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Nouvelles

Epp Ganhoua dans la commune de Za-Kpota: La Fondation Mtn-Bénin offre 100 kits scolaires aux écoliers
[caption id="attachment_30906" align="alignnone" width="1024"]Franck Yabi de Mtn délivrant son message[/caption]

Une cérémonie de distribution de kits scolaires aux meilleurs élèves s’est tenue, mercredi 26 septembre dernier, à l’Ecole primaire publique de Ganhoua dans la commune de Za-Kpota. Une première réalisée par la Fondation Mtn dans cette école où tout manque. Cette remise de don a réuni écoliers, enseignants, élus, parents d’élèves et une foule impressionnante.

Pour la rentrée des classes 2018-2019, la Fondation Mtn-Bénin a lancé une campagne de distribution gratuite de kits scolaires dans le cadre de son projet dénommé Back to school ou rentrée des classes. D’une valeur estimée à plusieurs millions de francs Cfa, ce geste de générosité et de solidarité de la Fondation Mtn-Bénin aux plus démunis, est essentiellement constitué de cahiers, de manuels scolaires, de crayons, gommes, stylos, d’ardoises, règles et autres. Il vient comme une réponse au cri d’angoisse de parents d’écoliers au lendemain de la rentrée scolaire. Une rentrée sans fournitures pour ces écoliers de Ganhoua parmi lesquels on dénombre beaucoup qui n’ont même pas encore d’uniforme pour l’école. 

Cette cérémonie de distribution de fournitures organisée par la Fondation Mtn s’est déroulée dans la cour de l’école en présence des écoliers, parents, enseignants et d’autorités politico-administratives. Il s’agit pour la Fondation Mtn-Bénin de procéder à la remise de cent kits scolaires aux cent meilleurs écoliers sur les 129 que compte cette école du village Ganhoua à Za-Kpota. Selon, les habitants de cette localité, c’est une première pour ce village sans eau et sans électricité.

Deux mille kits pour les enfants de conditions modestes

Au cours de cette cérémonie de remise, le directeur régional de Mtn, Franck Yabi, explique que le geste a un caractère tout particulier. Il s’agit de venir en aide aux enfants qui ont repris les classes depuis le 17 septembre dernier. Selon lui, la rentrée constitue un moment où les parents d’élèves font face à des dépenses scolaires éprouvantes pour certains. C’est pourquoi, précise-t-il, à chaque rentrée des classes, la Fondation Mtn se fait le devoir d’apporter son soutien aux parents d’élèves aux revenus modestes, en distribuant des kits scolaires à travers le Bénin. Pour cette rentrée, poursuit Franck Yabi, la Fondation offrira aux enfants sur tout le territoire national un total de 2 000 kits scolaires. Et l’opération a démarré, depuis quelque temps, par Zinvié, Zoumey et Allada. Il souhaite qu’en bénéficiant de cette aide, ces écoliers de Ganhoua puissent se concentrer sur leurs études et obtenir d’excellents résultats. Quant aux enseignants, il les encourage à s’acquitter de leurs missions d’acteurs incontournables du développement.

Mtn, une entreprise citoyenne

Pour Barnabé Dossa, responsable de projets à la Fondation Mtn, le geste de la fondation vise essentiellement à encourager l’éducation des enfants, mais aussi à aider les enfants vulnérables du Bénin en les gratifiant des kits scolaires. Une initiative en lien avec les activités de la Fondation Mtn dans le domaine de l’éducation.
De même, dit-il, une attention particulière est accordée aux écoles situées dans les localités les plus délicates sur le plan socioéducatif. « C’est également la mission de Mtn en tant qu’entreprise citoyenne de donner l’espoir afin que l’éducation reste la solution incontestable contre le sous-développement », soutient Barnabé Dossa.

Geste de solidarité très louable

Reconnaissants à la Fondation Mtn pour sa contribution permanente à l’épanouissement et à l’éducation des couches vulnérables de leur commune, tour à tour, le maire de Za-Kpota, Antoine Affokpofi et le député Boniface Yèhouétomè, présents à cette cérémonie, ont salué ce geste qui vient grandement soulager les écoliers de l’Epp Ganhoua. L’école primaire publique de Ganhoua compte 129 écoliers. Les kits offerts par Mtn sont pour 100. Les 29 écoliers qui n’auront pas le kit de Mtn ne seront toutefois pas laissés pour compte. Le député Boniface Yèhouétomè a promis publiquement de faire le geste nécessaire pour acquérir les kits complémentaires au profit des 29 restants. Ainsi, tous les écoliers de Ganhoua auront reçu chacun un kit scolaire pour la rentrée 2018-2019.
Le directeur de l’école, Ferdinand Ahossi, et la porte-parole des écoliers, Eunice Vihounkpè, ont également exprimé leur gratitude à la Fondation Mtn Bénin ainsi qu’au député Yèhouétomè. Ils promettent une utilisation judicieuse de ces kits scolaires.

Société 28 sept. 2018


Le ministre de l’Energie sur le chantier de la centrale de Maria Gléta: Jean-Claude Houssou satisfait de l’évolution des travaux

Le chantier de construction d’une centrale thermique de 120 Mégawatts à Maria Gléta 2, a reçu la visite du ministre de l’Énergie, ce jeudi 27 septembre. Jean-Claude Houssou est globalement satisfait de l’évolution du chantier.

Les travaux de construction de la centrale thermique de 120 Mégawatts à Maria Gléta évoluent de façon plus que satisfaisante. Un an après la signature du contrat de construction de la centrale thermique de Maria Gléta 2, Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie est allé constater l’évolution du chantier remis à l’entreprise danoise Bwsc.

Selon Rimeric Tokoudagba, représentant de l’entreprise danoise Bwsc, à la date du 26 septembre, le chantier affiche un taux de réalisation de 60% contre un taux de livraison d’équipement sur le site de 80% et une exécution financière de 81%.
Satisfait de cette performance, Jean-Claud Houssou, le ministre de l’Energie, affirme qu’à ce rythme, il est possible que le chantier soit livré avant l’échéance du premier semestre 2019. La centrale thermique devra être mise en service au premier semestre de l’année prochaine avec un coût de production avantageux. Le ministre a reconnu à l’ensemble des acteurs de ce projet, l'effort consenti pour le respect des instructions aux fins de garantir la qualité d’exécution, le suivi du planning et les retombées concrètes qui touchent l’environnement dans lequel se déroule la mise en œuvre du projet.
Outre ces impacts directs, l’avantage qu’offre ce projet aux entreprises sous-traitantes est, selon le ministre Houssou, l’acquisition de compétences susceptibles de leur permettre de soumissionner à des marchés semblables à l’international. « Le gouvernement a voulu que ce soit une réelle opportunité, non seulement pour la population locale, mais aussi pour nos entreprises pour qu’elles puissent à travers ce projet grandir aussi pour être en capacité de soumissionner à l’adjudication d’autres projets et dans d’autres pays », fait-il savoir.
Il se réjouit que désormais, les actes suivent les mots. Réconforté par le niveau de réalisation, le ministre signale que ce qui est en cours est une étape dans le programme d’augmentation des capacités de production énergétique du Bénin.

Impacts sociaux et environnementaux profitables

Outre la construction de cette centrale thermique, qui profite à la population riveraine à travers son employabilité, le collège de Houètô bénéficie dans le cadre de ce projet de 24 salles de classe, d’une infirmerie et de la construction de sa clôture. Une voie est aménagée et construite sur un linéaire de 3 000 mètres pour une largeur de 13m. Le volet environnement de ce projet a prévu la construction d’une cheminée de 40m de haut pour éviter à la population riveraine d’être victime des gaz de rejet des sept turbines en cours d’installation.
Le projet est lancé dans un contexte de déficit d’énergie. Pour assurer la fourniture du service à ses clients, la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) a fait, par le passé, l’option de la location de groupes électrogènes. Malgré cela, l’insuffisance d’énergie s’est accentuée à partir de 2006, avec pour conséquence des périodes de délestages imposées à la population, réduisant la capacité de production économique du pays. « Le pays dépendait alors à plus de 90% de l’étranger », rappelle Jean-Claude Houssou. 

Actualités 28 sept. 2018


Poursuites d’ex-ministres devant la Haute cour de Justice: La Criet pour instruire les dossiers et non juger

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) est bel et bien compétente pour instruire les dossiers de poursuites des anciens ministres Aboubakar Yaya, Fatouma Amadou Djibril, Valentin Djénontin et Simplice Codjo. Le procureur spécial près la Criet a apporté cette clarification ce jeudi 27 septembre en marge de son point de presse. 

Selon Gilbert Togbonon, la Chambre d’accusation près la Cour d’appel de Cotonou qui fait office de Chambre d’instruction près la Haute cour de Justice n’existe plus depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi portant organisation judiciaire en République du Bénin. La réforme a cédé désormais place à des Chambres spécialisées. L’instruction des infractions économiques relève dorénavant de la compétence de la Criet. Celle-ci est conduite par une commission composée de trois magistrats dont un à la retraite, tous juges à la Criet. C’est cette dernière qui instruit les dossiers et dresse le rapport. Seule cette commission d’instruction est compétente aujourd’hui pour instruire les dossiers de ces anciens ministres dont la poursuite devant la Haute cour de Justice a été autorisée récemment par l’Assemblée nationale. Aucune autre structure judiciaire n’est habilitée à faire cette instruction si ce n’est la Criet, insiste le procureur spécial près la Criet. Cette clarification du magistrat Gilbert Togbonon vient mettre fin à la polémique suscitée sur les réseaux sociaux par une correspondance du secrétariat général du ministère chargé de la Justice qui saisit le procureur général près la Cour d’appel de Cotonou des dossiers de poursuites des ex-ministres et qui demande au procureur spécial près la Criet de se rapprocher de ce dernier aux fins de prendre connaissance des décisions prises par l’Assemblée nationale à l’encontre de ces derniers.
Il faut souligner qu’à la fin de l’instruction des dossiers des quatre anciens ministres, la commission qui fait désormais office de Chambre d’instruction près la Haute cour de Justice, transmettra par voie de greffe, le dossier au parquet près ladite Chambre qui prend un réquisitoire définitif, conformément à l’article 15.6 de la loi organique. La clôture de l’instruction est constatée par un rapport circonstancié devant comprendre les éléments à charge et à décharge, les propositions à l’Assemblée nationale qui doivent tendre soit vers une mise en accusation lorsque les faits sont établis, soit vers la fin des poursuites lorsque les faits ne peuvent recevoir aucune qualification pénale. Mieux, en vertu de l’article 15.8 de la loi même organique sur la Haute cour de Justice, ce rapport judiciaire est soumis à l’Assemblée nationale qui décide, s’il y a lieu, de la mise en accusation. Celle-ci constitue la seconde étape. La mise en accusation n’est acquise également qu'à la majorité des 2/3 des députés. Le cas échéant, le vote accompagné du rapport de la Chambre d’instruction et des pièces à conviction est transmis au procureur général près la Haute cour de Justice.
Th. C. N.

Actualités 28 sept. 2018


Le président Patrice Talon au sujet du parc de la Pendjari: « Je suis satisfait du résultat que nous avons obtenu en quelques mois »
[caption id="attachment_30902" align="alignnone" width="1024"]La biodiversité plus que jamais sauvegardée grâce aux réformes[/caption]

En marge des travaux de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies à New York, le chef de l’Etat a présidé une table ronde sur le rôle du partenariat public-privé dans la gestion des aires protégées en Afrique. A l’occasion, il a mis en exergue le travail d’orfèvre abattu en quelques mois par l’Organisation African parks Network pour remettre au goût du jour le parc de la Pendjari.

Au cours de la table ronde qu’il a présidée sur le rôle du partenariat public-privé dans la gestion des aires protégées en Afrique, le président Patrice Talon a présenté le visage relooké du parc animalier de la Pendjari et reconnu, par la même occasion, l’expertise de l’organisation sud-africaine, African parks Network, dont le savoir-faire permet aujourd’hui d’envisager un avenir radieux pour cette réserve de biodiversité et de faune considérée comme la plus importante de la sous-région. «Au bout de sept à huit mois, on voit réapparaître les guépards » et de nombreux autres animaux sauvages comme les éléphants et les lions. Le président de la République a dit être « satisfait du résultat » obtenu en quelques mois. « Nous avons ressuscité ce parc avec l’efficacité d’African parks… Ce que nous attendons, c’est une gestion efficace, la pérennité du parc dans son état naturel », a aussi fait savoir le président Patrice Talon. Pour lui, ce qu’il faut désormais, c’est d’organiser les safaris et des visites « sans perturber l’éco- système et faire cohabiter ce parc avec les populations avoisinantes, de sorte qu’il puisse avoir une vie harmonieuse entre les populations qui veulent également vivre du parc tout en préservant sa quiétude et son écosystème ». 

Autre élément de satisfaction évoqué par le président Patrice Talon au cours de cette table ronde, c’est la présence des Rangers sur le parc et qui «jouent efficacement leurs rôles». La sensibilisation du gouvernement, pense le chef de l’Etat, ne suffit pas pour éloigner les braconniers. Il faut, insiste-t-il, « une présence physique musclée et armée pour les combattre de manière durable jusqu’à ce que les habitudes qui ont été acquises soient perdues ».
Dans ses explications, le président de la République a insisté sur le fait que l’évolution de la vie et les changements climatiques requièrent davantage d’expertise pour gérer efficacement les patrimoines. Raison pour laquelle, il y a bientôt trois ans, à sa prise de fonction, l’une de ses premières préoccupations «a été de contribuer à la préservation du patrimoine universel sur le territoire du Bénin ». Dans le monde, indique-t-il, il y a des structures et des acteurs privés qui se spécialisent. « Donc, c’est facile de trouver l’expertise lorsque quelque chose vous préoccupe pour accomplir la mission que vous n’avez pas les moyens d’accomplir tout seul. Je viens du secteur privé et je sais que l’efficacité du secteur privé peut parfois réussir là où les pouvoirs publics échouent », fait-il observer devant les participants à la table ronde.
C’est au nom de ce principe, dit-il, que son gouvernement et lui se sont tournés vers Apn pour les aider à mettre en place un modèle de gestion de formation et de transmission de connaissances permettant une gestion durable et efficace de ce patrimoine, la Pendjari est en Afrique de l’Ouest le parc animalier le plus riche et qui rassemble une biodiversité extraordinaire.

Actualités 28 sept. 2018


Dieudonné Lokossou : « La grève, c'est l'arme fatale à utiliser avec discernement … »
[caption id="attachment_30899" align="alignnone" width="1024"]Dieudonné Lokossou, ancien secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Sonacop (Syntra-Sonacop) et ancien secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin) [/caption]

Dieudonné Lokossou, ancien secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Sonacop (Syntra-Sonacop) et ancien secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin) se prononce ici sur l’encadrement récent du droit de grève adopté par le Parlement. Estimant que c’est une mauvaise innovation, il conseille d’éviter de tricher avec le peuple.

La Nation : L’actualité syndicale est marquée par la prise d'une loi qui encadre le droit de grève au Bénin. Si cette loi est promulguée en l’état, les travailleurs n’auront droit qu’à dix jours de grève par an. Quel commentaire faites-vous à propos de cette innovation ?

Dieudonné Lokossou : Depuis que j’ai eu le privilège d’avoir dirigé la Confédération des syndicats autonomes du Bénin [ndlr : Csa-Bénin], nous n’avions rien obtenu comme avantages matériels ou financiers pour les travailleurs sans une motion de grève. Aucun gouvernement spontanément ne se lève à travers peut-être la fête du 1er mai ou du 1er août pour dire « compte tenu de la cherté de la vie nous relevons le niveau de salaire des travailleurs de la fonction publique et des secteurs parapublic et privé ».
Quand nous prenons le Smig [ndlr : Salaire minimum interprofessionnel garanti] qui est à 40 000 francs Cfa aujourd’hui, c’est largement dépassé. Quelqu’un qui est à ce salaire vit dans la misère.
Maintenant, les grèves n’ont pas été faites sans que le gouvernement ne soit averti. Chacun doit jouer sa partition ! Je crois que sur ce terrain-là, la grève est professionnelle. Il n’y a pas de grève politique. Mais, on trouve toujours une main invisible derrière, comme si les gens avaient un don d’ubiquité.
On ne peut pas accuser les travailleurs de ce qu’ils font grève. La grève a une cause, et ce n’est pas seulement des causes financières. Il y a des grèves qui n’ont pas des incidences financières.
Donc, moi en tant qu’ancien secrétaire général, même si certains pensent que nous sommes dépassés et qu’il faut changer de paradigme, je soutiens que les députés sont allés trop loin pour faire plaisir au gouvernement. Et ensuite la manière dont ils ont procédé. Ils n’ont pas eu le courage d’appeler les acteurs sociaux, les syndicalistes pour échanger avec eux sur le sujet. Donc, c’est une décision unilatérale. Je pense qu’ils n’ont pas trouvé la formule. On aurait dû laisser et négocier et discuter.

Dans ces conditions, quelles sont les perspectives qui s’offrent aujourd’hui au mouvement syndical béninois ?

Ce qui est sûr, les lois sociales ne sont pas des lois statiques. Elles sont évolutives. Aussi, une loi sociale doit tenir compte des acquis. Donc, je suis confiant. Il faut toujours espérer. Une loi qui est votée aujourd’hui, peut être révisée dans 10 ou 15 ans. Compte tenu de la situation, les gens peuvent revenir là-dessus. La preuve, la Cour constitutionnelle a pris des décisions, et lorsqu’une nouvelle cour a été installée, il y a eu revirement jurisprudentiel.

Quel est votre regard sur l’usage de la grève ces dernières années au Bénin?

Quand on fait une comptabilité macabre, on peut dire qu’il y a une exagération des grèves. Mais, tous les régimes ont connu des grèves. Il y a même des grèves qui ont fait chuter le président en 1989 au Bénin! La grève c’est l’arme fatale, et il faut l’utiliser avec discernement. C’est le dernier recours.
Mais, lorsque vous déposez une motion, il y a des étapes: avertissement, sit-in, et on commence l’exécution des grèves graduellement. On ne se lève pas pour dire qu’on a décrété une grève illimitée. La gestion d’une grève n’est pas facile pour le secrétaire général d'un syndicat. Ce n’est pas avec plaisir que les gens font des mouvements. Je pense que la responsabilité du gouvernement est beaucoup plus grande que celle des travailleurs.

Avez-vous l’impression qu’au Bénin, les différentes étapes que vous avez citées plus tôt soient toujours respectées avant le déclenchement d’une grève ?

D’abord, il existe des structures dans le pays qui prônent le dialogue social. Il y a le Conseil national du travail, la grande Commission mixte paritaire qui réunit le gouvernement et les centrales, et actuellement le Conseil du dialogue social, dont j’ai eu l’honneur de signer les clauses avant de passer la main. Mais, est-ce que le gouvernement respecte lui-même ses engagements ? Non ! C’est une question de crédibilité et de confiance. Depuis bientôt trois ans, les travailleurs n’ont pas vu leurs conditions s’améliorer de façon visible. Si les enseignants n’avaient pas fait ce mouvement-là, auraient-ils eu ce qu’on leur a octroyé avant la rentrée ? Il faut faire avec.
Les gens respectent les textes qui régissent les mouvements de grève. Aucune grève n’est improvisée. C’est la manière de négocier qui compte. Si le gouvernement négocie mal une crise, cela ne peut que perdurer. Je ne dis pas qu’il faille tout donner. On ne peut même pas tout donner. L’État a des ressources limitées. Si les peines ne sont pas équitablement partagées, il y a problème. S’il y a une minorité qui est bien traitée et la majorité est laissée pour compte, il ne peut pas avoir la paix sociale.
Que pensez-vous de la division qui a régné entre les confédérations à l’origine du déclin du mouvement de grève entre avril et mai dernier ?

On peut être ensemble et ne pas dire les mêmes choses. Cela dépend de la base sur laquelle les confédérations sont parties. Il faut aussi tenir compte de l’autonomie organisationnelle de chaque confédération. J’ai, en tant qu’ancien secrétaire général, regretté cette division. Mais, le mouvement syndical n’est pas linéaire. Il peut y avoir par moments des contradictions internes et avec la bonne volonté des uns et des autres, on peut revenir à la normale.
Cette situation n’a pas arrangé les confédérations, encore moins les travailleurs, parce que c’est ensemble qu’on est fort.
Moi, je souhaite pour mon pays la paix, mais tout le monde doit y contribuer.

Société 27 sept. 2018


Alain Dimple Houngninou: Le défi d’être seul maître de son destin
[caption id="attachment_30897" align="alignnone" width="1024"]Alain Dimple Houngninou[/caption]

Sa vision du handicap tranche avec celle du commun des mortels. Pour Alain Dimple Destin Houngninou, l’infirmité est tout, sauf une barrière à la réussite.

Alain Dimple Destin Houngninou a fière allure. Son handicap, il le porte avec une sérénité ‘’hors du commun’’. Handicapé des deux pieds et du bras droit, il s’en est accommodé et s’intègre aisément dans la masse d’individus disposant de toute leur motricité. Il ne saurait en être autrement avec celui qui porte le prénom Destin. Lui-même étant conscient que son prénom rime avec défis, courage et réussite. Cet agent de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, évoque sa situation avec fierté:

« Je me suis tellement comporté comme une personne normale que les gens ont tendance à oublier que je suis un handicapé ; ils estiment que je peux tout, alors que j’ai aussi mes limites », sourit-il.
A première vue, personne ne peut douter de ses limites, tant il s’assume. Pourtant…, « il y a des choses que je n’arrive pas à faire », avoue-t-il, avant de s’attarder sur ce qui constitue son handicap.
« Je ne peux transporter tout seul des courriers. Il me faut donc à tout moment, un stagiaire pour m’aider dans certaines tâches », explique-t-il. « Je n’arrive pas à conduire les engins et je connais aussi des périodes de crise liée à ma santé », relate-t-il. Il poursuit : « Je ne peux pas venir au service à la même vitesse que les autres, il me faut du temps pour marcher. Lorsque le sol est glissant, je n’arrive pas à marcher, parce que je risque de tomber ».
Le destin ne faisant rien au hasard, la chance de Destin Dimple, c’est de se retrouver toujours au milieu des gens qui comprennent sa situation. Même si à des moments donnés, il doit supporter les humeurs de ses patrons. « Etant donné que je me comporte comme un individu à part entière, les gens oublient vite que je suis une personne handicapée au point d’assimiler parfois mes limites à de l’insubordination », raconte-t-il.
Mais il sait défier son état. A défaut d’attendre la providence, il a pris à bras-le-corps son handicap, brave les péripéties de la vie pour faire face à son destin. La vie, selon lui, rime avec courage, combativité, détermination et réussite.
Contrairement à nombre de ses compères qui éprouvent de la peine à s’insérer dans la fonction publique, Alain Houngninou y a trouvé sa place et exerce depuis une décennie. D’où tient-t-il cette chance pendant que ses frères et sœurs se retrouvant dans la même  situation triment vainement ? C’est une question de conviction personnelle et de don de soi, répond-il.
« Il n’y a pas de force particulière. La première chose, c’est de ne pas se considérer comme diminué parce que quand vous vous mettez dans cette posture, vous risquez de tout attendre des autres », défend-t-il. Ce cliché, Destin se refuse de le porter. « Moi, je n’attends rien de personne, même si j’ai des limites ; je suis entré dans la fonction publique comme tout le monde », laisse-t-il entendre, sourire aux lèvres.
Pour lui, tout se joue au mental. « Beaucoup de personnes handicapées n’ont pas la force de surmonter les épreuves. La preuve, elles sont nombreuses à finir leurs cursus scolaires et à attendre leur employabilité en vain », souligne-t-il.

Se mettre en évidence

Loin d’être des individus à négliger, il soutient que les personnes handicapées devraient plutôt être encouragées et promues. Mais il revient d’abord à la cible elle-même, de s’affirmer et se révéler plutôt que d’attendre tout du gouvernement, conçoit-il. « C’est un défi d’être personne handicapée et de prouver nos capacités aux gens dits normaux », relève-t-il.
Celui qui considère le handicap comme un atout, une force, et une chance indique que les personnes handicapées ne devraient rien envier aux personnes non handicapées. Au contraire ! « Nous sommes des personnes privilégiées, parce que Dieu nous a créées différentes. Et, toute chose créée différente a une particularité », apprécie-t-il. Selon lui, les handicapés se doivent d’intégrer cette vérité. « Ne t’attends qu’à toi seul ; l’impossible, c’est la paresse », indique-t-il.
Sauf que les bases semblent faussées depuis l’enfance. « Malheureusement, on nous a inculqué depuis le bas âge, que nous ne sommes pas comme les autres. Et, au lieu de percevoir le verre à moitié plein, nous le percevons à moitié vide », déplore-t-il. « Nous ne devons pas attendre nécessairement qu’une entreprise nous emploie », insiste-t-il.
Alain Dimple s’est si bien forgé cette mentalité que bien qu’exerçant encore dans la fonction publique, il s’y est déjà tracé son plan pour l’avenir. « Si je n’étais pas agent de l’Etat, je travaillerais à mon propre compte. Si Dieu me prête longue vie, je vais créer mon entreprise personnelle au terme de ma carrière », projette-t-il.
Selon lui, il est hors de question d’imputer le défi de l’insertion professionnelle des personnes handicapées à l’Etat, la couche elle-même s’étant imposée consciemment ou inconsciemment certaines barrières. « Lorsque les personnes handicapées renseignent les fiches des concours de recrutement à la fonction publique, qu’elles sont inaptes, d’office, les gens vont les considérer ainsi et par conséquent, incapables de faire le job », soulève-t-il.
Mieux, il estime que l’Etat ne peut semer que là où il est sûr de pouvoir récolter. « Voulez-vous que le gouvernement investisse là où il n’aura pas de rentabilité ? », s’interroge-t-il.« Si l’Etat a 100 000 F à partager par exemple en direction des chômeurs, ce n’est pas aux personnes ‘’diminuées’’ qu’il va l’octroyer », relève encore Destin.
Partant de cette logique, il indique que la détermination et la conviction doivent être les maîtres mots des personnes handicapées. Là-dessus, il évoque l’auto entrepreneuriat comme porte de réussite. « Il nous revient de nous prendre en charge et l’Etat fera le reste ; aide-toi et le ciel t’aidera », conseille-t-il.

Seuls maîtres de leur destin

« Si nous avons été dans les mêmes écoles que les autres et qu’à la fin de nos cursus, nous sommes confrontés au chômage pendant que les bras valides arrivent à s’insérer professionnellement, nous devons redoubler d’ardeur », insiste-t-il.
A l’endroit des personnes handicapées qui fondent toujours leurs espoirs en la providence, il lance cet appel : « Dieu existe pour chacun et pour tous. Nous devons exploiter au mieux nos potentialités. Nous sommes capables de tout parce que Dieu nous a dotées de capacité. « C’est parce que nous pensons que nous ne pouvons pas, que nous ne réussissons pas », tranche-t-il. Il pense qu’un réarmement mental s’impose aux handicapés, notamment les enfants depuis le bas âge. Ce travail de sensibilisation doit être du ressort des parents et en partie, celui d’associations de personnes handicapées.
Toutefois, Alain Dimple Destin a bien des griefs contre ces dernières. « Je trouve que les associations de personnes handicapées sont parfois trop portées vers l’intérêt ; il y en a dans ce milieu qui sont uniquement à la recherche du gain », déplore-t-il.
Il met l’accent sur le rôle qui doit être le leur : « Si les syndicats ne jouent pas convenablement leur partition, l’Etat ne peut cerner tous les problèmes de la cible », souligne-t-il. Celui qui se révèle modèle pour nombre de personnes handicapées insiste :« Lorsque vous êtes à l’hôpital et que vous n’exposez pas clairement les maux dont vous souffrez aux médecins, ils ne peuvent pas apporter la guérison nécessaire ».
Pour cet agent de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, les handicapés sont seuls maîtres de leur destin. « Personne ne peut résoudre nos problèmes si ce n’est nous-mêmes ».
« Si vous avez dix enfants parmi lesquels un seul s’efforce à bien travailler à l’école plus que les autres, vous ne ménagerez aucun effort à l’accompagner afin qu’il réussisse davantage dans ses études», conclut-il pour insister sur la motivation qui doit guider les personnes handicapées face à leur destin.

Société 27 sept. 2018


Loi sur la protection des défenseurs des droits humains: Les acteurs clés de la société civile amendent l’avant-projet

Réunis en atelier, ce mercredi 26 septembre à Cotonou, la plateforme des défenseurs des droits humains au Bénin et Amnesty international ont procédé à la pré-validation de l’avant-projet de loi sur les défenseurs des droits humains. Les travaux ont connu la participation de représentants de diverses Organisations de la société civile (Osc) et de décideurs.

Après des mois de réflexion, la plateforme des défenseurs des droits humains au Bénin est parvenue à élaborer un avant-projet de loi sur la protection et la promotion des défenseurs des droits humains. Avant de la soumettre à l’appréciation du gouvernement et du Parlement, les acteurs clés de la plateforme avec le soutien d’Amnesty International se sont rassemblés pour amender le texte en plénière au cours d’un atelier et élaborer une stratégie de plaidoyer efficace à l’endroit des décideurs. 

Les travaux ont été ouverts par la directrice de l’administration pénitentiaire et de la protection des droits de l’Homme, Inès Toffoun en présence du directeur exécutif d’Amnesty International Bénin, Fidèle Kikan et du président de la Coalition des défenseurs des droits de l’Homme, Serge Prince Agbodjan. Pour ce dernier, il est une nécessité pour le Bénin de se doter d’une loi de protection et de promotion des défenseurs des droits humains. « Aujourd’hui, les défenseurs des droits humains font l’objet de grandes difficultés, de représailles, d’assassinat, de violation des droits élémentaires et des libertés publiques dans le monde. Le Bénin, un pays qui se réclame comme un modèle de démocratie et de paix, et ayant des défenseurs des droits humains, a l’obligation de les protéger et de les promouvoir. Le Bénin ne peut ne pas entrer dans cette dynamique dans la mesure où sur le continent africain, certains pays ont déjà pris le lead. Il s’agit en l’occurrence de la Côte d’Ivoire qui est la toute première à se doter d’une pareille loi, du Burkina Faso et du Mali depuis janvier 2018 », a expliqué Serge Prince Agbodjan. Il ajoute que l’adoption de cette loi répond à la Déclaration des Nations unies sur la protection des défenseurs des droits humains qui, en son article 3, recommande que les Etats internalisent ladite déclaration et fassent en sorte que la protection et la promotion des droits humains soient une effectivité qui relève de leurs obligations. Une exigence que confirme la directrice de l’administration pénitentiaire et de la protection des droits de l’Homme, Inès Toffoun. « Le Bénin doit se doter de cet instrument juridique », a-t-elle martelé avant d’encourager les participants à des échanges nourris.
Il est utile de rappeler qu’Amnesty International considère comme défenseur des droits humains, toute personne qui, individuellement ou en association avec d’autres, agit pour la défense et/ou la promotion des droits humains au niveau local, national, régional ou international. Il peut s’agir de journalistes, d’avocats, de professionnels de la santé, d’enseignants, de syndicalistes, de lanceurs d’alerte, de victimes ou de proches de victimes de violations des droits humains ou d’atteinte à ces droits, de membres d’organisations de défense des droits humains (dont Amnesty International).

Société 27 sept. 2018


Validation du rapport de performance 2017 et revue de Pta au 30 juin: Des avancées qualitatives pour améliorer la gouvernance locale
[caption id="attachment_30895" align="alignnone" width="1024"]Le ministre de l’Agriculture distingué par le président de la Fupro-Bénin[/caption]

Les cadres du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale se sont retrouvés, les 25 et 26 septembre, à Cotonou, pour procéder à la validation du rapport annuel de performance 2017 et à la revue du plan de travail annuel au 30 juin 2018 du ministère. Une occasion pour le ministre Barnabé Dassigli d’inviter le personnel à sauvegarder les acquis, pour l’atteinte des objectifs de son département ministériel.

Au 31 décembre 2017, le ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale a atteint un taux d’exécution physique de 66,93% pour un taux d’exécution financière de 78,83%, base engagement et 75,87% base ordonnancement. 

Pour le ministre Barnabé Dassigli, il ne sera pas question de baisser les bras mais plutôt de sauvegarder cet acquis. Aussi, a-t-il invité les différents acteurs de la chaîne des dépenses à jouer leur partition pour permettre au Mdgl d’être toujours à la hauteur de sa mission en matière de décentralisation, de déconcentration et de la gouvernance locale. Toutes choses devant impacter l’accès aux services sociaux de base et par ricochet l’amélioration du niveau de développement. « L’enjeu est de taille et beaucoup de défis restent à relever dans un contexte où nos populations attendent beaucoup de nous alors que nos ressources sont limitées », a déclaré le ministre Barnabé Dassigli. Il note que les conclusions de cette évaluation vont permettre au ministère de se donner de nouvelles orientations pour l’amélioration du budget 2019.
Les participants apprécieront, par rapport aux prévisions, les activités menées jusque-là, faire ressortir les écarts éventuels, identifier les difficultés et formuler des recommandations pour l’atteinte des objectifs fixés pour la réalisation d’une bonne performance à la fin de l’exercice budgétaire. L’atelier permettra d’une part de mesurer l’impact des investissements sur l’amélioration des conditions de vie des populations et d’autre part d’envisager de meilleures solutions et stratégies à développer pour les années à venir.
Le directeur de la Programmation et de la Prospective, Stanislas Allagbé, a indiqué : « La recherche d’une grande performance opérationnelle de la dépense nécessite une grande responsabilisation des acteurs dans l’exécution de suivi-évaluation de leur budget et la reddition des comptes ». L’approche méthodologique basée sur la Gestion axée sur les résultats (Gar) impose certaines habitudes dont l’élaboration des rapports de performance. La rencontre s’inscrit parfaitement dans la logique de la satisfaction de ces exigences et trouve son ancrage dans la réforme actuelle du gouvernement qui est d’instaurer la culture de l’évaluation dans les habitudes, a-t-il soutenu avant d’indiquer que le processus ne s’achève pas ici, mais à la soumission des rapports à la Chambre des comptes de la Cour suprême après la certification des informations par l’Inspection générale des Affaires administratives du ministère.
Le ministère de la Décentralisation s’est fixé pour objectif global de faire de la décentralisation un véritable outil de développement local qui garantit le bien-être aux citoyens béninois sur des territoires bien aménagés et bien gouvernés. Le document de performance pourra faire le point des principaux résultats obtenus, des niveaux atteints par les cibles des différents indicateurs et le point sur les ressources ayant servi à l’atteinte des résultats suivant quatre programmes, à savoir : le Programme pilotage et soutiens aux services (Ppss), le Programme de la promotion de la bonne gouvernance locale (Ppbgl), le Programme de la promotion de l’économie locale et de l’intercommunalité (Ppeli) et le Programme d’appui à la décentralisation (Pad).

Société 27 sept. 2018


Georges Kakaï-Glèlè : « Un dirigeant doit être proactif… »
[caption id="attachment_30893" align="alignnone" width="1024"]Georges Kakaï-Glèlè, ancien secrétaire général de la Confédé- ration des syndicats indépendant du Bénin (Cosi-Bénin)[/caption]

Ancien secrétaire général de la Confédération des syndicats indépendants du Bénin (Cosi-Bénin), Georges Kakaï-Glèlè porte son regard sur l’action syndicale. Tout en étant bienveillant vis-à-vis de la génération actuelle aux commandes, il l’exhorte à agir avec esprit de suite pour sortir la tête haute des luttes syndicales.

La Nation : En votre qualité d’ancien syndicaliste, quel regard portez-vous sur l’action syndicale actuelle au Bénin ?

Georges Kakaï-Glèlè : Je porte le regard d’un homme confiant et suffisamment attaché à la chose syndicale. Ce qui se passe actuellement n’est pas extraordinaire. Ceux qui sont actuellement au-devant de la lutte syndicale apprécient à leur manière les situations qui prévalent et les solutions qu’il faut trouver. Ce qui est réconfortant, c’est qu’à chaque moment, ils sollicitent nos conseils. Mais, les conseils ne valent que ce qu’ils sont. Entre donner des conseils et suivre ces conseils, il y a un écart que seuls ceux qui sont au front apprécient. Mais, toujours est-il que nous pouvons être confiants pour l’avenir du mouvement syndical.
Ce que nous observons aujourd’hui s’est déjà déroulé dans le passé ! Mais, il y a des comportements que nous ne pouvons pas transposer d’un moment à un autre. Je ne vous cache pas que, sous le régime par exemple de Boni Yayi, où j’étais encore en plein dans la lutte syndicale, on a tenté de nous arracher le droit de grève. De nouveaux statuts ont été élaborés de même que de nouvelles lois, qui devraient être adoptés par l’Assemblée nationale. Tout ce que nous avons pu faire en ce moment, c’est d’avoir su les court-circuiter. Nous avions eu des amis qui étaient avec nous, mais qui se retrouvaient à l’Assemblée et qui nous ont informés. Ce qui nous a permis de prendre les dispositions nécessaires pour contourner la difficulté et empêcher le projet d’aboutir en introduisant une contre proposition à l’Assemblée. Les députés s’étaient retrouvés en face de deux textes et ils ont eu de difficultés et n’ont pas pu voter la loi préparée à cet effet. Nous avons recouru aux concours d’experts sur le plan international pour élaborer cette proposition de loi. Avec nos expériences, les secrétaires généraux se sont mis ensemble pour travailler sur la proposition de loi.
Donc, à chaque moment précis, il y a un comportement à adopter pour s’en sortir. Je continue de faire confiance aux dirigeants qui sont là actuellement. Ils retrouveront la juste voie pour éviter les pièges qui leur sont tendus de part et d’autre.

En espérant que les dirigeants syndicaux actuels trouveront la juste voie, vous semblez insinuer qu’ils ne sont pas encore sur ce chemin qui devrait leur permettre de réussir leurs missions ?

Non ! Ce n’est pas exactement cela. Voyez-vous, ils nous ont évité de justesse une année blanche, même si les résultats de fin d’année sont critiques. Ce sont des gens qui ont une certaine expérience. Mais lorsqu’on n’est pas au front, il est difficile d’apprécier à sa juste mesure les difficultés à résoudre.
Les dernières négociations, à la veille de la rentrée, donnent l’impression qu’ils se sont séparés non pas sans avoir trouvé un terrain d’entente. J’ai écouté le porte-parole du gouvernement et celui des syndicats. Ils sont tous allés dans le même sens. Cela veut dire qu’avec un peu de recul, on finit toujours par trouver la juste voie pour éviter des situations de crise au monde du travail.
Le problème qui se pose est comment faire pour ne pas conduire les travailleurs à l’abattoir.

Les derniers mouvements de grève, encore dans les mémoires, semblent s’être déroulés dans une incompréhension totale. Les premières centrales à renoncer à la grève ont été traitées de tous les noms, mais in fine, tout le monde a mis un terme à la grève sans avoir eu gain de cause. Avez-vous vécu une telle situation lorsque vous étiez aux commandes ?

C’est le quotidien du responsable syndical que nous sommes. N’attendez-vous jamais à ce que les sept confédérations disent la même chose à un moment donné. Chaque responsable dirige un monde différent. En majorité, si votre mouvement syndical regroupe les enseignants et les agents de santé dans le public, vous ne pouvez pas avoir les mêmes comportements que quelqu’un qui n’a que les travailleurs du privé comme militants qu’il gère. Il suffit de comparer l’élan des mouvements dans le privé et dans le public pour mieux apprécier.
Mieux, il ne faut pas être pressé dans le mouvement syndical. Il faut prendre son temps. Si vous ne prenez pas le temps, vous risquez d’être rapidement un général sans troupe. Vous ne suivez pas les autres confédérations. Vous travaillez avec elles en intelligence, mais vous suivez beaucoup plus votre base, que ce qui se passe ailleurs.
C’est vrai qu’un dirigeant doit être suffisamment illuminé et proactif par rapport à tout ce qui peut arriver. Mais au finish, vous allez remarquer que tous ont fini par accorder leurs violons pour éviter à notre pays une situation comme une année blanche. Nous avons été aussi confrontés à des moments donnés à de pareilles situations. Mais, nous avons su tirer note épingle du jeu, parce que notre mission n’est pas de conduire nos militants à l’abattoir.

En votre temps, ceux qui ont suggéré de faire une pause ou qui ont décidé de suivre une voie autre que le chemin de la grève ont-ils été traités de corrompus ?

Je vous dirai non et oui. Le niveau que les contradictions ont atteint aujourd’hui avec nos amis aux commandes, nous ne l’avons jamais atteint. Mais dire qu’on est corrompu, etc., nous l’avons subi, parce que le travailleur béninois, lorsqu’il s’habitue au volume de sa poche et qu’elle ne grossit pas davantage, il se retourne contre ses responsables en les traitant de gens corrompus, qui détournent, etc. Néanmoins, ce n’est pas uniquement le fait du Bénin. Sur le plan international, les gens subissent ces mêmes types de traitement.
Dans ces conditions, il suffit d’avoir foi et de conduire le mouvement avec honnêteté sur de bonnes pistes et non à l’abattoir. Si vous avez la conviction et que vous avez la formation syndicale requise, vous vous en sortez toujours la tête haute. Je pense que les gens de mon temps, comme Gaston Azoua, Guillaume Attigbé et Pascal Todjinou ne se reprochent aujourd’hui rien. Et, je pense que ceux qui sont là aujourd’hui ne se reprocheront aussi rien demain. S’ils travaillent dans le sens de la formation que nous avons reçue de l’éducation que nous avons reçue, et avec la foi qu’ils sont honnêtes envers eux-mêmes, malgré tout, ils s’en sortiront toujours la tête haute. Donc, il n’y a pas à s’inquiéter pour le mouvement syndical.
Aussi, il faut faire en sorte que chaque fois que les gens se rapprochent de vous, que vous ayez les réactions nécessaires pour permettre aux autres de comprendre où vous êtes et ce que vous faites. Et, il faut éviter d’être traité de partisan.

Comment faire pour éviter qu’un syndicaliste soit traité de partisan ?

Moi, je ne suis membre d’aucun parti politique jusqu’à aujourd’hui. Aucun parti ne peut exhiber un document qui le prouve jusqu’au moment où je vous parle. Si vos points de vue visent à défendre le travailleur, vous vous en sortez toujours la tête haute. Dans nos mouvements syndicaux, nous avons des partisans de différentes obédiences. Et tous ceux-là se réunissent pour prendre des décisions. Donc, il n’est pas possible de faire le jeu d’un parti au détriment des autres. Les décisions ne sont pas politisées. L’essentiel, c’est de faire en sorte que les travailleurs soient heureux.
Que dire alors des syndicalistes qui s’affichent publiquement avec des partis politiques pour prendre des positions partisanes ?

On ne va pas vous dire qu’à des moments donnés, nous n’avons pas eu recours à des partis représentés à l’Assemblée nationale. Il nous arrive parfois de faire des réunions à la Bourse du Travail avec des partis politiques ou avec des ailes bien démarquées du parti au pouvoir. Il nous est même arrivé de prendre des initiatives avec les partis politiques pour dire non lorsqu’il était question de réviser la Constitution. Cela arrive à des moments donnés. Évidemment, il faut le faire avec esprit de suite. Il faut toujours le faire tout en sauvegardant l’honneur de votre confédération. Il faut éviter qu’on vous fiche ou qu’on vous sente totalement dans une opposition au parti au pouvoir. Mais, il ne faut pas lésiner sur les points de vue également, qui sont des positions syndicales et qui permettent de défendre des intérêts moraux et matériels de même que professionnels de vos militants.
Donc, c’est avec recul et esprit de suite que nous devons apprécier les situations. Et, surtout faire en sorte que nous puissions nous démarquer de tout ce qui peut constituer des problèmes pour nos organisations syndicales en général.
Je vous avoue que nous avons été traités de la même façon que ceux qui sont là aujourd’hui. Et, c’est en restant honnête vis-à-vis de nous-mêmes, en ayant une certaine logique de vie que nous avons su tirer notre épingle du jeu.
Je demande aux travailleurs de faire l’effort pour faire confiance à leurs dirigeants. Je demande aux dirigeants aussi de tout faire pour recueillir les desiderata des travailleurs et de travailler en tenant compte du niveau de compréhension et de la maturité de leurs militants?

Société 27 sept. 2018


Promotion du financement de l’habitat dans l’Uemoa: Un projet de 90,7 milliards de francs Cfa lancé

L’amélioration du financement de l’habitat dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), en particulier pour les populations à revenus modestes et/ou irréguliers, préoccupe désormais les institutions financières et de développement de l’union. La Caisse régionale de refinancement hypothécaire de l’Uemoa, la Commission de l’Uemoa, la Banque ouest-africaine de développement (Boad) et la Banque mondiale ont lancé à cet effet, un projet régional, le jeudi 20 septembre dernier à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Signées à Washington le 13 octobre 2017 entre la Banque ouest-africaine de développement, la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, la Caisse régionale de refinancement hypothécaire de l’Uemoa et la Banque mondiale, les conventions relatives au projet régional Banque mondiale/Uemoa pour la promotion du financement de l’habitat abordable dans l’union sont désormais en vigueur. Le projet à financer par ces conventions de financement a été lancé, jeudi 20 septembre dernier. Ces conventions portent sur un montant de 155 millions de dollars américains, soit 90,7 milliards de francs Cfa dont 76 milliards de francs Cfa pour le refinancement des banques et systèmes financiers décentralisés (Sfd), et 14,7 milliards de francs Cfa pour l’assistance technique.
Selon le communiqué qui a sanctionné le lancement du projet, on estime aujourd’hui que la population de l'espace l’Uemoa doublera dans les vingt prochaines années passant de 110 millions d’habitants à 220 millions d’habitants et que la plupart seront des citadins compte tenu d’une urbanisation rapide. Cette tendance aggravera, précise le communiqué, l’important déficit actuel de logements estimé à 800 000 unités par an. Or, les banques de l'Union n'octroient qu'environ 15 000 nouveaux prêts hypothécaires par an, soit une infime fraction des besoins.
A la cérémonie de lancement, le directeur général de la Crrh-Uemoa, Christian Agossa, a indiqué que ce projet permet à l’institution de mobiliser des ressources concessionnelles pour renforcer son action en faveur des populations à revenus modestes. « Ce projet devrait faciliter la production d’environ 50 000 nouveaux prêts hypothécaires, et permettra de mobiliser davantage de ressources pour le financement de l’habitat et de l’habitat social grâce à nos émissions obligataires sur le marché financier régional et à l’allongement de leurs maturités », a-t-il souligné.
En effet, les interventions de la Crrh-Uemoa ont aujourd’hui un impact réel sur la distribution de prêts hypothécaires par les banques refinancées en leur permettant d’accorder davantage de prêts à l’habitat à leur clientèle, à des taux compétitifs et sur des durées plus longues.

Importance des réformes

Pour sa part, le président de la Boad, Christian Adovèlandé, selon le communiqué, a rappelé le soutien que sa banque apporte à la Crrh-Uemoa depuis sa conception, avant d’indiquer que ce soutien sera poursuivi. Il a ajouté que la Boad partage pleinement les objectifs de ce projet et invite les autres partenaires au développement à se joindre au mouvement pour améliorer le cadre de vie et les conditions de logement des couches défavorisées des populations de l’Union.
De son côté, le président de la Commission de l’Uemoa,
Abdallah Bouréima, s’est réjoui de ce projet pilote et innovant qui permettra aux Etats de bénéficier d’appuis-conseils pour la promotion des logements sociaux, et contribuera à la promotion du marché hypothécaire régional pour faciliter l’accès à la propriété dans l’Union.
Le représentant résidant de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire et directeur des Opérations pour le Bénin, le Burkina, le Togo et la Côte d’Ivoire, Pierre Laporte, s’est félicité de l’exécution du projet est d’ajouter que le projet soit le plus efficace possible. « Il est important qu’il soit accompagné par des réformes nationales au niveau de la gestion du foncier et des politiques de logements abordables», conseille-t-il.
En lançant le projet, le président du Conseil des ministres de l’Umoa, Romuald Wadagni, ministre béninois de l’Economie et des Finances, a insisté auprès de ses collègues sur l’importance des réformes relatives à la gouvernance du foncier et à la fiscalité dans les pays de l’Union pour faciliter le succès du projet. Il a également insisté à l’attention de la Crrh-Uemoa sur la nécessaire célérité d’exécution du projet avec ses ressources limitées, afin qu’une seconde phase puisse être rapidement engagée avec des ressources significativement plus importantes et le concours des autres partenaires au développement.

Economie 27 sept. 2018


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