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Si pour eux l’heure n’est pas encore au choix du candidat unique des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) pour la présidentielle de février 2016, la mobilisation des militants pour une victoire certaine est de mise. Les leaders de la mouvance présidentielle l’ont démontré hier mercredi 9 septembre à travers un géant meeting tenu à Natitingou.
« S’unir pour des victoires plus grandes» que celles des dernières législatives et communales qui ont vu les Forces cauris pour un Bénin émergent, tenir la dragée haute aux autres alliances politiques engagées dans ces joutes électorales. Tel est le but de la grande mobilisation des figures de proue de l’alliance FCBE dans le département de l’Atacora. Dans une ambiance festive dite de retrouvailles, ministres, députés et autres personnalités politico-administratives membres de l’alliance, ressortissants du département, n’ont pas marchandé leur appartenance aux FCBE et réitéré leur soutien au chef de l’Etat jusqu’au terme de son mandat et leur disponibilité à suivre la voie qu’il leur indiquera lors de la prochaine présidentielle. Si pour eux l’heure n’est pas encore au choix du candidat unique de l’alliance pour cette échéance, il faille mobiliser les troupes pour une victoire certaine. Tablant sur les résultats obtenus aux élections législatives, communales et locales, les leaders de l’alliance au nombre desquels Naomie Azaria, Barthélémy Kassa, Eric N’dah, Jacques Yempabou, Thomas Yombo, Abiba Dafia Ouassangari, Mohammed Gibigayé, Abdoulaye Gounou, estiment que les FCBE constituent la première force politique du pays. Et qu’à ce titre elle ne devrait nullement s’éclipser de l’échiquier politique national. Mieux, elle devrait pérenniser les œuvres et acquis de la décennie de règne de son leader, le président Boni Yayi. En attendant donc qu’une candidature unique vienne couper court aux nombreuses supputations quant à la division prévalant au sein de ce bloc politique, chacun des leaders a appelé à l’union et à la mobilisation générale. La présence autour des leaders FCBE des ténors de forces alliées telles que AND, Eclaireur et UFDD dénote si besoin en est encore de l’union qui règne au sein de la Mouvance présidentielle.
Politique 10 sept. 2015

Si pour eux l’heure n’est pas encore au choix du candidat unique des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) pour la présidentielle de février 2016, la mobilisation des militants pour une victoire certaine est de mise. Les leaders de la mouvance présidentielle l’ont démontré hier mercredi 9 septembre à travers un géant meeting tenu à Natitingou.
« S’unir pour des victoires plus grandes» que celles des dernières législatives et communales qui ont vu les Forces cauris pour un Bénin émergent, tenir la dragée haute aux autres alliances politiques engagées dans ces joutes électorales. Tel est le but de la grande mobilisation des figures de proue de l’alliance FCBE dans le département de l’Atacora. Dans une ambiance festive dite de retrouvailles, ministres, députés et autres personnalités politico-administratives membres de l’alliance, ressortissants du département, n’ont pas marchandé leur appartenance aux FCBE et réitéré leur soutien au chef de l’Etat jusqu’au terme de son mandat et leur disponibilité à suivre la voie qu’il leur indiquera lors de la prochaine présidentielle. Si pour eux l’heure n’est pas encore au choix du candidat unique de l’alliance pour cette échéance, il faille mobiliser les troupes pour une victoire certaine. Tablant sur les résultats obtenus aux élections législatives, communales et locales, les leaders de l’alliance au nombre desquels Naomie Azaria, Barthélémy Kassa, Eric N’dah, Jacques Yempabou, Thomas Yombo, Abiba Dafia Ouassangari, Mohammed Gibigayé, Abdoulaye Gounou, estiment que les FCBE constituent la première force politique du pays. Et qu’à ce titre elle ne devrait nullement s’éclipser de l’échiquier politique national. Mieux, elle devrait pérenniser les œuvres et acquis de la décennie de règne de son leader, le président Boni Yayi. En attendant donc qu’une candidature unique vienne couper court aux nombreuses supputations quant à la division prévalant au sein de ce bloc politique, chacun des leaders a appelé à l’union et à la mobilisation générale. La présence autour des leaders FCBE des ténors de forces alliées telles que AND, Eclaireur et UFDD dénote si besoin en est encore de l’union qui règne au sein de la Mouvance présidentielle.
Politique 10 sept. 2015

Le président du parti du Rassemblement des démocrates indépendants (RDI-Anfanni), Samou Séidou Adambi, rejoint les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) au détriment de l’alliance Soleil. Un revirement politique du reste spectaculaire qui peut étonner plus d’un.
Samou Séidou Adambi, président du parti du Rassemblement des démocrates indépendants (RDI-Anfanni), ne fait plus partie de l’alliance Soleil dont il a pourtant défendu les couleurs aux dernières élections communales et locales. Le conseiller municipal de Parakou a fait part de son revirement politique dimanche 6 septembre dernier à l’occasion d’un meeting des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) de Parakou auxquelles il a fait allégeance. Après une dizaine d’années de «traversée du désert», pour employer ses propres mots, l’enfant prodigue est désormais de retour au sein de la famille politique présidentielle que certains croyaient en perte de vitesse à sept mois de la fin du second et dernier mandat du président Boni Yayi. «Notre destin nous a demandé de tourner dos et nous avons tourné dos. Nous ne regrettons pas..., parce que pour nous, ce n’est pas un échec, c’est des leçons... Nous avons traversé complètement le désert. Le désert est terminé et devant nous, nous voyons un oasis et là, il y a l’eau; là, il y a l’ombre. Nous allons nous asseoir et nous reposer», a laissé entendre Samou Séidou Adambi.
Selon le transhumant politique, «Les FCBE, qu’on le veuille ou non constituent la première force politique nationale sans laquelle nul ne peut gagner l’élection présidentielle à venir». «Puisque nous ne voulons plus traîner, nous ne voulons plus que notre navire chavire, nous sommes vos alliés», a-t-il poursuivi, en s’adressant aux leaders des FCBE à Parakou. «La politique, c’est quoi ? C’est un jeu d’intérêts. Aujourd’hui, nous pensons que pour nos intérêts futurs, nos alliés les plus sûrs, ce sont les FCBE», a ajouté le désormais ex-militant et baron de l’alliance Soleil à Parakou, pour justifier son nouveau choix politique.
Rappel
Pour rappel, il y a quelques mois, Samou Séidou Adambi dénonçait «une prise en otage de la démocratie béninoise chèrement acquise» par le pouvoir en place, en l’occurrence le leader charismatique des FCBE, et appelait la jeunesse béninoise, les anciens présidents, les femmes et toutes les autres forces vives de la République à un sursaut patriotique afin de trouver une voie consensuelle de sortie de crise. Il avait même annoncé une série d’activités consacrées à l’éveil des populations et à l’interpellation de la classe politique béninoise. C’est dorénavant du passé, puisque l’homme politique, ancien maire de Parakou, a tourné casaque à ses propres ‘’convictions’’ pour sauter pieds joints depuis quelques heures dans les FCBE qu’il a combattues avec hargne, jusqu’à la mise en place de l’actuelle équipe municipale de Parakou.
Le ralliement de Samou Séidou Adambi est salué par le député FCBE, Rachidi Gbadamassi qui se réjouit de «l’ancienne unité retrouvée». Ce dernier a saisi l’occasion pour appeler tous les fils et filles de Parakou à se mettre ensemble pour bâtir la cité de Koburu et les départements du Borgou-Alibori. « Avec l’arrivée de Samou S. Adambi, nous allons voir par où vont passer nos amis d’en face», lance Rachidi Gbadamassi.

La lutte contre le virus Ebola qui a décimé plusieurs pays en Afrique de l’Ouest en 2014 tend vers sa fin. C’est du moins ce qu’on peut retenir de l’étude publiée par l’OMS le 31 juillet dernier dans la revue médicale « The Lancet » qui affirme que l'un des deux vaccins contre Ebola testés en Afrique s'est révélé totalement efficace.
Lorsqu’on a souvenance des pertes en vies humaines enregistrées lors des ravages dus à la maladie à virus Ebola ou lorsqu’on pense aux conséquences économiques et à la panique qu’elle a suscitées, on a des raisons d'applaudir la découverte du vaccin qui nourrit l’espoir chez les Africains. Ce vaccin dénommé VSV-ZEBOV protège ainsi 100% des personnes présentes dans l'entourage d'un malade, lorsqu'elles sont vaccinées immédiatement après le contact. Le vaccin est composé d'une recombinaison de protéines présentes à la surface du virus, qui engendre la même réaction de défense.
C'est un immense espoir pour toute l'Afrique de l'Ouest. Le vaccin, qualifié de «très prometteur» par l'OMS a été développé par l’Agence de la santé publique du Canada (PHAC) et la licence a été déposée par les laboratoires américains Merck et NewLink Genetics Corp. Tout est allé très vite sur le front de la recherche contre Ebola.
En mars 2015, le vaccin candidat a été déclaré sans risque pour la santé. Les premiers essais cliniques sur le terrain s’en sont suivis, en Guinée et dans d’autres pays touchés par le virus. Plus de 7 600 adultes ont été recrutés, tous en contact direct ou indirect avec au moins une personne contaminée par le virus.
Les premiers résultats révèlent que le vaccin VSV-ZEBOV est efficace à 100%, quand il est administré sans délai chez une personne non infectée, mais en contact avec des malades.
Le début de la fin d'Ebola
Si l’OMS dresse un premier bilan de sa gestion de crise, c’est que l'épidémie d'Ebola qui a coûté la vie à 11 300 personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, est en passe d’être éradiquée. Le 24 août dernier, les autorités de la Sierra Leone annonçaient la guérison et la sortie d’hôpital du dernier malade d'Ebola connu. La Sierra Leone, qui n'a officiellement pas connu de nouvelles infections depuis plus de deux semaines, a ainsi rejoint le Liberia au sein des pays qui ne comptent plus de cas d'Ebola. Seule la Guinée continue aujourd’hui d'enregistrer de nouvelles infections. Le nombre de nouveaux cas d'Ebola est à son taux le plus bas depuis un an en Afrique de l'Ouest.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), un pays est déclaré exempt du virus 42 jours après le dernier cas connu. La fin officielle de l’épidémie pourrait donc être annoncée pour la fin de l’année.
L’OMS avertit, tout de même, que le nombre de nouveaux cas baisse, mais la vigilance reste de mise. L’OMS appelle toutefois à maintenir la vigilance jugeant «irréalistes» les espoirs de voir l’épidémie disparaître d’elle-même.
Triste souvenir
Tous les pays africains n’ont pas enregistré de cas de virus Ebola comme le Bénin, mais certains pays ont été lourdement touchés. Si le virus Ebola arrivait à être complètement éradiqué du continent africain, l’on a des raisons de jubiler rien qu’à voir les nombreuses pertes en vies humaines et la panique qu’a semé cette maladie.
Selon l’OMS, le virus Ebola provoque une maladie aiguë et grave, souvent mortelle si elle n’est pas traitée. La maladie à virus Ebola était apparue pour la première fois en 1976, lors de deux flambées simultanées à Nzara au Soudan et à Yambuku en République démocratique du Congo. Les 99% des victimes d'Ebola récemment se sont concentrés en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, où la maladie a désorganisé les systèmes de santé, ravagé l'économie et la société.
La flambée qui a sévi actuellement en Afrique de l’Ouest est la plus importante et la plus complexe depuis la découverte du virus. Elle a produit plus de cas et de décès que toutes les précédentes flambées réunies. Cette flambée a également comme particularité de s’être propagée d’un pays à l’autre, partant de la Guinée pour toucher la Sierra Leone et le Liberia, le Nigeria et les Etats-Unis d’Amérique (USA), le Sénégal et le Mali.
Les pays les plus touchés comme la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia ont des systèmes de santé très fragiles, manquent de ressources humaines et d’infrastructures et sortent à peine de longues périodes de conflits et d’instabilité.
L’épidémie due à la maladie à virus Ebola qui touche l’Afrique de l’Ouest depuis fin 2013 pourrait être déclarée vaincue à la fin de l’année 2015. C’est pourquoi, l’OMS étudie l'éventualité de sanctions à l'encontre des pays qui ne respectent pas les règles sanitaires internationales. Autrement dit, même tous les pays qui n’ont pas enregistré de cas d’Ebola doivent continuer d’observer les mesures de prévention dictées par l’OMS.
A cet effet, l'OMS a annoncé mardi 25 août dernier la mise en place d’un comité qui aura notamment pour mission d’analyser les raisons pour lesquelles autant de pays ont ignoré les règles sanitaires internationales.

Le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji a reçu en audience à son cabinet hier, mercredi 26 août, entre autres personnalités, l’ancien Premier ministre Pascal Koupaki qui a évoqué avec lui son concept sur «la nouvelle conscience».
L’ex-Premier ministre, Pascal Koupaki propose comme base des réformes à engager pour le développement du Bénin, une « nouvelle conscience». Un concept qui prend en compte, les valeurs traditionnelles et celles du monde démocratique sans lesquelles aucun pays ne peut se développer. A l’occasion des échanges avec le président de l’Assemblée nationale, hier, au palais des Gouverneurs à Porto-Novo, Pascal Koupaki a mieux expliqué à son hôte, la philosophie qui sous-tend sa proposition. Il a pu noter une certaine convergence de vues d’autant que Me Adrien Houngbédji à ses dires, est aussi préoccupé par l’avenir du Bénin.
Les deux hommes qui se connaissent très bien, Pascal Koupaki ayant été directeur de cabinet de Me Adrien Houn-gbédji entre 1996 et 1998 à la Primature, ont conclu à la nécessité d’engager le pays dans la voie des réformes politiques largement exprimées dans le discours d’investiture du président de l’Assemblée nationale de la 7e législature. Il faut également des réformes économiques pour soutenir celles politiques et enfin des réformes sociales pour atteindre le grand nombre. L’ancien Premier ministre du président Boni Yayi a précisé par ailleurs, que depuis sa sortie du gouvernement, il a pu parcourir le Bénin et noter qu’il y a une différence entre ce qui est perçu au sommet de l’Etat et la réalité de développement sur le terrain. «Il y a bien d’autres pistes de solution que l’on peut approfondir avec le temps», a conclu Pascal Koupaki, qui n’a pas manqué de réitérer ses chaleureuses félicitations à son hôte pour son élection au perchoir.
L’Association «Convergence d’actions pour l’Unité nationale» félicite également Me Adrien Houngbédji pour son élection. Les membres de ladite association ont profité de l’occasion de l’audience qui leur a été accordée pour partager avec le président de l’Assemblée nationale, les aspects intéressants de son discours d’investiture.
Selon Sylvain Adékpédjou Akindès qui a conduit la délégation, l’Association fera dans les jours à venir, des propositions utiles dans le cadre de la construction de l’unité nationale. Le président de l’Assemblée nationale partage le souci de ses hôtes, mais il leur a fait savoir qu’il s’agit d’un combat de longue haleine dont l’aboutissement ne saurait être immédiat. Il insiste donc pour que la jeunesse soit associée à ce combat.
La section béninoise du Réseau des femmes anciennes ministres et parlementaires (REFAMP) était aussi au cabinet du président de l’Assemblée nationale. Elle travaille en ce qui la concerne pour une meilleure implication des femmes dans les instances de prise de décision. Le Réseau plaide pour le vote par l’Assemblée nationale des lois devant améliorer les conditions de vie et de travail des femmes béninoises. Rafiatou Karimou, présidente du REFAMP-Bénin à l’occasion de cette audience, a proposé au président Adrien Houngbédji, l’institution d’un système de quota en faveur des femmes capables d’assumer des fonctions et autres responsabilités au sein des instances de prise de décision.
Le REFAMP entend organiser dans les jours à venir, une rencontre pour analyser le bilan de la participation des femmes aux dernières consultations électorales pour en tirer des leçons pour l’avenir. Pour rappel, le REFAMP compte parmi ses membres, des femmes ministres et députés en activité ou non ainsi que celles ayant assumé de hautes fonctions de l’Etat.
Le président de l’Assemblée nationale s’est enfin entretenu avec Désiré Auguste Adjahi. Ce dernier est le président de l’association dénommée «Porto-Novo Durable France, Belgique, Bénin» portée sur les fonts baptismaux le 8 mars dernier. Il a saisi cette opportunité pour mieux faire connaître au président Adrien Houngbédji ladite association, ses objectifs et les initiatives qu’elle peut prendre. Ses activités tournent autour des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Créée en France et en Belgique, l’association dispose au Bénin, d’un centre d’opération qui s’est illustré récemment avec l’organisation réussie de la 1ère édition du Carnaval national de Porto-Novo (CARNAPO).

Au menu des débats hier mercredi 26 août, dans la grande salle d’audience B de la Cour d’appel de Cotonou, une affaire d’assassinat. Elle met en cause Agossou Donatien Akété et Houngbo Tossènou, deux jeunes gens qui se seraient rendus coupables de ce crime, et qui sont en détention préventive depuis le 29 mars 2006 pour le premier, et le 28 juillet 2010 pour le second. Ils sont respectivement défendus par Mes Nestor Ninko et Alexandrine F. Saïzonou-Bèdiè qui devaient convaincre la Cour de leur innocence ou, en tout cas, tenter d’amoindrir la peine à leur infliger. La cour de céans est présidée par Thierry Damase Ogoubi, encadré par Martial Boko, Florent Gnansomon (assesseurs) et par les jurés Hounyèmè Honoré Mello, Maurice Bènou Akodé, Kuessi Antoine Hossou, Lambert Aguessy puis Messan Dominique Lanmadoucélo (suppléant). Me Théogène Chéou est le greffier de l’audience.
Les faits de ce 26e dossier de la Cour d’assises se sont déroulés dans la nuit du 24 au 25 mars 2006 où le nommé Agossou Donatien Akété, agent de sécurité du groupe AGIPS, s’est présenté en compagnie d’un certain Charles vers 4h du matin, à ses camarades gardiens d’autres magasins de l’aire BETREXCO sis à Ekpè, commune de Sèmè-Podji, au motif que son co-équipier Sagbo Adrien Sintondji, ne se sent pas bien et qu’il sollicite leur secours. Transportés sur les lieux, ils ont constaté que Sagbo Adrien Sintondji gisait, inanimé, dans une mare de sang ; victime plus tôt d’une agression. Des investigations faites, il ressort que Houngbo Adolphe Tossénou et Agossou Donatien Akété ne sont pas étrangers à ce crime. Cependant, ils ont nié les faits à toutes les étapes de la procédure. Les bulletins N°1 de leurs casiers judiciaires ne portent mention d’aucune condamnation antérieure. Les enquêtes de moralité leur sont favorables. Et les rapports d’expertise médico-psychiatrique et psychologique ne font cas d’aucun trouble mental au moment des faits.
L’auteur idéal ?
Anciennement gardien dans une société privée de gardiennage, Agossou Donatien Akété travaille de nuit alors que Sagbo Adrien Sintondji était de service en journée. Ils se relayaient au poste de garde. Il ne reconnaît pas les faits et raconte que s’étant réveillé dans la nuit profonde et ayant aperçu Sintondji mal en point, il est parti appeler les collègues qui dormaient pour leur demander de venir le secourir. Pourtant, il était déjà décédé, lui fait observer la Cour. Oui, concède l’accusé. Pourquoi, aux gendarmes qui l’ont interrogé, il a déclaré avoir vu dans la nuit quatre individus s’en prendre à son collègue Sintondji. Il répond que c’est Houngbo Adolphe Tossénou seul qu’il a vu cette nuit-là. « Non », insiste Gilles Sodonon, qui lui rappelle qu’il avait bien déclaré avoir vu quatre personnes dont Adolphe Tossénou et un certain Charles Hounkpatin. Il admet que oui, précise sur interpellation de la Cour, que Charles a fui. Mais pourquoi n’avoir pas fait usage du sifflet mis à disposition des gardiens pour signaler les cas de danger et avoir préféré aller réveiller les collègues qui dormaient ? Comment n’a-t-il pas pu entendre les cris ou les gémissements de son collègue agressé cette nuit-là, qui n’a pas dû mourir sur place mais a probablement souffert un moment avant d’expier ? Il prétend s’être endormi… En tant que gardien de nuit, doit-il s’assoupir ou rester éveillé toute la nuit ? Il raconte qu’à minuit, tous les gardiens s’endorment. Les faits, pourtant, renseignent que Sintondji ne dormait pas. D’ailleurs, s’il dormait, c’est forcément sur sa couche qu’il aurait été agressé. Ce qui n’est pas le cas au dossier. Mieux, la victime, après avoir reçu le coup de poignard dans le cœur, a dû se traîner sur une certaine distance puisque des traces de sang ont été décelées.
Les débats conduisent l’accusé à révéler que c’est la victime qui s’opposait aux vols souvent perpétrés dans les magasins alors que lui Donatien ne s’en préoccupait pas et qu’Adolphe s’en accommodait bien. Adolphe particulièrement ne s’entendait pas avec la victime car, quand Sintondji allumait la lampe qui éclairait les lieux, il passait l’éteindre régulièrement… Me Alexandrine F. Saïzonou-Bèdiè relève les déclarations contradictoires de l’accusé, qui soutenait devant les gendarmes avoir vu les assaillants de Sintondji, puis affirme devant la Cour qu’il dormait au moment des faits. Elle l’amène à dire que c’est à son réveil, après 3h du matin, qu’il les a vus. Ce dont elle se fait donner acte. Autant qu’elle fait constater à la Cour le silence pesant de l’accusé quand elle lui demande ce qu’il pense de la mise hors de cause de Charles. C’est un accusé décidément inconstant qui dépose. Après avoir déclaré qu’à son réveil, il a vu Charles et Adolphe qui lui ont demandé d’aller faire la ronde dans un autre quartier de l’aire BETREXCO, il développe encore qu’il a simplement vu Charles qui a appelé Adolphe au téléphone, ou se mure carrément dans le silence face à certaines questions. La Cour s’agace que l’accusé se montre agacé par l’instruction à la barre, qu’il se montre fatigué d’être cuisiné et lui fait remarquer que c’est lui qui détient la clé du dossier, s’il veut bien aider à la manifestation de la vérité.
Donatien estime que les auteurs du crime ont agi dans le but de lui faire porter la responsabilité. Mais il paraît curieux à la Cour que ce père de six enfants, qui dit gagner 25.000 FCFA comme gardien, puisse rentrer presque toujours sur Takon (NDLR : à quelques 45 kilomètres de son lieu de travail), dépensant en moyenne 20.000 FCFA. D’où la préoccupation de la Cour relativement à ses moyens de subsistance. Donatien explique qu’il avait son champ qu’il mettait en valeur en allant régulièrement y travailler. Et, en fin de compte, Donatien jure ne rien connaître de la mort de la victime. Puis déclare ne pas pouvoir affirmer formellement qu’Adolphe en sait plus, mais avoir déduit qu’il devait être mêlé au crime en raison de la mésentente entre lui et la victime.
Adolphe cité par méchanceté ?
Quand Adolphe dépose, il raconte avoir été appelé cette nuit-là du téléphone portable de Charles, mais que c’est Donatien qui l’appelait pour l’informer du drame, et qu’il les a rejoints (Donatien, Charles et un agent de la société MSA), pour se rendre compte que Sintondji est mort. Il dit avoir aussitôt appelé la brigade ainsi que les responsables de la société et s’être étonné de ce que Donatien ait pu dormir autant comme il le soutient, sans se rendre compte qu’un drame se produisait. Expliquant avoir été cité à tort par Donatien, il ne peut retenir ses larmes. La Cour le prie d’y aller posément et lui signale que ses larmes n’influenceront pas sa décision. Il poursuit sa déposition, développe n’avoir aucun problème avec la victime, pas plus qu’il n’a jamais participé à un réseau de vol de riz, ni ne s’est évertué à éteindre la lampe éclairant les lieux ; celle-ci subissant plutôt la baisse de tension. Quant à son implication, Donatien lui aurait déclaré, durant leur détention, que c’est en écho au fait de l’avoir soupçonné lui, qu’il l’a cité en retour. En tout cas, lui se dit préoccupé parce que le meurtre serait intervenu à moins de dix mètres de là où Donatien est censé dormir. Et, en tout cas, il se prévaut d’un bon alibi : il a dormi près de l’une de ses femmes cette nuit-là. C’est là qu’il était quand il a reçu l’appel nocturne l’invitant à se rendre sur les lieux du drame. Mais cette femme, lors de l’enquête préliminaire, a déclaré qu’il était juste passé manger et était reparti, avant de se dédire plus tard, en soutenant la thèse de son mari. Pourquoi, lui Adolphe, demandait de laisser le portail du domaine ouvert ? Il soutient qu’il n’en est rien. Et Donatien appuie que le mur de clôture n’était pas haut, donc que le portail fut fermé ou pas, cela n’empêchait pas d’opérer…
La Cour, comme la défense, veulent bien percer le mystère du meurtre. Me Alexandrine F. Saïzonou-Bèdiè particulièrement cherche à comprendre si les gendarmes et policiers partis sur les lieux n’ont pas relevé des traces. Donatien laisse entendre que la chemise de Charles a été retrouvée sur place…
«La vie humaine n’a pas de prix»
Témoin, Mathias Zanvo passe à la barre. Il raconte que cette nuit-là, autour de 4h du matin, Donatien est allé lui dire que son collègue était indisposé et l’invitait à venir lui porter assistance. Mais une fois sur place, il verra la victime déjà morte et baignant dans du sang. Il précise qu’en venant l’appeler, Donatien était accompagné d’un jeune homme qui ne travaille pas avec eux, et que c’est pourquoi ils l’ont soupçonné après d’être l’auteur du meurtre.
A sa suite, Désiré Oscar Assogba dépose comme sachant. Ce diplomate de formation, responsable de la communication chez AGIPS Sécurité, la société qui emploie Donatien, n’est pas vraiment utile à la Cour. Mais sa déposition permet d’envisager que le meurtre peut avoir été commis tant par des personnes internes qu’externes à la société.
Sachant lui aussi, Cosme Kpamègan dont Donatien est l’agent, n’est arrivé sur les lieux du drame qu’au petit matin, pour constater la mort de son autre agent. A son avis, l’auteur du crime est très certainement dans l’entourage immédiat de la victime. Car, si c’est un externe qui a perpétré l’acte, il aurait dû s’en prendre à tous ceux qui étaient sur les lieux au lieu de s’en prendre à un seul agent. Enfin, Soulé Saka, responsable de société de gardiennage et autre sachant, a eu aussi les échos du drame et a appris que c’est Tossénou Adolphe qui est l’auteur du crime. Malheureusement, précise-t-il quand Me Saïzonou-Bèdiè lui demande de citer ses informateurs, ces agents-là sont décédés. Ce Tossénou, gardien-superviseur, est peut-être de mauvaise moralité mais Soulé Saka soutient qu’il n’a jamais reçu de plainte de ses clients, relativement aux cas de vols de riz survenus dans les magasins gardés par ses agents. Plus tôt mis en cause par Donatien relativement aux vols, Adolphe s’en était vivement défendu.
Les parents de la victime ne se constituent pas parties civiles parce que, justifient-ils, l’homme n’a pas de prix.
Sont-ils coupables ?
S’il y a bien eu mort d’homme, s’agissait-il d’un assassinat et les accusés sont-ils bien les auteurs du crime ? C’est ce que Gilles Modeste Sodonon, avocat général de service, devait démontrer. S’il a pu aisément faire remarquer qu’il y a eu mort suite aux coups reçus par Sintondji, ainsi que l’atteste le certificat médical, y a-t-il eu guet-apens ? Y a-t-il eu préméditation ? Selon lui, les assassins de Sintondji avaient connaissance de son positionnement devant le magasin dont il assurait la sécurité, de même qu’ils connaissaient les dispositions du lieu. Et se fondant sur les déclarations du témoin ou des sachant, il souligne que c’est forcément des habitués des lieux qui ont dû perpétrer le crime. Mieux, les témoignages recueillis illustrent les lourds soupçons qui ont pesé sur eux, et les longs silences de Donatien ne sont pas de nature à plaider pour lui. De même que ses variations régulières. A cela, Gilles Modeste Sodonon ajoute le déplacement de l’échelle et de la table qui se trouvaient dans l’environnement immédiat de la victime, comme si on en a usé à l’occasion. Et comment expliquer aussi que celui qui prétend s’être endormi ait réussi à apercevoir les agresseurs de son collègue, mais soit allé dire aux autres agents que l’intéressé était indisposé plutôt qu’agressé et agonisant, voire mort. De même, comment comprendre qu’il ait déclaré lors de l’enquête préliminaire qu’il a crié pour appeler au secours mais tout le monde dormait, puis qu’il revienne dire qu’il dormait au moment des faits ? Toutes variations qui ne convainquent pas Gilles Modeste Sodonon.
Ce sont des assassins !
Pas plus que les déclarations de Houngbo Adolphe Tossénou qui aurait dû être sur les lieux du crime cette nuit-là, mais a déclaré avoir passé la nuit auprès de son épouse, alors que celle-ci dira le contraire avant de se rétracter. D’ailleurs si l’épouse est revenue sur ses déclarations, c’est fort probablement pour protéger son mari, lui éviter les ennuis ou la perte de son emploi. Surtout que l’intéressé lui-même dit par ailleurs, qu’il s’occupait des cérémonies d’obsèques de son beau-père, et que curieusement encore il se retrouve sur les lieux du crime. Tout ceci jette un doute sur Adolphe, relève le ministère public avant de soutenir qu’en réalité, Sintondji était un élément gênant car c’est lui seul qui s’opposait au vol. A ce propos, Adolphe n’a-t-il pas déclaré qu’il a demandé à être muté et que c’est peut-être parce que la hiérarchie tardait à donner suite à sa demande que l’on s’en est pris à lui ? Par ailleurs, Gilles Sodonon puise à la source des déclarations du sachant Soulé Saka pour mettre en cause la moralité d’Adolphe…
Enfin, reconnaissant que l’enquête de moralité leur est favorable, il requiert de la Cour qu’elle les déclare coupables des faits d’assassinat sur la personne de Sagbo Adrien Sintondji et qu’elle les condamne à 20 ans de travaux forcés.
Non, il faut les acquitter !
«Perplexe et révoltée» par les réquisitions du ministère public, Me Alexandrine F. Saïzonou-Bèdiè n’en croit pas un mot. Son client, dit-elle, n’a eu que la malchance de travailler sur un site de BETREXCO. Car, déplore-t-elle, il n’a pas démontré en quoi son client serait mêlé aux faits, avant de partir en récriminations contre la manière dont les dossiers de la Cour d’assises sont préparés et conduits. Sa ligne de défense, c’est que le principal accusateur de son client, son co-accusé n’est pas constant, a varié et soutenu dans un premier temps qu’Adolphe était impliqué dans les faits avant de se dédire. Mieux, martèle-t-elle, les autres gardiens ont bien déclaré ne pas l’avoir vu sur les lieux. Plus encore, l’endroit où il imposerait l’obscurité aux fins de favoriser d’éventuelles opérations louches, est souvent plongé dans le noir d’après le responsable même de la société de sécurité, qui déclarait à l’enquête préliminaire que lui-même ne s’y hasarde pas souvent. Mais la grosse préoccupation de Me Saïzonou-Bèdiè, c’est qu’elle ne comprend pas pourquoi le nommé Charles Hounkpatin, également mis en cause, n’est pas cité à comparaître… En outre, elle revient sur le chef d’accusation pour soutenir qu’il n’est même pas possible, en l’espèce, de dire en quoi consiste la préméditation, et précise qu’Adolphe, qui ne travaille pas pour la même structure que Sintondji, n’a rien à lui envier. Dans tous les cas enfonce-t-elle, on ne peut pas condamner sur la base de soupçons, et le ministère public aurait simplement dû requérir l’acquittement. C’est ce qu’elle fait, appelant la Cour à aller purement et simplement dans ce sens pour crime non établi, et tout au moins, au bénéfice du doute. Et si par extraordinaire la Cour devait entrer en condamnation, elle devrait se limiter au temps passé en détention.
Me Nestor Ninko, sur la même lancée, dit son émotion de devoir défendre «un innocent du crime d’assassinat mais coupable du crime de proximité» ; ceci pour avoir délaissé son champ au profit d’un hypothétique travail de gardien. Se ralliant aux arguments de droit de sa consœur, il se demande si la Cour d’assises est tenue à une obligation de résultat. C’est-à-dire, explique-t-il, si le ministère public a l’obligation de se coller aux réquisitions qu’il a préparées d’avance lorsque l’instruction à la barre démonte sa position. Car, bien qu’il y ait eu crime, il n’y a aucune preuve d’imputabilité des faits aux accusés présents à la barre, martèle Me Nestor Ninko. D’où il faut bien chercher qui a assassiné Sintondji, se demander si l’un des accusés a pu participer au crime, pour se convaincre que le droit processuel pénal béninois n’a pas encore consacré le crime de proximité. Qui, ici, se mue même en crime de sommeil d’un gardien, alors qu’il était préposé à la surveillance des lieux. «Oui, Akété devait dormir au regard de la distance qu’il parcourait pour aller travailler son champ en journée et revenir faire son travail de gardien la nuit» analyse Me Ninko. Avant de relever que quelqu’un qui a pu participer à un tel crime n’aurait eu mieux à faire que de faire semblant de dormir et attendre le matin pour se lever. Puis, Me Nestor Ninko s’appuie sur les témoignages constants, qui indiquent que son client est celui-là même qui a appelé à secourir la victime, et ne pense pas un seul instant que ce soit là l’attitude d’un assassin. Au demeurant, les réquisitions du ministère public ne sont fondées que sur des supputations, avance Me Ninko, insistant à nouveau sur le défaut d’imputabilité des faits de l’espèce aux accusés.
Comme sa consœur, Me Ninko plaide, au principal, l’acquittement pur et simple, l’acquittement au bénéfice du doute au subsidiaire. Et au très subsidiaire, au temps déjà passé en détention.
Acquittés
Ainsi épinglé, le ministère public réaffirme sa conviction que les accusés sont bien les auteurs du crime, et demande à la Cour de juger en droit et selon sa conviction. Chiche pour la défense, qui salue cette conversion et dénonce à nouveau les faiblesses de l’instruction, puis réitère que les accusés doivent être acquittés. Sur ce, arrive une pièce du dossier qui atteste que le sieur Charles Hounkpatin a bien été inculpé dans la procédure, mais libéré provisoirement après cinq ans et demi de détention préventive, et qu’il aurait donc dû être renvoyé devant la Cour d’assises ! La défense s’en saisit et déplore à nouveau l’absence de celui-là à la barre. La Cour la rassure que le ministère public poursuivra son travail pour la manifestation totale de la vérité. En attendant, les accusés du jour implorent de la Cour, qu’elle leur rende leur liberté. Adolphe particulièrement, les deux bras levés au ciel, implore le malheur sur lui-même s’il a effectivement pris part au meurtre de Sintondji. La Cour, après en avoir délibéré, a déclaré les accusés non coupables et les a acquittés au bénéfice du doute. Ils sont émus, s’inclinent devant la Cour. Leurs parents exultent. Adolphe écrase des larmes. Libres enfin après 9 et 5 ans de détention…
Société 27 août 2015

Au menu des débats hier mercredi 26 août, dans la grande salle d’audience B de la Cour d’appel de Cotonou, une affaire d’assassinat. Elle met en cause Agossou Donatien Akété et Houngbo Tossènou, deux jeunes gens qui se seraient rendus coupables de ce crime, et qui sont en détention préventive depuis le 29 mars 2006 pour le premier, et le 28 juillet 2010 pour le second. Ils sont respectivement défendus par Mes Nestor Ninko et Alexandrine F. Saïzonou-Bèdiè qui devaient convaincre la Cour de leur innocence ou, en tout cas, tenter d’amoindrir la peine à leur infliger. La cour de céans est présidée par Thierry Damase Ogoubi, encadré par Martial Boko, Florent Gnansomon (assesseurs) et par les jurés Hounyèmè Honoré Mello, Maurice Bènou Akodé, Kuessi Antoine Hossou, Lambert Aguessy puis Messan Dominique Lanmadoucélo (suppléant). Me Théogène Chéou est le greffier de l’audience.
Les faits de ce 26e dossier de la Cour d’assises se sont déroulés dans la nuit du 24 au 25 mars 2006 où le nommé Agossou Donatien Akété, agent de sécurité du groupe AGIPS, s’est présenté en compagnie d’un certain Charles vers 4h du matin, à ses camarades gardiens d’autres magasins de l’aire BETREXCO sis à Ekpè, commune de Sèmè-Podji, au motif que son co-équipier Sagbo Adrien Sintondji, ne se sent pas bien et qu’il sollicite leur secours. Transportés sur les lieux, ils ont constaté que Sagbo Adrien Sintondji gisait, inanimé, dans une mare de sang ; victime plus tôt d’une agression. Des investigations faites, il ressort que Houngbo Adolphe Tossénou et Agossou Donatien Akété ne sont pas étrangers à ce crime. Cependant, ils ont nié les faits à toutes les étapes de la procédure. Les bulletins N°1 de leurs casiers judiciaires ne portent mention d’aucune condamnation antérieure. Les enquêtes de moralité leur sont favorables. Et les rapports d’expertise médico-psychiatrique et psychologique ne font cas d’aucun trouble mental au moment des faits.
L’auteur idéal ?
Anciennement gardien dans une société privée de gardiennage, Agossou Donatien Akété travaille de nuit alors que Sagbo Adrien Sintondji était de service en journée. Ils se relayaient au poste de garde. Il ne reconnaît pas les faits et raconte que s’étant réveillé dans la nuit profonde et ayant aperçu Sintondji mal en point, il est parti appeler les collègues qui dormaient pour leur demander de venir le secourir. Pourtant, il était déjà décédé, lui fait observer la Cour. Oui, concède l’accusé. Pourquoi, aux gendarmes qui l’ont interrogé, il a déclaré avoir vu dans la nuit quatre individus s’en prendre à son collègue Sintondji. Il répond que c’est Houngbo Adolphe Tossénou seul qu’il a vu cette nuit-là. « Non », insiste Gilles Sodonon, qui lui rappelle qu’il avait bien déclaré avoir vu quatre personnes dont Adolphe Tossénou et un certain Charles Hounkpatin. Il admet que oui, précise sur interpellation de la Cour, que Charles a fui. Mais pourquoi n’avoir pas fait usage du sifflet mis à disposition des gardiens pour signaler les cas de danger et avoir préféré aller réveiller les collègues qui dormaient ? Comment n’a-t-il pas pu entendre les cris ou les gémissements de son collègue agressé cette nuit-là, qui n’a pas dû mourir sur place mais a probablement souffert un moment avant d’expier ? Il prétend s’être endormi… En tant que gardien de nuit, doit-il s’assoupir ou rester éveillé toute la nuit ? Il raconte qu’à minuit, tous les gardiens s’endorment. Les faits, pourtant, renseignent que Sintondji ne dormait pas. D’ailleurs, s’il dormait, c’est forcément sur sa couche qu’il aurait été agressé. Ce qui n’est pas le cas au dossier. Mieux, la victime, après avoir reçu le coup de poignard dans le cœur, a dû se traîner sur une certaine distance puisque des traces de sang ont été décelées.
Les débats conduisent l’accusé à révéler que c’est la victime qui s’opposait aux vols souvent perpétrés dans les magasins alors que lui Donatien ne s’en préoccupait pas et qu’Adolphe s’en accommodait bien. Adolphe particulièrement ne s’entendait pas avec la victime car, quand Sintondji allumait la lampe qui éclairait les lieux, il passait l’éteindre régulièrement… Me Alexandrine F. Saïzonou-Bèdiè relève les déclarations contradictoires de l’accusé, qui soutenait devant les gendarmes avoir vu les assaillants de Sintondji, puis affirme devant la Cour qu’il dormait au moment des faits. Elle l’amène à dire que c’est à son réveil, après 3h du matin, qu’il les a vus. Ce dont elle se fait donner acte. Autant qu’elle fait constater à la Cour le silence pesant de l’accusé quand elle lui demande ce qu’il pense de la mise hors de cause de Charles. C’est un accusé décidément inconstant qui dépose. Après avoir déclaré qu’à son réveil, il a vu Charles et Adolphe qui lui ont demandé d’aller faire la ronde dans un autre quartier de l’aire BETREXCO, il développe encore qu’il a simplement vu Charles qui a appelé Adolphe au téléphone, ou se mure carrément dans le silence face à certaines questions. La Cour s’agace que l’accusé se montre agacé par l’instruction à la barre, qu’il se montre fatigué d’être cuisiné et lui fait remarquer que c’est lui qui détient la clé du dossier, s’il veut bien aider à la manifestation de la vérité.
Donatien estime que les auteurs du crime ont agi dans le but de lui faire porter la responsabilité. Mais il paraît curieux à la Cour que ce père de six enfants, qui dit gagner 25.000 FCFA comme gardien, puisse rentrer presque toujours sur Takon (NDLR : à quelques 45 kilomètres de son lieu de travail), dépensant en moyenne 20.000 FCFA. D’où la préoccupation de la Cour relativement à ses moyens de subsistance. Donatien explique qu’il avait son champ qu’il mettait en valeur en allant régulièrement y travailler. Et, en fin de compte, Donatien jure ne rien connaître de la mort de la victime. Puis déclare ne pas pouvoir affirmer formellement qu’Adolphe en sait plus, mais avoir déduit qu’il devait être mêlé au crime en raison de la mésentente entre lui et la victime.
Adolphe cité par méchanceté ?
Quand Adolphe dépose, il raconte avoir été appelé cette nuit-là du téléphone portable de Charles, mais que c’est Donatien qui l’appelait pour l’informer du drame, et qu’il les a rejoints (Donatien, Charles et un agent de la société MSA), pour se rendre compte que Sintondji est mort. Il dit avoir aussitôt appelé la brigade ainsi que les responsables de la société et s’être étonné de ce que Donatien ait pu dormir autant comme il le soutient, sans se rendre compte qu’un drame se produisait. Expliquant avoir été cité à tort par Donatien, il ne peut retenir ses larmes. La Cour le prie d’y aller posément et lui signale que ses larmes n’influenceront pas sa décision. Il poursuit sa déposition, développe n’avoir aucun problème avec la victime, pas plus qu’il n’a jamais participé à un réseau de vol de riz, ni ne s’est évertué à éteindre la lampe éclairant les lieux ; celle-ci subissant plutôt la baisse de tension. Quant à son implication, Donatien lui aurait déclaré, durant leur détention, que c’est en écho au fait de l’avoir soupçonné lui, qu’il l’a cité en retour. En tout cas, lui se dit préoccupé parce que le meurtre serait intervenu à moins de dix mètres de là où Donatien est censé dormir. Et, en tout cas, il se prévaut d’un bon alibi : il a dormi près de l’une de ses femmes cette nuit-là. C’est là qu’il était quand il a reçu l’appel nocturne l’invitant à se rendre sur les lieux du drame. Mais cette femme, lors de l’enquête préliminaire, a déclaré qu’il était juste passé manger et était reparti, avant de se dédire plus tard, en soutenant la thèse de son mari. Pourquoi, lui Adolphe, demandait de laisser le portail du domaine ouvert ? Il soutient qu’il n’en est rien. Et Donatien appuie que le mur de clôture n’était pas haut, donc que le portail fut fermé ou pas, cela n’empêchait pas d’opérer…
La Cour, comme la défense, veulent bien percer le mystère du meurtre. Me Alexandrine F. Saïzonou-Bèdiè particulièrement cherche à comprendre si les gendarmes et policiers partis sur les lieux n’ont pas relevé des traces. Donatien laisse entendre que la chemise de Charles a été retrouvée sur place…
«La vie humaine n’a pas de prix»
Témoin, Mathias Zanvo passe à la barre. Il raconte que cette nuit-là, autour de 4h du matin, Donatien est allé lui dire que son collègue était indisposé et l’invitait à venir lui porter assistance. Mais une fois sur place, il verra la victime déjà morte et baignant dans du sang. Il précise qu’en venant l’appeler, Donatien était accompagné d’un jeune homme qui ne travaille pas avec eux, et que c’est pourquoi ils l’ont soupçonné après d’être l’auteur du meurtre.
A sa suite, Désiré Oscar Assogba dépose comme sachant. Ce diplomate de formation, responsable de la communication chez AGIPS Sécurité, la société qui emploie Donatien, n’est pas vraiment utile à la Cour. Mais sa déposition permet d’envisager que le meurtre peut avoir été commis tant par des personnes internes qu’externes à la société.
Sachant lui aussi, Cosme Kpamègan dont Donatien est l’agent, n’est arrivé sur les lieux du drame qu’au petit matin, pour constater la mort de son autre agent. A son avis, l’auteur du crime est très certainement dans l’entourage immédiat de la victime. Car, si c’est un externe qui a perpétré l’acte, il aurait dû s’en prendre à tous ceux qui étaient sur les lieux au lieu de s’en prendre à un seul agent. Enfin, Soulé Saka, responsable de société de gardiennage et autre sachant, a eu aussi les échos du drame et a appris que c’est Tossénou Adolphe qui est l’auteur du crime. Malheureusement, précise-t-il quand Me Saïzonou-Bèdiè lui demande de citer ses informateurs, ces agents-là sont décédés. Ce Tossénou, gardien-superviseur, est peut-être de mauvaise moralité mais Soulé Saka soutient qu’il n’a jamais reçu de plainte de ses clients, relativement aux cas de vols de riz survenus dans les magasins gardés par ses agents. Plus tôt mis en cause par Donatien relativement aux vols, Adolphe s’en était vivement défendu.
Les parents de la victime ne se constituent pas parties civiles parce que, justifient-ils, l’homme n’a pas de prix.
Sont-ils coupables ?
S’il y a bien eu mort d’homme, s’agissait-il d’un assassinat et les accusés sont-ils bien les auteurs du crime ? C’est ce que Gilles Modeste Sodonon, avocat général de service, devait démontrer. S’il a pu aisément faire remarquer qu’il y a eu mort suite aux coups reçus par Sintondji, ainsi que l’atteste le certificat médical, y a-t-il eu guet-apens ? Y a-t-il eu préméditation ? Selon lui, les assassins de Sintondji avaient connaissance de son positionnement devant le magasin dont il assurait la sécurité, de même qu’ils connaissaient les dispositions du lieu. Et se fondant sur les déclarations du témoin ou des sachant, il souligne que c’est forcément des habitués des lieux qui ont dû perpétrer le crime. Mieux, les témoignages recueillis illustrent les lourds soupçons qui ont pesé sur eux, et les longs silences de Donatien ne sont pas de nature à plaider pour lui. De même que ses variations régulières. A cela, Gilles Modeste Sodonon ajoute le déplacement de l’échelle et de la table qui se trouvaient dans l’environnement immédiat de la victime, comme si on en a usé à l’occasion. Et comment expliquer aussi que celui qui prétend s’être endormi ait réussi à apercevoir les agresseurs de son collègue, mais soit allé dire aux autres agents que l’intéressé était indisposé plutôt qu’agressé et agonisant, voire mort. De même, comment comprendre qu’il ait déclaré lors de l’enquête préliminaire qu’il a crié pour appeler au secours mais tout le monde dormait, puis qu’il revienne dire qu’il dormait au moment des faits ? Toutes variations qui ne convainquent pas Gilles Modeste Sodonon.
Ce sont des assassins !
Pas plus que les déclarations de Houngbo Adolphe Tossénou qui aurait dû être sur les lieux du crime cette nuit-là, mais a déclaré avoir passé la nuit auprès de son épouse, alors que celle-ci dira le contraire avant de se rétracter. D’ailleurs si l’épouse est revenue sur ses déclarations, c’est fort probablement pour protéger son mari, lui éviter les ennuis ou la perte de son emploi. Surtout que l’intéressé lui-même dit par ailleurs, qu’il s’occupait des cérémonies d’obsèques de son beau-père, et que curieusement encore il se retrouve sur les lieux du crime. Tout ceci jette un doute sur Adolphe, relève le ministère public avant de soutenir qu’en réalité, Sintondji était un élément gênant car c’est lui seul qui s’opposait au vol. A ce propos, Adolphe n’a-t-il pas déclaré qu’il a demandé à être muté et que c’est peut-être parce que la hiérarchie tardait à donner suite à sa demande que l’on s’en est pris à lui ? Par ailleurs, Gilles Sodonon puise à la source des déclarations du sachant Soulé Saka pour mettre en cause la moralité d’Adolphe…
Enfin, reconnaissant que l’enquête de moralité leur est favorable, il requiert de la Cour qu’elle les déclare coupables des faits d’assassinat sur la personne de Sagbo Adrien Sintondji et qu’elle les condamne à 20 ans de travaux forcés.
Non, il faut les acquitter !
«Perplexe et révoltée» par les réquisitions du ministère public, Me Alexandrine F. Saïzonou-Bèdiè n’en croit pas un mot. Son client, dit-elle, n’a eu que la malchance de travailler sur un site de BETREXCO. Car, déplore-t-elle, il n’a pas démontré en quoi son client serait mêlé aux faits, avant de partir en récriminations contre la manière dont les dossiers de la Cour d’assises sont préparés et conduits. Sa ligne de défense, c’est que le principal accusateur de son client, son co-accusé n’est pas constant, a varié et soutenu dans un premier temps qu’Adolphe était impliqué dans les faits avant de se dédire. Mieux, martèle-t-elle, les autres gardiens ont bien déclaré ne pas l’avoir vu sur les lieux. Plus encore, l’endroit où il imposerait l’obscurité aux fins de favoriser d’éventuelles opérations louches, est souvent plongé dans le noir d’après le responsable même de la société de sécurité, qui déclarait à l’enquête préliminaire que lui-même ne s’y hasarde pas souvent. Mais la grosse préoccupation de Me Saïzonou-Bèdiè, c’est qu’elle ne comprend pas pourquoi le nommé Charles Hounkpatin, également mis en cause, n’est pas cité à comparaître… En outre, elle revient sur le chef d’accusation pour soutenir qu’il n’est même pas possible, en l’espèce, de dire en quoi consiste la préméditation, et précise qu’Adolphe, qui ne travaille pas pour la même structure que Sintondji, n’a rien à lui envier. Dans tous les cas enfonce-t-elle, on ne peut pas condamner sur la base de soupçons, et le ministère public aurait simplement dû requérir l’acquittement. C’est ce qu’elle fait, appelant la Cour à aller purement et simplement dans ce sens pour crime non établi, et tout au moins, au bénéfice du doute. Et si par extraordinaire la Cour devait entrer en condamnation, elle devrait se limiter au temps passé en détention.
Me Nestor Ninko, sur la même lancée, dit son émotion de devoir défendre «un innocent du crime d’assassinat mais coupable du crime de proximité» ; ceci pour avoir délaissé son champ au profit d’un hypothétique travail de gardien. Se ralliant aux arguments de droit de sa consœur, il se demande si la Cour d’assises est tenue à une obligation de résultat. C’est-à-dire, explique-t-il, si le ministère public a l’obligation de se coller aux réquisitions qu’il a préparées d’avance lorsque l’instruction à la barre démonte sa position. Car, bien qu’il y ait eu crime, il n’y a aucune preuve d’imputabilité des faits aux accusés présents à la barre, martèle Me Nestor Ninko. D’où il faut bien chercher qui a assassiné Sintondji, se demander si l’un des accusés a pu participer au crime, pour se convaincre que le droit processuel pénal béninois n’a pas encore consacré le crime de proximité. Qui, ici, se mue même en crime de sommeil d’un gardien, alors qu’il était préposé à la surveillance des lieux. «Oui, Akété devait dormir au regard de la distance qu’il parcourait pour aller travailler son champ en journée et revenir faire son travail de gardien la nuit» analyse Me Ninko. Avant de relever que quelqu’un qui a pu participer à un tel crime n’aurait eu mieux à faire que de faire semblant de dormir et attendre le matin pour se lever. Puis, Me Nestor Ninko s’appuie sur les témoignages constants, qui indiquent que son client est celui-là même qui a appelé à secourir la victime, et ne pense pas un seul instant que ce soit là l’attitude d’un assassin. Au demeurant, les réquisitions du ministère public ne sont fondées que sur des supputations, avance Me Ninko, insistant à nouveau sur le défaut d’imputabilité des faits de l’espèce aux accusés.
Comme sa consœur, Me Ninko plaide, au principal, l’acquittement pur et simple, l’acquittement au bénéfice du doute au subsidiaire. Et au très subsidiaire, au temps déjà passé en détention.
Acquittés
Ainsi épinglé, le ministère public réaffirme sa conviction que les accusés sont bien les auteurs du crime, et demande à la Cour de juger en droit et selon sa conviction. Chiche pour la défense, qui salue cette conversion et dénonce à nouveau les faiblesses de l’instruction, puis réitère que les accusés doivent être acquittés. Sur ce, arrive une pièce du dossier qui atteste que le sieur Charles Hounkpatin a bien été inculpé dans la procédure, mais libéré provisoirement après cinq ans et demi de détention préventive, et qu’il aurait donc dû être renvoyé devant la Cour d’assises ! La défense s’en saisit et déplore à nouveau l’absence de celui-là à la barre. La Cour la rassure que le ministère public poursuivra son travail pour la manifestation totale de la vérité. En attendant, les accusés du jour implorent de la Cour, qu’elle leur rende leur liberté. Adolphe particulièrement, les deux bras levés au ciel, implore le malheur sur lui-même s’il a effectivement pris part au meurtre de Sintondji. La Cour, après en avoir délibéré, a déclaré les accusés non coupables et les a acquittés au bénéfice du doute. Ils sont émus, s’inclinent devant la Cour. Leurs parents exultent. Adolphe écrase des larmes. Libres enfin après 9 et 5 ans de détention…
Société 27 août 2015

Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, a reçu en audience dans la matinée d’hier mercredi 26 août, l’Auditeur général du Bénin Michel Dognon.
C’est à l’invitation du médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun que l’Auditeur général du Bénin a été reçu en audience. Occasion pour Michel Dognon de recevoir de son hôte de précieux conseils pour la réussite de sa mission. Il s’agit des conseils avisés d’autant que Joseph Gnonlonfoun est aussi bien imprégné du fonctionnement des corps de contrôle pour avoir été par le passé Garde des Sceaux ministre en charge de la Justice.
Selon Michel Dognon au sortir de l’audience, le médiateur de la République l’a invité à tirer leçons des insuffisances de l’ex-Inspection générale d’Etat (IGE) pour une véritable lutte contre la corruption et l’impunité au Bénin. A cet effet, l’Auditeur général souhaite le soutien de toutes les institutions de la République dont le médiateur de la République. Le soutien de ce dernier sera d’un appui important pour lui en ce sens que le médiateur de la République reçoit beaucoup de plaintes et de dénonciations contre l’administration publique, souligne Michel Dognon. Lesquelles dénonciations constituent des éléments de travail pour son institution dans le cadre des vérifications des ressources de l’Etat.
L’Auditeur général a annoncé que désormais l’accent sera mis sur la prévention des malversations à travers la réorganisation du système de contrôle interne des structures publiques.
Revenant à l’actualité du dossier PPEAII sur insistance des journalistes, un dossier dans lequel l’Auditeur général a été très actif dans l’élaboration du rapport du cabinet Kroll, un rapport qui a coûté près de 700 millions FCFA à l’Etat et qui a été jugé très mauvais par des députés de la Mouvance, la réponse de Michel Dognon ne s’est pas fait attendre. Il clarifie que le rapport Kroll est un rapport d’investigation. Avant ce cabinet américain, il y a eu celui de Fiduciaire consulting Group qui a identifié des irrégularités dans la gestion du projet PPEAII financé par les partenaires hollandais. Ce rapport n’a pas pu situer les responsabilités. C’est cette insuffisance qu’est venue corriger le rapport Kroll pour identifier nommément les responsables de ces irrégularités. Selon lui, le rapport Kroll est un document de bonne facture. « Tout ce que les politiciens disent c’est un autre débat. Le rapport Kroll est de très bonne qualité », martèle Michel Dognon avant d’insister que le rapport renseigne clairement sur tous les éléments qui accablent les agents concernés. Il a promis de mettre bientôt l’intégralité du rapport sur le site du bureau de l’Auditeur général pour permettre au public de s’en convaincre.

Le débordement du fleuve Niger et de ses affluents provoque comme par le passé la montée des eaux dans le septentrion. Outre les dégâts matériels qu’il peut causer, l’on doit s’attendre aussi à des maladies dues à l’eau comme le choléra. Quelles sont ses manifestations et les différentes mesures à prendre ? L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) propose quelques recommandations.
La saison des pluies bat son plein dans le Nord Bénin. La montée des eaux des cours d'eau qui arrosent cette partie du pays doit interpeller plus d’un. Les populations des communes de Kandi et de Ségbana, de Karimama et de Malanville subissent déjà les affres de l’inondation. Les lacs et les différents cours d’eau du Sud accueilleront donc bientôt ces eaux avec leur cortège de maladies hydriques qui surgiront si des dispositions de prévention en la matière ne sont pas prises. L’une des maladies contre laquelle les populations doivent se tenir en alerte, à cause des dangers auxquels elles sont désormais exposées, est le choléra.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le choléra est une infection intestinale aiguë due à l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par le bacille Vibrio cholerae. La durée d'incubation est courte, de moins d'un jour à cinq jours. Le bacille produit une entérotoxine qui provoque une diarrhée abondante, indolore pouvant aboutir rapidement à une déshydratation sévère et à la mort du sujet, si le traitement n'est pas administré rapidement. La plupart des patients présentent aussi des vomissements.
Nombreux des sujets infectés ne présentent aucun symptôme bien que le bacille soit présent dans leurs selles pendant 7 à 14 jours. En cas de maladie, 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément sévères et il est alors difficile de les distinguer cliniquement parmi d'autres types de diarrhées aiguës. Moins de 20% des malades développent le choléra typique avec des signes de déshydratation modérée ou sévère.
A l'échelle mondiale, poursuit l’OMS, le choléra reste toujours une menace et il est l'un des principaux indicateurs du développement social. Si cette maladie n'est plus une menace dans les pays appliquant des règles minimales d'hygiène, elle représente toujours un défi dans les pays qui ne peuvent garantir l'accès à l'eau de boisson saine et à des conditions d'assainissement suffisantes. Presque tous les pays en développement doivent faire face à des flambées épidémiques de choléra ou à la menace d'épidémies.
Prévention
Les mesures de prévention du choléra consistent principalement à fournir de l’eau potable et des moyens d’assainissement adéquats aux populations qui n’ont pas encore accès aux équipements de base. L’éducation pour la santé et une bonne hygiène alimentaire jouent un rôle tout aussi important.
On rappellera aux communautés, les comportements de base en matière d’hygiène, notamment la nécessité de se laver les mains avec du savon après avoir été à la selle et avant de manipuler des aliments ou de manger, ainsi que la préparation et la conservation adéquates des aliments. Les médias (radio, télévision ou journaux) doivent être associés à la diffusion de messages d’éducation de la santé. Les dirigeants communautaires et religieux doivent aussi être associés aux campagnes de mobilisation sociale.
En outre, le renforcement de la surveillance et de l’alerte précoce contribuent beaucoup à la détection des premiers cas et à la mise en place des mesures de lutte. En revanche, une antibiothérapie communautaire systématique ou une chimioprophylaxie de masse n’a aucun effet sur la propagation du choléra, mais elle peut avoir des effets néfastes en augmentant la résistance aux antimicrobiens et donne un sentiment de sécurité trompeur.
Les recommandations de l’OMS
Les pays jouxtant un territoire touchés par le choléra doivent prendre les mesures suivantes: améliorer la préparation afin de pouvoir agir rapidement en cas de propagation d’une flambée au-delà des frontières et d’en limiter les conséquences; améliorer la surveillance pour obtenir de meilleures données concernant l’évaluation du risque et le dépistage précoce des flambées, notamment la mise en place d’un système de surveillance actif.
Il convient toutefois d’éviter les mesures suivantes qui se sont révélées inefficaces, coûteuses et vont à l’encontre du résultat recherché : une antibiothérapie communautaire systématique ou une chimioprophylaxie de masse qui n’a aucun effet sur la propagation du choléra et peut avoir des effets néfastes en favorisant la résistance aux antimicrobiens et un sentiment trompeur de sécurité; les restrictions à la liberté de circulation des personnes et des marchandises entre les pays ou entre différentes régions d’un pays; la mise en place d’un cordon sanitaire aux frontières, mesures qui détournent des ressources et empêchent un bon esprit de coopération entre les institutions et les pays au lieu d’unir les efforts.
Les principaux instruments de la lutte
Les principaux instruments de la lutte anticholérique sont : une prise en charge adéquate et rapide des cas dans des centres de traitement du choléra; une formation spécifique à la bonne prise en charge des cas, couvrant aussi la prévention des infections nosocomiales ; le stockage préalable de fournitures médicales en quantités suffisantes à l’endroit voulu pour la prise en charge des cas ; un meilleur accès à l’eau potable, à des moyens d’assainissement adéquats, à une bonne évacuation des déchets et à la lutte anti vectorielle ; une amélioration de l’hygiène et des pratiques de sécurité sanitaire des aliments; une amélioration de la communication et de l’information.
Santé 25 août 2015

L’ambassadeur de la République populaire de Chine, Ming-sheng Diao, a remis un chèque de 20 000 000 FCFA au ministère de la Famille, des Affaires sociales, de la Solidarité nationale, des Handicapés et des Personnes du Troisième âge (MFASSNHPTA). Ce chèque reçu pas Honorine Attikpa, hier jeudi 20 août à la salle de conférence dudit ministère servira à la réalisation des programmes de lutte contre les violences basées sur le genre.
Dans le but de favoriser le développement social, la protection sociale et la solidarité, l’ambassadeur de la République populaire de Chine près le Bénin, Mingsheng Diao, a procédé à la remise d’un chèque de 20 000 000 FCFA au ministre en charge de la Famille. Cette cérémonie de remise de chèque intervient après une série d’actions menées par l’ambassade de la République populaire de Chine lors de la célébration de la Journée internationale de la femme, édition 2015, et d’une promesse faite au ministre. A cet effet, l’ambassadeur Mingsheng Diao a appuyé le ministère d’un montant de 5 000 000 FCFA et avec des tee-shirts. Par la suite il a fait don de micro-ordinateurs de table pour les services déconcentrés du ministère en charge de la Famille. Par ces gestes, l’ambassadeur entend maintenir les relations d’amitié avec le Bénin via ce ministère et apporter son soutien aux efforts de développement social.
Dans son allocution, le ministre de la Famille, des Affaires sociales, de la Solidarité nationale, des Handicapés et des Personnes du Troisième âge (MFASSNHPTA) Honorine Attikpa a loué le montant de ce chèque et la promptitude de l’ambassadeur à tenir sa promesse. «Le montant que vous mettez à la disposition de mon ministère servira à amorcer la mise en œuvre de la sensibilisation des populations sous les violences basées sur le genre à travers le Projet de promotion des droits de la femme dans les départements du Mono-Couffo et du Zou-Collines par la vulgarisation des lois protégeant les femmes», a-t-elle déclaré. A cet égard, elle entend mener plusieurs actions dont, entre autres, la conception et la multiplication des supports de sensibilisation; le suivi des séances par les directeurs départementaux; la supervision des séances par l’équipe du ministère; la signature du contrat de partenariat avec quatre radios locales pour la réalisation d’émissions.
Honorine Attikpa a, par ailleurs, transmis toute sa gratitude de même que celle du gouvernement à l’ambassadeur et ses sincères remerciements au peuple de la République populaire de Chine. Elle n’a pas manqué de remercier également, au passage, tous les partenaires techniques et financiers sans lesquels sa mission ne pourra être accomplie.
Pour finir, ils ont procédé à la signature des accords qui vont désormais régir les deux institutions.
Par Ronie Floride AGAMMA et Inès MARCOS (stagiaires)
Actualités 20 août 2015