel 2022-2026) qui prévoit, entre autres, l’aménagement de 2 500 hectares d’aires de pâturage et le balisage de 500 km de couloirs de passage des animaux, la réalisation ou la réhabilitation de systèmes d’alimentation en eau. Economie 30 mai 2022


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