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Nouvelles

Conseil des ministres: Nomination des membres du comité technique de supervision de la réalisation du cadastre national

Le Conseil des ministres s’est réuni ce mercredi 17 octobre 2018 sous la présidence de monsieur Patrice Talon, président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement.
Les décisions ci-après ont été prises.

I. Au titre des Mesures normatives.

Le Conseil a adopté les décrets portant :
- transmission à l’Assemblée nationale, pour autorisation de ratification, de la charte amendée de l’Organisation de la Coopération islamique, adoptée à Dakar, le 14 mars 2008 ;
- transmission à l’Assemblée nationale, du projet de loi de règlement définitif du budget de l’Etat, gestion 2017 ;
- approbation des statuts de l’Agence nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT) ;
- nomination des membres du Comité technique de supervision de la réalisation du cadastre national.

II- Au titre des Communications.

Recours au partenariat public-privé pour le financement, la viabilisation, la construction et la concession d’une Cité ministérielle à Cotonou et pour le financement, la construction et la mise en exploitation de 2570 logements à Ouèdo (Abomey-Calavi).
De tout temps, notre Etat a consacré d’énormes ressources aux baux administratifs dont la gestion a révélé de nombreux abus. C’est pour remédier à cette situation, tout en offrant un cadre de travail adéquat aux agents de l’administration publique, que le gouvernement a initié les projets de construction d’une Cité ministérielle à Cotonou et de Cités administratives départementales pour lesquelles les remises de sites ont été déjà effectuées.
En ce qui concerne la Cité ministérielle de Cotonou, sa réalisation favorisera l’émergence d’une véritable zone de concentration des cabinets ministériels, et l’amélioration de leur fonctionnalité.
Quant au projet de construction de 20.000 logements, il vise à faciliter d’ici à 2021, l’accès d’un grand nombre de Béninois à un habitat décent.
Sur les 10849 à réaliser sur le site de Ouèdo, dans la Commune d’Abomey- Calavi, plusieurs partenaires se sont déjà manifestés pour une première tranche de 8279. L’attribution du présent lot de 2570 logements consacre le bouclage du quota prévu sur ce site.
Afin de mener à bien l’exécution des travaux de la Cité ministérielle et des 2570 logements, le Conseil a autorisé le recours au partenariat public-privé et instruit les ministres concernés de conduire diligemment les procédures administratives appropriées.

III- Au titre des rencontres et manifestations internationales.

Le Conseil a autorisé :
- l’organisation, à Cotonou, du IXème congrès de la Société africaine de Parasitologie (SoAP), du 5 au 7 décembre 2018 ;
- la participation du Bénin au Congrès de la Fédération internationale de Gynécologie et d’Obstétrique (FIGO), à Rio de Janeiro au Brésil, du 10 au 24 octobre 2018 ;
- la participation du Bénin à la réunion du Conseil de l’administration mondiale de la Route, les 24 et 25 octobre 2018 à Yokohama, au Japon ;
- la participation du Bénin à la conférence de haut niveau sur l’Economie bleue durable, à Nairobi au Kenya, du 26 au 28 novembre 2018;
- la participation du Bénin à la troisième session du Comité technique spécialisé (CTS) n°8 de l’Union africaine sur la Fonction publique, les Collectivités locales, le Développement urbain et la Décentralisation à Addis-Abeba, en Ethiopie, du 5 au 7 décembre 2018.

III- Au titre des mesures individuelles.

Sur proposition du ministre de l’Economie et des Finances, la nomination suivante a été prononcée :

Directeur général de la Caisse autonome d’Amortissement : Monsieur Arsène Mahougnon Dansou.

Fait à Cotonou, le 17 octobre 2018.

Le secrétaire général du gouvernement,

Edouard Ouin-Ouro

Actualités 18 oct. 2018


Construction de cités administratives et de logements sociaux: Le gouvernement donne un coup d’accélérateur au projet

Les projets inscrits au Programme d’action du gouvernement se concrétisent au fur et à mesure. Des résolutions prises en Conseil des ministres hier encore confortent une telle perspective.

Mettre un terme définitif aux baux pour loger les services de l’Etat. Telle est l’option du gouvernement Talon. A cette résolution comme d’autres, il s’attelle à la mise en œuvre. D’où, au nombre des décisions prises par le Conseil des ministres de ce mercredi 17 Octobre 2018, figure l’autorisation du recours au partenariat public-privé pour l’exécution des travaux de viabilisation, de construction de la Cité ministérielle à Cotonou. 

En finir avec cette pratique qui recèle abus, favoritisme et corruption, c’est faire œuvre de salubrité publique. Mais aussi, permettre aux agents de l’administration publique, de travailler à l’avenir dans des conditions adéquates, plutôt que de pérenniser ce système de squat de résidences privées qui ne permettait pas non plus aux usagers de repérer facilement ces services ici et là disséminés. Une aberration que tend à corriger le régime de la Rupture par la construction d’une Cité ministérielle à Cotonou et de Cités administratives départementales pour lesquelles les remises de sites ont été déjà effectuées. En décidant de recourir au partenariat public-privé, c’est un coup d’accélération que le gouvernement donne à sa vision déclinée à travers son Programme d’action dont la concrétisation, sans tambour, s’opère.
Le Bénin a beaucoup à gagner, en disposant d’une cité administrative où sont concentrés des cabinets ministériels et autres. Outre l’amélioration de la fonctionnalité desdits services et cabinets, les usagers gagneront en célérité dans le traitement de leurs dossiers au sein de ces administrations.

Acte social majeur

Pour ce qui est du dossier de construction de 2570 logements, à Ouèdo dans la commune d’Abomey-Calavi ainsi que de leur exploitation, le gouvernement, hier au cours de son conclave, a également opté pour le partenariat public-privé. Il intègre le projet global de construction de 20.000 logements d’ici à 2021, en vue de faciliter l’accès d’un grand nombre de Béninois à un habitat décent. Acte social majeur, quand on sait combien les Béninois tiennent à un tel acquis comme à leur prunelle. Des 10 849 logements prévus à Ouèdo à Abomey-Calavi, 8279 avaient d’ores et déjà été pris en compte par des partenaires qui ont manifesté leur intérêt à cet effet. L’attribution faite donc du lot de 2 570 logements consacre le bouclage du quota destiné au site de Ouèdo. Il faut saluer cette initiative, car, contrairement aux bicoques construites autrefois, le plan architectural retenu cette fois-ci dénote d’une qualité fort appréciable, preuve que le concept de ‘’Cadre de vie’’ n’est pas un vain mot sous la Rupture?

Actualités 18 oct. 2018


Fifamè Fidèle Houssou: Pasteure et féministe, elle veut imposer le respect de la femme
[caption id="attachment_31126" align="alignnone" width="1024"]Fifamè Fidèle Houssou[/caption]

Féministe convaincue, c’est avec fierté et un engagement sans faille que Dr Fifamè Fidèle Houssou assume son parti pris pour les femmes, aussi bien dans la communauté qu’au sein de l’église.

Titulaire d’un Doctorat en théologie, option Ethique féministe, Fifamè Fidèle Houssou est aussi révérende pasteure de l’église protestante méthodiste du Bénin. Pas étonnant donc que les sollicitations pour les cours, les conférences et les enseignements bibliques aux quatre coins du monde abondent sur elles. A qui veut bien l’écouter, elle répond avec son plus large sourire que «la féministe n’est pas un défenseur aveugle de la femme. Mais un artisan de la lutte pour une considération de la femme en tant qu'être humain ». Ce côté féministe, Dr Houssou l’assume, munie de la Bible et grâce à la lutte pour que cesse la chosification de la femme. «Même au plan juridique, le statut de la femme africaine a évolué mais force est de constater que dans la vie quotidienne, cette égalité n’est pas encore acquise», se désole-t-elle. S’il est vrai que tous les pays en Afrique de l’Ouest reconnaissent que les femmes sont autant des citoyennes de droit que les hommes, « une analyse plus systématique des textes de loi met à jour des différences », analyse la révérende. Au Bénin, quand survient un divorce sous fond d’adultère par exemple, illustre-t-elle, «alors que la femme doit surprendre son mari en plein acte, il suffit que le mari ait des soupçons pour que l’adultère soit déclaré ». Un exemple « frappant » qui traduit de son avis, l’idéologie dominante de l’homme sur la femme. « La vie quotidienne continue d’encourager et de perpétuer les stéréotypes sexistes et patriarcaux. Malgré les discours officiels, les textes juridiques adoptés, promulgués et ratifiés, la situation aliénante de la femme perdure et gagne du terrain. Elle est caractérisée par l’ignorance des textes par la grande majorité des femmes et la non application des dispositions légales par les gardiens de la loi », fait-elle observer sur la même question. « Il y a tout simplement des écarts de vie dans les relations homme et femme et cela interpelle non seulement la société civile mais aussi les églises », pense-t-elle.

Le vrai chrétien est d’abord féministe

Dr Fifamè Fidèle Houssou épouse Gandonou est féministe résolue. L’engagement sans faille dont elle fait montre et le combat qu’elle se décide de porter malgré les difficultés, prouvent à satiété que cette femme de Dieu est prête à tout pour aller au bout de sa lutte. Du qu’en-dira-t-on, des critiques et des autres formes de pression, elle n’en a que cure. « Mon engagement féministe est né du questionnement sur le traitement inégal et injuste dans le rapport homme et femme », révèle-t-elle.
Dès son enfance, a-t-elle confié, elle était déjà révoltée par «cette éducation et cette culture» qui pèsent sur la femme. « Je pensais que l’église serait un refuge pour alléger cette charge à la femme mais c’est tout le contraire », reprend-elle.
Que faire alors ? « J’ai commencé par faire des recherches pour comprendre et relire les textes bibliques et j’ai été convaincue que le vrai chrétien est d’abord féministe...». Dans une communication récemment présentée sur le mouvement féministe au sein de l’église, elle soutient en effet que « bien que les femmes soient plus nombreuses que les hommes dans les églises d’Afrique de l’Ouest, ces dernières se trouvent, à majorité, dirigées par les hommes. En général dans les églises, les femmes sont plus impliquées dans la diaconie, le service et l’entretien des lieux que dans la gestion et direction des affaires des églises et institutions religieuses. Il y a quelques exceptions mais la règle générale est que les femmes sont moins représentées dans les instances de décision de la vie de l’Eglise». Loin d’être un refuge pour leur épanouissement, dénonce-t-elle, « les églises sont encore des lieux où les femmes sont réduites au mutisme, à une soumission aveugle et à la violence sous toutes ses formes ». Face à ce constat, le féminisme, vu comme le mouvement de réaction contre la discrimination dont sont victimes les femmes, a toute sa raison d’être, tranche Dr Fifamè Fidèle Houssou.
Pour elle, cette perception du féminisme signale une incompréhension du mouvement et est liée à la mauvaise interprétation du discours féministe et de ses actions. « Elle est non seulement remarquée chez les hommes mais aussi chez les femmes qui ne réalisent pas le bien-fondé du féminisme dans notre société », fait-elle observer.
En dépit de cette d’incompréhension du féminisme, il y a pourtant, bémolise-t-elle, des associations et des personnes qui ne cessent de se battre pour donner à la femme une situation épanouie lui permettant de participer activement au développement du pays. Et pour cette vague à laquelle elle dit appartenir, « le féminisme est perçu et vécu à la fois comme un engagement éthique et concret de la lutte contre la condition inférieure, aliénante et parfois avilissante de la femme dans tous ses aspects, et comme un effort de changement de cette condition dans le but de retrouver l’harmonie et l’épanouissement de toute l’humanité ».

Mal vue à l’église et dans la société

Les prises de position de la révérende Fifamè Houssou sont-elles appréciées au sein de sa communauté chrétienne? Même si elle trouve drôle la question, elle n’hésite pas à reconnaître qu’elle est « mal » vue. Mais elle se reprend sur une note d’espoir, assurée qu’elle est, que le temps finira par lui donner raison. « Je ne travaille pas pour me faire accepter mais pour amener au changement et cela prend du temps. Je ne suis pas pressée, apaise-t-elle. A l’en croire, beaucoup la comprennent mais le mutisme et la culture font obstacle. Selon ses explications, «la féministe est vue comme une rebelle, une femme insoumise». Une vue très réductrice des choses, pense la révérende qui voudrait aussi travailler à faire comprendre que le féminisme a sa raison d’être dans l’église aujourd'hui.
Dr Fifamè Fidèle Houssou n’est pas qu’engagée. Elle est surtout révoltée parce que « les femmes sont survivantes d’abus, de harcèlements, des violences, d’exploitations et d’injonctions récurrentes au silence. Mon problème, c’est comment continuer au quotidien malgré tout cela, à recevoir ce que la vie offre et nous donne gratuitement et l’évangile me le permet car Jésus remplit nos cœurs pour que jaillisse sa parole ».
Une pasteure a-t-elle vocation à œuvrer plus en faveur de la femme que de l'homme ? A cette interrogation, elle répond : « Je suis pasteure et je suis féministe dans le sens où je défends les droits des femmes et le respect de la dignité féminine. La femme dans la société n’est pas vue comme elle est créée et comme Dieu l’a voulue aux côtés de l’homme. Dieu a béni l’homme et la femme, et leur a confié la charge de la gestion de la création comme des vis-à-vis. Mais la réalité est là que la femme est manipulée et chosifiée dans la société et même dans l’église, elle vit sous la terreur des lectures sexistes de la Bible. Et cette réalité est contraire à l’évangile qui libère», opine furieuse, la révérende. A la question de savoir si la Bible n’a pas dit que la femme doit se soumettre à son mari, sa réponse ne se fait pas prier: «je défends autant les hommes que les femmes mais dans la perspective féministe, c’est la cause des femmes qui est mise en jeu», nuance-t-elle. «Les femmes font l’objet de stéréotypes alors que Jésus a libéré de tout ce qui enchaîne», note-t-elle; et d’ajouter : « je suis féministe au nom de l’évangile de liberté de justice que je proclame. La soumission n’est pas l’esclavage et elle est prescrite à tous. Le texte biblique concernant la soumission commence par « soumettez-vous les uns aux autres. Femmes soumettez- vous à vos maris et maris aimez vos femmes comme Christ a aimé l’église en donnant sa vie». Le débat féministe veut que le texte soit lu au complet et dans son contexte.
Autrement dit, la femme se soumet au mari qui est prêt à mourir pour elle et donner sa vie pour elle. Et la soumission et l’amour s’expérimentent seulement en Christ. Prenant l’exemple du Bénin et surtout des expériences vécues dans quelques pays de l’Afrique de l’Ouest, elle dit noter « une discordance dans la perception qui est faite du féminisme, qu’en même temps qu’il y a des mouvements et des actions qui militent en faveur de la promotion de la femme et du respect de ses droits comme une citoyenne à part entière, il y a aussi un contre mouvement qui s’exprime par le refoulement du féminisme ».

Société 17 oct. 2018


Mise en place de chaîne de valeur de l’élevage: « …Protéger le marché par le biais de la taxation… », suggère Vital Tchibozo
[caption id="attachment_31125" align="alignnone" width="1024"]Vital Tchibozo[/caption]

Vital Tchibozo, ingénieur agronome, zootechnicien, consultant spécialisé dans la gestion des systèmes d’élevage traditionnel, évoque la mise en marché des poulets locaux améliorés et propose le protectionnisme pour garantir la consommation domestique de la production locale. À travers cette interview, il encourage le réseautage pour favoriser le clustering de la filière avicole afin d’assurer la qualité et l’approvisionnement de la demande.

En votre qualité de zootechnicien, vous accompagnez les producteurs de viande dans un environnement où le marché et les habitudes alimentaires sont extravertis. Croyez-vous que cet environnement est favorable à l’aviculture locale ?

La première des choses reprochées au marché local est l’absence d’éleveurs capables de produire en quantité et en qualité pour satisfaire la demande. Le consommateur étant exigeant sur la qualité, il se tourne vers l’extérieur compte tenu de l’indisponibilité de l’offre. Par exemple, si je veux un poulet qui pèse 2 kg pré-fait et emballé, je n’ai pas de fournisseur qui produit localement.
Alors, qu’est-ce qu’il faut faire ? C’est seulement en s’associant pour monter des projets capables de livrer de la viande en quantité sur le marché que nous serons capables de concurrencer l’importation.
Le marché étant bien ouvert, il est dominé par les importations qui ne sont pas de la même gamme que ce qui est produit localement. Je ne dirai pas que la qualité des importations est médiocre, mais le processus de conservation au froid empêche la qualité d’être au finish dans le plat du consommateur. En revanche, une viande produit à moins de 50 km de soi garantit la qualité dans le plat. Ce qui n’est pas le cas d’un producteur qui est à plus de 6 000 km, mais qui livre à un coût très bas. Il faut se poser des questions sur la qualité. Est-ce que c’est le même poulet qui est produit partout ? C’est une question ouverte.
Le marché existe. Comment produire et quelle est la qualité qui doit être mise en place ? Il faut que le gouvernement puisse aider les producteurs à atteindre ce marché et à éviter des produits concurrentiels qui ne sont pas de même qualité.

Les éleveurs de volailles n’ont pas une part importante du marché local, ils sont sensibilisés à se mettre en réseau. Pourquoi promouvoir ce dispositif ?

Toute chaîne de valeur qui se respecte doit se mettre en réseau. Je parle bien entendu des modèles d’élevage. Vous concevez avec moi que tout le monde ne peut pas être naisseur et finisseur. Il faut que chacun se positionne et se spécialise sur la chaîne de production. C’est en créant ces réseautages que nous pourrons nous spécialiser. Il y aura des réseaux naisseurs et des réseaux finisseurs.
Les réseaux naisseurs permettent de savoir les origines des poussins que les finisseurs vont prendre pour produire de la viande à mettre sur le marché qui respecte la qualité organoleptique désirée par la population et directement concurrencer le produit importé. Tant que les gens ne vont pas se mettre en réseau, ils auront des difficultés à produire.
Par exemple, si un consommateur vient s’approvisionner et que son vendeur est en manque et il n’est pas informé qu’un autre situé à telle adresse vend aussi, il y aura toujours de rupture et le consommateur sera découragé. Il va se tourner vers des produits importés et de qualité moindre.
La solution est le réseautage des éleveurs pour mettre sur le marché le même produit à des moments différents. À cette échelle, la mise en marché sera facilitée. Donc, le réseau et le marché vont de pair. Ce modèle qui est en train d’être mis en place est en vogue dans tous les pays. Au Bénin, nous pouvons également expérimenter ce modèle en se basant sur la qualité du produit que nous voulons mettre sur le marché. Cela aidant, nous sommes sûrs qu’on ne peut plus nous dire qu’en janvier on n’a pas de poulet, en février, il y a pénurie de poulet, etc., parce qu’on a des producteurs qui sont en réseau et qui produisent en chaîne.

Vous préconisez la mise en réseau des aviculteurs qui pourront produire en chaîne. Comment ce dispositif peut-il assurer la disponibilité de la viande de volaille sur le marché ?

Lorsque les exploitants se mettent en réseau, ils savent, quand est-ce qu’il faut prendre les poussins. S’ils sont 40 dans le réseau, tous ne prendront pas les poussins le même jour. Il y aura décalage de deux à trois semaines de façon à ce qu’à chaque fois qu’un producteur livre des poulets, il reprenne des poussins. Ce décalage au sein du réseau permet de livrer des poulets de même gabarit et de même qualité aux consommateurs.

Vous parlez de spécialisation. Expliquez le processus qui doit permettre à chacun d’être canalisé sur un maillon de la chaîne de valeur volaille.

Le reproducteur n’est pas fabricant d’aliment. Le fabricant d’aliment n’est pas le finisseur. Pour qu’on soit garant de ce produit fini, celui qui produit les poussins ne deviendra pas finisseur. Il est assuré qu’il y a des finisseurs qui viendront prendre des poussins chez lui. Celui qui va fournir les aliments est là. Et, le finisseur sait qu’il va acheter les poussins, prendre l’aliment et mettre le produit fini sur le marché. Ce sera un réseau pareil sur une chaîne de valeurs bouclée. Cet avantage va permettre que tout ce qui sera mangé sera de même qualité et traçable.
Ainsi, dès que j’achète dans un supermarché un produit livré par un réseau identifié, il est facile de savoir qui a livré les poussins, qui a produit les aliments et qui a engraissé les poulets et surtout avoir une traçabilité de la prophylaxie. Ce qui permettra au consommateur final de savoir ce qu’il mange et à qui s’en prendre dès qu’il y a problème.

Au regard de la concurrence défavorable que la production locale, quoiqu’améliorée subit, pensez-vous que le réseautage pourrait sortir le producteur d’affaire ?

Si ! Cela peut bien sortir le producteur d’affaire. Comme je l’ai dit, c’est l’absence de ces produits sur le marché qui conduit d’abord à aller prendre des produits à bas prix, qui sont de basse qualité. On pourrait avoir un sursaut gouvernemental qui peut aider à régler le problème comme dans beaucoup de pays et accompagner le producteur à mettre son produit sur le marché. Je cite le cas de la Côte d’Ivoire et du Sénégal qui ont augmenté de deux Euro pour contraindre ces produits importés à un même niveau de prix que celui du producteur local.
Lorsque le produit importé et celui local sont au même prix la qualité fera basculer le consommateur vers le poulet localement produit.

Vous parlez-là de mesures protectionnistes du marché local alors que certains courants soutiennent qu’il faut subventionner la production locale. Quel est l’avantage comparatif entre les deux mesures de subvention directe en vue de baisser le coût de la production et la taxation à l’importation ?

La subvention ne va jamais baisser le coût de la production. La subvention ne sera pas pérenne. Elle sera liée à un projet ou un programme. Cela ne règle donc pas le problème. Lorsque la production est subventionnée, il n’est pas possible de maîtriser tous les maillons de cette chaîne-là lorsque la subvention ne sera pas pour toujours. Pis, les ressources de la subvention viendront de quelque part ! Alors que si le marché est créé, juste en aidant à protéger le marché par le biais de la taxation, cela avantage mieux les producteurs locaux, car le producteur maîtrise ses coûts de production dans un marché libéré.
L’exemple est à côté. Dès que la politique de subvention du coton a été supprimée, cette filière se porte mieux. Ce sera la même chose pour la filière avicole. Nous demandons l’assistance à avoir le marché.

La mesure protectionniste préconisée n’expose-t-elle pas le pays d’être attaqué pour non-respect des accords liés au commerce international, à l’Omc ?

Nous ne serons pas les premiers à le faire. Je pense qu’il n’y aura pas de difficulté. Nous avons les arguments de nous défendre à l’Organisation mondiale du Commerce. D’autres pays ont procédé ainsi et cela a marché. Nous n’aurons pas de difficulté à le faire. Peut-être que des intérêts politiques pourraient militer en faveur ou non d’une telle mesure. Mais, je préfère ne pas rentrer dans ces considérations.

Les producteurs visent surtout le marché nigérian. Mais vous semblez ne pas partager cette orientation sous le prétexte que c’est un piège. Pourquoi ?

Le Nigeria est un grand marché, mais s’adapte au comportement de son économie. Tous les producteurs qui ont ciblé ce marché ont sombré entre 2015 et 2017 à cause de la récession dans ce pays. Alors, la question est de savoir s’il faut compter sur ce marché qui se comporte comme sa monnaie qui fluctue et dont les producteurs s’y adaptent rapidement ? C’est vrai que nous avons la capacité de produire quelles que soient les ambitions de délaisser ce marché. Mais déjà, le marché local fait une population de près de 12 millions de consommateurs. Nous pouvons déjà produire ce que nous mangeons avant de penser au marché du Nigeria, qui est un marché sélectif. Aussi, faut-il chercher le modèle pour atteindre ce marché de la meilleure des manières possibles.

C’est donc une erreur de cibler directement ce marché en laissant celui domestique ?

Oui ! À mon avis, c’est une erreur de dire que nous avons par exemple 150 mille tonnes de produits importés et que 100 mille vont au Nigeria. Qu’en conséquence nous sommes capables de produire ces 100 mille. Comptons d’abord sur nos propres forces comme il est souvent dit. Commençons par changer d’habitude alimentaire. Valorisons la viande produite localement pour donner de l’emploi à ceux qui sont à l’interne. Après cela, si le marché nigérian s’ouvre à nous, ce sera un plus.

Société 17 oct. 2018


Croissance économique: La Banque mondiale dévoile le nouvel indice du capital humain

56 % des enfants nés aujourd’hui dans le monde seront privés de plus de la moitié de leurs revenus potentiels à l’âge adulte, parce que les États ne font pas les investissements nécessaires pour avoir une population éduquée, résiliente et bien portante, prête pour le monde du travail de demain. C’est ce que révèle le nouvel indice du capital humain dévoilé par la Banque mondiale en marge des Assemblées annuelles tenues à Bali en Indonésie.

La Banque mondiale a dévoilé le nouvel indice de capital humain à travers un communiqué de presse parvenu à notre Rédaction. Ce nouvel indice du capital humain rendu public, dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fmi fait réfléchir sur le sort des générations futures. « 56 % des enfants nés aujourd’hui dans le monde seront privés de plus de la moitié de leurs revenus potentiels à l’âge adulte parce que les États ne font pas les investissements nécessaires pour produire une population éduquée, résiliente et bien portante, prête pour le monde du travail de demain », précise le communiqué. Le nouvel indice fait partie intégrante d’une vaste initiative du Groupe de la Banque mondiale. Ce dernier reconnaît le rôle du capital humain comme moteur de la croissance inclusive. Outre l’indice, le « Projet sur le capital humain » comprend un programme de renforcement de la recherche et des évaluations, ainsi qu’une assistance pour aider les pays à accélérer leurs progrès. Pour 126 des 157 pays couverts par l’indice, les données ont pu être ventilées par sexe, lit-on. Dans ce sous-ensemble de pays, l’accumulation de capital humain chez les garçons et les filles est encore loin du niveau optimal. Dans la plupart d’entre eux, l’écart séparant l’ensemble des enfants (garçons ou filles) de cet objectif est plus grand que l’écart observé entre les garçons et les filles. 

Selon le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim : « le capital humain est souvent le seul capital des personnes les plus pauvres, c’est un des facteurs essentiels d’une croissance économique durable et inclusive. Pourtant, les investissements dans la santé et l’éducation n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent. Cet indice établit un lien direct entre l’amélioration de la santé et l’éducation des populations, la productivité et la croissance économique ».

Des mesures urgentes pour renverser la tendance

Jim Yong Kim suggère que les pays prennent des mesures urgentes et investissent plus et mieux dans leur population. Estimant que la barre devient plus haute pour tous, le président du Groupe de la Banque mondiale indiquent que tous les pays, peu importe leurs niveaux de revenus, doivent développer leur capital humain pour pouvoir soutenir la concurrence dans l’économie du futur. 
L’indice du capital humain mesure d’après la Banque mondiale, le niveau de capital humain qu’un enfant né aujourd’hui est susceptible d’atteindre d’ici ses 18 ans, compte tenu des services de santé et d’éducation dans son pays. Il mesure la distance qui sépare un pays d’une situation optimale de scolarisation et de santé intégrant trois facteurs, à savoir la survie, la scolarité et la santé. L’indice du capital humain reflète la productivité future d’un enfant né aujourd’hui, comparée à celle qu’il aurait pu atteindre s’il avait bénéficié de conditions de santé optimales et d’une scolarisation complète et de qualité. Il est calculé sur une échelle de 0 à 1, 1 représentant la meilleure note possible. Un indice national de 0,5, par exemple, signifie que le « potentiel économique » futur de la population (et du pays dans son ensemble) est amputé de moitié. Ce qui se chiffre, sur 50 ans, à de lourdes pertes économiques, avec une réduction annuelle de 1,4 % de la croissance du Pib.

Economie 17 oct. 2018


Action contre la faim: Les cantines scolaires citées en exemple
[caption id="attachment_31122" align="alignnone" width="1024"]la meilleure nutrition passe par une refonte des systèmes alimentaires[/caption]

Le Bénin, à l’instar des pays du monde, a célébré hier la Journée mondiale de l’alimentation. Une occasion propice pour réfléchir sur la situation de l’alimentation et de la faim au Bénin. En la matière, le Bénin a entrepris plusieurs actions parmi lesquelles la mise en place des cantines scolaires par le gouvernement actuel. Cette initiative du chef de l'Etat est très appréciée des partenaires techniques et financiers.

« Agir pour l’avenir », c’est le thème choisi cette année par la Fao pour la célébration de la Journée mondiale de l’Alimentation. Mais en réalité, ce thème avait déjà été appréhendé par les gouvernants béninois depuis quelques années. La lutte contre la faim et la malnutrition au Bénin a d'ailleurs pris une autre tournure. Dans ce cadre, l'actuel gouvernement béninois a posé un grand pas avec la mise en place des cantines scolaires. C'est un projet qui a été initié par le président de la République Patrice Talon. Et pour démarrer ce projet, le gouvernement béninois n'a pas attendu l'aide des partenaires techniques. Ainsi la première phase a débuté sous financement du budget de l'État. Le représentant résident du Programme alimentaire mondial au Bénin n'a pas manqué de saluer la détermination du chef de l'État sur ce projet lors du renouvellement de l'accord de siège de l'institution. A l'en croire, il est rare de voir un gouvernement entreprendre et démarrer un projet d'une telle envergure sans attendre les partenaires financiers. Aujourd'hui, avec le financement supplémentaire obtenu grâce au leadership du gouvernement, c'est plus de 3100 écoles qui bénéficient des cantines scolaires. 

Le lien entre l'installation des cantines scolaires et la lutte contre la faim est intrinsèque dans la mesure où ce projet est motivé par le souci de garantir aux enfants une alimentation saine favorisant leur croissance et conditionnant leur éducation scolaire. La Journée mondiale de l'alimentation souligne justement l'importance d'intensifier les efforts visant à éradiquer la faim dans le monde. Dans ce sens, il importe que le Bénin poursuive ses efforts. Le défi c'est que les cantines scolaires restent bien tenues et régulièrement approvisionnées en denrées nutritives permettant aux enfants de jouir d'une alimentation saine et équilibrée.

Actualités 17 oct. 2018


Lutte contre la faim au Bénin: Du riz japonais à 260 francs le kilo

Le Bénin bénéficie, dans le cadre de sa coopération avec le Japon, d’une importante quantité de riz à céder à un prix accessible à toutes les bourses. Une aide alimentaire qui participe de la lutte contre la faim au Bénin.

L’opération de vente du riz dont le Bénin a bénéficié dans le cadre de sa coopération avec le Japon est prévue pour se dérouler du lundi 15 octobre au vendredi 28 décembre. C’est ce que le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serge Ahissou, a annoncé dans un communiqué radio-télédiffusé en date du 13 octobre. Une aide alimentaire de plus de 3 900 tonnes de riz destiné à être cédé aux populations à un prix concessionnel. Les produits de la vente serviront à réaliser des projets sociocommunautaires, a précisé le communiqué du ministre. Le même communiqué mentionne que le prix du sac de 30 kilogrammes est de sept mille huit cent francs, soit deux cent soixante francs le kilogramme. Au cours de la période de la vente, le personnel de l’administration publique devra adresser sa demande à sa structure de tutelle qui la transmettra directement à la direction générale de la Centrale Coop aux fins de satisfaction. Les enseignants des établissements publics primaires, secondaires et techniques en poste à Cotonou feront leur demande à la Centrale Coop par le biais des directions départementales des Enseignements primaire, secondaire et technique de l’Atlantique et du Littoral. Les militaires en fonction à Cotonou seront servis par l’intermédiaire de la Direction du service de l’intendance des Armées (Dsia) sur la base du quota qui leur est officiellement réservé dans les magasins de la Centrale Coop. Les travailleurs des sociétés privées, les enseignants des établissements privés et les confessions religieuses sont appelés à adresser une demande collective à la direction générale de la Centrale. Dans les treize arrondissements de Cotonou, les couches de la population seront servies au cours des ventes itinérantes qui seront organisées suivant un calendrier. Quant aux autres communes, les opérations de mise en vente seront placées sous la supervision d’un comité local d’orientation et de suivi créé au niveau de chaque commune et présidé par le maire.

Actualités 17 oct. 2018


Projet emploi des jeunes: La Banque mondiale satisfaite des premiers bénéficiaires de l’Ouémé

Une délégation de la Banque mondiale a visité dans l’Ouémé, ce mardi 16 octobre, les réalisations de certains bénéficiaires de la première vague du Projet emploi des jeunes (Pej) financé par l’institution financière onusienne et visant à sortir la jeunesse de la précarité. Au terme de la visite, elle s’est dite satisfaite du projet au regard de ses impacts sur les activités et la vie des bénéficiaires.

Le Projet emploi des jeunes (Pej) mis en œuvre par le gouvernement avec l’appui de la Banque mondiale est en train de faire des merveilles sur le terrain. Le constat a été fait ce mardi 16 octobre, à Adjohoun, Dangbo et Akpro-Missérété par une délégation conjointe de la Banque mondiale et de l’Unité de coordination du Pej. Plusieurs sites des jeunes subventionnés par le projet ont été visités. La première étape de la visite a été le site de transformation de manioc en farine à
Sokpètikon dans l’arrondissement d’Akpadanou à Adjohoun. Ici, la promotrice Viviane Vlavonou a confié avec fierté à la délégation que la subvention de 200 000 F Cfa octroyée par le Pej lui a été très bénéfique. Elle a pu dynamiser ses activités aujourd’hui grâce à ce fonds de démarrage qui lui a été donné, après une série de formation en amont, notamment sur la création et la gestion d’une micro-entreprise. Cette formation appuyée de la subvention lui a permis de gérer mieux que par le passé sa micro-entreprise. Grâce à ce petit financement, elle a réussi à acquérir certains matériels indispensables dans la transformation de manioc en gari tels que les grandes marmites et le presse. Viviane Vlavonou dit également avoir construit une petite cabane pour se mettre à l’abri en cas de pluie. Ce qui lui permet aujourd’hui d’exercer son activité dans des conditions meilleures et d’améliorer son rendement.

Œuvre utile !

La délégation a constaté de visu toute cette évolution sur le terrain. Aujourd’hui, Viviane Vlavonou dit produire jusqu’à six sacs de farine de manioc par jour. Elle n’hésite pas à recruter l’aide de deux à trois ouvriers pour lui apporter un coup de main. Les chiffres d’affaires qu’elle réalise aujourd’hui lui permettent de subvenir à ses besoins et ceux de son ménage. Elle épargne également afin de concrétiser d’autres projets qui lui tiennent à cœur dont l’acquisition d’une rappeuse et la production de la farine améliorée au coco ou au soja pour mieux satisfaire sa clientèle.
Après Sokpètinkon, la délégation a visité la menuiserie de Pierre Amoussou, un autre bénéficiaire des 200 000 F Cfa du Pej et installé à Yénawa dans la commune de Dangbo. Comme Viviane Vlavonou, il a fait savoir tout le changement positif que cette subvention a induit sur sa vie et dans son atelier. A en croire ce jeune âgé de 22 ans, les fonds lui ont permis d’acheter des madriers et certains matériels de travail. Aujourd’hui, il se dit fier d’exercer son activité de menuiserie qu’il a héritée de son père. La délégation de la Banque mondiale et du Pej a pu toucher du doigt comment les fonds octroyés ont été utilisés. Ce jeune bénéficiaire avait exposé pour la vente plusieurs fenêtres, portes, chaises et autres qu’il a réalisés à ses soins. La délégation a poursuivi son périple à Akpro-Missérété précisément sur le site de maraîchage de Victorien Dèdji. Selon lui, grâce aux 200 000 F Cfa, il a abandonné ses activités agricoles qui devenaient de plus en plus pénibles pour se lancer dans le maraîchage avec comme spécialité la production de légumes, de laitue et de concombre. Très malin, il a associé l’élevage de pintade et de poulet au maraichage afin d’avoir plusieurs cordes à son arc. Aujourd’hui, Victorien Dèdji ne se plaint pas. Il a gagné sa vie. La délégation a visité, sous une pluie battante, le jardin et le site d’élevage pour se convaincre de la réalité.

Eradiquer la pauvreté

Mais avant Dangbo et Akpro-Missérété, la délégation a marqué un arrêt à Adjohoun, après l’étape de Sokpètikon, pour vivre l’ambiance de formation des jeunes sélectionnés dans le cadre de la deuxième vague du Pej qui prévoit d’étendre la subvention des 200 000 F CFA à 8500 autres bénéficiaires. Ils vont s’ajouter aux 8500 déjà pris en charge et dont 1000 sont encore en attente.
La délégation a fait d’une pierre deux coups en visitant la Coopérative d’appui à la filière riz de l’Ouémé/Plateau (Cafrop) sise dans l’arrondissement central d’Adjohoun. Elle a tenu à marquer cette escale compte tenu du fait que la filière riz bénéficie également d’une enveloppe financière de la Banque mondiale à travers le Programme cadre d’appui à la diversification agricole (Procad) subdivisé en deux projets à savoir le Projet de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao-Bénin) et le Projet d’appui à la diversification agricole (Pada), phase additionnelle. Toute la pertinence de cet appui de l’institution financière onusienne a été expliquée de long en large par le président du Cafrop, Barthélémy Bognon et président de l’Union départementale des producteurs de riz de l’Ouémé. L’intervention du Pada à travers l’aménagement des sites rizicoles a permis aujourd’hui d’améliorer la productivité et la compétitivité du riz produit dans la Vallée de l’Ouémé, se réjouit-il. L’impact de ces différentes interventions donne des motifs de satisfaction pour la Banque mondiale, laisse entendre le point focal Protection sociale de la Banque mondiale, Saint-Martin Mongan. Il a précisé le contexte de cette visite qui s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale pour l’éradication de la pauvreté que célèbre la communauté mondiale le 17 octobre de chaque année. Le thème retenu au plan africain cette année est : « La jeunesse africaine et l’avenir du travail ».
La descente à Adjohoun, Dangbo et Akpro-Missérété vise à toucher du doigt surtout les impacts du Pej dans la réduction de la pauvreté au Bénin et surtout la lutte contre le chômage des jeunes. Saint-Martin Mongan sera soutenu par le représentant du coordonnateur de l’Unité de coordination du Pej, Wilfreed Gbessi. Les réalisations sur le terrain témoignent clairement de ce que la Banque mondiale ne s’est pas trompée en appuyant financièrement le gouvernement dans la mise en œuvre du Pej visant à mettre les jeunes sur la voie de la réussite économique, se réjouit-il aussi pour sa part.

Actualités 17 oct. 2018


Journée internationale des femmes rurales à Tanguiéta: Le réseau Wanep-Bénin et Oxfam appuient le plaidoyer de la gent féminine

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme 2018, le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin) appuyé financièrement par Oxfam au Bénin, a regroupé les 14 et 15 octobre, des représentants d’organisations paysannes à Tanguiéta. C’est pour faire le plaidoyer du haut du mont Kosso à Kotiakou en vue de l’effectivité du droit d’accès des femmes à la terre.

L’objectif général du regroupement des femmes issues des organisations paysannes et de quelques hommes à Tanguiéta, les 14 et 15 octobre derniers, est de faire du plaidoyer pour l’effectivité du droit d’accès des femmes à la terre d’une part et de célébrer avec les femmes agricultrices, la Journée internationale des femmes rurales.
C’est du haut du mont Kosso dans l’arrondissement de Kotiakou dans la commune de Tanguiéta que les femmes sont allées plaider à l’endroit des autorités et décideurs locaux et nationaux pour un réel accès des femmes aux fins d’une meilleure sécurité alimentaire pour tous. Les messages lus insistent pour demander aux décideurs à tous les niveaux d’accorder la terre aux femmes rurales pour qu’elles contribuent à mieux nourrir la communauté pour la prémunir contre l’insécurité alimentaire.
Mathurin Bonzi, directeur pays d’Oxfam, a félicité les femmes pour leur détermination et réaffirmé la disponibilité de son organisation dans le combat contre les inégalités.
Le maire de la commune de Tanguiéta, Paul Sagui, suggère que les femmes soient écoutées, car reconnait-il, aux champs, les femmes tiennent la houe au même titre que leurs maris pour labourer. Au sujet des engagements, il a promis la sensibilisation dans les villages et l’Association des communes de l’Atacora-Donga pour porter loin le plaidoyer des femmes.
Embouchant presque la même trompette, Abdoulaye Affo, secrétaire général du département de l’Atacora, reconnaît que la femme est capable et qu’il suffit de lui faire confiance pour développer ses potentialités. Il s’est appesanti sur les engagements de l’Etat au plan international pour rappeler la nécessité d’assurer la promotion et l’autonomisation des femmes. Il n’a pas occulté la sensibilisation qui doit accompagner tout cela. D’ailleurs, a-t-il rappelé, cela préoccupe le chef de l’Etat qui a inscrit l’autonomisation de la femme au point 2 de l’axe 6 du Programme d’action du gouvernement. Une autonomisation qui induit le développement économique local et, partant, une économie prospère. Il a alors promis rendre compte au préfet, une femme battante qui sait la suite convenable à réserver à leur plaidoyer.
La journée du dimanche 14 octobre dernier a été meublée par une séance d’échanges en salle autour du thème "Accès des femmes à la terre et sécurité alimentaire". Lesdits échanges se sont déroulés de façon interactive et participative et se sont achevés par une soirée d’animation folklorique pour renforcer la cohésion entre les participantes.

Société 17 oct. 2018


Nouveau programme pays du Pnud 2019-2023: Pour soulager des vulnérabilités

Quel Bénin voulons-nous à l’horizon 2023 ? Le nouveau programme pays 2019-2023 du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) se veut un instrument au service du développement durable et prospère pour tous les Béninois, les quatre prochaines années. Il intègre la vulnérabilité et les mesures visant à soulager les populations. Un séminaire d’appropriation s’est ouvert dans ce cadre ce mardi 16 octobre à Cotonou.

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) trace les sillons d’un Bénin prospère pour tous à l’horizon 2023. C’est dans cette logique que s’inscrit son nouveau programme pays pour la période 2019-2023. A l’échéance fixée, le Bénin sera un pays prospère, exempt de toute discrimination, avec des institutions viables au service de tous. Ce programme intègre les défis émergents de développement au Bénin.
La réalisation de ces ambitions suppose une préparation en amont afin d’assurer l’internalisation du document pays par les cadres à divers niveaux. D’où le séminaire d’appropriation qui marque le début de l’opérationnalisation du nouveau programme pays du Pnud pour la période 2019-2023. Il servira de tremplin pour un examen et une prise en main des différents outils de programmation, de mise en œuvre et de suivi en vue du démarrage effectif du programme pays dès janvier 2019. Lequel programme intègre les défis du « changement climatique et des engagements pris à l’échelle mondiale pour y remédier ; la montée des inégalités et de leurs ramifications dans l’économie, la gouvernance et le développement humain ; l’urbanisation rapide ainsi que les défis et opportunités qui y sont associés », détaille le représentant résident du Pnud par intérim, Adama Bokar Soko. Dans tous ces domaines, le programme 2019-2023 cherche à intégrer la lutte contre les vulnérabilités, la gestion des risques et les mesures visant à donner aux femmes et aux jeunes les moyens de participer pleinement au développement, poursuit-il.
Le séminaire initié dans ce sens permettra aux participants d’échanger sur les termes programmatiques, les modalités de mise en œuvre selon les nouvelles directives de programmation du Pnud, précise le ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, représentant le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement.

Deux objectifs majeurs

Le nouveau programme pays du Pnud vise deux objectifs majeurs. Le premier concerne la promotion d’une croissance durable, forte et qui profite à tous. Et le second, la consolidation de l’Etat de droit, de la démocratie et promotion de la bonne gouvernance. Relativement au premier objectif, le nouveau programme se propose d’agir en faveur des populations vulnérables en vue d’une résilience, d’ici à 2023. Des interventions qui leur permettront également de jouir d’une qualité de vie grâce à un travail décent, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et aux énergies propres, et grâce à la gestion durable des ressources naturelles, des effets négatifs des changements climatiques, et des crises des catastrophes.
Pour atteindre ces objectifs, le Pnud entend œuvrer en faveur d’une société résiliente caractérisée par une croissance économique durable, et partagée notamment dans les zones rurales et péri-urbaines en veillant à ne laisser personne sur le carreau.
Par rapport au second objectif, le nouveau cycle de programme 2019-2023, se focalisera sur l’accès de la population béninoise à des institutions responsables, transparentes et efficaces et à une administration plus moderne à tous les niveaux….
« Le Bénin fait partie de deux pays sur sept dont le descriptif programme pays a obtenu l’annotation de document de bonne qualité », apprécie le ministre du Travail et de la Fonction publique, représentant le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement. Mieux, le document du programme pays est aligné sur les priorités nationales telles qu’elles ressortent du Programme d’actions du gouvernement (Pag- 2016-2021), du Plan national de développement (2018-2025), et du programme de croissance pour le développement durable 2018-2021, développe-t-elle.
La méthodologie d’élaboration de la stratégie de coopération du système des Nations unies au Bénin est fondée sur une approche inclusive afin de ne laisser personne en rade. « Les consultations ont été menées avec les personnes vivant avec le Vih, les personnes handicapées, celles discriminées du fait de leur orientation sexuelle, les toxicomanes », précise le coordonnateur résident du Système des Nations unies, Jean-Pierre Baptiste.
Les leçons tirées des trois premières années de mise en œuvre de l’agenda 2030 présentent des éléments d’éclairage importants à capitaliser dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau programme pays du Pnud 2019-2023.

Société 17 oct. 2018


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