La Nation Bénin...
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Le maire de la commune de Ouaké, Tichalé Alassane Alimiyahou, emprisonné quelques mois à la prison civile de Natitingou puis remis en liberté depuis quelques jours pour une affaire l'ayant opposé à un entrepreneur dans la construction de l'hôtel de ville, a été destitué ce matin par dix voix pour et une voix contre et une abstention. Le maire dont l'intérim a été assuré par son premier adjoint durant son séjour carcéral est désormais privé de son titre d'édile de la commune de Ouaké. Il lui est reproché "La gestion discriminatoire sur fond de favoritisme, le refus d’exécuter certaines décisions du conseil communal, les relations conflictuelles avec la plupart des conseillers communaux".

L’honorable Janvier Yahouédéhou préside désormais la nouvelle mandature du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi). Il a été élu ce jeudi 17 mai, par ses pairs par cinq voix pour et contre quatre pour son challenger, son collègue Corneille Padonou, le doyen d’âge de l’organe et qui a dirigé le vote. L’élection a mis à nu la cacophonie des ambitions au niveau du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) qui s'est retrouvé avec deux candidats. Le vote s'est déroulé au siège de l'organe à Agblangandan dans la commune de Sèmè-Podji. Le nouveau président du Cos-Lépi sera aidé dans sa mission par Justin Adjovi élu au poste de vice-président par sept voix pour et deux abstentions. Le poste de rapporteur revient au député Sabaï Katè de la majorité parlementaire plébiscité par sept voix pour et deux abstentions. Ce bureau est formé conformément aux dispositions de l’article 221 du Code électoral en vigueur au Bénin. Lesquelles disent clairement que les postes de président et de vice-président du Cos/Lépi ne doivent pas être occupés par des membres provenant de la même sensibilité politique. Ce qui a été respecté. Janvier Yahouédéhou est un élu de la majorité parlementaire tandis que l'honorable Justin Adjovi est de l’opposition.
Mais avant l’élection, les membres du Cos-Lépi ont procédé au toilettage et à l’adoption des textes notamment le Règlement intérieur qui régit l’organe.
Actualités 17 mai 2018

La composition complète de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle est connue depuis ce mercredi 16 mai avec la désignation par le chef de l’Etat de ses représentants au sein de la Haute juridiction. Ils s’ajoutent aux quatre personnalités désignés par le bureau de l’Assemblée nationale.
Me Marie Cécile de Dravo Zinzindohoué, Sylvain Nouwatin et André Katari représentent le chef de l’Etat au sein de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle. De sources concordantes, ils ont été désignés, ce mercredi 16 mai, par le président Patrice Talon.
Me Marie Cécile de Dravo Zinzindohoué va siéger en tant que juriste de haut niveau ayant au moins quinze ans d’expériences professionnelles. Un critère qu’elle remplit bien en tant que docteur en droit, enseignant-chercheur de droit à l’Université d’Abomey-Calavi à la retraite et commissaire-priseur. Elle n’est pas une inconnue du gotha politique. Elle est par ailleurs membre du bureau politique chargé des questions juridiques du parti la « Renaissance du Bénin (Rb) », aile Me Abraham Zinzindohoué, son époux.
Quant à Sylvain Nouwatin, il est un magistrat à la retraite et un proche du Parti social-démocrate (Psd), aile Bruno Amoussou. Ce digne fils de Comè dans le département du Mono, a occupé par le passé de hautes fonctions. Il a été président de la Commission électorale nationale autonome (Céna) et secrétaire général de la Cour constitutionnelle. Il retourne donc désormais à son ancien lieu de travail mais avec une nouvelle casquette, celle de membre à part entière de la Haute juridiction. Il va siéger au sein de la prochaine mandature de la Cour constitutionnelle au titre de magistrat.
En ce qui concerne André Katari, il a été désigné par le chef de l’Etat, au titre de personnalité de « grande réputation professionnelle ». Il est un ingénieur agronome et cadre du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep) à la retraite. Originaire de Glazoué donc du département des Collines, il est spécialisé dans la recherche Fibres et Coton. Il a été coordonnateur de l’antenne Bénin du Projet multinational d’appui à la filière coton et textile.
Les trois nouveaux de la Cour constitutionnelle choisis par le chef de l’Etat vont rejoindre les quatre représentants du Joseph Djogbénou (juriste de haut niveau), Razacky Amouda (magistrat), Fassassi Moustapha (magistrat) et Rigobert Azon (personnalité) désignés, lundi 14 mai dernier, par le bureau du Parlement.
Avec la désignation de chef de l’Etat, les sept membres de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle sont désormais au complet. Laquelle a été faite des deux côtés, conformément aux dispositions des alinéas 2, 3 et 4 de l’article 115 de la Constitution qui stipulent que « la Cour constitutionnelle comprend trois magistrats ayant une expérience de quinze années au moins dont deux sont nommés par le bureau de l’Assemblée nationale et un par le président de la République. Deux juristes de haut niveau, professeurs ou praticiens du droit, ayant une expérience de quinze années au moins nommés l’un par le bureau de l’Assemblée nationale et l’autre par le président de la République. Deux personnalités de grande réputation professionnelle nommées l’une par le bureau de l’Assemblée nationale et l’autre par le président de la République ».

La Banque mondiale a approuvé, mardi 15 mai dernier, un financement de 220 millions de dollars soit environ 110 milliards F Cfa de l’Association internationale de développement (Ida) pour aider le Bénin à étendre l’accès à l’eau à tous les habitants des zones rurales, a-t-on appris par un communiqué de presse de l’institution parvenu à notre rédaction. Cet appui s’inscrit dans le cadre d’un programme axé sur la performance dénommé « Aqua-Vie » et vise à construire 270 systèmes d’adduction d’eau et à remettre en état ou à étendre 360 systèmes existants dans les zones rurales, soit au total 34 500 nouveaux raccordements et 3 300 nouvelles conduites à implanter pour environ 1,6 million de bénéficiaires en milieu rural.
« Il est essentiel de veiller à ce que les pauvres aient accès à des services d’alimentation en eau durables et de qualité, et nous nous réjouissons d’aider le Bénin à mettre en œuvre les principales priorités de sa stratégie nationale pour l’approvisionnement en eau potable en milieu rural 2017-2030 », indique Pierre Laporte, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Bénin, rapporté dans le communiqué de l’institution. « En améliorant notamment les conditions de vie, la santé, le taux de scolarisation, la productivité et les revenus, surtout pour les femmes et les filles, poursuit-il, ce nouveau programme devrait avoir de nombreux effets positifs pour les plus défavorisés. »
L’accès à l’eau potable constitue un défi majeur dans les zones rurales du Bénin. En effet, seulement 30 % de la population rurale a accès à l’eau courante, contre un taux de 57 % en milieu urbain, selon le Programme commun de suivi de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) et de l’Unicef. C’est en cela que le programme « Aqua-Vie » vient à point nommé pour suppléer les efforts du gouvernement pour faciliter l’approvisionnement des populations en eau potable. Il est en phase avec la vision du chef de l’Etat, Patrice Talon, et le programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021) ‘’Bénin révélé’’, ainsi qu’avec le cadre de partenariat du Groupe de la Banque mondiale avec le Bénin pour la période 2018-2023, en cours de finalisation.
Le programme fournit un cadre pour mobiliser des financements publics et privés additionnels en faveur des populations rurales et prend en compte des éléments tels que la passation de contrats basés sur la performance avec des opérateurs régionaux, le renforcement des capacités des prestataires et des municipalités concernées.
Société 17 mai 2018

La ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, poursuit le tour des start-up. Ce mercredi 16 mai, elle est allée toucher du doigt les activités de Kea Medicals installée au quartier Saint Michel et Exportunity présente dans les locaux de la Poste à Ganhi à Cotonou.
Deux start-up aux activités diverses ont reçu, hier, la visite du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou. L’une appelée Kea Medicals a été créée par Arielle Vena Ahouansou, médecin de formation, il y a un an et demi ; l’autre connue sous le nom d’Exportunity a été fondé par Vital Sounouvou. Les deux start-up sont spécialisées dans le domaine des technologies, d’après les explications de leurs responsables.
Kea Medicals opère dans le développement des solutions technologiques en santé pour impacter le domaine des entreprises. Elle dispose d’une équipe de quinze membres qui travaille au jour le jour pour pouvoir aider les patients à facilement accéder aux soins de santé. « La technologie que nous avons mise en place à travers ce canal est appelée ‘’identité médicale universelle’’ », détaille Arielle Ahouansou. L’initiative est venue du vécu quotidien, a-t-elle révélé, avant d’expliquer qu’elle a été témoin de beaucoup de faits pendant ses études qui témoignaient du déficit du système de santé. Des patients qui arrivent dans un état critique ne pouvant pas communiquer des informations sur leur santé aux médecins, des patients qui viennent aux urgences inconscients, des diabétiques… L’histoire qui a particulièrement marquée la responsable de Kea Medicals était celle d’une jeune dame qui venait d’accoucher dans un hôpital et qui a eu une hémorragie. Elle était dans l’incapacité de parler aux médecins ainsi que ses parents, ne serait-ce que pour situer sur son groupage sanguin. Il aurait fallu des gymnastiques pour retracer le groupe sanguin de la patiente sur la base des analyses précédentes avant de trouver la poche de sang adéquate. Mais c’était trop tard. Autant de situations qui ont amené Arielle Ahouansou à réfléchir et à se demander pourquoi ne pas mettre en place une plateforme qui faciliterait la remontée des informations sur l’état de santé des patients. D’où la création de Kea Medicals qui est une plateforme sur laquelle le patient crée son profil et fournit des informations identitaires, des informations relatives aux maladies chroniques ainsi que des adresses facilitant des renseignements sur son état et ses parents.
Pour sa part, Vital Sounouvou a indiqué que sa société Exportunity est un groupe d’entreprises qui « démocratise » au Bénin le e-commerce. Il se réjouit du fait que la ministre connaisse les besoins des start-up et l’appelle à mieux les accompagner pour permettre aux entreprises de faire la promotion de leurs produits. « Nous allons réfléchir ensemble, nous allons soutenir vos initiatives, donner de la crédibilité à ce que vous faites et nous organiser pour le développement de l’écosystème du numérique », s’est engagée Aurélie Adam Soulé Zoumarou?

Elle s’est battue sous la Révolution comme bon nombre de militantes de cette période. Institutrice à la retraite, Marie-Jeanne Ruffino tient au respect du bien public et au sens du patriotisme. Des valeurs qu’elle enseigne aux jeunes.
Impossible d’évoquer la période révolutionnaire sans faire allusion à certaines figures féminines et surtout au combat qui était le leur en ces temps. Marie-Jeanne Ruffino a marqué aussi son passage. Femme militante très engagée au temps de la Révolution, elle conserve encore tout son sens du patriotisme. Il faut évoquer le sujet avec qu’elle pour mieux comprendre ses motivations et sa soif de développement.
Teint noir, taille moyenne, d’apparence calme, cheveux grisonnants, son sourire et son charme conservé, révèlent toute sa beauté de jeunesse. Marie-Jeanne Ruffino a gravé son nom dans les mémoires de ses élèves et de ses compagnonnes et compagnons de lutte de la période révolutionnaire.
Elle a milité au sein de l’Organisation des femmes révolutionnaires du Bénin (Ofrb). L’appartenance à cette organisation en dit long sur son militantisme. A ce titre, elle a été nommée chef de district urbain (Cdu) à Parakou, actuelle mairie, de 1986 à 1990. « La première fois où j’ai apposé ma signature sur un document légalisé, c’était le 2 mai 1986 », se souvient-elle. « Ma première réalisation d’infrastructures est le service des sapeurs-pompiers au profit de la même ville », se rappelle-t-elle, toute souriante. Elle était également l’une des chevilles ouvrières de la réalisation du Registre foncier urbain (Rfu) à Parakou avant que l’initiative soit étendue sur le territoire national et dans d’autres pays africains.
Du haut de ses 75 ans, cette femme demeure jeune dans l’esprit. Lorsqu’on évoque le passé, elle est bien à l’aise pour dispenser un cours d’histoire. « J’ai connu les différentes mutations qui se sont opérées à la tête du pays ». Paradoxalement, pour évoquer le souvenir de ses compagnonnes de lutte, sa mémoire flanque quelque peu, la plupart ayant déjà rejoint l’au-delà.
Elle raconte la Révolution pleine de souvenirs et de nostalgie. « Nous croyions en ce que nous faisions », soutient-elle. « A l’Assemblée nationale, toutes les couches étaient représentées et les débats se faisaient dans les différentes langues nationales pour permettre à tous d’être imprégnés de la situation du pays », confie-t-elle. L’engagement au service du peuple était total et désintéressé. « Nous n’avons jamais été payés pour le travail que nous faisions. Il n’y a pas un seul commissaire du peuple qui vous dira le contraire ; on ne gagnait pas de salaires politiques ; les commissaires du peuple qui allaient à l’intérieur du pays pour sensibiliser recevaient juste une modique somme pour se restaurer et des tickets de rafraîchissement », témoigne-t-elle pour convaincre de leur sens élevé du patriotisme.
Une période passionnante
Ce don de soi est loin de faire école dans les rangs des jeunes d’aujourd’hui. Beaucoup convergent vers la politique parce qu’ils y ont trouvé une échappatoire au chômage ou un terrain à la vie facile.
Contrairement à certaines personnes qui comparent la Révolution à ‘’la traversée du désert’’ par le Bénin, Marie-Jeanne Ruffino pense qu’elle était la plus passionnante. « La Révolution, c’était une expérience parmi tant d’autres. Il importe de conserver les valeurs acquises de nos luttes » souligne-t-elle. Elle poursuit : « La vie en communauté était plus relaxe. C’est de cette convivialité qu’est née la dénomination ‘’camarade’’ (appellation syndicale) ». « Aujourd’hui, la méfiance gagne du terrain », regrette-t-elle.
La faute aux aînés qui n’ont pas su inculquer certaines valeurs à la génération actuelle ? A cette question, l’institutrice à la retraite relativise : « Nous avons joué notre partition. Et si nous avons failli quelque part, je fais mon mea culpa ».
Les principaux objectifs poursuivis en ces temps étaient clairs : la contribution de la femme au développement et l’engagement civique. A l’en croire, le sens du patriotisme était non négociable : « Nous militions corps et âme au détriment du soin à apporter à nos familles », se remémore-t-elle.
Leurs efforts n’ont pas été vains. « Nous allions dans les hameaux pour sensibiliser les femmes pour qu’elles soient membres des instances locales. En notre temps, il y avait même les brigades populaires (femmes très braves) qui assuraient les surveillances de nuit au même titre que les hommes», raconte-t-elle.
Les retombées de leurs efforts s’observent par l’importance accordée aux questions de la présence des femmes dans les instances décisionnelles aujourd’hui. « Elles se battent de plus en plus pour améliorer leur représentativité au sein des institutions », apprécie-t-elle.
Marie-Jeanne Ruffino a également fait de la lutte contre l’excision son cheval de bataille aux côtés de Karimou Rafiatou de regrettée mémoire et d’autres femmes.
Autant de sacrifices qui lui ont valu la reconnaissance de la nation pour ses bons et loyaux services à lui rendus. Des récompenses qu’elle reçoit non sans fierté, mais avec beaucoup d’humilité et de modestie. « J’ai été reçue dans l’Ordre du mérite social. Dans la vie, le plus important ne se limite pas qu’aux distinctions honorifiques. Ce qui compte, c’est le respect des valeurs », assure-t-elle.
Que le souvenir des femmes révolutionnaires soit peu évoqué aujourd’hui, cela lui est égal. « Que l’on parle du combat que nous avions mené en ces temps, cela ne m’émeut outre mesure. Personnellement, j’avais déjà décidé de vivre ma retraite un peu isolée», dit-elle.
La rigueur pour former des cadres dignes
Mais son retrait de l’enseignement et de la politique, ne l’empêche pas de se soucier du développement de son pays. La rigueur et l’engagement citoyen sont entre autres, les modes d’action pour relever le défi, selon elle. « La rigueur aide à former des citoyens dignes ; elle était observée dans tous les secteurs de la vie sociale», relève-elle.
Ces valeurs l’ont d’ailleurs longtemps caractérisée pendant qu’elle était dans le feu de l’action. « C’est un devoir républicain d’enseigner et de militer. Je n’avais pas des raisons de faillir », dit-elle avec fermeté.
Elle-même raconte qu’alors qu’elle était institutrice à Parakou, beaucoup craignaient sa force de caractère au point de la surnommer « la dame de fer ». Son apparence calme et son air effacé contrastent pourtant bien avec la rigueur qui lui a valu ce surnom.
Pour cette institutrice à la retraite, il n’est pas étonnant que la jeunesse soit placée aux premières loges de ses sages conseils. Une jeunesse qu’elle invite au dépassement, à l’abnégation. Dépassement de soi dans l’amour du prochain, et aussi dépassement des mesquineries et de l’ignorance. Dans cette invite, Marie-Jeanne Ruffino indique bien sûr une hiérarchie de valeurs à respecter : « Il faut respecter le bien public, être dévoué pour la cause de la nation et ne pas tout attendre de l’Etat », conseille-t-elle. «Je tombe des nues quand les gens se plaignent par exemple de la dégradation d’une rue et attendent que l’Etat vienne la réfectionner. En notre temps, les habitants de la zone mettaient tous la main à la pâte pour corriger la situation eux-mêmes sans attendre l’Etat », explique-t-elle.
Aujourd’hui, le sens du patriotisme a déserté le forum, rgrette-t-elle. « Attendre que le gouvernement soit sur tous les fronts en matière de développement, c’est refuser de faire avancer sa propre communauté ; l’Etat ne peut pas être partout à la fois ; les gens se livrent à la paresse pendant que la cour de leur maison est sale », se désole-t-elle. Au regard de ces paramètres, elle invite les jeunes à l’intégrité, à la justice et au travail bien fait et désintéressé.
Foi chrétienne
L’autre valeur chère à cette femme reste l’engagement et la fidélité à Dieu. A l’heure où elle a tourné‘’dos’’ à l’enseignement et au militantisme, elle consacre davantage de temps au Créateur. Elle fait des versets bibliques ses délices et ne manque pas souvent les rendez-vous religieux de l’Eglise catholique. Elle y trouve un cadre idéal pour communiquer avec le Seigneur en faveur de sa famille et de son pays. « Si le pays marche, c’est dans l’intérêt de nous tous », sourit-elle.
Admise à la retraite depuis plus d’une vingtaine d’années, elle passe d’agréables moments de repos en compagnie de ses fils et de ses petits-fils dans la cité dortoir d'Abomey-Calavi et s’adonne également à la fabrication des produits locaux, tels que les farines de bouillie et les chips de bananes.
L’effervescence de la période révolutionnaire étant encore vivace dans son esprit, elle trouve par contre que la ville d’Abomey-Calavi est trop calme pour lui procurer toute la joie de vivre. C’est pourquoi, elle n’hésite souvent pas à rejoindre sa deuxième maison à Jéricho à Cotonou en vue de combattre l’ennui et de profiter de la bonne ambiance. A défaut, elle joue de la musique et esquisse des pas de danse pour savourer les succès du passé. La démonstration, elle nous en a fait au cours de notre visite à travers une mélodie de la Révolution qui invite à l’engagement citoyen de tous. « La période révolutionnaire me manque parce qu’elle était amicale et fraternelle ! », sourit-elle
Pour pérenniser les acquis de cette période, elle recommande la reprise des cours d’éducation civique dans les écoles. « L’homme n’a de valeur que par le travail et l’éducation », conseille-t-elle?
Casimir Sossou Maire d'Aplahoué[/caption]Après le maire de Cotonou, il y a un an environ, celui de la commune d’Aplahoué, jusque-là sous le coup d’une suspension, vient d’écoper d’une sanction de degré supérieur. Le Conseil des ministres de ce mercredi 16 mai a en effet décidé de la révocation de Casimir Sossou de ses fonctions.
Non organisation au profit du conseil communal des séances de reddition de comptes suite à la mise en application de la délibération relative à la gestion de la gare routière d’Azovè, prise de décisions dans des domaines de compétence de l’organe délibérant sans s’en référer à celui-ci, non versement des recettes issues de la vente des tickets de droit de stationnement au titre de l’année 2016, manquement aux devoirs de sa charge et l’utilisation à des fins personnelles des ressources de la commune, non respect des procédures requises à l’occasion de recrutements d’agents au profit de la commune, refus de transmettre à l’autorité de tutelle des actes de nomination aux charges de la commune, attribution et exécution des marchés publics en violation des procédures établies, paiement de dépenses irrégulières et délivrance d’un faux certificat de travail… Ce sont là les huit raisons qui fondent la révocation de celui qu’il convient dorénavant d’appeler l’ancien maire de la commune d’Aplahoué, Casimir Sossou.
Sa révocation a été prononcée, hier, par le gouvernement réuni en Conseil des ministres, eu égard aux textes régissant la décentralisation, mais aussi en « tenant compte des fautes lourdes commises au regard de la loi… et sans préjudice de poursuites judiciaires éventuelles ». C’est là la suite logique de la procédure de suspension dont l’intéressé fait l’objet depuis plusieurs semaines déjà.
Il faut rappeler que c’est l’Inspection générale des finances qui a été dépêchée suite à des dénonciations faites par douze conseillers de la commune d’Aplahoué portant sur des faits de mauvaise gestion et de malversation financière. Lesquels faits semblent désormais confirmer au regard des explications données par le ministre Joseph Djogbénou au cours de son traditionnel point de presse.
La suspension pour deux mois de l’ancien maire Casimir Sossou, depuis le jeudi 22 mars dernier, par le ministre de tutelle, Barnabé Dassigli, fait suite à son audition par le Conseil départemental de concentration et de coordination (Cdcc) du Couffo sous l’égide du préfet Christophe Amègbédji. Et ce, conformément à l’article 54 de la loi sur la décentralisation qui dispose que, dans le cas de fautes lourdes, « Le ministre peut prononcer la suspension du maire ou de l'adjoint et proposer, le cas échéant, la révocation au Conseil des ministres ».
Depuis lors, c’est Sylvain Dahouè, le premier adjoint qui assure l’intérim du maire d’Aplahoué?

Le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji a reçu en audience, ce mercredi 16 mai à Porto-Novo, plusieurs personnalités et délégations dont les nouveaux ambassadeurs de Chine et de la Russie près le Bénin.
Peng Jing Tao, nouvel ambassadeur de Chine près le Bénin est la première personnalité reçue en audience, ce mercredi 16 mai à Porto-Novo, par le président de l’Assemblée nationale. Il est allé rendre une visite de courtoisie, d’amitié et en même temps de travail au président Adrien Houngbédji. Il promet d'intensifier la coopération bilatérale entre les deux pays, surtout en matière de réformes. « C’est une tradition de rendre visite aux responsables d’Etat d’un pays hôte. Donc, c’est non seulement une visite de courtoisie pour un nouvel ambassadeur chinois, mais aussi une visite de travail et d’amitié, parce que le président de l’Assemblée nationale est un grand ami de la Chine », a souligné le nouveau diplomate chinois. Pour Peng Jing Tao, Me Adrien Houngbédji a beaucoup travaillé pour le renforcement de la coopération et l’amitié entre la Chine et le Bénin, deux pays amis de longue date. « Nous avons connu des fruits de coopération très diversifiés dans tous les secteurs. En matière d’institutions législatives, nos deux pays ont aussi des échanges fréquents et fructueux », note-t-il. Selon le diplomate chinois, le Bénin est rentré dans une nouvelle période de réforme, comme ce fut le cas avec la Chine, depuis les quarante dernières années. Les échanges vont se poursuivre entre les deux parties pour construire ensemble les deux pays et apporter un plus au bien- être des deux peuples.
Après lui, le président de l’Assemblée nationale s’est entretenu avec Igor Evdokimov, nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie près les Républiques du Bénin et du Togo. Il a échangé avec le président Adrien Houngbédji sur les voies et moyens pour approfondir les relations bilatérales entre son pays et le Bénin, dans tous les domaines, surtout parlementaire, avec la possibilité d’un voyage d’un groupe de députés béninois en Russie en 2019. « C’est ma première visite au président de l’Assemblée nationale après la présentation de la lettre de créance au chef de l’Etat, le président de la République. Nous avons eu de très bonnes discussions avec le président du Parlement... Nous avons discuté de la possibilité de la visite de quelques membres du Parlement béninois dans notre pays, l’année prochaine et enfin, nous avons également échangé sur les relations politiques, économiques et humanitaires entre nos deux pays », a confié à la fin de ses échanges avec Me Adrien Houngbédji.
Le président de l’Assemblée nationale a reçu deux autres délégations : l’une de la Fédération des élus locaux de la commune d’Abomey-Calavi conduite par son président Fidèle Houinsou et l’autre du Conseil national des structures d’appui aux mutuelles sociales (Consamus) avec à sa tête son président Aboubacar Koto Yérima. La première est allée présenter la fédération récemment portée sur les fonts baptismaux au président de l’Assemblée nationale et recevoir sa bénédiction et sa caution morale. La seconde est allée exprimer à la fois son inquiétude et sa vision par rapport à la mise en œuvre de l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch)?

En ce deuxième jour de l’examen du vingt-huitième dossier inscrit au rôle de la cour d’assises de Cotonou, les réquisitions suivies des plaidoiries ont permis aux cinq accusés d’être fixés sur leur sort. Leurs peines varient de l’acquittement pur et simple à la condamnation à temps.
Sept ans de réclusion criminelle pour Florent Kakpo, coupable de coups mortels ; cinq ans de réclusion criminelle pour Séraphin Ahouandjinou, coupable de complicité de coups mortels ; deux ans de réclusion pour Félix Montcho, coupable de violences et voies de fait ; acquittement au bénéfice du doute pour Sébastien Ahouandjinou et acquittement pur et simple pour Justin Hinlidé. Telle est la sentence retenue suite à l’examen du vingt-huitième dossier inscrit au rôle de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou pour 2018.
Dans ses réquisitions, le ministère public a soutenu qu’il y a eu coups mortels, sur la base des débats et éléments du dossier. Ensuite, les mêmes éléments lui permettent de retenir qu’il y a complicité. Sur le fondement de l’article 60 du Code pénal, il relève que la complicité peut être issue de la confrontation. Qu’il y a complicité dans la mesure où l’agent pénal a utilisé la provocation pour assister l’auteur du crime.
Florent Kakpo en réalité est physiquement imposant, justifie-t-il. Ce n’est pas par hasard qu’il a été désigné pour assister celui qui conduit la moto, justifie le ministère public. C’est lui le ‘’John Bri’’. « Ce qui est curieux, c’est que quand ils sont tombés, Florent dit qu’ils se sont retournés », rappelle le ministère public.
A l’enquête préliminaire, n’a-t-il pas dit : « Nous l’avons battu sauvagement et l’avons abandonné à son sort ». Ce qui suppose des coups sévères, selon le ministère public. Il y a même l’intention criminelle, relève-t-il. De plus, devant le juge d’instruction, il a reconnu avoir donné une paire de gifles à la victime, retient le ministère public. On peut conclure qu’il y a coups mortels, explique le ministère public.
Concernant Séraphin Ahouandjinou, les débats et éléments du dossier montrent qu’il a reconnu les faits, qu’il ne voulait pas tuer. Il a mis sa moto à disposition et a conduit la victime. Il a participé en administrant des coups à la victime, relève le ministère public. Il conclut là qu’il y a complicité par aide et assistance de la part de Séraphin Ahouandjinou.
Quant à Sébastien Ahouandjinou, le ministère public rappelle qu’il a nié les faits pendant qu’ils l’accablent. Pour lui, il est le cerveau et l’instigateur pour avoir commandité l’expédition contre la victime Augustin Bossou. Il indique qu’il faut le retenir pour complicité par instruction donnée. C’est lui qui a organisé la réunion et il a offert 10 000 francs pour le sodabi, la boisson locale. Il a de l’influence sur les membres de la tontine, parce qu’il a de l’argent. C’est lui qui a sollicité Florent Kakpo et Séraphin Ahouandjinou pour le transport.
En ce qui concerne Félix Montcho, le ministère public relève qu’il était sur les lieux ; il demande la disqualification à son égard et la complicité de coups mortels à son encontre.
Peines et plaidoiries
Quant à Justin Hinlidé, selon sa déposition à la barre, en tant que cousin de la victime, il a déclaré qu’il compatissait au moment où son cousin subissait la foudre des assaillants. Le ministère public relève de ce fait qu’il ne saurait retenir aucun élément de coups mortels ni de complicité à son encontre. Raison pour laquelle il a demandé de l’acquitter purement et simplement.
Pour Florent Kakpo, le ministère public retient qu’il s’est rendu coupable de coups mortels, raison pour laquelle il demande de le condamner à 20 ans de travaux forcé
s. Il demande de retenir les quatre autres, à savoir Séraphin et Sébastien Ahouandjinou, Justin Hinlidé et Félix Montcho pour complicité de coups mortels et de les condamner à 15 ans de travaux forcés.
Rebondissant sur le même cas pour avoir été commis aux intérêts de Justin Hinlidé, Me Roméo Godonou a déclaré qu’il aurait pu se taire s’il avait la certitude que la demande d’acquittement de son client retiendrait l’attention des membres de la cour. Il a déploré la variation spectaculaire du ministère public de l’arrêt de renvoi qui affiche les violences et voies de fait et le meurtre à aux coups mortels largement développés dans ses réquisitions même s’il salue l’acquittement pur et simple dont bénéficie son client de sa part. Pour lui, il y a tout un parcours qui précède l’audience, la loi a prévu des actes. Sur la base de l’article 249 du Code de procédure pénale, il a rappelé que la cour d’assises a plénitude de juridiction pour juger les personnes traduites devant elle. Elle ne peut connaître d’aucune autre accusation. Dans le cas d’espèces, poursuit-il, les réquisitions devraient aller dans le sens des violences et voies de fait selon ce qui a été retenu dans ledit arrêt. Les accusés Sébastien Ahouandjinou, Félix Montcho et Justin Hinlidé sont poursuivis pour les violences et voies de fait (Vvf). Son client ne peut être poursuivi pour les Vvf.
Pour Me Roméo Godonou, les faits sont simples. Après les avoir rappelés, il a déclaré que son client était compatissant à l’endroit de la victime et se souciait de comment il allait s’en sortir. Il recourt à l’article 309 et indique qu’il n’y a aucune preuve matérielle que Justin ait porté des coups à Augustin Bossou. Pour défaut d’élément légal, matériel et d’incapacité temporaire de travail, il plaide alors son acquittement pur et simple, afin qu’il rejoigne sa famille.
Me Christel Balogoun défendant Félix Montcho, a fait remarquer qu’il faut du solide, quelque chose de bien scellé pour condamner. « On n’est pas sûr que ceux qui sont présentés à la barre sont coupables. Il a indiqué que la victime était dans un état éthylique et qu’il importe de rechercher la vraie cause de son décès, car il n’était pas lucide. Il relève beaucoup de lacunes qui ne permettent pas de retenir la culpabilité des accusés et partant de son client, selon lui. Les Vvf constituent un délit. Alors, Me Christel Balogoun demande la condamnation de Félix Montcho au temps déjà passé en détention.
Opj « accusateurs »
Intervenant pour Sébastien Ahouandjinou, Me Bienvenu Bédiyè a relevé qu’Augustin Bossou n’est pas décédé des suites des coups reçus dans la mesure où il est rentré avant d’être conduit le lendemain au centre de santé. « De plus, l’instruction qui est valable est celle qui s’est déroulée à votre barre », poursuit-il, avant de révéler que les officiers de police judiciaire (Opj) étaient des accusateurs. Il a indiqué avoir engagé une procédure contre certaines personnes qui auraient abusé de son client même en détention. Il s’appuie sur les articles 444 et 450 du Code de procédure pénale relatifs aux procès-verbaux d’enquête préliminaire. Son client, avoue-t-il, est une victime pour avoir été accusé d’être l’auteur d’une grossesse. Aucune complicité, donc l’acquittement pur et simple, plaide-t-il.
Pour Me Sakariyaou Nourou Guiwa, avocat de Séraphin Ahouandjnou, ce dernier est un citoyen modeste qui a été mêlé à un drame. Le dossier recèle beaucoup de lacunes ne permettant pas d’établir réellement et sans ambages la culpabilité des accusés. Le ministère public a tenté de charger les accusés. « On ne peut pas être auteur de coups et même temps complice des mêmes coups », relève-t-il. Une simple gifle administrée peut-elle entraîner des séquelles jusqu’à ce que mort s’ensuive ?, s’est-il interrogé. Il a déploré l’absence de rapport d’autopsie pour révéler que le certificat médical ne pourrait pas renseigner véritablement sur les causes du décès. Il plaide l’acquittement pur et simple pour son client.
C’est Me Evelyne da Silva Ahouanto qui a eu le privilège de fermer le banc des plaidoiries. Pour elle, la variation du ministère public pour les chefs d’accusation permet à la cour de ne pas imputer les coups mortels à Florent Kakpo, son client.
Sur le meurtre, elle a indiqué que le ministère public a abandonné ce chef d’accusation pour défaut de lien de causalité entre le décès et les coups reçus. Elle s’est référée aux observations de Me Roméo Godonou tendant à soutenir l’impossibilité de s’écarter des chefs d’accusation retenus par l’arrêt de renvoi. La base de la poursuite a été faite à charge, déplore Me Evelyne da Silva Ahouanto. « Un être humain normalement constitué ne peut pas s’auto-accuser à ce point », a-t-elle déploré. Les déclarations de Pierre Klokpon (un voisin qui en voulait à Florent), à l’endroit de son client, sont inexactes, affirme-t-elle. Elle plaide l’infraction non constituée et le défaut de lien de causalité entre l’infraction et le décès survenu.
A la délibération, Florent Kakpo a écopé sept ans de réclusion criminelle, la plus lourde peine. Il retourne en prison pour un peu moins d’un an tandis que les autres sont libres désormais selon le verdict final.
La cour connaîtra ce matin d’un dossier de coups mortels où trois prévenus sont attendus?
Les faits
Le samedi 21 janvier 2012, aux environs de 14 h, à Agbotagon, dans la commune de Toffo, à la réunion des membres de la tontine dite "Petit bar", sur la place publique, Augustin Bossou aurait dénoncé le nommé Sébastien Ahouandjinou comme étant l’auteur de la grossesse que porte dame Gbétomè épouse de Pierre Ouandokpossi, leur chef collectivité. Suite à cette dénonciation, les nommés Félix Montcho, Sébastien Ahouandjinou, Florent Kakpo, Justin Hinlidé, Jules Aïzan et Mathias Houessou se seraient mis à porter des coups de poing à Augustin Bossou avant de décider de sa conduite au commissariat de Ouègbo, sous la direction de Séraphin Ahouandjinou et Florent Kakpo.
En cours de route, en direction du commissariat, Augustin Bossou aurait résisté sur la moto conduite par Florent Kakpo au point même de les faire tous tomber. C’est alors que Séraphin Ahouandjinou et Florent Kakpo auraient porté des coups à Augustin Bossou avant de l’abandonner sur les lieux.
Evacué d’urgence à la clinique "Oasis" de Houègbo, Augustin Bossou a rendu l’âme lors de son transfert à l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi.
Séraphin Ahouandjinou interpellé et inculpé de meurtre a reconnu les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur. Il est renvoyé devant la cour d’assises pour être jugé conformément à la loi pour des faits de coups mortels.
Félix Montcho, Sébastien Ahouandjinou, Florent Kakpo et Justin Hinlidé, interpellés et inculpés de meurtre n’ont pas reconnu les faits mis à leur charge par le ministère public.
Florent Kakpo est renvoyé devant la cour d’assises pour des faits de meurtre. Quant aux nommés Sébastien Ahouandjinou, Félix Montcho et Justin Hinlidé, ils sont renvoyés devant la cour d’assises pour répondre des faits de violences et voies de fait.
L’enquête de moralité est favorable aux accusés. L’expertise médico-psychologique révèle que les accusés étaient au moment des faits, en possession de toutes leurs facultés mentales et intellectuelles?
Composition de la cour
Président : Hubert Arsène Dadjo
Assesseurs :
Christophe Atinmankan
Georges Gbaguidi
Jurés : Sidonie Yétondji Dégila épouse Gbédji, Pierre Magloire Nagnonhou, Coffi Prosper Gbèdandé, Mariette Ahouansou.
Ministère public : Marc Robert Dadaglo
Greffier : Louis Houngbo
L'IMAM MOHAMAD KABIR GARBA de la mosque centrale de Gbegamey[/caption]Ce jeudi est le premier jour du mois de ramadan, période du jeûne musulman. Mouhamadou Kabirou Garba, imam des mosquées centrales de Gbégamey et de Sèkandji, au détour d’un entretien, affirme que « le Ramadan doit servir d’école ».
Grand moment de jeûne et de prières, le ramadan débute ce jeudi 17 mai. Même si le fameux croissant de lune annonciateur n’était pas visible, le jeûne peut démarrer chez les mahométans. Car, indique Mouhamadou Kabirou Garba, imam des mosquées centrales de Gbégamey et de Sèkandji, « On ne peut pas commencer le jeûne ou arrêter de jeûner alors que le mois fait vingt-neuf jours, sauf que si on voit le croissant de la lune ».
Le jeûne au cours du mois de ramadan, dira l’imam, est une prescription divine. « Cela fait partie des cinq piliers de l’islam », précise-t-il, ajoutant que c’est obligatoire pour le musulman d’observer le mois de jeûne, qui est un mois béni. Mais, avertit l’imam Garba, le musulman doit remplir des conditions d’abord. « Il doit être adulte, être en bonne santé, ne pas être en position de voyageur », dit-il.
Pour lui, les enfants qui jeûnent ne sont pas contraints. Il signale qu’ils sont plutôt en apprentissage. « Ce n’est pas obligatoire. Si entretemps, il ne jeûnait pas, ce n’est rien », affirme-t-il, soutenant qu’il et ne sera pas puni contrairement à un adulte qui remplit les critères et qui n’observe pas le jeûne.
Les obligations
L’imam Mouhamadou Kabirou Garba rappelle que, pendant le mois de ramadan, il faut se lever à l’aube pour manger et s’abstenir toute la journée jusqu’au coucher du soleil. Selon lui, même si l’organisme ne supporte pas la nourriture matinale, « il est conseillé de prendre du fruit et de l’eau pour sacrifier à cette exigence cultuelle ». Car, poursuit-il, « il y a une bénédiction dans ce qu’on mange lorsqu’on a l’intention de jeûner ».
L’imam insiste aussi sur l’abstinence sexuelle pendant le mois du ramadan, expliquant qu’il faut se priver de tous désirs et plaisirs charnels.
Outre les privations, l’imam signale que le fidèle musulman doit s’éloigner des calomnies et médisances tout en se gardant de regarder n’importe quoi, précisant que ce n’est pas seulement le ventre ou la bouche qui jeûne, mais le corps et l’âme. Il met l’accent, par ailleurs, sur des traitements défendus pendant le mois tels que l’administration par voie nasale ou les injections qui remplacent l’alimentation.
Mener une vie de piété
Pour l’imam Garba, il faut être sage et sain avant, pendant et après le ramadan. D’où sa désolation lorsqu’il évoque les plaintes de méventes des gérants de bars et débits de boissons dans la période du ramadan. « Ce qui veut dire que les clients sont des musulmans, Sinon, pourquoi se plaindront-ils ? », reproche-t-il.
L’homme de Dieu assure que les musulmans qui pensent que c’est seulement dans le mois béni de ramadan qu’il faut mener une vie pieuse se trompent. Selon lui, « Le ramadan doit être une école ». Il soutient que c’est la période où l’on raffermit sa foi, pour se montrer digne dans la société ». Il ajoute que l’islam c’est la tolérance, la compréhension, la facilité, l’amour, la sagesse, surtout l’assistance aux démunis sans distinction de religion. L’imam souhaite qu’« il faut qu’après le mois de ramadan, les musulmans du Bénin changent l’image de notre pays ».
Les personnes exemptes du jeûne ramadan
« Il y a deux catégories de personnes exclues du jeûne », explique l’Imam Garba de Gbégamey. Le vieillard qui ne peut plus supporter la faim est exempt du jeûne. Mais, il a l’obligation de nourrir chaque jour un pauvre. Il y a des maladies temporaires, là aussi, la personne ne jeûne pas, mais lorsqu’elle est rétablie, il va compenser. Il y a des maladies sans espoir de guérison. Par exemple, une personne souffrant d’ulcère ou autres maladies incurables, donc sous traitement à vie. Celle-là doit aussi chaque jour du ramadan, doit nourrir un pauvre. Les femmes en menstruation ou nourrices ne doivent pas jeûner. Elles attendent la fin de la période de menstruation ou d’allaitement pour compenser. D’autres par contre suggèrent qu’elles nourrissent également les pauvres en compensation.
Société 17 mai 2018