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Echange de documents entre Claude Gbaguidi, président de l'Are (à gauche) et Gabriel Dégbègni, coordonnateur national du programme Mca II[/caption]Le Millennium challenge account (Mca-Bénin II) et l’Autorité de régulation de l’électricité (Are) ont procédé à la signature d’un accord de mise en œuvre dudit programme, ce jeudi 30 août au siège du Mca-Bénin à Cotonou. De nouvelles perspectives s’ouvrent ainsi pour le Bénin dans la maîtrise de l’énergie électrique à un coût accessible aussi bien dans les zones urbaines que rurales.
« Par le truchement du présent accord de mise en œuvre avec le Mca-Bénin II, l’Autorité de régulation de l’électricité (Are) est désormais officiellement engagée dans un partenariat pour une synergie d’actions en vue d’une modernisation du secteur de l’électricité au Bénin, avec comme corollaire la fourniture de l’énergie électrique de bonne qualité à un prix compétitif et en quantité suffisante pour tous », a indiqué le président de l’Are, Claude Gbêdonougbo Gbaguidi, hier lors de la signature de l’accord.
Deux projets seront mis en œuvre à travers cet accord : les projets « Réforme des politiques et renforcement institutionnel » et « Accès à l’électrification hors-réseau ». L’autorité veillera, avec la collaboration du programme Mca Bénin II, rassure Claude Gbaguidi, président de l’Are, au respect des principes de service public qui gouvernent l’activité de fourniture de l’énergie électrique avec pour objectif l’accès aux services électriques sur la base d’une tarification juste et équitable permettant aux différents opérateurs de recouvrer leurs coûts.
L’Are est motivée par cet accord et prête à jouer sa partition pour concilier aussi bien l’intérêt général, l’intérêt des consommateurs et celui des opérateurs pour un développement harmonieux du secteur de l’électricité, a assuré son président.
La vision du deuxième programme du Bénin pour le Millennium challenge account, au-delà des objectifs nationaux de développement s’étend à la problématique régionale de développement de l’électricité, a informé le coordonnateur national du programme Mca II, Gabriel Dégbègni. Il a expliqué d’une part que l’indépendance énergétique est une préoccupation majeure pour tous les pays de l’Afrique, et d’autre part que la tendance vers un marché unique pour les pays de la Cedeao est un acte majeur par lequel les pays s’offrent des opportunités favorisant en même temps l’offre et l’accès à l’énergie électrique. « Ce contexte impose à notre pays de disposer des institutions de référence, justifiant des capacités nécessaires pour assurer au Bénin une intégration sans contrainte dans cet espace régional de production et de distribution d’électricité, un défi qu’il faut immanquablement relever », note-t-il, convaincu que l’Are est l’une de ces institutions.
403 millions de dollars US au profit du Mca-Bénin 2
La mission de l’Autorité de régulation de l’électricité, selon son président, est de veiller au respect des textes législatifs et réglementaires régissant le secteur de l’électricité, notamment des normes en matière de production, de transport et de distribution de l’énergie électrique, veiller à l’exercice d’une concurrence effective, saine et loyale dans l’intérêt de l’Etat, des opérateurs et des consommateurs, d’approuver l’octroi des concessions et de délivrer les autorisations de production aux auto-producteurs et de définir le mode de rémunération des opérateurs du sous-secteur électrique.
Le coordonnateur national du Mca Bénin II, Gabriel
Dégbégni, a recommandé à l’Are de prononcer des sanctions consécutives aux manquements aux dispositions législatives et règlementaires constatées ou aux contenus des autorisations, licences, concessions et cahiers des charges. L’Are devra aussi concilier, préconise-t-il, les parties en conflit et contrôler le respect des obligations qui incombent aux intervenants du secteur.
Le Programme Mca-Bénin II (2017-2022) d’un montant de 403 millions de dollars US dont 28 millions de dollars US de contribution de la République du Bénin est axé sur le développement de l’énergie électrique. Son objectif principal est de stimuler l’investissement privé à travers l’appui aux réformes institutionnelles et l’investissement dans la production et la distribution de l’électricité, ainsi que l’électrification hors-réseau donc l’énergie renouvelable. Le programme Mca-Bénin II, à terme, va accroître la production et la productivité des entreprises, générer des possibilités économiques pour les populations du Bénin et améliorer la capacité du gouvernement à fournir des services publics et sociaux par l’amélioration de la quantité et de la qualité de la fourniture d’électricité au Bénin. De quoi combler les attentes du directeur résident de Millennium challenge corporation, Christopher Broughton. « La réussite de cet accord exige la disponibilité des deux parties, la communication et la collaboration sur tous les plans», indique-t-il.
Les officiels à l’ouverture des travaux[/caption]La digitalisation des chaînes de valeur agricoles était au centre de la troisième session de l’année du Groupe de travail sur la finance digitale (Gtfd), tenue ce jeudi 30 août à Cotonou. Une rencontre trimestrielle qui permet de réfléchir sur les thématiques relatives au développement de l’écosystème et plus généralement de la finance digitale au Bénin.
Réunis autour du thème « La digitalisation des chaînes de valeur agricoles, enjeux et perspectives au Bénin », le Groupe de travail sur la finance digitale (Gtfd) a tenu sa troisième session annuelle hier à Cotonou.
Sabine Mensah, spécialiste technique finance digitale, au Fonds d'équipement des Nations Unies pour le développement local (Uncdf) a souligné, à l’ouverture des travaux, que l’agriculture est un secteur clef de l’économie qui emploie la majorité de la population.
« La question qui se pose au Bénin est de voir avec toutes les parties prenantes à cet atelier comment aller vers la digitalisation des chaînes de valeur agricoles », relève Sabine Mensah. Il s’agit, a-t-elle souligné, de savoir les leviers sur lesquels il faut travailler pour s’assurer que l’inclusion a atteint toute la population afin qu’elle tire parti des nouvelles technologies pour améliorer leur productivité et avoir accès à plus de grands marchés et éventuellement améliorer son bien-être à travers l’augmentation de leurs revenus. Cette session devrait également permettre de sortir une feuille de route pour guider la mise en œuvre de projet de digitalisation des chaînes de valeur agricoles au Bénin.
L’Uncdf fait partie des partenaires du secteur agricole pour aider à booster l’inclusion financière des agriculteurs à travers la diversification des services financiers accessibles via téléphone portable, informe Orou Dèkè Gouroudobou, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Il indique que la filière riz a été retenue pour la phase pilote du projet de digitalisation financière. Elle a été choisie, justifie-t-il, parce que c’est une filière qui met au travail à la fois les femmes et les hommes. Dans les mois à venir, annonce-t-il, ils vont pouvoir faire des transactions financières sans subir les multiples difficultés liées à l’usage de la monnaie trébuchante, tout en saluant la disponibilité et l’accompagnement de l’Uncdf.
Rafiou Bello, conseiller à l’économie du ministre de l’Économie et des Finances et président du groupe de travail, rappelle que le secteur agricole représente environ le tiers du produit intérieur brut national et emploie plus de trois millions d’actifs, contribuant fortement aux recettes en devises. Paradoxalement, reconnaît-il, c’est un secteur qui abrite beaucoup de pauvres et est faiblement financé alors qu’il a besoin de beaucoup d’investissements et de réponses innovantes. Il souligne que le risque agricole n’est pas couvert par le secteur bancaire. Pour lui, l’approche chaînes de valeur vise en effet à corriger ce déficit de financement traditionnel au profit du secteur, à travers le recours à la finance digitale.
Les participants ont eu droit à un partage de connaissances sur les expériences de projets de digitalisation de chaînes de valeur agricoles d’autres pays, notamment en Afrique de l’Est. Les travaux de groupe sur les défis et les opportunités dans la filière riz ont permis aux participants de partager leur compréhension des problématiques de la filière ainsi que des pistes de solutions à explorer dans la perspective de la digitalisation.
Ont pris part à cette session, les représentants des ministères sectoriels concernés, les banques, institutions de la microfinance, opérateurs de téléphonie mobile, etc?
La séance plénière de ce jeudi a permis aux parlementaires de débattre du rapport de la commission chargée des Lois sur le dossier[/caption]Les députés ont entamé, ce jeudi 30 août à l’hémicycle à Porto-Novo, l’examen de la proposition de loi portant Code électoral en République du Bénin. Les travaux se poursuivent ce vendredi avec l’étude au fond du volumineux texte composé de 397 articles, en attendant l’adoption de cette loi électorale pour des élections plus fiables, plus transparentes et moins onéreuses au Bénin.
L’examen de la proposition de loi portant Code électoral en République du Bénin pourrait livrer ses secrets, ce vendredi 31 août. Les députés ont amorcé hier l’étude de la loi proposée par le député Louis Vlavonou et six autres. La séance plénière de ce jeudi a permis aux parlementaires de débattre du rapport de la commission chargée des Lois sur le dossier.
Le rapport présenté renseigne sur les motivations de cette proposition de loi visant surtout à corriger les insuffisances et autres difficultés de plusieurs ordres rencontrées dans l’application de la loi n°2013-06 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin. Elle a servi à l’organisation de trois élections, en l’occurrence les législatives et les communales, les municipales et locales de 2015 ainsi que la présidentielle de 2016. La proposition de loi en examen permettra donc d’actualiser la loi électorale en vigueur pour des élections plus fiables, plus transparentes et moins onéreuses au Bénin. Celle-ci est composée de 397 articles répartis en six livres.
Le livre premier est consacré aux règles générales applicables à toutes les élections en République du Bénin ; le livre deuxième est relatif à l’apurement, à l’actualisation et à la mise à jour du fichier électoral et de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) ; le livre troisième traite des règles particulières pour l’élection présidentielle et le livre quatrième aborde les règles particulières pour l’élection des membres de l’Assemblée nationale. Les livres cinquième et sixième renseignent respectivement sur les règles particulières applicables aux élections des membres des conseils municipaux, communaux, et des conseils de village et des quartiers de villes en République du Bénin et les dispositions pénales.
De grandes réformes
Dans le fond, le texte adopté et soumis à l’appréciation de la plénière par la Commission chargée des Lois maintient le statu quo par rapport à la structuration globale de la Commission électorale nationale autonome (Céna). Toutefois, il a été souhaité que ses attributions soient élargies au suivi et au financement public des partis politiques en adéquation avec la Charte des partis politiques. Au sujet des conditions de candidatures et d’éligibilité à l’une ou l’autre des élections communales, législatives et présidentielle, le rapport présenté informe qu’il a été retenu que le candidat aux élections législatives et présidentielle présente dans ses dossiers de déclaration de candidature le quitus fiscal des trois dernières années précédant chaque scrutin. Cette pièce va attester qu’il est à jour dans le paiement de ses impôts. La preuve du paiement d’impôts prévu dans le Code électoral en vigueur est difficile à vérifier par les institutions en charge des élections, notamment la Céna, la Cour constitutionnelle et la Cour suprême avant la délivrance des récépissés. Le texte en étude veut corriger cette lacune avec la réforme liée au quitus fiscal.
La proposition de loi reprécise les conditions d’inéligibilité et d’inégalité. Ainsi, ne peuvent être éligibles les membres des Forces armées béninoises, des forces de sécurité publique et assimilés, les membres et agents des institutions de l’Etat chargés de la gestion du contentieux électoral. Si les agents sus-cités désirent être candidats, ils doivent démissionner de leurs fonctions un an avant la date du scrutin. Aussi, le montant du cautionnement est-il porté à 10 % du montant total prévu pour la campagne électorale pour les élections législatives et présidentielle qui est plafonnée respectivement à 30 millions F Cfa et 2,5 milliards F Cfa. Ce qui permet de déduire, sur la base des 10 %, que la caution pour les législatives sera de 249 millions F Cfa à raison de 3 millions par candidat titulaire à la députation et de 250 millions F Cfa pour la présidentielle. Ces sommes doivent être payées avant la délivrance du récépissé provisoire, précise le rapport présenté hier par la commission chargée des Lois qui a étudié en avant-première le dossier. Cette mesure devrait permettre de lutter contre les candidatures fantaisistes et qui renchérissent le coût des élections. Le statu quo a été maintenu par rapport aux modalités de l’élection des membres des conseils municipaux, communaux et de conseils de village et de quartier de ville. Le même statu quo a été retenu en ce qui concerne le fichier électoral qui reste valable jusqu’à la fin du délai de validité de la Lépi en 2021.
Choc des arguments
Mais ces différentes innovations insérées dans la loi sont dénoncées par les députés de la minorité parlementaire. Guy Mitokpè, Valentin Djènontin, Léon Dègni, Nourénou Atchadé et Léon Ahossi y ont décelé plusieurs dispositions tendant à exclure certains potentiels candidats des législatives et de la présidentielle. Ils citent surtout en exemple les questions de quitus fiscal, de cautionnement de 10 % du montant total des frais de campagne et autres. « Le texte validé en commission des lois est un projet dangereux et source d’instabilité et de menace à la paix. Le bon sens recommande qu’on légifère pour la postérité », souligne Guy Mitokpè qui demande que soient revus à la baisse les montants des cautionnements fixés pour les élections législatives et présidentielle. « La caution aux Etats-Unis d’Amérique est de zéro dollar et zéro euro également en France ; les droits universels sont exclus du champ financier. Les riches ne peuvent pas être plus candidats que les pauvres. L’argent ne peut pas être un critère d’exclusion », martèle le député de l’Opposition qui dit être contre une démocratie censitaire. Il trouve inadmissible et inconcevable qu’on puisse passer d’une caution de 8,3 millions F Cfa à 249 millions F Cfa par liste pour les législatives et 15 millions F Cfa à 250 millions pour la présidentielle.
Les argumentaires des députés de l’Opposition ont été démontés par les députés Rachidi Gbadamassi, Bida Nouhoum, Edmond Zinsou, André Okounlola, Gildas Agonkan et Louis Vlavonou, l’initiateur de la proposition de loi. Pour eux, il n’y a aucune disposition d’exclusion dans le texte en examen. Tout ce qui est proposé fait partie du jeu politique. Rachidi Gbadamassi a cité l’exemple de la Constitution de 1990 qui a fixé les âges plancher et plafond respectivement à 40 ans et 70 ans pour être candidat de la présidentielle au Bénin. Ce critère a empêché les anciens présidents Hubert Maga, Sourou Migan Apithy et Justin Ahomadégbé d’être candidats à la présidentielle de 1991. Et pourtant, personne n’a crié à l’exclusion. Mieux, la minorité parlementaire a usé par deux fois de suite de sa minorité de blocage pour empêcher la révision de la Constitution par voie parlementaire, rappelle le député Rachidi Gbadamassi. La majorité parlementaire avec ses 62 députés s’est pliée à la décision d’autant que cela fait partie du jeu démocratique, poursuit-il.
Le député Louis Vlavonou, auteur de la proposition de loi, invite plutôt ses collègues de la minorité parlementaire, au lieu de se lancer dans des « conjectures alarmistes », à s’organiser pour user de leurs droits d’amendements afin d’améliorer le texte proposé. Et cela, comme ce fut le cas lors de l’examen de la charte des partis politiques. Il appelle ceux qui critiquent à faire des amendements pour améliorer le texte proposé.
Cette proposition de loi est considérée comme une grande avancée par rapport aux réformes souhaitées par le chef de l’Etat pour moderniser tout le système et toute l'institution politique au Bénin, apprécie le ministre chargé de la Justice, Me Séverin Quenum. Les travaux se poursuivent ce vendredi avec l’étape des discussions au fond, c’est-à-dire l’examen et l’adoption de l’ensemble de la loi devant abroger désormais la loi n°2013-06 du 25 novembre 2013 portant Code électoral en République du Bénin actuellement en vigueur?
dont quatre contrats de consolidation et trois contrats de développement[/caption]Ce mercredi 29 août à Cotonou, ont eu lieu l’installation de la cinquième mandature de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin et le lancement du deuxième congrès régional des experts comptables de l’Uémoa. C'est l'ccasion pour se rappeler les défis et de s’engager à les relever en matière de fiabilité d’information financière.
« Nous sommes les garants de la qualité de l’information financière, des acteurs clés de l’évolution des entreprises et des parties prenantes de la gouvernance et du développement dans le secteur privé comme dans le secteur public ». C’est par cette déclaration que le nouveau président de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin (Oecca-Bénin), Cosme Goundété, a rappelé aux membres, l’importance de la mission qui leur incombe et tout particulièrement les défis de la cinquième mandature de l’Ordre installée, ce mercredi 29 août à Cotonou.
Cette mandature qui sera en activité sur la période 2018-2021 a adopté, selon lui, « une ligne de mire dénommée consolidation et développement ». Le programme de mandature comporte sept contrats d’objectifs dont quatre contrats de consolidation et trois contrats de développement. Il s’agit de la consolidation des acquis du monopole, des cabinets et de la confraternité, de la notoriété nationale et internationale de l’Ordre, et de la gouvernance de l’Ordre. D’un autre côté, la mandature sera consacrée au développement dans le monopole, des produits de conseil et de nouveaux produits au profit des cibles de l’Ordre.
Pour Servais Adjovi, directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des finances, au regard des enjeux de gouvernance actuelle, l’implication des experts-comptables est primordiale pour la fiabilité de l’information financière. Ils sont, poursuit-il, au centre de la croissance économique et tout aussi indispensable pour la transparence budgétaire.
Les 20 et 21 septembre prochains, les experts-comptables et comptables agréés de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont rendez-vous à Dakar au Sénégal à l’occasion de leur deuxième congrès régional, après celui d’Abidjan, il y a un an. La rencontre sera dirigée par le président de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin (Oecca), porté il y a peu à la tête du Conseil permanent de la profession comptable qui réunit les huit ordres des huit Etats membres de l’Uémoa, en remplacement de la sénégalaise Marie Ba. « L’expert-comptable créateur de valeur », c’est le thème de cette rencontre, a révélé de passage à Cotonou pour préparer la tenue de ce congrès, Marie Ba, invitée par ses pairs du Bénin.
Réformes et défis
Pour elle, ce congrès s’annonce plein d'enjeux et permettra notamment de se pencher sur des thèmes comme les nouveaux défis de l’expert-comptable, et de voir comment il peut être un acteur incontournable pour une gouvernance saine, un facteur de sécurisation et un lanceur d’alerte.
« Dans un contexte international marqué par de profondes mutations, nos Etats ont engagé une série de réformes visant l’amélioration significative du climat des affaires et l’attractivité globale de l’espace Uémoa auprès des investisseurs internationaux. Il s’agit de moderniser les administrations fiscales pour en accroitre l’efficacité ; d’améliorer la gouvernance des finances publiques notamment pour assurer la transparence financière ; favoriser le développement des marchés financiers pour mobiliser les ressources indispensables au financement du développement surtout en cette période de réduction de l’aide publique au développement ». Face à cela, indique Marie Ba, la profession comptable exige un partenariat fort avec l’Etat, le secteur privé et les institutions internationales, afin de mieux assurer le rôle de tiers de confiance.
Pour elle, la digitalisation en cours des administrations fiscales constituera pour la profession comptable du pain sur la planche et elle devra développer des programmes de renforcement de capacités de ses membres pour faire face aux défis et bien jouer son rôle de conseil auprès des administrations du secteur privé et des autres acteurs. Ce congrès régional annuel, cadre de concertation avec les Etats et toute la communauté d’affaires, vient compléter le dispositif institutionnel mis en place par l’Uémoa autour de la profession comptable comme levier de développement des économies, indique également Marie Ba. Le congrès de Dakar réunira en dehors des experts-comptables et comptables agréés des ordres de toute la zone Uémoa, les membres des fédérations professionnelles africaines, les membres de la fédération francophone et les autorités, les institutions privées et publiques.
Basilia Chantal Codjo[/caption]La promotion du genre repose, entre autres, sur la notion de l’économie solidaire. C’est une approche que soutient Basilia Chantal Codjo, chercheur et spécialiste des questions du genre, de la famille et de la sexualité. Cette présidente d’Ong, qui est à cheval entre le Bénin et la Belgique, apprécie le modèle du Bénin dans le domaine du genre, tout en évoquant les défis pour le pays en la matière. Celle qui porte également le combat de l’éducation sexuelle des adolescentes et jeunes insiste sur le rôle des parents et éducateurs.
La Nation : Quelle appréciation faites-vous du modèle de promotion du genre au Bénin ?
Basilia Chantal Codjo : J’ai souvent orienté mes thèmes de recherches vers la problématique du genre. Je suis un ‘’local feminist’’. Ce concept est conforme à nos valeurs locales. Ce n’est pas du ‘’féminisme importé’’.
Les femmes béninoises ont longtemps été humiliées et marginalisées. Mais leurs plaintes ne vont pas arranger les choses si elles-mêmes ne prennent pas leur destin en main. Il est temps pour elles de se prendre en charge.
J’entre dans le combat du genre par la valorisation des capacités économiques des femmes. Il faut mettre l’accent sur leur valeur ajoutée au développement. Jusqu’ici, elles ont entendu le son de cloche qu’elles ne servent pas à grand-chose. Ce genre de discours les conditionne malheureusement. Lorsqu’un parent passe son temps à vilipender son propre enfant, cet enfant finira par se conformer à ce discours et sera inutile à la société. Pour peu qu’on renforce les capacités des femmes et qu’on leur fasse confiance, elles sont indispensables au développement de la nation. On n’a pas suffisamment responsabilisé les femmes au Bénin. Que ce soit les femmes rurales, les analphabètes, ou même les intellectuelles, leur contribution est primordiale au développement. Ce sont elles qui mènent la vie économique, la vie reproductive et qui assurent l’éducation de la nation. C’est paradoxal de les écarter du développement alors qu’elles sont au cœur de tous les systèmes. Une seule tête qui décide ne peut couvrir l’intelligence de plusieurs personnes. Il faut valoriser ce que les femmes apportent à leurs communautés.
Quels sont les défis pour la gent féminine elle-même ?
Si les femmes ne croient pas en elles-mêmes, elles n’iront pas loin. Le manque de confiance en soi constitue le principal obstacle à lever. Au Bénin, l’attentisme est dominant et cela limite les femmes. Elles manquent de courage pour prendre des initiatives. A l’image d’un petit enfant qui apprend à marcher, les femmes doivent aussi s’armer de courage et d’audace pour marquer des points.
Vous développez souvent la notion de l’économie solidaire au profit des femmes. Comment doivent-elles s’y prendre concrètement pour en profiter ?
L’économie solidaire est une forme d’activité économique qui ne vise pas prioritairement le gain comme l’activité économique capitaliste. C’est la force et la capacité des femmes à s’auto-prendre en charge. Elle vise surtout le bien-être des membres des associations ou coopératives féminines. Les bénéfices desdites associations servent à entretenir ses membres.
L’économie solidaire oblige les femmes à mener des actions collectives. Ce qui renforce les liens sociaux. Ces associations travaillent à faire émerger chaque membre et réciproquement chaque membre apporte du sien pour faire émerger le groupe. C’est un don mutuel.
L’autre pôle de l’économie solidaire, c’est la politique. Il ne s’agit nullement de la politique politicienne, mais d’une politique orientée vers le bien-être des membres des associations féminines. Ce pôle n’est pas assez développé dans nos régions. Nous n’avons pas la culture de l’union fait la force au Bénin. Chacun pense que mener une petite activité économique dans un coin de la rue vaut mieux qu’une activité collective. C’est archifaux ! La politique intervient pour aider les femmes à faire des revendications collectives en faveur de leur bien-être et de leur vie. Il faut se baser sur le développement solidaire. J’ai la conviction que l’inter-culturalité est une richesse qui peut être mise au service du développement des peuples à travers les échanges, le partage et la réciprocité. Le développement solidaire concourt au bien-être des familles béninoises et africaines.
Qu’est-ce que l’économie solidaire apporte fondamentalement aux femmes ?
La promotion des femmes devrait nous permettre d’atteindre les objectifs de bien-être familial. En tant que spécialiste de genre et de l’économie solidaire, je milite pour le bien-être des familles. Mon organisation travaille uniquement avec des femmes qui mènent des activités économiques au sein des associations. Dans l’économie solidaire, toutes les actions sont orientées principalement vers les femmes. Quand on accompagne les femmes dans ce sens, c’est toute la famille qui est impactée.
Vous êtes également active dans les domaines de la famille et de la sexualité. Que faut-il faire pour réduire le phénomène des grossesses en milieu scolaire au Bénin ?
L’éducation sexuelle des adolescents et adolescentes paraît aujourd’hui une urgence. Cela ne concerne pas uniquement le milieu scolaire. Il y a également les centres d’apprentissage et de formation professionnelle. Le phénomène a pris de l’ampleur avec les réseaux sociaux. Hier, l’éducation des filles était l’affaire de toute une communauté. Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont pris le relais, mais dans le sens inverse. Les différentes plateformes internet sont des moyens silencieux de drague. Ce qui engendre des vagues de victimes, non seulement dans les basses classes, mais aussi dans les familles aisées. Les filles sont les plus impactées par ce fléau. Il y a deux ans, j’ai mené une étude sur le phénomène avec comme cible les inspecteurs de l’enseignement. J’ai dégagé de l’étude trois catégories de parents. La première catégorie est celle qui exploite la voie répressive et qui interdit formellement l’utilisation du téléphone portable et l’accès des réseaux sociaux à leurs enfants avant le baccalauréat. La deuxième catégorie de parents est celle fataliste et démissionnaire. Au nom de la mondialisation, celle-ci autorise l’accès aux écrans et à l’utilisation des réseaux sociaux à leurs enfants. La troisième catégorie accompagne les enfants à l’utilisation des nouveaux outils de communication par les conseils et les dialogues pour mieux les sensibiliser.
Le piège se situe au niveau de la première catégorie. Dans ce registre, les enfants sont généralement hypocrites et sournois. Ils jouent aux sages devant les parents, mais une fois qu’ils leur tournent dos ou en leur absence, ils développent des vices.
Que faut-il faire dans ce cas ?
La principale arme de lutte, c’est l’éducation en milieu scolaire et dans les centres de formation professionnelle, aussi bien à l’endroit des adolescents et jeunes que des parents et des patrons des centres d’apprentissage. La répression a un impact négatif sur les enfants. En matière d’éducation, il faut appliquer la politique du bâton et de la carotte. Plus on comprend le mode de vie des adolescents, mieux on assure leur éducation. L’approche de l’éducation que je promeus au sein de mon Ong est la sensibilisation par les pairs. Le jeune pair éducateur (fille ou garçon) est à même d’être à l’écoute de ses camarades. Il contribue à l’amélioration des connaissances et des attitudes de ses camarades dans le domaine de la santé. Il sert d’interface entre ses camarades, les enseignants et les parents pour le changement de comportement dans le domaine de la sexualité et de la santé de la reproduction.
Il faut également mettre l’accent sur les tournées périodiques de conseils, d’éducation et d’accompagnement des jeunes et des parents. Ce sont des démarches qui rassurent les jeunes et qui leur permettent de se confier sans réserve?

Les centres hospitaliers de Natitingou ont bénéficié, mardi 28 août dernier d’un important don de matériel médical d’une valeur de 90 millions de francs Cfa de la part du centre hospitalier régional de Huy, une ville avec laquelle la Cité des Nanto est en jumelage depuis trente ans. La remise des équipements a eu lieu sous l’égide du préfet de l’Atacora et du consul honoraire du Bénin en Wallonie (Belgique).
Le Centre hospitalier départemental, l’hôpital de zone, le centre de santé communal ainsi que les centres d’arrondissement de Kouaba et de Tchoumi-Tchoumi sont les structures devant bénéficier du lot de matériel offert par le centre hospitalier régional de Huy. D’une valeur de 90 millions F Cfa, ce don est composé de 121 éléments dont des appareils lourds ou de haute technologie comme des échographes, des appareils de radiologie, de matériel informatique et de mobilier hospitalier, etc. Un geste dont l’intérêt a été salué par Antoine N’da, maire de la commune de Natitingou, lors de la cérémonie de remise. « C’est une joie immense qui m’anime en voyant tout ce matériel qui permettra à nos concitoyens de se sentir mieux dans leur corps et donc de participer activement au développement de notre chère commune Natitingou, de notre pays le Bénin », a-t-il indiqué, rappelant que ce geste s’inscrit dans le cadre du jumelage entre Natitingou et la ville de Huy en Belgique.
Pour Jacob Namboni, directeur départemental de la Santé de l’Atacora, ce partenariat inter-hospitalier est novateur et le don qui le matérialise est d’un type nouveau d’autant que le matériel offert tient strictement compte des besoins exprimés par les structures sanitaires bénéficiaires et ne sont pas usagés. « Ils ne tomberont donc pas en désuétude immédiatement et ne viendront pas encombrer les couloirs des structures », note-t-il. Il a également ajouté que les frais liés au fret, à la douane puis au transport jusqu’aux différents sites sont entièrement pris en charge par la partie donatrice, soit un montant de 9 millions de francs Cfa.
Au total, douze tonnes de matériel qui viennent compléter, selon le directeur départemental, la liste des multiples efforts consentis ces dernières années par le gouvernement et les autorités du ministère de la Santé pour offrir des prestations de soins de qualité aux populations par la mise en œuvre de réformes et la rénovation du plateau technique des structures de santé.
Christophe Leveaux, directeur du centre hospitalier régional de Huy, a souligné que les cinq centres bénéficiaires dudit don ont reçu à travers ces équipements environ 80 % de leurs demandes matérielles exprimées lors de la mission d’évaluation diligentée en novembre 2017. Leurs différents plateaux techniques s’en trouveront donc fortement rééquipés, à ses dires. Réaffirmant la volonté des donateurs à voir les équipes soignantes des institutions hospitalières de la commune de Natitingou s’autonomiser, il a indiqué que le partenariat inter-hospitalier entre les deux villes s’inscrit dans la durée et en a appelé à la motivation de chacun des acteurs.
Acteur majeur dans la concrétisation de cette initiative, Dr Benoît Akando, consul honoraire du Bénin en Wallonie, s’est engagé à revenir dans la commune les bras encore chargés de matériel pour faciliter la vie à ses compatriotes qui peinent à disposer de soins adéquats dans des centres de santé en proie à d’énormes difficultés.
Des difficultés sur lesquelles Déré Lydie Chabi Nah, préfet de l’Atacora, a mis un accent particulier, louant au passage la magnanimité des donateurs et tout l’intérêt du partenariat entre les deux villes. Le manque de matériel figure en bonne place des difficultés auxquelles sont confrontées les institutions hospitalières, admet-elle, tout en condamnant les cas de décès enregistrés dans les salles d’accouchement, d’opération, de réanimation pour insuffisance de plateau technique?
Un appui pour mieux lutter contre diverses catastrophes[/caption]Le Groupement national des sapeurs-pompiers (Gnsp) a reçu, ce mercredi 29 août, du matériel de secours et de sécurité offert par la Garde nationale de l’Etat américain du Dakota du Nord. En présence du directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le chef d’état-major de l’Armée de terre a réceptionné le don de la chargée d’affaires de l’ambassade américaine à Cotonou, puis l’a transféré à qui de droit.
Ce mercredi 29 août, deux conteneurs de 40 pieds de matériels de secours et de sécurité, dons de la Garde nationale du Dakota du Nord, ont été réceptionnés à la base du Groupement national des sapeurs-pompiers (Gnsp). Étaient témoins de l’événement, la chargée d’affaires à l’ambassade des États-Unis d’Amérique, Laura Hruby, et le chef d’état-major de l’Armée de terre (Cemat), colonel Fructueux Gbaguidi.
Gildas N’dah Sékou, commandant du Gnsp, a souligné l’importance que revêtent ces matériels mis à la disposition de son groupement. Il a assuré que les équipements seront répartis dès la semaine prochaine sur l’ensemble des dix-huit centres de secours que compte le pays.
Le lieutenant-colonel Gildas N’dah Sékou a aussi manifesté sa reconnaissance à l’endroit des donateurs, du ministre de l’Intérieur et du Cemat qui, souligne-t-il, portent un intérêt aux problèmes de cet important maillon de la chaîne des secours. Pour lui, tant qu’il n’est pas capable de prédire le risque, il est possible de s’y préparer.
Le Gnsp est une unité spécialisée dans les interventions de secours d’urgence. Service d’urgence pré-hospitalier le plus important, le Gnsp manque souvent de moyens de secours.
Ces matériels ont été offerts dans le cadre de la coopération en matière de préparation à la gestion des catastrophes, par la Garde nationale du Dakota du Nord, par l’intermédiaire de l’ambassade des Etats-Unis près le Bénin.
Ces dons, explique Laura Hruby, font suite à une demande formulée par le Bénin, sollicitant l’assistance d’Africom et de la Garde nationale de l’État du Dakota du Nord pour des appuis dans le cadre du programme "Excess property". Un programme du département américain de la défense, qui offre et distribue du matériel considéré comme en excédent dans ses stocks, en vue d’aider à prévenir les crises humanitaires, explique-t-elle.
Le don est composé, indique Laura Hruby, des pantalons et des vestons de feu, dont certains en aluminium, des casques, des bottes et des gants de feu, etc. Elle espère que ces équipements et matériels seront d’un grand soutien au Gnsp, dans ses efforts de préservation de la vie des populations et dans la préservation et de la lutte contre diverses catastrophes.
Pour Ourou Baro Mora, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ce geste redonnera certainement du souffle au Gnsp. Il ajoute qu'il pourra aussi contribuer à améliorer la qualité de leurs prestations. Il n’a pas manqué de saluer le dynamisme et le patriotisme du lieutenant-colonel commandant le Gnsp et de son équipe qui, souligne-t-il, savent toujours aller au contact, développer les coopérations utiles pour améliorer les conditions de travail de la troupe.
Ourou Baro Mora n’a pas manqué de conseiller de prendre grand soin du matériel qui, espère-t-il, renforcera le maillage du territoire national en matière d’intervention. Le commandant du Gnsp, Gildas N’dah Sékou, promet un bon et efficient usage des équipements reçus.
Permettre aux administrés d'en savoir davantage sur le fonctionnement des services de la mairie[/caption]La mairie de Natitingou a organisé, les 23 et 24 août derniers, des journées portes ouvertes pour permettre aux administrés d’en savoir davantage sur le fonctionnement de ses différents services et d’aller à la rencontre des agents de l’administration communale qui œuvrent au quotidien pour leur satisfaction.
Outre permettre au public de s’imprégner du fonctionnement des différents services, ces journées visent à rapprocher davantage l’administration communale des administrés. Un objectif rappelé par le maire Antoine N’da, au lancement desdites journées avec toutefois quelques regrets. L’édile a, en effet, déploré le manque d’engouement des populations à cette initiative dont l’intérêt tient de leur satisfaction.
Il n’est pas juste, estime-t-il, que l’on puisse critiquer les actions du conseil communal sans savoir les tenants et les aboutissants de ses initiatives. « Il faut critiquer en toute connaissance de cause au lieu d’alimenter les fausses rumeurs. C’est inconcevable que l’on se considère citoyen sans rien savoir du fonctionnement de l’administration communale», indique-t-il, bien amer.
Le public a saisi cette opportunité pour approfondir certains aspects qu’il estime être à son entendement une nébuleuse. A l’occasion de ces journées, tous les services sont restés ouverts et le public a été invité à s’informer, a noté Lavenir Béhanzin, chef service en charge de l’Information, de la Communication et de l’Etat civil.
Au-delà des objectifs cités par le maire, ces journées portes ouvertes se veulent une tribune pour appeler à la culture de l’esprit citoyen.
Neuf stands ont été installés à cet effet pour expliquer à tous les visiteurs les missions et les prestations qu’offrent les différents services de la mairie. Ces derniers, à travers des communications, ont été édifiés par rapport à leurs attentes, aux taxes, redevances et impôts ainsi qu’à l’état civil.
L’initiative pour Sabikou Bawa Sita, représentant des partenaires à la cérémonie de lancement, est salutaire pour montrer au public tout ce qui est fait dans l’optique de répondre à ses attentes.
Société 30 août 2018
Un étalage d’exposition de vente de l’essence issue de la contrebande[/caption]Dans une économie béninoise essentiellement fiscale, la mobilisation des ressources par l’Etat pèse sur quelques-uns, bons ou mauvais payeurs de taxes et impôts. En cause, le secteur informel qui reste prépondérant. Il revient à l’Etat de trouver les voies et moyens pour formaliser l’économie afin d'inverser la tendance.
Le Bénin a présenté en 2017, un taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib) réel, estimé à 5,5 %, selon le rapport sur les Perspectives économiques en Afrique (Pea) 2018. Les projections pour 2018 et 2019 sont aussi prometteuses avec des taux respectifs de 6,1 % et 6,5 %. Malgré la performance de ces indicateurs, le pays reste confronté aux problèmes de gouvernance économique et financière, aux difficultés du secteur privé. Sa place de 151e sur 190 pays dans le rapport Doing Business 2017 est indicatrice des efforts à accomplir pour améliorer le climat des affaires. Un domaine fortement dominé par le secteur informel avec des activités qui échappent largement aux taxes et aux impôts.
Le secteur informel représente autant de menaces qu’il offre des opportunités pour la mobilisation des ressources publiques. Les spécialistes recommandent de façon persistante de construire un nouveau modèle de développement. Noukpo Agossou, professeur titulaire en géographie et spécialiste de l’aménagement et développement économique, affirme que le secteur informel présente beaucoup d’atouts. Il estime qu’il revient aux gouvernants, qu'ils soient du gouvernement central ou des collectivités locales, de dénicher les opportunités qu’offre le secteur informel pour en faire des leviers de développement.
Emmanuel Sèdégan, docteur en économie, et géo-stratège, affirme lui aussi que le secteur informel constitue « une menace opportune et une opportunité menaçante ». Il explique que le secteur informel menace le secteur formel qui paie des taxes. Si rien n’est fait, affirme-t-il, le secteur formel risque de disparaître, les recettes fiscales de l’État avec. Il pense que l’État est dans ces droits d’organiser ce secteur pour qu’il reste visible, raisonnable et patriote, en payant des taxes.
Handicap pour l’Etat
Selon les experts, le secteur informel occupe un espace dominant dans les activités économiques au Bénin. Il ne permet pas à l’État de mobiliser les recettes fiscales. Selon des chiffres de la Banque africaine de développement (Bad) qui datent de 2015, le secteur informel représente environ 55 % du Produit intérieur brut (Pib) de l’Afrique subsaharienne.
Noukpo Agossou précise que ce secteur intègre presque tous les secteurs de la vie (sociale, économique, culturelle, religieuse, etc.). Pour lui, « Rien en réalité n’échappe au secteur informel». Il précise que c’est la conséquence de l’incapacité du secteur formel à absorber la main-d’œuvre existant sur le marché du travail. Il estime qu’il serait très difficile de dire que le secteur constitue une menace ou une opportunité, bien qu’il échappe à la fiscalité et aux taxes. Selon lui, le secteur informel est sur les deux fronts. Citant le cas de la vente des produits pétroliers dans l’informel, il fait remarquer que cette activité vient combler un vide laissé par le secteur formel, incapable de couvrir l’ensemble du territoire. «On peut parcourir dans certaines régions du pays 50 kilomètres et plus sans trouver de station-service fonctionnelle », indique-t-il.
À partir de cette situation, justifie Noukpo Agossou, le recours au secteur informel pour s’approvisionner en carburant devient une nécessité. Il indique que non seulement ce secteur concurrence avantageusement le secteur formel mais il comble aussi des déficits et d’autres besoins. « C’est le secteur informel qui s’occupe du recyclage des ferrailles et la plus grande partie de la collecte des ordures ménagères est assurée par des informels », ajoute-t-il.
Noukpo Agossou soutient qu’il n’est pas possible de se passer de ce secteur qui, dit-il, est présent dans tous les pays. Pour le prouver, il cite un rapport du Bureau international du travail (Bit) et affirme que dans la ville de Cotonou, c’est 90 % des activités qui sont concernées par le secteur informel. Emmanuel Sèdégan ajoute que 97 % de l’emploi est également concerné dans la même ville. Ils soutiennent tous deux que l’informel présente des opportunités de mobilisation des ressources.
Formaliser progressivement
Emmanuel Sèdégan signale que c’est l’instinct de survie qui pousse des citoyens à entrer dans ce secteur. Il soutient que cela constitue une situation réduction de l’effectif des chômeurs et de ses conséquences comme la débauche, l’insécurité, etc. Ce géo-stratège estime que c’est un secteur qui offre des opportunités.
Les experts reconnaissent que le secteur informel représente des manques à gagner pour l’État, notamment du point de vue fiscal. Ils signalent que le secteur est une soupape de sécurité. Ce qui devrait être pris en compte, indique Noukpo Agossou. « Que feraient tous ces individus, qui sont beaucoup plus nombreux que ce qui est officiellement indiqué ? », s’interroge-t-il.
Emmanuel Sèdégan affirme que le secteur informel représente « une menace opportune ». Il suggère que l’État organise les acteurs de ce secteur, à partir d’un seuil de chiffre d’affaires, à se formaliser progressivement. Il reconnaît que l’État a déjà commencé par dégraisser les taxes depuis quelques années. Malgré cela, il suggère l’institution de la consommation obligatoire de certains produits manufacturés par les industries locales. Pour réussir cela, il conseille de garantir la compétitivité de ces entreprises. Mieux, le géo-stratège demande à l’État d’encourager la formation de coopératives qui seront des partenaires de l’État dans la réalisation d’activités prévues aux Programmes d’investissement public (Pip).
Emmanuel Sèdégan soutient qu’il est possible de faire contribuer le secteur informel au financement des actions publiques. Pour lui, c’est plus facile à l’État de responsabiliser les communes en fixant des quotas pour collecter des impôts et taxes locaux comme c’est le cas pour les régies. « À la base, c’est plus facile que les communes puissent identifier qui fait quoi et de fixer leur contribution et les choses vont se régulariser», indique-t-il. Il estime que cela est possible à condition que les acteurs soient responsabilisés et sensibilisés à voir l’État grand.
Noukpo Agossou ajoute qu’il faut également sensibiliser et montrer l’usage qui sera fait des ressources collectées. Il va plus loin en suggérant de donner des responsabilités de collecte aux arrondissements. Pour lui, il faut commencer par rationnaliser les taxes sur les places publiques perçues dans les marchés, les étendre et les généraliser à tous les secteurs et sous-secteurs de la vie économique et faire suffisamment preuve de transparence?
Vue partielle des députés en séance plénière[/caption]Les députés examinent, ce jeudi 30 août à l’hémicycle, la proposition de loi portant Code électoral en République du Bénin. Un dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive.
Le sort de la proposition de loi portant Code électoral sera connu, ce jeudi 30 août. Le dossier est inscrit à l’ordre du jour de la séance plénière à l’hémicycle. Les députés vont débattre du contenu de cette proposition de loi adoptée par la Commission chargée des Lois de l’Assemblée nationale, le 7 août dernier. Ils auront surtout à délibérer sur les grandes innovations de cette loi qui font couler beaucoup d’encre et de salive.
Au nombre des réformes électorales à polémiques, figure surtout la question de la caution à payer par les candidats à certaines élections politiques. La Commission chargée des Lois a retenu par exemple que tout candidat à l’élection présidentielle au Bénin devra verser au Trésor public un cautionnement de 250 millions F Cfa contre 15 millions F Cfa dans la loi n°2013-06 portant Code électoral en République du Bénin, actuellement en vigueur. En plus de cette caution, le candidat devra fournir le quitus fiscal qui donne la preuve de ce qu’il est en règle vis-à-vis du fisc au Bénin.
Le cautionnement en ce qui concerne les législatives est porté de 8,3 millions F Cfa à 200 millions Cfa pour chaque liste de candidature. Mieux, ne peuvent enlever de sièges de député que les listes ayant obtenu 15 % au moins des suffrages exprimés sur le plan national. Cette dernière condition, si elle est retenue, va contraindre les formations politiques à former de grands blocs nationaux et sonner le glas des partis régionaux et ethniques. Par ailleurs, la proposition de loi adoptée en commission prévoit que tout ancien président de la République qui se présente aux élections législatives doit choisir un an avant l’organisation de ces consultations électorales entre son statut d’ex-chef d’Etat et celui de député. Ces différentes innovations suscitent depuis quelques semaines moult réactions au sein de la classe politique et de la Société civile.
La plénière de ce jour aura à se prononcer et à décider de ces différentes réformes électorales dénoncées par une certaine frange d’acteurs socio-politiques du Bénin. La séance plénière des députés s’annonce donc très décisive sur l’issue de la proposition de loi portant Code électoral composée de 397 articles contre 470 pour la loi en vigueur?
L’encadrement du droit de grève au Bénin se dessine
Tendons-nous vers l’encadrement du droit de grève au Bénin ? Tout porte à le croire avec la décision de la Commission chargée des Lois qui va dans ce sens. En effet, elle a examiné, ce jeudi 30 août, l’une après l’autre, la proposition de loi portant abrogation de la loi n°2018-01 du 4 janvier 2018 portant statut des magistrats en République du Bénin et la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin.
Par rapport à ce dernier dossier, les députés membres de la Commission chargée des Lois ont introduit plusieurs innovations dans cette loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin. La grande nouveauté, informent certaines indiscrétions, se trouve à l’article 13 nouveau de cette proposition de loi. Il dispose que : « Lorsque les conditions de procédure sont respectées, le droit de grève s’exerce dans les conditions de durée ci-après : - La durée totale de la grève ne peut excéder dix (10) jours au cours d’une même année, sept (7) jours au cours d’un même semestre et deux (02) jours au cours d’un même mois. - Quelle qu’en soit la durée, la cessation du travail au cours d’une même journée est considérée comme un jour entier de grève ».
Les rapports relatifs à ces deux propositions de loi ont été adoptés hier à l’unanimité des députés membres de cette Commission chargée des Lois, à l’exception de Guy Mitokpè qui a voté contre, informent les mêmes sources. Les deux dossiers ont ainsi franchi une étape. Il reste la phase décisive, celle de la plénière appelée à examiner de fond en comble ces deux propositions de loi, surtout celle concernant l’innovation de l’encadrement du droit de grève au Bénin. Ces dossiers seront incessamment programmés, puisqu’ils font partie des douze points inscrits à l’ordre du jour de la troisième session extraordinaire de l’année 2018 dont les travaux ont été lancés lundi 27 août dernier pour deux semaines.
Actualités 30 août 2018