La Nation Bénin...
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La cinquième session extraordinaire de l’année 2018 de la septième législature a été close, ce lundi 22 octobre, au palais des Gouverneurs à Porto-Novo sans l’examen de la proposition de loi portant répression de la traite des personnes en République du Bénin, second point de l’ordre du jour.
Les députés de la septième législature ont clos, ce lundi 22 octobre, la cinquième session extraordinaire au titre de l’année 2018. Les travaux ont été clôturés par le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Robert Gbian, après quinze jours d’activités conformément aux textes. L’institution parlementaire a ouvert cette session le lundi 8 octobre dernier avec deux points inscrits à l’ordre du jour à savoir : l’examen de la loi portant répression de la traite des personnes et la mise en conformité avec la Constitution du Code électoral récemment adopté, en ses articles 227, 244 et 249. Lesquels articles ont été déclarés contraires à la loi fondamentale par la Cour constitutionnelle dans sa décision Dccn°18-199 du 02 octobre 2018. Mais à la clôture hier, il a été noté que seul le second dossier a été examiné et adopté par les députés en leur séance plénière du lundi 8 octobre dernier. Le Code électoral a été rendu conforme à la Constitution conformément aux observations de la Haute juridiction. Le dossier est actuellement sur la table du chef de l’Etat pour promulgation si ce n’est encore fait. Mais le point relatif à la proposition de loi portant répression de la traite des personnes n’a pas eu la même chance. Le dossier n’a pas été abordé. Tout simplement parce que la Commission des Lois, de l’Administration et des Droits de l’homme n’est pas prête dans ses travaux. Celle-ci n’a pas finalisé l’étude du dossier jusqu’à hier. Elle attend de recevoir les ministres chargés de la Justice et de l’Intérieur pour éclairer sa lanterne par rapport à certaines dispositions de la proposition de loi. Le président de cette Commission technique, Alexis Agbélessessi, a informé ce lundi 22 octobre, la plénière de cette difficulté qui a empêché la reddition du rapport pour l’examen de la proposition de loi. Le dossier sera certainement étudié au cours de la seconde session ordinaire de l’année 2018 encore appelée session budgétaire qui s’ouvre jeudi 25 octobre prochain.
Actualités 23 oct. 2018

Ce lundi 22 octobre, le président de la République, Patrice Talon, a reçu en audience plusieurs personnalités dont Moussa Fakir Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine.
Au menu de leurs échanges, les préparatifs du prochain sommet de l’Union africaine qui aura lieu à Addis-Abeba en Ethiopie. Aussi, Moussa Fakir Mahamat a fait part au chef de l’Exécutif béninois des grands chantiers en cours au niveau de l’institution panafricaine et a bénéficié des conseils avisés de ce dernier pour leur mise en œuvre diligente et en toute perspicacité. Il a été question d’intégration africaine comme de bien entendu. Entre autres, de la libre circulation des personnes et des biens en Afrique, de la construction d’infrastructures fédérant le transfert aérien, de la zone de libre échange continentale en perspective, etc.
Introduit au cabinet du président de la République par le chef de la diplomatie béninoise, Aurélien Agbénonci, le président de la Commission de l’Union africaine en est reparti satisfait de son tête-à-tête avec le président de la République béninois.
P.A.
Actualités 23 oct. 2018
Discours de MARTIN ASSOGBA VIHOUTOU[/caption]Les deux organisations de mise en œuvre du programme de Participation citoyenne aux politiques publiques au Bénin (PartiCiP), Alcrer et Social Watch, ont procédé vendredi 19 octobre dernier au siège de l’Ong Alcrer à Cotonou, à la remise de matériel informatique aux coordinations départementales et aux Cellules de participation citoyenne (Cpc). Cette initiative soutenue par les Pays-Bas s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la phase 2 dudit programme.
« Une mission, des hommes et des moyens ». C’est dans cette logique que s’inscrit la remise de don aux coordinations départementales et aux Cellules de participation citoyenne (Cpc) dans le cadre du programme PartiCiP, piloté par Social Watch Bénin et Alcrer, à travers le soutien des Pays-Bas.D’un montant global de quinze millions de francs Cfa, le don est constitué essentiellement d’ordinateurs Desktop et portatifs, de clés de connexion internet, d’onduleurs et de régulateurs. Il vise à renforcer les structures de base du programme PartiCiP2 en vue de leur permettre de relever convenablement les défis à elles assignés.
« Soucieuses de la performance des Cpc et des coordinations départementales, Alcrer et Social Watch Bénin ont sollicité et obtenu de l’Ambassade des Pays-Bas le soutien financier nécessaire pour renforcer les capacités d’intervention des treize nouvelles Cpc installées dans l’Atacora-Donga à l’instar des quarante-neuf anciennes Cpc de PartiCiP 1 qui ont bénéficié, le 15 juillet 2014, de matériels similaires devant les aider à assumer pleinement leur mission de veille citoyenne en vue de l’enracinement des pratiques de bonne gouvernance au sein des collectivités locales », explique le président du comité de pilotage et de suivi du programme PartiCiP 2, Martin Vihoutou Assogba.
Selon lui, la remise de don est un pas important dans la consolidation et la pérennisation des activités des Cpc dans les communes. « Elle est le témoignage éloquent de la bonne santé des relations de coopération entre le Bénin et les Pays-Bas et surtout l’expression du soutien constant de ce pays à l’endroit de la société civile béninoise dans ses initiatives pour l’enracinement de la bonne gouvernance au Bénin», se réjouit-il.
Le représentant de l’ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin, David Quenum, salue l’engagement des deux structures de mise en œuvre du programme. « Votre engagement en faveur de la bonne gouvernance et du développement est sans faille, sans exigence et sans contrepartie », apprécie-t-il.
Ces équipements offerts permettront aux structures bénéficiaires de se mettre au diapason des TIC afin d’être plus efficaces sur le terrain. Ils viennent combler les attentes au niveau des coordinations départementales.
La porte-parole des bénéficiaires, Marie-Claude Agligo Kintossou, témoigne sa gratitude aux donateurs. « Vous ne faites pas économie de vos efforts pour nous soutenir depuis des années. Nous vous remercions parce que vous êtes en train de booster le développement du Bénin », se réjouit-elle.
Le président du comité de pilotage et de suivi du programme PartiCiP 2, Martin Vihoutou Assogba, exhorte les bénéficiaires à une gestion judicieuse du matériel « afin d’en garantir une durée de vie optimale et le mettre au service de l’amélioration de leurs performances dans leurs localités respectives d’intervention ».
Les structures de base du programme PartiCiP 2 en sont conscientes. « Nous ferons un bon usage des matériels qui nous sont offerts et réitérons notre engagement aux Pays-Bas et aux partenaires qui ne cessent de nous soutenir », promet la porte-parole des bénéficiaires.
La phase 2 dudit programme vise l’amélioration de la participation, de la transparence et de la reddition de comptes dans la gestion des politiques publiques au Bénin.

Les différentes compétitions interclubs de la Caf abordent déjà leurs dernières lignes droites. Bientôt démarreront les tours préliminaires de leur édition de 2019. Malheureusement, il n’y aura aucun club béninois engagé.
Avec l’élection de Mathurin de Chacus et de son équipe, il y a quelques jours, la crise du football béninois fait désormais partie du passé. Mais, malgré l’embellie promise par ses nouveaux maîtres, il n’y aura aucun représentant béninois aux prochaines compétitions interclubs de la Caf. Quel paradoxe, alors que la sélection nationale effectue un parcours remarquable dans les éliminatoires de la Can, Cameroun 2019.
En effet, pour le compte de la saison 2019-2020, il n’y aura pas de campagne africaine pour les clubs béninois. La Ligues des champions et la Coupe de la Confédération de la Caf n’enregistreront aucun d’eux. Et pour cause, la fédération qui avait jusqu’au 15 octobre dernier, ultime délai fixé par la Caf, pour les engager, n’a pas pu le faire. Le retard accusé dans le démarrage du championnat est à la base de cette situation. Il y a des mois que cette compétition se fait désirer. Prévue pour commencer samedi 29 septembre dernier, elle a finalement été reportée au samedi 27 octobre prochain. Ce qui, dans ces conditions, ne permet pas la désignation des clubs.
Si la finalité pour les équipes de la division d’élite reste le sacre, synonyme de qualification en Ligue des champions d’Afrique, il est à craindre que le championnat national tant attendu perde de sa superbe. Sans enjeu, il ne sera qu’un simple machin organisé pour occuper les clubs. A moins que la fédération décide de mettre la période à profit, pour procéder à de véritables réformes en profondeur afin de relancer le football béninois.
La saison dernière, ce sont les Buffles du Borgou qui avaient eu l’honneur de représenter le Bénin à la Ligue des champions de la Caf. Opposés à l’Asec d’Abidjan, lors du premier tour de la compétition, ils n’avaient pas été ridicules. Tenus en échec (1-1) au match aller, à Cotonou, les protégés du président
Laurent Gnansounou ont perdu de justesse (3-2) à Abidjan. Quant aux électriciens de la Sbee, Energie FC, ils ont été éliminés au deuxième tour de la Coupe de la Confédération par Enyimba FC du Nigeria, après avoir fait la fête au Hafia de la Guinée, au Stade du 28 septembre à Conakry.
les Ecureuils du Bénin[/caption]En attendant les deux dernières journées des éliminatoires de la Can, Cameroun 2019, les Ecureuils du Bénin peuvent prendre seuls la tête du groupe D. Mais, ce serait à condition que la Caf déclare recevable, la réserve portée par la Fédération gambienne de Football (GFF) contre le joueur James Olufadé également aligné par le Togo contre eux, à Lomé.
Les férus du football béninois retiennent leur souffle. Tous ont leurs regards tournés vers le siège de la Caf au Caire, en Egypte. Il suffira que l’instance suprême du football africain trouve la réserve de la GFF portée contre le joueur togolais, James Olufadé, fondée, et les Ecureuils prendront seuls le contrôle du groupe D des éliminatoires de la Can, Cameroun 2019. Ce qui leur permettra de prendre, par rapport à la qualification à leur quatrième phase finale de la Can, une avance considérable sur leurs poursuivants immédiats, les Fennecs de l’Algérie que les Scorpions de la Gambie auront rejoints entre temps.
En effet, le joueur en question ayant également été aligné contre eux à Lomé, il y a quelques semaines, leur permettra de prendre 2 points supplémentaires. Ce qui leur fera un total de 9 points. De 2 points, la Gambie passera à 7, après avoir été déclarée vainqueur sur tapis vert, lors de sa double confrontation face au Togo. Elle rejoindrait alors à la 2e place, l’Algérie qui a aussi 7 points.
Force est de constater que suite à sa défaite (0-1) contre le Togo, mardi 16 octobre dernier à Banjul, en éliminatoires de la Can, Cameroun 2019, la Gambie a déposé une plainte auprès de la Caf au sujet de l’éligibilité du joueur James Olufade. Ce dernier, selon elle, serait de nationalité nigériane, comme indiqué sur le site de la Caf, lors de son enregistrement dans une compétition en 2016, sous les couleurs de New Stars du Cameroun. Elle estime que le Togo ne s’est pas conformé aux usages indiqués, pour qu’il joue sous ses couleurs.
Evoluant actuellement au sein de l’Union sportive de Douala, James Olufade a participé au match nul (1-1) entre les Eperviers du Togo et les Scorpions de la Gambie, vendredi 12 octobre dernier à Lomé. A Banjul, 4 jours plus tard, il est resté sur le banc. En septembre dernier, il était sur l’aire de jeu contre le Bénin (0-0).
« Olufade est détenteur d’une double nationalité. Il n’a jamais joué pour le Nigeria pour que la fédération togolaise soit astreinte à demander un changement d’association au niveau de la Fifa. Donc, il est bien qualifié pour le Togo. Nous ne nous faisons pas de soucis par rapport à ça », a indiqué, vendredi 19 octobre dernier, l’attaché de presse de la fédération togolaise, Augustin Amega.
Mgr Roger Houngbédji[/caption]L’archevêque de Cotonou Mgr Roger Houngbédji, a présidé, samedi 20 octobre dernier, la messe solennelle d’ouverture de l’année pastorale 2018-2019 en présence d’une foule immense de clercs et de fidèles chrétiens catholiques de l’archidiocèse de Cotonou. Le père Abel Chanhoun revient sur les grandes lignes de cette célébration et le message de l’ordinaire des lieux au titre de la nouvelle année pastorale qui s’ouvre.
La Nation : Que doivent comprendre nos lecteurs de l’ouverture de l’année pastorale ?
Père Abel Chanhoun : Chacun est habitué aux années civiles, académiques ou universitaires. Il y a aussi l’année pastorale qui englobe des activités liturgiques et apostoliques. Mettons-nous bien d’accord que la pastorale prend en compte les besoins spirituels des communautés chrétiennes. Elle aide à approfondir la foi, l’espérance et la charité des fidèles, sans oublier le dialogue avec les non-croyants ainsi que toute la communauté humaine. C’est important, pour chacun, de rentrer dans l’esprit de chaque année pastorale.
Quel est le thème retenu pour l’année pastorale 2018-2019 et que doit-on retenir du message délivré par Mgr Roger Houngbédji à l’occasion ?
Le thème de cette année est"La communion fraternelle". Il faut en retenir les aspects essentiels de l’Eglise Famille de Dieu, les gestes de solidarité et d’ouverture aux autres. La Lettre pastorale "Un seul cœur et une seule âme" donne des pistes intéressantes aux numéros 7 (Saphire et Ananie : argent et mensonge), 8 (implication de l’unité trinitaire) et 9 (Onésime et incidence du baptême), 14 (« véritable égalité quant à la dignité et l’activité »), entre autres. Cette lettre touche les fidèles laïcs, les prêtres et les personnes consacrées. C’est la raison pour laquelle le père Barnabé Bocovo, la sœur Lydie Djivoedo et Mme Gisèle Ogounlety sont intervenus à Sainte Thérèse de Godomey, en ce jour du 20 Octobre 2018. Chacun, à son niveau, doit en retenir au titre des valeurs à cultiver la réconciliation, qui sera d'ailleurs célébrée le samedi de la 4e semaine de carême, la fraternité, la promotion d’une spiritualité de la communion et la guérison des blessures intérieures. A mon avis, les familles et les communautés ecclésiales de base(cf. numéro 16), les paroisses et communautés religieuses pourront servir de levier pour la pratique de la communion fraternelle.
D’autres recommandations à l’endroit des fidèles ?
Le numéro 17 de la lettre est assez explicite (initiatives de solidarité matérielle et spirituelle entre paroisses et structures diocésaines ; et ouverture fraternelle dans les groupes mouvements ; associations et communautés nouvelles). Mais auparavant, il y a le numéro 13 (examen de conscience et approfondissement de la grâce de la filiation divine). Ce numéro me semble fondamental quant au lien à établir entre vérité et amour. On pourrait alors tirer toutes les conséquences du numéro 10 de la lettre que j’exhorte chacun à lire (Eglise comme lieu d’entraide et de solidarité [cf. Ac 2,42-44]). On pourrait s’attarder sur le numéro12 (syndrome de Caïn ; jalousie, envie morbide, calomnie, médisance, haine) sans négliger le numéro 11 (déraciner le syndrome d’Ananie et de Saphire).
La communion fraternelle concerne-t-elle exclusivement l’archidiocèse de Cotonou ?
Evidemment non. Il y a quatre dimensions importantes de cette communion notamment la communion avec Dieu, la communion avec la hiérarchie, la communion entre les membres d’une même Eglise puis la communion avec les autres diocèses ou avec l’Eglise universelle et la communauté humaine.Vous savez que depuis Saint Ignace d’Antioche, on a affirmé l’unicité de l’épiscopat qui traduit à son tour l’unité dans laquelle tous se trouvent rassemblés à la table du Seigneur. Chacun ne va pas à la recherche des personnes qui lui sont sympathiques. Il s’efforce plutôt d’accueillir le Seigneur avec tous ceux qui croient en lui en un lieu déterminé. Ces derniers sont des frères et sœurs que le Seigneur lui donne. Pour faire bref, il faut valoriser l’unité de l’unique Eglise dans l’Eglise locale en tenant compte du principe selon lequel là où se trouve Pierre (Evêque de Rome), là se trouve l’Eglise et là où se trouve l’évêque, là se trouve l’Eglise(ubi Petrus, ibiecclesia ; ubiepiscopus, ibiecclesia). Il va sans dire qu’on ne saurait occulter l’aspect dynamique de l’Eglise que révèle le Christ : « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie… ».
Quel est votre mot de fin ?
La messe s’est achevée par l’envoi en mission. Chacun est en mission pour la communion fraternelle. Je dirais, pour citer le pape François, que chacun est une mission (cf. Evangeliigaudium 273).
Actualités 22 oct. 2018
Le juriste Jacques Migan[/caption]L’opportunité de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) reste un sujet qui suscite des opinions diverses au sein des hommes de droit. Tandis que le juriste Jacques Migan justifie la création de cette juridiction par la récurrence des crimes économiques et du terrorisme, son confrère Nourou Dine Saka l’assimile à une juridiction qui ne favorise pas un procès équilibré. Ils ont confronté leurs arguments, dimanche dernier, lors de l’émission «90 minutes pour convaincre» sur la Radio nationale.
Le Bénin n’est pas à l’abri d’actes de terrorisme. Les infractions économiques ont cours et la corruption est une gangrène qui sévit dans le pays. L’impunité s’était établie en maître encourageant les dealers à faire du Bénin, une plateforme tournante de la drogue. Autant de raisons qui fondent, selon Me Jacques Migan, l’utilité, voire la nécessité de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Il était, selon lui, temps de mettre fin au règne de l’impunité et de ramener de l’ordre dans la bergerie. A contrario, le juriste Nourou Dine Saka, sans écarter la nécessité de réprimer les infractions économiques, soutient que la loi portant création de la Criet fait plus de mal que de bien. En effet, la loi fait de la Criet le juge en premier et deuxième ressorts des infractions qui lui sont attribuées. Ce faisant, la loi arrache au justiciable son droit à l’appel. «Il peut y avoir une erreur matérielle dans la conduite de l’affaire au niveau de la Criet. Et s’il n’y a pas d’appel pour revenir sur cette erreur, c’est que l’on refuse de donner à l’accusé une seconde chance», a-t-il laissé entendre. Il rappelle qu’en cassation, le dossier n’est plus réexaminé dans le fond, car il s’agit à ce niveau de voir si la règle de droit est suivie.
Mais Me Jacques Migan a rappelé à son tour qu’il y a des affaires pour lesquelles même le juge de première instance statue en premier et en dernier ressorts notamment dans la répression des infractions relevant du Code du travail. «En matière de droit de travail, le principe, c’est de décourager les abus des employeurs sur les employés. C’est pour décourager les abus que la loi dispose ainsi.
En outre, les sanctions sont souvent pécuniaires, c’est-à-dire qu’il ne s’agit souvent pas de peine privative de liberté. C’est pourquoi on ne donne pas la possibilité d’un appel. Mais en matière pénale, c’est la liberté du prévenu qui est en péril. Il faut lui donner une deuxième chance de se défendre», a rétorqué Nourou Dine Saka. Il ajoute que les peines pour les infractions sous la compétence de la Criet sont assez lourdes, 20 ans, 15 ans... Une raison de plus pour donner au mis en cause la possibilité de faire appel. Mais avant d’aller à la peine, il y a un processus d’investigations en amont. Le juge ne déclare pas coupable sans fond, selon Me Jacques Migan. «J’ai toujours fait confiance aux magistrats de notre pays. C’est nous-mêmes qui jetons de l’opprobre sur nos magistrats. Si nous ne sommes pas d’accord, nous avons deux voies. Saisir la Cour constitutionnelle sur la mise en conformité à la Constitution ou retourner à l’Assemblée nationale pour la modification de la loi», a affirmé Me Jacques Migan. Au demeurant la loi sur la Criet, avec la confusion et l’imprécision qu’elle inspire, reste perfectible pour le juriste, Nourou Dine Saka. «La loi sur la Criet pèche par manque de précision. Elle n’explicite pas les infractions économiques», a-t-il martelé. Selon lui, cette loi devrait être revue par les parlementaires pour être mieux encadrée. Et dans ce sens, il salue la perspicacité des propos du procureur spécial qui se met en position d’exécutant et oriente ceux qui en ont après la loi vers l’Assemblée nationale.
Géovani HOUANSOU Reçu par le Ministre Olswald HOMEKY[/caption]Le prix théâtre Rfi 2018 est revenu au dramaturge béninois, Sedjro Giovanni Houansou. Le jeune acteur culturel qui a inscrit le nom du Bénin sur la liste restreinte des gagnants de ce prix a été reçu en audience, pour le compte du gouvernement, par le ministre en charge de la Culture Oswald Homeky, vendredi 19 octobre dernier.
Le lauréat du prix théâtre Rfi 2018, avec la pièce « Les inamovibles », Sedjro Giovanni Houansou a été reçu, vendredi 19 octobre dernier, au cabinet du ministre en charge de la Culture Oswald Homeky. C’est devenu d’ailleurs presque une tradition pour lui, de recevoir et de dire les gratitudes de la République à ces rares sportifs et acteurs culturels béninois qui se distinguent par leurs prestations. Bien d’autres y sont déjà passés et Giovanni Houansou a eu lui aussi sa part de reconnaissance. « Je l’ai reçu pour lui présenter les félicitations du président de la République et du gouvernement et aussi pour lui dire ma fierté de voir un jeune acteur culturel béninois s’imposer à ce niveau », a déclaré le ministre au terme de l’audience qu’’il a accordée au jeune dramaturge. Puis, il annonce l’intention du gouvernement et tout particulièrement du ministère en charge de la Culture, de l’accompagner dans les besoins qu’il a pour ses projets. Célébrer nos talents, c’est aussi partager le modèle qu’ils représentent, explique le ministre Oswald Homeky. Et pour ce qui est de Sedjro Giovanni Houansou, son savoir-faire sera partagé avec les jeunes béninois. « J’ai proposé que nous puissions organiser une tournée nationale, au cours de laquelle il rencontrera les plus jeunes et leur expliquera qu’ils sont capables aussi que lui de réussite », a laissé entendre le ministre. Pour lui, c’est une autre manière de célébrer les talents, de les reconnaître et de les valoriser. Vœu cher, rappelle-t-il, au président de la République qui met un point d’honneur à révéler le Bénin et tout ce qui y est contenu de bien. Sedjro Giovanni Houansou note avec satisfaction que, depuis 2017, les sportifs et les jeunes acteurs culturels qui sortent du lot sont rehaussés. « Nous ne demandons pas plus que ça », sourit-il. « L’artiste se donne des ailes dès l’instant que son travail est reconnu. C’est un double honneur pour moi d’être reçu par le ministre. Il y a beaucoup de ressources dans le pays et l’environnement et sa dureté nous permettent d’être excellents ailleurs », coupe-t-il.
Société 22 oct. 2018

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci et l’administratrice générale de Wallonie-Bruxelles International, Pascale Delcomminette ont signé, jeudi 18 octobre dernier, à Cotonou, les documents de la 6e session de la Commission mixte entre le Bénin et les entités francophones de la Belgique. Cette cérémonie marque la fin des travaux de ces assises.
Signature de documents et échange de parapheurs. C’est par cet acte que le ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci et l’administratrice générale de Wallonie-Bruxelles International, Pascale Delcomminette, ont conclu les travaux de la 6e session de la Commission mixte entre le Bénin et les entités francophones de la Belgique. Au cours de cette cérémonie, Pascale Delcomminette a félicité tous les cadres qui ont travaillé tout au long de cette session à élaborer les documents, fruits du consensus de la coopération entre le Bénin et les entités francophones de la Belgique. Selon elle, le climat de confiance qui a prévalu lors des travaux a permis d’aboutir à de meilleurs résultats. Ainsi, elle se réjouit que les objectifs de partenariat définis pour la coopération soient en parfaite adéquation avec les politiques nationales. «16 projets basés sur les lignes directrices du programme d’action du gouvernement avec des thématique qui nous tiennent à cœur seront élaborés afin de renforcer la coopération »,
a-t-elle déclaré. Selon elle, les axes prioritaires comme l’eau, le patrimoine culturel et touristique et le renforcement du capital humain ne seront pas occultés.
Selon le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbenonci, cette sixième session de la Commission mixte entre le Bénin et les entités francophones de la Belgique est le symbole de la vitalité de la coopération entre le Royaume de la Belgique et le Bénin. « Nous pouvons encore tirer beaucoup de cette coopération », a-t-il martelé. Il a salué les efforts des cadres qui ont élaboré les documents qui tiennent compte, non seulement des axes clés du programme d’action du gouvernement béninois mais aussi des aspirations du partenaire. « Tous les domaines prioritaires ont été pris en compte pour le bonheur de nos populations », a-t-il ajouté. C’est pourquoi il témoigne sa reconnaissance à ses hôtes. « Le fait de vous avoir à nos côtés nous rassure. Je m’évertuerai à ce que les engagements soient respectés », a-t-il conclu.
O PATHINVO PAC 18 OT[/caption]Le partenariat entre le port de Cotonou et le port d’Anvers est-il générateur de plus-value pour l’économie béninoise ? Au-delà de toute polémique, qui s’avère stérile, en l’occurrence pour peu qu’on creuse la question, le port de Cotonou a besoin de l’expertise de sa ‘’grand- sœur’’ d’Anvers à plusieurs égards. Une visite largement guidée par des responsables du port d’Anvers, faite du 5 au 9 octobre dernier conforte une telle conviction.
Mince donc, pourquoi avoir fait recours à des compétences extérieures pour tenir le gouvernail du port de Cotonou ? Cette interrogation a fini de tarauder les Béninois les plus tatillons. Aussi sceptiques qu’ils soient, ils ne sont pas sans savoir ce que représente le port d’Anvers depuis que le chef de l’Etat lui-même s’en est expliqué. Avoir une information juste à cet effet a valeur pédagogique, pour pouvoir sérieusement opiner et juger de la pertinence du choix du gouvernement actuel à jeter son dévolu sur cette entité belge.
Sous l’éclairage de plusieurs responsables du port d’Anvers, il a été loisible d’en apprendre à foison, du 5 au 9 octobre dernier, sur les potentiels (immenses) du 2e port d’Europe, les dynamiques qui y sont pratiquées et d’en faire aisément les déductions sur ses expertises bénéfiques au port de Cotonou.
Le port d’Anvers est, en effet, un carrefour des chaînes d’approvisionnement mondiales. Pour transporter les marchandises de manière rapide, économique et flexible, il propose une large gamme de solutions maritimes et logistiques intégrées.
Deuxième port d’Europe en termes de volume, il a développé un leadership inégalé en matière de réalisation de plus-value, c’est-à-dire de gains générés par les opérations portuaires, fort de 12 067 hectares de surface portuaire et d’une ressource humaine évaluée à 142 654 employés qui assurent le fonctionnement quotidien efficace et sûr du port, qu’il s’agisse du service de gestion du trafic maritime de l’Autorité portuaire, des acteurs des services techniques nautiques, de la sécurité et de la planification, à savoir les contrôleurs de trafic et maîtres dockers, etc.
Le port de Cotonou ne peut que tirer profit de ce savoir-faire résilient, pour tenir en respect ses rivaux que sont Lomé, Abidjan ou encore port Harcourt (Nigeria). Et de cela, le partenaire anversois du port de Cotonou en est convaincu. Notamment, par la valorisation des zones franches dédiées par le port de Cotonou aux pays de l’hinterland, ses 11 postes à quai et son unique poste pétrolier, etc.
Vu les chiffres, on se rend à l’évidence de ce que le port de Cotonou a beaucoup à tirer de sa grand-sœur d’Anvers qui pèse nettement plus lourd et a davantage d’expériences que lui.
Des chiffres qui parlent
224 millions de tonnes ! Tel est le volume annuel de fret maritime international réalisé par le port d’Anvers qui dispose de 16 terminaux de vracs liquides, 5 terminaux en haute mer pour les conteneurs, 15 terminaux de marchandises diverses, 12 terminaux de vracs secs, 7,2 millions m2 de stockage en citerne, 6,3 millions m3 de stockage couvert, 680 000 m3 de stockage en silos pour les polymères. Loin devant sa grande rivale Rotterdam, ses chiffres superlatifs ne sont pas sans donner le tournis. Mais surtout, ils en sont pour quelque chose dans le choix des gouvernants béninois à faire confiance à Anvers, dans leur ambition de faire du port de Cotonou, réputé poumon national, un hub international. Cela est possible, si un investissement conséquent est fait, ne serait-ce qu’en termes de matériels et d’infrastructures adéquats comme envisagé aujourd’hui. Dans la juste mesure des ambitions et perspectives du port de Cotonou, lui aussi fort avec, modestement, 60 ha de plan d’eau, une aire opérationnelle de 200 ha, des magasins et entrepôts de 100 ha, des parcs à conteneurs de 120 ha. Car, toute proportion gardée, le tout ne suffit pas d’avoir de grandes dimensions, il faut, comme le port d’Anvers, savoir capitaliser ses atouts et en tirer un maximum de profit. Ce qui n’a pas été jusqu’à récemment le cas au point que l’Exécutif béninois juge opportun de faire appel à l’expertise extérieure, en l’occurrence Anvers qui a de la ressource à revendre à cette fin.
Selon les chiffres communiqués par l’autorité portuaire, lors des trois premiers trimestres 2018, le port d’Anvers a déjà traité plus de 177 millions de tonnes de marchandises, ce qui représente une hausse de 6% par rapport à la même période de l’année précédente ; le trafic de conteneurs a progressé de 7,1%, à près de 98,5 millions de tonnes. Au 1er semestre 2018, le port d’Anvers a enregistré 2080 tankers, 670 RO-RO conteneurs, 2205 conteneurs de poissons, 1312 cargos poissonniers, etc. C’est le fruit d’un travail méticuleux et de l’ingéniosité anversoise qui a mis d’accord tous les armateurs, grâce à la coopération efficace entre les entreprises privées, l’Autorité portuaire, les organisations et les autorités concernées, a expliqué Marc Paelinck, directeur de Port d’Anvers International (PAI). Un tel savoir-faire, le Bénin peut en tirer largement profit.
Développant, en effet, des solutions globales pour la chaîne d’approvisionnement, ce sont 900 entreprises qui sont installées dans le port d’Anvers, qu’il s’agisse des expéditeurs, des compagnies de transport maritime, des agents de bord, les transitaires ou les prestataires de services logistiques, etc. Cotonou peut implémenter une telle réussite. Chose qu’en dix ans, 17 directeurs généraux successifs, sous le régime défunt, n’ont pu réaliser !
Loin de la mer et près des destinations
En effet, avec un trafic portant sur plus de 800 destinations, selon les explications d’Edouard Jourdain, consultant senior du Port d’Anvers International, la particularité de ce port belge reste qu’il est un port d’écluse, c’est-à-dire un port non pas ouvert directement sur la mer, mais basé sur un ouvrage hydraulique implanté dans un canal, ou un cours d’eau, pour le rendre navigable et permettre aux bateaux de franchir des dénivellations sans anicroche. Par ce canal, les marchandises arrivent rapidement et en toute sécurité à Anvers et partent à leur prochaine destination via les écluses, notamment du fleuve Escaut, explique-t-il. Là réside le génie du port d’Anvers par rapport aux autres ports, lequel dispose de la plus grande écluse au monde favorisant une pénétration de 80 km à l’intérieur des terres, renseigne Marc Paelinck de PAI. Ce qui lui permet de traiter des millions de tonnes de fret et d’offrir une entrée plus rapide avec l’arrière-pays et les pays voisins. Car, avec sa position géographique unique à 80 kilomètres à l’intérieur des terres, les plus grands navires au monde naviguent presque jusqu’au cœur de la ville d’Anvers. Des produits comme les fruits, l’acier et le café sont ainsi acheminés vers l’arrière-pays européen de manière rapide.
Avec le Nokoué à partir de Cotonou et les nombreux cours d’eau qui s’interconnectent sur l’ensemble du pays, le Bénin a tout à gagner de l’exemple d’Anvers avec qui il présente quelques similitudes.
Ses clients privilégiés étant d’ailleurs les pays de l’hinterland, de qui il se rapprocherait ainsi, insiste du reste Marc Paelinck qui avoue ne pas perdre de vue cette possibilité dans le cadre de la coopération de PAI avec le Bénin. Le choix fait par l’Exécutif béninois de prendre attache avec les Belges n’apparait que plus avisé.
Réformes en marche
L’entité Port d’Anvers International (PAI) s’évertue à cette fin, en même temps qu’elle œuvre à remettre le port de Cotonou à flot , depuis qu’il a signé le 8 janvier 2018 un accord avec le port de Cotonou sous la houlette du chef de l’Exécutif béninois qui est convaincu de ce que c’est la voie royale de prospérité pour le secteur portuaire béninois. Ce contrat de gestion acte la performance de la plateforme portuaire du Bénin, un tournant décisif pour la modernisation du port, à travers l’organisation, le renouvellement des infrastructures, l’informatisation, le renforcement des capacités de l’équipe locale ainsi préparée grâce au transfert de compétences à prendre le relai afin que les acquis se pérennisent. « Nous voulons de l’expertise pour gérer notre bien commun avec compétence et efficacité », a indiqué le président Talon.
Chose dont témoigne déjà le rapport d’étape du directeur général du Port autonome de Cotonou, Joris Thys, du début du management belge jusqu’au 30 septembre 2018. Ses chantiers ont porté sur les finances, la capitainerie, la sécurité-sûreté, l’amélioration du plateau technique, du fonctionnement de l’administration en interne et des services offerts notamment sur le corridor béninois. Très sourcilleux des avancées, le chef de l’Etat, à travers son conseiller spécial Johannes Dagnon, suit d’ailleurs de près les réformes et veille comme sur sa prunelle, confie-t-on au sein de l’administration portuaire, sur les intérêts du Bénin, en qualité de président du Comité de suivi.
Au plan financier, outre l’apurement des comptes, la mise à jour de la base de données des clients, notamment des consignataires dont les capacités sont renforcées et la réorganisation de la procédure des factures fournisseurs, sont enclenchés. Une planification suivant la dynamique porteuse du port d’Anvers a été implémentée à travers des supports informatiques nouvellement installés, du réseau interne au déploiement de la fibre optique. Aussi, l’e-banking et l’e-commerce ont-t-ils été lancés.
Au niveau de la capitainerie, les capacités d’intervention sont renforcées à travers l’amélioration des prestations du service pilotage (tracking) des navires. Ce qui permet d’attirer les grands armateurs vers le port de Cotonou. Notamment, Maersk Lines à travers son terminal de manutention Coman peut faire désormais venir à Cotonou des navires avec un tirant d’eau admissible égal à 11 mètres. Une avancée. Une nouvelle pilotine est également présente au port de Cotonou depuis le 29 août 2018 ainsi que deux groupes électrogènes de meilleures performances fonctionnels depuis le 19 septembre dernier. Point névralgique de tout port digne du nom, comme on a pu le constater à Anvers, la sécurité n’est pas du reste des interventions du nouveau management au port de Cotonou. A cet effet, les agents de sûreté des installations portuaires ont été formés du 2 au 4 juillet 2018 par une structure réputée en la matière, à savoir G4S. La formation des formateurs au code ISPS (Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires), du 2 au 4 juillet 2018 répond à la même problématique, de même que la visite des gardes côtes américains du 6 au 8 août 2018. Autres actions confortatives de la sécurité, la clôture douanière est réhabilitée par endroits et la clôture grillagée achevée, les procédures de contrôle des accès élaborées et mises en application. Ce préalable a pu donner un aperçu du dispositif sécuritaire du port de Cotonou à l’Organisme de Sûreté Reconnu (OSR/RSO) lors de ses travaux, du 3 au 7 septembre dernier, d’évaluation de sûreté des installations portuaires, en vue de l’élaboration des Plans de sûreté du port de Cotonou.
Loin d’être exhaustives, toutes ces réformes, portées par des cadres d’une entité, port d’Anvers, réputée pour son expertise, sont autant d’actions nécessaires pour rendre performante la plate-forme portuaire cotonoise. Un travail de longue haleine qui ne vient que de commencer pour booster le poumon de l’économie nationale dont le potentiel est laissé jusque-là quasiment en jachère.