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Nouvelles

Réalisation d’infrastructures routières à Zogbodomey: Le maire Zinsou Towêdjè et son conseil rendent compte aux populations

Le maire de la commune de Zogbodomey et son conseil ont fait, ce jeudi 9 août, le bilan de leur gestion en matière de réalisation d’infrastructures routières depuis leur installation en 2015. Une séance publique qui s’est déroulée à l’hôtel de ville, en présence de membres de la société civile, des sages et notables.

Une séance publique de reddition de comptes est un cadre institué par les textes qui régissent la décentralisation et à travers lequel les populations sont informées des réalisations de la mairie à leur profit. Une action ou une mission régalienne suivie par la Cellule de participation citoyenne (Cpc) qui permet à la commune de continuer par bénéficier du soutien aussi bien de l’Etat central que des autres partenaires au développement.
Hier à Zogbodomey, une séance de restitution des réalisations faites au titre de plusieurs années d’exercice a été suivie de près par la Giz. C’était donc un devoir impérieux pour le conseil qui est aussi appuyé dans ce cadre par la Coopération allemande, représentée par Miriam Scharwz. Occasion donc pour les autorités locales, le maire David Zinsou Towêdjè et son adjoint Edouard Lokossou de porter à l’attention de leurs mandants, les réalisations d’infrastructures routières amorcées ou achevées sous leur mandat depuis 2015 dans toute la commune.
A travers un exposé détaillé, chiffres à l’appui, l’autorité communale a rappelé aux populations les réalisations faites dans la commune en matière d’infrastructures routières. A coups de millions, des kilomètres de pistes ont été réalisés et traversent les localités de Domè-Assikpota-Tchihéigon, Hon-Hlanto et Dèmè – Hlanto, Towé-Kinta, Ayogo-Hinzounmè, Akiza-Dénou - Lissèzin; Akiza-kinta ; Sèmè- Gomè; Ouassa-Ouagblégon-Towé ; Zado Gagbé-Avlamey; Massi-Hon ; dénou-Guème (Koto); Ayougon-Atchia-Zoungbo ; Gbangnamè-Zoungbo Bogon et bien d’autres agglomérations ont aussi été couvertes par ces projets routiers dans les arrondissements de Massi, Zoukou, Zogbodomey centre, Avlamè, Tanwé-Hessou.
Selon le maire, les infrastructures routières de transport dans la commune de Zogbodomey prennent en compte à la fois le désenclavement, facteur de continuité territoriale, et l’accès au foncier et à ses ressources. Ces enjeux constitueraient des leviers pour le développement socioéconomique.
Evoquant les difficultés, l’autorité communale estime que le conseil en a identifié cinq différentes dans le secteur des transports. Il pointe du doigt les gros engins comme premier facteur de dégradation des pistes. Et, il rappelle qu’il est pourtant déconseillé aux gros engins d’emprunter les pistes en raison de la méthode par laquelle elles sont aménagées. Mais Zogbodomey étant une commune agricole et forestière, les gros engins sont fréquents sur les pistes pour le transport des cultures vivrières et du bois. Ce qui crée une dégradation précoce des pistes, déplore le maire Zinsou Towêdjè qui a alors invité les uns et les autres à travailler en symbiose pour assurer un bon entretien de l’existant.
Le public présent a, à son tour, posé des questions de compréhension et fait des suggestions afin que les populations soient effectivement impactées par les réalisations annoncées. Les intervenants ont apprécié ces réalisations faites sur le plan infrastructurel avec les ouvertures des pistes de desserte rurale et autres constructions d’infrastructures socio communautaires.

Société 10 août 2018


Lutte contre l’utilisation des sachets plastiques: Les usagers du marché Dantokpa sensibilisés
[caption id="attachment_30312" align="alignnone" width="1024"]Anastasie Chodaton sensibilisant ses compatriotes du marché Dantokpa sur l'utilisation des sachets biodégradables[/caption]

Membre du Conseil d’administration de la Sogema, Anastasie Chodaton appuyée par le ministère du Cadre de vie et du Développement durable s’est entretenue, ce jeudi 9 août avec les usagers du marché Dantokpa sur l’utilisation, la vente et la commercialisation des sachets plastiques. C’était l’occasion pour elle d’inviter les femmes à accompagner les initiatives du gouvernement dans ce sens.

En collaboration avec le ministère du Cadre de vie et du Développement durable, Anastasie Chodaton, membre du Conseil d'administration de la Société de gestion des marchés autonomes (Sogema) et porte-voix des vendeuses du marché Dantokpa, a initié une séance de sensibilisation en faveur des usagers du marché sur l'utilisation et la vente des sachets plastiques non-biodégradables dans le marché. C’était également l’occasion pour elle de présenter à l’assistance les nombreuses initiatives du gouvernement pour l’épanouissement de la gent féminine depuis l’avènement du Nouveau départ. « C'est pour accompagner les projets du gouvernement en faveur des femmes que nous avons pris la responsabilité de les rencontrer cet après-midi pour les sensibiliser sur les méfaits des sachets plastiques », a-t-elle confié. 

Pour Anastasie Chodaton, toutes les femmes doivent adhérer à l'utilisation des emballages biodégradables. Car, dit-elle, le président Patrice Talon n'entend plus rien faire sans les femmes depuis leur dernière rencontre à la Présidence de République. Anastasie Chodaton se dit donc prête à travailler en synergie avec les autorités gouvernementales afin que les initiatives prises par celles-ci soient comprises de tous les usagers du marché. Elle rassure les femmes du marché face aux rumeurs faisant état de l'augmentation du coût de location des boutiques et du probable délogement des vendeuses vers de nouveaux sites. « Le gouvernement n’a encore pris aucune mesure pour vous déloger. C’est pourquoi, j’invite toutes les femmes au calme et à la patience en vue d’accompagner les actions du gouvernement en leur faveur », a-t-elle souhaité.
Selon elle, le président Patrice Talon a décidé désormais d’associer les femmes des marchés à toutes initiatives les concernant.
Présent lors de cette séance de sensibilisation, Bertin Bossou, cadre de la direction générale de l'Environnement et du Changement climatique au ministère du Cadre de vie et du Développement durable, estime qu’il urge de sensibiliser les femmes des marchés du Bénin et surtout celles de Dantokpa sur les impacts environnementaux et sanitaires de l'utilisation des sachets plastiques non-biodégradables. Selon lui, le ministère chargé du Cadre de vie a jugé utile d'accompagner Anastasie Chodaton qui l'a sollicité pour entretenir les femmes sur ce sujet. Pour lui, la loi interdit l'utilisation et la vente des sachets au Bénin et il va falloir s’en accommoder. C’est pourquoi, il faut aider les femmes à connaître la législation en vigueur au Bénin en la matière, à travers les sensibilisations, a-t-il soutenu. Il a invité les femmes à abandonner l’utilisation des sachets plastiques pour leur bien-être et pour la protection de l’environnement au profit des générations présente et futures.
Tour à tour, les femmes ont pris la parole pour faire des doléances à l'endroit de la Sogema et du gouvernement. A l’issue des échanges, Anastasie Chodaton a promis de transmettre les recommandations des usagers aux autorités administratives.

Société 10 août 2018


Conseil économique et social: Le personnel outillé sur l’éthique et la déontologie administrative
[caption id="attachment_30311" align="alignnone" width="1024"]Le président du Ces, Tabé Gbian (au milieu), procédant au lancement de la formation[/caption]

Le Conseil économique et social (Ces) renforce les capacités de son personnel administratif sur l’éthique et la déontologie administrative. Cette formation inscrite au programme d’activités de l’institution a été ouverte, ce jeudi 9 août à l’Infosec à Cotonou par le président Tabé Gbian. 

Le personnel administratif du Conseil économique et social (Ces) a démarré, ce jeudi, une formation sur le thème « L’éthique et la déontologie administrative ». Cette formation inscrite au programme d’activités de l’institution se déroule les 9 et 10 août puis les 13 et 14 août à Cotonou.
Admirative de la présence du président Tabé Gbian à l’ouverture de la formation, la directrice des ressources humaines (Drh) du Ces, Jamillah Kissira Faladé, a expliqué que cela témoigne de la considération et de l’attachement que le président du Conseil économique et social a pour ses ressources humaines. Elle a par ailleurs saisi l’occasion pour réitérer, au nom de ses collègues, sa profonde gratitude au président et à son équipe, pour leur souci permanent de doter l’institution d’une administration efficace.
Le thème sur lequel les participants vont se pencher au cours de la formation est d’actualité, à en croire Jamillah Kissira Faladé qui en appelle à son actualisation. « Si l’éthique est constituée par un ensemble de valeurs, la déontologie est l’ensemble des règles qui régissent une profession bien que très largement commune à l’ensemble de nos services publics, l’éthique et la déontologie peuvent être dans la pratique sensiblement différentes d’un service public à un autre », a-t-elle soutenu. Elle a espoir qu’au terme des quatre jours de l’atelier, le personnel du Ces disposera d’une plus-value professionnelle qu’il ne manquera pas de mettre à la disposition de l’institution.
Le président du Conseil économique et social s’est réjoui du choix du thème qui recherche, selon ses propos, la performance dans l’exercice du service public. « Sans valeurs éthiques, sans déontologie, les administrations sont minées par les tendances égoïstes et individualistes des travailleurs qui prennent le pas sur l’intérêt général », a expliqué Tabé Gbian. Il a martelé que les citoyens attendent des agents de l’Etat, un service de qualité et un attachement réel à l’intérêt général. La probité, l’éthique, la transparence et l’efficacité dans la gestion des services publics sont les conditions pour obtenir ces résultats, souligne-t-il. Mieux, il a fait savoir que le manque de ces valeurs favorise la fraude, le dérèglement et surtout la corruption, qui est devenue un phénomène social qui touche presque tous les secteurs de la société.
Rappelons qu’au cours de l’atelier, les participants vont comprendre et maîtriser les notions d’éthique et de déontologie administrative, connaître et comprendre les références et les dispositions des textes juridiques en la matière, acquérir la maîtrise des règles, des principes et comportement qui s’imposent à tout travailleur.

Société 10 août 2018


Dr Arel D. Zannou, président du patronat des start-up du Bénin: « On peut aller à des centaines de milliers d’emplois »
[caption id="attachment_30310" align="alignnone" width="1024"]Dr Arel D. Zannou[/caption]

Jeunes entreprises innovantes du secteur du numérique, les start-up constituent un levier de développement économique. Leur émergence dépend d’un environnement favorable au développement de leurs activités. C’est à cette condition qu’elles peuvent accompagner le gouvernement dans la création de 95 000 emplois au terme de la mise en œuvre du Pag, selon Dr Arel D. Zannou, président du patronat des start-up du Bénin.

La Nation : Quelles entreprises sont classées parmi les start-up au Bénin ?

Dr Arel D. Zannou : Au début, c’était difficile pour nous parce qu’il fallait définir des critères de qui est start-up ou non. Parce que si quelqu’un vient nous voir et demande à se faire enregistrer au niveau de l’association en tant que start-up, il faut bien que cette personne réponde à un certain nombre de critères. Il faut dire que ces critères aussi ont évolué avec le temps. Ce qui nous permet aujourd’hui de compter environ quatre-vingts start-up qui sont affiliées à notre association. Nous sommes conscients qu’il y en a beaucoup plus que ça et notre objectif est justement de parcourir toutes les communes du Bénin pour expliquer, parce qu’il y a certains jeunes qui répondent à ces critères mais qui ne savent pas qu’on peut les appeler start-up. Donc il va falloir faire un travail de fourmi, un travail d’information, un travail de sensibilisation pour prendre en compte tous ces jeunes qui se battent dans l’ombre, qui font de leur mieux pour apporter de l’innovation, de la valeur ajoutée à l’économie du Bénin.

Quels sont ces critères?

Vous devez déjà être une jeune entreprise, vous pouvez également être une ancienne entreprise et décider de mettre en place une structure qui innove, donc ça ne concerne pas que quelqu’un qui est au début de ses activités. Une entreprise peut décider par exemple de développer une autre activité, pourvu que l’activité soit innovante et ça, c’est le premier critère. Vous devez apporter du nouveau, un plus à ce qui se fait. C’est ça que nous appelons de l’innovation. Elle peut être d’ordre technique comme géographique, peut-être que vous apportez une solution qui n’était pas au Bénin donc si vous l’apportez, nous considérons ça comme de l’innovation. Le deuxième critère, c’est l’aspect fort potentiel de croissance, c’est bien d’apporter des idées mais si ces idées-là ne peuvent pas contribuer à l’essor de l’économie, on ne peut pas vous considérer comme une start-up. Par définition, une start-up, c’est une entreprise qui apporte un fort potentiel de croissance avec un chiffre d’affaires qui peut commencer très bas mais qui va pouvoir monter très haut et apporter une véritable contribution à l’économie nationale. Comme je l’ai dit, c’est des critères qui vont évoluer en fonction d’un certain nombre de paramètres. Nous avons notamment entrepris avec certains décideurs de mettre en place un contexte législatif pour permettre que nous soyons totalement pris en compte par les institutions.

Quelles sont vos relations avec les institutions ?

Disons que la relation aujourd’hui reste une relation entre une association qui est légalement enregistrée et une autorité ou un département d’une société publique, ça s’arrête là. Car, il n’y a pas encore au Bénin en termes de législation, un statut, un label de start-up que l’autorité peut reconnaître et c’est justement à ça que nous travaillons beaucoup plus, afin qu’il y ait une loi qui définisse clairement ce qu’est une start-up, qui puisse donner le label start-up à une jeune entreprise par exemple pour lui permettre de se développer et de se faire à l’international. La spécificité à notre niveau, c’est que nous parlons beaucoup plus d’entreprise, beaucoup plus d’entreprenariat. Heureusement, nos dirigeants actuels ont compris l’enjeu et malgré que nous n’avons pas encore la législation qui puisse permettre une bonne collaboration, ils essayent de faire tout ce qu’ils peuvent pour permettre que cet écosystème soit développé et apporte vraiment de la valeur ajoutée à notre économie.

Comment appréciez-vous l’environnement de travail des start-up au Bénin ?

Vous savez, c’est très compliqué d’être déjà une entreprise au Bénin. C’est très compliqué sur beaucoup de plans aussi bien sur le plan administratif que fiscal. Sur le plan administratif, c’est vrai qu’aujourd’hui les choses se sont améliorées ; ce qui est totalement différent de ce qui se passe sur le plan fiscal où tout est très compliqué. Quand vous êtes une jeune entreprise, vous êtes très tôt rattrapée par le fisc et parfois même ça décourage. Donc les problèmes sont les mêmes aujourd’hui que ce que rencontrent les entreprises traditionnelles. Alors, le combat que nous avons décidé, au niveau du patronat, de mener pour améliorer cet écosystème-là, c’est déjà de mettre en place l’environnement juridique qui puisse protéger un peu les start-up. Déjà il faut nous reconnaître, donc il va falloir mettre en place ce que j’ai appelé tout à l’heure le label de start-up, pour que toute personne morale qui aspire à porter et ou garder le nom de start-up puisse déposer un dossier quelque part afin que l’Etat puisse les reconnaître comme tel, c’est la première démarche. La seconde démarche, c’est de faire en sorte qu’on crée un environnement qui facilite les investissements. Je vous donne un exemple. Je prends généralement le cas de la Tunisie où il y a ce qu’on appelle le ‘’Start-up Acte’’ qui est en fait une loi prise le 25 avril passé où quand vous êtes une start-up et qu’une personne, qu’elle soit physique ou morale décide d’investir chez vous, l’Etat va exonérer du même montant sur ses impôts. Cela fait que là-bas, les investissements coulent de source. Les investisseurs courent même derrière les start-up, parce qu’ils se disent au lieu de remettre directement les impôts à l’Etat, autant faire profiter ces impôts-là à ces jeunes et ils ont un droit de regard dans toutes les activités. Et ça fait que le jeune, il a de la pression, il a l’obligation de résultat. Cela fait que l’écosystème de là-bas est très florissant. Les gens ont de la facilité à investir, et nous espérons que la même chose va se faire ici parce qu’on en a besoin. On a des idées, on a de très belles idées, mais on a besoin que l’environnement soit favorisé pour la création plus tard d’autres entreprises, parce que ce qu’il ne faut pas perdre de vue, être start-up n’est pas une fin en soi, c’est une étape. Donc, il faut aspirer à devenir grande start-up et après une grande entreprise parce qu’on ne peut pas demeurer start-up toute sa vie. Je pense donc que l’Etat a plus d’intérêt à favoriser cet écosystème-là, quitte à nous récupérer après en tant qu’entreprise et à pouvoir prendre les impôts et les taxes pour son fonctionnement.

Autrement dit, l’imposition ne favorise véritablement pas encore l’émergence des start-up comme vous l’auriez souhaité ?

Evidemment, comme je vous l’ai dit, aujourd’hui, on est obligé de se conformer comme toutes les autres entreprises. Vous savez la première année, je ne sais pas si les choses se sont améliorées entretemps mais dès que l’année finit vous ne payez peut-être pas d’impôt pendant l’année où vous avez créé votre entreprise. Mais dès l’année suivante, vous commencez par payer les impôts. Vous vous imaginez une jeune structure qui peut prendre parfois cinq à dix ans avant de pouvoir gagner véritablement de l’argent, on l’asphyxie déjà avec les impôts, par les charges fiscales très tôt, elle est découragée et abandonne le projet. Donc c’est vraiment un poids qu’il faut rapidement enlever parce qu’au lieu d’avoir plusieurs entreprises après, on limite très tôt le développement des entreprises. Une chose est claire, quand vous aidez une start-up aujourd’hui, si cinq ans après elle devient une grande entreprise, ça permet de résoudre un certain nombre de problèmes, notamment le problème de l’emploi, de croissance économique également parce qu’il n’y a que le secteur privé qui participe vraiment à la croissance économique d’un pays.

Le gouvernement compte beaucoup sur les start-up pour créer environ 36 000 emplois. Est-ce que vous pensez que cet objectif sera atteint dans cet environnement de travail ?

Je crois même que cet objectif est modeste, parce qu’en termes de développement de start-up aujourd’hui, chaque start-up peut banalement employer une dizaine de personnes et les start-up, on peut en avoir à foison. Si le gouvernement a vraiment pris conscience de la chose, c’est qu’on peut même aller au-delà. Aujourd’hui, les solutions innovantes, il y en a de toutes sortes, surtout avec le développement du numérique accompagné par un certain nombre d’aspects dont l’urbanisation, le développement des services, il y a des services qui apportent vraiment de la valeur ajoutée et qui permettent une meilleure vie à la population. A mon avis, on peut même aller à des centaines de milliers d’emplois si tant est qu’on favorise réellement l’environnement à l’éclosion des start-up.

L’émergence du numérique va avec la connexion internet. Qu’en est-il avec les start-up ?

Je pense que vous avez touché du doigt un sérieux problème, parce qu’il faut déjà dire que plus de 80 % des start-up sont dans le numérique. Parfois même, certaines personnes confondent rapidement start-up et entreprise numérique, ce n’est pas la même chose. Une start-up, c’est une entreprise qui apporte de nouvelles solutions, si vous décidez d’apporter de l’innovation dans l’agriculture en changeant par exemple le mode de culture d’une plante, c’est de l’innovation sauf que vous n’avez pas besoin d’internet. Néanmoins, vous avez raison. Comme je le disais tout à l’heure 80 % des start-up sont dans le numérique, donc aujourd’hui on a besoin d’internet à haut débit; on a besoin des services qui soient des services adaptés et accessibles. Vous imaginez une start-up qui doit avoir un accès permanent à internet ne peut pas payer les mêmes choses qu’une entreprise traditionnelle. Il va falloir à un moment donné, tenir compte de ce volet-là, tenir compte de ces personnes-là qui ont plus besoin d’internet pour le développement de leurs activités et pour qui on peut favoriser un certain nombre de choses. Je pense que l’Etat fait énormément d’efforts pour ce qui concerne la qualité de l’internet qui est fournie. Il y a aujourd’hui le déploiement de la fibre optique un peu partout dans le pays et je pense qu’à long terme, ça va favoriser l’émergence des start-up dans le numérique parce qu’on pourra avoir l’internet à haut débit. Le frein reste toujours l’accessibilité, le coût. Et il faut faire en sorte que ce ne soit pas très coûteux pour une jeune entreprise qui décide de se lancer dans ce domaine pour que ce ne soit pas un frein pour lui d’accéder à internet. Ailleurs, dans d’autres pays, l’internet est un droit universel, un besoin fondamental comme manger, se vêtir, etc. Donc les gens ont compris aujourd’hui que l’internet est un élément vital, et au Bénin il faut qu’on en arrive là, même si le véritable problème actuellement reste l’accessibilité et la qualité des services.

Quel appel à l’endroit des start-up et du gouvernement pour conclure cet entretien ?

Pour toutes les personnes qui ont des idées innovantes, des projets qui peuvent apporter vraiment de la valeur ajoutée, je pense que nous avons à notre niveau essayé de créer l’environnement primaire qu’il faut pour permettre à vos projets de se développer. Au niveau du patronat, nous avons un siège où nous avons développé un espace de Co-working. C’est-à-dire quoi ? Vous avez envie de vous installer dans un bureau, dans un cadre pour réfléchir, vous avez besoin de conseil, d’accompagnement sur le plan juridique ou sur n’importe quel plan, il y a un écosystème qui est créé pour véritablement vous aider. Donc, j’invite toutes les personnes qui ont des idées, des potentiels, à ne pas rester confinées dans leurs coins, mais plutôt de sortir et venir nous voir et nous à notre niveau, nous allons les aider à se révéler et à grandir; car c’est cela notre objectif.
Par rapport à l’Etat, personne ne doute du rôle qu’il doit jouer dans l’essor des start-up aujourd’hui. L’Etat a un rôle très important aussi bien sur le plan législatif que sur le plan de la formation et de l’accompagnement parce qu’aujourd’hui les systèmes financiers qui existent ont montré leurs limites par rapport au financement des start-up. Les banques ne veulent pas financer par exemple sans une garantie. L’Etat doit beaucoup plus voir dans ce sens et favoriser d’autres types d’investissement en leur proposant un certain nombre de choses qui puissent les inciter à pouvoir investir. Je suis confiant parce qu’en tant que président du patronat, j’ai rencontré un certain nombre d’hommes aussi bien politiques que techniques et j’ai compris qu’ils ont pris conscience qu’il faut faire quelque chose, qu’il faut que les lignes bougent. Nous allons juste souhaiter qu’on ne s’arrête pas seulement aux aspirations mais qu’on passe véritablement à l’action.

Propos recueillis par Alexis M. METON

Economie 10 août 2018


Audiences à la Cour suprême: Ibrahim Salami présente l’Ascap à Ousmane Batoko
[caption id="attachment_30309" align="alignnone" width="1024"]Le président de la Cour suprême, Ousmane Bataoko (à l’extrême gauche) s’entretenant avec la délégation de l’Ascap[/caption]

 Le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, a reçu en audience à son cabinet, ce jeudi 9 août, plusieurs invités dont la délégation de l’Académie des sciences constitutionnelles, administratives et politiques (Ascap Bénin) conduite par son président, le professeur Ibrahim Salami.

L’Académie des sciences constitutionnelles, administratives et politiques (Ascap Bénin) est une société savante nouvellement créée par un groupe de professeurs de droit et de sciences politiques de la Faculté de droit et de sciences politiques (Fadesp) de l’Université d‘Abomey-Calavi. Elle vise à promouvoir la recherche et l’expertise en matières constitutionnelle, administrative et politique. A ce titre, l’Ascap entend faire le pont entre le monde scientifique et celui des praticiens en élaborant des théories novatrices et en apportant éclairages et conseils sur les aspects du droit public interne et de la science politique qui puissent servir à la fois la science et le développement des Etats d’Afrique et du monde. 

Les responsables de cette académie étaient, ce jeudi 9 août, à la Cour suprême où ils ont été reçus en audience par le maître des lieux, le président Ousmane Batoko. Conduite par le président de l’Ascap-Bénin, le professeur Ibrahim Salami, la délégation a présenté l’académie et les objectifs de sa création.
Selon le secrétaire permanent de l’Ascap, le professeur agrégé en sciences politiques et vice-doyen de la Fadesp, Emmanuel Mensah Ahlinvi, outre la présentation de la structure, la délégation a saisi l’occasion de l’audience pour recevoir des conseils avisés du président de la Cour suprême pour l’atteinte des objectifs de l’académie.
Ousmane Batoko aurait surtout conseillé le professeur Ibrahim Salami et sa suite d’avoir de l’audace. Il faut que l’académie s’intéresse non seulement aux problématiques et enjeux locaux mais aussi à beaucoup d’autres sujets sur les plans régional et international, confie le porte-parole de la délégation, Emmanuel Mensah Ahlinvi.
A la suite des membres de l’Ascap, le président Ousmane Batoko s’est entretenu hier avec une délégation du comité d’organisation du colloque international de Porto-Novo sur la réparation des séquelles de l’esclavage. Selon Bernard Dossou Dossa, coordonnateur de ce colloque, l’audience a permis à sa délégation de faire au président de la Cour suprême le point des préparatifs de cette rencontre internationale de haut niveau et à laquelle prendront part plusieurs hôtes étrangers, notamment d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Afrique préoccupés par la question de réparation des préjudices causés à l’Afrique par la Traite négrière. Cet aréopage de délégations étrangères va s’ajouter aux participants nationaux composés notamment d’universitaires et autres chercheurs dans le domaine de l’esclavage. Bernard Dossou Dossa dit avoir reçu l'assurance du président de la Cour suprême qui aurait donné la garantie de la participation d’une délégation de magistrats et des membres de son cabinet à ces assises prévues pour se dérouler à Porto-Novo, du 19 au 21 septembre prochain.

Actualités 10 août 2018


Développement durable: La contribution des volontaires en réflexion

Le directeur de cabinet du ministère des petites et moyennes Entreprises, Jean-Marie Nicolas Dandoga, a procédé, ce jeudi 9 août à Cotonou, à l’ouverture d’un séminaire de réflexion sur la contribution des échanges de jeunes et du volontariat au développement durable à l’horizon 2030. L’atelier dure trois jours et s’inscrit dans le cadre de l’Initiative germano-africaine de la jeunesse (Agyi).

L’apport des volontaires au développement durable international est au cœur d’un atelier à Cotonou. La rencontre répond à l’Initiative Germano-africaine pour la jeunesse (Agyi), un projet allemand lancé en juin 2016 en partenariat avec l’Union africaine et qui vise la promotion des échanges de réciprocité entre l’Allemagne et les Etats africains.

Il s’agira, au cours des travaux, de voir comment améliorer l’expérience d’échange, les services que les jeunes volontaires doivent offrir pour obtenir le meilleur gain du volontariat à l’étranger et réciproquement, dans quelle mesure augmenter les opportunités en leur faveur.
L’atelier évalue le chemin parcouru après deux ans du lancement de l’Agyi et fait des projections. Le séminaire de Cotonou vise à clarifier les attentes, les rôles et responsabilités autour de l’opérationnalisation en vue d’une bonne exécution de l’initiative Agyi au Bénin et en Afrique de l’Ouest.
Selon le directeur de l’Office béninois des services de volontariat des jeunes (Obsvj), Jean-Luc Lawson, point n’est besoin de souligner l’importance du volontariat au service des peuples. «Depuis près d’une décennie, le volontariat apparaît de plus en plus comme un moyen efficace pour engager les hommes à s’attaquer aux défis de développement et pour soutenir les efforts d’assistance humanitaire. Il transforme le rythme et la nature du développement et profite à la fois à l’ensemble de la société et au volontaire en renforçant la confiance, la solidarité et la réciprocité parmi les citoyens et en créant délibérément des opportunités de participation », souligne-t-il.
L’initiative germano-africaine pour la jeunesse est salvatrice aux yeux de l’Union africaine, en ce sens que le bénévolat aide à boucher les trous du sous-développement. « Les volontaires sont un pont pour réduire l’écart dans le manque de ressources humaines que ce soit des enseignants, du personnel médical, des administrateurs dans nos pays », indique le directeur des Ressources humaines, Sciences et Technologies de l’Union africaine, Mahama Ouédraogo.
Selon lui, la participation de la jeunesse dans les aspects socio-économiques définit l’avenir du continent. « Les jeunes volontaires sont et demeureront les agents principaux de changement social et de la croissance économique dans tous les aspects de la société africaine. Ils sont les collaborateurs pour un développement durable de l’Afrique par l’énergie, la motivation et l’idéalisme intrinsèque à la jeunesse », apprécie-t-il. Mahama Ouédraogo se focalise sur les expériences des volontaires avec les réponses à la crise d’Ebola en Afrique de l’Ouest et dans les conflits au Soudan et en Somalie.

Opportunité pour les Odd

L’ambassadeur de l’Allemagne près le Bénin, Achim Tröster, souligne la pertinence de l’Agyi. « Les programmes d’échanges de jeunes et le volontariat permettent aux jeunes de nos différents pays d’ouvrir leurs horizons personnels, d’acquérir les compétences de vie et de participer à des processus de développement durable », estime-t-il.
Il met l’accent sur la rigueur qui caractérise le projet. « L’initiative veille à ce que les partenaires internationaux et les jeunes africains jouent un rôle égal dans la conception des programmes d’échanges et de volontariat », explique-t-il.
La rencontre de Cotonou intervient à un moment où le Bénin a été choisi comme modèle dans la mise en œuvre des Odd. L’engagement des acteurs est indéniable. « L’Initiative germano-africaine ouvre l’opportunité pour travailler ensemble en vue de l’atteinte des Odd. Ce séminaire est l’expression de l’Odd 17 pour nouer les partenariats efficaces et inclusifs afin d’atteindre les dits objectifs à l’échéance 2030», soutient-il.
Le Bénin fait partie des précurseurs dans la mise en œuvre de ce projet, au même titre que l’Afrique du Sud et la Tanzanie. Il est conscient du défi pour la planète d’aller vers une citoyenneté mondiale. « L’Agyi constitue pour le gouvernement béninois une occasion pour renforcer davantage son engagement dans la promotion du volontariat international et de réciprocité pour une grande mobilité des jeunes, en vue de promouvoir des échanges de réciprocité entre l’Afrique et l’Allemagne », indique le directeur de cabinet du ministère des petites et moyennes Entreprises, Jean-Marie Nicolas Dandoga. En tant que pays pilote, le pays mettra tout en œuvre pour faciliter la mise en œuvre de l’initiative pour la jeunesse des pays concernés, assure-t-il?

Actualités 10 août 2018


Eliminatoires Can 2019: Le Togo se prépare, le Bénin inactif
[caption id="attachment_30305" align="alignnone" width="1024"]Les Écureuils sans compétition depuis novembre 2017[/caption]

Adversaire du Bénin à la faveur de la deuxième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2019, le 7 septembre prochain, le sélectionneur togolais, Claude Le Roy, a rendu publique une pré-liste de 34 joueurs. Ce faisant, il met la pression sur les Ecureuils et leur staff technique encore sans plan de préparation officiel.

En prélude à la deuxième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations Cameroun 2019, Claude Le Roy a dévoilé la liste des joueurs retenus pour affronter le Bénin. Il a retenu une pré-liste de 34 joueurs constitués du capitaine Emmanuel Adebayor, et des joueurs Matthieu Dossevi, Djené Dakonam, Floyd Ayité et autres.

Battus par les Fennecs de l’Algérie (1-0) lors de la première journée des éliminatoires de la Can 2019, les Eperviers sont contraints de faire mieux à la prochaine journée pour se relancer.
Le Togo met ainsi la pression sur le Bénin qui vient de nommer Michel Dussuyer comme sélectionneur. Les Ecureuils, vainqueurs de la Gambie lors de la première journée, devront se déplacer à Lomé en début du mois prochain. Malheureusement rien ne profile à l’horizon depuis le retour annoncé de Michel Dussuyer. Pas de programme de préparation, ni stage en vue pour Stéphane Sèssègnon et ses coéquipiers restés sans sélectionneur pendant plusieurs mois. Aucune initiative en faveur de la sélection nationale depuis les matchs amicaux contre les Taifa Stars de la Tanzanie en novembre 2017. Michel Dussuyer a donc du pain sur la planche face à une équipe togolaise qui a profité des journées Fifa pour livrer des matchs amicaux.
Faut-il le rappeler, les Eperviers du Togo ont contraint au nul respectivement Madagascar (0-0) à Saint-Leu-la-Forêt puis la Côte d’Ivoire (2-2) à Beauvais en France.
Comme quoi, les responsables du football béninois et le nouveau sélectionneur devront mettre les bouchées doubles pour doter le team national d’un plan digne du nom pour préparer au mieux la rencontre du 7 septembre prochain contre le Togo sur ses installations.

La course contre la montre

Le compte à rebours a commencé pour le match contre les Eperviers du Togo. A un mois de cette échéance, le nouveau sélectionneur national Michel Dussuyer est contraint de faire rapidement la revue de troupe. Il va falloir qu’il fasse une pré-liste de joueurs béninois capables de jouer le prochain match. Sans un championnat local, il devra compter sur les Ecureuils évoluant à l’étranger. A ce niveau, la fédération est appelée à vite informer les joueurs, une fois, la pré-liste disponible, dans un délai de quinze jours avant le match, les clubs étant en début de championnat ou pré-saison. Au cas où ce délai ne serait pas respecté, le sélectionneur Michel Dussuyer peut être surpris de ne pas avoir certains de ses joueurs avec lui.

Sports 09 août 2018


Dr Omédine Koukoui, enseignante, chercheur, membre de la Ligue des femmes de l’UN: « Inciter les femmes à mieux s’organiser et à revendiquer plus »
[caption id="attachment_30304" align="alignnone" width="1024"]Dr Omédine Kokoui[/caption]

Le refus du chef de l’Etat d’aller au référendum pour amender la Constitution est bien apprécié par des femmes politiques. Beaucoup trouvent en cette décision une opportunité qui permettra aux femmes de reculer pour mieux sauter. C’est l’avis d’Omédine Koukoui, maître de conférences Cames, enseignante chercheur à l’Université des Sciences, Technologies, Ingénieries et Mathématiques d’Abomey et membre de la Ligue des femmes de l’Union fait la Nation (Lfun). Dans cette interview, elle évalue le parcours de la femme, après 58 ans d’indépendance au Bénin.

La Nation : Dans son message à la nation à la veille du 58e anniversaire de l’indépendance, le chef de l’Etat a annoncé le report sine die du projet de la révision de la Constitution. Que vous inspire cette décision ?

Dr Omédine Koukoui : Je trouve que le report de la révision de la Constitution par le chef de l’Etat est une décision sage. Il est vrai que les amendements à faire sont très importants et positifs mais d’un autre côté, cela ne représente pas une priorité face aux défis du moment. Le chef de l’Etat l’a dit et je suis d’avis que les Béninois sont plutôt préoccupés par l’amélioration de leurs conditions de vie.

Les femmes étaient pourtant bien loties dans ce projet. Etes-vous déçue ?

L’un des quatre amendements de la Constitution prévoit une amélioration de la représentativité des femmes au Parlement amenant à 17 % au moins le nombre de femmes députées à l’Assemblée nationale. Je ne pense pas que les femmes soient suffisamment loties par cette loi parce que je considère que les femmes méritent mieux. Je ne suis donc pas déçue parce que je pense que ce report de la révision de la Constitution permettra d’ouvrir un vrai débat sur la représentativité des femmes dans les sphères politiques et va inciter les femmes à mieux s’organiser et revendiquer plus.

Combien de temps encore la Loi fondamentale résistera-t-ell aux assauts politiques, selon vous ?

La Constitution est prise en otage par les politiciens. Nous avons une loi, vieille de 28 ans qu’on ne peut pas toucher sans qu’il y ait soupçon de piège même quand tout semble bien évident. C’est vraiment dommage que le Bénin soit encore à ce stade. Je déplore que les gens ne pensent qu’à leurs propres intérêts au détriment de l’intérêt de toute la nation. La révision de la Constitution est devenue une guerre entre camps où il faut faire échouer l’autre juste pour lui montrer qu’on est plus fort. C’est dommage ! Nous faisons du sur place depuis plusieurs années parce que la politique politicienne a pris toute la place. Il faudra à un moment donné, penser au développement du pays et des lois pouvant l’accompagner dans ce sens. Personnellement, je suis pessimiste à l’idée d’un consensus et je pense qu’on finira par aller à un référendum pour que le peuple tranche.

Le Bénin vient de célébrer ses 58 ans d’indépendance. Quelles appréciations faites-vous du rôle et de la place de la femme après ce parcours ?

Je peux affirmer globalement qu’il y a une amélioration par rapport au rôle et à la place de la femme dans la société. Beaucoup de femmes ont pu se scolariser et ont obtenu de grands diplômes. Les femmes sont présentes dans toutes les catégories professionnelles et nous ne pouvons que nous en réjouir. Mais cela ne suffit pas. Des efforts restent à faire par rapport à la scolarisation des filles et l’autonomisation de la femme.
Il faut souligner que la question de la représentativité des femmes reste entière. Nous avons toujours déploré leur faible pourcentage dans les sphères de décisions et cela depuis des années sans qu’il y ait d’aucune amélioration. La barre de 10% de femmes élues n’est pas encore atteinte, que ce soit pour les élections législatives, que pour les communales alors que les femmes représentent plus de 50% de la population. Les femmes peuvent et doivent être mieux représentées parce qu’elles sont plus à l’écoute de la jeunesse et des couches vulnérables de la société.

Est-ce à dire qu’après 58 ans d’indépendance, l’on ne peut vanter aucun mérite dans leurs rangs ?

Je loue la bravoure et la ténacité de celles qui ont pu émerger et se faire entendre, malgré le poids de la tradition et la perception de la femme au Bénin. Il s’agit, entre autres, de Mme Marina Massougbodji, Mme Rose-Marie Vieyra Soglo, Me Marie-Elise Gbèdo, Mme Célestine Zanou et feues Rafiatou Karimou, Conceptia Ouinsou, Grâce d’Almeida Adamon, sans oublier toutes celles qui luttent dans les associations en faveur de l’amélioration des conditions de la femme.
Mais je préfère surtout m’attarder sur les faiblesses. Elles tiennent au manque de confiance et de solidarité féminine. Le manque de confiance s’observe à plusieurs niveaux. D’abord des hommes qui entrevoient la femme comme un être inférieur très utile pour les tâches ménagères mais incapable de prendre des décisions importantes.
Cela s’observe également dans le rang des femmes elles-mêmes qui n’ont pas assez confiance en elles-mêmes et ne se sentent pas capables d’assumer certaines responsabilités puisque la femme est toujours confinée dans les seconds rôles. Du coup, elles n’ont pas confiance en une autre femme qui sort du lot et qui a l’audace de se présenter pour occuper des postes de responsabilité. Celles qui arrivent à émerger sont malheureusement considérées à tort comme des insoumises, des rebelles, des infidèles. Le manque de solidarité féminine est un fait que nous déplorons beaucoup. Les femmes ne se soutiennent pas. C’est une grande faiblesse qu’elles doivent corriger. Voyez comment les candidates aux élections sont traitées par leurs sœurs. Les femmes doivent prendre conscience de ces paramètres et vite les corriger pour leur propre bonheur.

Le souhait de voir plus de femmes dans les sphères décisionnelles ne semble pas pouvoir se concrétiser de si tôt. A quel niveau situer les responsabilités ?

Les femmes sont représentées dans toutes les catégories socio-professionnelles. Cependant, elles continuent de subir le poids de la tradition qui les oblige à répondre aux obligations familiales au détriment de leurs contraintes professionnelles, sans aucune aide de leurs époux que la plupart des communautés considèrent comme les chefs de famille et qu’elles doivent servir plus que tout. De ce fait, elles ne sont plus disponibles pour la politique. Au nom de cette même tradition, la femme est perçue comme inférieure à l’homme qui ne lui laisse que les seconds rôles. La plupart des hommes dans notre société supportent mal recevoir des ordres d’une femme. Autant de considérations qui expliquent la très faible représentativité des femmes dans les sphères décisionnelles.

Que faire pour corriger cette situation ?

Je pense qu’il faudra instaurer une discrimination positive par rapport à la représentativité des femmes. Sans cela, il y aura toujours moins de femmes inscrites sur les listes électorales. Plusieurs pays dont le Rwanda, le Sénégal ont dû imposer un quota de femmes sur les listes électorales en vue de l’amélioration de la représentativité des femmes. Le Bénin gagnerait à aller à leur école.
Il est fondamental que les femmes cultivent la confiance en soi et comprennent qu’elles sont capables de diriger. C’est en cela que des formations sur le leadership féminin sont indispensables. Il faut aussi et surtout susciter la solidarité féminine. Les femmes doivent soutenir la candidature de leurs sœurs, pour permettre à nos enfants d’avoir des modèles de femmes leaders. Cela contribuera à changer la perception de la femme et de la société. Nous avons besoin d’évoluer et de laisser derrière nous cette tradition qui limite les femmes. Elles ont tant à donner pour le développement de la nation.

Propos recueillis par
Maryse ASSOGBADJO

Santé 09 août 2018


Partenariat Université et mairie de Parakou: Une initiative pour impulser le développement local
[caption id="attachment_30303" align="alignnone" width="1024"]L’Université et la mairie de Parakou scellent un partenariat orienté vers le développement local[/caption]

La ville de Parakou est appelée à mériter son statut de ville universitaire. Mais encore faudrait-il que son université contribue à son développement. D’où l’établissement, ce mercredi 8 août, à travers l’organisation d’une journée de la coopération, de la passerelle qui aurait pu la relier depuis des années à la ville dans laquelle elle est implantée.

L’Université de Parakou vibre depuis ce mercredi 8 août au rythme de la journée de la coopération portes-ouvertes. Placé sous le thème « Contribution de l’université au développement de la commune de Parakou », l’événement initié conjointement par l’université et la municipalité de la ville est à sa première édition. Il vise à permettre aux différents acteurs de Parakou et ses environs, de mieux connaître ce haut lieu du savoir et ses capacités contributives au développement local.
Appréciant le partenariat naissant entre cette université et sa municipalité, le maire Charles Toko y voit un mariage avec communauté de biens entre deux entités qui, jusqu’ici, ont vécu séparément, alors qu’elles avaient tout à gagner en restant ensemble. Selon lui, les deux auraient pu se tenir la main dans l’approche des questions de développement de la ville de Parakou et ses environs. Il a souhaité que cette journée consacre la rupture avec le passé et qu’elle marque d’un nouveau départ, celui de la création d’un véritable cadre de coopération entre leurs deux institutions. « Il est temps que la ville puisse profiter des opportunités certaines qu’offre ce haut lieu du savoir. Après dix-sept ans d’existence de l’Université de Parakou, la commune est en droit d’exiger d’elle plus de disponibilité, plus de solutions, plus d’innovations et plus d’alternatives », a insisté Charles Toko.
En effet, depuis sa création en 2001, a expliqué le président du Comité d’organisation de l’évènement et troisième vice-
recteur chargé de la coopération, Ansèque Gomez Koami, plusieurs activités et innovations ont été faites par l’université. Malheureusement, elles n’ont pas été utilement mutualisées, diminuant ainsi la visibilité de l’université et par ricochet, son impact sur le développement de la ville qui l’abrite.
Comme le troisième vice-recteur, le recteur Prosper Gandaho appréhende aussi à sa juste valeur, le rôle et l’importance d’une université dans le développement local. Il a pris l’engagement de tout mettre en œuvre pour que son université apporte cette valeur ajoutée locale nécessaire au développement de la ville de Parakou.
A sa suite, le secrétaire général de la préfecture de Parakou, Sanni Bio Bayé, a loué également l’initiative de la journée qui n’est que la première étape du partenariat.
L’enseignement et la recherche, missions dévolues à toute université, font aujourd’hui l’objet de pression constante de la part des gouvernements. Jusqu’à un passé récent, il s’agissait d’élever le niveau général d’instruction de la population et d’accroître la production scientifique. Désormais, comme celle de Parakou, elle doit participer au développement de la communauté.

Société 09 août 2018


Mise en œuvre du projet Idda: 55 lycéens de Sékou dotés de matériel de travail
[caption id="attachment_30302" align="alignnone" width="1024"]Photo de famille des récipiendaires avec les autorités, à la fi n de la cérémonie[/caption]

Ce mercredi 8 août au lycée agricole Médji de Sékou, cinquante-cinq jeunes ayant fini leur formation ont reçu de kits dans trois chaînes de valeur agricole. Cette remise de matériel s’inscrit dans le cadre du projet d’Insertion durable des diplômés du secteur agropastoral (Idda).

Plusieurs matériels de travail ont été remis aux jeunes sortis du lycée agricole Médji de Sékou (Lams), bénéficiaires du projet d’Insertion durable des diplômés du secteur agropastoral (Idda) au même titre que les lycées techniques agricoles d’Akodéha et de Kika. Ce projet vise l’insertion durable des jeunes finissants des lycées agricoles et leur contribution au développement socio-économique du Bénin. Au total, 1200 jeunes dont 30% de femmes sont ciblés pour recevoir un appui en matériel et un accompagnement financier. Des capsuleuses manuelles, souffleurs pour emballage, marmites, bassines, seaux en plastique, couteaux, fourneaux à gaz, râpeuses motorisées en tôle galvanisée, bassines, pulvérisateurs, brouettes, poêles… ont été mis à la disposition de cinquante-cinq jeunes du Lams ayant fini leur formation et en quête de moyens pour démarrer leurs activités. 

Grâce au projet Idda mis en œuvre par l’Ong Apretectra soutenu par Affaires mondiales Canada, chacun part ainsi avec un kit dans chacune des trois chaînes de valeur agricole à savoir la production végétale, la production animale et la transformation agro-alimentaire. En plus de cet appui, le Lycée agricole Médji de Sékou bénéficie d’un forage muni d’un château d’eau, don de la Fondation Paul Gérin-Lajoie et Affaires Mondiales Canada. Cette fondation qui œuvre pour une éducation de qualité a perdu son promoteur, le 25 juin dernier à l’âge de 98 ans et ses funérailles nationales sont prévues pour ce jour au Canada. La référence à cet homme s’impose, souligne Théodore Hounkpatin, le chef du projet Idda, parce qu’il a été un ardent défenseur des droits humains, notamment de l’accès de tous à une éducation de qualité.
Théodore Hounkpatin a soutenu que le projet d’insertion des diplômés du secteur agropastoral, par ses axes prioritaires d’intervention, constitue une preuve tangible de l’intérêt que Paul Gérin-Lajoie et sa fondation accordent à l’éducation de qualité, gage d’un emploi décent et durable. « Ce projet qui a démarré en novembre 2016 vise à améliorer l’employabilité des finissants des lycées agricoles mais aussi et surtout leur insertion durable à travers des mécanismes novateurs d’accompagnement aussi bien techniques que financiers », a informé le chef du projet.

Renforcer les capacités

Pour renforcer au mieux les lycées bénéficiaires du projet, des actions prioritaires ont été mises en œuvre, a souligné Théodore Hounkpatin. Entre autres, il a cité le renforcement des capacités de gestion administrative, financière et pédagogique des lycées bénéficiaires via des actions de formation et d’appuis conseil. Un logiciel de gestion informatisée est en cours d’implantation au Lams, pour plus d’efficacité et d’efficience ainsi qu’un équipement en matériel informatique des directions départementales des Enseignements secondaires technique et de la formation professionnelle de l’Atlantique, du Mono et du Borgou en vue d’un bon suivi des lycées, a indiqué Théodore Hounkpatin. Il ajoute aussi le renforcement de leur personnel en management. Toutes choses visant l’amélioration des pratiques professionnelles dans les lycées puis le renforcement des activités génératrices de revenu. Par ce projet également, ces centres de formation seront dotés d’une cellule d’orientation et d’insertion équipée de mobiliers informatiques dont les membres au nombre de dix seront techniquement renforcés à cette fin par le projet et ses partenaires de l’Union des producteurs agricoles du Québec. De même, soixante-douze enseignants seront formés sur les normes environnementales, la sécurité au travail et l’intégration du genre…
Les jeunes récipiendaires ont reconnu la valeur de ces dons et ont salué, par la voix de leur porte-parole, Romuald
Lissanon, l’Ong et ses partenaires, notamment le gouvernement du Canada, représenté par Nikita Eriksen-Hamel, premier secrétaire de l’ambassade du Canada au Bénin. «Les équipements qui représentent les normes internationales font la fierté des bénéficiaires», a-t-il déclaré. Pour réussir dans la vie, il faut trois choses dont la formation, les moyens et la volonté, a affirmé, pour sa part, le proviseur du Lams, Coffi Aïnadou, qui salue le geste et l’appui dont a bénéficié son centre.
La directrice exécutive de l’Ong, Reine Bossa, appelle les bénéficiaires à faire preuve d’humilité et de respect. Ils doivent aussi se saisir des opportunités de renforcement de capacités pour réussir dans leurs entreprises, recommande-t-elle. C’est également le point de vue du directeur de cabinet du ministère des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, Jean Benoît Alokpon. Ce dernier a pris date avec les jeunes entrepreneurs, pour faire le bilan de leurs activités.

Education 09 août 2018


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