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Nouvelles

Vaccination contre la Covid-19 à Bohicon : Les leaders d’opinion s’impliquent
La lutte contre la Covid-19 suscite l’engagement des leaders d’opinion à Bohicon, à 125 km de Cotonou. Tous se sont mobilisés pour le bien-être des populations dans cette commune du Zou. Une tenue locale décontractée et l’air résolu. La démarche avenante et ferme, Olivier Langanfin Glèlè, président des faiseurs d’opinion du Zou, Collines, Mono et Couffo, fait montre d’un engagement spontané et désintéressé dans le cadre de la sensibilisation à la Covid-19. Dans la commune de Bohicon, sa voix compte parmi les plus importantes. Convaincu qu’aucun sacrifice n’est de trop pour bouter ce virus hors du Bénin, il ne se fait pas prier. « La sensibilisation sur la Covid-19 concerne tout le monde. Lorsqu’un danger plane sur la tête d’un pays, on n’attend pas le dernier moment pour agir. Ce virus fait des ravages partout. La vaccination doit être le premier réflexe de tous au Bénin. C’est notre leitmotiv», lance-t-il. La stratégie utilisée dans cette commune du Zou pour rallier le plus grand nombre à la cause est propre à la localité. « Nous sensibilisons régulièrement les populations à travers les ondes afin qu’elles aient la bonne information et se fassent vacciner. Nous mettons également l’accent sur le porte-à-porte afin de convaincre tout le monde sur la nécessité de la vaccination. Nous évoquons les exemples palpables de cas graves pour mieux éclairer l’opinion publique sur la pandémie», explique-t-il. Pour réussir le pari, Olivier Langanfin Glèlè sait que la charité bien ordonnée commence par soi-même. Il n’hésite souvent pas à brandir son carnet de vaccination aux populations en guise d’exemple. « Je fais partie des toutes premières personnes à Bohicon à me faire vacciner. C’est sur cette base que la lutte que je mène est davantage aisée », note-t-il. Ainsi, lui et son équipe explorent les coins et recoins de la localité tout en parlant à cœur ouvert aux populations dans les langues du terroir. «Nous parcourons les hameaux et villages pour faire passer notre message. Nous sillonnons les maisons pour expliquer les ravages de la maladie et les rumeurs qui se propagent autour d’elle », détaille-t-il. Dieudonné Zoungbonon, chef du village de Zoungbo-bogon à Cana, arrondissement de Zogbodomey, participe également à la lutte anti-Covid-19. Il est disponible à plein temps pour sensibiliser ses administrés. L’aisance et le ton utilisé pour aborder le sujet témoignent d’ailleurs de son engagement. Chez lui, le devoir républicain prime en matière de lutte contre la pandémie. « Si le chef de l’Etat s’est impliqué personnellement dans la riposte, pourquoi devrais-je me faire prier en tant qu’élu local ? », souligne-t-il. Le mode opératoire du chef village et son groupe est bien ingénieux. « Le conseil du village sillonne tous les jours les couvents et églises. Nous privilégions également les regroupements de masse afin de déconstruire les rumeurs concernant les vaccins et encourager les populations», précise-t-il. Résistance au départ, résultats à l’arrivée Au départ, les leaders d’opinion à Bohicon étaient confrontés à la résistance des populations. Aujourd’hui, tout évolue comme sur des roulettes. Leur détermination a fini par payer. «Au début, il y avait beaucoup d’informations erronées sur la maladie et la vaccination. Les gens avaient mêlé la pandémie à la politique, oubliant que la Covid-19 est une question de santé et donc de vie. Heureusement, avec notre implication, les populations arrivent à discerner les fausses informations des vraies et savent aujourd’hui que la vaccination est le geste idéal», se réjouit-il. Leurs actions sur le terrain permettent d’améliorer les données. « Grâce à nos efforts, le pourcentage de personnes vaccinées augmente de jour en jour. Les gens sortent massivement », assure Olivier Langanfin. Les moyens traditionnels mis à contribution permettent aussi d’atteindre les objectifs. «Dix personnes sur quinze se font vacciner aujourd’hui. C’est à notre actif ! S’il faut gongonner, nous le faisons. Il est déjà arrivé qu’il ait rupture de stock de vaccins », révèle Dieudonné Zoungbonon. Le corps médical est admiratif de leur élan. «Les leaders d’opinion jouent leur partition dans la riposte à la crise sanitaire mondiale. Beaucoup de rumeurs sont répandues sur les réseaux sociaux au sujet de la vaccination. Il fallait donc convaincre les populations sur son bien-fondé. Les leaders d’opinion étant plus proches des communautés, leur concours est capital. Nous notons toujours une forte mobilisation des populations lorsqu’ils interviennent », apprécie Djibril Abogbohoué, médecin chef de la commune de Zogbodomey. Grâce à leur présence sur le terrain, les plus sceptiques changent d’avis. « Les leaders d’opinion et les élus locaux réussissent à convaincre les indécis d’autant qu’eux-mêmes se font vacciner aux yeux de tous », apprécie Arouna, habitant de Bohicon. « Ils parlent tout le temps des bienfaits de la vaccination anti-Covid-19 et des pièges à éviter sur les chaînes de radiodiffusion et les canaux digitaux. Nous croyons à leurs messages », ajoute Arièle, résident à Bohicon. En attendant que la crise sanitaire ne soit qu’un vieux souvenir, le comité d’engagement communautaire de Bohicon dont font partie les leaders d’opinion, multiplie les causeries, les sensibilisations à domicile et de masse pour gagner la bataille. Visiblement, ces acteurs ne sont pas prêts à se donner du répit tant que le dernier citoyen de la localité ne sera pas vacciné . NB : Ceci est une production de la FeRCAB avec l’appui financier de l’Unicef en collaboration avec le ministère de la Santé. Société 04 févr. 2022


Bernard Ehoun sur la multiplicité des instruments de mesure : « Un tel système de mesurage comporte des insuffisances »
La grande variété des instruments traditionnels de mesure utilisés dans la commercialisation des produits agricoles n’est pas du goût des dirigeants de l’espace communautaire Uemoa, qui ont décidé de prendre une résolution. Il s’agit du Règlement numéro 08/2014/Cm/Uemoa qui définit, entre autres, les unités de mesure légales utilisables dans les pays membres de l’Union. Bernard Ehoun, directeur départemental en charge de l’Industrie et du Commerce dans le Mono-Couffo, revient dans cette interview sur les motivations et implications de la résolution. La Nation : Pourquoi une résolution contre la variété des récipients traditionnels de mesure utilisés dans les marchés de l’espace Uemoa ? Bernard Ehoun : Vous avez raison de dire qu’il y a de nos jours une variété impressionnante de récipients traditionnels de mesure dans nos marchés. La direction départementale de l’Industrie et du Commerce que j’ai l’honneur de diriger a mené une enquête économique sur les instruments de mesure utilisés dans la commercialisation des produits agricoles dans le Mono et le Couffo. Cette enquête a révélé que les commerçants utilisent divers instruments, selon les marchés, les communes et même les départements, pour le mesurage des produits agricoles. Ces instruments sont connus sous divers noms comme évigban, otoka, tohoungodo, védomè, ganouvi, petit panier, sohoungo, ibogban, etc. Un instrument en vogue dans un marché donné, peut ne pas être connu dans un autre et cela, à l’intérieur d’une même commune, d’un même département ou dans la même région comme le Mono-Couffo. Vous pouvez comprendre alors pourquoi la variété et le nombre impressionnant des récipients traditionnels de mesure en vogue dans les marchés ne sont plus du goût de l’Uemoa. En effet, un tel système de mesurage comporte plusieurs insuffisances qui ne favorisent pas le développement socio-économique. D’abord, les instruments traditionnels de mesure, parce qu’il n’est pas facile d’établir leur correspondance, génèrent des obstacles techniques au développement du commerce entre les pays de l’Union d’une part, et entre les pays de l’Union et le reste du monde d’autre part. Ces instruments excluent les pays où ils sont encore utilisés, de la compétition internationale en matière de commerce de divers produits, faute d’instruments de mesures appropriés. Ensuite, avec ces instruments traditionnels, les producteurs tout comme les consommateurs sont grugés. Seul le commerçant tire son profit de l’utilisation de ces instruments. Qu’est-ce qui est alors proposé en lieu et place des instruments traditionnels de mesure en vogue ? Lors d’une transaction commerciale, la quantité délivrée doit être au moins égale à la quantité annoncée. Pour que cela soit ainsi, il est recommandé dans la commercialisation des produits agricoles d’utiliser les balances, les bascules et les ponts bascules qui sont des instruments de mesure légaux parce que reliés au système international d’unité (Si). De façon pratique, on peut utiliser la balance pour vendre ou pour acheter le maïs, le gari, le niébé, les fruits et légumes, les tubercules comme l’igname, et j’en passe. Est-ce que vous savez que dans les communes du Couffo, ce sont les tricycles ou les véhicules bâchés qui servent d’outils de mesure lorsqu’il s’agit de vendre les agrumes notamment les oranges? En termes de poids, cela ne correspond à rien. Ce système ne peut pas permettre à notre pays de produire des données fiables sur la production des fruits. On peut donc en lieu et place de ces moyens de déplacement qui sont utilisés comme des instruments de mesure utiliser les bascules. Le combat des acteurs que sont les maires, les responsables de nos marchés pour une commercialisation aux normes des produits agricoles doit consister à lutter pour la vente au kilogramme. C’est le seul moyen pour que le commerce des produits dans nos marchés soit équitable, transparent, compétitif et bénéfique aussi bien au producteur qu’au consommateur en passant par le commerçant. Comment faire pour que les commerçants adoptent effectivement des instruments de mesure agréés dans l’espace Uemoa ? C’est vrai que l’Uemoa a adopté un règlement instituant un système harmonisé de métrologie dans les Etats membres. Il s’agit du Règlement N°08/2014/Cm/Uemoa qui définit, entre autres, les unités de mesure légales utilisables dans les pays membres de l’Union. L’adoption de ces nouvelles mesures va se faire par sensibilisation. Il ne s’agit pas, dans les jours à venir, de retirer de force, les récipients traditionnels de mesure que les commerçants utilisent dans nos marchés. Le ministère de l’Industrie et du Commerce à travers ces structures compétentes, notamment l’Agence nationale de normalisation, de métrologie et du contrôle qualité (Anm) et les directions départementales, va amener les différents acteurs du système de commercialisation des produits agricoles à comprendre les avantages de l’utilisation des instruments de mesure légaux conformes au système international d’unité (Si). Au Sénégal, les seuls instruments qui sont utilisés aujourd’hui sont ceux conformes aux ambitions exprimées à travers le règlement ci-dessus cité. Avec les acteurs de la filière de la banane plantain, il y a aussi un bon travail qui se fait et cette banane se vend déjà au kilo. Mon vœu est que les producteurs de crincrin dans les communes d’Athiémé, de Lokossa et de Houéyogbé entrent dans la même dynamique en imposant peu à peu qu’on leur achète leurs productions avec des bascules à l’instar du coton. Une fois acquis, les instruments de mesure que nous recommandons doivent être vérifiés et étalonnés par l’Anm. A qui va profiter la commercialisation des produits agricoles avec des instruments conformes au système international d’unité ? L’utilisation des instruments de mesure conformes arrange le secteur du commerce des produits agricoles. Les instruments liés au système international d’unité instaurent la transparence et la confiance. Par contre, l’utilisation d’instruments de mesure disparates peut décourager certains acheteurs à fréquenter nos marchés, ne maîtrisant pas bien notre système de mesurage et craignant d’être «dupés». Vous constatez avec moi que pour rendre plus compétitifs nos marchés dans le double espace Cedeao et Uemoa, nous devons, chacun à son niveau, œuvrer à l’avènement d’un système de mesurage qui réponde aux exigences internationales. Cela profite à plus d’un ! Dans le cadre de la mobilisation des recettes de l’Etat, l’utilisation des instruments de mesure fiables peut contribuer à l’amélioration des recettes publiques. Dans l’industrie, les instruments de mesure bien étalonnés permettent de réduire de façon substantielle les pertes de production qui impactent négativement la compétitivité de l’entreprise. L’utilisation d’une balance renforce la confiance des clients et garantit un commerce équitable. Quelle stratégie le Bénin développe-t-il pour ne pas être en marge de la dynamique de l’espace Uemoa ? Il a été recommandé à l’issue de l’atelier de vulgarisation sur les textes communautaires en matière de métrologie organisé à Cotonou en mai 2018, de promouvoir l’utilisation des balances et d’interdire progressivement les récipients traditionnels de mesure. Bien avant cet atelier, le Bénin a pris un certain nombre de textes qui sont en train d’être actualisés. Il faut souligner aussi le travail de professionnalisation des circuits de commercialisation de nos produits agricoles que le gouvernement fait. L’organisation professionnelle de la commercialisation des produits agricoles oblige les producteurs, les acheteurs, les transformateurs à utiliser des instruments de mesure recommandés par le système international d’unité. C’est le cas dans la filière soja aujourd’hui. Avant l’avènement du régime du Président Talon, cette spéculation se vendait dans le même désordre que le maïs, l’arachide. Mais, aujourd’hui, c’est fini ! La vente ou l’achat se font avec des balances. Petit à petit, d’autres filières seront contaminées par la vente au kilogramme. C’est pourquoi, ma direction a entrepris l’année dernière une vaste campagne de sensibilisation et de plaidoyer afin que la commercialisation des produits agricoles prenne un nouveau départ dans le Mono et le Couffo. Comme j’ai commencé à le dire plus haut, l’adoption de cette mesure au niveau départemental passera par la sensibilisation des opérateurs économiques. La réussite de cette action nécessite l’appui des autorités départementales et communales. A ce sujet, je me réjouis déjà de la disponibilité des préfets du Mono et du Couffo à appuyer l’opération. L’année dernière, ces deux autorités se sont personnellement impliquées dans l’exécution de l’activité de ma direction sur les instruments de mesure utilisés dans la commercialisation des produits agricoles dans la région. Cette activité comportait deux phases. La première phase est celle de la collecte de données sur les différents instruments de mesure utilisés dans nos marchés dans le cadre de la commercialisation des produits agricoles. C’est une étape qui nous a permis de faire l’état des lieux de ces instruments. Pour ce faire, tous les marchés des deux départements ont été parcourus. A la seconde étape, les données collectées et traitées ont été présentées au cours de deux ateliers organisés respectivement à Grand-Popo pour le compte du Mono et à Klouékanmey pour les acteurs du Couffo. Ces ateliers nous ont permis de comprendre que les acteurs de la chaine de commercialisation des produits agricoles veulent aller eux-aussi à la vente au kilogramme parce que cela présente beaucoup d’avantages. Quelles sanctions sont prévues à l’encontre de ceux qui tenteraient de résister au règne des instruments de mesure imposés au sein de l’espace communautaire ? Il y a des sanctions prévues par les textes en vigueur au Bénin en cas de non utilisation d’instruments de mesure appropriés dans les transactions commerciales. Nous pouvons citer à titre d’exemple le décret 86-216 du 30 mai 1986 portant règlementation générale des instruments de mesure en République du Bénin. L’article 42 dudit décret prévoit comme sanction quinze jours à six mois de prison et/ou une pénalité financière de dix mille à un million de francs Cfa. Dans la commercialisation de certains produits comme le soja, le cajou et le karité, ces sanctions sont appliquées quand l’infraction est établie. Mais, pour les autres produits généralement vendus dans nos marchés, comme le maïs, le gari, les fruits…, la sensibilisation est privilégiée en attendant que leur commercialisation soit plus organisée. Des initiatives se prennent déjà dans ce sens par le gouvernement à travers le ministère de l’Industrie et du Commerce. Actualités 04 févr. 2022


Pag 2021-2026 : 608 milliards F Cfa pour construire un pôle d’attraction touristique
Le Bénin affiche de grandes ambitions pour les secteurs du tourisme, de la culture et des arts. Au total, 608 milliards de F Cfa y seront injectés pour la réalisation d’une dizaine de projets dans le cadre de la mise en œuvre du second Programme d’action du gouvernement (Pag 2). Le Bénin sera à l’affiche d’ici 2026 comme une destination touristique majeure du continent et du monde, présent dans les grands magazines, sur les écrans, et promu par les tours operators. Telle est l’ambition exprimée par le gouvernement à travers une panoplie de projets et réformes pour le compte du second quinquennat de Patrice Talon. Sur un portefeuille de projets estimé à 12 011 milliards de F Cfa sur la période 2021-2026, 608 milliards de F Cfa seront injectés dans les secteurs du tourisme, de la culture et des arts. Au titre des projets, on relève notamment la construction du musée de l’épopée des amazones et des rois du Danxomè, l’aménagement d’une station balnéaire d’exception à Avlékété, la construction du musée Vodoun/Orisha à Porto-Novo, la réhabilitation des infrastructures touristiques à Allada, et l’aménagement de la route des couvents Vodoun/Orisha ainsi que la construction du nouveau palais du roi de Nikki et de l’arène de la Gaani. A cette liste, il faut ajouter la réinvention de la cité lacustre de Ganvié, la reconstruction à l’identique de la cité historique de Ouidah, du complexe balnéaire Plm/Eldorado à Akpakpa, d’un complexe touristique ‘’Marina’’ près de la Porte du non-retour à Djègbadji (Ouidah) et l’aménagement et la protection des côtes. Une Galerie nationale opérationnelle Dans le cadre des projets dont les études ont été finalisées, de nombreux chantiers physiques sont déjà ouverts pour donner corps à l’éclosion du Bénin comme pôle d’attraction touristique de référence. Et en termes de réformes au cours du second mandat dans les secteurs du tourisme, de la culture et des arts, il est entre autres envisagé la création d’un fonds de bonification de crédits pour les entreprises/industries culturelles, la dématérialisation du système de collecte des redevances de droit d’auteur (Bubedra), la création du Conseil des organisations de la Société civile culturelle et d’une agence de production de contenus. Le nouveau quinquennat verra aussi se concrétiser l’organisation d’une biennale à partir de 2023 et son positionnement en tant que principale manifestation d’art contemporain africain. L’élaboration d’une base de données des artistes plasticiens recensés sur tout le territoire national, la description de leur parcours et de leurs œuvres, et l’allocation d’une enveloppe financière annuelle pour l’acquisition d’œuvres d’art afin de constituer la réserve de la Galerie nationale d’une part, et d’animer le marché de l’art d’autre part sont aussi envisagées. En effet, la Galerie nationale a été créée pour faciliter la mise en œuvre des actions de promotion des arts plastiques sous toutes leurs formes. Au cours du mandat 2021-2026, elle sera pleinement opérationnelle et s’emploiera à révéler les artistes plasticiens tout en créant une dynamique autour du marché de l’art. Autant de réalisations qui augurent de perspectives heureuses pour le tourisme béninois et partant, pour l’économie et la création d’emplois décents. A en croire le ministre Jean Michel Abimbola, le vodoun devrait occuper une place prépondérante dans la promotion de la destination Bénin. A juste titre, le gouvernement envisage la mise en place du Pôle muséal d’Abomey et de Porto-Novo avec le Musée du Vodun/Orisha et la Route des couvents Vodun/Orisha. A Ouidah, le 10 janvier dernier, après un hommage aux cultes endogènes, Jean-Michel Abimbola a expliqué que le vodoun s’est régénéré dans la « quasi-totalité des pays africains », devenant plus « électrique, et intégrant à chaque fois les apports des éléments des cultures locales ». D’où l’ambition du gouvernement de faire du Bénin, la capitale mondiale Vodoun pour « y drainer la foule des adeptes, des dignitaires, des chercheurs, des créateurs et des touristes… ». Car, le pays est certes le berceau du vodoun mais il « rêve d’en devenir la Mecque… ». Et cela fait appel à un écosystème adéquat pour permettre aux industries touristiques et culturelles de prendre le relai et d’alimenter les offres les plus crédibles, attractives et originales dans le respect et la dignité, a fait savoir Jean-Michel Abimbola. Actualités 04 févr. 2022


Sèmè-Podji : 1500 plants de palétuviers en terre
L’édition 2022 de la Journée mondiale des zones humides (Jmzh) a été marquée au Bénin par la mise en terre de 1500 plants de palétuviers, à Aholouyèmè dans la commune de Sèmè-Podji. En nette régression, les mangroves ont besoin d’être restaurées sur le lac Nokoué. En marge de la célébration de la journée mondiale des zones humides, l’Agence béninoise pour l’Environnement (Abe) a procédé à la mise en terre de 1500 plants de palétuviers à Tori Agonsa, dans la commune de Sèmè-Podji. Mais avant, les populations locales mobilisées à l’occasion ont été sensibilisées à l’importance des écosystèmes humides et la nécessité pour elles de les protéger. « Les zones humides constituent une mosaïque de milieux variés, caractérisés par une exceptionnelle richesse biologique et une grande diversité paysagère. Tourbières, lagunes, marais, prairies humides, mangroves, ou mares forestières, chacun de ces milieux participe au bon équilibre de notre planète en assurant de nombreuses fonctions et services rendus à la société. En dépit de leur rôle fondamental, les zones humides sont en constante régression, notamment du fait de la pression humaine, du drainage et de la perte de la biodiversité. Des mesures pour enrayer ce processus de recul et pour préserver ces milieux remarquables sont nécessaires», a rappelé François-Corneille Kedowidé. En réalité, il est commémoré à cette journée mondiale, la signature du traité sur les zones humides dans la ville de Ramsar le 2 février 1971. Les Etats signataires, dont le Bénin, se sont ainsi engagés à œuvrer pour la conservation, l’utilisation rationnelle et durable des zones humides. Pour répondre à ses engagements vis-à-vis de la Convention, le Bénin a inscrit quatre sites d’une superficie de 1 179, 354 ha sur la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale. Il y aussi le complexe de coopération transfrontalière « W-Arly-Pendjari», inscrit en 2018 et qui s’étend sur les deux rives des fleuves Niger et Pendjari. Cette activité de reboisement se déroule sur le site Ramsar 1018 qui prend en compte la basse vallée de l’Ouémé, la lagune de Porto-Novo et le Lac Nokoué. C’est une zone humide exposée à plusieurs menaces de dégradation. En procédant au nom du préfet de l’Ouémé au lancement de la mise en terre des plants, Said Liassou a invité les populations à une réelle implication dans la protection de la biodiversité. « Engageons-nous et œuvrons, chacun en ce qui le concerne, à valoriser, gérer, restaurer, aimer nos zones humides pour notre bien-être à tous », a-t-il martelé. Le thème de l’édition 2022 de la Jmzh est: « Agir pour les zones humides, c’est agir pour la nature et les humains ». Actualités 04 févr. 2022


Coups d’Etat au Burkina Faso, en Guinée et au Mali : A Accra, la Cedeao maintient les sanctions
A Accra, hier 3 février 2022, les chefs d’Etat de la Cedeao ont maintenu les sanctions prises à l’encontre du Burkina Faso, du Mali et de la Guinée. Ils disent être disponibles pour accompagner le retour à l’ordre constitutionnel dans ces pays. Fermeté, mais aussi ouverture au dialogue. Au sommet extraordinaire tenu hier, la Cedeao a décidé de maintenir les sanctions infligées au Mali, au Burkina Faso et à la Guinée. Le leitmotiv des chefs d’Etat réunis est resté le retour à l’ordre constitutionnel dans ces pays. En effet, lors de ce conclave ayant connu la participation du président Patrice Talon, la récurrence des coups d’Etat dans la sous-région était à l’ordre du jour. Les chefs d'Etat ont examiné le rapport des missions déployées au Burkina Faso les 29 et 31 janvier 2022. Il en est de même des mémorandums sur la situation au Mali et en Guinée présentés par Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la Cedeao. La libération de Kaboré exigée Par rapport à la situation politique au Burkina Faso, les chefs d’Etat disent avoir pris note de la détérioration des conditions de sécurité et de la situation humanitaire dans le pays. Cela appelle, disent-ils, à un retour rapide à l’ordre constitutionnel pour traiter efficacement ces questions. « Sous peine de sanctions, la Conférence exige la libération sans condition du président Roch Marc Christian Kaboré », précise le communiqué. Dans le même temps, la Cedeao a décidé du maintien de la suspension du pays des hommes intègres de tous les organes de l’institution jusqu'au rétablissement de l'ordre constitutionnel. « La Conférence confirme la suspension du Burkina Faso de toutes les institutions de la Cedeao, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel, appelle l’autorité militaire à mettre en place les organes de la transition, à adopter un calendrier électoral et favoriser le retour à l’ordre constitutionnel le plus rapidement», martèle le communiqué. Fermes, mais aussi ouverts Dans le cas guinéen, la Cedeao dit avoir pris bonne note de la création récente du Conseil national de transition, en tant qu’organe législatif. Néanmoins, elle reste préoccupée par l'indisponibilité du calendrier de transition requis à la session extraordinaire du 16 septembre 2021. Et là, les sanctions restent maintenues. « La conférence décide de maintenir toutes les sanctions déjà imposées à la Guinée ». Les mesures sont aussi semblables face au Mali. « La conférence invite les autorités maliennes à proposer rapidement un chronogramme acceptable à la Cedeao afin de permettre la levée progressive des sanctions », soulignent les chefs d’Etat. Toutefois, ils disent être disponibles à travailler de concert avec l'Union africaine et les Nations unies à fournir les moyens techniques nécessaires d’appui aux autorités des trois pays concernés. Une force d’appui en Guinée-Bissau La tentative de coup d’Etat en Guinée-Bissau est revenue dans les discussions d’Accra. Elle a été condamnée par les chefs d’Etat qui ont par la suite exprimé leur solidarité au président Umaro Sissoco Embalo. La Cedeao est allée plus loin et fait appel à la force armée. «La Conférence, au vu de ces derniers développements, décide de l’envoi d’une force d’appui à la stabilisation du pays », précise le document. Du côté de la Gambie, les composantes militaires et de police de la mission de la Cedeao seront maintenues pour consolider la stabilité du pays. Cela traduit l’engagement de la Cedeao en faveur du respect du principe de la tolérance zéro aux coups d’Etat, conformément au Protocole additionnel de 2001, relatif à la démocratie et la bonne gouvernance. Actualités 04 févr. 2022


Bénin : L'Instad recrute des agents enquêteurs, voici le profil
L'Institut national de la statistique et de la démographie (Instad) recrute 71 agents de collecte de données et 4 éditeurs. Ceux-ci seront déployés dans le cadre de l'enquête pour l'évaluation finale du projet de Promotion d'une politique foncière Responsable (Propfr). Consultez ci-dessous les critères Bénin : l'Instad recrute des agents enquêteurs, voici le profilBénin : l'Instad recrute des agents enquêteurs, voici le profil Actualités 03 févr. 2022


Un philosophe s’en est allé Kwasi Wiredu (1931 – 2022)
Il était le plus grand. Il le demeure. Le plus grand des philosophes africains. Plus exactement : le doyen d’âge parmi les plus grands encore en vie il y a quelques semaines – malgré une modestie presque choquante. Beaucoup ont en effet publié comme lui, après lui, avant lui, des œuvres originales et d’une grande profondeur. Mais pour la précision, la nuance, la rigueur d’analyse et, par surcroît, le sens de l’humour, Wiredu reste un modèle. Le philosophe ghanéen vient de nous quitter. Il a tiré sa révérence le 6 janvier 2022 à Tampa en Floride, aux Etats-Unis, à l’âge de 90 ans. Il laisse derrière lui une épouse, l’élégante et dynamique Ajoa, 5 enfants, 11 petits-enfants, 2 arrière-petites-filles de 6 et 4 ans et une nuée de lecteurs et de disciples qui continueront, de génération en génération, à se nourrir de ses vues pénétrantes et de son apport immense. Né le 3 octobre 1931 à Kumasi, Wiredu a fait ses études de philosophie d’abord à l’Université du Ghana à Legon, banlieue d’Accra, puis à l’Université d’Oxford en Grande-Bretagne. Il a exercé une influence considérable à travers ses nombreux articles regroupés notamment dans deux recueils : - Philosophy and an African Culture, Cambridge : Cambridge University Press, 1980 (Philosophie et culture ghanéenne), recueil d’articles échelonnés entre 1966 et 1976 - Cultural Universals and Particulars, Bloomington: Indiana University Press, 1996 (Universaux et spécificités culturels). Wiredu a également dirigé une publication collective : - A Companion to African Philosophy, Oxford: Blackwell publishing house, 2006, avec la collaboration de William Abraham, Abiola Irele, Ifeanyi Menkiti. Il a codirigé avec son compatriote Kwame Gyekye (prononcer : djé’tchi) un ouvrage collectif sur : - Person and Community, Washington: Council for Research in Values and Philosophy, 2010 Quel dommage qu’il soit si peu connu en Afrique francophone! J’ai entendu parler de lui dès 1967, au cours d’un colloque organisé à Copenhague, au Danemark, par la Société africaine de culture (alias Présence africaine) et l’Association des amis scandinaves de « Présence africaine ». Il était déjà, je crois, chef du département de philosophie à Legon et s’était fait représenter à ce colloque par Martin A. Kissi. Au cours de mon bref mais passionnant séjour à Kinshasa et Lubumbashi, séjour au cours duquel le Congo de Mobutu fut rebaptisé Zaïre, le département de philosophie a lancé sur ma proposition une revue bilingue dont il m’a fait secrétaire de rédaction, les Cahiers philosophiques africains – African Philosophical Journal. Le premier numéro publiait, entre autres, un article du Kényan Odera H. Oruka, qui signait encore, à cette époque, Henry O. Odera, mais rien de Wiredu. Rentré définitivement au Dahomey en 1972, l’un de mes premiers efforts a été de faire exister une structure d’échanges et de discussions entre philosophes d’Afrique noire de toutes obédiences et de toutes spécialités. L’idée était simple. Les philosophes africains avaient jusque-là priorisé, comme leurs collègues des autres disciplines, les échanges verticaux avec leurs homologues européens et occidentaux. Il était temps de privilégier désormais les échanges horizontaux entre Africains. J’étais jeune, j’étais audacieux. Les routes du Nigeria étaient bonnes et moins dangereuses qu’aujourd’hui. Je me suis rendu en voiture aux universités de Lagos et d’Ibadan, à l’Université d’Ifè rebaptisée depuis lors Obafemi Awolowo University, où le regretté Olubi John Sodipe, alors chef du département de philosophie, dirigeait une revue philosophique remarquable, Second Order. Puis je me suis rendu à Lomé et à Accra. La guest-house de l’université du Ghana était confortable. J’ai été chaleureusement accueilli par Wiredu. Nous partagions les mêmes idées. Rendez-vous fut pris pour une réunion à Cotonou. Ainsi s’est tenue le 3 janvier 1973, dans une modeste salle de classe du Cours secondaire protestant de Cotonou alors dirigé par feu Samuel Akle, lui-même philosophe, l’assemblée constitutive d’une association dénommée Conseil interafricain de philosophie (Ciap) / Inter-African Council for Philosophy (IACP). Olu Sodipo en a été élu président, Abdoulaye Elimane Kane, de l’université de Dakar, 1er vice-président, Wiredu 2e vice-président, Aloyse-Raymond Ndiaye de l’Université de Dakar trésorier général, Odera Oruka de l’Université de Nairobi trésorier général adjoint et moi-même secrétaire général. Le Ciap a aussitôt demandé et obtenu son affiliation à la Fédération internationale des sociétés de philosophie (Fisp), institution qui organise tous les cinq ans en liaison avec l’Unesco le congrès mondial de philosophie. Le Ciap s’affiliait ainsi du même coup, à travers la Fisp, au Conseil international de la philosophie et des sciences humaines (Cipsh) basé à Paris dans les locaux de l’Unesco, et dont le Secrétaire général était alors Jean d’Ormesson de l’Académie française. Il était hors de question de transférer à Cotonou les Cahiers philosophiques africains, revendiqués à juste titre par l’Université nationale du Zaïre (Unaza) comme sa propriété inaliénable. Aussi, avons-nous créé un organe semestriel bilingue, Conséquence : revue du Conseil interafricain de philosophie. Dans le 1er numéro figurait, entre autres textes, la traduction française d’un article de J. E. Wiredu (comme il signait encore à l’époque) paru auparavant en anglais dans Universitas, revue inter-facultaire de l’Université du Ghana. L’Unesco s’est avisée de lancer, à la fin des années 1970, une vaste enquête sur l’enseignement et la recherche philosophiques dans le monde. Le chef de la division de philosophie, Mohamed Allal Sinaceur, lui-même Marocain, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud et agrégé de philosophie, m’a demandé de réaliser cette enquête pour l’Afrique francophone. Il fallait un anglophone pour conduire la même enquête en Afrique anglophone. Ce fut Wiredu. Les leçons de cette double enquête devaient être tirées au cours d’une réunion d’experts de l’Unesco organisée à Nairobi en juin 1980. Wiredu y a présenté une communication remarquable, dans laquelle il concluait à l’urgence de ce qu’il appelait une « décolonisation conceptuelle », ni plus ni moins. Pour lui, une multitude de concepts et d’affirmations qui paraissent aller de soi aussi longtemps qu’on les énonce dans les langues européennes, sont simplement impensables dans les langues africaines. L’universalité de ces concepts et affirmations n’est donc qu’une fausse universalité. Un exemple tout simple est le cogito cartésien. Au lieu de cette certitude inaugurale sur laquelle Descartes entendait fonder tout l’édifice du savoir: « je pense, donc je suis », le Kényan John Mbiti trouvait plus naturel de dire : « Je suis parce que nous sommes. Et puisque nous sommes, donc je suis ». Avant lui, Senghor avait formulé ce qui lui semblait être la réaction du Négro-africain face au cogito: « je pense, je danse l’autre». Alexis Kagamé avait montré l’incongruité de l’expression « je suis », qui restait inintelligible dans les langues bantu aussi longtemps qu’elle n’était pas complétée par des déterminants qui lui donnent sens: je suis ceci ou cela, je suis à tel endroit, etc. Wiredu, à son tour, prenait des exemples précis dans les langues akan pour relativiser et remettre à leur juste place quelques-unes des notions les plus classiques de la tradition philosophique occidentale. Et il lançait à la fin de sa communication cet appel en forme de manifeste: « Philosophes africains, apprenons à penser dans nos propres langues ! » Je n’ai jamais oublié cette leçon de Wiredu. Elle venait au devant de mes convictions militantes sur la nécessité d’une réhabilitation et d’un développement des langues africaines. Mais ce que montre Wiredu, c’est que cette revendication à première vue simplement politique renvoie à un enjeu infiniment plus profond; qu’au-delà de la décolonisation politique, économique et culturelle, l’enjeu le plus radical est la décolonisation conceptuelle. Le romancier kényan Ngugi wa Thiong’o dira la même chose autrement en appelant à «décoloniser l’esprit ». Joignant l’acte à la parole, il fera son « adieu à la langue anglaise» et écrira désormais romans et pièces de théâtre dans sa langue maternelle, le kikuyu, ou dans sa langue vernaculaire, le kiswahili, quitte à laisser à d’autres le soin de les traduire en anglais s’ils le jugent utile. Né le 5 janvier 1938, Ngugi est de six ans le cadet de Wiredu. Dans un sens, ce dernier n’est pas allé aussi loin. Il n’a pas dit adieu à la langue anglaise. Il ne s’est pas résolu à n’écrire désormais que dans sa langue maternelle, le twi, ou dans une autre langue akan. Mais la difficulté n’était pas la même. Car la philosophie n’est pas la littérature. Raconter est une chose, penser en est une autre. Raconter une histoire, réelle ou fictive, dans une langue africaine est autre chose que d’analyser des problèmes et de forger à cet effet les concepts adéquats. Dans la droite ligne de ce que souhaitait Wiredu, l’Afro-canadien Chike Jeffers a pris une initiative remarquable en sollicitant de plusieurs philosophes africains, voici une quinzaine d’années, des articles originaux rédigés dans leurs langues. Le jeune universitaire a gagné son pari. Le résultat fut un ouvrage multilingue où les textes originaux figuraient à gauche et la traduction anglaise à droite. Une préface de Ngugi wa Thiong’o écrite en anglais, forcément, ouvre ce recueil où se succèdent des textes écrits dans sept (7) langues africaines. Celui de Wiredu ferme ce recueil. Son titre original en twi, Papa ne Bone, est traduit en anglais: Good and Evil (Le bien et le mal). Au-delà du campus de Legon, Wiredu a connu, dans son pays, un rayonnement national. Philosophy and an African Culture était, à l’origine, le titre de son discours de réception à l’Académie des arts et des sciences du Ghana, discours prononcé en octobre 1976, avant de devenir le titre d’un livre dont ce discours constitue, justement, le premier chapitre. Au-delà du Ghana, il a rayonné sur le continent, donnant des conférences dans divers pays dans un cadre parfois restreint, comme au Bénin, ou dans un cadre plus large comme à Abidjan, Nairobi et ailleurs, faisant une mission d’enseignement (visiting professorship) à l’Université d’Ibadan au Nigeria en 1984. Au-delà du continent, cédant, comme beaucoup d’universitaires africains, à l’attrait de l’Amérique mais contribuant par là-même au rayonnement de l’Afrique, Wiredu a effectué des missions d’enseignement à l’Université de Californie à Los Angeles, à l’Université de Richmond en Virginie, à l’Université Duke en Caroline du Nord. Depuis 1987, il occupe un poste permanent à l’Université de la Floride du sud à Tampa, où il est devenu «Distinguished Professor». Le patriarche s’en est allé. Dans le cadre des cérémonies du quarantième jour, un hommage solennel lui sera rendu à Legon sous l’égide conjointe de l’Université et de l’Académie des Arts et des Sciences du Ghana le mercredi 15 février 2022. Les deux institutions le revendiquent. L’Afrique le revendique. Il ne nous reste plus qu’à l’intégrer pleinement à notre héritage intellectuel et à continuer son combat n *Professeur émérite aux Universités nationales du Bénin, Chercheur associé à la Faculté des sciences sociales, Université du Witwatersrand, Johannesburg 1 De son nom officiel, Gifty Banker 2 Ce serait une erreur de traduire : Philosophie et culture africaine – comme si le titre anglais était : Philosophy and African Culture. L’article indéfini (an African Culture) indique clairement qu’il s’agit d’une culture africaine spécifique, la culture ghanéenne, et plus précisément, comme le montre le contenu de l’ouvrage, la culture des Akan. 3 Lucien GAGNI, aujourd’hui professeur de philosophie dans un CEG à Parakou, a préparé sous ma direction et soutenu en 2009 à Abomey-Calavi un excellent mémoire de diplôme d’études approfondies (Dea), resté inédit, sur le thème : Kwasi Wiredu : présentation, commentaire et traduction partielle de Philosophy and an African Culture. Par ailleurs, on lira avec intérêt une étude exhaustive et critique de l’œuvre de Wiredu publiée par un universitaire nigérian, Sanya OSHA : Kwasi Wiredu and Beyond : the Text, Wrting and Thought in Africa. Dakar: Presses du CODESRIA, 2005 4 L’assemblée générale de la Fisp se tient tous les cinq ans dans le cadre de ce congrès. La Fisp renouvelle à cette occasion son comité directeur. Wiredu a été ainsi coopté au 18ème congrès mondial à Brighton (Grande Bretagne) en 1988 et reconduit pour un second mandat au 19e congrès en 1993 à Moscou. Aloyse-Raymond Ndiaye a été coopté au 20e congrès à Boston en 1998 et reconduit pour un second mandat au 21e congrès en 2003 à Istanbul. J’ai moi-même été coopté à Istanbul en 2003, reconduit pour un second mandat au 22e congrès à Séoul en 2008 et pour un troisième et dernier mandat (désormais autorisé par le règlement intérieur) au 23e congrès à Athènes en 2013. Depuis le 24e congrès réuni à Pékin en 2018, le Ciap est représenté par Souleymane Bachir Diagne. 5 J. E. = Johnson Emmanuel, comme il me l’a confié à l’époque. 6 Kwasi WIREDU, ”Philosophical Research and Teaching in Africa : Some Suggestions (Toward Conceptual Decolonization)” in Teaching and Research in Philosophy: Africa. Paris: Unesco, 1984 7 ”I am because we are. And since we are, therefore I am” in John MBITI, African Religions and Philosophy. Londres: Heinemann, 1969 8 Comme Oruka et Wiredu, Ngugi lui aussi a changé de nom. On l’appelait au début James Ngugi. 9 Ngugi wa Thiong’o, Decolonising the Mind. The Politics of Language in African Literature. London/Nairobi: Heinemann Educational, 1986 10 Chike Jeffers (ed.), Listening to Ourselves : Multilingual Anthology of African Philosophy. New York: State University of New York Press, 2013 11 L’exercice n’est pas si facile qu’on pourrait le croire. J’avais été aussi sollicité, mais j’ai été incapable de terminer mon article dans les délais. Et malgré les encouragements de Chike Jeffers qui se promettait de le faire paraître séparément, j’ai toujours sur mon ordinateur depuis 2009 cet article inachevé que j’avais intitulé en gun : « Núdodíndín: dagbe kaví ylankan?» (La curiosité, valeur ou contre-valeur ?) Cotonou, le 31.01.2022 *Professeur de Philosophie Par Paulin J. HOUNTONDJI* Société 03 févr. 2022


Prévention des incendies au marché Dantokpa et environs : Les jeunes s’approprient les bons réflexes
Médecins du monde Suisse (Mdm) outille les jeunes du marché Dantokpa et environs sur les précautions à prendre pour éviter les incendies. C’est à la faveur d’une séance explicative animée ce mercredi 2 février, au centre de promotion sociale de Ste Cécile, par le groupement national des sapeurs-pompiers. Cette initiative entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet ‘’Safe and inclusive city for girls en français, ‘’ville sûre et inclusive pour les filles (Sic4G)’’, exécuté par Plan international Bénin en collaboration avec Mdm et Terre rouge. Les jeunes du marché Dantokpa et environs à l’école des précautions à prendre pour éviter les incendies. C’est à un exercice d’appropriation des mesures sécuritaires qu’ils ont été conviés ce mercredi au Centre de promotion sociale de Ste Cécile. Selon Médecins du monde Suisse, cette initiative relève de la volonté des jeunes appartenant à la plateforme ‘’Mécanisme communautaire de protection des enfants (Mcpe)’’. « C’est une initiative prise par les jeunes eux-mêmes qui au cours des ateliers diagnostics participatifs, ont identifié les problèmes que vivent leurs communautés. Parmi ces problèmes, figure l’incendie dans le marché Dantokpa », explique Marc Ahossou Boco, agent de développement communautaire à Mdm sur le projet ‘’Safe and inclusive city for girls (Sic4G). L’identification de ce problème a permis de planifier la présente séance explicative à leur profit, afin de les aider à mieux maîtriser les incendies. D’où le choix de ce module en vue de leur donner les astuces nécessaires en matière de sécurité. Pour réussir l’animation de ce module, Médecins du monde a fait appel aux forces spécialisées en la matière, le groupement des sapeurs-pompiers afin d’étancher la soif des jeunes. A l’issue de la séance, Benoît Codjo Agbo, membre de la Plateforme ’’ Mécanisme communautaire de protection des enfants (Mcpe)’’ a bien assimilé l’exposé des soldats du feu. «Nous devons créer les conditions favorables à l’aération dans le marché, utiliser les bons fils électriques, éviter d’introduire des produits inflammables tels que l’essence, le gas-oil et le pétrole dans le marché. Nous devons également aider les vendeuses de nourritures à s’installer à des endroits convenables », restitue-t-il. Le souhait des organisateurs est que les jeunes puissent servir de relais d’information et de sensibilisation auprès de leur communauté. Les bénéficiaires en sont plus que conscients. «Nous allons faire une rencontre avec les vendeurs et autres usagers du marché afin de les entretenir sur les notions que nous avons acquises des sapeurs-pompiers», s’engage Benoît Codjo Agbo. D’autres initiatives relatives aux mesures sécuritaires impliquant les jeunes et les communautés sont également prévues par Médecins du monde Suisse dans les prochains jours. Société 03 févr. 2022


Atteinte des objectifs du Projet Swedd Bénin : Les Ong délégataires entrent dans la bataille
Après leur recrutement, la mise en route des Ong prestataires du Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique au Sahel (Swedd-Bénin) a été faite, hier mercredi 2 février. Le gouvernement compte sur elles pour l’atteinte des objectifs d’ici à 2024. Le compte à rebours a commencé pour les Ong recrutées dans le cadre de la mise en œuvre du Projet Swedd-Bénin. La cérémonie de leur mise en route a eu lieu hier, en présence de la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé. En effet, à travers sa première composante, le projet Swedd vise à créer une demande pour les produits et services de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle. L’enjeu est entre autres, d’assurer le maintien des filles dans le système scolaire et d’apprentissage. D’ici à 2024, 530 240 filles vulnérables seront touchées dont 500 000 filles déscolarisées ou non scolarisées. Et pour en arriver là, le gouvernement a opté pour le mode « Faire faire». Pour cette approche à la fois globale, inclusive et innovante, cinq Ong et consortium d’Ong ont été sélectionnés via une procédure régie par le Code des marchés publics. « Je suis convaincue que ces Ong feront preuve d’abnégation, de professionnalisme et d’un suivi constant de l’avancement de la mise en œuvre, en collaboration avec les bénéficiaires et les autres acteurs. Leur responsabilité est engagée dans l’identification des cibles, le processus de planification et de priorisation des actions à mener », a déclaré Djaoudath Alidou Dramane, coordonnatrice du projet Swedd-Bénin. La distribution de kits, les transferts monétaires conditionnels à l’endroit des filles scolarisées seront poursuivis. Les efforts devront concourir aussi au renforcement en compétence de vie et à l’autonomisation des femmes et des filles déscolarisées ou non scolarisées. Ceci implique l’accompagnement des communautés à la base pour un changement social et comportemental. Pour la ministre des Affaires sociales, les Etats ne peuvent plus agir seuls et couvrir tous les besoins des populations. A l’en croire, ils ont besoin des alliés comme les Ong. « Vous constituez des partenaires et des alliés de taille pour atteindre ces cibles et ces bénéficiaires que sont principalement les leaders religieux, les familles, les filles et les femmes », a martelé Véronique Tognifodé. C’est donc une lourde responsabilité pour les Ong sélectionnées, si l’on s’en tient aux challenges dévoilés par l’autorité. « Nous attendons à travers vos interventions qu’à partir de 2024, le Bénin soit compté parmi les pays où le taux de filles qui finissent leur cursus scolaire au plus haut niveau est élevé, le taux de décrochage scolaire est faible, le taux de femmes exerçant des activités génératrices de revenus et autonomes est élevé. Le taux de femmes ayant recours aux méthodes de planification familiale est élevé, etc. Ce sont autant d’indicateurs sur lesquels vous et nous ferons le bilan pour évaluer vos interventions », a-t-elle rappelé. Les prestataires, par la voix de Karl Frédéric Paul, ont rassuré toutes les parties présentes. Ils croient d’ailleurs que ce projet constitue un atout important sur la voie du développement, à travers l’autonomisation économique des femmes et des filles. Actualités 03 févr. 2022


Cours et tribunaux du Bénin : Deux procureurs et trois greffiers nommés
De nouveaux procureurs généraux et greffiers sont nommés au niveau de plusieurs juridictions par le Conseil des ministres de ce mercredi 2 février. D’autres cadres sont également promus au ministère de la Justice et au ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts. Voir les nominations prononcées (extrait du Conseil des ministres) Au ministère de la Justice et de la Législation, Après avis du Conseil supérieur de la Magistrature • Secrétaire général du ministère : Monsieur Henri FADONOUGBO • Procureur général près la Cour d’Appel de Cotonou : Monsieur Comlan Christian ADJAKAS • Procureur général près la Cour d’Appel d’Abomey : Monsieur Amaté Christian Cyprien Serge ATAYI • Directeur général adjoint de l’Ecole de Formation des Professions Judiciaires : Madame Codjovi Bernadette HOUNDEKANDJI Dans les autres juridictionsGreffier en chef au Tribunal de Commerce de Cotonou : Madame Victoire OLADIKPO • Greffier en Chef au Tribunal de première Instance de Savalou : Monsieur Yaté Richard NAMBIME • Greffier en Chef au Tribunal de première Instance de Kandi : Monsieur Hilaire SIANKOU A la chancellerieDirecteur de la Planification, de l’Administration et des Finances : Monsieur Akpaki Zoul-kifouly LAWANI • Directeur des Services et Professions Judiciaires : Monsieur Hilaire BADJAGOU • Directeur des Droits Humains : Madame Inès TOFFOUN HADONOU Au ministère du Tourisme, de la Culture et des ArtsDirecteur de la Planification, de l’Administration et des Finances : Monsieur Célestin G. ADANGO. Actualités 02 févr. 2022


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