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La Police républicaine a décidé d’expliquer désormais aux populations, tous les jeudis, à travers des sorties médiatiques, les actions qu’elle mène en leur faveur pour mieux assurer leur sécurité. Le directeur général, le général Nazaire Hounnonkpè et ses collaborateurs ont fait une première sortie, ce jeudi 31 mai à Cotonou. Occasion pour eux de montrer les fruits des dernières actions qu’ils ont menées dans le cadre de la lutte contre la criminalité à travers le pays.
« La Police républicaine n’est pas essoufflée dans sa lutte contre les cybercriminels et l’insécurité dans tout le pays », a rassuré le général Nazaire Hounnonkpè. Au contraire, la traque continue, explique le directeur général de la Police Républicaine, avant d’ajouter que « Si on n’en parle plus beaucoup, c’est parce que le phénomène a diminué ». Il donnait ces explications, hier, à l’occasion de la première sortie médiatique de la hiérarchie policière pour expliquer les actions qui sont désormais menées pour mieux assurer la sécurité des populations.
Pour Nazaire Hounnonkpè, la sortie d’hier est un exercice pour éduquer. Car, l’équipe qu’il dirige aujourd’hui, dit-il, a fait l’option de travailler en parfaite symbiose avec tous les acteurs de la vie sociale. « On ne peut pas faire la sécurité ex- nihilo. Elle se fait dans une approche intégrée. La population a son rôle à jouer de même que les différentes couches qui ont leur partition à jouer », explique le directeur général de la Police républicaine.
Selon lui, plusieurs opérations ont été menées ces derniers jours. C’est ainsi que tour à tour, les directeurs départementaux de la Police républicaine sont venus faire le point desdites opérations dans leurs départements respectifs.
A commencer par la direction de l’Office central de répression du trafic illicite de drogue et des précurseurs du Bénin (Ocertid). Ici, le directeur Florent Agbo a expliqué que les quelques opérations menées l’ont été avec d’autres unités comme la douane.
Pour le directeur de l’Ocertid, son office a opéré ces derniers jours, des saisies qui concernent le canabis, la cocaïne. Près de 20 kg de canabis et 5 kg de cocaïne à l’Aéroport de Cotonou avec la collaboration de la douane et de la Brigade spéciale de l’Aéroport. Il y a été également saisi de la drogue dissimulée dans des appareils d’imprimerie appelés lamineuses. Et selon Florent Agbo, des enquêtes sont en cours pour retrouver les propriétaires des bagages dans lesquels ces produits prohibés ont été retrouvés.
A la direction départementale de la Police républicaine de l’Atlantique, le chef d’escadron, Jean-Claude Kuika, a informé qu’il a été saisi des appareils qui servent à multiplier les pièces de monnaie avec d’autres produits comme le plomb. Des individus ont été interpellés et des enquêtes sont en cours pour démanteler ce réseau qui se déploie sur tout le territoire national, explique le directeur départemental.
Au niveau de la direction départementale des Collines, trois affaires ont été exposées par le directeur départemental, le commissaire principal de Police, Aurélien Ahichémey. La première est la saisie des armes chez des individus qui se disent chasseurs. La deuxième est la saisie de 15 millions de francs Cfa de faux billets de 10 000 francs Cfa. C'est l'oeuvre d’un réseau qui a ses ramifications sur tout le territoire national. Quant à la troisième affaire, elle est relative à la saisie des munitions. Et l’auteur serait un vendeur non seulement de ces munitions mais également armes.
Le quatrième département qui a présenté ses résultats liés aux actes d’insécurité est le département du Couffo. Ici, le directeur départemental, le commissaire principal de Police, Constant Hachémè, a expliqué que les hors-la-loi opèrent par escroquerie et par vol de véhicules. L’autre forme d’arnaque que déplore le directeur départemental, c’est que les auteurs se rendent dans les marchés, les jours de leur animation pour proposer aux étrangers la vente des produits vivriers à des coûts bas. Des produits qu’il faut conduire les acheteurs à aller chercher dans les champs. Et c’est en cours de chemin que ces étrangers sont dépouillés de leurs biens.
La détermination
Au regard de tous ces actes, le secrétaire général de la Police républicaine, le colonel Pascal Odéloui, déclare que sa structure est déterminée plus que jamais à mener une lutte implacable contre les criminels qui abusent de la population. Et en ce qui concerne ces actes criminogènes qu’ils ont posés, le colonel Pascal Odéloui estime qu’ils ont causé beaucoup de préjudices. C’est pourquoi, il souhaite que cette lutte ne soit pas d'affaire de la Police républicaine seule, mais commune. Cette lutte, selon lui, doit être dans les ménages, par la sensibilisation, l’éducation des enfants et dans les lieux de service et de plaisir. Car, si on ne prend pas les dispositions en conséquence, ce qui arrive aux autres peut arriver à tout le monde. Et paraphrasant un vieux proverbe, il déclare que « le poisson qui est dans l’eau ne sait pas que c’est cette même eau qui va servir un jour à le cuire ». Donc si on ne dénonce pas les criminels tapis dans l’ombre et au sein des populations, ils peuvent se retourner contre elles?
Société 01 juin 2018

La cour d’assises de la cour d’appel de Parakou a examiné, mercredi 30 mai dernier, le neuvième dossier inscrit à son rôle. Pour une affaire de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente, Djodi Kéori a été condamné à 5 ans de réclusion criminelle.
Le désir de protéger la femme de son cousin a conduit Djodi Kéori à des impairs. Il l'a appris à ses dépens. Mis en détention depuis le 11 avril 2016, il était devant la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou, mercredi 30 mai dernier, pour répondre d’une infraction de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente à Altinè
Tchoumon. Il est désormais fixé sur son sort ; la cour présidée par Abdou-Moumouni Gomina Séïdou dont les assesseurs étaient Richard Limoan et Marius Houndji, lui a infligé 5 ans de réclusion criminelle, en s’appuyant sur les dispositions de l’article 833 du Code pénal. Statuant sur les intérêts civils, elle considère la demande de la partie civile recevable et condamne l’accusé à payer 2 millions de francs Cfa en guise de dommages-intérêts à la victime.
A la barre, Djodi Kéori n’a pas nié les faits. Il a reconnu avoir fait usage de son coupe-coupe, parce que la victime qui, selon lui, était en train de draguer la femme de son cousin, s’est servie d’un bâton pour le frapper au dos.
Dans son réquisitoire, l’avocat général, Alexandre Azélokonon a situé l’élément légal de l’infraction au niveau des articles 309 alinéa 3 et 311 du Code pénal. L’élément intentionnel a été l’utilisation volontaire d’un coupe-coupe pour amputer la victime de deux doigts. Le représentant du ministère public exclut l’existence de toute circonstance atténuante et de l’excuse de provocation. Il requiert que la cour déclare Djodi Kéori coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente. Après avoir demandé, au prime abord, de le condamner à 10 ans de réclusion criminelle, il ramènera la peine à 5 ans par la suite.
Défendant les intérêts de l’accusé, Me Enoch Chadaré fera remarquer que la vie d’un homme peut basculer en une fraction de seconde. Tel est le cas de son client et de la victime. Il implore la clémence de la cour et demande une sanction éducative.
Du retour du délibéré, la cour condamne Djodi Kéori à 5 ans de réclusion criminelle. Il retourne en prison pour près de trois ans encore?
Les faits
Le dimanche 27 mars 2016, Altinè Tchoumon et ses amis ont été invités par des jeunes filles à une cérémonie de mariage dans le village de Poêla, arrondissement de Sokotindji, à Sègbana. A leur arrivée sur les lieux, ils ont rencontré Azara Assane, fiancée d’Amadou Adamou, à qui ils ont demandé la position des filles qui les ont invités. C’est au cours de cet échange que Djodi Kéori a fait irruption, en déclarant sur un ton autoritaire qu’Azara Assane était fiancée et se serait mis à la battre.
Altinè Tchoumon est alors intervenu pour ramener le calme, puis demandé à rentrer. Azara Assane les supplia d’attendre et partie à la recherche des trois filles qui les ont invités. Mais à son retour, la situation va dégénérer. Alors qu’elle s’apprêtait à les informer de sa recherche infructueuse, Djodi Kéori apparu une nouvelle fois. Il dégaina son coupe-coupe et a envoyé un coup sur la main gauche d’Altinè Tchoumon, lui sectionnant deux doigts, le majeur et l’annuaire.
Boris Brice Legba[/caption]L’étudiant béninois Boris Brice Lègba, a reçu le Prix Auf doté d’un séjour culturel et académique à Paris en 2019. C’est à l’issue de la finale du concours international d’éloquence organisé le 28 mai au Panthéon par l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Trois candidats ont été récompensés dont le Béninois.
C’est le sujet «La plume plutôt que le pavé» que le tirage au sort avait attribué à Boris Brice Lègba, dont il a défendu la version affirmative, face à un défenseur de la version négative, qui lui a valu le «graal». Cet étudiant en deuxième année de thèse de biochimie, microbiologie et pharmacologie de l’Université d’Abomey-Calavi gagne un séjour culturel et académique à Paris en 2019 au Concours international d’éloquence 2018, organisé par l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (Auf).
C’est un jury présidé par Georges Haddad, président de l’Université´ Paris 1
Panthe´on-Sorbonne, qui a départagé les huit candidats finalistes.
Jean-Paul de Gaudemar, recteur de l’Auf, en remettant le prix a dit toute sa satisfaction pour cet essai qui est, pour lui, une réussite. Il souhaite alors dès l’année prochaine étendre le concours à toute la Francophonie, à toutes les universités membres qui souhaiteraient y participer. « Je suis certain qu’il aura beaucoup de succès, à la fois parce qu’il est la plus belle démonstration du talent des étudiants et parce qu’il permet de développer leurs ‘’soft skills’’ », a-t-il déclaré.
Pour cette première édition internationale du concours, le continent africain était à l’honneur avec la participation initiale de seize candidats, issus de neuf universités africaines et autant de pays. Les premiers duels internationaux avaient ainsi opposé, le 5 mai 2018, seize étudiants de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne à seize étudiants issus d’universités africaines, membres de l’Auf et partenaires de Paris 1.
Six candidats africains et dix candidats de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne s’étaient alors qualifiés pour la demi-finale du concours international d’éloquence du 23 mai.
À l’issue de la demi-finale, huit candidats ont été´ retenus pour la dernière étape. Sur les huit finalistes du concours, deux autres candidats étaient issus d’universités africaines membres de l’Auf : Sidoine Dako, étudiant en deuxième année de licence de sciences agronomiques a` l’Université´ d’Abomey-Calavi, et Charbaunier Itsissa, étudiant en première année de master de droit prive´ a` l’Université´ Marien N’gouabi au Congo.
Ce concours s’inscrit dans le cadre du festival « Quartier du livre 2018 » organisé par la Mairie du Ve arrondissement de Paris, dont l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’Auf sont partenaires.
Le DI de l'ONIP expliquant le role que joue chaque machine [/caption]Une délégation d’étudiants en journalisme de l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (Istic) du Burkina Faso accompagnés de leurs responsables, séjourne au Bénin depuis le dimanche 27 mai dernier. Dans le cadre de cette sortie pédagogique, ils ont été accueillis à l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip), ce jeudi 31 mai. C’est dans le but de partager les connaissances en journalisme et de vivre les réalités du quotidien de service public du Bénin.
« La visite est faite, on repartira la tête pleine avec des idées de ce que fait une entreprise de presse aussi efficace, dynamique et porteuse d’espoir ». Ainsi s’est exprimé Zoumana Traoré, directeur pédagogique de l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (Istic) après le passage des responsables et des étudiants de l’institut à l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip), ce jeudi. Avec Victorien Sawadogo, chargé de mission du ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, président du conseil d’administration du journal Sidwaya et enseignant formateur à l’Istic, il apprécie les efforts que déploie la direction générale pour faire rayonner l’Onip. « Nous avons visité La Nation non seulement pour avoir les meilleures pratiques dans le domaine de la presse écrite mais aussi de l’élaboration du journal jusqu’à la finition et la distribution », a affirmé le directeur pédagogique de l’Istic. Il a confié que les échanges avec les responsables du quotidien du service public ont permis de comprendre un certain nombre de choses que les étudiants ont intégrées. L’organisation de la rédaction ainsi que celle de la chaîne de production, la gestion d’une entreprise de presse, sa stratégie commerciale pour faire face aux grands défis, parce qu’il y a une question de rentabilité qu’il faut viser..., rien n’a échappé à son appréciation. Contrairement à son pays où le média du service public bénéficie de la subvention de l’Etat pour réussir sa mission d’information du peuple, le directeur pédagogique de l’Istic apprend, avec étonnement, que l’Etat béninois ne subventionne pas La Nation. Toutefois, le journal s’organise avec des produits qui lui sont rentables, intégrant les aspects de publicité pour faire face à ses charges. « Parce que nous au Burkina Faso, nous avons un média d’Etat toujours subventionné par l’Etat et ici vous êtes suffisamment autonomes », a-t-il laissé entendre. D’après lui, ses étudiants qui font l’économie des médias auront des éléments pour savoir le mode de gestion pour qu’une entreprise de presse soit viable.
Victorien Sawadogo, quant à lui, estime que le modèle économique et l’expérience de La Nation doivent faire école. La dématérialisation, une option prioritaire à l’Onip, a séduit le chargé de mission du ministre de la Communication du Burkina Faso qui se réjouit de l’intérêt de la visite pour ses étudiants. Dès lors, ces derniers, potentiels directeurs de média, sauront que c’est pour le public, la nation, qu’il faut travailler.
La délégation a parcours les différentes sections de l’office, appréciant la qualité des machines de l’imprimerie capables d’éditer à un prix abordable les journaux aux organes de presse. Rappelons que l’Istic forme dans trois filières à savoir la communication, le journalisme et la technique.

Un affrontement est survenu dans la matinée de ce jeudi 31 mai à Koudo, une localité de Lokossa, chef-lieu du département du Mono. C’était entre deux camps de ressortissants de la localité tombés en mésintelligence autour de l’application d’une mesure conservatoire portant sur l’exploitation des palmeraies.
L’affrontement est survenu suite à la récolte de régimes de palmier opérée par quelques individus dans la palmeraie de la Coopérative d’aménagement rural de Koudo. Alors que pour beaucoup d’autres citoyens, l’accès aux palmeraies est interdit jusqu’à nouvel ordre, selon leur compréhension de la mesure conservatoire. Dans le tumulte, des manifestants ont fait usage de fusil de fabrication artisanale. On dénombre trois blessés graves, tous référés aux centres de santé publics à Lokossa où des soins intensifs leur sont prodigués. Du corps d’une dame blessée, une dizaine de billes a été extirpée. Au plan matériel, six motos ont été également calcinées.
Alertée, la Police républicaine a aussitôt pris le contrôle de la situation et procédé, depuis lors, aux investigations en vue de ramener les meneurs de la fronde devant la Justice pour répondre de leurs actes.
Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo
Société 01 juin 2018

Devant la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou, mercredi 30 mai dernier, pour répondre des crimes d’assassinat et de complicité d’assassinat, Sanda Matchou et Guidado Djaodji ont connu des fortunes diverses. Alors que le premier a écopé de 20 ans de réclusion criminelle, le second a purement et simplement été acquitté.
La cour d’assises de la cour d’appel de Parakou était à son huitième dossier, mercredi 30 mai dernier. Il portait sur une infraction d’assassinat et de complicité d’assassinat sur dame Bambata Yobi et son bébé de 9 mois. A la barre pour s’expliquer leur implication dans sa commission, Sanda Matchou a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle et Guidado Djaodji acquitté purement et simplement, à l’issue du procès.
A l’audition, Sanda Matchou a indiqué que c’est en prison qu’il a connu Guidado Djaodji. Qu’il ne lui a jamais soumis un problème de faiblesse sexuelle auquel il serait confronté. Et que ce dernier ne lui a jamais demandé d’aller chercher une tête et du sang humains pour être soigné et prendre aussi une somme de 1 million de francs Cfa. Il s’en est pris à la victime parce qu’elle lui doit 200 000 F, fruit de la vente d’un taureau qu’il lui avait confié.
Alors que le président de la cour, Adame Banzou et l’avocat général, Jacques Fiacre Azalou, rapportent que la victime a été tuée avec une arme blanche, Sanda Matchou soutient mordicus que c’est plutôt suite au coup de fusil d’un certain Boukari Boubakar. Avant de se porter vers la dame, poursuit l’accusé, son complice resté introuvable lui avait remis des comprimés de « 5x5 » dont il a pris 10 sur-le-champ.
Des insuffisances
Pour l’avocat général, Sanda Matchou a commis un homicide volontaire avec préméditation et guet-apens. Il a pris le soin de prendre un médicament dérivé de la drogue pour se mettre en condition, avant de suivre nuitamment la victime sur le chemin du marché, puis l’a attaqué à coups de couteau. « Il a tout simplement assassiné la dame. Quant à son enfant de 9 mois, il a également été retrouvé sans vie, la tête enfouie dans le sable», a-t-il déploré. Il demandera à la cour de déclarer Sanda Matchou coupable d’assassinat, suivant les dispositions des articles 295 et 304 alinéa 4 du Code pénal, puis de le condamner à la perpétuité.
S’agissant de Guidado
Djaodji présent à la barre pour avoir été accusé de complicité d’assassinat, il a dit ne pas savoir s’il a réellement commandité l’assassinat. Ne disposant d’aucun élément pour établir sa culpabilité, il invitera la cour à l’acquitter purement et simplement.
A sa suite, les conseils de Sanda Matchou et de
Guidado Djaodji, Me Angelo Hounkpatin et Me Ibrahim Salami, demanderont à la cour d’examiner les faits à la lumière des réalités de notre société. Selon eux, le dossier a été mal ficelé, parce que Guidado Djaodji ne mérite pas de se retrouver à la barre. Si le rapport psychiatrique de Sanda Matchou avait été réalisé dans les temps voisins, a insisté Me Angelo
Hounkpatin, on lui aurait trouvé des circonstances atténuantes, à cause des comprimés qu’il a pris. « Sanda Matchou doit répondre de son acte. Mais sachez juger en pensant à le réinsérer, parce qu’il est un Peul qui a appris à vivre comme un marginalisé de la société », a-t-il plaidé.
Selon Me Ibrahim Salami, les faits qui justifient le présent procès ont plusieurs versions. La première, explique-t-il, c’est avec Boukari Boubakar qui est en cavale. La deuxième, c’est pour prélever des organes humains. « Lorsqu’on est en face des faits contradictoires, on s’en tient à des constances. Ce qui est sûr, il y a eu des morts, un couteau taché de sang dont on ignore si c’est celui de la victime que le dossier a prêté à Sanda Matchou», informe-t-il. Selon lui, son client Guidado Djaodji a été jeté en prison pendant quatre ans pour rien ; l’accusé principal ne l’ayant pas reconnu. Il ne plaide pas le doute, mais l’acquittement pur et simple.
En détention depuis le 6 janvier 2014, Sanda Matchou a encore plus de 15 ans à passer. Quant à Guidado Djaodji, il recouvre la liberté après en avoir été privé depuis le 1er janvier 2014.
Les faits
Le lundi 30 décembre 2013, dans l’arrondissement de Baréi, commune de Djougou, aux environs de 19 h, dame Bambata Yobi qui revenait du marché avec son bébé de 9 mois au dos, a été soudainement agressée par Sanda Matchou qui la tua à l’aide d’une machette. Il lui a asséné plusieurs coups à la poitrine, aux épaules et aux bras, avant d’égorger le bébé dont il enterra la tête à côté d’une bute d’igname.
Sanda Matchou indiquera qu’il a agi sous l’effet d’un produit pharmaceutique dénommé « Diazépam » que Guidado Djaodji lui aurait remis afin de décupler sa force et son courage. Il ajoute que ce dernier lui a demandé d’accomplir cet acte pour obtenir du sang et des organes humains afin de le guérir de sa faiblesse sexuelle et de lui permettre la fabrication de billets de banque contre la somme de 1 million de francs Cfa en guise de récompense.
Tels sont les faits soumis à l’appréciation du président de la cour, Adame Banzou dont les assesseurs étaient Essowè Batamoussi et Marius Ogou.
Air Taxi Bénin[/caption]Les vols réguliers Cotonou-Parakou de la compagnie Air Taxi Bénin ont été officiellement lancés, ce jeudi 31 mai à l’aéroport international Cardinal Bernadin Gantin de Cotonou. Le gouvernement était représenté à cette cérémonie par une délégation forte de trois ministres dont celui des Infrastructures et des Transports Cyr Koty.
« Bienvenue à bord », c’est par ces mots que le directeur général adjoint de la Compagnie aérienne Air Taxi Bénin, Claude Haro, a souhaité la bienvenue aux invités de la cérémonie de lancement des vols réguliers qu’offre sa compagnie aux particuliers, opérateurs économiques, hommes d’affaires et citoyens béninois.
Il affirme que l’Afrique ne représente que 3 % du trafic du transport aérien dans le monde, parce que de nombreuses difficultés entravent son développement.
Le directeur général d’Air Taxi Bénin, Charles Gagnon, rappelle que la compagnie qu’il dirige et qui a été créée en 2013, a obtenu son agrément en 2014. En juin 2015, il obtient son permis d’exploitation.
Charles Gagnon affirme qu’en 2017, Air Taxi Bénin a participé à sortir le Bénin de la zone à risque. Le permis est obtenu, selon lui, sur la base du sérieux de la compagnie.
Il rappelle que l’ambition du chef de l’Etat de développer le tourisme et de désenclaver le Bénin est une source d’inspiration pour les promoteurs de la compagnie. Pour cela, il promet de ne pas décevoir les clients et invite les Béninois à un bail de confiance.
Charles Gagnon appelle à l’indulgence des pouvoirs publics à accompagner l’initiative pour permettre de rendre les coûts des billets plus abordables.
Le ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty, a rassuré que le gouvernement à travers le ministère qu’il dirige, a suivi de bout en bout la réalisation du projet pour s’assurer que tout a été fait suivant les normes de l’organisation de l’aviation civile internationale. Toutes les activités de certification ont été suivies.
Le programme d’action du gouvernement vise, selon Cyr Koty, à tout mettre en œuvre afin que le développement de notre pays soit effectif. Il souhaite que les promoteurs mettent tout en œuvre pour des services de qualité ; l’autorité touristique attend beaucoup d’Air Taxi Bénin.
Air Taxi Bénin, pour ses prestations, utilise un avion Cessna Caravan de douze places, qui assure trois vols par semaine à savoir mercredi, vendredi et dimanche.

Un pouvoir implique une grande responsabilité. Cette sagesse, les amateurs des aventures des super-héros de Marvel la connaissent bien. C’est à tout le moins l’essentiel de ce qu’il convient de retenir dans l’affaire dite ‘’Suspension du journal La Nouvelle Tribune’’. Autant pour la HAAC que pour la presse, un pouvoir implique une grande responsabilité, chacun dans sa juste mesure.
Cela s’entend pour la HAAC d’assumer la sienne. Et la presse, de fait 4e pouvoir, de ne pas fragiliser la sienne par elle-même. Car, il ne suffit pas de déclamer, revendiquer, la liberté de presse, de brandir la liberté d’expression, encore faut-il assumer les responsabilités qui en découlent pour mieux mériter d’en jouir. Entendu que la liberté d’expression est un droit (inaliénable) humain, il va sans dire que ce droit ne va pas sans des devoirs connexes. Droits et devoirs, item du reste enseigné en journalisme, l’un ne va pas sans l’autre !
Droit et devoir
En l’occurrence, les notions de droit de la personnalité parmi lesquelles figurent le droit à l’image et le droit à la vie privée. Autant de droits très protecteurs qui appellent le journaliste à davantage de circonspection dans ses choix en matière de traitement de l’information. Ajouté à cela, les notions d’outrage et d’offense, protectrices des personnalités, et qui, il vaut mieux le savoir sont des notions à large spectre à l’instar de ‘’la raison d’Etat’’, non pas pour restreindre le champ de liberté du journaliste mais pour l’élargir en toute responsabilité. Ces droits autant que le droit à l’information du public sont des droits qui méritent égal respect.
Dans le cas d’espèce, il faut s’armer de si peu de courage pour admettre, en toute collégialité, que le journal La Nouvelle Tribune a berné, à en juger rien que sur les pièces produites par le président de la HAAC pour motiver sa mesure…conservatoire qui fait débat. Et vu l’ensemble des œuvres (en cause) de ce journal si peu défendable sur pièce du point de vue des règles journalistiques, il faut également convenir de ce que les associations professionnelles ont manqué à leurs obligations statutaires, en premier l’Observatoire de l’éthique et de la déontologie dans les médias (ODEM) doté des pouvoirs d’auto saisine et d’autorégulation ès qualité juge des pairs ; qui ne doit pas avoir perdu de vue ce qu’il convient de qualifier de dérives de La Nouvelle Tribune. Loin de toute auto flagellation, c’est pédagogique et intelligent de scruter le point de trébuchement plutôt que d’insister sur les failles du lieu de chute, selon un vieil adage du fond culturel béninois. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, et c’est une marque d’amour que de dire la vérité à ses amis, semble-t-il.
‘’La mission d’information comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s’imposent spontanément’’, édicte la Déclaration de Munich portant Charte des droits et des devoirs des journalistes, engageant ceux-ci au respect de la vérité, donc à ne pas donner valeur informative à leurs intimes convictions, à ne pas diffamer, à affirmer le respect de la personne, etc.
Le Code d’éthique et de déontologie béninois s’inspire largement de la Charte de Munich, et son respect scrupuleux ainsi que des règles journalistiques apporterait du crédit à la presse nationale qui s’illustre, hélas il faut le déplorer, de façon si peu orthodoxe qu’on ne la qualifierait pas sans lui attribuer des noms d’oiseau.
D’où les failles, d’où le président de la HAAC peut-il se permettre des mesures dites conservatoires. Se piquer au jeu de leur bien-fondé au point de vilipender l’autorité est vain. En raison de ce que, c’est bien l’autorité de régulation des médias ès qualité qui a pris ses mesures…conservatoires. La portée d’une telle décision, vu sous le prisme du droit et de la pratique (on parlera désormais de la jurisprudence Adam Boni Tessi), prend tout son sens lorsqu’elle est perçue comme une mesure provisoire, et comme telle, est dérogatoire. En d’autres termes, il n’est pas nécessaire qu’une telle faculté soit prévue par les textes régissant la HAAC (loi organique et consorts) ou les médias (Codes divers) en matière de régulation de la presse.
Procès en sorcellerie
Au-delà des condamnations factuelles, par principe, c’est donc un procès en sorcellerie qui est fait à Adam Boni Tessi, président de la HAAC. D’autant plus que, si l’on poussait un peu loin le bouchon, il n’est pas superfétatoire de soutenir que c’est bien la peine d’être président d’une institution constitutionnelle sans disposer de pouvoir dérogatoire, sans voix de prépondérance, de fait ou suivant les prérogatives prévues par les textes. Certes, une telle réflexion n’est pas pour plaire aux droits-de-l’hommistes, en tout cas, dans ce qui parait être leur jeu de rôle, à ces organisations de défense des droits humains, y compris certaines savantes gens qui, au Bénin, modulent leurs raisonnements en fonction des circonstances et des postures qu’elles veulent bien adopter au mieux de leurs intérêts de l’instant. Ceci, en méconnaissance (pour certains) ou par subtile feinte et mémoire sélective (pour d’autres) de ce que revêt le terme ‘’conservatoire’’, fut-il utilisé par extension par le président de la HAAC.
Alors, vouée aux gémonies par les bien pensants ces jours-ci, faut-il brûler la HAAC? Il faut aller chercher la réponse à cette interrogation dans une position soutenue par Vincent Delaporte à propos de ‘’mesures conservatoires’’ : L’idée de justice ne se réalise pas seulement de la sagesse des décisions juridictionnelles ; elle s’explique aussi dans leur rapidité et leur effectivité. Pour répondre aux attentes des justiciables las d’attendre trop longtemps des décisions qui, intervenues trop tard, sont dépourvues d’intérêt, le législateur moderne a tracé les voies procédurales d’une justice destinée à…prendre des mesures nécessitant l’examen de questions délicates mais que l’urgence ne permet pas de différer…pour prendre des mesures qui, sous la qualification de provisoires ou de conservatoires, sont bien souvent décisives pour la solution finale…On objectera, et cela a été largement dit dans la polémique née de la suspension de La Nouvelle Tribune, que la HAAC ne saurait se substituer au Tribunal. Mais c’est perdre de vue que l’instance de régulation comme on l’appelle est habilitée à prendre des…décisions qui ont force exécutoire y compris des astreintes pour frapper tout contrevenant…
Actualités 31 mai 2018
Le député Guy Mitokpè[/caption]Le député Guy Mitokpè est aux trousses de la société chinoise Yueken International Sarl qui a érigé ses installations de production d’alcool alimentaire au bord de la rivière Klou à Logozohè, commune de Savalou. Il a initié une question orale avec débat pour demander des explications au gouvernement qui a autorisé l’installation de cette entreprise en 2003.
Pour lui, l’installation de cette société semble sérieusement remettre en cause l’équilibre de l’écosystème de la rivière Klou et menacer dangereusement la santé des populations de Logozohè et des localités environnantes. L’usine aurait déversé jusqu’à ce jour, les eaux usées et les déchets issus de son système de production dans les eaux de ce marigot ; ce qui entraînerait la disparition des espèces aquatiques de la rivière Klou. Il se dégage également des activités de l’usine, à en croire le député de l’Opposition, du cyanure d’hydrogène, constituant une grave menace pour les populations de la région. Guy Mitokpè se dresse en avocat de ces dernières dont il est d’ailleurs le représentant en tant que parlementaire. Car, selon lui, la création d’emplois par l’implantation des usines par des investisseurs privés ou étrangers, ne doit en aucun cas constituer une autre source de danger pour l’environnement ou pour les populations.
Ainsi, se fondant sur les dispositions du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il invite le gouvernement à s’expliquer sur le dossier. Le député de la 16e circonscription électorale voudrait surtout savoir les démarches menées par les autorités du ministère en charge de l’Environnement afin d’évaluer les risques que courent les populations de Logozohè à cause des activités de cette usine d’une part ; et les dégâts sur l’écosystème et sur la rivière Klou, d’autre part. La question orale avec débat en date du lundi 28 mai dernier a été déposée sur la table du président de l’Assemblée nationale, mardi dernier. La procédure suivra son cours normal en vue de sa programmation pour examen par la plénière.
Société 31 mai 2018

Par « mal-développement », on comprend le développement qui, à défaut d’anticipation analytique ou de prospective stratégique sur les inconvénients possibles au-delà de ses propres avantages, fait une chute fatale dans l’imprévu en devenant préjudiciable aux populations. Le génie industriel, qui prétendrait être humain et jamais animal, a utilisé les déchets du pétrole pour fabriquer divers objets en plastique dont les sachets et les mèches, non biodégradables. Si l’utilité sociale sur le plan commercial, hygiénique et esthétique de ces sachets et mèches n’a pas manqué d’évidence aux yeux de tous, leur nuisibilité sociale s’est avérée également considérable sur le plan agricole, halieutique, sanitaire, etc.
L’avènement du « pure water » a fait le comble du malheur dont ils sont porteurs. Je laisse aux spécialistes de ces aspects le soin d’en parler à suffisance. Mais le moins que chacun sache, c’est que les sachets plastique ou les mèches synthétiques à tresser font des années, plus d’une centaine dit-on souvent, sur sol et dans le sous-sol en empêchant les racines des plants et des semis de prospérer pour de bonnes récoltes. Le moins que chacun sache, c’est que leur présence de plus en plus agressive dans les eaux de rivières, fleuves et océans empêche les poissons de s’épanouir. Le moins que chacun sache, c’est aussi que leur combustion pour lancer le feu des âtres serait cancérigène ou dommageable à la santé de tous ceux qui en inhalent la fumée. Les collecteurs d’eau ou caniveaux bourrés de sachets, de bouteilles plastiques et mèches synthétiques favorisent la prolifération des germes
pathogènes ainsi que l’inondation dans nos villes. Alors, si ce qui nous a fait du bien au départ se met à nous faire du mal à la fin, n’y aurait-il pas besoin de s’en débarrasser ?
Et s’en débarrasser, c’est aussi faire déterrer et ramasser tous les sachets, bouteilles en plastique et mèches synthétiques partout aux fins de les recycler chimiquement dans la fabrication de passoires, poubelles, paniers, garde-boue de moto, peignes et tutti quanti en attendant mieux. En effet, actuellement, internet nous révèle qu’au Japon et aux Usa existe une machine qui, déjà, reconvertit le plastique en pétrole brut ! Ce que je désigne par « inventivité de substitution » ne fait pas autre chose.
Gouvernance responsable
En supposant que le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire et la presse au Bénin feront preuve d’une gouvernance responsable et logique à travers la prise de dispositions pour d’accessibles
alternatives aux sachets interdits, je ne vais plus m’en occuper ici, me contentant seulement de les remercier d’avance. Mais avec un clin d’œil que je leur fais par rapport à l’utilisation classique, par les populations, des feuilles de teck ; de bananier ; des pages de vieux journaux et des emballages pour ciment dans nos villes et campagnes, avant lesdits sachets.
Certes, ces moyens classiques laissent à désirer en ce qui concerne leur qualité hygiénique. Mais les pouvoirs
publics pourraient assurer cette qualité en faisant la promotion commerciale de stérilisateurs ou de désinfectants appropriés, inoffensifs, à vils prix. Notamment au cas où les alternatives à proposer en lieu et place des sachets interdits seraient au-delà du pouvoir d’achat des communautés.
Tout compte fait, la loi n° 2017-39 du 3 novembre 2017 portant interdiction de la production, importation, commercialisation et utilisation de sachets en plastique non biodégradables en République du Bénin marque un déclic, comme dans d’autres pays consciencieux, pour un bon sens écologique et économique. En cela, elle est bienvenue en termes de renoncement à une forme de « mal-
développement » ! Néanmoins, reconnaissons qu’elle a péché par incompréhensible restriction pour n’être pas allée plus loin en intégrant à l’interdiction des sachets celle des mèches synthétiques à tresser ou en se préoccupant des bouteilles en plastique jetées pêle-mêle.
Pour l’écologie et l’économie, ne pourrait-on pas substituer aux mèches synthétiques d’autres en raphia, en kenaf ou en coton ? La loi n°2017-39 devrait donc se pencher en complément sur tous les cas, surtout sur le cas des mèches synthétiques importées dont raffole, face à l’absence d’alternatives biodégradables, la gent féminine pour ses coiffures. Ces mèches de diverses marques avec lesquelles nos mères, nos épouses, nos sœurs ou nos filles se font belles, créent les mêmes problèmes que les sachets tout en endormant l’inventivité écologique et économique du Bénin ou de toute l’Afrique au profit d’autres pays ou continents.
Le raphia, le kenaf et le coton qui sont des produits naturels biodégradables peuvent bel et bien servir à fabriquer de nouvelles mèches en remplacement de celles qui sont en synthétique non biodégradable. La fois dernière, j’ai eu pitié des poulets aux pattes ligotées ou coupées accidentellement par des mèches synthétiques usées, jetées sur les tas d’ordures de mon quartier.
Si des mèches en raphia, en kenaf et en coton pouvaient être adoptées, cela illustrerait aussi un bon sens écologique comme dans les alternatives aux sachets en plastique. En vertu d’un certain protectionnisme, le contexte de libéralisme économique, où nous sommes, se refuserait ainsi à être suicidaire pour notre démocratie.
Du bon sens écologique vers quelle inventivité ?
Le raphia et le kenaf, comme nouvelles filières agro-industrielles, accroîtraient le génie inventif de nos artisans et industriels qui les traiteraient avec finesse, les teinteraient en de multiples couleurs pour divers goûts esthétiques comme on en apprécie dans l’originalité vestimentaire des « Zangbéto », veilleurs de nuit, qui relèvent de la divinité au Bénin. Si l’on était tenu de donner un nom commercial, à partir d’un brevet d’invention, pourquoi ne les
appellerait-on pas, par exemple, « Mèches Thomas Sankara ou Winnie Mandela, made in Bénin ou in Africa » ? Tenez : il s’agit bien de Thomas Sankara du « consommons local » au Burkina Faso et de Winnie Mandela de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud !
De plus, n’oublions pas que si une chose est de voter la loi, autre chose est de réussir son application. Donc face à cette dualité, il conviendrait de se demander ce que les pouvoirs publics entendent faire pour atteindre les cibles, rééduquer chacun et tous à respecter ladite loi. S’il faut éviter de confirmer le « désert de compétences » dont parle la première autorité du pays ou l’une des premières du continent, je crois qu’autant est indispensable une communication de masse en français, en fon et en dendi par exemple, autant l’est une communication répétitive de proximité dans toutes les langues nationales, même les plus minoritaires, avec l’appui, au quotidien, des élus locaux, radios communautaires, associations de développement et organisations non gouvernementales (Ong). Car, sans communication récurrente en aller-retour entre le sommet et la base de la gouvernance, la démocratie renierait son essence et se ferait accuser de dictature.
La pollution des eaux, de l’air et de tout ce qui est espace de vie constitue une caractéristique de faux développement d’où est toujours absent le souci des malheurs charriés jusqu’aux générations futures. N’est-il pas bien ridicule de nous considérer comme des êtres humains à part entière lorsque notre prétendu paradis d’aujourd’hui porte déjà l’assurance d’un enfer pour nos descendances ? La déforestation croissante, le pillage des ressources naturelles, les affres des gaz à effet de serre, etc. sur lesquels bégaient les accords internationaux, relèvent de l’animalité à chaque fois que des alternatives réfléchies ne les accompagnent pas pour le développement humain durable.
A y penser sérieusement dans un élan futuriste, l’on ne dramatiserait rien en disant que l’humanité est dans une posture de suicide. Car l’être humain n’est pas que le produit de l’hérédité. Il est également le produit de son environnement. Et de ce point de vue, autant pour l’hérédité nous cherchons à avoir une progéniture de beauté et de santé en formant des couples phénotypiquement mignons et génotypiquement sains, autant pour notre milieu de vie et d’existence nous devons faire des calculs lucides et conséquents.
L’inventivité humaine doit être cultivée sans relâche pour faire face aux défis présents ou latents. En termes clairs, nous devons même bien étudier toute alternative, que ce soit pour les sachets en plastique ou les mèches synthétiques comme pour les bouteilles en plastique. A-t-elle fait ses preuves ailleurs comme alternative, sans d’autres dégâts ? Autrement dit, ses preuves ont-elles été évaluées empiriquement, tout au moins ? Conviendrait-elle au Bénin ou à l’Afrique à l’aune du niveau de vie et de culture des populations ?
La loi n°2017-39 du 3 novembre 2017 portant interdiction de la production, importation, commercialisation et utilisation de sachets en plastique non biodégradables en République du Bénin est sous-tendue non seulement par le bon sens écologique tantôt évoqué, mais également par un bon sens économique qui appelle également une inventivité.
Bon sens économique en effet, parce qu’une leçon élémentaire souligne qu’une économie où le pays exporte peu et importe beaucoup ne saurait être performante, compétitive et viable. Les sachets, bouteilles en plastique et les mèches synthétiques font sortir beaucoup de devises du Bénin ou de l’Afrique vers l’extérieur en rendant contre-productive, dans ce registre, leur économie tout en détruisant leur bien-être écologique.
En sortant un peu de la contre-productivité économique par cette loi, il nous faut, en conséquence, aller rapidement à une nouvelle créativité ou inventivité ad hoc. Savoir par exemple que le raphia qui pousse spontanément, dans la forêt, peut être cultivé dans des jardins et champs afin d’être commercialisé pour maintien de devises et rentrée d’autres au Bénin ou en Afrique. Kenaf et raphia seraient ainsi de nouvelles filières de production agricole aux côtés du coton, du cajou, du café, du cacao et de l’hévéa pour ne citer que ces filières.
Cette inventivité, qui nous apporterait du nouveau pour l’enrichissement du pays ou du continent, aiderait par là à la résorption de son problème de chômage et de sous-emploi, dans une certaine mesure. Car la chaîne de valeur productive serait faite du travail des paysans, agro-industriels, artisans, transporteurs, commerçants et coiffeuses. Elle libérerait sensiblement le Bénin ou l’Afrique d’une certaine dépendance des autres qui y exportent leurs mèches synthétiques sans considération pour les dégâts inhérents. Il est temps de ne plus nous amuser avec le destin de nos peuples n
*Ecrivain, philosophe et sociologue du développement
Par Dr Pierre Adjotin
Société 31 mai 2018