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Nouvelles

Espèce rare : Le ratel en cinq points
Sous les feux des projecteurs depuis quelques semaines, le ratel est une espèce animale qui se distingue sur plusieurs points dans la faune. Il n’est ni géant, ni costaud. Le ratel est un carnivore qui pèse entre 8 et 12 kg et mesure environ 30 cm quand il est adulte. Cependant, il se révèle être un touche-à-tout. Spécialiste de la faune, Prof. Etotepe Sogbohossou lui connaît cette particularité. « On le classe dans les carnivores, mais c’est une espèce qui est omnivore. Sa spécificité, c’est qu’elle aime le miel, d’où son nom scientifique qui est Mellivora capensis », précise-t-elle. En dehors du miel, le ratel aime manger aussi des fruits, les rongeurs, les scorpions, et même les serpents les plus venimeux. Cette aptitude justifie bien son courage à ne reculer devant aucune menace. « Le ratel est considéré comme le plus courageux des animaux. Il mange les serpents les plus dangereux et n’a pas peur du venin qui peut à la limite le plonger dans le coma pour quelques heures. Du coup, son prédateur, c’est l’homme. Cette espèce peut se battre avec les plus grands carnivores qui auront le dessus parce qu’ils sont plus forts, mais lui, il ne va pas reculer », souligne Prof. Etotepe Sogbohossou. Cependant, l’espèce est bien en mesure de faire une marche à reculons, comme l’homme. «Il ne le fait pas pour fuir, mais pour revenir mieux attaquer », ajoute-t-elle. Le ratel est une espèce très distribuée en Afrique subsaharienne et en Asie. Selon la directrice du département Environnement de l’Université Senghor, l’espèce se retrouve au Bénin dans les parcs. En dehors de ces réserves protégées, il est bien moindre la chance de les retrouver. « Peut-être qu’il y en a encore à des endroits peu affectés par les activités humaines. Ce n’est pas forcément évident de les retrouver ailleurs que les deux réserves du Nord du Bénin. Chez nous, la distribution est limitée. C’est l’occasion aujourd’hui d’attirer l’attention sur son importance et œuvrer pour sa préservation », fait remarquer la chercheuse. Pas de confusion : le ratel est parfois confondu sur les réseaux à la mangouste. La spécialiste de la faune sauvage donne des précisions sur ses traits distinctifs. « Le ratel est noir et le dessus de son corps est gris blanc. Le contraste entre les deux espèces est caractéristique. Le ratel est beaucoup plus grand que les espèces de mangouste que nous avons », précise la spécialiste de la faune sauvage qui invite à protéger les espèces pour en tirer profit, par exemple pour le tourisme. Environnement 16 mars 2022


Société civile culturelle béninoise : Les organes du Cnoa installés
A la faveur d’une assemblée générale constitutive, les acteurs des arts et de la culture ont pu asseoir les bases juridiques et stratégiques du Conseil national des organisations d’artistes (Cnoa), hier mardi 15 mars à Cotonou. Le consensus a prévalu pour asseoir les organes dirigeants du Conseil national des organisations d’artistes du Bénin (Cnoa). Sous l’égide de Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme et de la Culture, ce mécanisme a pris son envol au terme d’une assemblée générale constitutive, hier mardi 15 mars à Cotonou. A l’occasion, les représentants de 237 associations d’artistes, répartis dans 7 corps de métiers, ont validé les statuts et règlement de l’institution, avant de procéder à l’élection des responsables des organes dirigeants. A en croire le ministre du Tourisme et de la Culture, le Cnoa est l’une des réformes majeures du secteur culturel béninois. Sa mise en place vise à disposer d’un fichier central nominatif des associations d’artistes regroupées par filière. Il servira, entre autres, d’organe sectoriel de constitution des instances de la Maison de l’artiste, de facilitation pour l’enrôlement des artistes dans les dispositifs sociaux du gouvernement comme le Ravip et l’Arch, de consultation pour les choix stratégiques du ministère dans le cadre de l’exécution du volet Culture du Pag, de soutien pour la mobilisation des financements extérieurs au profit du secteur, et d’appui à sa professionnalisation et à son développement. Vers une meilleure organisation du secteur Jean-Michel Abimbola rappelle qu’au Bénin, la société civile culturelle est caractérisée, depuis des années, par une certaine illisibilité, une absence de structuration efficiente et la faible qualité de la gouvernance politique, stratégique, financière et humaine des organisations qui la composent. Il relève que, par le passé, les différentes élections des représentants des artistes au sein des instances de décisions impliquant le secteur des arts et de la culture ont montré à suffisance leurs limites. Car, pour la plupart, elles se sont soldées par des contestations et des remises en cause souvent justifiées du point de vue de la transparence et de la représentativité des personnes choisies. « L’équité dans les critères qui gouvernent l’octroi des appuis de l’Etat au secteur de la culture, l’exigence de qualité de l’interlocuteur entre pouvoirs publics et travailleurs artistiques ainsi que la mise en place imminente de la Maison de l’artiste sont autant de défis qui méritent une nouvelle et une meilleure organisation du secteur », a insisté le ministre de la Culture à l’assemblée générale constitutive du Conseil national des organisations d’artistes du Bénin (Cnoa). Il faut noter que le Cnoa a un statut d’association de loi 1901 et est organisé en sept filières artistiques que sont les arts plastiques, graphiques et numériques, la mode, le design et l’artisanat d’art, la littérature, la musique, la danse, le cinéma, l’image animée et le multimédia, le théâtre et les arts de l’oralité. Culture 16 mars 2022


Activité de la Jeune chambre internationale Cotonou : Des nourrices sensibilisées à l’allaitement maternel
La Jeune chambre internationale Cotonou Aurore a initié la semaine dernière une séance de sensibilisation des femmes nourrices à l’allaitement maternel. C’était sa manière de célébrer la Journée internationale de la femme. “Comment observer les bons gestes de l’allaitement maternel ?” C’est le thème autour duquel Dr Ibrahim Khalil Gomina a entretenu les nourrices la semaine dernière à l’initiative de la Jeune chambre internationale Cotonou Aurore (Jcica). Par cette activité qui a regroupé une trentaine de femmes dans la salle de conférence du centre de santé de Zogbo, la Jcica voudrait marquer de manière particulière la Journée internationale de la femme. Désormais, les nourrices présentes à l’activité savent toute l’utilité de nourrir le bébé au sein et d’adopter les bonnes positions pour l’allaiter. De quoi donner une entière satisfaction à Tania Gbénou, la directrice du projet. Satisfait, Romuald Roland Houessè l’est aussi.Le président de la Jeune chambre internationale Cotonou Aurore explique que par cette action, son organisation n’a pas voulu faire de la journée internationale de la femme un moment de festivités. “La Jcica au lieu de se limiter à de simples discours, s’est lancée dans l’acte 2 de son projet d’amener les femmes à appréhender et à mieux alimenter leurs enfants”, a-t-il déclaré. Il a aussi précisé que “le pari est pris pour que le projet se déroule sur trois années” sous diverses formes. Ce serait pour le bonheur et la bonne santé de ces nombreux enfants qui bénéficieront de bons soins de leurs génitrices. Pour sa part, Eric Houessou, représentant de la présidente nationale, a adressé ses félicitations à la Jcica pour l’organisation et la réussite de l’activité. Aux femmes nourrices, il a insisté qu’il n’y a que de bons éléments nutritifs dans le lait maternel et qu’il donne l’intelligence aux enfants. Il a aussi cité certaines maladies liées à la malnutrition et qui ne peuvent subvenir en cas d’allaitement maternel. Culture 16 mars 2022


Opérationnalisation des centres secondaires de l’état civil de l’Atacora : Du matériel technique pour cinq communes frontalières
Le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) a fait don de mobiliers de bureau et matériel informatique à cinq communes frontalières du département de l’Atacora en vue de l’opérationnalisation des centres secondaires de l’état civil. Le don a été reçu, ce mardi 15 mars, par le ministre de l’Intérieur qui l’a aussitôt remis au directeur de l’état civil. Ordinateurs de bureau, onduleurs, multiprises, imprimantes, régulateurs, photocopieurs modernes avec cartouches supplémentaires, tables avec tiroirs, chaises et bancs en bois et armoires métalliques, etc. Voilà, entre autres, le don du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) au profit du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique en vue de l’opérationnalisation des centres secondaires de l’état civil dans les communes de Natitingou, Boukoumbé, Cobly, Tanguiéta et Matéri. Cet appui permettra au personnel de l’état civil des communes bénéficiaires de mettre en application les enseignements reçus lors des récentes séances de renforcement de capacités organisées avec le soutien de l’organisation onusienne, à leur intention pour la gestion efficiente des centres secondaires. Le geste du Pnud s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à la prévention des conflits et de l’extrémisme violent dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina et du Togo face aux conflits communautaires et à l’extrémisme violent. Aoualé Mohamed Abchir, représentant résident du Pnud, rappelle les raisons pour lesquelles son institution a décidé, en plus de la récente formation des acteurs impliqués, d’apporter un appui en mobiliers de bureau et matériel informatique au ministère pour la bonne gestion des centres secondaires de l’état civil et leurs centres principaux de rattachement. « Nous sommes convaincus que ce don ne couvre pas entièrement les besoins du secteur de l’état civil mais nous vous prions de le recevoir comme étant notre modeste contribution aux efforts que le gouvernement ne cesse de déployer pour la modernisation de l’état civil au Bénin… », a ajouté Aoualé Mohamed Abchir. Tout heureux de ce geste du Pnud, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Séidou, assure que le don permettra de renforcer la capacité de résilience des communautés béninoises face à la menace grandissante des conflits, de l’extrémisme violent et consorts. Le patron des flics remercie alors l’institution onusienne au nom du gouvernement qui, indique-t-il, ne doute pas du bon usage qu’en fera le personnel de l’état civil et de la plus-value que ces matériels apporteront dans l’amélioration de la qualité de l’offre de service aux populations. Aoualé Mohamed Abchir a, pour sa part, renouvelé la disponibilité du Pnud à toujours soutenir les initiatives de modernisation de l’état civil au Bénin. Idem pour le gouvernement béninois qui, par la voix du ministre de l’Intérieur, a réitéré son engagement à renforcer avec l’appui des partenaires, toutes les initiatives entrant dans la prévention de l’extrémisme violent, la radicalisation et le terrorisme, et dont les résultats contribueront à engager durablement le Bénin sur le chemin de la paix et du développement. Actualités 16 mars 2022


Nouveaux équipements à l’Unité de dialyse du Chud Parakou : Le président du Ces fait le constat
Le président du Conseil économique et social (Ces), Augustin Tabé Gbian, était, ce mardi 15 mars, à l’Unité de dialyse du Centre hospitalier universitaire départemental (Chud) de Parakou, dans le cadre des descentes de terrain que les membres de son institution ont l’habitude d’effectuer. C’est par rapport à une saisine sur le thème « La prise en charge des personnes sous dialyse au Bénin: état des lieux et suggestions ». Avec les équipements mis à sa disposition par l’Etat béninois, dans le cadre de l’exécution du Pag 2, l’Unité de dialyse du Chud de Parakou est désormais en mesure de prendre en charge, mieux que par le passé, un grand nombre de patients. Elle a de quoi leur assurer des prestations de qualité. C’est pour constater leur disponibilité que le président du Ces, Augustin Tabé Gbian, y est descendu ce mardi 15 mars. Entre-temps sous équipé, le service de Néphrologie a, pour le bonheur des hémodialysés et insuffisants rénaux qu’il reçoit, changé de visage. De deux, il a vu ses générateurs passer désormais à huit. Outre huit générateurs flambant neufs, il a également bénéficié des fauteuils adaptés sur lesquels les malades vont se reposer. « La chance que nous avons aujourd’hui, c’est qu’avec nos huit machines, si nous dialysons ou faisons deux branchements par jour, nous pouvons prendre au minimum 50 personnes en charge, au lieu de 12 patients, il y a quelque temps», se réjouit le chef du service, Dr Séraphin Ahoui. Selon le directeur général du Chud Borgou, Didier Adédéni, l’appui du service de néphrologie en équipements de dernière génération apporte un grand soulagement au personnel soignant, mais surtout aux populations des quatre départements du septentrion, des Collines et même du Couffo qui le fréquentent. Ils n’attendent qu’à être déployés et mis en service. «Cet effort d’investissement nous aide vraiment à progresser, à passer d’un niveau de soins à un autre de meilleure qualité », soutient-il, tout en remerciant le gouvernement et son chef, Patrice Talon. Malgré ce grand pas effectué, il reste encore des défis à relever. En témoignent les doléances que le secrétaire général de l’Association des hémodialysés et insuffisants rénaux (Ahir) du Nord-Bénin, Nicolas Montcho, a bien voulu soumettre au président du Ces. Ce dernier a été invité à plaider auprès du chef de l’Etat, pour la levée des suspensions de prise en charge des malades, car l’insuffisance rénale chronique est coûteuse et ruineuse, pour la réduction du coût des kits dialyse pour les malades, pour la dotation de façon régulière en médicaments pour tous les malades. Après avoir constaté la présence des équipements puis visité les lieux, le président du Ces a décerné un satisfecit au président de la République. Il se dit rassuré de la prise en charge sans faille des malades. « Chaque année, je reçois deux ou trois fois les groupements et associations des personnes qui souffrent de cette maladie. Je ne peux pas rester insensible. Mais avec tout ce que j’ai vu comme équipements à installer, c’est rassurant », confie-t-il. Actualités 16 mars 2022


Bertin Akouta sur les réformes dans le secteur du bois : « L’Etat a réussi à stopper les exportations anarchiques »
La filière forêt-bois prend un nouveau départ, avec les réformes opérées ces dernières années par le gouvernement. Bertin Akouta, président de la Fédération nationale des associations des opérateurs économiques de cette filière, dévoile ici les progrès et les attentes des acteurs. Quand on parle de la filière bois au Bénin, on a tendance à y voir une exploitation incontrôlée des ressources naturelles. Est-ce toujours le cas aujourd’hui ? Il faudrait faire la part des choses. En principe, c’est la filière forêt-bois. Il ne faut pas que l’arbre cache la forêt. Le bois d’énergie était exploité anarchiquement, mais on sait que l’exploitation du bois d’œuvre est sélective. Il y a eu, par le passé, un peu de désordre parce qu’il n’y avait pas, par exemple, une structure en tant que telle pour sensibiliser davantage les acteurs et œuvrer pour une synergie dans le sens de la protection de la biodiversité. Aujourd’hui, avec le gouvernement actuel, il y a eu un arrêt systématique de toutes les opérations pour faire un état des lieux. Ce qui a conduit à redéfinir de nouvelles bases dont la prise d’un décret qui interdit l’exportation des essences autochtones et qui protège d’ailleurs la biodiversité. C’est une bonne chose. On a maîtrisé les exportations et éliminé d’elles systématiquement les essences autochtones. C’est le cas par exemple de l’espèce Afzelia africana ou encore du Pterocarpus. Ce sont des espèces demandées sur le marché asiatique. C’était une hémorragie qu’il fallait arrêter. C’est déjà un grand pas. Et ne peuvent exporter désormais que ceux-là qui sont sur une liste de quotas définis par entreprise à l’export. Il y a donc une traçabilité. L’Etat a réussi à stopper les exportations anarchiques. Dans le cadre des réformes, priorité a été accordée à la transformation du bois. Est-ce que cela arrange les acteurs ? Le gouvernement a réorganisé la chaîne d’exploitation de la base jusqu’au sommet. Il y a une taxation différentielle qui prend en compte le niveau de transformation. Plus vous transformez, moins vous payez de taxes, ce qui incite à transformer. Ce sont des mesures qui protègent la biodiversité. Lorsque vous exportez du brut, vous exportez les emplois qui peuvent être ici, les dérivés aussi. Pendant ce temps, les vôtres mettent la pression sur les écosystèmes pour chercher du bois-énergie. Ce n’est pas du tout bien. La transformation a donc l’avantage de procurer de la valeur, de générer des devises et de créer des emplois localement. C’est une très bonne chose. D’ailleurs, depuis le 31 décembre dernier, on n’a pas encore autorisé l’exportation du bois brut. Mais les premiers contrats lancés vont au profit des industries, puisqu’on connaît leur capacité de transformation. Lorsqu’il y aura un excédent, on pourra exporter le reste. C’est dans une logique structurée qui est en train d’être mise en place par le gouvernement. Quoi qu’on dise, à tort ou à raison, on pense que les acteurs de la filière bois sont des destructeurs de la biodiversité. Que faites-vous pour changer cette perception? C’est un peu trop dire. Il faut nuancer. Nos activités pourraient impacter la biodiversité, mais on essaie de rester dans les normes. C’est d’ailleurs notre rôle, au niveau de la fédération de sensibiliser davantage les acteurs aux enjeux actuels et aux engagements à prendre dans la protection de la biodiversité. Nous ferons signer une charte environnementale qui va inclure les exploitants à tous les niveaux, y compris le scieur, pour qu’ils s’assurent d’adopter des comportements responsables d’exploitation et de vente. Il faut les amener à comprendre les enjeux à travers des sensibilisations. Nous avons pris la mesure des choses. Puisque lorsque vous êtes convaincus de ce que ces ressources naturelles vont s’estomper du fait de vos pratiques, vous réfléchissez par deux fois avant d’aller dans les travers. De même, nous souhaitons au niveau de la fédération un cadre formel de partenariat avec l’administration qui nous confère un brin de pouvoir pour pouvoir veiller aux bonnes pratiques. Si nous faisons la veille sans un cadre formel, on sera juste vu comme des marionnettes. Ce sera sans effet. Il faut venir à une gestion par le dialogue et la fédération entend jouer pleinement son rôle. Nous avons eu des avancées déjà avec la Douane et les Eaux et forêts qui nous associent. Je crois qu’il faut aller dans ce sens pour relever ensemble le défi de la protection de la biodiversité. Environnement 16 mars 2022


Egalité des sexes et autonomisation des femmes : Odd Tv en fait sa priorité
Odd Tv a organisé, jeudi 10 mars dernier à Cotonou, une causerie-débat sur différentes thématiques relevant des droits des femmes à la lumière des Objectifs de développement durable (Odd), notamment l’Odd 5, « égalité entre les sexes et autonomisation des femmes et filles », ainsi que la question des changements climatiques. «Dans un contexte de changements climatiques, d’urgence de l’autonomisation de la femme où l’égalité entre les sexes peine à être une réalité, nous voulons porter un regard croisé sur ces concepts, en les lisant dans le prisme des Objectifs de développement durable ». Ces mots de Tayon Ulrich Lavinon, directeur général de Odd tv, sonnent comme un engagement à l’action pour concentrer les efforts en direction des filles. Selon lui, l’apport des femmes au développement est inestimable. Mais les défis en ce qui les concerne sont encore réels. Odd Tv et ses partenaires veulent être à l’avant-garde des actions en leur faveur. « Les femmes sont des agents économiques très résilientes parce qu’elles contribuent à la stabilité du foyer et également à l’éducation des enfants. Dans les milieux ruraux, elles se déploient doublement, mais reléguées au second rang en raison des pesanteurs socioculturelles », analyse Tayon Ulrich Lavinon. Les deux panels organisés dans ce cadre ont édifié les participants. Le premier, « Contribution des Ptf et organisations de la société civile à la protection et à l’épanouissement de la jeune fille au Bénin ». Le second, intitulé « Progrès et perspectives de la réalisation de l’autonomisation des femmes et des jeunes filles à l’horizon 2030 dans un contexte de changements climatiques ». Chaque participant a su en tirer l’essentiel. « Le premier panel m’a permis d’analyser les actions des partenaires techniques au profit des associations intervenant dans la défense et la protection des droits des filles et d’apprécier l’impact des différentes actions sur les cibles, notamment sur les communautés reculées », se réjouit Mariamar Conon, militante féministe. Hermione Ligan, présidente de l’Ong Femmes engagées pour le développement et la démocratie (Fedd)’’ est à cheval sur la question des Odd. Au terme de la rencontre, elle entend se déployer davantage pour le bonheur des filles. « Les Odd 3, 5 et 16 me tiennent particulièrement à cœur. Nous allons accompagner les actions de Odd Tv et du gouvernement dans ce sens », promet-elle. La satisfaction de Odd Tv serait de voir toutes les filles du Bénin où qu’elles se situent sur le territoire national, recevoir toutes les bonnes informations relativement aux inégalités qui les touchent et qu’en retour les plaidoyers en direction du gouvernement et de ses partenaires en leur faveur puissent prospérer. Société 16 mars 2022


Entretien avec Dr Gilles Bognon : « L’exposition aux hydrocarbures favorise le cancer chez l’enfant »
Le cancer de l’enfant est une pathologie très peu connue mais qui sévit. Dr Gilles Bognon, oncopediatre au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé-Plateau, révèle les facteurs favorisants et insiste sur la prévention et le diagnostic précoce. La Nation : Qu'est-ce que le cancer chez un enfant ? Dr Gilles Bognon : Le cancer de l’enfant est une pathologie caractérisée par le fait que le plus petit constituant de l’organisme que nous appelons cellule se met, pour des raisons données, à se multiplier de manière anarchique. Cette multiplication anarchique lui fait acquérir des caractéristiques qui lui sont particulières dont une tendance à se détacher et à aller coloniser d’autres organes. Ce fait est déterminé par le terme de métastase. Tout ce phénomène décrit est ce que nous appelons le cancer. Et quand ce phénomène intervient chez un enfant de 0 à 18 ans, on parle de cancer de l’enfant. Les cancers de l’enfant sont fréquents et le cancer existe bel et bien au Bénin chez les enfants. En 2018, le nombre de cas de cancer de l’enfant recensé était autour d’une trentaine, et en 2021, nous avons recensé 72 cas. Cette augmentation ne veut pas forcément dire que les cas de cancer sont en augmentation chez les enfants mais ça veut simplement dire que le nombre de cas diagnostiqués est élevé. Il y a nuance parce que tous les cas de cancer ne sont pas diagnostiqués. C’est le fruit d’une sensibilisation faite auprès de la population, du personnel médical et paramédical, qui a fait que les cas sont de plus en plus diagnostiqués. Sinon, certains cas n’étaient pas diagnostiqués et sont pris en charge par les tradi-thérapeutes pour des raisons de sort jeté. Quels sont les facteurs qui favorisent la survenue du cancer chez l’enfant ? Parmi les facteurs favorisants, il y en a qui sont liés à l’enfant lui-même et d’autres à l’environnement. Les facteurs liés à l’environnement sont essentiellement dus à l’exposition aux hydrocarbures. On sait très bien chez nous que l’exposition aux hydrocarbures est très fréquente surtout dans le Sud du Bénin, où par exemple, une dame enceinte, qui est vendeuse de carburant, va rester auprès de son étalage pendant les neuf mois de grossesse et inhaler ce carburant. Deux semaines après l’accouchement, elle retourne devant son étalage, et l’enfant va inhaler ce carburant jusqu’à l’âge de 5 ans, avant de commencer l’école. Les hydrocarbures sont nocifs, et un enfant qui inhale du carburant durant près de six ans, imaginez les conséquences. Les expositions aux hydrocarbures sont des facteurs qui favorisent la survenue du cancer chez l’enfant. C’est la même chose que les expositions aux pesticides. Certains engrais qu’on utilise pour la culture dans certaines régions du pays ont un effet cancérigène. Il y a aussi l’exposition aux radiations ionisantes. Une radiographie qu’on demande à une maman sur le bassin, parce qu’elle a eu un traumatisme du bassin, alors qu’elle est enceinte, peut être nocive pour l’enfant qui, plus tard, peut faire un cancer. Les autres facteurs liés à l’environnement sont essentiellement les virus. Le virus du Vih peut donner un type de cancer qu’on appelle lymphome, le virus de l’hépatite B qui peut donner un cancer du foie, un virus très fréquent qu’on appelle Ebv, (ebstein-barr virus). Ce virus est à l’origine des lymphomes dont le lymphome de burkitt, et le lymphome de hodgkin. En dehors de cela, il y a un virus particulier chez la femme qu’on appelle papillome virus, qui donne le cancer du col de l’utérus à l’âge adulte. Ce n’est plus un cancer de l’enfant, mais la prévention contre ce cancer se fait à l’âge de l’enfant par des vaccinations entre 9 ans et 13 ans. Nous profitons des facteurs favorisants pour le citer parce que ce virus induira un cancer plus tard. Les autres facteurs qui sont liés à l’enfant sont essentiellement les facteurs génétiques comme certaines maladies qu’on appelle syndrome de down ou trisomie 21. Quels sont les types de cancer qui existent ? On peut classer les cancers en deux grandes classes. Une première classe qu’on va appeler hémopathies malignes, qui constituent un type de cancer qu’on appelle vulgairement cancer du sang. Parmi les hémopathies malignes, il y a beaucoup de cancers mais trois sont beaucoup plus fréquents chez l’enfant. Il s’agit de la leucémie aiguë, du lymphome de burkitt, du lymphome de hodgkin, ou maladie de hodgkin. En ce qui concerne les autres types, nous avons les tumeurs solides, les cancers solides. Les deux plus fréquents chez l’enfant sont le cancer de la rétine qu’on appelle rétinoblastome et le cancer de rein qu’on appelle néphroblastome. D’autres cancers sont relevés chez l’enfant mais moins fréquents. Il y a un cancer au niveau de l’os qu’on appelle ostéosarcome, un cancer au niveau du cerveau, un cancer au niveau du foie qu’on appelle hépatoblastome, etc. Le cancer peut toucher n’importe quel organe du corps humain mais les cinq cancers les plus fréquents chez l’enfant sont représentés par trois hémopathies malignes à savoir la leucémie aiguë, le lymphome de burkitt, le lymphome de hodgkin et deux tumeurs solides, le néphroblastome et le rétinoblastome. Quels sont les types de cancer les plus fréquents chez l’enfant? Le plus fréquent, c’est la leucémie aiguë lymphoblastique qui est une tumeur maligne, une hémopathie maligne, un cancer du sang qui va se manifester essentiellement par un besoin transfusionnel important chez l’enfant. Un enfant qui est tout le temps anémié, qui a besoin d’être transfusé, un enfant qui fait de la fièvre à répétition donc des infections, et un enfant qui a des tendances hémorragiques, c’est-à-dire lorsqu’il se brosse les dents, il peut avoir des saignements ou il peut émettre du sang par les urines. A ces trois gros signes, peuvent s’associer également des douleurs osseuses, et les adénopathies, ce qu’on appelle vulgairement les ganglions. Voilà les signes classiques qui vont permettre d’orienter vers la leucémie aiguë lymphoblastique. Une fois que l’orientation est faite, il y a des analyses standards qu’on appelle Nfs (Numération formule sanguine) et myélogramme, qui vont permettre d’asseoir le diagnostic de leucémie aiguë. D’autres analyses plus poussées vont permettre d’identifier le type de leucémie aiguë, et de déterminer s’il s’agit d’une leucémie aiguë lymphoblastique. Que retenir sur le lymphome de burkitt et la maladie de hodgkin? Le lymphome de burkitt a deux grandes manifestations. La manifestation la plus fréquente chez nous, c’est au niveau du visage, de la face où l’on observe une augmentation de volume d’un côté de la face vers la joue, qui augmente énormément de volume, et cela va s’étendre jusqu’au niveau de l’œil et descendre au niveau du menton. Cette augmentation de volume est un peu douloureuse au début mais la tumeur s’étendant va augmenter l’intensité de la douleur. La masse va s’étendre du haut vers le bas mais aussi à l’extérieur et à l’intérieur. Son extension à l’intérieur va donc embêter les gencives qui vont saigner, et les dents auront tendance à chuter facilement. D’où la chute facile des dents, l’hémorragie avec cette tuméfaction. Ce sont des éléments qui vont orienter vers un lymphome de burkitt. La seconde forme qui est un peu plus grave chez nous est abdominale. La manifestation est essentiellement une douleur abdominale et une augmentation du volume de l’abdomen. Et c’est sur une pièce de biopsie à la chirurgie qu’on prélève de l’intestin parce que l’une des manifestations est l’invagination intestinale (un intestin rentre dans l’autre). Le chirurgien est obligé d’opérer l’enfant pour qu’il soit soulagé, et en l’opérant, la partie enlevée est envoyée au laboratoire, pour confirmer le lymphome de burkitt abdominal. La maladie de hodgkin est également une néopathie qui va se manifester essentiellement par un ganglion ou des ganglions sur le corps de l’enfant, c’est-à-dire de petites boules qui apparaissent à des endroits spécifiques à savoir sous le cou, au niveau du menton, de l’aine, dans les aisselles. Ces ganglions vont apparaître et peuvent être associés à un grattage du corps, ou à une fièvre, à une transpiration abondante, et à une perte de poids. Pour confirmer le lymphome de hodgkin, on a besoin aussi d’un petit prélèvement qui, au laboratoire, pourrait confirmer sa présence. Quelles sont les manifestations des tumeurs solides ? Les tumeurs solides, le rétinoblastome est un cancer qui attaque la rétine de l’enfant. C’est souvent chez l’enfant de 0 à 5 ans. Et cela va se manifester par une petite tache blanchâtre dans l’œil ou carrément un scintillement sur une photo qui a été prise avec un flash. Ça peut se manifester également par un œil qui louche (qui dévie de son axe de vision). Cela ne veut pas dire que tous les yeux qui louchent sont un signe de rétinoblastome. Ça peut se manifester également par un œil qui a augmenté de volume et qui sort de son orbite. Là, ce sont des formes un peu tardives. Devant ces signes, il faudrait obligatoirement que l’ophtalmologue puisse voir l’enfant, faire les examens qu’il faut dont l’échographie et le fond d’œil pour confirmer le rétinoblastome ou non. A ce niveau, il faut faire très attention parce que certains cas de taches blanches dans l’œil sont diagnostiqués comme cataracte chez l’enfant, et certains soignants demandent aux parents de revenir six mois après. C’est dangereux, car si c’est un rétinoblastome, et qu’on demande aux parents de revenir six mois après, l’image qu’on aura ne sera pas très gaie, et il n’y aura plus rien à faire pour cet enfant. Quels sont les éléments qui permettent de confirmer la tumeur de rein chez l’enfant ? Le néphroblastome ou tumeur de rein chez l'enfant se manifeste par une douleur dans le ventre si la tumeur est très volumineuse, sinon carrément par une augmentation du volume du ventre. Et là, on découvre qu’il y a une masse qui se trouve dans le ventre, qui au début, n’est pas douloureuse, mais très fragile, avec laquelle il faut faire attention. Les examens de radiographie, l’échographie ou le scanner vont orienter vers la localisation rénale de cette masse, et cela amène à faire le diagnostic qui, plus tard, sera confirmé par le laboratoire. Comment se traite le cancer chez l’enfant ? Le traitement de ces différents types de cancer se fait au Bénin dans le service d’Oncologie pédiatrique, au Centre hospitalier universitaire départemental du Plateau, à Porto-Novo. Le traitement des cancers a souvent recours à la chimiothérapie. Ce sont des molécules de médicaments qu’on donne par voie orale ou injectable à l’enfant. On peut recourir à la chirurgie lorsqu’on a besoin d’enlever l’organe atteint pour les tumeurs localisées. Cela peut être également de la radiothérapie. Ce qui ne se fait pas pour le moment au Bénin. Mais en collaboration avec les autres pays, nous arrivons à traiter certains cas. D’autres traitements plus approfondis peuvent être appliqués mais ne sont pas encore vraiment disponibles au Bénin. Ces différents types de traitement ont une particularité. Les molécules de chimiothérapie coûtent très cher ainsi que les médicaments pour la pratiquer. Ce qui fait que les parents n’ont pas toujours les moyens de faire face seuls, à la prise en charge de leurs enfants. D’où l’appel à des mécènes pour les assister. Nous avons certains organismes qui nous aident en approvisionnement de médicaments. Mais ces médicaments couvrent moins de 30 % de nos besoins actuels, et toutes les molécules ne sont pas non plus disponibles. Et les parents sont obligés de débourser un peu de sous pour acheter des médicaments à la pharmacie du Cnhu et au Camp Guézo. La prise en charge des cancers de l’enfant est onéreuse. Le plus cher est la leucémie aiguë lymphoblastique, qui se fait sur deux ans. Cela peut tourner autour de 17 millions F Cfa sur la période. Et cela n’est pas accessible au Béninois moyen. Il y a des traitements de chimiothérapie pour certaines pathologies qui seront à moins du million. Néanmoins, le coût des molécules est élevé. Mais nous avons des chirurgiens oncologues et des chirurgiens d’autres spécialités qui nous aident pour la prise en charge de ces enfants. Peut-on prévenir le cancer chez l’enfant ? La prévention va se baser essentiellement sur l’identification des facteurs favorisants et leur éviction. Eviter les facteurs favorisants permettra d’éviter en partie la survenue de ces cancers. Mais l’on ne peut rien contre les facteurs génétiques. Donc, la gestion des facteurs environnementaux aura forcément une influence sur la prévention. Mais il faut de la sensibilisation pour le diagnostic précoce. Parce que lorsqu’il est découvert précocement, le cancer peut guérir facilement. Mais lorsqu’il est découvert à un stade de complications, la guérison devient difficile. Et le cancer de l’enfant est différent de celui de l’adulte parce que les taux de guérison peuvent aller de 70 à 100 % pour le rétinoblastome. Pour un rétinoblastome découvert tôt, on peut avoir 100 % de guérison. Pour d’autres comme le néphroblastome, 80 %, et le burkitt aussi, 80, voire 90 %. Santé 16 mars 2022


David Fêliho, international de football : Métronome des Ecureuils des années 80
Icône oubliée. David Fêliho était un milieu relayeur atypique qu’a connu le football béninois dans les années 80. Intuitif, teigneux et endurant, il incarnait simplement la classe des footballeurs mythiques dont l’immensité du talent n’a pu être illustrée faute d’archives. David Fêliho est-il un homme doté de poumons d’acier ? La résistance physique hors norme de ce joueur au petit gabarit fait débat et taraude toujours l’esprit des aficionados du football, en l’occurrence, ceux qui ont vu évoluer, ce joueur. Taille moyenne et fière allure, le très physique no 8 des Ecureuils des années 80 porte bien son prénom: David. A l’instar du personnage biblique, la silhouette du milieu récupérateur des Ecureuils hante toujours les souvenirs de certains attaquants retors qui ont affronté cette ‘’boule d’énergie’’ qui leur a fait des misères sur le rectangle vert. Athlétique, remuant mais très peu technique, l’enfant d’Adandokpodji, l’un des quartiers populaires de la cité princière d’Abomey, a su allier vivacité et efficacité dans l’entrejeu du Onze national. Né à Niamey, au Niger, dans les années 60, et portant des cicatrices raciales sur chaque joue, David a découvert le football par le biais de son géniteur Raphaël Fêliho, agent de la Régie du Niger qui gratifiait régulièrement sa progéniture des ballons de football qu’il ramenait de service. Mais alors que le gamin jouissait de ces faveurs de son père, une fois rapatrié au Bénin, certains oncles ont fait l’option de décourager leur neveu dans la pratique du football. Pour eux, ce «jeu conduit inexorablement à la déperdition». Ainsi, tantôt chicoté, parfois ligoté par ses oncles pour le péché de ‘’pratique de football’’, mais jamais l’idée d’abdiquer n’a effleuré l’esprit du jeune David. Tellement l’insouciance, si ce n’est la passion du gamin, était forte. Lorsqu’après l’obtention de son certificat d’études primaires (Cepe), son oncle paternel, Thomas Fêliho, inscrit David au Collège d’Enseignement général d’Abomey, il était loin d’imaginer que son neveu allait continuer de fort belle manière à vivifier sa passion au point de devenir très jeune, une vedette précoce. Au collège, la pratique du football semble prendre le dessus sur les études. Les séances de football à quatre dénommé « petit camp» à la sortie des classes ou pendant les récréations font parfois oublier au jeune homme les leçons de Mathématiques, d’Anglais, d’Histoire-géographie et autres. Les weekends et autres jours ouvrables, le vocabulaire du jeune collégien est passé de l’académique au sportif : « Tacles, récupération, retrait, passe en profondeur, marquage à la culotte … ». C’est ainsi que le langage du football s’est affermi et avec lui, le jeu. Et progressivement ce jeune homme d’un noir de jais, à la démarche bancale, a évolué au sein de toutes les catégories d’âge au Ceg1 d’Abomey. Jeune talent éblouissant ne pouvant demeurer longtemps sous l’éteignoir, le District rural d’Abomey enrôle le gamin dans son effectif. Ce ne sera que juste pour quelques matches. Puisque le district urbain le récupère au sein de son très célèbre club : Bazooka Fc d’Abomey, l’un des plus populaires de la ville princière. Talent nettement au-dessus de son âge, la jeune pépite aux marquages redoutables a vite tapé dans le mille. David a eu sa chance le jour où son ainé et milieu de terrain Pierre Ayoubaso a été malade. Il est sollicité pour le suppléer dans le cadre d’une rencontre opposant Requins Fc à Caimans Fc à Cotonou. Le pied à l’étrier, David intègre ainsi la sélection départementale: le Fc Caïmans du Zou, le très populaire et emblématique club du Centre du pays dont beaucoup de jeunes rêvent de porter la tunique Vert-Blanc. David Fêliho, 16 ans, élève en classe de 3e est désormais footballeur de première division avec le dossard n° 6. Inédit. ‘’C’est la première fois que je viens à Cotonou, et c’est aussi la première fois que je joue au stade Réné Pleven ‘’, se souvient-il plus de quarante ans après les faits. Le corps souvent recouvert de petits bobos accompagnés quelquefois d’entorses, cela n’a pas, pour autant, dissuadé le gamin de continuer les classes. C’est ainsi que, comme du bon vin, le jeune David se bonifie. Avec le temps il est devenu une petite vedette du cuir rond aussi bien dans son collège que dans la ville. C’est David ! A l’époque : fin des années 70 et début 80, ce club du département dont l’envergure s’étend jusqu’à la zone administrative des Collines actuelle discutait le championnat national animé par huit clubs. Ainsi, aux côtés d’autres grands noms du football béninois tels : Flavien Soudé, Désiré Ahokpè, Jean-Marie Dayato, Thomas Akouèdji, Désiré Azon …, le jeune David a fait les beaux jours du club basé à Abomey. Sans être un foudre de guerre, Fc Caimans du Zou était néanmoins craint par beaucoup dans le championnat. Son baptême du feu sur l’échiquier international a été le match contre Bcc Lions du Nigeria en Coupe de l’Ufoa. « Rencontre difficile mais palpitante. Le Fc Caïmans du Zou battu en aller et retour a été vite éliminé de la compétition », se souvient David qui soutient toujours que l’expérience en valait néanmoins la peine. Dans les rangs de Fc Caïmans du Zou, David n’a pas tardé à prendre de l’étoffe. Il y est devenu une pièce maitresse. Condition suffisante pour qu’à peine 19 ans, les portes de la sélection nationale s’ouvrent pour lui. Le coach du Onze national, le Russe Abarona séduit par l’intelligence, la vivacité, le courage de l’adolescent timide, mais très impulsif, lui fait appel pour animer l’entrejeu de l’Etoile rouge du Bénin (ancienne appellation des Ecureuils). C’est ainsi parti pour une riche expérience en sélection pour le natif d’Abomey. Durant la dizaine d’années de présence au sein du Onze national, David y a été le métronome. De nature calme et partisan de la non-brutalité, le fils de Raphaël Fêliho était autoritaire dans l’entrejeu qu’il animait aux côtés de certains caciques tels que : Damien Folly, Ludovic Alikpara et Victor Zèvounou. « La belle époque des Ecureuils. Des moments de grande complicité », confie aujourd’hui le sexagénaire prof d’Education physique et sportive à la retraite qui garde toujours en mémoire son premier match nocturne disputé le 26 octobre 1979, à Abidjan en Côte d’Ivoire, dans le cadre du tournoi du Conseil de l’Entente. « Nous étions menés, puis j’ai reçu une balle sur le flanc droit, ensuite j’ai balayé toute la défense adverse pour aller égaliser. Le marquoir lumineux signale : 20 h 29 min. Haute Volta 1- Bénin 1. Et au terme de la rencontre, nous avons remporté le match ». A l’évocation de cette rencontre, ses petits yeux mi-clos illuminent de fierté son visage, et un petit sourire figé met en exergue ses pommettes saillantes. Car c’était sa première fois de livrer une rencontre nocturne de football. Des moments gravés dans la mémoire de David. Puis, comme une récitation, il déroule: « … Sur une chevauchée solitaire, David Fêliho met toute la défense togolaise dirigée par le solide Denké Wazo en déroute et offre sur un plateau d’or une passe lumineuse à Ahlonsou Agossou Pascal qui égalise : Togo 2 – Bénin 2 ». C’est un morceau choisi de la retransmission de la rencontre par un éminent reporter de la radio nationale que le joueur a écouté lors d’une émission sportive. David l’a mémorisée et la récite tel un mantra. Peut-être pour se faire bonne conscience, lui qui aime à raconter que « le football d’autrefois n’a pas nourri son homme ». Du secret de son endurance physique, David avoue le devoir à l’un de ses nombreux entraineurs : Joseph Agueh dit ‘’deux bras.’’ C’est lui qui assénait à ses poulains que les équipes résidentes à la côte sont plus techniques qu’endurantes. Or, « avec l’endurance, on peut anéantir la technique », renseigne-t-il. C’est ainsi que ce coach, adepte de la culture physique, a régulièrement entraîné ses joueurs dans la descente de Détohou ; une zone difficile d’accès à Abomey pour qu’ils y travaillent en y grimpant les montées abruptes. De très « fastidieuses séances de souffrances physiques» auxquelles les joueurs d’Abomey se sont habitués. Ce qui a été un précepte intangible du coach Agueh, David l’a adopté comme sa tasse quotidienne. Et c’est sa belle carrière de footballeur qui en a été le révélateur. Seulement que dans le football, David n’y a pas gagné grand-chose. Et il traine toujours comme un boulet le souvenir de la seule fois qu’il avait l’occasion, manquée, d’engranger un peu de sous. Ce jour où, pour raison de participation à un test d’entrée à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation physique et sportive (Injeps), le lendemain, son coach ne l’aligne pas pour une rencontre importante contre l’Algérie des Rabbat Madjer, Bensaoula et Beloumi, finalement remportée par les siens. ‘’J’ai donc été privé du partage de l’importante cagnotte de la victoire’’, regrette toujours David. Enseignement, le métier de la vie ! A quelque chose malheur est bon. Car c’est ce parchemin d’entrée à l’Institut qui fera du milieu de terrain des Ecureuils un enseignant certifié d’Education physique et sportive (Eps) dans les collèges et lycées. Tour à tour élève-joueur, étudiant-joueur, le voilà enseignant-joueur avant que David décide de raccrocher définitivement les crampons pour se consacrer uniquement à l’enseignement. Un métier qui, d’ailleurs, le lui a bien rendu. Puisque le jeune néo footballeur a occupé de hautes fonctions dans plusieurs collèges et lycées ainsi que dans l’administration publique. Conseiller pédagogique en Eps dans le Zou de 95 à 99. Il a pendant plus de 10 ans occupé le poste de censeur au Lycée Mafory Bangoura de 1999 à 2000, au Lycée Houfon de 2000 à 2004, au Ceg1 d’Abomey de 2003 à 2004. Puis chef service des Sports scolaires au niveau du ministère des Enseignements techniques de 2005 à 2010. Et chef division Sport scolaire au ministère des Enseignements secondaires de 2010 à 2016. Footballeur et enseignant, David Fêliho a aussi inscrit une parenthèse politique dans son curriculum vitae. A peine terminé son passage à l’Injeps pour l’obtention du diplôme de professeur certifié, ses amis « les frères Bruno et Quentin Didavi et un certain Kisito Awede lui ont ouvert les portes de la politique». David intègre le Parti du Salut de feu Damien Alahassa et en devient, très rapidement un membre influent. C’est d’ailleurs au titre de professeur certifié et jeune cadre de ce parti qu’il reconnait avoir bénéficié de l’ascension qui a été la sienne au niveau de l’administration de l’Enseignement supérieur. Admis à faire valoir ses droits à la retraite, depuis quelques années, David très attaché à sa famille fait la navette entre Cotonou et Abomey, sa ville d’origine. Il se dit « jeune retraité heureux » bien entouré de sa progéniture et surtout de sa moitié, « Victorine Kpangon, tendre épouse » avec qui il «partage sa vie depuis les bancs du collège. » Du football qu’il a pratiqué toute sa jeunesse, il regrette le sort fait à cette discipline aujourd’hui dans son pays. « Heureusement qu’avec les nouvelles autorités politico-administratives, les choses semblent prendre la bonne direction », précise l’ancien relayeur des Ecureuils. Et ce sera, sans doute, pour le bonheur du dauphin en gestation qui, aujourd’hui, travaille dans l’ombre pour rappeler un jour, au souvenir de tous, l’immensité du talent de son géniteur. Bon grain ne saurait mentir. Sports 16 mars 2022


Barrages Mondial 2022 : voici la liste des arbitres désignés
La Confédération africaine de football (Caf) a dévoilé la liste des arbitres retenus pour officier les matches aller et retour des barrages de la Coupe du monde 2022 prévus pour les 25 et 29 mars prochains. En ce qui concerne la Var, elle sera gérée par des arbitres issus des autres confédérations de football, comme ce fut le cas durant la Can Cameroun 2021. Vendredi 25 mars 2022 RD Congo – Maroc : Victor Gomes (Afrique du Sud) Mali – Tunisie : Bamlak Tessema (Ethiopie) Cameroun – Algérie : Joshua Bondo (Botswana) Egypte – Sénégal : Jean-Jacques Ndala (RDC) Ghana – Nigeria : Redouane Jiyed (Maroc) Mardi 29 mars 2022 Sénégal – Egypte : Mustapha Ghorbal (Algérie) Nigeria – Ghana : Sadok Selmi (Tunisie) Algérie – Cameroun : Bakary Gassama (Gambie) Tunisie – Mali : Maguette Ndiaye (Sénégal) Maroc – RD Congo : Pacifique Ndabihawenimana (Burundi). Sports 16 mars 2022


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