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Nouvelles

Tribunal de première instance de première classe: 2ème comparution de Atao en fauteuil roulant 
[caption id="attachment_30265" align="alignnone" width="1024"]Atao Hinnouho[/caption]

 

Reportée il y a quelques jours, l'audience de l'honorable Atao Hinnouho s'ouvre ce matin au tribunal de première instance de première classe ce matin 7 août.

À la barre, le député venu une deuxième fois en fauteuil roulant répond aux questions du ministère public et du juge en présence de ses avocats dont Aboubakar Baparape. La Douane béninoise s'est fait représenter par le colonel Jacques Yempabou, directeur des renseignements de la douane. 

Pour le député, il y a sept ans qu'il n'officie plus en qualité de représentant de firme pharmaceutique à cause de sa fonction de député. Mieux, ses locaux sont mis en bail à des sociétés dont il ne peut dire l'usage qu'elles en font. La suite de l'audience dans un instant. 

Société 07 août 2018


21es Championnats d’Afrique d’athlétisme: Le Kenya en tête, le Bénin termine à la 12e place
[caption id="attachment_30262" align="alignnone" width="1024"]Odile Ahouanwanou inscrit le Bénin au tableau des médaillés[/caption]

Les championnats d’Afrique d’athlétisme ont connu leur épilogue, dimanche 5 août dernier au Stephen Keshi stadium d’Asaba du Nigeria, avec des fortunes diverses pour les nations et les athlètes participants. Au classement final, le Kenya a terminé en tête avec 19 breloques, dont 11 en or, 6 en argent et 2 bronze tandis que le Bénin finit 12e avec une médaille d’or en heptathlon.

Les vingt-et-unièmes championnats d’Afrique d’athlétisme se sont achevés dimanche 5 août dernier à Asaba au Nigeria. Pour une première fois, le Bénin s’affiche au tableau des nations ayant remporté des médailles. Devant le Ghana, 13e et le Cameroun, 14e et après le Burkina Faso, 10e et l’Algérie, 11e, le Bénin occupe la 12e place sur 35 nations grâce à la médaille d’or remportée par l’athlète Odile Ahouanwanou en heptathlon. C’est la meilleure place occupée par Bénin à ce meeting depuis sa création en 1979. Une performance saluée par le secrétaire général de la Fédération béninoise d’athlétisme qui souhaite que cet exploit puisse susciter des talents et inviter les autorités béninoises à davantage investir dans le sport d’élite pour tutoyer les grandes nations de sport sur le continent à l’instar du Kenya et l’Afrique du Sud qui ont terminé respectivement champion et dauphine de la compétition. 

Avec 19 médailles dont 11 en or, 6 en argent et 2 en bronze, le Kenya a damé le pion à l’Afrique du sud, 2e avec 30 médailles dont 9 en or, 13 en argent et 8 en bronze. Le Nigeria, pays hôte, est venu à la 3e place avec 19 médailles dont 9 en or, 6 en argent et 5 en bronze. Le Burkina Faso est 10e avec trois médailles dont une médaille en or remportée par Fabrice Zango au triple saut avec un saut de 17,11 m et deux médailles d’argent remportées par Marthe Koala.
Au total, 23 pays figurent dans le classement des pays ayant obtenu des médailles lors de ces championnats sur les 35 pays participants.

Les grands noms au sommet !

Annoncée comme une chance de médaille pour le Bénin, l’athlète béninoise Noélie Yarigo n’a pas fait mieux que de finir 7e lors de la finale du 800 m. Mais certains grands noms de l’athlétisme africain ont encore fait parler la poudre. La double championne olympique Semenya Caster a ravi les foules d'Asaba avec la plus rapide course au 400 m en 49’’96 en arrachant le titre africain. Elle a mis au vent Christine Botlogetswe du Botswana : 51’’19 et la Nigériane Ajayi Yinka, 3e avec un chrono de 51’’34.
Le Botswanais Thebe a conservé son titre au 400 m en 44’’81 devant le Sud- Africain Phora Thapelo (45’’14) et le Nigérian Okzie Chidi (45’’65). Son compatriote Amos Nijel a survolé la finale du 800 m avec un chrono de 1’45’’20 devant Emmanuel Korir du Kenya qui a remporté la première médaille de sa carrière en 1’45’’65.
La Nigériane Onyekwere Chioma a fait un doublé au Nigeria lors de la finale du disque féminin, avec un jet gagnant de 58,09 m pour battre sa compatriote Okoro Chinwe en 57,37 m. La Sud-Africaine Ischke Senekal a obtenu la médaille de bronze en 53,82 m. L’Algérien Abdelmalik Lahoulou a remporté les 400 m haies en 48’’87, son deuxième titre continental après la médaille d’or des All African Games 2015 devant le champion en titre du Commonwealth, le Sud-Africain Cornel Fredricks (49’’40) et le Tunisien Zied Azizi (49’’48).
Le champion du monde 2015 Nicholas Bett du Kenya n'a pas terminé la course. Il faut noter que les deux meilleurs athlètes de chaque épreuve représenteront l’Afrique à la Coupe intercontinentale à Ostrava, les 8 et 9 septembre prochains.

Sports 07 août 2018


Coups mortels (17e dossier): Gilbert Balley condamné à 5 ans mais désormais libre

Pour le compte du dix-septième dossier de la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou, l’accusé Gilbert Balley devait répondre du crime de coups mortels. Au terme du jugement, ce lundi 6 août, il a été reconnu coupable et condamné à 5 ans de réclusion criminelle.

Gilbert Balley écope de cinq ans de réclusion criminelle mais recouvre la liberté. Il était poursuivi pour coups mortels.

Au cours de l’instruction à la barre, l’accusé n’a pas reconnu les faits. Il a fallu que le président de la cour d’assises insiste et le confronte à ses déclarations antérieures à l’enquête préliminaire et à l’instruction préparatoire avant qu’il reconnaisse avoir assené un coup à la tête de son collègue. Mais il déclare n’avoir eu aucune intention de lui donner la mort.
Il déclare que c’est Satan qui s’est invité dans les échauffourées. Gilbert Balley dit avoir fait face à un collègue de service avec qui il ne s'était pas compris lors des échanges. Il a déclaré avoir branché son portable et son poste radio à la guérite. Un acte que son collègue n’a pas apprécié. Ils en sont venus aux mains. Lors de la dispute, c’est pendant qu’il était sous la victime par terre qu’il déclare lui avoir arraché la matraque dont il s’est servi pour se défendre.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public relève que c’est le règne de la violence qui caractérise de plus en plus les relations humaines. L’accusé a porté des coups à la tête de la victime dont la santé s’est dégradée irrémédiablement et la mort s’en est suivie quelques jours après. Des faits qui justifient le renvoi de l’accusé devant la cour d’assises, fait remarquer le ministère public. Des faits qualifiés de coups mortels prévus par l’article 309 alinéa 4 du Code pénal, en d’autres termes des coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Pour le ministère public, les coups s’analysent comme toute violence exercée sur le corps de quelqu’un en la choquant ou la heurtant violemment. Ici, c’est le coup de matraque porté par l’accusé à la victime.
Pour retenir les coups mortels, il faut la réunion des éléments légal, matériel et intentionnel.

Travaux forcés à temps

Par rapport à l’élément légal, le ministère public retient que le siège de l’infraction est l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Il rappelle que si les coups portés et les blessures faites ont pourtant occasionné la mort sans intention de la donner, le coupable est puni d’une peine de travaux forcés à temps.
Le ministère public affirme que l’élément matériel se déduit de l’élément légal. L’élément matériel, selon lui, est l’acte de violence exercé par l’accusé sur la victime, une personne humaine. C’est sur la base des lésions sur le corps de la victime que la mort est survenue, retient le ministère public.
S’agissant de l’élément intentionnel, la conscience de porter les coups était manifeste même si la volonté de donner la mort est absente, relève l’avocat général. Car, pour lui, la volonté coupable se déduit de la volonté libre et de la responsabilité morale.
Si la santé de la victime a connu un déclin, l’existence du lien de causalité entre le coup porté et la mort survenue ne souffre d’aucune contestation. Rien ne vaut la vie ; elle est sacrée et on doit la faire préserver, indique-t-il.
Le ministère public a requis 7 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Gilbert Balley pour conclure son réquisitoire.
Réagissant aux réquisitions, Me Cosme Amoussou a expliqué avoir de la peine pour prendre le dossier. Il ne conçoit pas le lien de causalité établi par l’avocat général entre le coup de matraque et la mort survenue.
Par ailleurs, cinq minutes après des faits, il n’est pas toujours facile à ceux qui y ont assisté de les restituer, justifie-t-il. On ne saurait donc trop en demander à son client. Raison pour laquelle, il demande à la cour de l’excuser. Aucun élément du dossier, selon lui, ne permet de retenir la culpabilité de son client.
Il déplore qu’il y ait comme pièce dans ce dossier criminel, un certificat de décès au lieu d’un certificat de cause de décès à défaut d’une autopsie. Car, il n’y a aucune certitude, selon lui. La qualification des coups mortels ne repose donc sur aucun élément scientifique, renchérit-il.
Mais le conseil souligne que c’est l’arrêt cardiaque et respiratoire qui a entraîné la mort de la victime, s’il s’en tient à la conclusion du certificat de décès. Ce qui dédouane son client d’une quelconque responsabilité.
Après délibération, la cour a retenu contre Gilbert Balley d’avoir volontairement porté des coups et fait des blessures à la victime et l’a condamné à cinq ans de réclusion criminelle. Ayant déjà fait cinq ans, il rentre chez lui. Pour les intérèts civils, dame Yvonne Monkotan épouse mangbè a reçu le soutien du ministère public.
La cour a condamné l'accusé à lui verser un million cinq cent mille francs sur deux millions demandé pour toutes causes de préjudices confondus

Résumé des faits

Le samedi 20 juillet 2013, aux environs 18 h, suite à un malentendu, une altercation a éclaté entre les nommés Christophe Hangbè et Gilbert Balley, tous deux agents de sécurité privée de la société "Msa". Cette altercation a dégénéré en bagarre au cours de laquelle ils se sont portés réciproquement des coups de matraque.
Des suites des coups reçus à la tête, le nommé Christophe Hangbè s’est plaint de maux de tête violents avant de succomber, quatre jours plus tard au Centre départemental de santé du Zou où il a été référé.
Inculpé de coups mortels, Gilbert Balley a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure

Composition

Président : Jules Chabi Mouka
Assesseurs : Jacques Hounsou et Olivia Hungbo
Jurés : Denise Assiba Aïzannon
Adolphe G. Dadaglo
Louis Comlan Houndonougbo
Sosthène Jean-Noël d’Almeida

Ministère public : Mario
Mètonou
Greffier : Christophe Franklin Chéou

Société 07 août 2018


Viol sur mineure: Roger Nassouhoindé condamné à 8 ans de réclusion criminelle, mais libre

Dans le cadre de la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou, une deuxième audience à huis clos s’est penchée, ce lundi, sur le cas de Roger Nassouhoindé qui était poursuivi pour viol sur mineure. Il a été condamné à huit ans de réclusion criminelle. Ayant déjà fait plus de huit ans de détention préventive, il retourne chez lui.

Même s’il est désormais libre, Roger Nassouhoindé l’aura appris à ses dépens pour une simple partie de plaisir, après jugement des faits de viol dont il s’est rendu coupable sur la personne de la fillette A. L. Il ne pourra désormais plus prendre des libertés du genre.
Pour les faits, ils se sont produits le vendredi 23 juillet 2010. Ce jour, la petite A. L. âgée de 11 ans vendait du "atassi" au quartier Womey, lorsqu’elle a été appelée par Roger qui voulait acheter à manger.
L’accusé a demandé que la nourriture lui soit servie dans le plat de la vendeuse et qu’elle revienne le récupérer par la suite. Arrivée sur les lieux au retour, A. L. a été tirée dans une pièce qui sert de chambre à coucher pour Roger Nassouhoindé qui, aidé par son ami Eric Gandohoundé, réussit à déshabiller la victime et lui imposa des rapports intimes avant l’arrivée de sa mère sur les lieux.
Le certificat médical produit au dossier fait état d’une vulve œdématiée et irritable et d’un écoulement de sang de la cavité interne après rupture de l’hymen.
Inculpé de viol sur mineure, Roger Nassouhoindé a reconnu les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur à l’enquête de première comparution avant de se rétracter à l’interrogatoire au fond.
L’accusé a été défendu par Me Clarisse Hounzali.
D. P. D.

Composition

Président : Eliane Noutaïs Guezo
Assesseurs : Zacharie
Dah-Sekpo
Serges Tchina

Jurés :
Hélène Dagba
Mariette Ahouansou
Hyacinthe Fatondji Ezin-Wota
Gaston Adékambi

Ministère public : Seidou Boni Kpegounou
Greffier Louis Houngbo

Société 07 août 2018


Justice: Des cybercriminels condamnés à Lokossa

La première chambre du Tribunal de première instance de 2e classe de Lokossa a, au cours d’une audience de flagrant délit, auditionné et condamné vendredi 3 août dernier, prévenus dans des dossiers liés à la cybercriminalité.

Sur les 15 prévenus cybercriminels auditionnés, neuf ont été condamnés et six relaxés faute d’éléments fiables pour la qualification des infractions.
Les prévenus ayant écopé des peines d’emprisonnement sont poursuivis pour deux raisons. Ceux qui ont été arrêtés avant le code sur le numérique sont poursuivis et condamnés sous l’infraction « escroquerie en bande organisée » tandis que la catégorie des détenus dont l’infraction est constituée à l’avènement de ce code sont retenus et condamnés pour « escroquerie commise en ligne».
Les peines encourues vont de 10 à 15 ans d’emprisonnement ferme pour certains et 20 ans dont cinq ans de sursis pour d’autres. Chacun d’eux aura à payer également au trésor public une amende de cinq millions de francs CFA.
Il a été retrouvé chez les condamnés des ordinateurs portatifs qui comportent des traces de cybercriminalité, des cartes bancaires qui leur permettaient de faire des transactions fictives en euro et en dollars, des comptes Facebook, des téléphones portables de haut de gamme. Ils ont aussi été convaincus de pratiques occultes. Ils se faisaient passer pour des responsables de structures bancaires.
Les populations venues à l’audience ont apprécié la qualité de la justice administrée à ces prévenus, car elles pensaient que les mis en cause avaient été déjà libérés par la justice.
L’audience a été présidée par le magistrat Saliou M. Obonou. Le ministère public était représenté par le magistrat Médard Hotègni Gandonou et Me José Sènou Ahouandjinou a été le greffier lors de cette audience.

Société 07 août 2018


Gauthier Amoussou à propos du dragage du Lac Ahémé: « On peut manquer de poisson entre six mois et un an et demi »
[caption id="attachment_30255" align="alignnone" width="1024"]Gautier Amoussou[/caption]

Le projet de dragage du Lac Ahémé prendra corps, après les différentes mesures du gouvernement pour lutter contre le comblement des fleuves. Par conséquent, à la fin du processus, le lac sera dépourvu de poissons sur une période de six mois à un an et demi. Approché, Gautier Amoussou, coordinateur national de l’Ong Eco-Bénin spécialisée dans l’écotourisme et la protection de la biodiversité, expose les tenants et les aboutissants de ce projet.

La Nation : Comment percevez-vous le projet de dragage du Lac Ahémé initié par le gouvernement ?

Gautier Amoussou : Je pense que le gouvernement a déjà mis le cadre et les dispositifs qu’il faut. Et même les projets et programmes sont déjà élaborés. Il y aura la validation de l’étude d’impact environnemental du projet de dragage du Lac Ahémé et ses chenaux. Je pense que tout est réuni aujourd’hui pour aller maintenant et rapidement à l’effectivité de ce dragage. Le gouvernement a tous les outils déjà pour aller mobiliser les fonds et les partenaires nécessaires pour que l’Agence pour le développement intégré de la zone économique du Lac Ahémé et ses chenaux (Adelac) commence à faire le dragage qui est attendu depuis plusieurs années. Etant de Possotomè, donc riverain du Lac Ahémé, on subit les affres de ce comblement du Lac Ahémé depuis au moins une trentaine d’années.

Quelle est l’implication des Organisations non gouvernementales dans ce projet ?

De notre côté, pour appuyer ce que le gouvernement fait, nous aussi nous sommes en train de voir comment nous pouvons trouver de petites initiatives de dragage pilote. Et on peut tirer leçon de cette expérience pour aller au grand dragage que le gouvernement a envisagé. On espère qu’avant la fin de cette année, le gouvernement pourra commencer quelque chose pour réhabiliter vraiment le Lac Ahémé dont dépend un grand nombre de personnes.

La réalisation de ce projet va perturber le milieu de vie des poissons qui pourraient manquer. Combien de temps cela peut-il durer ?

Je pense que les études disent qu’on peut manquer de poisson entre six mois à un an et demi selon les zones prévues pour être draguées. C’est un dragage sectoriel qui est prévu, ce n’est pas toutes les zones du Lac qu’on va draguer au même moment. Si on va dans la zone de Guézin par exemple, il y a une zone qui est délimitée et ciblée. Il faut draguer cette zone d’abord. Pendant qu’on drague cette zone, le milieu va devenir insupportable pour un certain nombre de poissons qui vont fuir de cette zone pour aller ailleurs. Les pêcheurs vont se concentrer dans ces zones pour pouvoir pêcher. Et après cette zone-là, un autre secteur va être dragué, le temps que le milieu se reconstitue au niveau de la zone qui a été draguée et ainsi de suite. C’est un dragage sectoriel qui est envisagé pour cette opération.

Peut-on réussir le dragage sans causer de dégâts ?

Ça va créer une perturbation mais cette approche et les techniques de dragage prévues à savoir un dragage par aspiration, pourraient réduire les dégâts.. Maintenant après ça, il y a plusieurs autres contours. Nous, Organisations non gouvernementales, nous continuons à regarder avec l’Agence qui est mandatée pour faire le dragage, pour que les intérêts de tout le monde soient pris en compte pendant ce dragage-là. Parce qu’il n’y a pas que la pêche qui se fait autour du Lac Ahémé. Il y a aussi le tourisme. Tous ces acteurs doivent s’asseoir pour échanger sur un certain nombre de modalités qui arrangent tout le monde pendant et après ce dragage.

Environnement 07 août 2018


Coupe du monde Russie 2018: La Coupe du monde de football (Russie 2018) s’est déroulée du 14 juin au 15 juillet 2018. Après le tournoi, l’heure du bilan et des résolutions a sonné.
[caption id="attachment_30254" align="alignnone" width="1024"]Monsieur Albert KIKI*[/caption]

Comme chacun sait, la Coupe du monde est, après les Jeux olympiques, l’évènement sportif international le plus important, qui se tient tous les quatre ans et dont le déroulement ne laisse personne indifférent. Ainsi c’était au tour de la Fédération de Russie d’organiser cette grande fête du sport cette année. A l’heure du bilan et de tous les bilans, il convient d’abord de féliciter les autorités politiques et sportives de la Fédération de Russie pour avoir réussi une parfaite organisation de cette fête du football. En effet, lorsque l’on pense à l’insécurité ambiante qui règne dans le monde du fait des djihadistes et autres terroristes, l’on ne peut que féliciter la Russie d’avoir réussi un sans-faute parfait. L’on ne peut qu’être admiratif devant une organisation apparemment parfaite et irréprochable. Lorsque l’on se réfère au passé récent de ce pays-là que l’on appelait Union soviétique, ce n’est que justice rendue que de féliciter la Fédération de Russie déjà pour avoir réussi de façon magistrale à relever le défi de cette organisation.

Sur le plan proprement dit du ballon rond, je constate avec vous tous que les bookmakers se sont tous trompés.
En effet, tenant compte des classements Fifa (Fédération internationale de football association), ils avaient pronostiqué que le futur champion du monde de 2018 se trouvait entre : l’Allemagne fédérale de Hummels qui se succèderait ainsi à elle-même étant donné qu’elle était l’équipe championne du monde sortante.
L’Espagne de Iniesta, l’équipe qui pétait la forme en Europe ;
ou alors le Brésil de Neymar Junior qui avait une revanche à prendre sur l’édition 2014 de cette Coupe du monde qu’il avait organisée et à laquelle il avait été humilié en demi-finale face à l’Allemagne en subissant une cinglante défaite de 7 buts à 1 devant son public au Maracana Stadium de Rio de Janeiro !!!

Quelles erreurs et quelles horreurs ?!

L’Allemagne championne sortante a été éliminée avant les huitièmes de finale !!!
L’Espagne a connu le même sort au cours des huitièmes de finale. Quant au Brésil cinq fois champion du monde, il a été éliminé en quarts de finale par une solide équipe de Belgique qui montera sur le podium un peu plus tard pour occuper la troisième place et prendre la médaille de bronze. La Belgique, certes, aurait voulu pour cette fois gagner la coupe. Mais elle n’est pas mécontente d’occuper cette troisième place synonyme de sa meilleure prestation toute participation confondue !
L’autre surprise au cours du déroulement de ce championnat mondial, c’est le comportement de l’équipe de football de la Fédération de Russie. En effet, les bookmakers ne vendaient pas très cher sa peau. On lui prévoyait une élimination avant les huitièmes de finale. Mais l’équipe de Russie a tenu bon jusqu’en quarts de finale pour n’être éliminée qu’aux tirs au but face à la révélation du tournoi, c'est-à-dire la courageuse et brillante formation sportive de la ‘’petite’’ Croatie, République des Balkans issue de la désintégration de l’ancienne Yougoslavie.
Oui la révélation du tournoi aura été sans nul doute l’équipe de Croatie avec son maillot rouge et blanc en damiers !  Et ce n’est pas un hasard que le meilleur joueur du tournoi désigné par la FiFa soit Modric, capitaine de l’équipe des Vatreni. La Croatie, comme chacun le sait, a terminé deuxième ; ce qui correspond à la médaille d’argent du championnat mondial. Elle est vice-championne du monde de l’année 2018! Mais je demeure convaincu qu’on entendra parler encore de cette belle équipe de Croatie, dans les années à venir.

Et que dire du champion en titre ?

La France, après vingt ans, vient par sa victoire de 4 bus à 2 contre la Croatie d’accrocher une deuxième étoile à son maillot bleu, rejoignant ainsi l’Uruguay et l’Argentine qui, avant elles avaient deux étoiles sur leurs maillots, synonyme d’un second titre de champion du monde de football. Oui la France avec son armada de stars d’origine africaine, a remporté la 21e Coupe du monde organisée par la Russie 2018.
La France qui ne comptait pas parmi les pays dits favoris est arrivée sur la pointe des pieds. Mais elle s’est renforcée et a affiché ses ambitions au fil des matchs. Avec cette victoire célébrée à cor et à cri dans l’Hexagone et partout où se trouvent des Français, la bande à Didier Deschamps mérite nos félicitations.
Ainsi donc après le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Frantz Beckenbauer, le Français Didier Deschamps devient le troisième footballeur de l’histoire qui, pour l’instant, a remporté la Coupe du monde une fois en qualité de joueur et une seconde fois en qualité de sélectionneur. Bravo donc !
L’autre révélation demeure incontestablement le Français Kilian M’Bappé qui, à 19 ans, est désigné comme le meilleur jeune du tournoi. Il n’a pas manqué son rendez-vous avec l’histoire.

Les leçons d’un championnat

Pour nous Africains dont les cinq représentants n’ont pas pu franchir la première étape, c'est-à-dire la phase de poules, il est important de mettre un terme au vedettariat.
En effet, la présence d’une vedette majeure a toujours fait du mal à toutes les équipes dans le cadre du football moderne. Cela a été le cas du Brésil avec Neymar, celui du Portugal avec Cristiano Ronaldo, l’Egypte avec Mohamed Salah, et le Sénégal avec Saadio Mané. L’équipe de France de cette année n’a pas de vedette confirmée. C’est la solidarité sur le terrain qu’il faut ajouter à l’amour de la patrie et au courage pour remporter la Coupe du monde. Ensuite, l’armada de joueurs d’origine africaine se trouvant au sein de l’équipe de France, nous rappelle qu’unis, nous Africains, nous serons toujours forts. Nos poussières d’Etat, comme dirait Jean Ziegler, et nos Etats hérités de la colonisation ne nous mèneront nulle part. L’Afrique doit s’unir ou périr, a dit le président Kwame Nkrumah ! Et ça s’adresse à nos responsables politiques !
Enfin, nous avons vu l’arbitrage électronique. Cela fera couler beaucoup d’encre et de salive, longtemps encore. Mais il va falloir s’y habituer !
Et pour nous Béninois, ce tournoi colle à l’actualité et à l’air du temps. En effet, c’est pendant le tournoi, heureuse coïncidence, que notre jeune ministre des Sports, Oswald Homeky, a visité dans la commune de Ouidah l’espace réservé pour construire un stade de 3000 places et les travaux pour cette constriction démarrent dans quelques jours ; et au même moment, selon le Pag (Programme d’action du gouvernement), vingt-et-une autres communes auront simultanément droit à ce type de stade !
Le gouvernement est donc au travail. Il appartient à présent à la jeunesse de notre pays de jouer pleinement sa partition. Je peux donc crier : vive le sport, pourvoyeur d’emplois pour la jeunesse ! Vive le sport promoteur d’un esprit sain dans un corps sain (men sanis in corpore sano)! Dans le domaine de la diplomatie du sport, je peux dire également, vive le sport ambassadeur populaire ! En effet, aujourd’hui grâce au sport , et à son équipe de football, le monde entier connaît ce petit pays de quatre millions d’habitants qu’est la Croatie.
Vive la coupe du monde et rendez-vous au Qatar pour 2022 !?

Par Albert KIKI*

*Ministre plénipotentiaire
à la retraite

Education 07 août 2018


Pr Justin Lewis Dénakpo sur les solutions à l’infertilité du couple: La Pma bientôt disponible dans l’hôpital public au Bénin
[caption id="attachment_30253" align="alignnone" width="1024"]Pr Justin Lewis Dénakpo[/caption]

Loin d’être une fatalité, l’infertilité du couple se traite avec de bons résultats dans la majorité des cas. L’une des solutions modernes à l’infertilité, la procréation médicalement assistée (Pma) déjà offerte dans le secteur privé au Bénin, est en passe de devenir une réalité dans l’hôpital public grâce à la Fondation Claudine Talon. Un espoir que nourrit Justin Lewis Dénakpo, professeur titulaire de gynécologie obstétrique à la Faculté des sciences de la santé de Cotonou, et chef du service de la Clinique universitaire de gynécologie obstétrique (Cugo) du Centre national hospitalier et universitaire Cnhu-Hkm de Cotonou.

La Nation : Vous avez énuméré dans une précédente publication (voir La Nation du 10 juillet 2018), les causes de l’infertilité chez l’homme et la femme. Mais le couple aussi peut être en cause dans l’infertilité...

Pr Justin Lewis Dénakpo : Oui bien sûr. Mais avant tout, je dois me répéter et dire qu'un couple qui remplit les conditions biologiques pour faire un enfant est un couple hétérosexuel. C’est pourquoi je disais dans la première partie de l’entretien que les couples homosexuels ne peuvent être intégrés dans la problématique de l’infertilité du couple. Sans entrer dans ce débat, on peut simplement dire que quand on veut un enfant, il faut être un couple hétérosexuel. Au-delà de la nature du couple, la qualité des relations au sein du couple est une donnée importante à prendre en compte dans l’infertilité. Un couple sujet à des tensions permanentes, à la discorde, à la stigmatisation de l’un ou l’autre des deux membres du couple verra ses chances d’avoir une grossesse s’amenuiser, du fait de la raréfaction ou de la rareté des rapports sexuels dans ces conditions et pour l’influence négative que de telles tensions psychosociales peuvent avoir sur l’équilibre hormonal et par ricochet, sur la production d’ovules et de spermatozoïdes. Je ne veux pas faire moi-même de la stigmatisation en montrant du doigt le rôle des belles-mères chez nous.
Enfin, je dois insister sur la qualité des rapports sexuels. Un rapport sexuel bâclé, une éjaculation prématurée dite ante portas (éjaculation avant la pénétration) ou une éjaculation précoce (j’entends précoce surtout par rapport à l’orgasme de la femme) sont, dans une certaine mesure, néfastes à la fécondation. Les hommes ne le savent pas, l’orgasme féminin s’accompagne de contractions rythmées des muscles du périnée (les muscles qui entourent le vagin pour faire simple) lesquelles jouent un rôle « d’aspiration » qui facilite l’ascension des spermatozoïdes déposés dans le vagin. En somme, les conditions qui favorisent la fécondation et l’évolution d’une grossesse sont draconiennes et chacun de nous, avec ses défauts et ses qualités, devrait se considérer comme «un don de Dieu », enfin quand on y croit. Et c’est sans doute mieux ainsi. Imaginez si tomber enceinte devrait être facile tout le temps pour la femme, on remplirait la planète et comme je m’amuse à le dire aux apprenants, la planète Terre n’a pas assez de ressources pour ça, me semble-t-il.

Quelles sont les solutions que propose la médecine aujourd’hui à ces couples qui désirent avoir un enfant ?

Je l’ai beaucoup souligné au cours de cet entretien, ce n’est pas la femme seule qui porte la responsabilité de l’infertilité du couple. De notre position de praticiens, on a du mal à comprendre que c’est la femme que le mari ou les beaux-parents et même les parents envoient la première en consultation. De toutes façons, on la reçoit et on la soumet à un interrogatoire précis, complet et structuré portant sur elle-même, le conjoint et le couple. On réalise ensuite un examen clinique complet y compris l’examen gynécologique. Et puisque la prise en charge doit se faire en miroir, le conjoint présent ou vu ultérieurement doit faire l’objet de la même démarche. A la fin de cette séquence, on fait une synthèse avec le couple. Bien souvent, aucune cause évidente n’est retrouvée, et un certain nombre de bilans sont prescrits. Les résultats des examens seront interprétés lors des consultations ultérieures et permettront de préciser la ou les causes de l’infertilité dans ce couple ; cela est important parce que c’est de ces causes que dépendent les solutions qu’on peut proposer aux couples pour concrétiser leur projet d’enfant.
En termes de traitements, on dispose de nombreux moyens. C’est avant tout les moyens hygiéno-diététiques. Une alimentation saine et équilibrée à partir des ressources locales, associée à une activité physique régulière pour lutter contre la sédentarité améliore de façon significative, la capacité d’un couple à avoir une grossesse. Sans oublier l’éviction des facteurs environnement aux impliqués dans l’infertilité du couple et plus précisément, les fameux perturbateurs endocriniens. Des médicaments peuvent être utilisés, en particulier les antibiotiques, pour traiter une infection génitale, des médicaments hormonaux pour améliorer la qualité du cycle menstruel chez la femme et la fabrication des spermatozoïdes. Et je dois faire remarquer qu’il s’agit d’une prérogative du spécialiste la manipulation des traitements hormonaux, du fait des risques auxquels un usage hasardeux, abusif et incontrôlé expose les patients. Il y a aussi le recours à la chirurgie comme solution, par exemple pour perméabiliser à nouveau les trompes utérines, pour faire l’ablation des fibromes qui gênent l’implantation d’un œuf après la fécondation, pour séparer les accolements au niveau de la cavité utérine (les synéchies utérines) ou encore la chirurgie des malformations de l’appareil génital de la femme.
Du côté de l’homme, c’est la chirurgie des obstructions des canaux éjaculateurs et surtout la cure de varicocèle (dilatation des veines autour des testicules qui crée des conditions défavorables à la formation des spermatozoïdes).
Sans oublier également la chirurgie de certaines malformations de l’appareil génital masculin. Et cela relève de la compétence de l’urologue. Pour montrer la complexité du traitement dans certains cas, et sans vouloir faire peur, certaines causes d’absence de production d’ovules ou de spermatozoïdes sont au niveau du cerveau et, vont nécessiter une chirurgie forcement pratiquée par un neuro-chirurgien. Bref, dans certains cas, la prise en charge de l’infertilité du couple est pluridisciplinaire et le gynécologue ne doit pas hésiter à prendre l’avis des autres, que ce soit ses collègues de la spécialité ou d’autres spécialités. Et cela prouve aussi que forcément, la prise en charge va varier d’un couple à l’autre. Je n’oublie pas le soutien psychologique nécessaire que l’on doit apporter à ces couples en quête d’enfant et qui sont bien souvent dans le désarroi. Dans la grande majorité des cas, ces moyens permettent de venir à bout du problème et nous, on est comblé avec les couples de voir un jour le ventre de la femme s’arrondir jusqu’au jour où, en salle de naissance, le nouveau-né va pousser son premier cri. C’est un moment magique et les spécialistes sont très fiers d’être au cœur de la naissance de la vie, sans prétention bien sûr, mais c’est juste jubilatoire lorsqu’à leur modeste place de mortel parmi les mortels, ils y ont contribué. Pour les autres couples, ces moyens que j’ai cités seront insuffisants et il sera nécessaire de recourir aux techniques d’aide médicale à la procréation.

Qu’en est-il justement de l’aide médicale à la procréation ?

La procréation médicalement assistée encore appelée aide médicale à la procréation, c’est un ensemble de pratiques et de techniques qui comportent la manipulation des ovules et des spermatozoïdes par les praticiens en vue d’obtenir une grossesse. La technique reine de la Pma, c’est la fécondation in vitro (Fiv), mais il y en a bien d’autres, notamment l’insémination artificielle, l’injection du spermatozoïde dans l’ovule, les dons d’ovocytes ou ovules, les dons de sperme, la conservation des embryons, la conservation des ovocytes. Pour simplifier, l’insémination artificielle s’adresse aux couples dans lesquels la glaire produite par le col de la femme est hostile à l’ascension des spermatozoïdes mais aussi les cas où le spermatozoïde de l’homme se fatigue trop vite dans son ascension et ne peut atteindre l’ovule au niveau de la trompe pour le féconder. Dans la technique, le praticien prend le contrôle de l’ovulation et le jour où on fait ovuler la femme, le sperme du conjoint est recueilli et préparé pour être injecté dans la cavité utérine. Et c’est ainsi qu’on va court-circuiter la glaire hostile et aider, dans le même temps, les spermatozoïdes à faire une partie du trajet. Ensuite, il leur revient de continuer le chemin tout seuls en direction de l’ovule.
Dans la fécondation in vitro, il s’agit de tout reproduire à l’extérieur de l’organisme de la femme. En d’autres termes, après une certaine préparation, on va procéder au laboratoire à la rencontre de l’ovule et du spermatozoïde, pour obtenir un œuf humain ; lequel sera ensuite transféré dans la cavité utérine, et c’est la raison pour laquelle on devrait plutôt parler de Fivete (fécondation in vitro et transfert d’embryon). Le nombre d’embryons transféré est fonction de ce que l’on a arrêté avec le couple, en général deux, en sachant que plus on en met, plus on court le risque d’expulsion des embryons ou des fœtus avant terme, ce qui constitue un échec de la procédure surtout pour des couples qui ont dépensé des millions de francs Cfa pour obtenir cette grossesse. Et c’est aussi de nature à saper le moral de toute l’équipe.
Un mot du diagnostic pré-implantaire pour dire qu’il s’agit de vérifier si un embryon obtenu par fécondation in vitro n’est pas porteur d’une anomalie génétique létale avant de le transférer dans la cavité utérine, et cela ne devrait pas ouvrir la voie à l’eugénisme (la recherche de l’enfant parfait en tout). De toutes façons, la Pma est régie par les lois dites de bioéthique. On ne peut pas évoquer la Fiv sans rendre un hommage mérité à la mémoire du biologiste britannique Robert Edwards, le père de la fécondation in vitro. C’est lui en effet qui a mis au point la technique avec la naissance, en 1978 en Angleterre, du premier bébé par Fiv nommée Amandine qui a d’ailleurs fêté ses 30 ans le 25 juillet dernier. Il a été longtemps considéré par les milieux religieux et certains milieux conservateurs comme l’incarnation du diable, un homme à abattre, et tout a été fait pour que son travail ne soit pas reconnu. Mais la nature est juste et en 2010, on lui attribua le prix Nobel de médecine avant son décès trois ans plus tard le 10 avril 2013. Son travail ajouté aux améliorations apportées par d’autres grands noms, ont permis à ce jour, la naissance de près de 30 millions de personnes par Fiv dans le monde depuis 1978. Avec le recul nécessaire, ces enfants ne posent aucun problème à la société et je rappelle que la fameuse Amandine a eu son premier enfant en 2006 conçu naturellement.

Où en sommes-nous avec la Fiv au Bénin et à quand son avènement dans l’hôpital public ?

Votre question suscite à mon avis deux éléments de réponse : d’abord le problème des besoins en Fiv au Bénin et ensuite le problème de l’accessibilité géographique et surtout financière. Sur le premier aspect, il existe de très bonnes méthodes d’évaluation du nombre de personnes qui ont besoin de la Fiv au sein d’une population et qui prennent en compte la fréquence de l’infertilité du couple au sein de cette population. Ainsi, dans une population de un million de personnes ou vous avez 100 000 personnes en âge de procréer dont 10 % sont infertiles, le nombre de personnes qui ont besoin de la Fiv pour avoir leur enfant est de 1500. Et si vous considérez une population comme celle de notre pays, 10 à 12 millions de personnes avec en plus un taux d’infertilité qui avoisine les 20%, vous aboutissez fatalement à un nombre de personnes ayant besoin de la Fiv variant entre
15 000 et 30 000. Et croyez-moi, je n’exagère rien.
Sur le deuxième aspect, l’accessibilité des populations africaines à la Fiv est très faible, de l’ordre de 1 %. En clair, seul 1 % des personnes qui ont besoin de Fiv pour avoir leur enfant peut accéder à la technique, à cause de son coût prohibitif aussi bien en privé qu’à l’étranger. Le corollaire, les couples sont désespérés, se disloquent souvent, la femme abandonnée à elle-même atteint tranquillement la ménopause avec un sentiment d’inutilité surtout à la fin de sa vie. C’est donc un problème d’injustice sociale. Autrement dit, si tu as de l’argent, tu peux avoir des enfants ; et si tu n’en as pas, tu resteras là à te ronger les ongles et tu deviens un aigri social comme dirait l’autre. C’est pour corriger cette injustice qu’on a initié, depuis plus de sept ans, un projet d’ouverture d’un centre de fécondation in vitro dans l’hôpital public. Nous n’avons pas eu le soutien qu’il fallait et les choses ont traîné malgré la pertinence du projet, jusqu’au jour où Madame Claudine Talon, la première Dame du Bénin et présidente de la Fondation Claudine Talon, a décidé d’accompagner la réalisation de ce projet. Cela, pour permettre aux couples d’accéder à la Fiv à moindre coût. Certes, il y a beaucoup de contraintes par rapport à l’ouverture d’un centre de Pma, les infrastructures, l’équipement, la formation du personnel, mais l’essentiel est que la volonté de le faire existe. Et moi, je prie tous les jours pour la présidente de la Fondation pour ses actions en général au profit de la femme et de l’enfant, et pour que ce centre devienne une réalité dans notre pays. Et de ce que je sais, ce serait une première en Afrique francophone de l’Ouest et du Centre. Et croyez-moi, à ses débuts, c’est des centaines de couples des autres pays qui viendront au Bénin pour le coût et la qualité des prestations dans ce centre. Nous nourrissons l’espoir que ce centre soit ouvert pour deux autres bonnes raisons. Il a été créé à la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou par le Pr René-Xavier Perrin, un diplôme interuniversitaire de reproduction humaine. Le centre servira de lieu de stage pour les apprenants. Et comme nous sommes en milieu universitaire, il servira de cadre pour la recherche sur les particularités de l’infertilité et la génétique de la reproduction dans les couples noirs. Pour nous, spécialistes de la médecine de la reproduction, c’est de belles perspectives pour notre pays en matière de prise en charge des couples infertiles.

Que diriez-vous pour finir cet entretien ?

Le problème de l’infertilité est un drame pour le couple et les parents. Même si l’infertilité n’est pas vécue comme une maladie qui va tuer, elle fait souffrir les couples en silence. La réponse médicale qui passe forcément par l’exploration des deux membres du couple (hétérosexuel bien sûr) permet avec un certain nombre de moyens de venir à bout de ce problème. Parfois, on fera recours à des techniques très pointues regroupées sous le vocable de procréation médicalement assistée. L’essentiel, c’est de consulter et le message s’adresse surtout aux hommes responsables de l’infertilité du couple à peu près dans les mêmes proportions que la femme. C’est trop facile de lancer à sa femme « tu ne tombes pas enceinte, va en consultation». Non mais le monde a changé, les mecs. Aidez les praticiens à vous aider en vous soumettant aux explorations nécessaires, notamment le bilan de base que vous redoutez tellement, le spermogramme. Avoir de mauvais spermatozoïdes ne signifie pas être impuissant. Et vous les femmes, n’affichez pas ce sourire de soulagement lorsqu’une cause d’infertilité masculine a été identifiée. C’est du genre tout le monde autour de nous m’accusait surtout sa mère, alors que c’est lui le responsable. Ce n’est pas moi qui le dis mais quand on s’aime, on reste solidaires devant l’épreuve et ça facilite tellement les choses. Bon courage !

Santé 07 août 2018


Déontologie et éthique policières: La Police républicaine à l’école des bonnes pratiques
[caption id="attachment_30252" align="alignnone" width="1024"]Photo de famille avec au centre le directeur général de la Police républicaine Nazaire Hounnonkpê[/caption]

Le directeur général de la Police républicaine a procédé, ce lundi 6 août à Cotonou, à l’ouverture d’une formation sur l’éthique et la déontologie au profit des fonctionnaires de l’institution. La formation dure neuf jours et est basée sur les cours développés par le Bureau du programme d’assistance internationale de formation des officiers chargés d’appliquer la loi (Icitap) des Etats-Unis et le Comité de rédaction de la Police républicaine.

« Les valeurs morales et éthiques ont pris un sérieux coup au sein de la corporation des hommes en uniforme ces dernières années. Tout le monde déplore malheureusement le phénomène, mais personne n’est véritablement prêt à s’engager afin de l’endiguer ». Ce constat du directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpê, donne un aperçu des maux dont souffre la corporation. La formation de neuf jours organisée par l’ambassade des Etats-Unis au Bénin en collaboration avec la direction générale de la Police républicaine se propose d’assainir le milieu. Elle table sur le respect de la déontologie et de l’éthique policière et vise à créer au sein de la corporation une masse critique d’expertise au service du professionnalisme et de l’éthique en vue de la lutte contre l’insécurité. 

« Une formation pour renforcer l’intégrité de la Police républicaine s’avère importante au vu des différentes réformes initiées par le gouvernement. L’atelier mettra l’accent sur les bonnes stratégies et procédures pour établir une culture d’intégrité et d’éthique professionnelles durables », explique l’ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin, Lucy Tamlyn.
Elle permettra aux participants de recevoir des outils nécessaires pour la conduite d’enquêtes crédibles et une application de la loi.
Mieux, les organisateurs se donnent également les moyens pour extirper de la corporation, les brebis galeuses. Avec la création de la nouvelle force de la Police républicaine, les hommes en uniforme ont fait l’option de s’auto-flageller pour limiter les comportements déviants au sein de leur corporation
Aussi, la culture de l’intégrité se fera-t-elle sans restriction. « Il sera exposé aux participants des stratégies ciblées pour écouter des candidats qualifiés et établir des critères spécifiques transparents pour la sélection, la confirmation et la promotion des agents et officiers. L’atelier montrera aux participants comment l’éthique et la déontologie touchent toutes les obligations et activités de la Police républicaine au quotidien», assure l’ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin.
Lucy Tamlyn explique le bien-fondé des valeurs éthiques et déontologiques et le comportement que doivent incarner les personnels en uniforme. « En tant qu’agents des forces de l’ordre, vous êtes l’émanation directe des pouvoirs régaliens de l’Etat. Par conséquent, votre comportement doit être exemplaire ; l’image de l’Etat doit être irréprochable considérée comme un modèle pour l’ensemble de la population », exhorte-t-elle.
Cette formation s’inscrit en droite ligne des réformes engagées par le chef de l’Etat, Patrice Talon. « Nous ne pouvons pas prétendre assurer l’ordre public, la protection des personnes et des biens et garantir l’exercice des libertés sans un minimum de crédibilité », martèle le directeur général de la Police républicaine, pour expliquer l’enjeu. Selon lui, la lutte contre la corruption est complexe et exige des efforts. « La corruption est dans l’homme comme l’eau dans la mer. Si elle est ancrée en nous, elle nous demande un sacrifice suprême », dit-il, exhortant ses collaborateurs à faire preuve de responsabilité et de patriotisme dans leurs missions.

Actualités 07 août 2018


Actualisation du fichier électoral: Le Cos/Lépi annonce les couleurs

Le Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi) avance lentement mais sûrement dans ses travaux. Il organise, la semaine prochaine, un atelier de validation du processus d’actualisation du fichier électoral à publier au plus tard le 15 janvier 2019.

Le Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos/Lépi) veut passer à la phase active de sa mission. Après les travaux préparatoires et intellectuels, il organise, la semaine prochaine, un atelier de validation et d’appropriation du processus technique d’actualisation du fichier électoral. 

Les assises permettront de tirer les leçons des expériences du passé pour une actualisation idoine de la Lépi en vue des échéances législatives de 2019. En d’autres termes, l’atelier permettra au Cos-Lépi de prendre le pouls de la technicité de sa mission, selon des sources proches de cet organe. Comme ce fut le cas avec les précédentes mandatures du Cos-Lépi, les participants auront à finaliser la stratégie et le mode opératoire de l’actualisation du fichier électoral ; examiner tous les projets de document et assurer leur adéquation avec les standards en la matière d’une part, et avec les lois qui régissent l’actualisation du fichier électoral d’autre part ; se familiariser avec l’ensemble des documents pour une réelle appropriation.
Il est attendu à cet atelier un aréopage d’acteurs dont les techniciens de l’Agence nationale de traitement (Ant), des membres du gouvernement, des députés de l’Assemblée nationale, des membres de la Commission électorale nationale autonome (Céna) et des partenaires techniques et financiers engagés dans les élections politiques au Bénin. Ce séminaire de validation se veut l’une des activités phares inscrites dans le plan d’actions adopté par le Cos-Lépi. C’est la toute première sortie des membres du Cos/Lépi depuis leur installation par la Cour constitutionnelle, vendredi 29 juin dernier, pour un mandat de six mois. Jusque-là, ils se sont préoccupés d’accomplir certaines tâches dont l’élaboration et l’adoption du budget de l’organe évalué à 4 milliards francs Cfa environ. Seulement, ce budget n’a pas reçu le quitus du ministère de l’Economie et des Finances qui l’aurait abattu substantiellement, informent les mêmes sources. L’arbitrage budgétaire se poursuit encore entre le bureau du Cos-Lépi et le ministère de l’Economie et des Finances pour l’arrêt définitif du budget de l’organe. Ce qui fixera définitivement les membres du Cos/Lépi par rapport au chronogramme de leurs activités.
La question du budget vidée, il ne restera que la désignation par l’Assemblée nationale des membres des Commissions communales d’actualisation (Cca). Là aussi, les choses vont bon train. Une session extraordinaire serait prévue pour s’ouvrir la semaine prochaine afin d’adopter la liste des agents électoraux devant appuyer le Cos-Lépi sur le terrain pour la réussite des opérations d’actualisation du fichier électoral. Lesquelles concernent notamment, faut-il le souligner, la rectification des erreurs matérielles décelées sur le fichier électoral, la radiation suite aux décès, aux décisions issues des recours, aux émigrants non enregistrés dans les ambassades et consulats ou aux résultats du dédoublonnage. Ces opérations de mise à jour porteront également sur l’intégration des électeurs ayant atteint l’âge de voter après la publication du fichier électoral issue de la dernière actualisation achevée le 15 janvier 2017, le transfert de résidence principale ou de domicile, le changement de lieu d’affectation pour les électeurs assignés à une résidence obligatoire, l’émigration d’électeurs enregistrés auprès d’une ambassade ou consulat de la République du Bénin.

Actualités 07 août 2018


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